Forum sur la musique classique
 
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 Révolutions ou révoltes en musique!

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Icare
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MessageSujet: Révolutions ou révoltes en musique!   Jeu 13 Déc - 19:43

J'ai ouvert ce fil ici car, pour le moment, je n'ai trouvé que des musiques de films qui égrainent leurs notes sur un pas de révolution ou de révolte. C'est le thème de mon nouveau cycle et j'ai choisi comme introduction la musique du film de Hugh Hudson qui fut un véritable fiasco lors de sa sortie aux Etats-Unis et qui, en même temps, demeure le film préféré du réalisateur. revolution: la musique est signée John Corigliano et elle invite le formidable flûtiste Sir James Galway. Elle est interprétée par le "National Philharmonic Orchestra" sous la direction de Harry Rabinowitz. <<1776, Tom Dobb, émigrant écossais, arrive à New York en pleine révolte contre le pouvoir de l'Anglais. Une nation est en train de naître. Tom ne se sent pas concerné par cette lutte enragée. Seul le sort de son fils enlevé par les Anglais l'inquiète.>> Le thème présenté dans la vidéo me fait carrément fondre; sa douceur, sa beauté, sa fragilité et même une certaine pureté. Ce morceau réveille l'enfant qui subsiste en moi. Je n'y entends plus la souffrance des hommes qui luttent ni ne sens l'odeur du sang qui coule des chairs meurtries. Je ne vois que le bleu d'un ciel infini, ne ressens que la fraîcheur d'un regard vert qui sourit à la vie, une simple fleur qui s'ouvre en même temps que mon coeur s'ouvre à elle, le simple envol d'un oiseau blanc au loin que je n'arrive même pas à identifier. Une envie d'être heureux dans un monde meilleur et plus juste m'emplit d'une énergie nouvelle. C'est ainsi que j'aimerais saisir dans le creux de mes deux mains réunies le son de cette délicieuse flûte qu'aucune pensée triste ou malfaisante ne pourra ternir ni ensevelir. Cette musique me rend profondément heureux.

https://www.youtube.com/watch?v=m2wWfwlwm3g


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Icare
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MessageSujet: Corigliano   Jeu 13 Déc - 19:45

Toutes musiques correspondant au thème de ce topic sont les bienvenues, écrites pour l'image ou le concert, opéras, oratorios, etc...


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laudec

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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Jeu 13 Déc - 22:02

Citation :
C'est ainsi que j'aimerais saisir dans le creux de mes deux mains réunies le son de cette délicieuse flûte qu'aucune pensée triste ou malfaisante ne pourra ternir ni ensevelir.

Etonnant cette flûte si douce dans ce décor de révolution, incorruptible flûte malgré la violence ambiante I love you I love you
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Icare
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Jeu 13 Déc - 22:53

Oui, c'est étonnant, et le plus étonnant pour moi est d'être convaincu d'avoir vu ce film et de n'en garder aucun souvenir palpable. Le film date de 1985 et j'avais vingt-deux ans à l'époque. C'est une raison suffisante pour le revoir car je suis certain que ce film avec Al Pacino vaut la peine. Mais, revenons au sujet initial. La révolution peut être également tournée à la dérision. Le réalisateur italien Sergio Corbucci tenta l'expérience avec Che c'entriamo noi con la rivoluzione?/ Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution? et c'est Ennio Morricone qui en signa la truculente partition. L'action se situe en pleine révolution mexicaine. "Souvent oublié dans la filmographie de son auteur, Mais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution? est l'un des plus singuliers westerns européens jamais réalisé, une très grande comédie italienne aux accents tragiques", lit-on ci et là, avec Vittorio Gassman, Paolo Villaggio, Leo Anchóriz, José Canalejas, Eduardo Fajardo, Rossana Yanni, Riccardo Garrone, Victor Israel. C'est un film que je n'ai encore jamais vu alors que je connais la musique par coeur pour l'avoir beaucoup écoutée. J'en ai toujours aimé l'aspect grotesque, la nonchalance, les sonorités incongrues, tordues et le caractère ironique de l'ensemble. En l'écoutant, en m'en empreignant, la révolution devient un jeu, un jeu d'adultes redevenus enfants, une pure fête musico-cinématographique et satirique où les joies et les peines se confondent, où politique et religion sont moquées et tournées à la dérision, le bien et le mal riant ensemble du monde des hommes qui s'entretuent sous les lumières d'un idéal divin aussi cynique que farceur. Au fond, cette révolution scandée de "Viva Zapata", au rythme d'une insouciance retrouvée, continue d'éveiller l'enfant qui sommeille en moi.

https://www.youtube.com/watch?v=RoEWTtONNms
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Icare
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MessageSujet: Almeida   Ven 14 Déc - 10:06

Il y a des révolutions qui ne se font pas dans des bains de sang, comme la célèbre Révolution des Oeillets. La Révolution des Œillets - Revolução dos Cravos en portugais - également surnommée le 25 avril - 25 de Abril en portugais - est le nom donné aux événements d'avril 1974 qui ont entraîné la chute de la dictature salazariste qui dominait le Portugal depuis 1933. Elle doit son nom à l'œillet rouge que les conjurés portaient à leur boutonnière en signe de ralliement. Ce que l'on désigne "révolution" est un coup d'État organisé par des militaires (Mouvement des Forces Armées) qui se sont progressivement radicalisés par rejet des guerres coloniales menées par le Portugal. Ce coup d'État, massivement soutenu par le peuple portugais a débouché sur une révolution qui a duré deux ans, marquée par de profondes divisions sur la façon de refonder le Portugal, mais qui, finalement, a profondément changé le visage de celui-ci. La Révolution des Œillets a la particularité de voir des militaires, porteurs d'un projet démocratique: mise en place d'un gouvernement civil, organisation d'élections libres et décolonisation, renverser un régime, sans pour autant instaurer un régime autoritaire. Cet événement est le début de la démocratisation du sud de l'Europe, celui-ci étant suivi par la chute des dictatures espagnole et grecque. Il était évident que la Révolution des Oeillets était un sujet qui allait inspirer le cinéma et peut-être des compositeurs notamment portugais qui lui auront dédiée une oeuvre...Je ne connais jusqu'à maintenant que la savoureuse et tumultueuse partition que Antonio Victorino d'Almeida a composée pour le film de Maria de Medeiros, Capitaines d'Avril (1999). Tout commence par une très belle chanson instrumentale, un brin sentimentale et qui par la mélancolie qui en émane, touche au coeur, apporte, par une touche légèrement rétro, une ambiance de "film-culte" sur lequel le temps ne pèse rien. Sinon, c'est une partition extrêmement énergique qui s'en dégage, forte de rythmes endiablés et de couleurs vives qui s'extirpent du "City of Prague Philharmonic", sous la direction du compositeur. Bientôt, je vais découvrir ce film dont la B.O. me fascine au plus haut point.

https://www.youtube.com/watch?v=AZP8fSxmHU8


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Icare
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MessageSujet: Morricone   Ven 14 Déc - 10:39

<<Dans la mer des Caraïbes, sur l'île imaginaire de Queimada, au début du XIXème siècle, les colons se révoltent contre la puissance coloniale portugaise. Le film suit les événements avec le point de vue d'un esclave noir et celui de l'agent secret anglais - joué par Marlon Brando - qui le manipule, ayant pour mission de faire passer l'île dans le domaine économique de l'Angleterre. Au début, la révolte est menée par des créoles blancs désireux de se débarrasser de la métropole, même si les esclaves la soutiennent, et aidée par les Anglais qui veulent remplacer le Portugal. Puis, une fois que les nouveaux maîtres du pays ont montré qu'ils ne se soucient pas plus du sort des esclaves que ne le faisaient les anciens, ce sont les Noirs qui se révoltent. Parfois, les Anglais aident les Noirs, lorsque le gouvernement ne favorise pas leurs intérêts - l'île produit du sucre dont ils veulent le monopole d'exportation - mais, lorsque la révolte semble l'emporter un peu trop, ils aident le gouvernement redevenu docile à la réprimer, tout simplement parce que la contagion ne doit pas s'étendre aux Antilles anglaises.>>

J'aime beaucoup ce film de Gillo Pontecorvo qui offrit à Marlon Brando l'un de ses plus beaux rôles, ainsi que cette révolte portée par une excellente partition d'Ennio Morricone qui marie avec beaucoup de réussite l'orgue d'église, les voix et les percussions africaines. C'est alors une fascinante marche vers la liberté qui s'inscrit sur le mur invisible de l'histoire humaine, celle des hommes qui ne courbent plus l'échine, gardent la tête droite face à la haine et aux fusils. L'orgue, c'est quelque-part le colon qui se mêle à la révolte, la percussion africaine, l'esclave qui se libère de ses chaînes et les voix, le chant des espoirs qui naissent dans l'esprit des hommes enfin libérés de leur peur et soumission. C'est en tout cas ce que la musique de Morricone me fait ressentir, même si, dans d'autres moments, elle est beaucoup plus angoissante, pessimiste et sombre. La marche vers la liberté finira par écraser dans mon esprit la noirceur rampante des tensions. J'aime aussi la dimension liturgique apportée par l'orgue, d'autant plus qu'elle entre en osmose avec la percussion rebelle - mais redevenue docile - au sein d'un superbe hymne à la vie: "Verso il Future":

https://www.youtube.com/watch?v=l9j8pwEfXNk


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Icare
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MessageSujet: Calmel   Ven 14 Déc - 10:57

J'ai provisoirement quitté la musique de film pour mentionner ici le très expressif Requiem "à la mémoire de Marie-Antoinette" de Roger Calmel. Il y a des révolutions comme ça qui font perdre la tête, celle de 1789 étant l'une de celles-là! Le requiem de Calmel est une oeuvre que j'aime de plus en plus, au point que je l'ai déjà écoutée un grand nombre de fois depuis que je me suis procuré le disque: Une nouvelle écoute s'est imposée d'elle-même aujourd'hui. Le Requiem se constitue de sept parties. Il commence par le KYRIE et se poursuit par le DIES IRAE, OFFERTOIRE, SANCTUS, AGNUS DEI, LIBERA ME et se termine sur IN PARADISUM. Le DIES IRAE qui est aussi le mouvement le plus long, dépassant les dix minutes, est sans doute mon passage préféré avec IN PARADISUM qui offre une émouvante conclusion au Requiem "à la mémoire de Marie-Antoinette". L'oeuvre est interprétée par le baryton Michel Piquemal, la soprano Anna Holroyd, la "Société des Chanteurs de Saint-Eustache", choeurs, solistes et orchestre sous la direction de Bernard Thomas. Je ne pleure pas pendant l'écoute en imaginant Marie-Antoinette monter les marches vers la potence, non c'est juste un plaisir purement musical qui m'aurait été tout aussi émouvant s"il avait été composé à la mémoire de Danton ou Robespierre.

https://www.youtube.com/watch?v=y7Vb-x2KXVs


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Jean

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MessageSujet: Poulenc   Ven 14 Déc - 13:52

Merci d'en reparlé… et me permettre de la découvrir (le fil que tu as alimenté avec Joachim sur Roger Calmel, m'avait complètement échappé! Crying or Very sad bien que pour moi, Roger Calmel , n'était pas un inconnu)

il m' est très très beau et émouvant,  
En parallèle il me fait penser à l'opéra de Francis Poulenc "Le Dialogue des Carmélites", qui aussi me bouleverse, évoquant cette période des plus sinistre de notre histoire! (pas besoin de terroristes là, l'état français se chargeait très efficacement d'y palier! )



https://www.youtube.com/watch?v=QbRpYJsqhpE
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joachim
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MessageSujet: Gossec   Ven 14 Déc - 17:24

Sur le Dialogue des Carmélites, j'avais créé un topic : http://musiqueclassique.forumpro.fr/t10210-dialogues-des-carmlites-de-francis-poulenc?highlight=dialogues

Je n'ai pas changé d'avis sur la monotonie des 3/4 de l'opéra, sauf pour la scène finale, absolument magnifique.

Merci Icare pour ce Requiem de Marie Antoinette de Roger Calmel, que je n'avais jamais écouté. Et je le trouve splendide, et cette œuvre est maintenant l'œuvre que je préfère chez Roger Calmel (dont j'ai écouté une vingtaine de morceaux).

J'ai écouté assez récemment un autre Requiem de Marie Antoinette, mais je ne me souviens plus du compositeur pour le moment (je crois en avoir parlé sur le forum, mais bon, à mon âge j'ai la mémoire qui flanche...)

Sur la Révolution française, outre bien sûr la multitude de chants et marches de l'époque, on peut y ajouter une sorte d'oratorio profane : Le Triomphe de la République de Gossec.

Sur youtube on n'en a qu'une partie : 17 minutes sur 72.


https://www.youtube.com/watch?v=OA-93x_KtyM
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Icare
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MessageSujet: Dudamel   Ven 14 Déc - 18:36

Il était évident que j'allais me pencher à nouveau sur la partition que Gustavo Dudamel composa pour le film épique d'Alberto Arvelo, The Liberator (2013), un film relatant, en Amérique du Sud, au XIXe siècle, l'histoire du révolutionnaire vénézuélien Simon Bolivar, surnommé el Libertador.    Au départ, je ne savais comment imaginer une musique illustrant l'épopée de Bolivar; pouvais-je l'imaginer d'un lyrisme extravagant et avec beaucoup d'emphase. Mais pourquoi une telle idée? Je me le suis demandé après chaque nouvelle écoute. Il y a au contraire pas mal de retenue, de passages calmes et doux, sobres et solennels, sombres et propices au recueillement. L'élément dominant est la flûte qui intervient dès le début et réapparaît souvent par la suite, parfois dans des usages plus crispés, plus douloureux, et assurant une certaine tension. La musique de Gustavo Dudamel est principalement tonale et lyrique même dans les passages les plus animés. En revanche, le piano qui est habituellement très utilisé dans la musique de film, y est rare, intervenant dans le tout dernier extrait, dans une forme douce et romantique. Dudamel employa l'Orchestre Symphonique "Simon Bolivar" du Venezuela, le "Coral Nacional Juvenil Simon Bolivar de Venezuela" et les "Ninos Cantores de Venezuela". J'en reviens à ces flûtes qui apportent une couleur très séduisante à l'ensemble, l'interprète s'appelle Pedro Eustache. Son rôle est très important dans cette B.O.. Ce sont la harpe et la flûte qui en amorcent l'introduction. La flûte y définit de grands espaces qui seront bientôt foulés par les percussions. Il y a bien sûr un aspect guerrier et une ambiance belliqueuse auxquels les choeurs apporteront une certaine ampleur, mais les flûtes garderont la hauteur qui leur est nécessaire pour dominer de leur beauté un monde déchaîné dans lequel les cris de douleur se mêlent aux cris d'espoir...Et ces cris ce sont peut-être justement ces flûtes qui s'élèvent à hauteur d'anges...

https://www.youtube.com/watch?v=OLppzGximvo


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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Ven 14 Déc - 18:59


<<José Doroteo Arango Arámbula plus connu sous le pseudonyme de Francisco Villa et l'hypocoristique Pancho Villa, né le 5 juin 1878 à La Coyotada, non loin de Río Grande, à huit kilomètres du village de San Juan del Río, Durango, et décédé le 20 juillet 1923 à Parral, Chihuahua, est un hors-la-loi mexicain devenu chef de la División del Norte - Mexico - et général de l'armée fédérale au cours de la révolution mexicaine.>>

Un personnage aussi charismatique ne pouvait qu'inspirer le petit monde su Septième Art et c'est ce qui arriva en 1968 avec Villa Rides!/Pancho Villa de Buzz Kulik. Et qui dit film, dit compositeur et dit musique. Very Happy Elle sera signée Maurice Jarre! Un sifflé humain, une belle mélodie sifflée au milieu du vent, le sifflé et le vent, une image se crée dans ma tête, un inconnu qui siffle au milieu du vent. C'est une "image" sonore, une association qui n'a jamais quitté ma mémoire. Elle appartient à la superbe musique que Maurice Jarre, quelque-chose qui m'envoûte depuis longtemps. Cependant, cette courte scène musicale & bruitiste entre le siffleur et le vent m'est restée comme une introduction idéale, une introduction musico-filmique idéale. Comme souvent, chez Maurice Jarre, la musique est enlevée, d'un lyrisme qui va de l'avant. Ici, elle a des allures de cucaracha d'autant plus qu'elle y fait référence par de délicieuses citations. Dans la seconde partie, un somptueux jeu de percussions conduit à une reprise exaltée du thème principal, ce même thème principal autour duquel s'articule l'essentiel de la B.O. J'en aime le caractère entraînant et festif. Le sifflé humain n'en est pas moins le fil conducteur vers une autre somptueuse musique de western, signée cette fois par Ennio Morricone pour le film El Mercenario de Sergio Corbucci, également réalisé en 1968 comme Pancho Villa. <<À la veille de la Révolution mexicaine, dans une mine victime d'une mutinerie conduite par Paco Roman, un employé qui a fait exécuter les contremaîtres et humilier le responsable Alfonso Garcia, les propriétaires souhaitent cacher sept tonnes d'argent. Ils embauchent un mercenaire, le Polak, réputé pour ses qualités de tireur et pour avoir humilié un employé du casino tenu par Curly, lequel se lance à sa poursuite...>> Là aussi sur fond de révolution mexicaine.

https://www.youtube.com/watch?v=tpFVxlisWFM


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Icare
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MessageSujet: Vitier   Ven 14 Déc - 19:33

<<Avec El Cantar Del Caballero y su Destino - Ernesto "Che" Guevara du compositeur cubain José Maria Vitier, j'ai changé brutalement d'univers. J'ai quitté l'esthétique sophistiquée de Schoenberg pour une expression musicale bien plus directe et tonale. Il y a dans cette oeuvre, écrite pour soprano, ténor, piano, choeur et orchestre, des traits de mélancolie et même de nostalgie, mais aussi de formidables élans lyriques dans la mesure où ils véhiculent une certaine naïveté. C'est une musique faite d'émotions et de bons sentiments, de celle qui fait pousser les fleurs dans les canons des fusils, qui nous feraient presque croire à la possibilité d'un monde idéal. J'ai aimé ce jaillissement mélodique porté par des voix magnifiques alors que le piano égrène avec enthousiasme les notes d'un romantisme généreux, à peine trop sucré. Le tango argentin s'y invite avec une vibrante élégance que n'aurait pas reniée Astor Piazzolla, une vitalité très sud-américaine en définitive et à laquelle je suis très sensible. >>. Voilà ce que j'en disais antérieurement et je suis toujours d'accord avec cette impression plutôt élogieuse. L'oeuvre s'intitule donc El Cantar del Caballero y su Destino - Ernesto "Che" Guevara in Memoriam et est composée, orchestrée et dirigée par le compositeur cubain José Maria Vitier. Cette oeuvre vocale a une dimension hybride, se situant ainsi dans une tonalité pro-cinématographique et un lyrisme chanté qui la rapproche de l'opéra. Les deux interprètes sont le ténor Antonio Comas dont j'aime de plus en plus le timbre de voix et la soprano Barbara Llanes sur un texte original de Silvia Rodriguez Rivero et un texte pré-existant de Mirta Aguirre. Par Marcos Madrigal au piano, le "Coro Exaudi" et l'"Orquesta Sinfonica Nacional".  

Je ne trouve malheureusement aucun extrait de l'oeuvre de J. M. Vitier.

https://www.youtube.com/watch?v=dr_g23qi9hg


L'interview de Che Guevara (en Français)

https://www.youtube.com/watch?v=y5X0L_SPgoE


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Kristian

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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Ven 14 Déc - 20:08

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Icare
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MessageSujet: Parsadanian   Ven 14 Déc - 22:40

Il était une fois la révolution, cinquième collaboration entre Sergio Leone et Ennio Morricone, est bien sûr prévu dans mon cycle, quasiment un titre emblématique qui permettra de retrouver la révolution mexicaine. Or, c'est une autre histoire et une autre musique qui m'ont transporté ce soir!

<<Les 26 commissaires de Bakou étaient des bolcheviques et socialistes révolutionnaires de gauche, membres de la commune de Bakou, qui fut créée à Bakou, après la Révolution d'Octobre 1917. La commune était dirigée par Stepan Chahoumian. Le 26 juillet 1918, une coalition de membres du parti Dachnak, des socialistes révolutionnaires de droite et mencheviques forcèrent les bolcheviques à abandonner le pouvoir. Les commissaires de Bakou tentèrent alors de s'enfuir, mais furent capturés par l'armée blanche et jetés dans une prison de Bakou. Le 14 septembre 1918, des soldats de l'Armée rouge firent irruption dans la prison et libérèrent les commissaires qui s'enfuirent ensuite vers Krasnovodsk à bord d'un navire. Mais ils furent rapidement arrêtés, et dans la nuit du 20 septembre 1918 fusillés par un peloton d'exécution entre les gares de Pereval et Akhtcha-Kouyma du chemin de fer transcaspien.>>

Cette tragédie a tout d'abord donné naissance à un film muet intitulé Les 26 Commissaires (1933), réalisé par le cinéaste soviétique et géorgien Nikolaï Chenguelaïa. Puis, dans les années soixante, elle inspira au compositeur de double origine, arménienne et estonienne, Boris Parsadanian, sa Symphonie n°1, opus 5 - "à la mémoire des 26 commissaires de Bakou". Celle-ci se divise en trois mouvements; "Adagio/Allegro con fuoco/Andante con moto" et est interprétée par le "Moscow Radio Orchestra" sous la direction de Evgeni Svetlanov, avec une intervention de la soprano Klara Kadinskaya dans la partie finale du troisième mouvement. L'adagio démarre sur un ton grave et solennel. Ce sont les cordes qui dominent sous la forme d'un lamento poignant et profond. La tragédie est proche, palpable. A un moment donné, un hautbois éclairera l'ensemble, comme un rai de lumière traversant un ciel chargé de nuages noirs. L'étau se ressert alors sur le hautbois, comme pour étouffer un espoir qui n'a pas le droit de naître. Les cuivres apporteront à cet adagio bouillonnant et tourmenté un aspect plus ample et massif. Ce qui m'est le plus émouvant, ce sont les moments les plus aérés et intimistes. La symphonie ne me confie pas seulement ses grondements mais aussi ses murmures, ne m'impose pas seulement la puissance de ses rugissements, elle m'effleure aussi avec le doux et fragile souffle mélodieux d'un instrument solo. Le second mouvement est un total déchaînement de l'orchestre, une fuite en avant, une tempête aux rythmes effrénés qui balaie tout sur son passage. Puis, subitement, bien que toujours sous l'emprise d'une même énergie va-t-en-guerre, c'est sur une cadence infernale et complètement exaltante qu'elle atteint un premier point de culminance. Obsessionnelle et endurante sur toute sa durée, plus de cinq minutes dans sa folle allure avec une citation d'une autre oeuvre que je n'arrive pas à identifier. Le troisième et dernier mouvement est un formidable lamento lacrymal dépassant les dix minutes, véritable hommage aux 26 commissaires fusillés. Il y aura un moment où la tension, à peine relâchée, laissera un espace d'expression à la flûte solo. C'est juste avant la douloureuse intervention de la soprano qui offrira à cette merveilleuse première symphonie de Boris Parsadanian son second point culminant.

https://www.youtube.com/watch?v=WZ2ScYifT98
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MessageSujet: Prodromides   Sam 15 Déc - 18:04


Il est dit à propos du cinéaste polonais Andrzej Wajda que Danton est l'un de ses tous meilleurs films, avis qui n'est pas nécessairement partagé par tout le monde, bien que les détracteurs discuteraient davantage le fond que la forme qui, personnellement, me paraît redoutable. J'y reviendrai dans le fil "Le cinéma d'Icare" car je vais bientôt revoir ce film avec un Danton sous les traits de Gérard Depardieu et un Robespierre sous ceux d'un Wojciech Pszoniak impeccable. Mais il faut savoir que la première chose qui m'a marqué est l'étonnante composition atonale de Jean Prodromidès. C'est d'ailleurs la musique qui me conduisit au film de Wajda et non l'inverse. J'avais été frappé aux tripes par son caractère terriblement intense et sombre qui illustre la folie, la terreur. Wajda a fait appel à Prodromides après avoir écouté son oratorio Le Livre des Katuns (1977). Le générique-fin est d'une grande force expressive avec ses choeurs quasi-diaboliques, évoluant dans une noirceur totale, aussi tranchant que la lame de la guillotine: par l'Orchestre de la Philharmonie de Varsovie, sous la direction de Jan Pruszak.

https://www.youtube.com/watch?v=cZl9CcHNoTU
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MessageSujet: Golijov   Sam 15 Déc - 23:17

<<Ainadamar signifie "fontaine de larmes" en arabe. C'est le nom d'une ancienne source près de Grenade où, en août 1936, aux premiers jours de la guerre civile d'Espagne, le poète FEDERICO GARCIA LORCA fut assassiné par les forces de la Phalange. L'Opéra AINADAMAR d'OSVALDO GOLIJOV est centré sur la scène du meurtre du poète, mais le personnage principal en est la tragédienne catalane MARGARITA XIRGU qui collabora avec Lorca à plusieurs de ses pièces. L'histoire débute en Uruguay, en 1969, au moment où Xirgu s'apprête à interpréter le rôle-titre de Marianna Pineda de Lorca, l'histoire d'une martyre révolutionnaire d'un autre siècle. Elle est hantée par le souvenir de Lorca, par l'idée qu'elle aurait peut-être pu le sauver. A la fin, elle s'abandonne à l'étrange beauté du destin et lègue à ses élèves ses aspirations à la liberté. L'opéra se termine comme il avait commencé, avec la prophétique Ballade de Mariana Pineda: "Oh, quel triste jour à Grenade qui faisait pleurer les pierres!">>

Le rôle principal est tenu par la merveilleuse Dawn Upshaw. Sa voix est superbe et j'y suis particulièrement sensible. Un atout majeur pour cet opéra d'Osvaldo Golijov. Sinon, c'est une musique qui porte en elle une histoire forte et tragique, une musique fluide qui a une dimension romantique évidente. J'y ressens aussi une dose assez intense de mélancolie. Deux moments au moins dans cet opéra me font fondre, deux solos par la chanteuse principale. La première des deux avec sa délicieuse mélodie, sa tristesse transcendée...une perle sur ma joue...J'aime aussi beaucoup le caractère latin qui domine ce très bel opéra. Avec Osvaldo Golijov, vous êtes sûrs d'y trouver davantage d'arrondis, de douceur, de "confort" lyrique que dans bien d'autres opéras contemporains. Cependant, une certaine singularité dans le caractère global de l'opéra s'installe très vite. Les voix ne sont pas toujours celles qui sont familières de l'opéra, le flamenco s'invite dans la tragédie. On y trouve aussi des bruits concrets, l'eau, le galop d'un cheval, les détonations répétées d'armes à feu, traitées électroniquement, qui s'associent aux rythmes du thème d'une exécution, d'un assassinat, l'assassinat de Lorca. Ce n'est pas le point final de l'opéra, d'autres belles émotions conduiront l'auditeur vers la lumière, juste après le désespoir que la mort du poète suscita. Comment est-il possible d'imaginer que l'on puisse assassiner un poète? Dire que certains pensent, peut-être à raison, que Pablo Neruda, au Chili, fut également assassiné, mais de manière plus sournoise, par le poison, ce qui me conduira au Canto Général de Mikis Theodorakis. Dans le cas du Chili, ce fut plutôt une révolution sociale arrivée démocratiquement au pouvoir avec l'élection de Salvatore Allende en 1970 et renversée par un putsch militaire orchestré par Pinochet en 1973.

https://www.youtube.com/watch?v=QCreMhLNNhY
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 13:09

Vous avez drôlement discuté sur ce nouveau fil que je découvre aujourd'hui, me sentant mieux, et c'est dimanche !
Tout cela est magnifique ! Very Happy
J'ai aussi pensé tout de suite aux opéras "révolutionnaires" de Verdi, et puis bien sûr à cet extraordinaire (et le seul) opéra de Beethoven, "Fidelio", véritable hymne à la liberté et à la révolution !
Choeur final (la ville qui s'insurrectionne et se libère enfin du joug de l'oppresseur !) :
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 13:22

Je viens de lire une très belle analyse de la révolution, de la révolte, à la fois philosophique et dans l'art, site "SP" (Science et Progrès). Passionnant.
A propos du "Fidélio" de Beethoven, que l'auteur sur le site qualifie bien sûr de révolutionnaire, de libre, de précurseur et d'intemporel :
A nos concitoyens saucissonnés, atomisés et rapetissés, qui se croient impuissants par confusion, pessimisme ou ignorance, il faut donner à découvrir ce saisissant Fidelio. Après tout, en composant ce singspiel en allemand, la langue du peuple, Beethoven l’avait voulu à la portée de tous. Inspirons-nous de Florestan et de Léonore, ces personnalités exemplaires parce que libres, unifiées et agissantes. Beethoven nous offre leur bonheur et leur victoire. Reprenons et repassons le flambeau.



Je suis complètement et profondément d'accord ! Mains
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 13:28

Oui, Joachim, il y eut un autre vibrant hommage, "Requiems pour Louis XVI et Marie-Antoinette" , par CHERUBINI et PLANTADE.
C'est magnifique.
P.S. : Laudec, je te copierai les liens de tout cela plus tard en journée, car ma souris débloque un peu en ce moment et j'ai du mal à "ancrer"..
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 16:15

Et je pense à ça, à l'admirable film "The Mission", avec cette révolte des tribus indiennes opprimées... Merveilleuse musique dont nous avons déjà parlé souvent !https://www.youtube.com/watch?v=gonKhSIBP54
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 18:17

Jean a écrit:
Merci d'en reparlé… et me permettre de la découvrir (le fil que tu as alimenté avec Joachim sur Roger Calmel, m'avait complètement échappé! Crying or Very sad bien que pour moi, Roger Calmel , n'était pas un inconnu)

il m' est très très beau et émouvant,  
En parallèle il me fait penser à l'opéra de Francis Poulenc "Le Dialogue des Carmélites", qui aussi me bouleverse, évoquant cette période des plus sinistre de notre histoire! (pas besoin de terroristes là, l'état français se chargeait très efficacement d'y palier! )



https://www.youtube.com/watch?v=QbRpYJsqhpE

C'est vrai qu'il est magnifique ce final!
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 20:16

Magnifique en effet, merci Jean, et nous avons eu droit il y a environ deux ans à une très belle version à l'Opéra de Paris avec entre autres Patricia Petibon dans le rôle de Blanche de la Force.
Mais je partage un peu l'avis de Joachim, dans la mesure où c'est un opéra long, difficile car atrocement triste, dans bien sûr cet univers confiné et dont l'issue est l'inévitable mort dans toute son horreur. J'admire la musique, mais peut-être suis-je trop sensible pour supporter tout ça. Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 21:00

Anouchka a écrit:

Mais je partage un peu l'avis de Joachim, dans la mesure où c'est un opéra long, difficile car atrocement triste, dans bien sûr cet univers confiné et dont l'issue est l'inévitable mort dans toute son horreur. J'admire la musique, mais peut-être suis-je trop sensible pour supporter tout ça. Crying or Very sad


Ce n'est pas tout à fait l'avis de Joachim: il le trouve plutôt "ennuyeux", sauf la fin Wink et il a bien le droit!
Il n'est pas plus long que la moyenne: environ 2 H 30 Wink … Il est "atrocement triste" car ce n'est pas une fiction , hélas Wink
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MessageSujet: Constant/Honegger   Dim 16 Déc - 22:45

Napoléon - Abel Gance < Arthur Honegger & Marius Constant:

<<A la fin des années 20, le cinématographe a épuisé ses pouvoirs d'émerveillement: le spectacle forain a vécu... Une aristocratie de la mise en scène apparaît et le vieux concept du 7ème Art: simple attraction, fait place à d'autres ambitions qui aboutiront au "Film d'Art". La musique, jusqu'alors un "no man's land", se met au chevet de l'image. Après la splendide réussite de "La Roue" (musique d'Arthur Honegger), Abel Gance déclare: "Un grand film doit être conçu comme une symphonie dans le temps et dans l'espace. Un orchestre est composé de cent instruments dont les groupes jouent ensemble des parties différentes. Le cinéma doit devenir un orchestre visuel, aussi riche, aussi complexe, aussi monumental que ceux de nos concerts...". Arthur Honegger avait commencé à écrire la partition de "Napoléon"; il n'en reste hélas que vingt petites minutes pour les cinq heures de projection! J'ai alors décidé de faire cadrer les images d'Abel Gance avec les oeuvres symphoniques de Honegger. Il y a des rencontres miraculeuses: les essais ont été éblouissants: le face-à-face de deux complices créait un contrepoint puissant et non un accompagnement descriptif: les images somptueuses de Gance prenaient une dimension inouïe grâce à la puissance des flots musicaux de Honegger. Mais le montage si "moderne" de ce film avec ses raccourcis, ses images multiples, ses enchaînements haletants, demandait un élément sonore nouveau et c'est ainsi que j'ai composé deux heures d'une autre 'symphonie'. Le fait d'avoir été l'élève de Honegger et de l'avoir bien connu m'ont considérablement aidé. De plus, quand on a devant soi une oeuvre de génie - la version définitive de "Napoléon" en est une, l'élan créateur est multiplié.>> Marius Constant.

Sur le cd "Erato" figurent cinq morceaux qu'Arthur Honegger a spécialement composés pour le film Napoléon d'Abel Gance, pour une durée totale qui avoisine les 17 minutes de musique originale; dans l'ordre d'apparition: "Calme/Violine/Les ombres/Chaconne de l'impératrice/Les mendiants de la gloire". En complément de ces morceaux, Marius Constant a utilisé d'autres pièces symphoniques de Honegger; Prélude pour la Tempête de Shakespeare devenu "La Tempête" et Prélude pour la "Phaèdre" de Gabriele D'Annunzio devenu "Massena". Y figurent également onze morceaux composés par Marius Constant. On obtient alors une B.O. symphonique de 54 minutes. Les parties symphoniques composées par Constant sont dans un style néo-classique, en phase avec les compositions de Honegger. Parmi celles-ci, Il y a la fabuleuse atmosphère qui émane de l'extrait "Les Ombres"  - même pas trois minutes et il en ressort quelque-chose de spécial, de fort, de saisissant - ainsi que la construction complexe des "mendiants de la gloire"; un traitement intéressant de "La Marseillaise" par les cuivres et les percussions alors que les cordes semblent jouer autre chose, dans un tout autre registre. Chez Constant, j'aime le traitement symphonique et énergique du chant révolutionnaire "Ha ça ira" qu'il développe dans un morceau de moins de trois minutes intitulé "La Terreur".  <<La Terreur est une période de la Révolution française caractérisée par un État d'exception, des violences d'État et des exactions d'individus se réclamant de son autorité, commises dans le cadre de la guerre de Vendée, des insurrections fédéralistes ou contre des individus censés menacer la Première République. Elle s'est traduite par des exécutions de masse et est associée dans l'iconographie populaire à la guillotine. Le mot est forgé lors de la réaction thermidorienne et désigne l'ensemble des violences qui se sont produites jusqu'au 28 juillet 1794 (le 10 thermidor de l'an II) et la chute de Robespierre, en associant de manière politique celui-ci à celles-là. La date de son commencement est imprécise, les historiens la démarrant à la création du deuxième tribunal révolutionnaire en mars 1793, aux massacres de Septembre de 1792, voire aux premières têtes tranchées de juillet 1789.>> (Wikipédia)

https://www.youtube.com/watch?v=-srLjMRjoVI


La version de Marius Constant est purement orchestrale, sans les paroles.
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   Dim 16 Déc - 22:53


Sinon, vous connaissez cette chanson?

https://www.youtube.com/watch?v=58v-IpXXUiQ


Paroles : Jean-Baptiste Clément, 1872
Musique : Max Rongier
Arrangement : Interprétée sur ce site par la Bande à Rosa d'Amiens
Date : 0000
Jean Baptiste Clément écrit en 1872 ce texte où il traite une nouvelle fois de la Commune de Paris. Il fait allusion au Mur des Fédérés (enceinte du cimetière du Père-Lachaise) devant lequel, le 28 mai 1871, cent quarante-sept Fédérés furent fusillés et jetés dans une fosse commune par les Versaillais.
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MessageSujet: Re: Révolutions ou révoltes en musique!   

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