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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 5 Oct - 16:53

Anouchka a écrit:
Je reviendrai plus avant sur ce fil ce week-end car je suis plongée dans des répétitions de chorale, dont à la maison demain...

Si c'est pour réagir aux films que je présente, c'est le bon fil, mais si c'est pour évoquer les films que tu aimes alors je te conseille de créer ton propre fil: "Les films d'Anouchka". Sinon, il y a le fil "Les films que j'aime ou n'aime pas" si on pense que ce sera trop occasionnel pour y consacrer son propre topic.

J'ai provisoirement quitté la fiction pour le documentaire, toutefois, un film n'en demeure pas moins un film. En fait il s'agit d'une "saga" documentaire réalisée par Anna Recalde Miranda au coeur d'un Paraguay qui dépasse largement la fiction. Cette "saga" se constitue de deux documentaires, le premier s'intitulant La Tierra Sin Mal (2008) et le second, Pouvoir et Impuissance, un drame en trois actes (2014).

La Tierra Sin Mal: Après soixante-et-une années de parti unique, dont trente-cinq sous la dictature de Stroessner, Fernando Lugo, un ex-évêque de la Théologie de la Libération, se porte candidat aux élections présidentielles de 2008. Il représente un nouvel espoir démocratique pour le peuple paraguayen. Avec Martin Almada (Prix Nobel alternatif 2002), l'avocat qui a découvert les "Archives de la Terreur", nous suivons son parcours jusqu'à la victoire surprise. On notera une coalition improbable entre ce mouvement que l'on peut qualifier de "gauche progressiste et humaniste" et le parti bleu, droite libérale.

Pouvoir et Impuissance, un drame en trois actes: Suite chronologique de "La Tierra Sin Mal", ce film tient autant du drame shakespearien que du thriller politique: depuis les coulisses du pouvoir, nous sommes les témoins privilégiés de l'arrivée au pouvoir de Fernando Lugo,surnommé "l'évêque des pauvres". Une aventure faite d'espoirs et de déceptions, de rêves et de désillusions, jusqu'à sa fin tragique lors du coup d'état parlementaire de juin 2012, le vingt-quatrième en quatre ans! D'abord remplacé par son vice-président Federico Franco (droite libérale), c'est un certain Horacio Cartes (parti rouge, Colorado, dit aussi "libéraux nationalistes" qui avaient été au pouvoir pendant plus de soixante ans, noyauté pendant un temps par le régime dictatorial de Stroessner) qui gagnera l'élection présidentielle de 2013...par ailleurs, fortement suspecté d'avoir trempé dans le narcotrafic.

L'ambition d'un monde plus juste, plus égalitaire où l'humain demeure au centre de tout. Les hommes porteurs de cette ambition arrivent rarement au pouvoir et lorsqu'ils y accèdent, soit ils retournent leur veste soit ils n'arrivent pas à appliquer leur politique tant le système est verrouillé et corrompu. Au Paraguay, par exemple, Fernando Lugo fut confronté, dès le début de son quinquennat, à un parlement largement dominé par la droite et l'extrême-droite, représentatif de l'oligarchie du pays et de multinationales puissantes, cupides et corruptrices comme Monsanto. Chaque pays a son Lugo et parfois l'espoir renaît lorsque son équivalent, AMLO, gagne la Présidentielle au Mexique avec un programme fondé sur une meilleure répartition des richesses et une lutte sans concession contre la corruption et le crime organisé. Cette "saga" documentaire a un peu brisé mes rêves et écorné mon enthousiasme, mais voilà malgré tout, à travers deux films particulièrement bien fichus, une véritable source d'enseignements. A voir absolument!! "Le conte malheureusement habituel de ce qu'il se passe après que David a vaincu Goliath", nous dit "The Hollywood Reporter".

https://www.youtube.com/watch?v=uty_1f7qaEs
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 14:24



Je quitte le documentaire mais pas la politique. Cette fois, il s'agit d'un film de Helvio Soto qui m'a emmené directement au Chili, ce qui fait que je n'ai pas quitté pour autant l'Amérique latine. Le film relate une dure période de l'histoire du Chili: Le 11 septembre 1973, une vive agitation règne dans la marine et les casernes de Santiago. C'est le début du coup d'état organisé contre le Président Allende qui coûtera la vie à plus d'un millier de Chiliens, contrairement à ce qu'à prétendu la version officielle. L'état d'urgence est instauré et la résistance s'organise comme elle peut, avec les moyens du bord. Un journaliste, interprété par Laurent Terzieff, va être le témoin privilégié du déroulement de cette révolte et de la tragédie qui en découle, avant l'arrivée au pouvoir de Pinochet. Lors de la chute d'Allende, il suffisait qu'un voisin ne vous aime pas et vous dénonce comme marxiste pour être assassiné les instants qui suivent. Victoire de la junte militaire sur Allende sous l'euphorie de la bourgeoisie locale, le film est un dynamique résumé de ce coup d'état et me rappelle le film de Costa-Gavras, Z. Le film de Helvio Soto, qui s'intitule Il pleut sur Santiago (1975), inspiré par la petite phrase codée qu'utilisait, me semble-t-il, les résistants pour évoquer l'approche du coup d'état avec ses manoeuvres militaires, bénéficie, lui aussi, d'une belle brochette d'acteurs; un casting d'exception: John Abbey, Bibi Anderson, Nicole Calfan, Riccardo Cucciolla, André Dussolier, Bernard Fresson, Maurice Garrel, Annie Girardot, Patricia Guzman, Serge Marquand, Olivier Mathot, Henri Poirier, Laurent Terzieff et Jean-Louis Trintignant. Allende, interprété par Naicho Petrov y est toujours montré de dos alors que Pinochet, interprété par Henri Poirier, y est toujours montré de face. Le film s'achève sur l'enterrement de l'excellent poète Pablo Neruda. Il y a notamment une petite phrase du genre qui m'interpelle à chaque fois que je le revois: "Je ne connais pas de poète fasciste", moi non plus...La musique est signée Astor Piazzolla et c'est sur un bandonéon plutôt lent et mélancolique que meurent le Président et ses hommes.

https://www.youtube.com/watch?v=bNvO342GiH8
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 17:07

On retrouve le même thème de la brutalité de Pinochet dans le beau film La Maison aux Esprits d'après le roman d'Isabel Allende, la nièce du Président Salvador Allende assassiné par la junte.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 18:35

joachim a écrit:
On retrouve le même thème de la brutalité de Pinochet dans le beau film La Maison aux Esprits d'après le roman d'Isabel Allende, la nièce du Président Salvador Allende assassiné par la junte.

Merci pour cette information car je recherche d'autres films sur ce sujet. Wink
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Jean

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 18:40

Il y a aussi le film de Costa-Gavras (me semble t'il) "MISSING" où un américain recherche son fils, jeune journaliste , disparu juste après l'installation de Pinochet… Très dur et très grand film!
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 11 Oct - 20:04

Jean a écrit:
Il y a aussi le film de Costa-Gavras (me semble t'il) "MISSING" où un américain recherche son fils, jeune journaliste , disparu juste après l'installation de Pinochet… Très dur et très grand film!

Je l'avais complètement oublié celui-là, d'autant plus que j'adore le cinéma de Costa-Gavras!! Merci Jean. Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 12 Oct - 12:40


Il y a un film que je viens de revoir aujourd'hui et qui me fascine depuis toujours. J'ai toujours adoré ce film et le rôle tenu par Yves Montand. Il s'agit de I comme Icare (1979) d'Henri Verneuil: <<Jarry, un chef d'état d'un pays imaginaire ou non-mentionné, est abattu au cours d'une visite officielle, alors qu'il circulait dans une voiture décapotable, profitant de l'acclamation de la foule. Son assassin présumé, un certain Karl Eric Daslow (Didier Sauvegrain), est retrouvé mort dans un des ascenseurs de l'immeuble d'où il aurait tiré. Après une année d'investigations, l'hypothèse du tueur paranoïaque et solitaire est retenue par la commission d'enquête. Néanmoins, l'un de ses membres, le procureur Volney (Yves Montand), refuse de se rallier à la thèse officielle et obtient ainsi tous les pouvoirs pour recommencer l'enquête à zéro, aidé de ses assistants. C'est un tout autre scénario qui va se dessiner progressivement à ses yeux avec l'existence d'un second tueur, et qui dit second tueur dit déjà une organisation.>> Tout le monde pensera aussitôt à l'assassinat de JFK car le film en est évidemment inspiré même s"il relate malgré tout une autre histoire avec plusieurs points de similitude. D'ailleurs, les plus observateurs noteront que DASLOW est l'anagramme d'OSWALD. Montand est impérial dans le rôle du procureur Volney. A noter également une superbe partition d'Ennio Morricone qui ne passe pas inaperçue dans le chef-d'oeuvre de Verneuil. Un passage qui m'a toujours très intéressé est celui qui fait référence aux recherches de Stanley Milgram:

<<L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. La date de l'expérience est importante, car quelques années plus tard, 1967-1968, s'installeront au contraire des formes de méfiance envers l'autorité. Les résultats ont suscité beaucoup de commentaires dans l’opinion publique, la méthode utilisée ayant entraîné critiques et controverses chez plusieurs psychologues et philosophes des sciences.>>

https://www.youtube.com/watch?v=RFKhFriQkPU
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Sam 13 Oct - 0:12

Je reviendrai sur l'un ou l'autre de tes coups de coeur, Icare, quand j'aurai un peu plus de temps..
Icare a écrit:
Si c'est pour réagir aux films que je présente, c'est le bon fil, mais si c'est pour évoquer les films que tu aimes alors je te conseille de créer ton propre fil: "Les films d'Anouchka". Sinon, il y a le fil "Les films que j'aime ou n'aime pas" si on pense que ce sera trop occasionnel pour y consacrer son propre topic.
Je ne pense pas, Icare, créer mon propre fil, je ne regarde pas assez de films, car je panache mes soirées avec les séries et les concerts ou mon propre travail. Mais je viens de voir cette semaine deux très très beaux films ("Le train" et "Itinéraire d'un enfant gâté"), et j'en parlerai demain ou dimanche sur le fil que tu me conseilles.. Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 18 Oct - 14:51

Il est vrai que la plupart des films que j'évoque sur ce fil en particulier sont des coups de coeur, certains bien plus anciens que d'autres et certains pouvant être très récents, comme Le Pont de Bernhard Wicki. Néanmoins, il y a quelques exceptions, c'est-à-dire des films que j'aime plus ou moins bien mais que je ne considère pas comme un coup de coeur. Je pense notamment à Je suis assassin de Thomas Vincent. Pas sûr d'avoir envie de le revoir même si certains aspects du film m'ont plu, notamment la poignante partition de Krishna Levy que j'ai de toute façon en disque.

Jusqu'à aujourd'hui, j'ai surtout évoqué des drames, des tragédies, au point que l'on pourrait croire que je n'ai aucun goût pour la comédie ou la farce satirique. Je vais donc casser cette idée reçue en vous parlant d'un film que je viens de redécouvrir aujourd'hui, il y avait tellement longtemps que je ne l'avais vu alors que le souvenir que j'en gardais était encore si vivant en moi. Il s'agit d'un film français de Pierre Tchernia, Le Viager. Je ne vous parle pas de la brochette d'acteurs réunies sur l'affiche, un casting incroyable! En fait si, je vous en parle: Michel Serrault qui en est la vedette principale, Michel Galabru, Odette Laure, Jean-Pierre Darras, Rosy Varte, Noël Roquevert, Yves Robert, Claude Brasseur, Jean Richard, Jean Carmet, Gérard Depardieu, Bernard Lavalette, Paul Préboist... J'en ai toujours aimé l'histoire, ce gars dont on espère une mort relativement proche pour pouvoir au plus vite profiter de sa charmante maison de campagne et qui finit par tous les enterrer Very Happy :

<<En 1930 à Paris, Léon Galipeau, médecin généraliste à la compétence discutable, ausculte Louis Martinet, célibataire de 59 ans. Persuadé que son patient, usé, n'a que deux ans tout au plus à vivre, Galipeau convainc son frère Émile d'acquérir en viager, la maison de campagne que possède Martinet dans un petit village de pêcheurs alors méconnu : Saint-Tropez. Confiants dans leur affaire, les deux frères acceptent même d'indexer la rente viagère sur le cours d'une valeur, pensent-ils, sans avenir : l'aluminium. Alors que les années passent, non seulement Martinet garde bon pied bon œil mais encore reprend-il vigueur et entrain sous le soleil provençal. C'est l'époque de l'essor des aéroplanes : l'aluminium grimpe, la rente viagère augmente sans fin et la famille Galipeau s'impatiente. Lassée d'attendre le trépas de Martinet, elle échafaude des plans pour se débarrasser de l'encombrant crédirentier. Hélas, les événements aidant (Seconde Guerre mondiale, Exode, occupation allemande, puis épuration), les tentatives des Galipeau pour éliminer l'innocent Martinet se retournent invariablement contre eux. Un à un, les Galipeau meurent sous le regard toujours candide du vaillant retraité, centenaire à la fin du film.>> (Wikipédia)

C'est une charmante farce qui, certes, me fait un peu moins rire aujourd'hui alors que dans ma jeunesse elle m'avait fait rire aux éclats, mais c'est toujours sympathique à revoir. Outre le plaisir de revoir la comédie que nous offrent ces comédiens et comédiennes de toute une époque du cinéma français autour d'un éternel Michel Serrault, il y a aussi une musique de Gérard Calvi qui, à elle-seule, rend heureux. Elle illustre à merveille la bonne santé physique et mentale de Louis Martinet.

https://www.youtube.com/watch?v=NyDUJsjxk8o
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 19 Oct - 14:31

Toujours place à la comédie avec, cette fois, La cage aux Folles, film franco-italien d'Edouard Molinaro (1978). Avec cette farce-là, je ris toujours autant, ne m'en lasse pas. Elle permet un duo extraordinaire entre Michel Serrault et Ugo Tognazzi, haut en couleurs. Albin, surnommé Zaza (Serrault), vedette d'un spectacle de travestis, aime Renato (Tognazzi), son patron avec lequel "elle" vit depuis vingt ans. Les deux hommes forment un vieux couple respecté de tous. Mais lorsque le fils de Renato se fiance avec la fille d'un député appartenant à un parti politique fondant toute son idéologie sur l'ordre moral, le couple doit à tout prix paraître "classique" aux yeux de la future belle-famille, une situation délicate qui porte tous les germes de la discorde. Le film est tiré d'une célèbre pièce de Jean Poiret. Michel Serrault décrocha un César du meilleur acteur pour ce rôle qu'il avait déjà si brillamment endossé au théâtre. Il y a aussi Michel Galabru dans le rôle du député Simon Charrier et futur beau-père, Carmen Scarpitta dans le rôle de la femme du député, Benny Lucke dans le rôle du domestique un peu "fofolle" d'Albin et Renato, Rémi Laurent dans le rôle du fils de Renato, Luisa Maneri dans le rôle de la fille du député Charrier, Venantino Venantini dans le rôle du chauffeur de Simon Charrier. Je ne me lasserai jamais de la scène des biscottes même si je préfère la version "théâtre" avec Jean Poiret. Sans oublier la musique un brin parodique d'Ennio Morricone qui duplique sans excès les émotions des différents personnages, surtout les deux principaux, ainsi que leur fantaisie.

https://www.youtube.com/watch?v=I0tflqtYA_w


Dernière édition par Icare le Ven 19 Oct - 23:06, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 19 Oct - 17:12

Ah, Icare, sois béni ! Je viens, en regardant l'extrait, de me payer une tranche de rire comme je n'en avais pas eu depuis longtemps ! J'en ai encore les larmes aux yeux !!! Ptdr  Merci mille fois ! Mains  Je vais de ce pas commander le DVD pour revoir ce chez-d'œuvre !
Mais j'y pense...  , il ne va pas être censuré, au moins ? Ptdr  Ptdr  Ptdr
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 19 Oct - 23:19


Voilà la version théâtre:

https://www.dailymotion.com/video/x2q9un
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 25 Oct - 14:48

Retour au cinéma italien et à un tout autre genre de film, un très bon film policier qui, du moins en Italie, dans les années 70, a plus ou moins marqué son époque: Confession d'un Commissaire de Police au Procureur de la République, réalisé par un cinéaste engagé, Damiano Damiani, avec Franco Nero, Martin Balsam qui apparaîtra dans d'autres films italiens, m'ayant particulièrement marqué dans l'excellent Chronique d'un Homicide de Mauro Bolognini. Parmi les acteurs, il y a aussi Marilù Tolo, Claudia Gora, Arturo Dominici, Michele Gammino, Luciano Catenacci, Giancarlo Prete et Adolfo Lastretti. Une petite parenthèse; j'adore le goût des Italiens pour des titres longs! Hehe C'est l'histoire d'un commissaire de police frustré et mal dans sa peau, Bonavia, interprété par Martin Balsam, dont l'obsession est d'arrêter un dangereux promoteur criminel, Ferdinando Lommuno (Luciano Catenacci) qui n'hésite pas à faire éliminer tous ceux qui constituent un obstacle pour ses "affaires", un mafieux qui a d'ailleurs des liens avec le politique et la haute magistrature. Il veut qu'il paye pour l'assassinat de son ami syndicaliste. Afin d'arriver à ses fins, le commissaire usera de tous les moyens jusqu'aux plus illégaux, ce qui attirera l'attention du substitut du Procureur de la République Traini, sous les traits de Franco Nero. Une confrontation entre les deux hommes s'en suivra, l'un ne croyant plus au pouvoir de la justice, l'autre si, du moins jusqu'à ce qu'il apprenne que son supérieur et mentor est lui-même mouillé. Le film s'arrêtera là. Un très beau thème musical reviendra très souvent, il est signé Riz Ortolani.

https://www.youtube.com/watch?v=u1rd5dXhsGM
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 26 Oct - 13:50

Me voilà bien loin d'une atmosphère à La Cage aux Folles, ce qui avait déjà été le cas avec le film Confession d'un Commissaire de Police au Procureur de la République que j'ai regardé hier. Cette fois, j'ai replongé dans l'une des plus grandes tragédies du vingtième siècle, c'est-à-dire dans la dernière partie de cette terrible période de la Seconde Guerre Mondiale avec La Chute, un film allemand d'Oliver Hirschbiegel (2004), évoquant les événements et circonstances liés à la mort d'Adolf Hitler et à ses derniers jours, durant la bataille de Berlin en avril 1945. Je vous avais déjà parlé sur ce même topic d'un film d'Alberto Negrin relatant la chute de Mussolini avec Bob Hoskins. Désormais, c'est un film relatant la chute d'Hitler et du national-socialisme avec un Bruno Ganz magistral dans le rôle titre, pour ne pas dire méconnaissable. Je l'avais déjà remarqué dans d'autres excellents films, notamment de Wim Winders comme Les Ailes du Désir, un film qui m'a particulièrement émerveillé lors de sa sortie en salle, ou L'ami américain. Il joue aussi dans le très beau film de Mauro Bologni, La Dame aux Camélias, aux côtés de Gian-Maria Volonté et Isabelle Huppert. Accompagnent Bruno Ganz dans La Chute, Alexandra Maria Lara dans le rôle de Traudl Junge, Corinna Harfouch dans le rôle de Magda Goebbels, Juliane Köhler dans le rôle de Eva Braun, Ulrich Noethen dans le rôle de Heinrich Himmler, Thomas Kretschmann dans le rôle de Hermann Fegelein, Ulrich Matthes dans le rôle de Joseph Goebbels, Heino Ferch dans le rôle de Albert Speer, Christian Berkel dans le rôle du professeur-docteur Ernst-Günther Schenck...Ce film d'Oliver Hirschbiegel est parfois jugé comme étant le meilleur qui ait été réalisé sur cette fin du IIIème Reich et d'Adolf Hitler, "une véritable leçon d'histoire et une oeuvre artistique de haute volée qui retrace la déchéance du Fürher tout en décryptant sa personnalité complexe et paradoxale". J'approuve!! J'ai adoré ce film et sûr que j'aurai envie de le revoir un jour, ne serait-ce déjà pour profiter de l'excellente prestation de Bruno Ganz qui s'est complètement identifié à son personnage au point de lui ressembler à la perfection. Côté musique, parce que c'est l'aspect d'un film que je ne néglige jamais, toujours une oreille tendue, attentive. Elle a été écrite par compositeur que je ne connaissais pas jusque là, Stephan Zacharia. D'un grand dénuement, d'une grande retenue, je retiens principalement un thème pour piano seul très dépouillé et touchant et un adagio aussi gai (façon de parler) que celui de Samuel Barber...C'était peut-être avant le suicide d'Eva Braun et d'Adolf Hitler...

https://www.youtube.com/watch?v=JFycMCOFtEQ


Dernière édition par Icare le Sam 27 Oct - 17:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 26 Oct - 21:10

C'est rare que je regarde deux films dans une même journée mais j'avais hâte de retrouver Martin Balsam dans un superbe film politique de Mauro Bolognini que j'ai mentionné plus haut; Chronique d'un Homicide/Imputazione di omicidio per uno studente: quand je vous dit que les Italiens adorent les titres longs! Hehe Peu connu en France, Chronique d'un Homicide (1972) est un film percutant qui prend ses sources d'inspiration dans la culture des mouvements gauchistes qui bousculèrent l'Italie des années 70. Nous sommes donc au début des "Années de Plomb". Le film prend une épaisseur encore plus spéciale dans le monde contemporain où nous sommes, en plein dans un contexte de retour au premier plan des mouvements contestataires altermondialistes et d'extrême gauche. Au centre de ces troubles, il y a la poignante histoire d'un père et de son fils emportés par leurs certitudes et tourmentés par leurs doutes respectifs. A l'occasion de ce très beau film, également porté par une magnifique musique d'Ennio Morricone, Mauro Bolognini retrouve Massimo Ranieri après Metello, autre superbe film de Bolognini déjà évoqué sur ce topic. Martin Balsam est un acteur américain qui a aussi réalisé une belle petite carrière en Italie. Il me semble que le film qui l'a rendu célèbre là-bas est celui de Damiano Damiani, Confession d'un Commissaire de Police au Procureur de la République (1971). Il a aussi joué dans La Grande Pagaille de Luigi Comencini. Il est d'une grande justesse dans son rôle de juge d'instruction et de père.

Synopsis:

Fabio, un étudiant en architecture, militant de Lotta Continua, formation de l'extrême-gauche italienne, participe à une manifestation. Celle-ci dégènère en affrontement sanglant entre forces de l'ordre et jeunes contestataires. Au cours de cet événement, un étudiant est tué d'une balle de calibre 7,65. Fabio est lui-même violemment malmené. Il s'empare alors d'un poing américain, trouvé au sol, et blesse mortellement un agent de police. Alors qu'un de ses compagnons, Massimo Trotti, est inculpé pour ce meurtre, Fabio veut se constituer prisonnier mais son responsable politique l'en dissuade. Le juge Aldo Sola, le propre père de Fabio, est chargé d'enquêter sur les deux assassinats. Les premiers interrogatoires ne donnent pas de résultats fiables : les culpabilités respectives n'ont guère été formellement établies. Afin de prouver l'innocence de Massimo, Fabio subtilise dans le bureau de son père les procès-verbaux d'instruction et transmet les copies au journal La Cause du Peuple, organe de Lotta Continua, qui publie en titre : « La magistrature accumule de fausses preuves contre Trotti ». Désormais, la confrontation entre un père et son fils s'avère inévitable...

J'adore ce film!

Commentaire Wikipédia:

D'une manière inhabituelle, Mauro Bolognini, orfèvre des adaptations littéraires, traite avec Chronique d'un homicide d'un sujet plus contemporain : les années de plomb en Italie. Le film aurait dû échoir à Elio Petri. La présence du scénariste Ugo Pirro, collaborateur du réalisateur d' Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, en est le témoignage le plus sûr. L'originalité singulière de Bolognini provient surtout de sa capacité à ne jamais négliger le drame individuel : "Imputazione di omicidio per uno studente, comme Metello, retrouve le sens de l'épopée psychologique, chaque film devenant le lieu de tensions entre la fresque historique et la peinture intime, la lutte sociale et l'existence individuelle, la dissolution dans le collectif et la constitution de l'individu. Effectivement, le film met en scène l'affrontement entre un fils et son père : "Fabio Sola (Massimo Ranieri), le jeune bourgeois militant, prend conscience de problèmes sociaux qui ne sont pas les siens, tandis que le juge Aldo Sola (Martin Balsam), entrevoyant l'injustice du système qu'il a cautionné toute sa vie, essaye de garder son intégrité sans perdre l'estime ni l'amour de son fils.

Extrait:

https://www.dailymotion.com/video/x15pcj8
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 1 Nov - 13:57


<<Eprouvant et sans compromis. Un film choc d'OLIVER STONE>>, écrit-on...Il y avait très longtemps que je n'avais pas revu Salvador (1986) au sujet duquel le réalisateur confia qu'il fut le tournage le plus ardu et le plus débridé auquel il n'a jamais assisté...Certes depuis il a réalisé d'autres films et cette confidence n'est peut-être plus d'actualité...Néanmoins, il offrit à James Woods ce qui, je pense, demeure encore aujourd'hui son meilleur rôle, aux côtés de Jim Belushi, John Savage, Michael Murphy et Elpedia Carrillo. Ce film relate l'histoire authentique du photographe de guerre Richard Boyle, ici sous les traits d'un James Woods au meilleur de sa forme, et son expérience dans un Salvador (Amérique latine) déchiré par la guerre civile. Oliver Stone a cette particularité presque unique de filmer avec un réalisme et une crudité rares la folie et les atrocités de la guerre. James Woods fut nominé aux Oscars en 1986 pour "Meilleur Acteur", la seconde nomination concerna le scénario écrit par Oliver Stone et Richard Boyle. En revoyant ce film avec beaucoup d'émotion aujourd'hui, je ne me rappelais pourtant plus de grand chose si ce n'est une impression très abstraite et une volonté de le redécouvrir. Je me souvenais beaucoup plus concrètement de La Déchirure (1984) de Roland Joffé et même un peu mieux de Under Fire (1983) de Roger Spottiswoode, histoire de citer deux autres films très réussis s'articulant autour de reporters dans des pays en guerre et que j'avais vus au cinéma dans la même période. Je ne sais pas pourquoi Salvador d'Oliver Stone m'avait un peu échappé alors que je suis convaincu avoir été ébranlé par son sujet, comme je le fus avec les deux autres films susmentionnés...peut-être parce que le personnage de Richard Boyle tel qu'il apparaît dans le film, surtout au début, ne m'était pas très attachant...un côté "s'en-foutiste" qui m'agaçait un peu, un côté charognard qui cherche l'argent en photographiant le malheur et la mort de milliers de gens dont femmes, enfants, vieillards...Je n'avais donc pas pris conscience de son évolution personnelle au fil de l'histoire. A cette époque, je n'avais pas non plus remarqué la poignante partition de Georges Delerue:

<<En 1980, après avoir couvert les conflits les plus meurtriers un peu partout dans le monde, Richard Boyle est aujourd'hui un photographe de guerre minable et alcoolique. Afin de redonner un nouvel élan à sa carrière, Boyle part avec un ami (joué par Jim Belushi) pour le Salvador, une région d'Amérique latine en pleine guerre civile. Seulement muni de son appareil-photo, il rejoint le front et immortalise de ses clichés les horreurs et les atrocités qui ensanglantent les terres de ce pays à l'agonie. Chaque photographie porte alors l'empreinte et l'aspect le plus tragique de l'humanité. C'est un enfer qui se déroule sous ses pieds dans lequel la main impérialiste américaine joue évidemment un rôle, motivé par la sempiternelle peur d'un accès au pouvoir des communistes. Au beau milieu des carnages, des tortures et de la barbarie, Boyle va découvrir une chose qui transformera définitivement son existence et sa perception des événements: son âme.>>

https://www.youtube.com/watch?v=5e3na-7QZtA
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 2 Nov - 14:21


Je suis resté, aujourd'hui, dans l'ambiance des guerres civiles car j'avais trop hâte de revoir Under Fire (1983), probablement le meilleur film de Roger Spottiswoode, avec Nick Nolte, Joanna Cassidy, Gene Hackman, Ed Harris et Jean-Louis Trintignant parmi les rôles principaux. Voilà un film en prise directe avec un pays en guerre interne, le Nicaragua. J'avais été profondément marqué lorsque je l'avais vu pour la première fois au cinéma, le sommet du genre ayant été pour moi La Déchirure de Roland Joffé. J'ai toujours eu un gros faible pour les films qui puisent leur inspiration dans la réalité, dans des histoires vraies, peu importe si le cinéaste se permet quelques libertés. Je ne cherche pas le parfait documentaire au travers du cinéma, sachant pertinemment qu'un film est une oeuvre de fiction avant tout. Néanmoins, je demeure admiratif devant tant de minutie dans la reconstitution de faits réels, emportée par une pléiade d'acteurs et actrices tous plus crédibles les uns que les autres. Tout comme Salvador d'Oliver Stone que j'ai revu hier et La Déchirure que j'ai déjà évoqué sur ce fil sous le ton du bouleversement, Under Fire interroge...Il interroge sur le plan politique, la révolution rouge, le communisme, le soutien occidental et surtout des Etats-Unis à des tyrans sanguinaires à partir du moment où ils sont un barrage au communisme, etc...la terrible souffrance de peuples affamés, brimés, assassinés, torturés face à une minorité vivant dans l'opulence jusqu'à l'écoeurement, l'envie d'un monde meilleur et plus égalitaire quitte à tuer et à mourir pour défendre cette noble cause...

...<<Au Nicaragua en 1979, le journaliste-photographe Russell Price (Nick Nolte) couvre la guerre civile opposant les sandinistes au président dictateur Anastasio Somoza (René Enriquez). Ses amis, le chef d'antenne Alex Grazier (Gene Hackman) et la journaliste de la radio Claire (Joanna Cassidy), l'accompagnent. Au moment où ils arrivent, les sandinistes frappent même jusque dans la capitale, Managua. Au fil des jours, Russell en vient à se poser des questions sur la façon de couvrir cette guerre, lorsqu'il prend conscience de la brutalité de l'armée somoziste vis-à-vis de la population. Lui et Claire sont bientôt approchés par les sandinistes afin de photographier Rafael, leur leader, dont le gouvernement nicaraguayen vient d'annoncer la mort. Rafael est en réalité bel et bien mort, mais les guérilleros veulent démontrer, par une photographie, qu'il est toujours vivant afin de finir la guerre à leur avantage. Après quelques hésitations, Russell accepte et, le lendemain, la photo du chef sandiniste est diffusée dans tout le pays, ce qui déstabilise quelque peu le gouvernement Somoza. Le régime commence à se poser des questions sur la neutralité de la presse. Alex Grazier est bientôt arrêté puis abattu par la Guardia. Russell Price, qui a réussi à photographier l'assassinat, parvient à rendre publiques les photos et le gouvernement américain avec la CIA abandonne toute aide au régime du Tyran Somoza. Les sandinistes entrent en vainqueurs à Managua et le dictateur fuit le pays. Jean-Louis Trintignant y joue le rôle de Jazy, un espion français désabusé et cynique et Ed Harris celui d'un mercenaire sans scrupule qui sait changer de camp dès que le vent tourne d'un côté ou l'autre des belligérants.

Un autre élément important du film est la somptueuse partition de Jerry Goldsmith.

https://www.youtube.com/watch?v=xTMXBNkH7ao


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 2 Nov - 14:39

Un bien beau film en effet !
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 8 Nov - 13:51

Changement de registre avec un film de Dario Argento que je croyais mieux connaître! Il s'agit de son troisième film en tant que réalisateur et de la trilogie dite "animalière"; 4 Mouches de velours gris (1971). Parmi les rôles principaux y figurent Michael Brandon, Mismy Farmer, Jean-Pierre Marielle, Bud Spencer, Aldo Bufi Landi et Stefano Satta Flores, pas le plus connu des acteurs et dramaturges italiens mais qui a tenu un excellent second rôle dans L'Affaire Mori de Pasquale Squitieri (1977) et dans Cent Jours à Palerme de Giuseppe Ferrara (1984) qui sera son dernier rôle, aux côtés de Lino Ventura. Je pensais avoir déjà vu 4 Mouches de velours gris mais la seule dont je me suis réellement souvenue est l'ultime, ce qui me laisse penser que je n'avais peut-être vu que des extraits ou seulement la scène finale...J'avais des souvenirs bien plus nets du Chat à neuf queues que j'ai revu assez récemment et en garde de très précises de L'oiseau au plumage de cristal que je n'ai pas encore revu. Il est d'ailleurs dit que Quatre Mouches de velours gris est le film le moins connu de Dario Argento, un film, appelé giallo ou thriller, plutôt sombre mais éclairé dans sa noirceur par quelques personnages pétillants comme Jean-Pierre Marielle et Bud Spencer, deux acteurs très différents mais davantage vus dans des comédies, ce qui n'est évidemment pas toujours vrai, Marielle jouant un rôle très sombre dans Sans mobile apparent de Philippe Labro et Spencer apparaissant dans A l'aube du cinquième jour de Giuliano Montaldo. Je ne citerai que ces deux exemples, mais pour Marielle, il y a aussi La Traque (1975) de Serge Leroy où il retrouve la délicieuse Mismy Farmer. Sinon, j'aime beaucoup comment ce film a été filmé et la superbe photographie de Franco de Giacomo. Comme pour les deux précédents opus, la musique est signée Ennio Morricone. J'adore notamment le thème du générique-fin en parfait décalage avec ce que montre l'image.

<<Le musicien Roberto Tobias (Michael Brandon), suivi depuis plusieurs jours par un homme mystérieux, décide de le prendre en chasse. Au cours de la dispute qui suit leur rencontre, il le tue accidentellement et un inconnu masqué le prend en photo, l'arme du crime à la main. Cet inconnu va le harceler et le menacer, sans pour autant se livrer à un chantage. Sur les conseils de son ami Diomede, surnommé "Dio" (Dieudonné, surnommé Dieu dans la version française) (Bud Spencer), il engage le détective privé Arrosio (J. P. Marielle).

https://www.youtube.com/watch?v=sv68IrWmATY
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 9 Nov - 14:03

Aujourd'hui, j'ai revu un film que je n'avais pas regardé depuis l'adolescence, un film qui, à cette époque où mes parents adoptifs étaient encore vivants - certes ils n'aimaient guère la musique mais ils aimaient le cinéma et Jean Gabin - m'avait profondément marqué, bouleversé. Je n'ai jamais réussi à le revoir par la suite. J'avais alors acheté le roman d'Emile Zola que je ne retrouve plus. Dans le livre, très épais, il y avait un grand sens du détail, tout un art de la description d'une gare, une voie ferrée, une locomotive...Sûr que les anciens du forum auront déjà deviné, par ces quelques lignes, de quel roman et de quel film je suis en train de parler. Il s'agit bien évidemment de La Bête Humaine (1938) de Jean Renoir, tiré du roman éponyme d'Emile Zola, avec Jean Gabin dans l'un de ses plus beaux rôles, le rôle de Jacques Lantier, mécanicien-conducteur de La Lison, Simone Simon en poupée quelque peu perverse prénommée Séverine et épouse de Roubaud, celui-ci étant interprété par Fernand Ledoux en sous-chef de gare jaloux, impulsif et meurtrier, Julien Carette dans le rôle de Pecqueux, coéquipier et ami de Jacques Lantier...C'est marrant parce que cet acteur a quasiment la même voix que Jean Lefebvre. Puis, il y a plusieurs petits rôles dont Blanchette Brunoy qui joue le rôle de Flore, la cousine et amie d'enfance de Lantier, ainsi que Gérard Landry. Si je cite ces deux noms c'est parce qu'ils me disent quelque chose. En fouillant la filmographie de Blanchette Brunoy, je n'y ai quasiment lu que des titres qui ne me disent rien ou si peu, excepté Le Baron de l'écluse (1960) de Jean Delannoy: c'est peut-être de ce film que je me souviens d'elle. Concernant Gérard Landry, je m'aperçois qu'il a aussi fait carrière en Italie...Ce ne serait quand même pas dans On continue à l'appeler Trinita d'Enzo Barboni? Hehe Mais revenons à La Bête Humaine, ce chef-d'oeuvre de Jean Renoir où la poésie prend le pas sur la psychologie: est-ce une véritable histoire d'amour ou juste une sordide histoire de manipulation amoureuse qu'une très belle jeune femme utilise pour conduire un homme à en tuer un autre, ignorant que celui qu'elle pousse au crime est en proie depuis longtemps à des pulsions meurtrières qui n'avaient, jusqu'ici, jamais abouti à l'irréparable? La musique est signée Joseph Kosma, une partition symphonique qui monte en intensité au fur et à mesure que le drame se dessine: elle est un peu cette fumée noire qui monte à la tête de Jacques Lantier et lui fait perdre le contrôle de lui-même.

<<Jacques Lantier est victime de pulsions meurtrières. Il ne se trouve bien qu’en compagnie de son chauffeur Pecqueux sur La Lison, la locomotive à vapeur avec lesquels il fait la ligne Paris - Le Havre. Il rencontre Séverine dont le mari Roubaud, sous-chef de gare du Havre, vient d’assassiner Grandmorin, le parrain de la jeune femme qui avait abusé d'elle autrefois. Séverine devient la maîtresse de Lantier et bientôt lui suggère de supprimer son encombrant mari. Mais sous l’empire d’une crise, c'est elle que Lantier tue. Revenu à bord de sa machine, il avoue son crime à son compagnon Pecqueux et pris d'un accès de désespoir, il se suicide en se jetant du train en marche. Pecqueux arrête le train et ne peut que constater le décès de Lantier en contrebas de la voie.>>

https://www.youtube.com/watch?v=b8SJVXOSwGE
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 15 Nov - 14:15

Je retrouve avec bonheur le cinéma de Giuliano Montaldo, quelques temps et quelques séances après Sacco et Vanzetti et Le Carnaval des Truands. Giuliano Montaldo est un cinéaste que j'aime beaucoup au point que j'aimerais voir tous ses films. J'avais quand même vu, seulement en langue italienne, Giordano Bruno, Les Démons de Saint-Pétersbourg, Les intouchables et Le Jouet Dangereux, mais pas dans des conditions optimales. J'espère les revoir un jour en langue française ou avec sous-titres. Au cinéma, j'avais vu Contrôle, Le Raccourci et Lunettes d'or avec un magnifique Philippe Noiret.  . Je n'ai jamais vu L'Agnese a va Morire. Aujourd'hui, j'ai revu un autre film de Montaldo que je n'avais pas regardé depuis très longtemps. C'est une histoire qui m'avait beaucoup touché à l'époque d'autant plus qu'elle est véridique! Le film de Giuliano Montaldo, une production italo-yougoslave, s'intitule A l'aube du 5ème Jour, sorti en salle 1969. Les principaux acteurs sont Franco Nero et Larry Aubrey dans le rôle des deux déserteurs allemands, Richard Johnson dans le rôle du capitaine et du commandant (canadien) du camp de prisonniers, Helmut Schneider dans celui du colonel de la Wehrmacht, plus haut gradé parmi les prisonniers allemands. Il y a aussi la participation de Bud Spencer, très populaire à l'époque, du moins en Italie, mais qui ne prit aucun cachet.

J'aime beaucoup son titre: "A l'aube du cinquième jour" qu'il faut surtout comprendre ainsi: "à l'aube du cinquième jour après la capitulation nazie". Pourquoi? Mai 1945, en Hollande, le capitaine canadien Miller prend le commandement d'un camp de prisonniers de guerre allemands. Très vite, il doit composer avec un haut gradé nazi, le colonel Von Bleicher, qui fait tout pour maintenir la plus stricte discipline militaire parmi les nombreux prisonniers. Son zèle ira jusqu'à créer une police militaire et une cour martiale, alors que la guerre est déclarée finie, une cour martiale qui condamnera à mort deux allemands suspectés d'avoir déserté leur poste de combat. Le colonel allemand demandera des fusils au capitaine canadien qui refusera catégoriquement. S'en suivra une confrontation psychologique entre les prisonniers allemands et leurs geôliers. Pendant ce temps, les deux déserteurs croupissent dans des cellules isolées en attendant leur sort, l'un d'eux, le plus âgé (Nero), étant encore persuadé que les Canadiens vont empêcher leur exécution. Seulement, le Général Snow, interprété par Michael Goodliffe, va orienter la décision du Capitaine Miller en lui faisant comprendre la légitimité de la requête allemande, tout en lui annonçant qu'il va être promu Commandant. Les deux hommes seront exécutés par leurs compatriotes à l'aube du cinquième jour après la capitulation officielle du IIIème Reich.

Entre film de guerre et drame psychologique, Giuliano Montaldo aime heurter les consciences, interroger, susciter une réflexion, voire un débat, plutôt que de faire du simple cinéma de divertissement. C'est Ennio Morricone qui en signe la musique, une musique tranchante, atonale, martiale et sans concession - elle détermine efficacement toute l'ambiance dramatique du film - avec comme seule exception tonale un thème mélodique qui est devenu très célèbre par la suite (en France), plus pour avoir été repris comme accompagnement sonore d'images de Jean-Michel Folon, lors du générique ouvrant l'émission littéraire du vendredi soir Italiques de Marc Gilbert, sur la deuxième chaîne de l'ORTF, entre 1971 et 1974, que par le film lui-même.

https://www.youtube.com/watch?v=XWRvdREg_Hc
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 16 Nov - 14:55


Je n'ai pas quitté le cinéma italien ni complètement Giuliano Montaldo, ni même cette terrible période de la seconde guerre mondiale. Cette fois, j'ai pris un risque dans la mesure où je ne prends en DVD que des films que je connais et adore, dont je sais que j'aurai toujours envie de les revoir un jour ou l'autre. Et lorsque je parle de ces films que j'ai toujours envie de revoir, je ne fais pas forcément allusion à des monuments sacrés et consacrés tels que Citizen Kane, Autant en emporte le vent ou encore Ben-Hur, non, non, pas du tout, il peut souvent s'agit de films d'une portée beaucoup plus modeste mais qui m'ont marqué en profondeur, m'ont bouleversé. Je me suis toujours senti très proche de la célèbre phrase de Jean Gabin qui disait quelque-chose comme: "un film c'est d'abord et surtout une histoire". Bien sûr, la manière dont cette histoire va être filmée et interprétée compte mais l'élément prioritaire à mon intérêt est l'histoire. Ce fameux risque qui tranche avec ma règle d'or, je l'ai pris avec un film de Carlo Lizzani, Achtung! Banditi! (1951) avec Gina Lollobrigida, Andrea Checchi, Lamberto Maggiorani et Vittorio Duse. Jusqu'à aujourd'hui, de Carlo Lizzani, je ne connaissais que trois films; un petit western sans prétention Du Sang dans la Montagne (1966), un film à caractère politique un peu gris mais traitant d'un sujet intéressant et toujours actuel, San Babila, un crime inutile (1976) et Les Derniers jours de Mussolini (1974) que j'aimerais revoir car j'en garde un bon souvenir. Le film de Lizzani que j'aimerais découvrir est Lutring...réveille-toi et meurs! (1966) mais il est introuvable en DVD. C'est surtout avec ce film que j'aurais souhaité prendre le risque, seulement je l'ai pris avec un de ses premiers films, Achtung! Banditi! qui correspond aux premières années de carrière de la superbe Lollobrigida. Je ne connais pas les autres acteurs et actrices qui jouent dans ce film de guerre plutôt solide, bien fichu, à l'exception de Lamberto Maggiorani qui tient le rôle principal dans Le Voleur de Bicyclette de Vittorio de Sica. Le nom d'Andrea Checchi me dit vaguement quelque-chose et il est très probable que je l'ai déjà vu dans un autre film italien sans me rappeler duquel en particulier. Enfin, il y a aussi, dans un rôle important, Giuliano Montaldo que je ne connaissais jusqu'à ce film que comme réalisateur. Pour la petite histoire, il faut savoir que ce film fut censuré pendant des dizaines d'années parce que les autorités catholiques italiennes lui reprochaient de servir la propagande communiste dans les années d'après-guerre. Néanmoins, à bas la censure car Carlo Lizzani nous offre un solide témoignage sur la vie dans le nord de l'Italie pendant les années de guerre, un film qui permit à son auteur de décrocher le Prix de la réalisation "Karlovy Vary" (1952).

<<Le scénario s'inspire de faits authentiques qui se sont déroulés pendant la Deuxième Guerre mondiale en Italie. Ici, ce sont les aventures d'un groupe de résistants italiens originaires de Gênes et dirigé par le commandant Vento qui sont évoquées. Ceux-ci doivent s'emparer d'une cargaison d'armes destinée à l'occupant allemand. Aidés par un comité d'ouvriers en grève menés par Marco, ceux-ci parviennent à leurs fins, après plusieurs péripéties pleines de tension. Les chasseurs alpins italiens, un moment hésitant, et placés devant un dilemme crucial, choisissent eux aussi d'entrer en résistance.>>

<<Comme pour le film "La Terre tremble" de Luchino Visconti, le film a été produit par une coopérative, bénéficiant de l'aide d'organisations proches du Parti communiste italien. Concrètement, « Achtung! Banditi! est réalisé sous les auspices du résistant devenu producteur Giuliani G. De Negri qui, face au boycott opposé par le gouvernement à ce projet sur la lutte partisane en Ligurie, crée la Cooperativa degli spettatori-produttori. » D'autre part, une souscription populaire a été lancée auprès des habitants de la région, afin d'aider au financement du film. Les protagonistes résistants d'Achtung! Banditi! ont donc, pour une grande part, financé leur propre histoire. Au générique artistique du film, il faut signaler la présence d'une débutante qui va devenir rapidement célèbre, Gina Lollobrigida, incarnant Anna, sœur au cœur déchiré du chasseur alpin Domenico, et celle de Lamberto Maggiorani, héros du film Le Voleur de bicyclette, campant ici le rôle de l'ouvrier Marco.>> WIKIPEDIA

La musique est signée Mario Zafred, compositeur que je ne connaissais même pas de nom. Elle typique des partitions pour orchestre écrites pour le cinéma de cette époque, très présente mais sans qu'elle me paraisse trop envahissante. Bien écrite et dramatique, elle m'a un peu évoqué Arthur Honegger dans ce domaine, ce qui est quand même un joli compliment.

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 16 Nov - 15:46

Icare a écrit:
lorsque je parle de ces films que j'ai toujours envie de revoir, je ne fais pas forcément allusion à des monuments sacrés et consacrés tels que Citizen Kane, Autant en emporte le vent ou encore Ben-Hur, non, non, pas du tout, il peut souvent s'agit de films d'une portée beaucoup plus modeste mais qui m'ont marqué en profondeur, m'ont bouleversé. Je me suis toujours senti très proche de la célèbre phrase de Jean Gabin qui disait quelque-chose comme: "un film c'est d'abord et surtout une histoire".

Bien d'accord avec toi. Mains Et si j'étais l'un des Dupond/t, je dirais même plus : la seule chose qui compte, c'est le lien qui nous attache au film. Si le lien est fort, peu importe le succès, l'importance ou même la qualité du film.  

C'est d'ailleurs vrai de notre rapport avec toutes les œuvres artistiques. Ce qui compte avant tout, c'est le lien créé par notre petit cœur...  Le reste, au fond, on s'en fiche un peu...
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 16 Nov - 20:49


Oui, Kristian, une solide histoire avant tout! Il est rare que je regarde deux films dans une même journée et je n'ai d'ailleurs pas quitté le cinéma italien ni la période des deux précédents films. L'action se situe toujours quelque-part entre 1939 et 1945, sauf que, cette fois-ci, il s'agit d'une très belle histoire d'amour avec Jean-Louis Trintignant et Eleonora Rossi Drago. Je reviens brièvement sur Achtung! Banditi! de Carlo Lizzani, juste pour lui faire une remarque qui n'est pas moindre mais pas fatale non plus. Son film manque d'émotion dans la mesure où les personnages ne sont pas vraiment attachants. La caméra n'entre pas dans la psychologie des personnages, elle les filment avec une certaine distance. Sous certains aspects, on est proche du documentaire. On regarde évoluer tous les protagonistes dans un climat de conflit permanent. C'est la guerre! Je n'écarte pas l'hypothèse que ce soit plus ou moins voulu par le réalisateur. D'ailleurs, même si j'ai ressenti cette distance en voyant son film, je l'ai malgré tout aimé pour ses qualités narratrices et sa force brute, sans fioriture.

Le film que je viens de regarder s'intitule en français Eté Violent. Il a été réalisé par Valerio Zurlini et est sorti en salle en 1959. Valerio Zurlini est un grand cinéaste qui m'a toujours intéressé. Le Septième Art lui doit une formidable adaptation cinématographique du roman de Dino Buzzati: Le Désert des Tartares que j'ai déjà évoqué sur ce fil. Eté Violent est tout le contraire du film de Lizzani: la caméra pénètre les personnages, leurs émotions, leurs sentiments, leurs désespoirs et leurs joies. Pas de distance, aucune; une proximité avec les émotions des personnages est permise et renforcée par une sublime partition de Mario Nascimbene que je connaissais déjà sur disque, sous la forme d'une suite. Ce film est une grande réussite sur tous les points, un chef-d'oeuvre! <<Été violent explore avec beaucoup de subtilité les rapports familiaux, les instincts de classe et les dilemmes inhérents à l'opposition entre individualisme et collectif>>

<<Eté 1943, Carlo, fils d'un dignitaire fasciste, passe des vacances loin de la guerre, à Riccione. Il y rencontre Roberta, jeune veuve d'un officier de la marine et mère d'une petite fille. Ils tombent amoureux, follement amoureux l'un de l'autre. Le 25 juillet, la radio annonce la chute de Mussolini, le Dulce, le peuple envahit la rue et le père de Carlo doit fuir. Il veut entraîner son fils, mais Carlo choisit de rester avec Roberta malgré le danger qui n'épargnera pas leur amour. Un soir, pris par une patrouille, ils décident d'aller se cacher chez Roberta, à Rovigo, mais l'attaque aérienne particulièrement violente du train qui les emmène, finira par les séparer.>>

https://www.dailymotion.com/video/xpxi93

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 22 Nov - 17:04

Aujourd'hui, j'ai quitté le cinéma italien pour un chef-d'oeuvre du cinéma chinois: Adieu ma Concubine, un film de Chen Kaige, sorti en salle courant 1993. Il y a la somptueuse Gong Li, mais aussi Leslie Chung et Zhang Fengyi qui sont remarquables dans leurs rôles. L'opéra "Adieu ma concubine", qui donne son titre au film, fut un des succès de Meî-Lân-fâng ou Mei Lanfang, acteur de l'Opéra de Pékin, qui y jouait, comme souvent, un rôle féminin, celui de Yu Ji, favorite du roi de Chu, Xiang Yu. Le réalisateur Chen Kaige a rendu depuis hommage à Mei Lanfang dans un film sorti en 2008 et dont le titre anglais est Forever Enthralled. Pour la petite histoire et pour en savoir davantage sur le cinéaste, Chen Kaige, pendant la révolution culturelle, rejoint les Gardes rouges: "lorsque ceux-ci ont fait leur apparition, j'ai cherché à les rejoindre. Je voulais faire partie du groupe, ne plus être un adolescent solitaire. J'avais peur. Les Gardes rouges ne voulaient pas de moi car mon père avait fait partie du "Guomindang". J'étais le fils d'un ennemi. J'ai appris le « Petit livre rouge » par cœur, comme tout le monde, j'ai participé aux manifestations. Finalement, j'ai été accepté. Puis les Gardes rouges ont fait irruption chez nous et ont contraint ma mère, malade, à rester debout dans un coin pendant quatre heures. Quand on lui a offert une chaise, elle l'a refusée. Je ne l'ai pas défendue, je m'en suis voulu. J'étais déchiré, comment pouvais-je manifester de l'amour à mes parents et, en même temps, être au service du peuple ? En tant que réalisateur, maintenant, j'ai une responsabilité : je dois dire ce que j'ai fait, comment j'ai dénoncé mon père... J'en souffre, et cette souffrance se retrouve dans Adieu ma concubine.

L'argument du film:

<<Enfants, Douzi et Xiaolou se sont liés d'une amitié particulière à l'école de l'opéra de Pékin. Ils ne se sont jamais quittés, jouant ensemble Adieu ma concubine, célèbre pièce de théâtre évoquant les adieux du prince Xiang Yu et de sa concubine Yu Ji et le suicide de celle-ci avant que son bien-aimé ne soit défait et tué par Liu Bang, le futur empereur Gaozu qui fonda en -202 la dynastie Han. Dieyi - nom de théâtre de Douzi - est homosexuel ; il aime sans espoir Xiaolou qui a épousé Juxian. Désespéré, Dieyi se jette dans les bras d'un mécène, maître Yuan, et sombre dans la drogue. Mais l'amitié et la scène réunissent malgré tout Dieyi et Xiaolou, en dépit des aléas de l'Histoire. Le coup le plus dur leur viendra du jeune Xiao Si, qu'ils ont adopté et auquel ils ont enseigné leur art. À cause de lui et de la Révolution culturelle, ils finissent par s'entre-déchirer.>>

Les Gardes rouges constituaient un mouvement de masse chinois comprenant en grande partie des étudiants et des lycéens, dont Mao Zedong s'est servi, de l'été 1966 à 1968, pour poursuivre le processus de la révolution culturelle (1966-1976). Les Gardes rouges furent ensuite critiqués et persécutés par Mao Zedong lui-même, qui exila nombre d'entre eux dans les campagnes les plus reculées et mit fin brutalement à leurs excès, soutenu en cela par l'Armée populaire de libération. (Wikipédia)

https://www.youtube.com/watch?v=Fcc3accEIMA


Récompenses:

Palme d'or (ex æquo avec La Leçon de piano de Jane Campion) et Prix FIPRESCI de la Critique internationale au Festival de Cannes 1993.
Nomination à l'Oscar de la meilleure photographie et du meilleur film étranger en 1994.
Nomination au César du meilleur film étranger en 1994.
Golden Globe du meilleur film étranger en 1994.

Un autre atout est la merveilleuse musique de Zhao Jiping avec ses percussions de fêtes villageoises et une écriture orchestrale de toute beauté menant vers le rêve, l'indicible.
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