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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 23 Nov - 14:19

Les films qui arrivent à me bouleverser sur toutes leurs durées ne sont pas si nombreux. Himalaya, l'enfance d'un chef, un film franco-anglo-helvético-népalais réalisé par Éric Valli et sorti en salle en 1999, est de ceux-là. J'ignore pourquoi l'histoire qu'il raconte me bouleverse autant. Bien sûr, l'histoire est belle, ceux qui la jouent semblent authentiques et pour cause puisqu'il s'agit des habitants du Dolpo dans leur propre rôle. Il y a de superbes paysages superbement photographiés par Eric Guichard et Jean-Paul Meurisse et le tout sublimé par la sublime musique, césarisée en 2000, de Bruno Coulais. Certes, il y a tous les ingrédients d'un excellent film, celui par lequel je découvrais le cinéma d'Eric Valli, le second sera La Piste que j'ai déjà évoqué sur ce topic mais qui n'a pas le même impact émotionnel sur moi. Himalaya, l'enfance d'un chef bouscule quelque-chose en moi, quelque-chose de profond et d'impalpable. Je suis conscient que la musique de Bruno Coulais y est pour beaucoup, seulement elle ne fait pas le film à elle-seule. C'est chaque élément du film qui me traverse de long en large dont les personnages si profondément attachants. Ce film est un chef-d'oeuvre. Les contrées désertiques de l'Himalaya deviennent le décor d'une histoire de courage et d'humanisme. Parmi les acteurs, citons Thinle Lhondup, acteur népalais connu également sous le nom de Thinley ou Thinline. il est né en 1943 ou 1944 dans le district de Dolpa (Népal) et mort le 24 avril 2016, à 72 ans, dans ce même district. Souffrant d'un cancer de l'estomac, il se soignait à Katmandou. Le 24 avril 2016, des ânes ont bousculé son cheval, ce qui provoqua une chute mortelle. Il mourut presque instantanément à l'âge de 72 ans. Himalaya, l'enfance d'un chef est adapté du roman éponyme d'Évelyne Brisou-Pellen.

<<Au sommet de l'Himalaya, en plein coeur du Dolpo, se joue une lutte de pouvoir entre le vieux chef Tilné et le jeune Karma: qui aura la responsabilité de mener la caravane qui transporte le sel à troquer contre le blé du Népal? Ignorant les oracles et la colère de son aîné, Karma lève le camp avec les jeunes du village plusieurs jours avant la date fixée par les dieux. Fidèle à ses croyances, Tinlé, qui ne lui fait pas confiance et pense qu'il est responsable de la mort de son fils Lhapka, lance sa caravane à la date convenue, avec les autres vieux du village, emmenant également son second fils Norbou, peintre et religieux, ainsi que son petit-fils Pasang.>>

https://www.youtube.com/watch?v=BrdBcfiTv0g
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 29 Nov - 14:09

Non, ou la Vaine Gloire de commander (Non, ou a Vã Gloria de Mandar) est un film franco-hispano-portugais réalisé par Manoel de Oliveira et sorti en salle en 1990. C'est film que j'avais voulu montrer à mon épouse, à l'époque, mais ce fut un fiasco!! Ptdr Dès qu'elle a vu des petits cupidons et des nymphes à poil sur une île de verdure elle a complètement décroché. Hehe J'avoue que la première fois que j'avais vu ce film, j'étais resté dubitatif. En réalité, c'est la superbe musique d'Alejandro Masso qui m'avait aiguillé sur le film de Manoel de Oliveira. D'ailleurs, tout commence très lentement et c'est la musique qui intervient avant l'image, une musique lente, à caractère religieux, pour cordes. Ensuite, la caméra fixe le sommet d'un arbre dont la forme nous informe que nous sommes en Afrique, sur une musique minimaliste et obsessionnelle faite de percussions et d'électronique:

<<Angola 1974. Une patrouille perdue de soldats portugais s'interroge sur le sens et l'utilité de leur mission militaire dans cette colonie d'Afrique de l'ouest, s'interroge aussi sur le patriotisme et sur l'engagement colonial. Le lieutenant Cabrita évoque alors les grands moments de l'histoire du Portugal: la défaite de Viriathe le Lusitanien, le rêve d'unification de la péninsule ibérique au XVème siècle par le Roi Jean II, le voyage de Vasco de Gama, la déroute d'Alcazarquivir due à l'inconscience du jeune Roi Sébastien dit le Désiré puis le Roi-caché. Blessé à mort lors d'une escarmouche le jour de la Révolution des Oeillets, c'est-à-dire le 25 avril 1974, le lieutenant Cabrita meurt assailli par ses visions.>>

Ce film est une réflexion imagée et amusée sur le sens de l'histoire et sur le nationalisme, mêle avec beaucoup d'adresse et de beauté des images dépouillées et sublimes avec des dialogues d'une formidable littéralité qui sont inspirés du poète Luis de Camoes. La caméra de Manoel de Oliveira fait de magnifiques bonds dans le temps, de 1974 à 1479. Les folies de la guerre y sont abordées avec intelligence et sobriété, avec un lyrisme contenu et une émotion pudique. J'adore ce film dont les principaux interprètes sont Luis Miguel Cintra (Cabrita), Diogo Doria, Miguel Guilherme et Luis Lucas.

https://www.youtube.com/watch?v=I9V1OpCH2Lg
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 30 Nov - 13:39

Aujourd'hui, j'ai enfin revu un film que je n'avais pas vu depuis très longtemps et qui m'avait beaucoup ému à l'époque, d'une beauté saisissante, avec une merveilleuse photographie de Néstor Almendros qui commençait à perdre la vue au début du tournage. Il s'agit du second film de Terrence Malick, Les Moissons du Ciel, sorti en salle en 1978. Il réunit Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz, Robert J. Wilke, Stuart Margolin et Jackie Shultis. L'histoire m'avait profondément touché, l'histoire d'une femme partagée entre deux hommes, entre pauvreté et richesse, entre dur labeur et prospérité, le tout sur une magnique partition musicale qui se partage entre L'Aquarium tiré du Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns et une bande originale signée Ennio Morricone, ajoutant de la force et de la sensualité au chef-d'oeuvre de Terrence Malick. L'"Aquarium" de Saint-Saëns intervient à trois endroits dont au générique-début, sur de belles photographies en noir et blanc. Tout est beau dans ce film; les regards, les sourires, les silences, les cieux, le blé dans le vent, la maison du riche propriétaire, la mort aussi, le feu, les criquets, les pleurs et les rires, le verre posé contre une pierre sous l'eau...Tout est beauté, aussi bien pour l'oeil que pour l'ouïe. La caméra s'arrête souvent sur les animaux sauvages qui peuplent les environs et les champs de blé, offrant ainsi des interludes rapides à l'intrigue, ce qui me ramène au film de Elliot Silverstein, Un Homme nommé cheval, seul point commun entre les deux.

<<En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, après avoir frappé son contremaître au comportement odieux, avec sa petite amie Abby et sa sœur Linda, fuient Chicago pour faire les moissons au Texas. Flairant l'intérêt du propriétaire terrien et y décelant la possibilité de sortir de la misère, Bill pousse Abby dans les bras du riche fermier qu'ils savent atteint d'une maladie incurable. Mais Abby finit par tomber amoureuse du fermier. Bill comprend, part pour un temps puis revient. Une tragédie se noue inéluctablement...Ce film est une œuvre poétique, métaphore du paradis perdu où s'entremêlent les passions et la nature humaine.>>


https://www.youtube.com/watch?v=CvHIibTpxYk
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 4 Déc - 13:25

Je retrouve la douloureuse période de la Seconde Guerre Mondiale avec le chef-d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'un des plus beaux films - peut-être le plus beau -  sur la Résistance; L'Armée des Ombres. Je ne me lasse jamais de revoir ce film qui réunit une pléiade de grands acteurs: Lino Ventura, Paul Meurisse qui avaient déjà joué ensemble dans Le Deuxième Souffle du même réalisateur, Paul Crochet, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, Claude Mann, Christian Barbier et avec la participation très courte de Serge Reggiani. Il y a des scènes très fortes qui m'avaient beaucoup ému la première fois que j'avais vu ce film - j'étais jeune - la scène au début où ils doivent exécuter un jeune homme qui avait balancé à la Gestapo Gerbier, joué par Ventura. C'est la première fois qu'ils sont confrontés à une telle situation. Ils ne peuvent employer une arme à feu car ils n'ont pas de silencieux et procèdent donc par étranglement avec un torchon de cuisine. Cette scène est terrible pour moi car j'ai suffisamment de sensibilité pour m'imaginer dans une aussi effroyable situation. Une autre scène qui m'avait marqué très fortement est aussi visuelle que musicale: Il s'agit de la marche de Gerbier et d'autres prisonniers vers le peloton d'exécution - ils se retrouvent dos à des mitrailleuses allemandes et doivent courir pour atteindre le mur d'en face. S"ils l'atteignent, ils resteront vivants jusqu'à la prochaine exécution. La musique, lors de la marche qui conduit vers le peloton, est formidable. Souvent attribuée à Éric Demarsan qui a signé pour ce film une très belle et émouvante partition, elle provient de la suite d'orchestre Spirituals for orchestra du compositeur Morton Gould, célèbre pour avoir servi d'indicatif au générique de l'émission de télévision française Les Dossiers de l'écran que les gens de ma génération et d'avant connaissent forcément.

Il y a aussi une petite histoire autour du film que j'ai trouvée sur Wikipédia:

<<André Dewavrin, alias le colonel Passy, joue son propre rôle dans le film. Durant la Seconde Guerre mondiale, Dewavrin était le patron de Melville à Londres.Pour le premier plan du film, qui voit les soldats allemands défiler sur la place de l'Étoile puis s'engager sur les champs Élysées, Jean-Pierre Melville est allé contre une tradition qui voulait qu'aucun acteur portant l'uniforme allemand ne marche sur la place. Vincente Minnelli n'avait ainsi pu mener à bien une scène similaire pour Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse. C'est donc la première fois que les spectateurs peuvent voir, en couleur, cette scène. C'est l'une des deux séquences de sa filmographie dont Melville est le plus fier (l'autre étant une scène du Doulos). Sur le plateau de tournage, les échanges entre Melville et Lino Ventura sont réduits au minimum et les consignes du réalisateur envers son acteur principal sont conduites par l'intermédiaire d'un assistant. En effet, tous deux sont en froid depuis un malentendu survenu sur le tournage du Deuxième Souffle, mais un contrat obligeait l'acteur à tourner une seconde fois sous la caméra de Melville.>>

En tout cas, ce froid avec le réalisateur n'a pas empêché un Lino Ventura parfaitement impliqué dans son rôle et convaincant.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553134&cfilm=4248.html


Dernière édition par Icare le Mar 4 Déc - 18:31, édité 1 fois
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steph-w

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 4 Déc - 14:41

Un superbe film en effet. Et la scène du début est très bien racontée avec la tension qui doit naître pour ceux qui sont confrontés à cette situation extra-ordinaire.
On retrouvera Paul Meurisse et Lino Ventura plus tard dans un autre film à propos d'un fait de résistance: "Marie Octobre", un film, lui aussi, qui m'a bouleversé. Very Happy
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 4 Déc - 15:15

steph-w a écrit:
Un superbe film en effet. Et la scène du début est très bien racontée avec la tension qui doit naître pour ceux qui sont confrontés à cette situation extra-ordinaire.
On retrouvera Paul Meurisse et Lino Ventura plus tard dans un autre film à propos d'un fait de résistance: "Marie Octobre", un film, lui aussi, qui m'a bouleversé.[/b] Very Happy


Moi aussi, quand j'étais jeune homme. Mains


Avec les deux mêmes, en compagnie de Simone Signoret et tant d'autres, que dire du sublime L'armée des ombres de Melville qui illustre si parfaitement ce pan obscur et déchirant de l'Histoire de France ???      

Pour info, avant de devenir comédien, Serge Reggiani était coiffeur.

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mer 5 Déc - 12:22

Et dans les films qui évoquent la Résistance, effectivement, il y a Marie D'Octobre que j'ai regardé sur la toile, il y a quelques années de cela sans en parler ici, très bon huit-clos, et il y a aussi le chef-d'oeuvre de René Clément, La Bataille du Rail, sorti en salle en 1946, que je viens de regarder aujourd'hui. C'est quasiment une redécouverte car je devais être un jeune adolescent lorsque je l'ai vu pour la première fois. Il ne m'avait probablement pas autant ému que L'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville et en même temps c'est une approche de la résistance très différente: avec René Clement, on est plus proche du documentaire, du moins dans sa première partie. Aujourd'hui, j'ai vraiment tout saisi de la force narrative et visuelle de ce film qui est un chef-d'oeuvre, un chef-d'oeuvre en noir et blanc qui a reçu le Grand Prix International de la mise en scène et le Prix du Jury International au Festival de Cannes en 1946. Comme il est écrit au dos de mon DVD: "Cela débute comme un documentaire et se termine comme une épopée. Et pourtant, ce n'est pas un hymne: c'est une histoire vraie, celle d'hommes (et de femmes) qui ont combattu - et dont beaucoup sont morts - sans gloire, avec le courage tranquille de ceux qui savent qu'ils ont raison..." Ce magnifique long-métrage montre bien cette détermination de patriotes français que rien ne fait reculer, malgré les exécutions et la peur de mourir, qui ne se laissent pas soumettre par un régime qu'ils ne veulent pas. D'ailleurs, soit dit en passant, je suis toujours agacé lorsque l'on réduit la France de cette époque à Vichy et à la collaboration. La France, c'est aussi ce que montrent des films comme L'Armée des Ombres et La Bataille du Rail. Et la bataille du rail ne fut pas une résistance mineure contre l'occupant nazi, bien au contraire...Les acteurs ne me sont pas très connus; Jean Daurand, Lucien Desagneaux, Jean Clarieux, Robert Leray, ce dernier nom me dit quelque-chose, sans doute parce qu'il apparaît dans plusieurs films avec Jean Gabin que j'ai vus, comme Le Jour se Lève et Le Rouge est mis. La partition qui a été composée pour orchestre avec un choeur à la fin, un choeur de délivrance, est signée Yves Baudrier. Très bien adaptée au film, elle participe à l'intensité dramatique des différentes actions, par moments suit presque le mouvement saccadé de la locomotive. J'aime bien ces moments-là d'osmose entre la musique et l'image.

Synopsis:

Dans une gare de province, le chef de gare, Athos et son adjoint Camargue, organisent la résistance: passage de fugitifs, de courrier, tracts et sabotages...Après le débarquement, l'organisation "Résistance Fer" est prête pour l'attaque d'un train blindé......Plus globalement: Ce film retrace la résistance des cheminots français pendant la Seconde Guerre mondiale et les efforts de ces derniers (sabotage) pour perturber la circulation des trains pendant l'occupation nazie.

https://www.youtube.com/watch?v=0CS8iZc1WIw


J'espère que Joachim connaît ce film.
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Déc - 14:09

Aujourd'hui, j'ai changé complètement d'univers et de paysage, mais sans quitter le noir et blanc. Ceux que j'ai rencontrés sont magnifiques et se situent en Amazonie. Le film s'intitule L'étreinte du serpent/El abrazo de la serpiente et il est superbement réalisé par Ciro Guerra. Ce film dramatique et d'aventure d'une beauté hallucinante fut réalisé en coproduction colombienne, argentine et vénézuélienne. Il sortit en salle en 2015. Il s'agit donc d'un film assez récent par rapport à tous ceux que j'ai évoqués sur ce fil, au point que chacun pourrait penser que je suis surtout amateur de cinéma ancien, ce qui est relativement vrai, je dis "relativement" car je m'intéresse aussi au cinéma récent lorsque celui-ci veut bien m'impressionner ou simplement m'émouvoir. En revanche, je n'ai jamais eu de problème pour passer d'un film en couleurs à un film en noir et blanc. Et je suis même convaincu que si L'étreinte du serpent était en couleurs je ne l'aimerais pas davantage. Au contraire, le "noir et blanc" lui confère une atmosphère visuelle spéciale et envoûtante. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2015, il sort sur les écrans français le 23 décembre 2015. Le film est sélectionné comme entrée colombienne pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère de la quatre-vingt-huitième cérémonie des Oscars, en février 2016. Comme souvent, j'aime parler de la musique dans un film, parce qu'elle joue un rôle et qu'il n'y a aucune raison de la snober même si on l'estime mauvaise ou redondante, pléthorique, etc...Ce n'est absolument pas le cas sur les images magnifiques de Ciro Guerra. Bien au contraire, face à la beauté qui en émane, elle demeure plutôt humble et n'intervient que dans des moments précis du récit filmique. Ele est signée par un musicien d'origine vénézuélienne que je ne connaissais pas jusqu'ici, du nom de Nascuy Linares. J'ignore si isolée de l'image, elle tiendrait l'attention sur la durée, dans une écoute seule. Etrange, répétitive, minimaliste, avec chants ethniques, guimbarde, voix, électronique, elle crée un certain climat et apporte une couleur intéressante au film. En voici d'ailleurs un extrait:

https://www.youtube.com/watch?v=MIdE68zwgMU

Synopsis:

<<Karamakate, chaman amazonien et dernier survivant de sa tribu, rencontre à quarante ans d’intervalle deux explorateurs à la recherche de la yakruna, une plante légendaire qui pousse sur l'hévéa. 1909, Theodor Koch-Grünberg (Jan Bijvoet), atteint de malaria, recherche l'aide de Karamakate (Nilbio Torres) pour le soigner. Il n'y a que la yakruna qui puisse le guérir. Le chaman accepte à condition de retrouver les membres de sa tribu qui ont été exterminés par l'armée colombienne. 1940, Richard Evans Schultes (Brionne Davis) veut retrouver la plante décrite par Theodor Koch-Grünberg pouvant guérir une maladie et qui atteint les cultures d'hévéa, car en pleine guerre, la demande de caoutchouc de qualité est grande. Karamakate (Antonio Bolivar) accepte de chercher la yakruna qui permettrait à l'ethnobotaniste d'apprendre à rêver. Le chaman espère que cette quête va le faire sortir de son état de chullachaqui>>

Le film est basé sur les journaux de l'ethnologue et explorateur allemand Theodor Koch-Grünberg (1872-1924), et des ouvrages du naturaliste Carl Friedrich Philipp von Martius (1794-1868) et de l'ethnobotaniste américain Richard Evans Schultes (1915-2001)

https://www.youtube.com/watch?v=_wpLSqWL4kE


Dans le film, l'ethnobotaniste écoute avec un vieux tourne-disque à manivelle, en plein milieu de la jungle, une symphonie. C'est l'une de mes scènes préférées. Elle réapparaît dans la bande-annonce: la reconnaissez-vous?
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Déc - 15:19

Icare a écrit:
J'espère que Joachim connaît ce film.

En tout cas, si Joaquim ne le connaît pas, moi je le connais et je l'aime beaucoup !
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Déc - 18:14

Icare a écrit:
J'espère que Joachim connaît ce film.  

Mais bien sûr, un cheminot ne peut que connaître ce film Wink



Citation :
Les acteurs ne me sont pas très connus; Jean Daurand,

Tu le connais certainement : Jean Daurand interprétait le rôle de l'inspecteur Dupuy, adjoint au Commissaire Bourrel (Raymond Souplex) dans les Cinq Dernières Minutes, la célèbre série policière des années 1960 jusqu'en 1972, à la mort de Souplex.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Déc - 21:28

joachim a écrit:
Tu le connais certainement : Jean Daurand interprétait le rôle de l'inspecteur Dupuy, adjoint au Commissaire Bourrel (Raymond Souplex) dans les Cinq Dernières Minutes, la célèbre série policière des années 1960 jusqu'en 1972, à la mort de Souplex.

Ha mais c'est bien sûr!
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 7 Déc - 14:01

En ce vendredi pluvieux et troublé, je suis revenu à la couleur mais n'ai pas quitté l'Amazonie, avec un film qui, à l'époque de sa sortie en 1985, avait réuni plus 2,6 millions de spectateurs dans les salles françaises, ce qui n'était quand même pas rien! Il s'agit d'un film magnifique de John Boorman; La Forêt d'Emeraude avec parmi les acteurs principaux Powers Boothe, Charley Boorman, Meg Foster et Dira Paes. S"il s'agit du plus grand succès public de John Boorman - moi qui croyais que c'était Excalibur et j'avais été déjà très marqué par Duel dans le Pacifique et Délivrance - toutefois, comme par un fait étrange et très injuste, La Forêt d'Emeraude est quelque peu tombé dans l'oubli. Il devrait resurgir sur nos écrans car il est, plus qu'hier encore, d'une grande actualité.

Synopsis:

<<Tommy, 5 ans, le fils de Bill Markham (Powers Boothe), ingénieur américain venu construire un barrage hydraulique en bordure de la forêt amazonienne est enlevé par une tribu d'indiens : les Invisibles. Pendant dix ans, son père le recherche en vain, tandis que Tommy (Charley Boorman) est élevé par la tribu selon leur culture. Quand il reçoit l'initiation qui fait de lui un homme, il part seul dans la forêt afin d'y chercher des pierres dont la boue extraite permet à son clan d'être invisible. Au cours de sa quête, il retrouve son père Bill, qui a été blessé par les Féroces, ennemis jurés des Invisibles. Il l'emmène dans son camp où le sorcier Wanadi le soigne. Une fois guéri, Bill veut rejoindre le site du barrage en emmenant Tommy avec lui, mais celui-ci refuse et le laisse revenir seul. En retournant au camp, Tommy s'aperçoit que les Féroces ont capturé les femmes de son peuple pour les échanger avec les Blancs contre des armes à feu. Avec le reste des hommes de la tribu, il tente de libérer les femmes, mais ils sont décimés par les armes à feu des Féroces. Les survivants demandent au père de Tommy de leur venir en aide. Celui-ci organise alors un raid contre les trafiquants qui prostituent les femmes des Invisibles. Après que Tommy a retrouvé sa femme Kachiri (Dira Paes), son père admet que la construction du barrage est la source de la dévastation de la forêt, et pense le faire sauter. Tommy reste avec sa femme et son peuple adoptif dont il est devenu le chef. Ils font appel aux grenouilles qui avec leur chants provoquent des pluies diluviennes, qui engendrent une crue de la rivière, qui détruit le barrage.>>

Ce film est tiré d'un fait réel pour devenir un conte magnifique et même onirique. La destruction du barrage offre un sursis à ces peuplades d'Amazonie qui vivent avec leurs traditions et leurs coutumes ancestrales à l'écart du monde mort et des hommes-termites comme elles disent. C'est ainsi qu'est désigné l'homme blanc qui détruit les arbres et la forêt et le monde mort c'est le monde sans arbres, fait de goudron et de béton ou tout simplement de larges terrains dépourvus de toute végétation et laminés par les roues des tracto-pelles et autres véhicules de déboisage. J'adore comment c'est filmé, comment la forêt est filmée. Là aussi, les animaux jouent un rôle précis, en sont des créatures inaccessibles qui dépassent largement la pensée cartésienne de l'homme matérialiste. Par moment, on navigue dans une dimension parallèle, avec les esprits de la nature. L'excellente photographie est signée Philippe Rousselot. Quant à la musique, un peu dans l'esprit de celle de Nascuy Linares dans L'Etreinte du Serpent, est de Brian Gascoigne et Junior Homrich. Fort du succès du film, un disque de la B.O. était paru, mais, séparée du contexte filmique, la musique tomba à plat.

https://www.youtube.com/watch?v=P-zqgA51vkk
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 7 Déc - 20:13


Il est rare que je regarde deux films dans une même journée, mais aujourd'hui, j'avais envie de revoir un cinéma français "grand public" avec lequel j'ai grandi et qui n'existe plus de nos jours. Il a été réalisé par Robert Enrico et réunit une pléiade d'acteurs de cette époque; Bourvil, Lino Ventura, Marie Dubois, Jean-Claude Rolland, Jess Hahn, Michel Constantin, Paul Crauchet, Marc Eyraud et Pierre Frag. Les connaisseurs auront deviné qu'il s'agit du film franco-italien sorti dans les salles françaises en 1965; Les Grandes Gueules. Revenir vers un peu plus de légèreté même si ce n'est pas exactement une comédie - il y a des moments dramatiques - peut-on le percevoir comme une sorte de tragi-comédie avec de grands espaces, de la castagne, des sentiments, de l'aventure, des acteurs aux gueules patibulaires comme je les aime. Difficile d'imaginer un Michel Constantin dans un rôle qui ne soit ni flic ni voyou. Un peu pareil avec Lino Ventura en truand obsédé par la vengeance...Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un excellent film de divertissement avec un Bourvil parfait en patron de scierie dépassé par les événements. Des scènes me sont revenues comme par magie alors qu'elles avaient imprégné mes yeux d'adolescent. La musique est signée François De Roubaix, un compositeur qui a marqué son époque et notamment celle-ci, surtout sur ce genre de cinéma mais pas seulement. Le très facilement mémorisable thème principal respire l'aventure et les espaces.

<<Hector Valentin, un Français qui bûcheronnait depuis plusieurs années au Canada, est de retour dans les Vosges où il hérite de la scierie familiale après la mort de son père. Sur place, il constate avec dépit que le « haut-fer » (terme vosgien désignant une scierie traditionnelle hydraulique) est en ruine, mais décide de faire revivre l'entreprise. Cependant, une autre scierie, beaucoup plus moderne et puissante, existe déjà dans le village, et son propriétaire, Therraz, heureux de la disparition de son concurrent, se présente à Valentin dans le but de lui acheter son héritage. Devant le refus de vendre et la détermination du nouveau venu, Therraz n'aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Valentin. Lors d'une vente aux enchères, ce dernier est repéré par Laurent et Mick, deux anciens détenus venus accomplir une vengeance. Ces derniers comprennent assez vite la situation de Valentin : un repreneur à la tête d'une scierie en ruine, sans employé fiable et essuyant les coups d'une concurrence déloyale. Laurent lui propose alors d'embaucher des détenus en liberté conditionnelle en guise de main-d'œuvre. Valentin hésite jusqu'à ce que Laurent lui révèle son passé. Les anciens détenus sont alors engagés dans la scierie, lui donnant l'air d'un camp de travailleurs truculents. Devant les provocations, Valentin et Laurent répondent coup pour coup. Laurent demande alors à son patron d'insister pour qu'un de ses amis détenus puisse les rejoindre, un certain Reichmann (pour lui l'homme à abattre). Peu à peu, Laurent met en place son dessein. Mais son plan se heurte à plusieurs imprévus. D'abord, Mick l'abandonne pour partir avec une femme dont il est tombé amoureux. Ensuite, la libération de Reichmann est retardée. Durant ce contretemps, une bagarre éclate, au cours d'une fête, entre les employés des deux scieries. Mick, revenu à la scierie après une mésentente avec sa compagne, meurt brutalement au cours de l'affrontement. L'administration pénitentiaire décide alors de mettre fin à la liberté conditionnelle. Avant de repartir, un des détenus révèle à Valentin ce que projetait Laurent. Se sentant trahi, Valentin incendie sa propre scierie avec l'intention de se laisser mourir dans les flammes. Laurent arrive à temps pour le sauver. Les deux hommes partent ensemble pour un avenir des plus incertains.>> WIKIPEDIA.

https://www.youtube.com/watch?v=PH9z7oS7DrY
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 13 Déc - 17:30


Aujourd'hui, j'ai changé complètement d'univers avec le film-culte de William Friedkin, L'Exorciste. Il y avait très longtemps que je n'avais pas revu ce film, des années et des années. Il était important pour moi de le revoir car il m'avait tellement marqué à l'époque: cette terrible histoire de possession dont le réalisme quasi-documentaire lui confère une force intemporelle, c'est-à-dire qui traverse le temps et les générations. Tout le monde gardera en tête la petite musique lancinante de Mike Oldfield qui est automatiquement associée au film de Friedkin dans mon esprit et dans celui de tous ceux qui l'ont vu. L’Exorciste est donc un film d'horreur américain réalisé par William Friedkin qui est sorti en salle durant l'année 1973. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman du même nom de 1971 écrit par William Peter Blatty. Ce livre, inspiré d'un véritable cas d'exorcisme en 1949, raconte l'histoire d'une petite fille, Regan McNeil (interprétée dans le film de Friedkin par Linda Blair), possédée par un démon, et des exorcistes Lankester Merrin (Max von Sydow et Damien Karras (Jason Miller) qui tentent de l'exorciser. L'actrice principale, actrice de cinéma dans le film et mère de Regan, est Ellen Burstyn qui, je crois, tient là son plus grand rôle. L'Exorciste repose sur la thématique de l'enfant démoniaque, à la suite de Rosemary's Baby de Roman Polanski, et avant La Malédiction de Richard Donner.

<<En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d'une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s'ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l'actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge. Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l'arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l'encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l'adolescente devient méconnaissable. Chris fait appel à un exorciste. L'Eglise autorise le Père Damien Karras à officier en compagnie du Père Merrin. Une dramatique épreuve de force s'engage alors pour libérer Regan.>>

https://www.youtube.com/watch?v=GwKTudgfRVM
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 14 Déc - 13:52

Je sais que, progressivement, nous nous rapprochons de Noël et que je devrais déjà être dans cet état d'esprit, avec une envie de belles histoires qui ressemblent à des contes pour enfants, comme celle du film que nous évoque Joachim sur son fil " Le cinéma de Joachim", mais je ne fonctionne pas ainsi car Noël n'a jamais eu beaucoup d'influence sur mon humeur. Seule la neige tissera un lien avec cette période. Le film que j'ai choisi de regarder aujourd'hui est bien aussi sombre et effrayant que L'Exorciste de William Friedkin que je me suis remis hier. Il s'agit de The Thing de John Carpenter, un film que j'avais découvert à l'époque de sa sortie en salle et que j'avais revu à l'époque du VHS. J'en avais tout de suite aimé l'atmosphère pesante dans un univers de neige et de glace, dans un coin isolé de la civilisation, quelque-part en Antarctique. Puis, il y a cette excellente idée d'une créature ou organisme extra-terrestre d'un genre métamorphe qui pratique l'art de l'imitation, absorbant toute autre espèce vivante pour en voler l'apparence. A chacun sa méthode pour coloniser un autre monde, une autre planète. Ce qui fait qu'à un moment donné, on ne sait plus vraiment qui est qui parmi les occupants de la station américaine. Chacun doit garder un oeil sur son partenaire et une terrible paranoïa meurtrière s'installe. L'autre aspect du film qui me fascine est la quasi-invulnérabilité de la créature et le profond mystère de ses origines qui ne sont jamais révélées dans le film, un aspect qui m'avait également fasciné dans le premier Alien, réalisé par Ridley Scott. Seul le feu semble pouvoir freiner sa propagation, sauf qu'elle finit toujours par renaître de ses cendres par l'autonomie de chacune de ses cellules qui, au contact d'un autre organisme, saura se multiplier et se reconstruire. Le climat de peur et de mort sera soutenu par une judicieuse partition d'Ennio Morricone, remarquable dans sa façon d'exprimer l'horreur et la désolation.

<<The Thing est un film de science-fiction horrifique, réalisé par John Carpenter, écrit par Bill Lancaster, mettant en scène Kurt Russell, sorti en 1982. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle La Bête d'un autre monde (Who goes there ?, récit éponyme du recueil Le ciel est mort) de John W. Campbell. Ce texte a préalablement inspiré le film La Chose d'un autre monde de Christian Nyby en 1951, ainsi que Créature de feu, un épisode de 1967 de la série Voyage au fond des mers. L'histoire de The Thing s'articule autour d'une forme de vie extraterrestre métamorphe, qui infiltre une station de recherche scientifique norvégienne du continent austral et tue l'équipe de recherche. Une équipe de chercheurs américains à proximité de l'incident mène l'enquête et est à son tour attaquée par la créature.>>

https://www.youtube.com/watch?v=6FeI1eoowvo
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 20 Déc - 13:49


J'ai, aujourd'hui, complètement changé d'univers. J'ai quitté le classique d'épouvante pour un classique du film policier américain. Il s'agit d'un film très stylé, aussi bien d'un point-de-vue visuel que sonore: Bullitt, chef-d'oeuvre de Peter Yates avec Steve McQueen, Robert Vaughn, Jacqueline Bisset, Don Gordon et Robert Duvall dans un rôle assez anodin de chauffeur de taxi. Il y avait bien longtemps que je ne l'avais pas revu avec un Steve McQueen incarnant un flic courageux, efficace et affichant une certaine décontraction ou plutôt un mélange de froideur et de décontraction. Sorte de western urbain où les pistolets extra-plats flinguent aussi efficacement que les revolvers accrochés à la ceinture, plutôt qu'une célèbre poursuite à cheval, on notera une mythique poursuite de voitures dans une des villes les plus photogéniques du monde, San Francisco. Robert Vaughn incarne impeccablement un politicien carriériste et imbuvable. <<Frank Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux, Walter Chalmers, de protéger Johnny Ross, gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé et décède des suites de ses blessures sur son lit d'hôpital. Bullitt mène alors l'enquête pour retrouver les meurtriers.>> Un autre grand atout du film de Peter Yates, paru sur grand écran en 1968 et qui obtint un beau succès commercial et de la critique, est l'excellente composition musicale de Lalo Schifrin. En général, c'est le film qui conduit le spectateur vers sa musique, mais, dans mon cas personnel, ce fut l'inverse: c'est la musique de Lalo Schifrin qui m'a conduit au film de Peter Yates. Il fait partie de mes films préférés dans le genre avec Le Casse de Henri Verneuil qui recèle, lui aussi, de très grands atouts dont également une poursuite de voitures mémorable.

https://www.youtube.com/watch?v=bmztJ-few1k
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 21 Déc - 12:30

Il y a des films qui ont chez moi cette particularité de saisir toute mon attention, dès les premières images. Je suis immédiatement imprégné par son ambiance, ses couleurs et sa musique. C'est exactement ce qui se passe avec le  superbe film de Norman Jewison; Dans la chaleur de la nuit (1967). C'était déjà vrai avec Bullitt, hier, avec une symbiose parfaite entre la musique de Lalo Schifrin et les images de Peter Yates. Dans le film de Norman Jewison, la nuit y est merveilleusement bien filmée. Il y a une ambiance qui se crée aussitôt sur une truculente musique de Quincy Jones. Dans l'introduction qui plante avec beaucoup de soin le décor, intervient la voix de Ray Charles et le titre deviendra très vite un tube international. Ce thriller, étreint par toutes sortes de préjugés racistes et haineux qui s'immiscent au sein d'une enquête ardue, réunit à l'affiche Sydney Poitier, puis Rod Steiger que j'aurai le plaisir de retrouver bientôt dans Il était une fois la révolution de Sergio Leone, Lee Grant et Warren Oates. J'aime beaucoup la confrontation entre les deux personnages principaux où chacun va se retrouver face à ses propres préjugés. Un grand film, c'est un tout; c'est d'abord une histoire solide, des acteurs remarquables qui incarnent avec conviction leur personnages respectifs, une superbe photographie, une excellente musique qui singularise l'ensemble au-delà de ses propres qualités fonctionnelles, un montage, un rythme...Dans la chaleur de la nuit réunit toutes ces qualités:

<<"Virgil Tibbs est un officier de police noir, du nord des États-Unis. En visite dans une petite ville du sud où la plupart des habitants sont fortement racistes, il se retrouve impliqué dans une enquête sur un meurtre": Dans le Mississippi des champs de coton, dans une petite bourgade sordide, Sparta, un crime vient d'être commis : un industriel sur le point de monter une usine est retrouvé mort dans la rue, assassiné. Un voyageur inconnu assis dans le hall de la gare est arrêté par l'adjoint du shérif, il est aussitôt accusé du meurtre : il est noir et a beaucoup d'argent sur lui. Après vérification de son identité, il s'avère que cet homme venu de Philadelphie est Virgil Tibbs, un officier de police de cette ville. Il est alors relâché sans un mot d'excuse. Son supérieur lui ordonne alors de rester à Sparta et de collaborer avec le shérif Gillespie pour retrouver le meurtrier, demande appuyée par la veuve de la victime qui n'a pas confiance dans la police locale. Mais débusquer l'assassin se révèle une tâche difficile, de fausse piste en fausse piste. Si le chef de la police a des préjugés contre ce Noir qui prétend lui donner des leçons, Tibbs n'en est pas exempt : pour lui l'ignoble planteur raciste ne peut être que le commanditaire de l'assassinat. La vérité, comme les protagonistes, va se révéler bien plus complexe et moins manichéenne>>

https://www.youtube.com/watch?v=uhIzGkMpdLM
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 12:51


Après En mai fais ce qu'il te plait que j'avais déjà évoqué sur ce fil, je retrouve un autre film de Christian Carion, l'un des rares cinéastes français actuels qui fait un cinéma qui m'intéresse. J'aime sa manière de filmer, de raconter une histoire, de le faire avec beaucoup de limpidité et sachant véhiculer des émotions. Il réalise des films à dimension humaine et Joyeux Noël, très approprié en ce 25 décembre, est de cette trempe. Il est écrit: <<Décembre 1914: une histoire vraie que l'histoire a oubliée. <<Lorsque la guerre surgit au creux de l'été de 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon infernal et terriblement meurtrier des millions d'hommes. Et puis arrive Noël. Ce soir-là, un événement incroyable, inconcevable, va chambouler à jamais le destin de quatre personnages qui, à la faveur de la nuit de Noël 1914, vont se retrouver au coeur d'une fraternisation sans précédent entre les soldats allemands, français et britanniques (écossais).>> Tous ces soldats, au-delà du sang et des larmes, et au milieu de cadavres recouverts de neige, vont prier une messe face à un prêtre écossais, écouteront chanter l'air d'un opéra (imaginaire en réalité) par Anna Sorensen, soprano danoise jouée par Diane Krüger et doublée dans le chant par Nathalie Dessay - le morceau a été composé par Philippe Rombi, auteur de la bande originale du film. C'est un très beau moment de communion, un moment surréaliste au sein d'une terrible guerre: <<Le temps passant, la neige s'installe. Noël arrive avec son cortège de cadeaux venant des familles et des états-majors. Mais la surprise ne vient pas des nombreux et généreux colis arrivant dans les tranchées françaises, allemandes ou écossaises. Car c’est l’impensable qui se produit : pour quelques instants, on va poser le fusil pour aller, une bougie à la main, voir celui d’en face, pourtant décrit depuis des lustres, à l’école aussi bien qu'à la caserne, comme un monstre sanguinaire, et, la musique coutumière des chants de Noël aidant, découvrir en lui un humain, lui serrer la main, échanger avec lui cigarettes et chocolat, et lui souhaiter un « Joyeux Noël », « Frohe Weihnachten », « Merry Christmas ». C’est alors que l’on assiste à une trêve passagère, « au grand dam de leurs états-majors », entre les trois camps, qui vont fêter Noël ensemble. Puis, pris d'attachement, les chefs de ces trois camps vont sauver mutuellement leurs ennemis. Une histoire réelle oubliée de l'Histoire elle-même qui se serait passée à Frelinghien, dans le Nord de la France, près de Lille.>> Aux côté de Diane Krüger, se trouvent Benno Fürmann, Guillaume Canet, Gary Lewis, Daniel Brühl, Dany Boon, le seul film où je le supporte, Lucas Belvaux, Bernard Le Coq et avec une courte participation de Michel Serrault et Suzanne Flon.

https://www.youtube.com/watch?v=2cSD18AgQmA
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laudec

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 13:27

Je connaissais l'histoire mais n'ai pas vu le film Joyeux Noël Icare Kiss
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 13:57

Merci, Icare, tu m'as mis la larme à l'œil. A chaque fois que j'approche de cet horrible carnage de près ou de loin, je suis retourné.

Mais là, c'est exactement le contraire ! Merci encore et bon Jour de Noël !
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 17:14

Très beau film, en effet, un moment de fraternité incroyable. Les "monstres" n'étaient pas les soldats mais l'état-major aux ordres des gouvernants.

Il me semble qu'on a aussi parlé de fraternisation français/allemands pendant la 2ème guerre, mais je ne me souviens plus du détail. Faudrait que je recherche...
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 18:39

laudec a écrit:
 Je connaissais l'histoire mais n'ai pas vu le film      Joyeux Noël Icare Kiss

Merci. J'aime ces histoires d'hommes, d'autant plus lorsqu'elles dénoncent l'absurdité des guerres. En regardant ce film, j'ai pensé au grand Jean Jaurès. Le film que je vais évoquer demain est aussi une poignante histoire à dimension humaine située dans la même période. Je n'en dis pas davantage. Je vous avais déjà parlé sur ce fil de l'excellent film de Stanley Kubrik, Les sentiers de la gloire, avec Kirk Douglas, relatant un fait durant la Première Guerre Mondiale: à voir absolument!
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 19:22

Icare a écrit:
J'aime ces histoires d'hommes, d'autant plus lorsqu'elles dénoncent l'absurdité des guerres.

Comme c'est vrai. Un autre film poignant, c'est Le Pantalon, d'Yves Boisset, qui raconte l'histoire vraie du malheureux Lucien Bersot, fusillé le 13 février 1915 pour avoir refusé de porter un pantalon taché de sang ayant appartenu à un mort. Je mets l'article Wiki :

Depuis octobre 1914, la première guerre mondiale s'enlise dans la guerre de position sur le front de l'ouest. Fantassin au 60e Régiment d'infanterie, Lucien Bersot, maréchal-ferrant et jeune père de famille, fait son devoir de citoyen au front. Il attend impatiemment sa prochaine permission pour revoir sa famille. Mais le destin, sous la forme d'un pantalon en a décidé autrement. En effet, au moment de s'équiper avant l'arrivée au front, on lui attribue un pantalon de treillis blanc, au lieu du pantalon garance de l'uniforme de l'armée française, car il n'y en avait plus à sa taille.
Lors de la revue de troupe, un officier exige qu'on lui octroie un pantalon réglementaire, or celui que le sergent fourrier lui propose est taché de sang, déchiré, car il provient d'un cadavre. Bersot refuse de le porter. Ce refus d'obéissance lui vaut d'être interné jusqu'à son passage en cour martiale. Deux camarades de Lucien Bersot, se dressent contre cette injustice et en informent le colonel. Celui-ci ayant appris que des soldats défaitistes déserteraient dans les tranchées veut faire un exemple. L'entrevue tourne au malentendu et les deux soldats sont enfermés eux aussi. Le procès qui s'ensuit est à sens unique car le colonel qui préside la cour abuse de son pouvoir. Celle-ci condamne les frères d'armes de Lucien Bersot aux travaux forcés et ce dernier à la peine capitale. Le défenseur du pauvre soldat le lieutenant Guérin, l'ayant vu combattre, tente de le sauver en allant demander la grâce du général. Malheureusement l'artillerie ennemie pilonne le chemin qui y conduit et voue cette tentative à l'échec. Le soldat Bersot est fusillé le lendemain à l'aube pour l'exemple devant les nouvelles recrues et le reste de ses camarades.


Il y a le film complet sur youtube



https://www.youtube.com/watch?v=qm-QvLUTIpg
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mar 25 Déc - 22:04


J'avais vu ce film, en plus réalisé par un cinéaste que j'aime beaucoup, Yves Boisset.
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mer 26 Déc - 13:10

Icare a écrit:
Le film que je vais évoquer demain est aussi une poignante histoire à dimension humaine située dans la même période. Je n'en dis pas davantage.

Voilà, nous y sommes! Celui ou celle qui suit mon "délire" cinéphile sur cette page aura forcément observé que le cinéma italien y est souvent à l'honneur. Effectivement, même si le cinéma du monde entier, dans l'absolu, m'intéresse, j'admets une préférence pour l'italien, peut-être pas leur cinéma actuel, mais pour ce qui est de celui des années 50, 60 et 70, j'y suis très sensible. D'ailleurs, le cinéaste italien que j'ai abordé aujourd'hui n'est pas des moins illustres puisqu'il s'agit de Francesco Rosi. J'ai hâte de découvrir Main basse sur la ville qui me permettra de retrouver Rod Steiger - c'est pour bientôt - et aussi Cadavres Exquis avec Lino Ventura. Le film que j'ai regardé aujourd'hui avec beaucoup d'intérêt est peut-être un des meilleurs films de Francesco Rosi, il s'intitule Les Hommes contre, une production italo-yougoslave réalisée en 1970. Il réunit à l'affiche Alain Cuny dans le rôle de l'impitoyable et inapte Général Leone, très bon acteur soit dit en passant, Gian Maria Volonte, un acteur dont j'aimerais voir tous les films, même les moins bons, dans le rôle du Lieutenant Ottolenghi, militant socialiste dans le civil, Mark Frechette, jeune acteur américain dans celui du Lieutenant Sassu, bourgeois nationaliste se laissant gagner par le doute et le dégoût et Giampiero Albertini endossant l'uniforme du Capitaine Abbati.

Je m'arrête un instant sur l'étonnant et tragique parcours du jeune acteur américain Mark Frechette que j'ai trouvé particulièrement touchant dans ce film. Né en 1947 et mort en 1975, à l'âge de seulement de 28 ans:

<<Mark Frechette, né dans une famille d'origine québécoise, arrête sa scolarité au lycée et vit ensuite de petits boulots. Il devient membre, en 1968, du groupe Fort Hill, une secte communautaire dirigée par le musicien Mel Lyman. Un jour, alors qu'il prend part à une altercation dans la rue à Boston, il est remarqué par une directrice de casting. Cette dernière le recommande au réalisateur italien Michelangelo Antonioni, qui cherche alors un acteur pour jouer un jeune rebelle dans Zabriskie Point. Bien que n'ayant aucune expérience en tant qu'acteur, Mark Frechette est engagé pour jouer le rôle principal masculin du film. Zabriskie Point n'est pas un succès commercial, mais sa sortie très médiatisée permet à Mark Frechette de connaître une brève période de célébrité, de même que Daria Halprin, sa partenaire dans le film, qui est alors sa compagne. Mark Frechette apparaît ensuite en vedette dans deux films italiens, dont le plus connu est Les Hommes contre de Francesco Rosi, mais sa carrière d'acteur ne va pas plus loin. Le 29 août 1973, Frechette attaque une banque à Boston, avec deux complices, membres de la même secte que lui. Un des complices est tué par la police. Frechette, dont l'arme ne contenait aucune balle, est condamné à 15 ans de prison. Le 27 septembre 1975, Frechette est retrouvé mort par un codétenu, la gorge écrasée par un haltère, dans la salle de sport de la Massachusetts Correctional Institution, prison dans laquelle il purgeait sa peine. L'enquête conclut à un accident>> Wikipédia.

Synopsis:

Le jeune et idéaliste lieutenant Sassù, parti la fleur au fusil, est mêlé aux carnages d'une guerre de position. Les combats se déroulent dans une zone montagneuse près d'Asiago dans la région de la Vénétie, Italie. La division du général Leone, dans un mouvement de panique, a abandonné une importante position que le général va s'acharner à essayer de reprendre. Toutes les tentatives, improvisées ou menées avec des moyens insuffisants, échoueront, y compris la dernière où l'appui d'artillerie enfin accordé par l'état-major massacrera la vague d'assaut des fantassins. Soucieux du sort de ses hommes et s'élevant contre les décisions de la hiérarchie militaire, tentant aussi de circonvenir le calamiteux général Leone, le lieutenant Sassù est fusillé comme insoumis. Ce film dénonce les horreurs inutiles pour la prise de la colline de Montefiore sous les ordres d'un général malchanceux plus qu'incompétent (qui n'hésite pas, à l'occasion, à s'exposer en première ligne), les mutineries, les exécutions qui s'ensuivent, événements fort comparables aux mutineries de 1917 dans les armées françaises et anglaises. À noter qu'avec 2 800 soldats fusillés pour mutinerie, abandon de poste, mutilation volontaire ou désertion, l'Italie détient le record de 14-18 (Grande-Bretagne 1 800, France 2 500 condamnations dont 600 exécutées). Wikipédia

Ce superbe film, Les Hommes contre, qui peut faire aujourd'hui oeuvre de mémoire, a créé la polémique en Italie lors de sa sortie. Le choc fut tel que l'armée italienne intenta un procès au film de Francesco Rosi. Après plusieurs années de débats, il fut libéré de toute accusation et demeure un sujet de référence ainsi que de l'excellent cinéma appuyé par une poignante partition symphonique de Piero Piccioni, d'un dramatisme absolu, le compositeur fétiche de Rosi.

https://www.youtube.com/watch?v=y5FPHZmmN9I
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