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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 5 Oct - 16:53

Anouchka a écrit:
Je reviendrai plus avant sur ce fil ce week-end car je suis plongée dans des répétitions de chorale, dont à la maison demain...

Si c'est pour réagir aux films que je présente, c'est le bon fil, mais si c'est pour évoquer les films que tu aimes alors je te conseille de créer ton propre fil: "Les films d'Anouchka". Sinon, il y a le fil "Les films que j'aime ou n'aime pas" si on pense que ce sera trop occasionnel pour y consacrer son propre topic.

J'ai provisoirement quitté la fiction pour le documentaire, toutefois, un film n'en demeure pas moins un film. En fait il s'agit d'une "saga" documentaire réalisée par Anna Recalde Miranda au coeur d'un Paraguay qui dépasse largement la fiction. Cette "saga" se constitue de deux documentaires, le premier s'intitulant La Tierra Sin Mal (2008) et le second, Pouvoir et Impuissance, un drame en trois actes (2014).

La Tierra Sin Mal: Après soixante-et-une années de parti unique, dont trente-cinq sous la dictature de Stroessner, Fernando Lugo, un ex-évêque de la Théologie de la Libération, se porte candidat aux élections présidentielles de 2008. Il représente un nouvel espoir démocratique pour le peuple paraguayen. Avec Martin Almada (Prix Nobel alternatif 2002), l'avocat qui a découvert les "Archives de la Terreur", nous suivons son parcours jusqu'à la victoire surprise. On notera une coalition improbable entre ce mouvement que l'on peut qualifier de "gauche progressiste et humaniste" et le parti bleu, droite libérale.

Pouvoir et Impuissance, un drame en trois actes: Suite chronologique de "La Tierra Sin Mal", ce film tient autant du drame shakespearien que du thriller politique: depuis les coulisses du pouvoir, nous sommes les témoins privilégiés de l'arrivée au pouvoir de Fernando Lugo,surnommé "l'évêque des pauvres". Une aventure faite d'espoirs et de déceptions, de rêves et de désillusions, jusqu'à sa fin tragique lors du coup d'état parlementaire de juin 2012, le vingt-quatrième en quatre ans! D'abord remplacé par son vice-président Federico Franco (droite libérale), c'est un certain Horacio Cartes (parti rouge, Colorado, dit aussi "libéraux nationalistes" qui avaient été au pouvoir pendant plus de soixante ans, noyauté pendant un temps par le régime dictatorial de Stroessner) qui gagnera l'élection présidentielle de 2013...par ailleurs, fortement suspecté d'avoir trempé dans le narcotrafic.

L'ambition d'un monde plus juste, plus égalitaire où l'humain demeure au centre de tout. Les hommes porteurs de cette ambition arrivent rarement au pouvoir et lorsqu'ils y accèdent, soit ils retournent leur veste soit ils n'arrivent pas à appliquer leur politique tant le système est verrouillé et corrompu. Au Paraguay, par exemple, Fernando Lugo fut confronté, dès le début de son quinquennat, à un parlement largement dominé par la droite et l'extrême-droite, représentatif de l'oligarchie du pays et de multinationales puissantes, cupides et corruptrices comme Monsanto. Chaque pays a son Lugo et parfois l'espoir renaît lorsque son équivalent, AMLO, gagne la Présidentielle au Mexique avec un programme fondé sur une meilleure répartition des richesses et une lutte sans concession contre la corruption et le crime organisé. Cette "saga" documentaire a un peu brisé mes rêves et écorné mon enthousiasme, mais voilà malgré tout, à travers deux films particulièrement bien fichus, une véritable source d'enseignements. A voir absolument!! "Le conte malheureusement habituel de ce qu'il se passe après que David a vaincu Goliath", nous dit "The Hollywood Reporter".

https://www.youtube.com/watch?v=uty_1f7qaEs
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 14:24



Je quitte le documentaire mais pas la politique. Cette fois, il s'agit d'un film de Helvio Soto qui m'a emmené directement au Chili, ce qui fait que je n'ai pas quitté pour autant l'Amérique latine. Le film relate une dure période de l'histoire du Chili: Le 11 septembre 1973, une vive agitation règne dans la marine et les casernes de Santiago. C'est le début du coup d'état organisé contre le Président Allende qui coûtera la vie à plus d'un millier de Chiliens, contrairement à ce qu'à prétendu la version officielle. L'état d'urgence est instauré et la résistance s'organise comme elle peut, avec les moyens du bord. Un journaliste, interprété par Laurent Terzieff, va être le témoin privilégié du déroulement de cette révolte et de la tragédie qui en découle, avant l'arrivée au pouvoir de Pinochet. Lors de la chute d'Allende, il suffisait qu'un voisin ne vous aime pas et vous dénonce comme marxiste pour être assassiné les instants qui suivent. Victoire de la junte militaire sur Allende sous l'euphorie de la bourgeoisie locale, le film est un dynamique résumé de ce coup d'état et me rappelle le film de Costa-Gavras, Z. Le film de Helvio Soto, qui s'intitule Il pleut sur Santiago (1975), inspiré par la petite phrase codée qu'utilisait, me semble-t-il, les résistants pour évoquer l'approche du coup d'état avec ses manoeuvres militaires, bénéficie, lui aussi, d'une belle brochette d'acteurs; un casting d'exception: John Abbey, Bibi Anderson, Nicole Calfan, Riccardo Cucciolla, André Dussolier, Bernard Fresson, Maurice Garrel, Annie Girardot, Patricia Guzman, Serge Marquand, Olivier Mathot, Henri Poirier, Laurent Terzieff et Jean-Louis Trintignant. Allende, interprété par Naicho Petrov y est toujours montré de dos alors que Pinochet, interprété par Henri Poirier, y est toujours montré de face. Le film s'achève sur l'enterrement de l'excellent poète Pablo Neruda. Il y a notamment une petite phrase du genre qui m'interpelle à chaque fois que je le revois: "Je ne connais pas de poète fasciste", moi non plus...La musique est signée Astor Piazzolla et c'est sur un bandonéon plutôt lent et mélancolique que meurent le Président et ses hommes.

https://www.youtube.com/watch?v=bNvO342GiH8
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 17:07

On retrouve le même thème de la brutalité de Pinochet dans le beau film La Maison aux Esprits d'après le roman d'Isabel Allende, la nièce du Président Salvador Allende assassiné par la junte.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 18:35

joachim a écrit:
On retrouve le même thème de la brutalité de Pinochet dans le beau film La Maison aux Esprits d'après le roman d'Isabel Allende, la nièce du Président Salvador Allende assassiné par la junte.

Merci pour cette information car je recherche d'autres films sur ce sujet. Wink
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Jean

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 18:40

Il y a aussi le film de Costa-Gavras (me semble t'il) "MISSING" où un américain recherche son fils, jeune journaliste , disparu juste après l'installation de Pinochet… Très dur et très grand film!
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 20:04

Jean a écrit:
Il y a aussi le film de Costa-Gavras (me semble t'il) "MISSING" où un américain recherche son fils, jeune journaliste , disparu juste après l'installation de Pinochet… Très dur et très grand film!

Je l'avais complètement oublié celui-là, d'autant plus que j'adore le cinéma de Costa-Gavras!! Merci Jean. Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 12 Oct - 12:40


Il y a un film que je viens de revoir aujourd'hui et qui me fascine depuis toujours. J'ai toujours adoré ce film et le rôle tenu par Yves Montand. Il s'agit de I comme Icare (1979) d'Henri Verneuil: <<Jarry, un chef d'état d'un pays imaginaire ou non-mentionné, est abattu au cours d'une visite officielle, alors qu'il circulait dans une voiture décapotable, profitant de l'acclamation de la foule. Son assassin présumé, un certain Karl Eric Daslow (Didier Sauvegrain), est retrouvé mort dans un des ascenseurs de l'immeuble d'où il aurait tiré. Après une année d'investigations, l'hypothèse du tueur paranoïaque et solitaire est retenue par la commission d'enquête. Néanmoins, l'un de ses membres, le procureur Volney (Yves Montand), refuse de se rallier à la thèse officielle et obtient ainsi tous les pouvoirs pour recommencer l'enquête à zéro, aidé de ses assistants. C'est un tout autre scénario qui va se dessiner progressivement à ses yeux avec l'existence d'un second tueur, et qui dit second tueur dit déjà une organisation.>> Tout le monde pensera aussitôt à l'assassinat de JFK car le film en est évidemment inspiré même s"il relate malgré tout une autre histoire avec plusieurs points de similitude. D'ailleurs, les plus observateurs noteront que DASLOW est l'anagramme d'OSWALD. Montand est impérial dans le rôle du procureur Volney. A noter également une superbe partition d'Ennio Morricone qui ne passe pas inaperçue dans le chef-d'oeuvre de Verneuil. Un passage qui m'a toujours très intéressé est celui qui fait référence aux recherches de Stanley Milgram:

<<L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. La date de l'expérience est importante, car quelques années plus tard, 1967-1968, s'installeront au contraire des formes de méfiance envers l'autorité. Les résultats ont suscité beaucoup de commentaires dans l’opinion publique, la méthode utilisée ayant entraîné critiques et controverses chez plusieurs psychologues et philosophes des sciences.>>

https://www.youtube.com/watch?v=RFKhFriQkPU
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Sam 13 Oct - 0:12

Je reviendrai sur l'un ou l'autre de tes coups de coeur, Icare, quand j'aurai un peu plus de temps..
Icare a écrit:
Si c'est pour réagir aux films que je présente, c'est le bon fil, mais si c'est pour évoquer les films que tu aimes alors je te conseille de créer ton propre fil: "Les films d'Anouchka". Sinon, il y a le fil "Les films que j'aime ou n'aime pas" si on pense que ce sera trop occasionnel pour y consacrer son propre topic.
Je ne pense pas, Icare, créer mon propre fil, je ne regarde pas assez de films, car je panache mes soirées avec les séries et les concerts ou mon propre travail. Mais je viens de voir cette semaine deux très très beaux films ("Le train" et "Itinéraire d'un enfant gâté"), et j'en parlerai demain ou dimanche sur le fil que tu me conseilles.. Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Aujourd'hui à 14:51


Il est vrai que la plupart des films que j'évoque sur ce fil en particulier sont des coups de coeur, certains bien plus anciens que d'autres et certains pouvant être très récents, comme Le Pont de Bernhard Wicki. Néanmoins, il y a quelques exceptions, c'est-à-dire des films que j'aime plus ou moins bien mais que je ne considère pas comme un coup de coeur. Je pense notamment à Je suis assassin de Thomas Vincent. Pas sûr d'avoir envie de le revoir même si certains aspects du film m'ont plu.

Jusqu'à aujourd'hui, j'ai surtout évoqué des drames, des tragédies, au point que l'on pourrait croire que je n'ai aucun goût pour la comédie ou la farce satirique. Je vais donc casser cette idée reçue en vous parlant d'un film que je viens de redécouvrir aujourd'hui, il y avait tellement longtemps que je ne l'avais vu alors que le souvenir que j'en gardais était encore si vivant en moi. Il s'agit d'un film français de Pierre Tchernia, Le Viager. Je ne vous parle pas de la brochette d'acteurs réunies sur l'affiche, un casting incroyable! En fait si, je vous en parle: Michel Serrault qui en est la vedette principale, Michel Galabru, Odette Laure, Jean-Pierre Darras, Rosy Varte, Noël Roquevert, Yves Robert, Claude Brasseur, Jean Richard, Jean Carmet, Gérard Depardieu, Bernard Lavalette, Paul Préboist... J'en ai toujours aimé l'histoire:

<<En 1930 à Paris, Léon Galipeau, médecin généraliste à la compétence discutable, ausculte Louis Martinet, célibataire de 59 ans. Persuadé que son patient, usé, n'a que deux ans tout au plus à vivre, Galipeau convainc son frère Émile d'acquérir en viager, la maison de campagne que possède Martinet dans un petit village de pêcheurs alors méconnu : Saint-Tropez. Confiants dans leur affaire, les deux frères acceptent même d'indexer la rente viagère sur le cours d'une valeur, pensent-ils, sans avenir : l'aluminium. Alors que les années passent, non seulement Martinet garde bon pied bon œil mais encore reprend-il vigueur et entrain sous le soleil provençal. C'est l'époque de l'essor des aéroplanes : l'aluminium grimpe, la rente viagère augmente sans fin et la famille Galipeau s'impatiente. Lassée d'attendre le trépas de Martinet, elle échafaude des plans pour se débarrasser de l'encombrant crédirentier. Hélas, les événements aidant (Seconde Guerre mondiale, Exode, occupation allemande, puis épuration), les tentatives des Galipeau pour éliminer l'innocent Martinet se retournent invariablement contre eux. Un à un, les Galipeau meurent sous le regard toujours candide du vaillant retraité, centenaire à la fin du film.>> (Wikipédia)

C'est une charmante farce qui, certes, me fait un peu moins rire aujourd'hui alors que dans ma jeunesse elle m'avait fait rire aux éclats, mais c'est toujours sympathique à revoir. Outre le plaisir de revoir la comédie que nous offrent ces comédiens et comédiennes de toute une époque du cinéma français autour d'un éternel Michel Serrault, il y a aussi une musique de Gérard Calvi qui, à elle-seule, rend heureux. Elle illustre à merveille la bonne santé physique et mentale de Louis Martinet.

https://www.youtube.com/watch?v=NyDUJsjxk8o
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   

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