Forum sur la musique classique
 
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 Impressions libres

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Icare
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MessageSujet: Impressions libres   Ven 31 Aoû - 10:41

Il y a un moment que l'idée de créer un fil de discussions sans thème précis me trotte dans la tête. Pourquoi? Parce qu'il m'arrive - et je suppose que ça nous arrive à tous - d'avoir envie d'émettre des impressions ou de parler de quelque-chose sur la musique classique, toutes époques comprises, d'un peu plus général et de ne pas trop savoir où en parler, ouvrir un fil spécifique à chaque fois n'étant pas toujours judicieux non plus. "Impressions libres" est en quelque-sorte un fil "fourre-tout" dans lequel le hors-sujet n'existe pas où chacun, chacune, peut se laisser aller à sa diatribe. Toutefois, étant donner que le jazz et la musique de film ont déjà leur propre fil "Fourre-tout" avec "Le jazz qui fait jaser" et "Discussions autour de la musique de film", si un commentaire de notre choix se veut spécialisé en n'évoquant qu'un de ces deux genres, autant le placer dans le fil en question, plutôt qu'ici. Pareil, si c'est sur un compositeur ou un interprète en particulier, autant l'éditer sur le fil qui lui est dédié ou en créer un afin de les faire vivre et de les enrichir.


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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 31 Aoû - 18:13

En ce moment, je suis dans un cycle qui privilégie le mouvement, l'animé, l'allegro, voire le presto. J'écoute donc des musiques de différents compositeurs qui vont dans ce sens, des musiques toutes en mouvements, qui ne semblent jamais ou si peu vouloir se poser ou se suspendre. Les compositeurs sont Umberto Leonardo, Alfred Schnittke, Bernardo Bonezzi, Jon Lord, Ennio Morricone, Alexandre Rabinovitch, Lalo Schifrin, Joe Hisaichi, Evan Lurie - il y en aura d'autres - les musiques appartiennent à différents genres musicaux mais peu importe car ce qui me préoccupe ici est le rapport au mouvement, à la pulsation rythmique qui, par exemple, est très sollicitée dans la musique hyper-tonale d'Alexandre Rabinovitch, je pense à ses oeuvres pour un ou plusieurs pianos que je viens de réécouter aujourd'hui, notamment sa Musique Populaire (1980) pour deux pianos, interprétée par Rabinovitch lui-même et la grande Martha Argerich, La Belle Musique n°4 (1987) pour quatre pianos, par Mikhaïl Adamovitch, Alexéi Ieriomine, Anton Batagov et le compositeur lui-même, Liebliches Lied (1980) pour piano à quatre mains (Rabinovitch/Batagov) et Musique triste, parfois tragique (1976) pour piano, interprétée par Anton Batagov. Il y a dans ces oeuvres pour un ou plusieurs pianos comme un mouvement continu, un mouvement empreint de lyrisme qui se renouvelle et se multiplie, m'ôtant toute envie de penser par-dessus la musique, me rendant quelque-part prisonnier de ses actions. Avec Il Ballo della Tarantola pour guitare, violon et quatuor à cordes de Umberto Leonardo, c'est exactement ce qui se passe aussi: je suis comme absorbé par le rythme des tarentelles, d'autant plus lorsque la dynamique de celles-ci est dupliquée par le violon viscéral de Marian Muresanu. Je glisse alors au coeur de la danse, la ressens aussitôt comme une chose exaltante qui me remue intérieurement. Cette joie du mouvement rapide, de l'allegro, peut s'exprimer dans le grotesque du générique d'ouverture qu'Ennio Morricone composa pour Le Carnaval des Truands ou tourner à l'obsessionnel comme dans son Stark System, film obscur pour nous Français, avec Gian-Maria Volonté. Elle peut toucher à la dérision et à l'ironie...presque acide - là aussi avec une certaine présence du clavecin - dans les fameuses Esquisses d'Alfred Schnittke par l'"Orchestra of the Bolshoi Theatre" sous la direction d'Andrey Chistiakov. Nous savons que ces fougues musicales à la poétique quelque peu grinçante endiablent les scènes du ballet homonyme d'Andreï Petrov. Elles m'ensorcellent également car je suis fou de ces rythmes endiablés, de ses formes ironiques, morbides ou grotesques qui en émanent, quant il ne s'agit pas de violence ou de transe comme dans Le Sacre du Printemps de Stravinsky ou Altered States de John Corigliano qui s'en inspire ouvertement. Dire que ces oeuvres me transcendent tient de l'euphémisme, néanmoins, peut-être par goût des contrastes, mon prochain cycle sera consacré aux musiques les plus lentes et douces possibles. Une autre expérience! Very Happy


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laudec

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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 31 Aoû - 20:55

Bonne idée que ce fil de discussions libres, merci pour cette nouvelle possibilité offerte Icare Kiss
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Lun 3 Sep - 23:12

J'ai poursuivi avec cette idée de musique très axée sur le rythme, animée ou endiablée, festive ou anxiogène...Les Horizons Chimériques sous la forme d'une "Suite pour vielle à roue et orchestre" de Daniel Tosi dégagent une énergie incroyable. Le début dissonant, expérimental, presque statique, peut esquisser une impression trompeuse, puis tout s'envole avec force et lyrisme: La partition a été imaginée et conçue pour permettre au vielliste Dominique Regef, aux cordes et à la percussion d'unir leurs forces afin de développer leurs parcours dans des paysages sans fin, en référence - selon le compositeur - à l'oeuvre du poète Jean de La Ville de Mirmont qui, à travers son "Horizon Chimérique" et à la fin de celui-ci, déclare <<...car j'ai de grands départs inassouvis en moi...La mer est infinie et mes rêves sont grands...>> Personnellement, je perçois dans la musique de Daniel Tosi une accélération du temps plutôt qu'une impression de "voyage inassouvi", la sensation d'être emporté par la mécanique infernale d'une vielle à roue et d'une section de cordes festives. J'en adore la petite percussion qui marque humblement sa présence dans les parties les plus animées, les moments de répit n'étant que des interludes; les "rom" et les "ruck". Daniel Tosi conclut: <<De ces confrontations alternatives, de ces vents contraires, de ces bourrasques, naissent des tissus sonores fantasques, éblouissants...Mes espoirs s'y promènent toujours.>> Les vents contraires, je les explore aussi à ma manière. D'une oeuvre au tempérament festif comme ces Horizons Chimériques qui a su pendant 65 minutes m'emplir d'un enthousiasme revigorant, il n'y eut qu'un pas à franchir pour pénétrer des rythmes et des fougues d'un tempérament musico-cinématographique totalement opposé et anxiogène qu'Ennio Morricone réalisa avec le "Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza" à vif, sur les images du film Gli Occhi Freddi della Paura/Les yeux froids de la peur d'Enzo G. Castellari...Un côté psychédélique déployant une palette sonore étourdissante au service d'un giallo horrifique...C'était juste avant de retrouver Alfred Schnittke avec sa version Trio pour violon, alto, violoncelle, sa transcription pour violon et cordes du Canon d'Alban Berg et son Concerto for Three. Je n'oublierai pas non plus de mentionner un court Minuet en guise de sympathique conclusion. Les interprètes sont quand même Gidon Kremer, Yuri Bashmet, Mstislav Rostropovich et les "Moscow Soloists", ce qui n'est pas rien! Après le festif du Marseillais et le débridé glaçant du Romain, j'ai toujours été sensible aux mouvements nerveux et décapants du Russe. Pourtant, ce n'est pas ce qui domine dans ces oeuvres qui n'ont finalement pas vraiment leur place dans mon cycle "Allegro & Presto". Ils y sont, notamment dans le premier mouvement du Trio et le dernier du Concerto for Three. L'ironie du sort a voulu que ce sont les passages les plus lents, les plus langoureux, qui m'ont le mieux captivé: les cordes tourmentées et sinueuses du Canon de Berg, le second mouvement infiniment poétique du Trio, le violoncelle très prenant et un peu âpre qui démarre le Concerto for Three que j'écoutais pour la première fois...Néanmoins, Ces moments de fougue ou de violence, peuvent-ils être plus rares ici, ont toujours une présence qui marque l'esprit, comme des forces imprévisibles qui s'emparent temporairement de sa musique et laissent une trace indélébile.
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Sam 8 Sep - 23:23

L'exaltation, l'excitation, le goût des rythmes, mon cycle "Allegro-presto" aurait dû avoir comme introduction le frénétique Ballet mécanique de George Antheil, mais comme je l'avais déjà réécouté il y a peu...introduction ou conclusion...Il aurait été tellement approprié! Toujours est-il que je me suis bien amusé avec ce cycle, l'occasion de réécouter Turbulence de Michel Portal, de retrouver le rythme du tango argentin avec la bande-son du film Tango de Carlos Saura (Lalo Schifrin, Astor Piazzolla, Horacio A. Salgan, Juan de Dios Filiberto...), de découvrir enfin une nouvelle création du trop rare compositeur vénézuélien Paul Desenne, Las Dos Estaciones - Del Tropico Caribeno (2003) par le "Cuarteto Latinoamericano"/Saul Bitran, violon/"Unitas Ensemble", sous la direction de Lina Gonzalez-Granados. Ne connaissant avec Gustavo Dudamel que deux compositeurs vénézuéliens, encore que Dudamel semble consacrer la majeure partie de son énergie musicale dans la direction d'orchestre, c'est toujours un plaisir de faire une nouvelle découverte provenant de cette région du monde. Bien que n'ayant jamais entendu la moindre note de Las Dos Estaciones de Paul Desenne, j'étais persuadé, sans raison valable apparente, qu'il s'agissait d'une oeuvre très alerte, très mouvementée. Composée de sept mouvements, les trois premiers sous le titre "Invierno" et les quatre suivants sous le titre "Verano", il s'agit effectivement d'une musique de cordes très intense et agitée qui ne m'a laissé aucun répit, exactement ce que j'avais envisagé. Ce fut pendant ces écoutes trépidantes que germa dans mon esprit l'idée d'un cycle contraire, c'est-à-dire une série d'écoutes qui réunirait les musiques les plus lentes, les plus méditatives, les plus suspendues ou les plus douces. J'avais déjà en tête des pièces maîtresses, de véritables titres de référence dans ce domaine! Il y eut d'abord deux bandes originales qui m'ont toujours  été très précieuses, premièrement la partition qu'Alessandro Masso composa pour Non, ou la vaine gloire de commander de Manoel de Oliveira, deuxièmement la partition que Franco Piersanti composa pour Lamerica de Gianni Amelio - j'en parle avec un peu plus de précisions dans les fils respectifs. Ces deux musiques de film correspondent tellement au thème de mon cycle "Adagio-lento" qu'elles me parurent incontournables. Quittant alors le monde musico-cinématographique, c'est un monde sonore tout aussi suspendu, comme un défi au temps qui passe, que j'ai une nouvelle fois pénétré avec trois compositions de Somei Satoh; Ruika/Toward the Night/Homa par Masaharu Kanda (violoncelle), Kyoko Sato (soprano) et le "String Ensemble ENDLESS" sous la direction de Toshiyuki Uzuka. Ce sont des oeuvres que je connais depuis bien longtemps, très probablement font-elles partie des premières oeuvres de "musique contemporaine" qui m'ont bouleversé. C'était avant de découvrir et d'être émerveillé par l'univers de Toru Takemitsu...ces chants faussement immobiles et suspendus au fil du temps, magnifiquement désespérés...
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 14 Sep - 11:04

Dans mon cycle précédent, j'ai tenté différentes musiques d'un genre très rythmé, très animé, le grotesque pouvant côtoyer le festif, le luxuriant pouvant côtoyer des formes plus minimalistes comme le très entraînant Minima-Rhythm de Joe Hisaishi qui réunit des morceaux qui répondent idéalement à ce titre, le joyeux pouvant succéder à une musique violente et anxiogène. Mais, dans mon cycle consacré à des musiques les plus lentes possibles, les contrastes furent aussi saisissants: la douceur romantique et intimiste de Wild Side de Jocelyn Pook (film de Sébastien Lifshitz) se confronta aux formes concertantes plus austères et sombres de Morton Feldman:

_Flute and Orchestra (1977-78) Roswitha Staege - flûte
_Cello and Orchestra (1972) Siegfried Palm - violoncelle
_Oboe and Orchestra (1976) Armin Aussem - hautbois
_Piano and Orchestra (1975) Roger Woodward - piano

"Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken" sous la direction de Hans Zender.

Piano and Orchestra, de ces quatre compositions, m'a semblé être celle où les instruments sont employés avec une extrême parcimonie. Le compositeur s'applique à démultiplier les divers timbres que produit l'interaction du piano et de chacun des éléments de l'orchestre. Ils se limitent souvent à des notes isolées, figées dans l'espace, ou à des sons statiques dont la teinte évolue lentement, à la frontière du perceptible. Cello and Orchestra, par exemple, me semble aller moins loin dans cette forme que je qualifierais de "parcimoniste" - son intensité dramatique m'est plus immédiatement attractive - mais demeure malgré tout dans cet esprit, les deux autres aussi. Oboe and Orchestra, malgré un orchestre composé de bois par quatre, trois cors, trois trompettes, trois trombones, un tuba, une batterie, une harpe, un piano et un célesta, auxquels se rajoutent les cordes, évolue dans les nuances les plus douces, même si elle aboutit à un fortissimo final, s'achevant brillamment sur un cluster constitué de six notes joué par les timbales, timbales qui surviennent ici pour la première et la dernière fois. Je pense réécouter encore une fois ces oeuvres, à l'intérieur de ce même cycle: c'est rare que je réécoute plusieurs fois une oeuvre au sein d'un même cycle. Le changement de direction sera radical avec le piano "un peu de salon" de Una Mattina de Ludovico Einaudi avant de revenir à deux oeuvres bien plus sévères et profondes de Cristobal Haffter, tout d'abord le poignant Concerto pour violoncelle et orchestre n°2 avec Mstsilav Rostropovitch et Parafrasis par l'Orchestre National de France sous la direction du compositeur lui-même. Ce que j'adore, aussi bien dans le concerto que dans la pièce pour orchestre, c'est cette formidable impression de chaos qui grandit en intensité, opaque et impitoyable, soudainement pénétrés, l'un comme l'autre, par une lueur tonale et lyrique, comme si la lumière apparaissait de l'issue d'un grand tunnel dans lequel j'étais comme prisonnier. Attention, je n'insinue pas que j'ai commencé à aimer ces oeuvres seulement à partir de ces "lueurs tonales et lyriques", non, pas du tout: c'est l'ensemble qui me séduit, m'a toujours séduit, le cheminement du chaos vers la lueur salvatrice, le contraste, la montée en intensité avant l'aboutissement...C'est une impression formidable de délivrance, de liberté, de lumière...J'ai alors poursuivi avec une bande originale que j'adore depuis toujours et qui s'intitule Don Juan en los Infiernos d'Alejandro Masso, un film de Carlos Suarez. Cette musique a la force des cieux; infiniment belle, elle semble épouser la pureté des anges.
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joachim
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 14 Sep - 17:20

Dans tout ça, il manque des classiques et des romantiques Laughing
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 14 Sep - 20:12

Wink Patience Joachim! Bientôt un cycle entièrement consacré à Joseph Haydn. Qui l'aurait cru? Pas même moi il y a quelques temps. Hehe  

Lorsque j'écoute Flute and Orchestra de Morton Feldman, j'ai l'impression d'une porte ouverte sur la folie. La flûte de Roswitha Staege s'obstine à répéter une même note, comme une obsession sur laquelle elle se fixe. Heureusement, il y a des rebondissements, des nuances, une évolution même si l'oeuvre semble indéfectiblement conserver un caractère fortement obsessionnel, se focalisant par la flûte sur une même note isolée. Il y a ici, selon moi, plus que dans Cello and Orchestra, un rupture avec le récit et, en contrepartie, une plus grande dévotion à la force du son, à la couleur et à l'effet. Ainsi se greffe au trait obsessionnel le mystère et l'étrangeté, cette combinaison des trois caractères conduisant ainsi à une illustration de la folie: c'est ainsi que je le ressens, d'autant plus que dans mon esprit la flûte est souvent l'instrument de la folie. C'est une association personnelle évidemment, cela va sans dire. Elle trouve ses racines dans une partition très intéressante qu'Ennio Morricone composa pour le film de Mauro Bolognini, Per le antiche scale/Vertiges (1975), basé sur le roman homonyme du psychiatre écrivain Mario Tobino: <<En Italie, dans les années 1930, le professeur Bonaccorsi, psychiatre réputé, mène des recherches sur la folie, dans l'asile où il travaille comme médecin, en Toscane>> C'est le thème du film de Bolognini et Morricone eut pour objectif d'illustrer musicalement la folie. Lorsque j'écoutais Flute and Orchestra de Feldman, la flûte de Roswitha Staege m'a ramené à celle, plus schizophrène, de Marianne Ekstein (si je ne me trompe pas d'interprète) dans Vertiges/Per le antiche scale. Je ne dirais pas qu'il s'agit d'une même approche, même si ces oeuvres ont été composées à la même époque, mais il y a ce sentiment de folie, cette flûte solo, ce caractère obsessionnel, étrange et mystérieux.

Situé historiquement autour des années 1930, à l'époque du Fascisme, Per le antiche scale/Vertiges a pour cadre la vie dans un asile psychiatrique de province, plus précisément à Lucques, en Toscane. C'est ici qu'exerça le célèbre médecin-psychiatre Mario Tobino, devenu écrivain et auteur du roman homonyme précité. Le film nous laisse peu voir la ville et les paysages environnants. L'action se déroule essentiellement à l'intérieur de l'hôpital et de ses parties privatives, ce qui accroît l'impression d'enfermement absolu et contribue à estomper de façon significative les frontières habituelles entre folie et normalité.

Chez Feldman, j'ai parlé d'une rupture du récit au profit de la couleur et de la parcimonie des sons des autres instruments. Dans la musique de Vertiges, c'est plutôt le récit qui est privilégié même si mon propos doit être nuancé dans les deux cas, la couleur ayant aussi son importance: une orchestration adéquate mêlant percussions métalliques, cristallines et sourdes, cordes crispées, voix féminine entre chuchotements, murmures et gémissements, idéale pour accentuer le sentiment de folie, la flûte donc, le piano, peut-être un clavecin dans les aigus ou une épinette...?...Surtout atonale et même sérielle. Si j'ai écrit que la flûte y était schizophrène, c'est parce qu'elle exprime la folie par ses errements au sein de climats sonores complexes et torturés, et qu'en même temps elle est profondément apaisante et rassurante dans le thème principal entièrement mélodique et intervenant sous forme de prélude et d'interludes. Dans ses moments de "folie", ce n'est pas la musique la plus lente ni la plus douce qui soit, mais disons que les passages de pure fulgurance me paraissent mobiles dans l'immobilité, comme du mouvement immobile, du "sur place", une violence statique, cérébrale. Voilà comment une flûte peut me faire voyager d'une musique à l'autre, d'une folie suggérée ou subjective à une folie musico-cinématographique et répondant malgré tout à des exigences musicales profondes.
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Sam 15 Sep - 22:59

Comme je l'avais envisagé, j'ai réécouté les quatre oeuvres pour solistes et orchestre de Morton Feldman et plus exactement, cet après-midi, les deux dernières qu'il me restait à réécouter, tout d'abord Oboe and Orchestra par Armin Aussem et Piano and Orchestra par Roger Woodward, avec le "Rundfunk-Sinfonieeorchester Saarbrücken" sous la direction de Hans Zender. Je n'ai pas relu mes impressions antérieures qui apparaissent sur le fil du compositeur, mais il me semble que Oboe and Orchestra était bien placé dans mon ordre de préférence alors qu'aujourd'hui c'est peut-être celui qui m'intéresse le moins. Mon préféré est indiscutablement Flute and Orchestra, suivi de Cello and Orchestra. Piano and orchestra, qui me semble le plus minimaliste et austère des quatre, gagne du terrain même si je ne peux pas dire qu'il émeut. C'est un ressenti plus intellectuel, un rapport entre le piano et l'orchestre qui arrive à entretenir un intérêt croissant sur la longueur, son côté "parcimoniste", si j'ose dire, qui, dans ce cas précis, arrive à me captiver sur la durée: j'évoquerais un intérêt "froid" et donc purement intellectuel en ce qui concerne ce morceau, ce qui n'est pas le cas pour Cello and Orchestra qui me pénètre plus viscéralement. Là aussi, le piano d'Armin Aussem, chez Morton Feldman, par une note répétée avec une rigueur chronométrique, m'a amené à un autre piano (aucune idée de l'interprète) d'une musique de film pensée et fondée sur l'attente, et à un thème plus particulièrement; "Two sounds, two signals". Il s'agit une nouvelle fois d'une partition d'Ennio Morricone composée pour le film télévisé d'Alberto Negrin, Voyage of Terror: L'Affaire Achille Lauro (1990):

<<1985, Alexandrie. Un groupe de terroristes palestiniens de l' OLP embarque sur le paquebot italien Achille Lauro dans le but de se rendre à Haïfa et d'effectuer une mission suicide contre Israël . Cependant, lorsqu'ils sont découverts au cours du voyage, ils décident de prendre le contrôle du bateau et de prendre tous les passagers en otage. Parmi eux, Mr. Leon Klinghoffer (Burt Lancaster), un juif-américain handicapé et son épouse, Mme Marilyn Klinghoffer. Compte tenu de la situation, les terroristes modifient leurs objectifs, demandant la libération de près de 50 autres terroristes palestiniens détenus en Israël, mais l’Égypte et Israël refusent de négocier. De plus, même lorsque la Syrie refuse l'entrée d'Achille Lauro à Tartous , le chef des terroristes Molqi tue Klinghoffer en représailles et force deux marins à jeter son corps à la mer.>>

C'est une musique symphonique essentiellement basée sur l'attente, le temps qui s'arrête et se fige dans l'angoisse, ce qui lui confère, dans un registre atonal et atmosphérique, une dimension tragique et un aspect statique à la fois. Outre une très belle utilisation des cuivres, il y a une inspiration cachée du morse, ce que Morricone avait déjà expérimenté dans La Tente Rouge (1969) de Mikhail Kalatosov et expérimentera à nouveau dans 72 Mètres (2004) de Vladimir Khotinenko, mais par un son plus directement authentique. Dans ces trois cas, un bateau pour le premier, un dirigeable pour le second et un submersible pour le troisième, il s'agissait d'apporter un écho musical à la détresse et la catastrophe annoncée. Mais la particularité dans L'Affaire Achille Auro c'est que la musique ne s'extirpe que très provisoirement de cette expression d'attente insupportable, de compte-à-rebours, et le morceau si explicitement titré; "Two Sounds, Two Signals" est de ceux qui l'expriment le mieux, avec le plus d'efficacité. Il y a donc ce piano rigoureusement restreint à la répétition obstinée d'une même note qui ponctue l'attente selon la mécanique implacable d'un battement de coeur, l'orchestre évoluant autour avec parcimonie et instants de forte intensité. Ceci étant dit, pour le pianiste, ça doit être assez ennuyeux à jouer. Hehe Voilà où m'a conduit Piano and Orchestra de Morton Feldman, une association sans doute très personnelle mais très intéressante pour moi.
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Icare
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Lun 17 Sep - 20:21


Mon cycle "Adagio-lento" s'est refermé avec trois compositeurs très différents: le compositeur américain de musique de film Angelo Badalamenti, le compositeur japonais contemporain Somei Satoh et Claudio Monteverdi qui me fit faire un grand bond en arrière. Question d'humeur? Je dirais qu'avec les touchantes compositions qu'Angelo Badalamenti composa pour le cinéma de David Lynch, Twin Peaks, film & série, c'était plutôt la mélancolie. La musique langoureuse et nocturne de Badalamenti ne pouvait que faire partie de ce cycle. Elle me hantait depuis le début, parce que même lorsqu'elle est rythmée et habitée par le jazz, vocale ou instrumentale, elle me donne l'impression de ralentir le temps, d'être suspendue ainsi entre rêve et réalité. Elle file le blues! Avec Somei Satoh, je touche une dimension plus profonde du désespoir et de la dépression. Parfaitement en osmose avec le thème de mon cycle, From The Depth of Silence (2001) pour deux tubular bells et orchestre, Burning Meditation (1993), version pour baryton et orchestre à cordes, Kyokoku (1991) pour baryton et orchestre et Kisetsu (1999) pour orchestre, me transportent alors dans un lyrisme non exacerbé mais intense et désespéré. C'est particulièrement vrai avec les deux oeuvres interprétées par le formidable baryton Thomas Buckner. J'ai souvent cette impression étrange que plus une musique est désespérée et sombre, plus elle m'emplit de lumière et d'espoir. Fut une époque où je n'écoutais presque que des musiques torturées et sombres, voire austères. Elles dominaient mes séances d'écoutes. Progressivement, des musiques beaucoup moins sombres et tourmentées ont envahi mon "paysage" musical, des musiques plus joyeuses et optimistes aussi. Sans doute est-ce une évolution personnelle, même si je garde un goût prononcé pour les musiques sombres et torturées. Disons qu'elles occupent depuis quelques années un espace moins important et surtout moins systématique. Ce n'est donc pas un hasard si ma conclusion fut deux messes de Monteverdi; Messa a quattro voci da cappella (1650) et Missa da cappella a sei voci "In illo tempore" (1610) par l'Ensemble Vocal Européen de la Chapelle Royale sous la direction de Philippe Herreweghe. Ce fut l'occasion de délaisser provisoirement la mélancolie et le dramatique pour une musique religieuse simplement ouverte aux cieux et au recueillement. Qui oserait prétendre que l'athée ne se recueille jamais?
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 5 Oct - 19:30

Mon cycle actuel est entièrement consacré aux compositeurs français et cible prioritairement le vingtième siècle qui, comme vous le savez, demeure ma période de prédilection. Ainsi, la musique plutôt néo-classique de Jacques Chailley côtoie celle plus moderne et semi-improvisée de Sylvain Kassap alors que celle de Georges Auric contraste vigoureusement avec les truculences sonores de Régis Campo. Je suis devenu un spécialiste pour passer d'un univers à un autre dont pratiquement rien ne relie, le jour et la nuit histoire de reprendre une expression qui veut dire ce que ça veut dire. Hehe J'ai ouvert ce cycle avec l'album Sarnavo de Sylvain Kassap contenant des oeuvres qui me galvanisent par leurs ruptures et leur brutalité, comme Proverbs of Hell pour mezzo-soprano, flûte, clarinette, alto, violoncelle, harpe et deux percussions ou encore Timbaleros pour clarinette mi bémol, percussions et timbale, deux instrumentistes et un jeu musical totalement improvisé...Toutes les oeuvres réunies sur cet album aurait un rapport plus ou moins proche avec Luciano Berio. Si la musique de Kassap peut, sur certains points, me déstabiliser, m'emmener sur un fil en équilibre au-dessus du vide, et si, en même temps, cette impression de vertige maîtrisé me sied et finit par me fasciner, je conserve toujours le plaisir de retrouver un monde sonore plus "confortable" et rassurant: disons que je retrouve les repères ou chemins balisés d'un symphonique plutôt impressionniste et traversé de musique ancienne avec La Dame à la Licorne (ballet) et Symphonie en Sol mineur de Jacques Chailley. La musique de ballet me plait aussi parce qu'elle me renvoie à une autre musique que j'aime beaucoup, une musique de film d'Alessandro Cicognini écrite pour le péplum Ulysses (1954) de Mario Camerini. Je trouve qu'il y a une approche un peu similaire entre ses deux partitions avec leurs couleurs de musique ancienne qui traversent une matière symphonique plus "vingtième siècle". Je vivrai ensuite de beaux contrastes sonores entre les musiques de Régis Campo et celles de Georges Auric, Phèdre et Le Peintre et son Modèle, deux superbes oeuvres symphoniques écrites pour le ballet. Je retrouve d'un côté un univers musical à la fois déstabilisant et fascinant, sans chemin balisé, et de l'autre un symphonique riche, expressif, lyrique et inspiré, avec beaucoup d'idées: la générosité des formes et des éclats après l'âpreté d'un monde sonore moins plein, plus désarticulé (- ou me paraissant ainsi) et ludique. Surtout ludique. L'impression de tenir par ce cycle "cocorico" deux modèles qui me fascinent de façon radicalement différente. Chez Campo, c'est beaucoup de musiques pour petites formations instrumentales, une oeuvre pour orchestre Les Astres, deux concertos; un pour violon, un pour piano, des pièces pour orgue...recherches sur les rythmes et les changements de rythmes, recherches sur les couleurs, un traitement vif du son, un sens de la dérision, une pointe d'humour, entre fougue et fantaisie. Chez lui le son se rebelle en souriant et en faisant quelques clins d'oeil furtifs au passé. Les élans symphoniques et somptueux d'un Auric ou d'un Chailley semblent, au contraire, provenir d'un monde révolu sur lequel le pouvoir du temps ne se repliera jamais plus, ce monde qui inspire toujours aux nostalgiques le fameux "c'était mieux avant"...J'y garde un pied, un oeil, une oreille, le passé me faisant aimer le présent et le présent me fera probablement aimer le futur: "C'est aussi bien maintenant au fond..."
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Dim 7 Oct - 19:33

Que c'est beau d'écouter la mer. Que c'est beau de regarder la mer à travers l'écoute, d'en imaginer son infinité, son mouvement, sa profondeur et son mystère. Que c'est beau d'écouter la musique pour orchestre de Claude Debussy. Il n'y a pas seulement que La Mer, il y a aussi les Nocturnes, le Printemps, la Première Rhapsodie pour clarinette et orchestre, le fabuleux Prélude à l'Après-midi d'un Faune, les Jeux et les Danses, sans omettre les Images pour orchestre. Que c'est beau de les redécouvrir sous la baguette invisible de Pierre Boulez. Oui, je sais, ce n'est pas le seul grand interprète de Debussy. Je n'ai pas ça en tête et je veux bien admettre que l'on puisse préférer untel ou untel, mais moi, je suis attaché depuis le début à ces interprétations-là. C'est par elles que j'ai vibré pour la première fois sur la musique du grand maître de l'impressionnisme et je que je continue de vibrer aujourd'hui. Néanmoins, mon grand moment d'émotion, à l'heure actuelle, je le dois à un autre compositeur français, pas encore entré dans la légende; Marc Monnet. Je me suis tellement régalé en réécoutant Bosse, Crâne rasé, Nez crochu avec deux pianos (intermèdes), ensemble pour 19 instruments et transformations en temps réel.

<<L'oeuvre se découpe en cinq mouvements et trois intermèdes. J'aurai du mal à la définir avec des mots mais ce qui me frappe d'emblée dans cette partition, c'est son caractère ludique. Sa dimension atonale ne me rebute pas du tout. Cela ressemble à un formidable jeu des sons dont les développements me paraissent cohérents et d'une portée dramatique qui lui apporte l'intensité dramatique nécessaire. Le danger avec ce style de musique, c'est de dévier dans l'artificiel, dans quelque chose de creux. Or pas du tout, l'oeuvre au titre humoristique, et qui n'est pas dépourvue, elle-même, d'une certaine ironie, tient la route même après plusieurs écoutes. Epaule cousue, Bouche ouverte, Coeur fendu avec violon solo, 24 instruments et transformations en temps réel, n'est pas une poupée de chiffon, mais une oeuvre qui démarre par une longue litanie pour violon seul. Là aussi, je suis saisi par une musique qui s'échappe aisément des sentiers battus,sans aucune rigidité ni austérité excessive, captivante, ludique, dynamique, avec, dans sa partie finale, un long passage onirique qui touche à l'exquis.>>

Voilà ce que j'écrivais sur son fil approprié! Le dithyrambe se poursuivit avec deux nouvelles oeuvres de ce même Marc Monnet:

<<j'ai écouté pour la première fois Mouvements, Imprévus, et ... pour orchestre, violon et autres machins par le "SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg" et le violoniste Tedi Papavrami, sous la direction de François-Xavier Roth, et Sans Mouvement, Sans Monde pour violoncelle et orchestre par l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège et le violoncelliste Marc Coppey, sous la direction de Christian Arming. Je peux déjà dire que ces deux nouvelles oeuvres renforcent mon intérêt pour ce compositeur atypique. pourquoi atypique? Le terme est peut-être vaguement excessif, mais disons que dans le paysage français, l'esthétique musicale de Marc Monnet est foncièrement différente de celle d'un grand nombre de ses contemporains. Son approche échappe effectivement en grande partie aux ambitions qui taraudent les autres compositeurs nés comme lui aux alentours des années mille-neuf-cent-quarante, au sujet de la musique sérielle d'un côté - je pense notamment à Jean-Claude Risset dont je viens de réécouter son Triptyque pour clarinette et orchestre et à Jacques Lenot qui va faire partie de mon cycle, autre créateur français qui m'enthousiasme, puis à Patrick Marcland que je ne connais qu'au travers de quelques oeuvres que je n'ai pas réécoutées depuis des lustres - et de la musique spectrale de l'autre dont les meilleurs représentants seraient Tristan Murail, Hugues Dufour et Gérard Grisey, trois compositeurs français que je n'ai abordé jusqu'à aujourd'hui que très superficiellement. De toute évidence, les inspirations et motivations de Marc Monnet se situent ailleurs. Les trouve-t-il dans la création en général et plus précisément dans les domaines d'expression du théâtre, du cinéma, des arts plastiques et de la photographie, c'est-à-dire une réflexion et une approche qui s'étendent au-delà du monde exclusivement musical. Il en ressort des agrégats sonores d'une grande force visuelle et d'une belle intensité dramatique parmi lesquels les deux solistes s'imposent avec poigne et détermination.>>

Son approche me sied finalement mieux que les "spectraux" et aussi que les "sériels" purs et durs. J'ai rencontré avec lui, comme par exemple avec un certain Jean-Paul Dessy, un "idéal contemporain", un moderne qui m'enthousiasme sur toute la longueur d'une oeuvre, comme pris par un souffle créatif ininterrompu, sans pratiquement jamais (ou si peu) me retrouver dans une situation d'attente, de flottement un peu vide où il ne se passe pas grand chose de vraiment intéressant. Non, avec Monnet, je vibre constamment, comme avec Debussy, même si ce sont deux mondes que tout un monde sépare. Avec Marc Monnet, grande découverte pour moi, c'est l'impression d'avoir été définitivement impressionné.
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MessageSujet: Re: Impressions libres   Ven 26 Oct - 9:47


J'aime cette idée de rétrospective qui me permet de plonger dans toutes les oeuvres musicales et compositeurs que j'ai découverts durant toute une année en particulier, en l'occurrence 2013, une année que j'ai choisie au hasard. J'aurais très bien pu opter pour 2011 ou 2015. Si je me souviens en quelle année et même en quelle période de l'année j'ai découvert telle ou telle musique, tel ou tel compositeur, c'est parce que j'archive toutes mes écoutes. Je me suis d'ailleurs rendu compte que 2013 fut une année particulièrement riche en découvertes, au point qu'il me faudra scinder cette "Rétrospective" en deux cycles, voire peut-être trois. Il faut bien comprendre que tout ça est un prétexte comme un autre pour réécouter des oeuvres, telles qu'elles soient, et de revivre les émotions qu'elles avaient pu me procurer tout au long de cette année-là. Ce matin, ce fut le plaisir de revivre la force lumineuse de Mendiant du Ciel bleu - Trois visions pour exorciser l'homme pour deux solistes, deux choeurs d'enfants, choeur de femmes, grand choeur et orchestre de Norbert Moret. Ce fut un même plaisir avec Requiem de Frédéric Ledroit dont la petite touche exquise et faussement discrète est le piano sous les doigts de Jean-Pierre Ferey. Au-delà de la beauté des voix solistes, des choeurs et du grand orgue, il y a ce petit piano presque frêle qui procure à ce très beau Requiem une touche intimiste et m'apporte en même temps une étrange proximité. J'ignore exactement pourquoi mais à chaque fois, il focalise une bonne part de mon attention. Puis, ce qui n'est absolument pas spécifique à l'année 2013, je change carrément de registre avec Down Deep de Ernst Reijseger, lui-même au violoncelle, Harmen Fraanje au piano et Mola Sylla aux percussions, me faisant également bénéficier de sa superbe voix. Quelques musiques de films orneront cette rétrospective comme Mama Dracula de Roy Budd ou encore La Marche Triomphale de Nicola Piovani. Vive 2013!! Very Happy
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Impressions libres
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