Forum sur la musique classique
 
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 Le règne de la symphonie

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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyDim 17 Fév - 11:21

J'ai beaucoup défendu Pettersson et je le défendrais toujours, comme Keuris, Simpson ou d'autres, mais contrairement à toi Icare, j'essaie de tout avoir d'un compositeur quand je l'aime et on en revient aussi par là, avec l'instant magique de la musique, il faut un peu souffrir pécunièrement pour vraiment apprécier je pense, on en est un peu plus dans la demande, dans l'attente et dans la réception, tout avoir tout cuit sur Youtube est bien, mais pour moi (je parle que de moi)n'est pas suffisant. Le règne de la symphonie - Page 5 Icon_con
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MessageSujet: Gerhard   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyDim 17 Fév - 20:12

Je ne passe que très rarement par Youtube pour écouter ou découvrir une oeuvre. 99% des oeuvres musicales que j'évoque sur ce forum font partie de ma "cédéthèque", comme la Symphonie "Hommage à Pedrell" (1941) de Roberto Gerhard par le "BBC Symphony Orchestra" sous la direction de Matthias Bamert. Roberto Gerhard ne fait pas partie non plus des compositeurs que j'ai approfondis, sauf qu'il y a cette fois cohérence dans la mesure où ce n'est pas un style musical qui m'a suffisamment fasciné comme put le faire du côté espagnol, Francisco Escudero et Leonardo Balada. Du coup, je ne connais de Gerhard que l'"Hommage à Pedrell" et un concerto pour clavecin couplés sur une même galette. Néanmoins, j'ai, au fil de plusieurs écoutes, non successives mais plutôt espacées dans le temps, apprivoisé la belle symphonie en trois mouvements, non numérotée, qui a été achevée douze ans avant la Symphonie n°1 (1952-53). Lumineuse, volubile et pittoresque, elle ne manque ni de fantaisie ni d'éclat, embrassant un langage symphonique d'une grande limpidité, teintée d'"espanité", en marge de l'avant-garde qu'il étudia auprès de Schoenberg à Berlin. La création d'une oeuvre symphonique dut poser de sérieux problèmes aux compositeurs espagnols de la première moitié du vingtième siècle car il n'existait pas de tradition symphonique espagnole  au dix-neuvième siècle, pourtant, lorsque j'entends la symphonie en hommage à Pedrell de Roberto Gerhard, j'ai l'impression qu'elle est le résultat d'une grande tradition symphonique, même si elle ne me bouleverse pas sur le plan personnel. Rayonnante dans ce qu'elle exprime, elle me divertit suffisamment pour avoir eu envie de la réécouter aujourd'hui. Rien de comparable, sur aucun point, avec la Symphonie Sacrée d'Escudero qui m'est à la fois bien plus viscérale et captivante.

https://www.youtube.com/watch?v=Y7iIqc1hiUQ
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyDim 17 Fév - 23:19


Après avoir écouté trois symphonies espagnoles de trois compositeurs très différents, Andrés Gaos, Francisco Escudero et Roberto Gerhard, je me suis alors dit qu'il serait finalement de bon aloi de réécouter la Symphonie Espagnole en ré mineur, Opus 21 du compositeur français Edouard Lalo par Maxim Vengerov et le Philharmonia Orchestra sous la direction d'Antonio Pappano. Une oeuvre hybride entre le concerto pour violon et la symphonie ou un véritable concerto pour violon portant le titre de "symphonie"? Cette idée d'hybridité m'a toujours séduit, l'ambiguïté aussi. Le premier mouvement a vraiment l'allure d'une symphonie alors que plus je m'enfonce dans l'oeuvre, plus la forme du concerto prend toute sa dimension dramatique et narrative. <<La Symphonie espagnole a eu une influence sur la genèse du Concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski. En mars 1878, Tchaïkovski séjourna chez Clarez , en Suisse , chez Nadezhda von Meck , alors qu'il se remettait de la rupture de son mariage désastreux et de sa tentative de suicide ultérieure. Son élève préféré (et apparemment son amant), le violoniste Iosif Kotek , est arrivé sous peu de Berlin avec beaucoup de nouvelles musiques pour violon. Sa collection comprenait la Symphonie espagnole, que lui et Tchaïkovski ont jouée pour leur plus grand plaisir. Cela donna à Tchaïkovski l’idée d’écrire un concerto pour violon. Il mit immédiatement de côté son travail actuel sur une sonate pour piano et commença le concerto le 17 mars. Avec l'aide technique de Kotek, le concerto était terminé le 11 avril.>>

https://www.youtube.com/watch?v=QYjJNZAoNAs
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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyLun 18 Fév - 9:21

Je suis d'accord avec toi, dans l'ensemble,Icare mais on ne peut à mon avis parler vraiment d'une symphonie d'un compositeur ,comme tu parles de la 5ème de Pettersson ou de celle de Roberto Gerhard, sans les situer dans leur corpus , celui des 16 symphonies de Pettersson et des 4 de Gerhard,chaque symphonie est un moment précis d'une époque et aussi d'une recherche personnelle créative ,à laquelle est confronté le compositeur, bon celà dit chaque oeuvre à sa propre vie indépendante ,et c'est à nous de savoir si l'on veut aller plus loin ou pas? J'espère ne pas être trop prétentieux en disant celà lol,c'est vraiment ce que je pense . Embarassed
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MessageSujet: Suk   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyLun 18 Fév - 19:23

(Muzikant, j'ai transféré ton commentaire érudit sur Roberto Gerhard sur le fil du compositeur où il a davantage sa place et où il sera plus visible pour ceux qui recherchent des informations ou des avis sur lui. Il a composé six symphonies, tu les connais toutes?

Muzikant a écrit: Je suis d'accord avec toi, dans l'ensemble, Icare mais on ne peut à mon avis parler vraiment d'une symphonie d'un compositeur ,comme tu parles de la 5ème de Pettersson ou de celle de Roberto Gerhard, sans les situer dans leur corpus.

Je comprends parfaitement cette exigence et si tu as une connaissance de toutes les symphonies d'un compositeur...disons Allan Pettersson...tu en auras fort probablement une analyse plus complète et plus précise, marquant les différentes marques d'évolution qu'il y aura entre la première et la dernière, pouvant exprimer quelle place va avoir la Cinquième dans cette évolution; si elle symbolise une transition, une rupture ou une continuité, etc...Dans ce cas, l'approche est plus musicologique. Personnellement, mon approche de la musique n'a pas cette ambition. J'essaie d'abord de mettre des mots, ce qui n'est pas forcément facile, de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti à l'écoute de telle ou telle oeuvre, de telle ou telle symphonie. Je tente d'analyser les émotions que la musique me procure et la musique que les émotions procurées me renvoient...parfois de manière poétique...Je considère l'émotion musicale comme un filtre, un filtre déformant ou agrandissant. Je n'ai pas vraiment une perception musicologique...philosophique oui, psychologique oui, poétique oui...mais peu musicologique. Ceci étant dit, Allan Pettersson fait partie des compositeurs que je souhaite approfondir comme j'ai pu le faire avec beaucoup d'autres qui me fascinent au moins autant que lui.

Deux symphonies de Josef Suk:

J'avais écrit précédemment:

<<Je viens de réécouter de Josef Suk sa Symphony in E, opus 14 (1889) par le "Philharmonia Hungarica" sous la direction de Dalia Atlas. Ce n'est sûrement pas l'interprétation la plus connue ni la plus réputée, pourtant, bien que je n'ai encore aucun modèle de comparaison, je la trouve de très bonne tenue. La symphonie se compose de quatre mouvements dont trois dépassent nettement les dix minutes, seul le quatrième excède à peine les six minutes. C'est donc une oeuvre consistante de plus de 45 minutes de beauté, de douceur, de flamboyance, de retenue et d'éclat. J'adore l'introduction du premier mouvement qui finira très vite par toucher à l'exquis dès qu'une magnifique mélodie que n'aurait pas reniée Antonin Dvorak s'y installe et y déploie toute sa force de séduction. L'Adagio qui suit est un autre beau moment d'émotion d'un symphonique plus aéré et d'une belle teneur poétique. Des instruments se désolidarisent de la masse orchestrale pour exister par eux-mêmes, certes de façon souvent fugace ou succincte, mais l'irisation mariée à la délicatesse m'apporte ce moment de bien-être enveloppant que j'aime vivre à l'intérieur d'une symphonie, ce moment où un instrument, peu importe sa famille et son timbre, vient m'offrir une proximité, comme s"il s'était détaché de l'orchestre pour se rapprocher de moi, devenant un élément purement concret sur lequel mon oreille s'accroche et en "palpe" toutes les nuances, en mesure toute la douceur et la fugacité. Dans l'Allegro vivace c'est une danse plutôt radieuse qui semble provenir d'un lointain folklore alors que dans le mouvement final, c'est un orchestre symphonique au complet qui s'exprime dans un esprit rayonnant et fortement extraverti. La mesure finale sera un fracas d'un instant.>>

https://www.youtube.com/watch?v=VwM28UFt6R8
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyLun 18 Fév - 23:17

Josef Suk: Symphonie "ASRAËL" - Opus 27:

La symphonie "Asraël" - opus 27 est la seconde et ultime symphonie de Josef Suk. Composée entre 1905 et 1906, elle est créée le 3 février 1907. Le thème cyclique de la Mort est tiré de sa suite orchestrale Pohadka. L'œuvre est dédicacée à son beau-père, Antonín Dvořák, mort en 1904 et à la femme de l'artiste, Otilie Suková, morte un an après. La partition est achevée le 4 octobre 1906.

<<Josef Suk a commencé à composer sa symphonie funèbre au début de l'année 1905, environ 8 mois après la mort de Dvořák. Le titre de l’œuvre fait référence au nom de l'ange de la mort Azraël, personnage de l'ancien testament considéré comme l'ange accompagnant les âmes après la mort dans la tradition islamique. L'œuvre est organisée en cinq mouvements. Suk a terminé la structure de trois des mouvements en moins de six mois. Le 6 juillet 1905, alors que Suk avait terminé environ la moitié de cette symphonie, sa femme Otilie mourut. Bien que cette composition ait été pensée comme un hommage à la vie et au travail de Dvořák, le compositeur, affligé d'un immense chagrin, a supprimé les parties au ton optimiste qui étaient prévues dans le reste de l'œuvre. Suk lui-même rappelait : « L'effrayant ange de la mort a frappé de sa faux une seconde fois. Une telle infortune ne peut conduire un homme que vers sa destruction ou à l'émergence de toute la puissance qui dormait en lui. La musique m'a sauvée et après une année, je commence la seconde partie de la symphonie, qui commence par un adagio, un tendre portrait d'Otilka.>> Wikipédia.

Evidemment, je suis complètement envoûté par ce chef-d'oeuvre de Josef Suk, par ce climat grave d'une douleur dont on admirera la profonde maîtrise et la puissance intérieure. Puis il y a cette fin, cette dernière page qui mène vers le recueillement, la sérénité, le visage placide d'une femme aimée, peut-être un peu vers le haut, par-dessus l'épaule des hommes, vers le céleste. Par l'Orchestre Philharmonique de Montpellier sous la direction de Peter Schneider.
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MessageSujet: Pécou   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMar 19 Fév - 20:53



Une symphonie de chevet n°12:

La Symphonie du Jaguar (2002) de Thierry Pécou est une bien particulière symphonie pour clarinette, trombone, violon et violoncelle, cinq voix de femmes et orchestre. L'oeuvre nous plonge dans le mystère des mythologies précolombiennes du Mexique maya et de la Chine ancienne des peintres lettrés. A chaque nouvelle écoute, je sors surpris par l'étonnante physionomie de cette composition qui offre à quatre instruments un rôle de soliste et à un quintette de voix dont le jeu hésite entre la forme opératique et théâtrale. <<La Symphonie du Jaguar fait référence à la course cyclique du temps et au trajet du soleil (Kin), dans son aspect d'astre du jour, et sous la forme d'un jaguar rouge dans sa course vers les entrailles de la terre où il se régénère. Les points cardinaux sont ici au nombre de cinq: est, ouest, sud, nord et centre, respectivement symbolisés par les quatre instruments solistes et au centre, le choeur de femmes: à la fin de l'oeuvre, la clarinette et le trombone lancent des appels dans les cinq directions.>> Je m'émeus toujours autant d'une oeuvre aussi poétique, d'une fraîcheur ("modernité") saisissante, de celle qui caractérise en général la musique de Thierry Pécou. Outre une formidable palette de timbres, outre ceux parfois étranges des quatre solistes, outre la dimension quasi-théâtrale du quintette vocal, il y a comme un zeste de jazz et l'immersion grandissante d'une danse qui anime (endiable) le second mouvement. Le troisième développe une espèce de danse étrange, atypique, dans une palette de couleurs sonores assez singulière, presque exotique. Il est le point culminant de la symphonie. Il s'intitule "Akbal" (nuit, aube - sombre, nocturne selon la tradition maya: Symbolisme : AKBAL, la nuit, les ténèbres. Un autre nom maya pour ce glyphe est UOTAN qui signifie "Cœur". AKBAL symbolise l’introspection durant les rêves, l’immobilité, le sanctuaire, le temple, le voyage dans notre vide intérieur pour faire naître de nouvelles idées. AKBAL est le voyage dans notre "monde du dessous" à la recherche de la sagesse durant lequel nous faisons face à nos peur, abandonnant notre ego et renaissons après que nos épreuves soient devenues trésors spirituels. AKBAL est aussi connu comme le "gardien de l’aube" et le "gardien du crépuscule". Le quatrième mouvement est le plus insaisissable, mais lorsque l'on en saisit la douce et lente poétique, il devient vite exquis.

Ensemble Zellig.
Orchestre Philharmonique de Radio-France
Direction: François-Xavier Roth
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMar 19 Fév - 23:14

Ce soir, j'ai réécouté deux symphonies de Joseph Haydn, probablement celles que je connais le mieux pour les avoir plus écoutées que toutes les symphonies que je possède du compositeur; Symphonie n°39 pour deux hautbois, quatre cors et cordes (Hob I:39) et Symphony n°45 - "Farewell" pour deux hautbois, deux cors et cordes (Hob I:45), par le "Münchener Kammerorchester" sous la direction d'Alexander Liebreich. J'ai toujours aimé le premier mouvement de la N°39: un thème accrocheur et un traitement énergique confèrent à cet "Allegro assai" un charme durable et je pourrais presque en dire autant de celui de la N°45, mais disons que jusqu'ici ces oeuvres m'étaient juste plaisantes et même dépaysantes en rapport à ce que j'écoutais prioritairement. Sauf qu'aujourd'hui quelque-chose d'étonnant s'est produit avec le quatrième et dernier mouvement de la N°45, "Finale. Presto - Adagio". M'aura-t-il fallu autant d'écoutes pour que l'adagio final me soit aussi émouvant, aussi magnifique, déjà que le premier adagio (second mouvement) m'avait davantage séduit que les fois précédentes. Décidément, ma relation émotionnelle et intellectuelle avec la musique de Haydn demeurera pour moi une énigme et cette Symphonie n°45, un adieu sublimé et immortalisé dans le coeur du mélomane.

https://www.youtube.com/watch?v=OpD9ofCm6Ak
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMar 19 Fév - 23:54

Après les adieux de l"Asraël" de Josef Suk, si émouvants, quelle succession de force et de douceur dans ces "adieux" de Haydn Le règne de la symphonie - Page 5 185465
et leur petite histoire ...

"Composée à Esterháza en 1772, cette œuvre se voulait attirer l’attention du Prince Nikolaus Esterhazy. Résidant depuis plusieurs mois à Esterháza, le Prince était entouré de ses musiciens, mais venait tout juste d’interdire aux familles de rejoindre son palais alors qu’il comptait y prolonger son séjour. Haydn se charge alors d’écrire une symphonie qui fera comprendre au Prince l’impatience des musiciens : la symphonie s’achève par le départ échelonné de tous les musiciens, pour ne laisser finalement que deux seuls violons. Le prince, après audition de la symphonie, aurait laissé partir – dit-on dès le lendemain - ses musiciens."

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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMer 20 Fév - 20:00

Une symphonie afro-américaine:

La Symphonie n°1 - "Afro-américaine" de William Grant Still a été créée en 1931 par l'Orchestre philharmonique de Rochester. Il s'agit d'une pièce symphonique pour grand orchestre comprenant le célesta, la harpe et le banjo ténor. Il permet à la forme classique et symphonique d'intégrer des éléments de blues et des rythmes qui étaient caractéristiques de la musique populaire afro-américaine du début du vingtième siècle. Cette symphonie m'a bouleversé la première fois que je l'ai écoutée. Il faut dire qu'à cette période, je m'intéressais beaucoup aux films et aux documentaires qui traitaient de l'esclavage et de la ségrégation raciale aux Etats-unis et ailleurs. D'une certaine manière, des scènes, des images, des regards, des émotions que ces films m'avaient transmis revenaient sous les traits d'une oeuvre musicale qui m'apparaissait radieuse, vivante, où les larmes et le sang devenaient rires et lumière. Le mélomane se trouva alors concerné par les compositeurs afro-américains comme William Grant Still, Fela Sowande, Samuel Coleridge-Taylor et quelques autres. Dans cette première symphonie de Grant Still, il y a de la mélancolie, de l'espoir et de la gaieté, une pointe de gravité, quelques élans romantiques, une charge héroïque et solennelle, et, ci et là, les lumineux effets d'une harpe qui scintillent, un célesta à la douce résonance.

https://www.youtube.com/watch?v=8hzFcm6HCeI
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joachim
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joachim

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMer 20 Fév - 20:20

Voici une œuvre que j'apprécie aussi Very Happy

Un petit aparté qui pourrait aller dans les anomalies du forum: la fonction recherche ne marche pas avec Still, alors il faut rechercher avec Grant (quatre lettres également, donc ça devrait marcher, la limitation est de 3 lettres) Le règne de la symphonie - Page 5 1521897346
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MessageSujet: Grant Still/Dawson   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyMer 20 Fév - 23:09


Deux autres symphonies afro-américaines:

la Symphonie n°2 - "Chant d'une race nouvelle" de William Grant Still par le "Détroit Symphony Orchestra" sous la direction de Neeme Järvi est de ces musiques qui, comme d'ailleurs la Première, me touchent directement au coeur, sans détour, de façon très spontanée. Elle m'enveloppe d'un sentiment profond d'amour et de beauté. La superbe mélodie et son traitement certes très classique du second mouvement à l'allure et la spontanéité d'une excellente musique de film au romantisme suranné ou qui peut être perçu comme tel. La seconde symphonie se divise en quatre mouvements, "Slowy/Slowy and Deeply Expressive/Moderately Fast/Moderately Slow". Les influences américaines - peut-on y entrevoir les fantômes de Gershwin, Hanson et Joplin - se font effectivement entendre au travers d'un symphonisme aéré, délicat et finalement dans un esprit assez primesautier. Elle vibre d'optimisme et d'espoir. Elle me semble avoir toutes les qualités de la précédente mais dans un complexe harmonique plus élaboré. Cette symphonie est chantante. Je ne dirais pas que la douleur y est exempte, je dirais juste que c'est une symphonie qui ni ne pleure ni ne saigne mais transforme la douleur en un chant d'amour et d'espoir. Dès le début, ses cordes chaudes et réconfortantes m'enlacent amoureusement, illuminent mon humeur matinale. Les bois et une harpe à la teinte claire ont sur moi les effets d'une aurore printanière. Merveilleuse symphonie qui déploie toute son effervescence sur les quatre mouvements: un véritable souffle d'humanité que j'aimerais voir creuser le marbre de la postérité et de la mémoire des hommes.

Le critique du "World-Telegram" de New York, présent lors de la création mondiale de la Negro Folk Symphony de William Levi Dawson en 1934, fit l'éloge d'un ouvrage (riche) "en imagination, chaleur, sentiments dramatiques...et dotée d'une somptueuse orchestration". Le premier mouvement, "The Bond of africa", m'avait un peu assommé lors des premières approches, sans doute une de ces cavalcades symphoniques et cuivreuses qui ne correspondait pas à ce qui me touche le plus, néanmoins l'orchestration y est effectivement brillante et variée, au sein d'un langage très extraverti, éclatant et harmonieux. Le second mouvement "Hope in the Night" est d'un contraste saisissant après le tintamarre et le clinquant: je le trouve même exquis! C'est un hautbois solo qui d'abord m'arrache le coeur sur un pas décidé. Passionné et déterminé, il finit par se transformer en un thème entraînant et plus optimiste, jusqu'à un violon solo et une clarinette emprunts d'une forte mélancolie. C'est alors qu'une flûte entre en scène et que la musique devient très belle. Pour en revenir à une "appréciation" plus musicologique, il est dit de cette symphonie que par sa forme générale, et plus encore par son orchestration, elle se situe dans la période finale du Romantisme. Donc, il n'y a rien d'étonnant au fait qu'elle comble de ses généreuses rondeurs un mélomane tel que Joachim. Je le comprends d'autant plus que j'en adore le second mouvement. Le caractère emphatique et passionné dans ce cas précis ne me gêne absolument pas, au contraire, il m'émerveille. Il est dit aussi qu'après un voyage en Afrique occidentale, le compositeur la remania pour lui donner des formes rythmiques authentiquement africaines. C'est sous cette seconde version que Leopold Stokowski l'enregistra, et c'est également sous cette forme qu'elle est le plus souvent interprétée de nos jours. D'intuition, je devine que j'aimerais moins la version précédente. Le troisième mouvement, "O, le' me shine, shine like a Morning Star!", très tumultueux, me plait assez aussi. L'orchestration m'impressionne plus ici que dans le premier mouvement.
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MessageSujet: Hailstork   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyJeu 21 Fév - 10:39

Une autre symphonie afro-américaine:

La Symphonie n°2 d'Adolphus Hailstork, par le "Grand Rapids Symphony" sous la direction de David Lockington, se distingue assez nettement de la Troisième que je vais réécouter un peu plus tard. La Symphonie n°2 est d'emblée plus dissonante et "agressive" avec une tension très dramatique, surtout dans le premier mouvement, "Allegro". Il y en a quatre en tout, les trois autres étant: "Grave/Allegro con brio/Adagio - Allegro". Lors de cette nouvelle approche, j'ai été principalement transporté par son second mouvement d'un romantisme grave dont le point culminant est un cor anglais solo d'une beauté saisissante. Ce sont de ces instants qui marquent...après la fulgurance, après la masse sonore, l'élan symphonique qui impose sa bonhomie, il y a cette petite créature fragile qui s'élève, cette fine voix de lumière, ce papillon doré qui virevolte...Le quatrième mouvement a ce quelque-chose de magistral, d'implacable, de puissant. Pendant treize minutes, se déploie un symphonique plein de ressources sonores et d'intensité, une véritable montée en force mais sans être pléthorique pour autant, bénéficiant d'un élément de répétition par une percussion dont la sonorité se rapproche de la harpe qui assure sa transcendance...à mon oreille en tout cas...l'effet est impeccable...Une belle et solide symphonie. J'aime aussi toute la partie introductive et fortement dramatique du premier mouvement.

https://www.youtube.com/watch?v=ZasNkYyrEJQ
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyJeu 21 Fév - 18:27



Adolphus Hailstork: Symphonie n°3:

Cet après-midi, j'ai réécouté la Symphonie n°3 d'Adolphus Hailstork qui se constitue de quatre mouvements, "Vivace, Moderato, Scherzo, Finale: moderato", pour une durée totale de 40'44". Curieusement, je gardais une plus net souvenir de la Seconde, je dis "curieusement" car, cette fois-ci, la troisième symphonie m'est apparue comme plus marquante dans son ensemble, un ensemble tonique et animé. J'ai été séduit dans le premier mouvement, notamment par un jeu de percussion qui, dans son rapport à l'orchestre, le rend légèrement obsessionnel. En fait, j'y sens une influence assez directe de la musique répétitive américaine, façon Terry Riley ou Steve Reich. Le "Moderato" qui suit est de caractère romantique, un romantisme langoureux qui m'évoque malgré lui un univers purement cinématographique. Il m'évoque son concerto pour piano très "père-tranquille" qui exprime parfaitement cette forme de "non-modernité", encore qu'il semble s'éveiller dans sa seconde partie, histoire de me faire mentir, presque stravinskien à un moment donné. C'est un peu pareil, finalement, avec la Symphonie n°3, comme si la musique se rebellait à certains endroits précis de l'oeuvre, lasse d'une forme qu'elle jugerait, elle-même, trop conventionnelle, une modernité qu'elle effleurerait du bout des notes sans jamais l'atteindre ni la transformer, trop soucieuse de ne pas perdre en même temps le "Beau" qui lui est cher. Ce "Beau" au sens classique du terme existe dans la musique d'Adolphus Hailstork, aux côtés des audaces de l'orchestration et la singularité de certaines combinaisons instrumentales.
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MessageSujet: Devreese   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyJeu 21 Fév - 21:21

La Symphonie n°1 - "Gothic" de Godfried Devreese est associée dans l'esprit à la Seconde Guerre Mondiale puisque composée dans les années 40, entre 1940 et 1944...je n'ai pas la date exacte. Toujours est-il que je ressens la tragédie dans cette oeuvre, bien qu'elle débute sur du velours. Mystérieuse même dans l'andante qui ouvre la symphonie. Néanmoins, lorsque l'orchestre s'emballe, la démarche en est déterminée, héroïque. Un trombone solo en sera le contraste mélancolique avant que l'orchestre reparte sous l'élan d'un romantisme désespéré. Le premier mouvement atteint les quinze minutes. Godfried Devreese devait avoir une petite cinquantaine d'années lorsqu'il composa sa première symphonie et ce n'est donc pas ce que l'on peut appeler une oeuvre de jeunesse. L'écriture symphonique y est très maîtrisée. J'y ressens une belle maturité ainsi qu'une grande force expressive. D'après le Wikipédia allemand il aurait composé quatre symphonies sans que la Troisième ne soit mentionnée, comme supprimée du corpus, une N°2 créditée en 1952 et une N°4 en 1966. Comme très souvent dans la symphonie - sans être systématique - c'est le mouvement lent qui me touche le plus, dans ce cas précis un long "Andante" de neuf minutes dominé par des cordes d'un romantisme tourmenté...rien de bien original...qui peut aller jusqu'au recueillement avec une extrême douceur par les bois. A ce moment-là, la musique fleurit, s'apaise, se libère de toute tension dramatique, de toute emphase, elle s'éclaircit, s'allège, sourit timidement au silence auquel j'imagine un instant qu'elle va céder. Au contraire, elle continue son doux murmure jusqu'à la dernière note. le "Scherzo" qui suit est un enchantement, une ouverture au bonheur, tel un défi lancé au climat belliqueux qui plombe l'Europe. C'est la danse des vivants et un vent d'optimisme qui peut surprendre, porté par une mélodie chantante qui semble s'extirper de la mémoire collective. Le "Finale" conclut avec éloquence et passion cette belle symphonie d'un compositeur méconnu. Une petite trompette solo assez succincte n'est pas non plus pour me déplaire.

https://www.youtube.com/watch?v=vTsaxoPw3PU


Joachim, si tu n'aimes pas cette symphonie je me fais moine sur le champs. Le règne de la symphonie - Page 5 231625


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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyJeu 21 Fév - 21:55

Belle symphonie, très vivante pour parler de la guerre avec beaucoup de nuances Le règne de la symphonie - Page 5 333455
L'image représente la Grand-Place de Bruxelles, magnifiée par le photographe Hehe
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MessageSujet: Rawsthorne   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Fév - 10:32


Les trois symphonies d'Alan Rawsthorne:


Des trois symphonies d'Alan Rawsthorne, laquelle gagne ma préférence?

J'aime bien me poser ce type de question. La Symphonie n°1 d'Alan Rawsthorne a été composée en 1950, la N°2, sous-titrée "A Pastoral Symphony" date de 1959, c'est-à-dire neuf ans après la Première et la N°3, de 1964. Les trois symphonies se constituent de quatre mouvements et sont interprétées par le "Bournemouth Symphony Orchestra" sous la direction de David Lloyd-Jones. Je me repose la question de la préférence parce que, par exemple, des symphonies n°2 et 3 d'Adolphus Hailstork, jusqu'à dernièrement j'avais une prédilection pour la Seconde alors que, désormais, je préfère la Troisième. En revanche, du triptyque "Rawsthorne", je maintiens une préférence pour la N°3. Dans la Symphonie n°1, j'aime, par exemple, la douceur de son second mouvement ainsi que certains passages dans les autres parties de l'oeuvre. C'est une première symphonie solidement charpentée, révélant une écriture symphonique déjà bien maîtrisée. La Symphonie n°2 - A Pastoral Symphony est de forme plus aérée, plus tranquille et moins grave. L'"Andante" interprétée par la soprano Charlotte Ellett offre une émouvante et raffinée conclusion. Cependant, il y a d'autres éléments dans cette symphonie que je ne néglige absolument pas, comme cet irrésistible violon solo dans l'aigu, d'une beauté saisissante, dans l'"Allegro piacevole". Néanmoins, c'est une nouvelle fois la Symphonie n°3 (1964) qui m'a le plus touché. C'est sans aucun doute la moins tonitruante et la plus impressionniste des trois. Avec elle, s'ouvre une porte vers le rêve et c'est une sensation agréable, toujours un peu magique pour moi. Je rapproche souvent la musique d'Alan Rawsthorne à celle de Bernard Herrmann, à cause peut-être d'un même sens de la rigueur et d'un même goût inouï pour les détails, ces petits éléments de séduction immédiate qui s'immiscent au sein d'une écriture symphonique exigeante et vigoureuse.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Fév - 14:11


Symphonie n°3 d'Alan Rawsthorne:

https://www.youtube.com/watch?v=aXyrYgElOdA


Ainsi s'achève la troisième partie de mon cycle autour de la symphonie...A bientôt la suivante...
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MessageSujet: Lampson   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyJeu 21 Mar - 22:47


Quatrième Partie:

Elmar Lampson:

Ce soir, j'entame le quatrième volet de mon cycle "Le règne de la Symphonie". Pour se faire, je vise entre l'Allemagne et l'Autriche et j'ai choisi comme symphonie introductive une oeuvre du compositeur contemporain allemand Elmar Lampson. Il n'est pas très connu dans nos contrées mais le peu que je connais de lui me plait beaucoup. j'ai réécouté avec plaisir, deux fois de suite,  sa Symphonie - Das  Traumlied des Olaf Asteson (1990-92) qui commence dans une extrême douceur, sur du velours, sans fracas. Ce qui m'est d'emblée agréable c'est que j'ai l'impression d'entrer dans un rêve, probablement le rêve d'Olaf Asteson. Cette douceur, présentée par les cordes, est soudainement sublimée par la flûte de Christiane Palmen. j'adore cette flûte, cette douce flûtiste, suave à l'extrême - j'en absorbe chaque note - au point que je voudrais qu'elle s'éternise sur toute la symphonie. C'est d'ailleurs ce qu'elle tente de faire, seulement, le sol glisse sous ses pieds, se fissure, se déchire. Le tumulte est proche et le chaos s'installe: les cordes tracent comme des éclairs et le piano de Ulrike Bauer-Wirth fait gronder ses touches les plus graves, c'est le sol qui se dérobe sous les pas d'un chant qui rassure et se fissure. Ce premier mouvement qui dépasse les seize minutes semble maintenir sur toute sa longueur l'ambiguïté d'un double langage, faisant coïncider dans ses meilleurs moments, la tension dramatique et la douceur insouciante: ce contraste m'est évidemment irrésistible. Le tumulte s'estompera et le doux rêve reviendra, toujours sublimé par la flûte: en retrait, une percussion rythme le temps à la manière d'un battement de coeur. Le second mouvement est très différent. Il démarre dans une agitation très étudiée et des orchestrations qui ne sont jamais surchargées. Le tumulte gagne en intensité avant de retrouver une extrême douceur par des percussions clairsemées qui se rapprochent du carillon et du xylophone. Un violon solo (Radoslav Szulc) prolongera cette douceur vers une fin discrète, presque insignifiante. En fait, la symphonie s'achève comme elle a commencé, à proximité du silence. Par le "Staatphilharmonie Rheinland-Pfalz"


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MessageSujet: Matthus   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 9:56

Siegfried Matthus:

Il paraîtra certainement étrange ou incongru de faire un parallèle entre mon humeur actuelle et le caractère de la symphonie que je viens de réécouter ce matin: je pense n'avoir jamais autant apprécié la Symphonie n°2 de Siegfried Matthus qu'aujourd'hui, parce que je suis en colère, une colère saine contre l'injustice, contre le monde qui m'entoure, mais peu importe les détails et les raisons de cette colère, ce n'est pas le sujet ici. Disons qu'elle a trouvé en l'oeuvre de Matthus un écho idéal: si je devais traduire par un mot l'humeur de cette symphonie, je dirais justement la colère. Evidemment, ce serait certes réducteur, tout comme mon humeur du moment ne se résume pas à la colère, mais elle en est l'expression dominante, ce qui me place dans une position de grande réceptivité face à des agrégats sonores en fusion continuelle et une tonitruance qui ne s'exprime pas que par les cuivres, dans des intonations très viriles et des pulsions belliqueuses. Par les sonorités plus souples de certains instruments à vent, il y a une touche de féminité, la colère n'étant pas juste celle des hommes mais aussi celle des femmes, les percussions dévoilant une autre colère, d'autres éclats de violence, bruits de verre et d'acier, de bois et de pierre...?...cette interprétation très personnelle des sons est permise et j'en revendique la paternité. Mahler n'est pas absent de cette symphonie, son ombre plane ci et là, mais ce qu'il y a de plus captivant dans une oeuvre aussi tonitruante aux fulgurances aussi vives que celles qui l'animent, principalement dans les premier et dernier mouvements, ce sont ces moments d'une extrême douceur qui anéantissent provisoirement la puissance de la colère vers quelque-chose de plus puissant encore; la paix intérieure par le recueillement, comme si, le temps d'une magnifique flûte, enfin libérée de tout tumulte, je faisais don de cette colère à un ange qui passe, ne conservant que la souffrance, un diamant précieux au fond de mon coeur tout en étant une plaie intime au coeur de mon âme: "La souffrance est une loi divine" nous disait Victor Hugo...


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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 10:53

Comme c'est joliment dit tout cela drunken une musique en soi, merci pour ces beaux partages Icare Kiss
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muzikant



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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 11:06

Bonjour Icare, j'aimerai bien avoir ton impression sur un compositeur contemporain dont je ne sais que penser, je le trouve à la fois formidable et me sens coupable aussi ,car ça semble une musique facile ou on se laisse prendre facilement à l'écoute mais je pense que c'est finalement très bien fait,il s'agit de Christian Jost,compositeur allemand né en 1963, dont il existe deux versions de sa Cocoon Symphonie , l'une dirigée par lui et l'autre par Gabriel Feltz.je ne parle pas non plus de son superbe concerto pour violon ,ni  de son Phoenix resurrexit, sorte d'oratorio,ni d'autres oeuvres pour orchestre, restons -en a la Cocoon symphonie.Merci
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MessageSujet: Weill   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 18:48

Je connais beaucoup de compositeurs du vingtième siècle, certains plus partiellement que d'autres, mais Christian Jost, je ne le connais encore que de nom. Il existe au moins deux extraits de sa Cocoon Symphonie que je suis en train d'écouter, sous la direction de Gabriel Feltz. Personnellement, en musique comme dans d'autres arts, je ne ressens jamais de culpabilité à aimer ce que j'aime. De cette première approche un peu superficielle, dans la mesure où j'écris en même temps, j'y capte une grande énergie communicative et une intensité dramatique régulière, ce qui, effectivement, est assez aisément captivant pour qui adhère à ce genre de musique. Il y a des symphonies de séduction immédiate et puis il y en a d'autres qui mettent plus de temps à m'apprivoiser. On peut aussi inverser le sens du rapport à la musique, c'est-à-dire des symphonies que je mets plus de temps à apprivoiser. Je ne saurais dire lesquelles ont plus de valeur à mes yeux...ou plutôt à mon oreille...La tendance serait d'avoir plus d'attachement intellectuel pour celles qui m'ont demandé un "effort supérieur", cette oeuvre qui m'était jusqu'ici hermétique et dont je découvre sous un nouveau jour, un nouvel aspect, sauf qu'en réalité, la séduction immédiate où l'effort n'est pas sollicité, m'importe tout autant. Cette symphonie de Jost est très riche sur le plan sonore, très expressive, un jaillissement continu comme dans ce mouvement précis: ici

Kurt Weill:

Cet après-midi, j'ai écouté pour la première fois deux symphonies d'un compositeur qui m'a toujours intéressé mais que je commence d'approfondir seulement maintenant, Kurt Weill. J'ai d'abord écouté la Symphonie n°2 (1933-34) en trois mouvements, puis la Symphonie n°1 (1921) en un seul mouvement, toutes les deux par le "Bournemouth Symphony Orchestra" sous la direction de Marin Alsop. Et bien là, justement, la seconde symphonie de Kurt Weill me fut de "séduction immédiate", débordant de vie et de couleurs, des plus optimistes, presque porteuses de printemps, aux plus graves et aux plus instables. J'en ai aussitôt aimé ses grandes envolées lyriques et, dès le début d'ailleurs, une trompette solo m'avait instantanément rendu poreux, perméable; la première fenêtre émotionnelle ouverte sur un tumultueux et même fougueux premier mouvement, "Sostenuto - Allegro molto". Le "Largo" (ou mouvement médium) qui suit garde sur moi une formidable emprise. Les premiers moments par les cordes y sont magnifiques, irrésistibles. L'"Allegro vivace" est le plus court des trois mouvements, il n'en est pas moins porteur d'une fougue orchestrale et d'un sens de la fantaisie qui ont définitivement balayé ma colère matinale. J'ai eu un peu plus de mal à cerner la Symphonie n°1 qui, néanmoins, contient de bons passages. L'aimerais-je davantage lors d'une prochaine approche, lorsque je l'aurai mieux apprivoisée? L'avenir me le dira. En attendant, c'est la N°2 qui a toute mon adhésion.

https://www.youtube.com/watch?v=-sMiPKMFjxA
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 20:14

Musikant a écrit:
Bonjour Icare, j'aimerai bien avoir ton impression sur un compositeur contemporain dont je ne sais que penser, je le trouve à la fois formidable et me sens coupable aussi ,car ça semble une musique facile ou on se laisse prendre facilement à l'écoute mais je pense que c'est finalement très bien fait,il s'agit de Christian Jost,compositeur allemand né en 1963, dont il existe deux versions de sa Cocoon Symphonie , l'une dirigée par lui et l'autre par Gabriel Feltz.je ne parle pas non plus de son superbe concerto pour violon ,ni de son Phoenix resurrexit, sorte d'oratorio,ni d'autres oeuvres pour orchestre, restons -en a la Cocoon symphonie.Merci

Je ne connaissais pas non plus ce compositeur, même pas de nom, alors j'ai réalisé un topic sur lui, d'après Wiki allemand Wink
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MessageSujet: Mahler   Le règne de la symphonie - Page 5 EmptyVen 22 Mar - 22:58

Gustav Mahler:

Je viens de réécouter la Symphonie n°2 - "Résurrection" de Gustav Mahler. D'autres symphonies du compositeur sont prévues dans cette quatrième partie, comme les N°5 et 7. Ce qui m'intimide toujours un peu dans une symphonie de Mahler, c'est la durée, même lorsqu'il s'agit de la Deuxième que j'ai déjà écoutée plusieurs fois et qui me captive à chaque fois de la première note à la dernière. J'ai toujours l'appréhension de m'en décrocher et pourtant, j'ai cette impression magique d'être hypnotisé par une histoire purement abstraite, un film sans dialogue ni image. Je suis toujours autant maintenu en haleine par un pouvoir narratif qui ne faiblit jamais, mais aussi une grande finesse d'écriture et beaucoup d'élaboration, rien de ce qui pourrait éventuellement s'apparenter à un délayage symphonique interminable vain ou creux. Il s'y passe toujours quelque-chose, un rebondissement, un élan poétique inattendu, une curieuse flûte qui semble provenir de la musique ancienne, une voix et un choeur d'une grande beauté. Tout semble être mesuré, étudié, défini. Les trois premiers mouvements sont purement instrumentaux. Une voix de mezzo-soprano (Michelle De Young) apparaît noblement dans le quatrième mouvement dont on pourra apprécier la beauté des orchestrations, d'une finesse extrême. Le cinquième mouvement représente à lui-seul plus de 35 minutes de musique. Le cheminement orchestral est là encore des plus élaborés, flirtant avec l'emphase à un moment donné, mais sans excès, juste le temps de faire vibrer les murs de mon esprit. Les choeurs, beaux et religieusement posés, apparaissent vers les 20'30 environ, juste après un magnifique passage de flûtes douces et bucoliques, moment absolument merveilleux pour mes oreilles. Au fur et à mesure que le choeur épaissit, une voix de soprano s'en détache, puis l'orchestre affirme alors sa présence. A partir de là, je sentis sans effort que la musique m'achemina, de manière certes alambiquée, vers un final grandiose, vers la résurrection d'un monde nouveau et inouï. Il y a une dizaine d'années, je n'imaginais pas aimer autant une symphonie de Mahler, ne pensais pas la vivre avec autant de force, sans même vraiment faiblir un instant, ne serait-ce qu'un instant, sur sa longue durée. Chef-d'oeuvre.

https://www.youtube.com/watch?v=HMnQTYhyM3U
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 5 Empty

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