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 Le règne de la symphonie

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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptySam 23 Mar - 6:46

Dans les symphonistes britanniques ,deux me semblent particulièrement et injustement oubliés ,Robert Simpson (1921-1997) dont les 11 symphonies sont formidables et surtout Humphrey Searle ( 1915-1982 )un des meilleurs disciples de l'école de Vienne, qui avec ses 5 symphonies ,toutes assez courtes,restent pleines de lyrisme véritable,on pourrait parler d'Alan Bush (1900-1995 )aussi,bien méconnu, mais si je pense à eux ,c'est qu'ils rejoignent l'universel et pas seulement la musique anglaise.
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Icare
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MessageSujet: Schumann   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptySam 23 Mar - 19:48

Concernant Robert Simpson et Humphrey Searle que je ne connais pas encore, hélas, n'hésite pas de nous faire un petit contre-rendu ici sur leurs symphonies, si le coeur t'en dit et si le temps te le permet. La musique est véritablement un puits sans fond et je serai mort avant de connaître tout ce que j'ai envie de connaître.

Leopold Mozart & Robert Schumann:

J'ai réécouté la Sinfonia Pastorella/Symphonie Pastorale pour cor des Alpes et orchestre à cordes de Leopold Mozart. il s'agit d'une oeuvre plutôt courte et sympathique en trois mouvements, écrite à l'origine pour cordes et "corno pastorito" qui est considéré comme un frère jumeau du cor des Alpes. Mozart père est d'ailleurs un musicien qui aurait dû m'intéresser depuis longtemps par son "goût" pour des instruments généralement moins courants dans un orchestre: c'est ainsi qu'il prêta son inspiration aux cornemuses, à l'orgue de barbarie, le tympanon et donc le "corno pastorito", sans omettre la confection de toute une palette d'effets sonores dans sa Symphonie de Chasse. Le père aurait-il été plus novateur ou plus "expérimental" que le fils? C'est sûrement sur un autre topic que les "mozartiens" du forum pourront répondre à cette question. La version de la Sinfonia Pastorella que j'ai réécoutée avec un certain plaisir - j'aime le son du cor des Alpes - est interprétée par Jozsef Molnar, le "Slovak Philharmonic Orchestra" d'Urs Schneider. J'ai aussi écouté, dans le registre romantique, la Symphonie n°4 de Robert Schumann. Ce n'est pas un enregistrement récent mais le son est acceptable, un enregistrement live très applaudi à la fin. J'en garde toujours une belle impression, aussi bien pour son superbe second mouvement "Romance" et son violon solo lancinant, que pour des moments plus animés, tels que le "Scherzo", par exemple. C'est donc un enregistrement "live" d'un concert donné à Stuttgart par l'Orchestre National de France au cours d'une tournée en Allemagne en 1966, sous la direction de Charles Munch.

https://www.youtube.com/watch?v=rRq9abSpjaA
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptySam 23 Mar - 23:49

Gustav Mahler:

En réécoutant la Symphonie n°5 de Gustav Mahler, comme toujours, mon attention s'est focalisée sur l'utilisation de la harpe dans l'adagietto. Bien sûr, ce mouvement est magnifique en entier, et je dirais même que la symphonie est une oeuvre formidable dans sa globalité, mais il y a cette magie dans l'emploi de la harpe qui a toujours cet effet hypnotique sur moi. Je suis littéralement envoûté par sa douceur, sa distance mesurée, sa fragilité au sein du tissu orchestral. Rarement une harpe ne me touche autant que dans cet "adagietto", rarement je n'en vis une aussi belle proximité, pourrais-je même évoquer, en écho au bonheur indescriptible qu'elle me procure, plus que de la proximité une véritable intimité: Avec Mahler, du moins dans cette partie de la symphonie qui mène au sublime, le romantisme se vêt d'érotisme jusqu'à la nudité de ses propres reflets. Alors, certes, les violons s'adonnent à un lyrisme passionné qui se retient en permanence, de ceux qui ne peuvent s'éteindre sous les perles d'une eau pure que la harpe égrène avec une placidité désarmante, quasi divine. C'est la volonté de l'amour qui s'élance solennellement, comme portée par des ailes invisibles ou seulement escortée par les anges de mon imagination.

https://www.youtube.com/watch?v=VWPACef2_eY
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MessageSujet: Henze   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyDim 24 Mar - 19:28

Hans Werner Henze:

La Cinquième Symphonie, composée en 1962, fut dédiée à Léonard Bernstein qui la créa à New York. Le premier mouvement est une nouvelle tentative d'utilisation de la forme "sonate", le second, "Adagio", une sorte de lied avec variations et le "Finale" un genre de rondo qui consiste en fait en 32 variations de l'"arioso" du mouvement médian. Cette symphonie fait également référence à un opéra de Henze: dans les trois mouvements, circule la petite chanson "My own, my own" de l'Acte II de "L'Elégie pour de jeunes amants".


La Sixième Symphonie, écrite à Cuba en 1969, est née de l'engagement politique du compositeur et de son action culturelle dans ce pays. C'est Henze qui la créa lui-même au Théâtre Garcia Lorca de La Havane à la tête de l'Orchestre Symphonique National. Il s'agit sans aucun doute de l'une de ses oeuvres symphoniques les plus complexes et les plus riches en plans sonores, du fait qu'elle oppose deux orchestres distincts. Henze a tenté d'y exprimer "l'atmosphère fébrile de ces années révolutionnaires"; un banjo cite le chant de liberté vietnamien et on entend des accents de "L'Hymne à la liberté" de Mikis Theodorakis. << Je voulais composer une musique contre la bourgeoisie; à la place de la nostalgie et du scepticisme, je voulais l'affirmation, une véritable profession de foi révolutionnaire. J'avais le sentiment que j'y parviendrais. J'ai entre temps dirigé cette oeuvre plusieurs fois et je sais que je n'y suis pas parvenu. Pour moi, la seule chose neuve dans cette symphonie, c'est le fait que les problèmes de langage sont exposés avec lucidité, que les défaites sont reconnues et que l'impossibilité d'écrire aujourd'hui des symphonies n'est pas passée sous silence. Mais l'affirmation est restée lettre morte. L'oeuvre est devenue un procès-verbal des difficultés rencontrées. Rien de plus.>> Le résultat est cependant bien plus que cela: une musique d'une étonnante virtuosité, tantôt éruptive, tantôt paisible, une douche écossaise d'émotions. En outre, Henze a lui-même apporté un démenti à l'impossibilité d'écrire aujourd'hui des symphonies...

Wolfram Schwinger

Cette Symphonie n°6 de Hans Werner Henze a toujours cette formidable emprise sur moi même si, par certains aspects, elle m'est moins émouvante que la N°5 qui m'offre deux magnifiques moments de proximité avec deux instruments, tout d'abord une bien étrange flûte, comme issue d'un monde ancien, et un superbe hautbois un peu nasillard. La raison de ma fascination pour cette sixième symphonie n'a absolument rien d'étonnant pour qui connaît mes obsessions en matière de musique, prioritairement dans le langage contemporain: je suis extrêmement réceptif à l'expérimentation de sons nouveaux que je pourrais aussi définir comme insolites et acides, ainsi que par l'emploi d'instruments qu'il n'est pas ordinaire de rencontrer dans un orchestre classique et qui sont généralement connotés "variété". J'aime la perversion dans l'oeuvre savante, la vulgarisation et la fantaisie, l'insolent contre-pied des beaux principes bourgeois, l'imperfection parfaitement assumée au profit d'une innovation aléatoire mais faussement hasardeuse, le banjo face au violon ou la trompette face à la guitare électrique: j'estime que la Symphonie n°6 de Henze est un ovni musical dont l'aspect expérimental et la structure bancale en font quelque-chose d'un peu révolté et inclassable. Ce n'est d'ailleurs pas la seule oeuvre de ce compositeur qui va dans ce sens et c'est ce qui participe à ma passion indéfectible pour sa musique.
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyDim 24 Mar - 20:06

Au sujet de l'adagietto de la 5ème symphonie de Mahler, c'est curieux qu'un cinéphile comme toi n'ait pas précisé qu'il est utilisé dans le film Mort à Venise de Lucchino Visconti Wink



https://www.youtube.com/watch?v=TyflXLYlNRE
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyDim 24 Mar - 20:48


Parce que j'ai tout simplement oublié. Embarassed
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyDim 24 Mar - 22:56


Gustav Mahler:

voilà ce que j'avais écrit précédemment et c'est toujours d'actualité:

Je viens de réécouter la 7ème Symphonie par Mariss Jansons et ce fut, une nouvelle fois, un ravissement pour mes oreilles. C'est vivant, vivifiant, il se passe plein de chose, le thème mélodique qui s'échappe du "Scherzo" est magnifique. La masse orchestrale n'est pas abusivement surexploitée. Il y a de la nuance et même de la fantaisie, des combinaisons instrumentales assez insolites: je pense notamment au quatrième mouvement "Nachtmusik II - Andante amoroso". C'est une symphonie qui offre une proximité avec certains instruments de l'orchestre, une symphonie très aérée. Le cinquième mouvement "Rondo - Finale: Allegro ordinario - Allegro moderato ma energico" est celui qui me plait le moins, surtout dans sa seconde partie environ, à partir de l'"Allegro moderato ma energico". Ce passage final qui se veut spectaculaire, fait de bravoure et de charges un peu clinquantes, pourtant très applaudi à la fin, me fatigue un peu sur sa longueur, contraste avec l'émerveillement que m'a procuré cette septième symphonie dans son ensemble.

https://www.youtube.com/watch?v=SJEXUCxZkI0
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyLun 25 Mar - 9:24

Si j'ai bien compris, tu connais les symphonies de Mahler n° 2, 5 et 7 ? Mais pas encore les autres (il y en a 10) ?
Moi, je les aimes toutes, sauf la 8.

Je sais que tu n'aimes pas trop les découvertes via youtube, car tu préfères des CD.

Néanmoins, essaies les n° 1 et n° 4, tu m'en diras des nouvelles.

Voici par exemple la n° 1, qui est, avec ses 50/55 minutes, la plus courte des symphonies de Mahler.



https://www.youtube.com/watch?v=jT6qWac6rRw

Le 3ème mouvement est une extraordinaire marche funèbre qui prend pour thème la chanson "Frère Jacques".
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyLun 25 Mar - 19:27


En réalité, je connais, pour les posséder en cd et les avoir écoutées plusieurs fois, les symphonies n°2, 5, 7 et 10 (par Daniel Harding). Néanmoins, je possède depuis peu, les N°1 & 3, la Symphonie n°1 (inclus "Blumine") par la "Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR" sous la direction de Roger Norrington et la Symphonie n°3 avec Jessie Norman et sous une direction de Claudio Abbado. La N°1, je l'avais déjà écoutée il y a bien longtemps chez une amie, mais, à cette époque-là, je n'étais pas vraiment disposé pour écouter du "Mahler". Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et mon goût musical s'est nettement élargi. Avec la musique de Mahler, je suis passé de l'indifférence à un amour inconditionnel. Very Happy Il me restera à découvrir les N°4, 6, 8 & 9, mais ce sera à une autre occasion. Les symphonies sont longues, la première étant la seule d'une durée inférieure à soixante minutes, et je n'avais pas l'intention, de toute façon, de les écouter toutes d'affilée, dans un même cycle. Je vais écouter la Première ce soir, la Troisième probablement demain et la Dixième après-demain. Pour l'heure, je suis revenu à un autre compositeur allemand que j'affectionne depuis longtemps, avec la Symphonie n°7 de Hans Werner Henze. Je viens de me remettre cette grisante septième symphonie par le "City of Birmingham Symphony Orchestra" sous la direction de Simon Rattle. J'aurais pu aussi choisir la version par le "SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg" sous la direction de Sylvain Cambreling que je possède aussi en cd, mais j'ai préféré celle-ci. La prochaine fois, j'écouterai l'autre. Je dois dire que cette oeuvre dégage beaucoup d'intensité, qu'il y a un délicat jeu de la harpe dans le superbe second mouvement même s"elle est loin de me produire le même effet que celle de l'"Adagietto" de la Cinquième de Gustav Mahler. Le meilleur de cette septième symphonie de Henze se situe, selon moi, dans les deux derniers mouvements. Galvanisants.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyLun 25 Mar - 22:50

joachim a écrit:
Voici par exemple la n° 1, qui est, avec ses 50/55 minutes, la plus courte des symphonies de Mahler.

https://www.youtube.com/watch?v=jT6qWac6rRw

Le 3ème mouvement est une extraordinaire marche funèbre qui prend pour thème la chanson "Frère Jacques".

Je viens de l'écouter avec beaucoup d'attention, dans la version que j'ai mentionnée plus haut, et elle est finalement très différente du souvenir que j'en avais gardé. J'aime beaucoup!! Le troisième mouvement qui prend pour thème la chanson "Frère Jacques" est effectivement excellent, cependant, il ne faudrait surtout pas limiter ses qualités à ce seul passage.

La petite histoire sur BLUMINE, par Bert van der Waal van Dijk:

En 1884, Gustav Mahler reçoit une commande de Kassel pour écrire une musique accessoire dans sept tableaux vivants pour «Der Trompeter von Säckingen», une pièce de Joseph Victor von Scheffel (1826-1886) . Concert de 1884 à Kassel 23-06-1884 - Der Trompeter von Sackingen (Première) . Plus tard, Mahler trouva sa musique trop sentimentale et en fut si mécontent qu'il demanda à une connaissance de détruire la réduction de piano. Au début de 1888, Mahler devint le directeur de l' Opéra de Budapest . Il y complète ici un poème symphonique en deux parties et cinq mouvements qui a été créé pour la première fois lors du Concert 1889 de Budapest, 20-11-1889 - Symphonie n ° 1 (Première) . Il quitte Budapest en 1891 pour devenir chef principal du Stadttheater de Hambourg . En 01-1893, dans la perspective d'une deuxième représentation, il révisa l'œuvre, supprimant d'abord le mouvement andante uniquement pour le rétablir et rattacher un programme à l'ensemble de la symphonie.Blumine se traduit par «floral» ou «fleur» et certains pensent que ce mouvement a été écrit pour Johanna Richter (1858-1943) , avec qui Mahler était entiché à l'époque. Le style de ce mouvement a beaucoup en commun avec les travaux antérieurs de Mahler, mais il montre également les techniques et le style distinct de ses compositions ultérieures.

C’est au cours de cette révision que le mouvement lent a reçu le titre Blumine. Sous cette forme, toute la symphonie, désormais intitulée (avec un clin d'œil à Jean Paul (1763-1825) ), Titan : un ton-poème sous forme symphonique, a été créée sous la baguette de Mahler le 1893 Concert Hamburg 27-10-1893 - Symphonie n ° 1, Des Knaben Wunderhorn (Premières) . Mahler a repris le mot allemand désormais obsolète "Blumine" de la collection en trois volumes "Herbst-Blumine, ou plus encore" de Werkchen aus Zeitschriften "(" Fleurs d'automne ou recueil d'œuvres mineures de périodiques ") que Jean Paul (1763-1825) a publié entre 1810 et 1820, avec l'intention de faire référence à une collection de fleurs. Jean Paul, pour sa part, a repris le mot du linguiste Christian Heinrich Wolke (1741-1825), qui a défendu la cause d'un haut allemand exemplaire, arguant que les noms des dieux et des déesses grecs et romains devraient recevoir l'équivalent allemand et suggérant la déesse romaine Flora devrait être renommée «Blumine». Mahler lui-même n'a jamais laissé savoir comment il voulait que le terme soit compris. Il a été joué sous la même forme l'année suivante à Weimar le 1894 Concert Weimar 03-06-1894 - Symphonie n ° 1 . Après la représentation de 1894 (où elle s'appelait Bluminenkapitel), la pièce reçut de vives critiques, notamment en ce qui concerne le deuxième mouvement. Lors de la quatrième représentation donnée le 1896 Concert Berlin 16-03-1896 - La symphonie n ° 1, Todtenfeier, Lieder eines fahrenden Gesellen (Première) , le mouvement Blumine et le nom Titan avaient disparu de la symphonie désormais à quatre mouvements. Mahler a maintenant appelé son oeuvre Symphonie en ré majeur pour grand orchestre. Il a été publié sous cette forme en quatre mouvements en 1899.


Redécouvert

La seule partition ayant survécu lors du bombardement du théâtre royal en 1944, on pensait depuis longtemps que la musique était perdue. Par un itinéraire détourné, un manuscrit de copie de la version de Hambourg datant de 1893 est arrivé aux États-Unis, où il a été mis au jour par Donald Mitchell (1925-2017) en 1966 - une découverte qui a bouleversé l'histoire de l'œuvre. Lorsque Mitchell examina la partition d'autographe à Yale en 1966, ses yeux se posèrent sur un thème évoqué dans la littérature de Mahler dans les mémoires du critique musical Max Steinitzer (1864-1936) . Steinitzer avait décrit les six premières mesures de 'Der Trompeter von Säckingen' et Mitchell remarqua la concordance entre le thème survivant et la partition récemment découverte. Comme l’autographe Blumine était écrit sur du papier dont la taille était inférieure à celle du reste du manuscrit de la symphonie n ° 1, il a conclu que Mahler avait sans doute inséré le mouvement entier de l’entracte original, Werners Trompetenlied, dans la partition de la partition. symphonie. Étant donné l’absence de la partition originale, il n’ya aucun moyen de vérifier cette affirmation. Néanmoins, il est tout à fait certain que la sérénade a été transformée en Blumine avec peu de changements, voire aucun. Cela devient également clair lorsque nous comparons les scores beaucoup plus petits du mouvement aux forces requises pour la symphonie. Benjamin Britten (1913-1976) a donné sa première audition au XXe siècle lors du Festival redécouvert au Festival d’Aldeburgh le 18-06-1967. Cela a suscité un débat sur la question de savoir si la Première de Mahler devait être interprétée avec ou sans ce mouvement - un débat qui dure depuis toujours. Comme solution de compromis, Blumine est ajouté à la fin de la symphonie, comme on peut souvent l'entendre sur des enregistrements complets relativement récents des symphonies de Mahler.

La question reste de savoir pourquoi Mahler a supprimé le mouvement de sa symphonie en premier lieu. Une raison pratique pourrait avoir été la longueur du travail en cinq mouvements. La confidente féminine de Mahler, la violoncelliste Natalie Bauer-Lechner (1858-1921) , en voyait la raison dans le schéma clé de l'œuvre, car le do majeur de Blumine est un son étranger à la tonique ré majeur du premier mouvement et à la dominante majeur du majeur. le scherzo. Le chef d'orchestre Bruno Walter (1876-1962) a rappelé que Mahler lui avait présenté un morceau de musique qu'il considérait comme «insuffisamment symphonique». Les raisons réelles ne peuvent être déterminées avec aucun degré de certitude. Tout ce que nous pouvons en conclure, c'est que Mahler avait des sentiments mitigés à propos de Blumine. En 1884, il était satisfait de la sérénade à la trompette. en 1886, il le trouva trop sentimental et le voulut détruit; en 1888, il l'interpole dans une symphonie; et en 1893, il l'enleva de nouveau. Blumine a été redécouvert par Donald Mitchell en 1966, alors qu'il effectuait une recherche sur sa biographie de Mahler dans la collection Osborn de l'Université de Yale, dans une copie de la version hambourgeoise de la symphonie. Apparemment, Mahler l'avait donnée à une femme qu'il avait enseignée au conservatoire de Vienne. Il a été transmis à son fils, qui l'a ensuite vendu à James Osborn, qui l'a ensuite fait don à l'Université de Yale. Benjamin Britten a donné sa première représentation redécouverte de la version de Hambourg en 1967, après avoir été perdue pendant plus de soixante-dix ans. Après cette découverte, d’autres personnes ont réalisé ce mouvement, certaines insérant même simplement le Blumine dans la version 1906. Cependant, beaucoup de gens n'étaient pas d'accord pour jouer cette musique dans le cadre de la symphonie. Mahler l'avait rejetée de sa symphonie, argumentèrent-ils. De célèbres chefs d'orchestre de Mahler tels que Leonard Bernstein (1918-1990) , Georg Solti et Bernard Haitink (1929) ne l'ont jamais interprétée.
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMar 26 Mar - 8:46

Ces symphonies de Mahler sont époustouflantes de beauté, merci Icare et Joachim de me les faire redécouvrir, je ne m'y étais jamais vraiment attardée, l'heure est venue Wink
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Mike56

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMar 26 Mar - 18:17

La musique de Mahler m'accompagne depuis mes vingts ans (qui sont loin maintenant .... Rolling Eyes ). Je ne connais pas toutes les symphonies par manque de temps pour écouter tout ce dont j'ai envie. Bien que cela ne soit pas rangé dans les symphonies, Le chant de la terre de Mahler m'a toujours fasciné.
J'ai entendu récemment le 7° Symphonie en concert. En recherchant sur internet avant d'y aller, j'avais lu que cette symphonie était la "mal aimée". J'avais également pris connaissance des commentaires d'Icare. Au final, je suis en accord avec Icare avec cette même réserve pour le final.
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Icare
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Icare

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMar 26 Mar - 23:32

laudec a écrit:
Ces symphonies de Mahler sont époustouflantes de beauté, merci Icare et Joachim de me les faire redécouvrir, je ne m'y étais jamais vraiment attardée, l'heure est venue Wink

Il faudra aussi que tu t'attardes sur la Troisième que je viens de découvrir ce soir. C'est un autre grand monument de la symphonie, m'a pratiquement autant subjugué que la Seconde. Les vingt-cinq dernières minutes sont somptueuses, tel un immense adagio qui m'a figé dans l'émotion. Ce ne sont même pas les parties chantées par Jessie Norman qui m'ont le plus touché - certes elles sont très belles, mais ce que je définis comme un immense ou magistral adagio final qui prend son temps avant d'aboutir à sa conclusion plutôt emphatique. Les soixante premières minutes, purement orchestrales, sont également fantastiques.

https://www.youtube.com/watch?v=7P40XP12VPs
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JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMer 27 Mar - 18:05

En fait, le dernier mouvement de la Troisième est un Adagio. Tout simplement.
Le premier grand adagio mahlérien d'une série qui se poursuit dès la Quatrième et qui, passant par-dessus les Septième et Huitième, culmine dans les Neuvième (en dernière position aussi) et Dixième (en première position, l'essentiel de ce que Mahler a eu le temps d'écrire pour cette symphonie). On peut y ajouter le lied final du "Chant de la terre", bien sûr.

Le premier mouvement de la Troisième dure plus longtemps que n'importe quelle symphonie classique et tout le reste est à l'avenant: jusqu'à la délirante Première ("Gothique") de Brian, c'était sans nul doute la symphonie la plus longue (1 heure et demie à 1 heure trois quarts selon les interprétations).
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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 28 Mar - 7:54


Hans Werner Henze - Symphonie n°9:

Je m'approche de la fin de cette quatrième partie de mon cycle autour de la symphonie avec la N°9 pour choeur mixte et orchestre. C'est juste avant de réécouter la N°10 de Mahler (version Deryck Cooke - 1976-89 - direction Daniel Harding). Comme pour les fois précédentes, je ne suis pas immédiatement entré dans la fibre religieuse de la Neuvième de Henze, même si, paradoxalement, je la trouve belle dès son premier mouvement: une impression d'errer en surface, d'en saisir la beauté sans être bouleversé par elle. En fait, la fascination pour cette symphonie s'opère progressivement, presque malgré moi, insidieusement en quelque sorte. Une aussi belle écriture des choeurs peut difficilement laisser indifférent. C'est donc inéluctable qu'elle finisse par m'envoûter à un moment ou un autre. La symphonie se divise en sept mouvements et c'est à partir du quatrième que le charme finit par faire son effet. L'adhésion totale arrive définitivement à partir du plus long mouvement, l'avant-dernier, qui dépasse les seize minutes. Il est selon moi le point culminant de l'oeuvre, le haut de la cathédrale. Les interventions de l'orgue, un orgue impérial et dynamisant, sans compter les apports inventifs de percussions et sonorités insolites, enrichissent la musique d'une couleur originale, comme un vitrail sonore qui se dresse devant la prière collective et se traverse d'une lumière divine . Ce mouvement s'intitule "The night in the Cathedral". Je lui trouve quelque chose de fantastique dans les deux sens du terme. Le dernier mouvement "Rescue" est, quant à lui, magnifique de sérénité, le chant qui vous tire vers le haut et le recueillement.

Gustav Mahler - Symphonie n°10:

J'ignore ce que pense les puristes sur le fait d'achever des oeuvres de grands compositeurs restées inachevées. Il me semble que cette démarche ne plait pas à tout le monde, ne serait-ce déjà sur le principe...?...Personnellement, je me situe toujours à l'écart d'un tel débat dans la mesure du "pourquoi pas?". Pourquoi des spécialistes ne pourraient pas apporter une vision complète d'une oeuvre inachevée, en l'occurrence la Dixième de Mahler? Cette symphonie (version Deryck Cooke - 1976-89 - direction Daniel Harding) me semble contenir toute la force et la beauté mahlérienne sur sa longueur et si, jusqu'ici, je nourrissais une préférence pour l'"Adagio" introductif, désormais c'est le "Finale" de vingt-cinq minutes environ qui me transporte littéralement, comme ce fut d'ailleurs le cas dans sa troisième symphonie. Au-delà du point culminant, il y a des moments précis au sein de chacun des quatre longs mouvements qui ont fait mon bonheur, et pas nécessairement les plus animés, mais plutôt ceux qui incitent au recueillement, à la réflexion ou, mieux encore, à la plénitude; une petite flûte quelque-part qui m'a fait chavirer, une valse aussi...Ainsi s'achève la quatrième partie de mon cycle autour de la symphonie.
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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 28 Mar - 9:40

je pense avec l'expérience qu'il faut une longue maturation ,pour bien comprendre une oeuvre et en saisir toute la substantifique moelle,il faut s'en imprègner corps et âmes ,le travail intellectuel est très bien,sinon on ne parlerait de rien,mais il faut aussi que le corps accepte l'oeuvre Ppour la neuvième de Mahler, il faut lire le commentaire de Berg, qui est d'une lucidité et d'une limpidité formidables, d'ailleurs on ne parle bien que de ce qu'on admire en général.
J'ai toujours fréquenté Bruckner et j'admire particulièrement ce coffret.
Le règne de la symphonie - Page 6 <a href=Le règne de la symphonie - Page 6 Volk10"/>
Perso, plus j'avance en âge et plus je pense qu'on peut donner des pistes et chacun après fait le chemin qu'il veut et heureusement des gens se retrouvent dans les mêmes jugements.
Pour ce coffret, le chef Volkmar Andreae est merveilleux de complicité, de tendresse ,de finesse ,même si l'orchestre n'est pas une formation internationale, peut être même veut il mieux que ce soit ainsi, car le chef n'y aurait pas consacré autant de temps.Ces enregistrement destinés à la Radio, restent une mine pour tout amoureux de Bruckner.Que dire de plus qu'il faut l'écouter? Le règne de la symphonie - Page 6 Icon_con
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JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 28 Mar - 11:38

Voilà un chef dont on ne conserve le souvenir, effectivement, que pour ses enregistrements de Bruckner, appréciés des brucknérophiles, pour ne pas dire des brucknéromanes.
Il y a également des témoignages de son art à la tête du remarquable orchestre de la Tonhalle de Zurich, dont il a été le directeur musical de 1906 à 1949.

A ne pas confondre avec le chef Marc Andreae, qui est semble-t-il son petit-fils.
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 28 Mar - 11:47

Icare a écrit:
Il faudra aussi que tu t'attardes sur la Troisième que je viens de découvrir ce soir. C'est un autre grand monument de la symphonie, m'a pratiquement autant subjugué que la Seconde.

Cher Icare, de tout cœur merci de m'avoir fait découvrir cette troisième symphonie de Gustav Mahler. Je n'en reviens toujours pas, ma façon d'écouter la musique sera transformée à jamais après cette découverte. Les symphonies, ça n'a jamais été ma tasse de thé, j'en aimais quelques-unes mais toujours pour l'impression globale qu'elles me procuraient, j'étais parfois subjuguée par l'un ou l'autre passage aussi mais c'est l'impression générale qui était déterminante.

Depuis que j'écoute (dans tous les sens du terme) les symhonies de Mahler, j'écoute autrement, chaque note est devenue importante et cela malgré la durée. J'en suis fort émue, bouleversée, je me demande même si c'est dû à un état temporaire de mon âme ou si c'est définitif ? Le règne de la symphonie - Page 6 1521897346

Le premier mouvement de la Troisième symphonie de la vidéo que tu as postée est magnifiquement joué, dirigé, filmé. J'ai été rechercher le chef qui dirige, je pense que c'est Christoph Eschenbach et l' Orquesta Sinfónica de Galicia ? Chaque mouvement est si bien suivi par le cinéaste, sûr qu'il est musicien aussi Le règne de la symphonie - Page 6 185465 Quel bonheur de se trouver si près de celui qui joue l'âme du passage et si bien soutenu par Le règne de la symphonie - Page 6 185465

Après cela, j'ai voulu connaître les autres mouvements et je n'ai pas été déçue, quelle beauté sublime se cache derrière chaque note, j'en suis comme ensorcelée Shocked

Les musiciens eux aussi sont tellement concentrés, habités par cette musique, il y a là un condensé de vie si généreux, ouvert, accueillant à l'infiniment petit Le règne de la symphonie - Page 6 395622 et de me dire que ces œuvres comme celles-ci, sont accessibles à tout un chacun grâce à ces médias que je décrie parfois Le règne de la symphonie - Page 6 Icon_con Comme quoi, je me dis encore une fois que c'est la façon dont on utilise, regarde, vit l'instant qui est déterminant bien plus que le contenu et ici, le contenu ne m'est limité par aucune porte, je peux juste laisser entrer l'air libre.

J'ai trouvé plusieurs versions de cette troisième symphonie en son entier, je vous donne le lien de celle que j'ai écoutée dirigée par
Dima Slobodeniouk,
l'Orquesta Sinfónica de Galicia,
Ewa Podles, contralto
et Niños Cantores y Coro OSG


Le règne de la symphonie - Page 6 395622 Le règne de la symphonie - Page 6 333455


https://youtu.be/FkhpQ143g1Q

Merci pour ce cadeau à nul autre pareil.

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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 28 Mar - 11:57

Laudec, quand on découvre le monde de Mahler (et là encore il faudrait parler de versions , dont la formidable et inimitable 3ème de Charles Adler)on a un choc, d'abord , pour ce qu'il fait de l'orchestre et bien sûr des choeurs, c'est tout un monde personnel et unique de ce compositeur, et c'est marrant car si on revient à la non percée de Mahler en France au début, ces thèmes de marches et de rondes, d'ambiance de fêtes foraines, a plutôt joué contre lui ,qu'est-ce que c'est que cette musique de foire, mais c'était avant que Duchamp mette l'urinoir dans un musée lol.
JosephK, V.Andreae semble plus connu maintenant,pour ses compositions que pour ses enregistrements , mais c'est le cas de beaucoup de chefs d'orchestre en ce moment. Le règne de la symphonie - Page 6 Icon_con
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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMer 3 Avr - 11:30

Je voudrais pas parler que des oeuvres ou musiciens introuvables, car pour moi les grands symphonistes, restent toujours les compositeurs qui ont persisté dans la symphonie et en ont composé plusieurs, comme une quête désespèrée de mieux faire ou faire autrement.Bien entendu Harold Truscott (1914-1992),compositeur britannique ,ami de Robert Simpson qui lui ,véritable symphoniste en a écrit 11, mais j'ai reçu ce cd Marco Polo avec cette  symphonie, et je la trouve assez belle et pleine de substance, assez pour en parler ici.
Le règne de la symphonie - Page 6 <a href=Le règne de la symphonie - Page 6 Trus10"/>
Disons d'abord qu'elle n'apporte rien de nouveau , a été semble t'il (je voudrais bien être Kristian pour pouvoir mieux lire les livrets en anglais)composée entre
(1948-1949) que Truscott s'est beaucoup interessé à la musique de Franz Schmidt, ce qui est un exploit ,car c'est pas tous les jours , même aujourd'hui, ou vous rencontrez quelqu'un qui aime Franz Schmidt, qu'il aimait beaucoup Nielsen ou Havergal Brian, qu'il a composé 22 sonates pour piano, oeuvres pour lesquelles, il est plus connu en Angleterre.Il semblerait que cette oeuvre a été faite de plusieurs morceaux de plusieurs époques, c'est peut être ce qui fait son charme.le premier mouvement est assez excitant et c'est souvent le plus important car c'est lui qui nous entraîne vers la suite, mais Truscott à la manière d'un cinéaste , sait assez nous interesser,par de petites histoire, difficile pour moi non-musicien,de parler de cette musique ,sinon qu'on y retient ,fugue et contrepoint, mais c'est bien fait.Peut être Icare pourra t'il ou voudra t'il en parler mieux que moi.


Très bonne analyse de l'oeuvre de Truscott ainsi que sur cette symphonie sur
http://www.musicweb-international.com/Truscott/
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyJeu 4 Avr - 13:42


Difficile pour moi d'en parler car je ne connais pas encore ce compositeur.
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MessageSujet: Ferrari   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyLun 8 Avr - 23:05


Cinquième Partie:

Luc Ferrari - Symphonie Déchirée:

En introduction à la cinquième partie de mon cycle "Le Règne de la Symphonie", cette fois entièrement consacré à la symphonie française, j'ai choisi de réécouter la Symphonie Déchirée (1994-98) de Luc Ferrari. <<Cette symphonie est une sorte de balancement entre la révolte et la volupté, entre réalisme et abstraction, entre mouvement impulsif et formaliste. Commencée fin 94, elle a subi plusieurs bouleversements dus aux troubles des remises en questions personnelles et du temps qui passe et qui ne se ressemble pas.>> Luc Ferrari. L'oeuvre se divise en huit mouvements:
_Pénétration harmonique
_Jeu des objets
_Dualité
_Parole déchirée
_Jeu de timbre
_Jeu des reflets
_Les Cloches de Huddersfield
_Déchirure

Cette Symphonie déchirée pourrait être aussi, à certains égards, une symphonie désarticulée dans laquelle se confrontent harmonieusement éléments bruitistes et éléments purement musicaux. Elle est un équilibre des contrastes sonores ou peut-être aussi faite d'amalgames timbraux où la musique devient bruit et où le bruit devient musique. S'y entremêlent vigoureusement bribes de dialogues parfois répétés, bruits urbains, constructions rythmiques et harmoniques qui conduisent à un caractère musical obsessionnel et accidenté. J'ai adhéré à la terrible poétique de cet objet sonore dans lequel bruits et musique se sont amalgamés avec audace et réussite. Chaotique en apparence et fascinante en profondeur! Ce n'est pas le genre de musique qui met la larme à l'oeil. Ce n'est pas ce type d'émotion dont il est question, plutôt quelque-chose qui éveille l'esprit, interroge, conduit même à une forme d'amusement: j'ai toujours estimé que le meilleur de la musique expérimentale avait forcément un caractère ludique et que celui-ci se communique aisément pendant l'écoute. Cette symphonie de Ferrari est avant tout, à mes oreilles, une symphonie ludique.


Dernière édition par Icare le Mar 9 Avr - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Jolivet   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMar 9 Avr - 19:05

André Jolivet - Symphonies 1 & 3:

Il est dit qu'à mantes reprises, André Jolivet fut fasciné par le mode d'expression symphonique. On sait à cet égard que, créée à Haïfa le 30 mai 1954, sa première symphonie fut rejouée en France, à Paris pour être plus précis, neuf jours après la première exécution, sous la direction de Charles Münch, que Hans Schmidt-Isserstedt créa la Seconde au Festival de Berlin, le 3 octobre 1959, qu'enfin, c'est à la suite d'une commande du Festival de Mexico que le compositeur français André Jolivet écrivit sa Symphonie n°3, celle que j'ai réécoutée aujourd'hui dans un enregistrement public au Théâtre des Champs Elysées (Paris) qui date du 19 avril 1966, par l'Orchestre National de France sous la baguette de son auteur. Il en dirigea la Première à Mexico, deux ans auparavant, en début août. C'est Antal Dorati qui en fit cependant la première audition à Paris, également au Théâtre des Champs Elysées, le 1er décembre suivant. Je suis toujours aussi fasciné par la puissance de sa troisième symphonie, par ses bouillonnements, ses fulgurances, le lyrisme chahuté de son troisième mouvement. La N°1 que je suis entrain d'écouter est du même sang, de la même intensité dramatique. Que ce soit dans l'une ou l'autre, quel formidable travail sur la matière sonore de l'orchestre symphonique! La fougue semble inépuisable, surtout dans les mouvements extrêmes. Encore que le "Fulgural" qui correspond au mouvement médium de la Symphonie n°3 conserve, comme son titre le précise, cet état de fulgurance permanent. Celui de la Première Symphonie est effectivement moins déchaîné que le mouvement qui le précède même si la musique, après un début plus calme et posé, rejoint des tourments bien plus crispés et tumultueux, s'étire dans des tourbillons qui m'entraînent dans les profondeurs d'une mystérieuse tragédie, juste avant une nouvelle accalmie. Le troisième mouvement démarre sur le rythme d'une puissante tornade, si puissante qu'elle donne l'illusion d'arracher des montagnes et des forêts entières. Son impressionnante palette sonore lui confère une dimension fantastique. Contrairement à la troisième symphonie, la Première se dote d'un quatrième mouvement tout aussi exubérant, tout aussi exalté que le précédent. Les dissonances jaillissent de toutes parts, tels des éclats d'une lave volcanique brûlante et crachée des plaies béantes de la terre. Le magma symphonique est en continuelle fusion jusqu'à la note ultime. Hâte de pouvoir découvrir un jour sa Symphonie n°2!

Je viens de la trouver et le début me plait déjà beaucoup. Elle a l'air de s'inscrire dans la même veine tumultueuse que les deux autres. Je vais l'écouter ce soir  Very Happy

https://www.youtube.com/watch?v=ijlIhAfzSqs


Dernière édition par Icare le Mer 10 Avr - 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Magnard   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMer 10 Avr - 19:56

Albéric Magnard - Symphonie n°4:

La musique nous joue parfois des tours de cochon! Hehe Lorsque je relis mes toutes premières impressions sur les symphonies d'Albéric Magnard et celles plus récentes, c'est quasiment le jour et la nuit. Ce ne sont pourtant pas des oeuvres difficiles d'accès. Autant les trois symphonies d'André Jolivet, par leur modernité, m'ont enthousiasmé immédiatement...En réalité, la "facilité ou difficulté d'accès" est une idée fausse, une fausse raison...En réalité, si ces symphonies m'ont laissé plutôt dubitatif à une époque relativement lointaine, c'est parce que je n'étais pas du tout conditionné par ce genre d'approche: je les trouvais un peu poussiéreuses par rapport à celles d'Arthur Honegger que j'avais découvertes un peu avant et qui m'avaient beaucoup plus captivé. Aujourd'hui, j'ai réécouté la Quatrième de Magnard et j'ai été complètement séduit, au point de me demander pourquoi je ne l'avais pas été depuis la première fois, à croire que nous sommes émotionnellement tributaires de ce par quoi nous sommes plus ou moins conditionnés. Depuis la première écoute, de l'eau a évidemment coulé sous les ponts, mon goût musical s'est élargi et écarté de mes modèles de prédilection. A l'époque, j'étais surtout, côté français, axé sur des compositeurs comme Jolivet, Messiaen, Dutilleux, Constant (que j'aime toujours autant écouter), si bien que Magnard me parut certainement un brin désuet. J'ai donc réécouté la Symphonie n°4 - opus 21 et Chant Funèbre - opus 9, toujours par l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Michel Plasson, c'est-à-dire que je n'ai toujours pas tenu compte d'un conseil qui me fut aimablement fait et me disait qu'il fallait que je les écoute par Sanderling. Selon lui, Plasson aurait trop appuyé l'aspect germanique de ces symphonies, éludant une légèreté plus française qui se retrouverait davantage dans les versions de Sanderling...?... Il est vrai que cette quatrième symphonie est toute en verve, en fougue, en puissance, mais aussi en nuance, portée à un moment donné par une sorte de danse campagnarde... Une grande palette de couleurs l'irise d'un bout à l'autre. Elle est finalement très riche cette symphonie de Magnard, riche sur le plan sonore et par ses nombreux rebondissements. Bien sûr, elle a ses moments de répit et de pure poésie avant de replonger dans un tumulte final presque démesuré. Je n'ai pas renoncé à la réécouter par Sanderling, bien au contraire, je l'aime assez désormais pour avoir envie de la redécouvrir dans une autre physionomie, peut-être avec cette "légèreté plus française" qui caractériserait l'interprétation de Sanderling. Son Chant Funèbre m'a, en revanche, toujours plu, dès la première écoute.


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JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 EmptyMer 10 Avr - 22:24

Ah, la Quatrième de Magnard, en très bonne place au panthéon de la symphonie française (certes moins encombré que celui de la symphonie germanique)...

J'ai tellement été biberonné à la version Toulouse/Plasson que je suis assez surpris de lire un tel reproche. On a fait d'autres reproches, parfois justifiés, à la baguette de Plasson, mais là, en faire un tenant de la germanisation de cette musique - même s'il a exercé des fonctions prestigieuses en Allemagne - qui plus est à la tête de l'Orchestre du Capitole...

Alors, par curiosité, je suis allé écouter Malmö/Sanderling, et là, pour le coup, je trouve qu'on se prend en pleine poire le "germanisme" - au demeurant pas hors sujet pour une symphonie encore partiellement dans la descendance franckiste (et quel que fût le nationalisme intransigeant qui lui valut la fin tragique que l'on sait). Et puis, surtout, cela me paraît vraiment scolaire, peu inspiré, tellement loin de la respiration, du chant, de l'élan et de la poésie de la version Plasson...

Il y a des musiques qui, comme certains plats, ne supportent pas la médiocrité. Ceux qui découvrent cette oeuvre dans la version Malmö/Sanderling risquent de se retrouver dans la situation de ceux qui ont pris en horreur la tête de veau à la cantine: en être dégoûtés à jamais!

Ensuite, il est vrai qu'on ne croule pas sous les versions des symphonies de Magnard. Pour cette Quatrième, le trop oublié Jean Fournet, du temps où il dirigeait l'Orchestre de la Radio néerlandaise (Hilversum), en a laissé une interprétation tout à fait inspirée, malheureusement desservie par une prise de son un peu précaire.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 6 Empty

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