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 Les films d'Icare

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyVen 14 Fév - 10:41

Cocoon - Ron Howard: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 +

           1985

  Cocoon, le retour - Daniel Petrie: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 +

           1988

J'avais vu ces deux films sur grand écran lors de leur sortie en salle et en avais aimé la joie de vivre, l'humour ainsi que la dimension fantastique qui en font en quelque-sorte des comédies SF, des comédies de science-fiction. En plus, les personnages principaux sont des retraités, ce qui, d'une certaine manière, fait écho à l'actualité du moment. Hehe Imaginons des retraités oisifs mais qui ont quand même envie de se distraire entre copains. Rien de plus humain! Ils découvrent tout prêt de la maison de retraite où ils logent une grande piscine dans une vaste propriété qui semble inhabitée, non loin de la mer. Comme on le dit toujours: "là ou il y a de la gêne il n'y a pas de plaisir!" Ils vont donc se baigner, entre hommes. ils sont trois, Art, Ben et Joe. Ils voudraient bien y emmener leur ami Bernie mais ce dernier est réticent, toujours peu enclin à se baigner ni à danser. Puis, un jour, trois ou quatre cocons reposent au fond du bassin. Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire ni d'où proviennent ces cocons ni qui les a transportés jusqu'ici. Toujours est-il que ce qu'ils prennent pour de curieux rochers marins ne les empêchent pas de se baigner. Au contraire, dans l'eau, ils redeviennent presque des enfants dans des corps de vieillards. En fait, leur santé s'améliore, les maladies s'estompent et les voilà gardiens d'une vitalité nouvelle. Ils finiront par y entraîner leurs épouses respectives qui retrouveront, elles aussi, leur vitalité d'antan. L'histoire ne se limitera pas à cette transformation physique et psychologique. C'est un véritable conte qui va également déployer sa dimension la plus fantastique: un ailleurs va alors s'ouvrir à eux avec des créatures fascinantes et pacifiques. L'immortalité va s'offrir à eux...Puis, avec le second volet réalisé par Daniel Petrie, c'est le retour, un retour temporaire...mais pas pour tout le monde. Font vivre cette fable pétillante, Don Ameche, Wilford Brimley que je retrouve après son personnage de Blair dans The Thing de John Carpenter, Hume Cronyn, Jack Gilford, Brian Dennehy, Jessica Tandy, Maureen Stapleton, Tahnee Welch, fille de Raquel Welch, Steve Guttenberg et Courteney Cox jouant un rôle dans le second volet.

Une scène fétiche: Lorsque le bateau est aspiré par l'engin spatial avec de joyeux lurons à bord prêts pour la grande aventure. C'est un rêve magnifique qui donne envie de fermer les yeux et de le vivre réellement...un rêve renforcé par une très belle musique de James Horner.

https://www.youtube.com/watch?v=kLDvSdf0WTI
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptySam 15 Fév - 18:37

Le Bon, la Brute et le Truand - Sergio Leone: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622

            1966

Le monde est divisé en deux catégories: ceux qui aiment le western italien et ceux qui n'aiment pas le western italien. Les films d'Icare - Page 15 338665 Le Bon, la Brute et le Truand est considéré comme étant la quintessence du style "western italien" appelé vulgairement "western spaghetti". Il correspond au troisième volet  de la première trilogie de Sergio Leone, après Pour une poignée de Dollars (1964) et Et pour quelques dollars de plus (1965), est aussi le plus abouti. Sur ce fil, j'avais déjà pas mal abordé le western italien, au travers de plusieurs films que j'apprécie et réalisés par d'autres cinéastes que Leone, je pense notamment à Sergio Corbucci, Sergio Sollima et Giulio Petroni. Par exemple, Le Dernier Face à Face de Sergio Sollima et Le Grand Silence de Sergio Corbucci sont des westerns qui me fascinent pour plusieurs raisons. J'aime aussi beaucoup La Mort était au rendez-vous de Giulio Petroni. Ce qui va immanquablement distinguer l'univers cinématographique de Sergio Leone, à mon sens, c'est la dimension opératico-poétique qu'il est capable d'insuffler à ses films, sans son équivalent pour transcender des scènes à-priori banales. Rien n'est jamais négligé ni laissé au hasard, qu'il s'agisse d'un regard, d'un dialogue, d'un trait d'humour, d'une scène aussi ordinaire dans un western qu'un homme qui descend ou monte un cheval; Avec Leone, tout peut prendre une dimension particulière. Néanmoins, si je devais m'imposer un choix terrible, comme par exemple choisir entre Le Dernier Face à Face et les deux "Dollars", je prendrai le "Sollima". Idem avec Le Grand Silence de Corbucci. Ensuite, il est évident pour moi qu'à partir de Le Bon, la Brute et le Truand, le western italien s'envole complètement et atteint des sommets que les autres artisans du genre n'arriveront pas à égaler. Ca n'efface cependant pas le charme que peuvent avoir certains westerns italiens. Outre ceux que je viens de citer, j'aime l'originalité et la brutalité de Tire encore si tu peux de Giulio Questi (1967), pour ne citer que celui-là. Autour de Clint Eastwood (le bon), Lee Van Cleef (la brute) et Eli Wallach (le truand), on retrouve des habitués du western italien: Luigi Pistilli, sauf que cette fois il ne joue pas le rôle d'un méchant condamné à se prendre un pruneau, mais celui d'un religieux, frère de Tuco, le truand, Mario Brega, Aldo Sambrell, Antonio Molino Rojo. Il y a aussi, dans un petit rôle, Antonio Casale que je retrouve après Mais...qu'avez-vous fait à Solange? de Massimo Dallamano, Antonio Casas, Lorenzo Robledo et la belle Rada Rassimov. Une quête de la fortune sur une inoubliable musique d'Ennio Morricone.

<<Le film raconte l'histoire de trois as de la détente qui, durant la guerre de Sécession, sont à la recherche d'un chargement d'or disparu. Le premier à être présenté est Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, un criminel ayant commis de nombreux délits et dont la tête est mise à prix. Tuco est de connivence avec Blondin : ce dernier livre Tuco aux autorités, encaisse la prime de l'arrestation et libère ensuite son complice au moment où celui-ci va être pendu en coupant la corde avec une balle de fusil. Les deux acolytes se partagent ensuite le butin et refont la même opération plusieurs fois dans les comtés voisins. Durant ce temps, un troisième personnage nommé Sentenza, un tueur sans pitié, apprend l'existence d'un coffre rempli de pièces d'or des Confédérés, caché par un soldat nommé Bill Carson. Il commence donc à chercher plus d'informations à ce sujet.>>

Une scène fétiche: il y en aurait plusieurs! Celle du cimetière vers la fin du film me paraît la plus évidente. Mais j'ai bien envie de choisir celle du pont pour lequel s'entretuent sudistes et nordistes que nos héros font sauter, dernier voeu d'un capitaine alcoolique agonisant (Aldo Giuffrè), ou encore la fameuse scène du désert où Tuco fait presque mourir Blondin, sur une musique poignante et plombante (comme le soleil) d'Ennio Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=0ecn0TmeD_I


Dernière édition par Icare le Sam 15 Fév - 22:35, édité 2 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptySam 15 Fév - 22:28

Celui-là, c'est un chef d'œuvre ÉTERNEL Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 1941866137
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyDim 16 Fév - 19:21

Clair de Femme - Costa-Gavras: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 +

         1979

Clair de Femme de Costa-Gavras est une adaptation cinématographique du roman éponyme de Roman Gary. Je crois avoir déjà témoigné plusieurs fois de mon intérêt pour le cinéma de Costa-Gavras, au point d'avoir envie de voir tous les films qu'il a réalisés, un peu comme pour Elio Petri en Italie et Jean-Pierre Melville en France. J'ai bien quelques hésitations avec Conseil de Famille (1986), La Petite Apocalypse (1993) et Mad City (1997). Il est vrai que jusqu'ici c'est le cinéma politique qui m'avait marqué chez Costa-Gavras, mais il était intéressant pour moi de voir de quoi il était capable sur une histoire beaucoup plus sentimentale et romantique, surtout lorsqu'elle réunit deux monstres sacrés comme Romy Schneider et Yves Montand!

<<Désespéré, Michel (Montand) s'apprête à vivre la nuit la plus pénible de son existence: son épouse, condamnée par la maladie, a pris la terrible décision de se donner la mort plutôt que d'avoir à subir et à faire subir la souffrance et la déchéance. Au matin, lorsqu'il retournera à l'appartement pour la retrouver, il sait qu'elle sera décédée. Mais durant ces heures difficiles, au gré de ses errances, Michel va rencontrer Lydia (Schneider), aussi paumée que lui, aussi désespérée. Cette rencontre inopinée va bouleverser leurs deux existences... >>

Outre des acteurs parfaitement impliqués dans leur personnage, ce qui n'a rien de si surprenant avec des pointures du niveau de Romy Schneider, Yves Montand et Romolo Valli, j'ai d'abord été séduit par les dialogues, les ai trouvés particulièrement savoureux. C'est vraiment dans le rapport entre les deux personnages principaux et les dialogues que se situe toute la force émotionnelle du film. Après un grand western d'action, rien de plus contrastant qu'une belle histoire d'amour dans les brumes d'un mal-être partagé, alors que les mots se brisent contre le silence de leurs regards. Parmi eux, il y a aussi Roberto Begnini, Heinz Bennent, Lila Kedrova, Daniel Mesguish, François Perrot, Jean Reno, Catherine Allégret, Jean-Pierre Rambal. La musique originale est signée Jean Musy, portée par une flûte indienne dont la douce mélancolie prend définitivement forme au générique de fin.

https://www.youtube.com/watch?v=kqDIF840jg4
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyLun 17 Fév - 19:55

Hanna K. - Costa-Gavras: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 +

            1983

<<À 35 ans, Hanna Kaufman, décide de changer de vie. Elle quitte la France et s'installe à Jérusalem où elle devient la maîtresse du procureur Herzog dont elle attend bientôt un enfant. Pour sa première affaire d'avocate, elle doit défendre Selim Bakri, un réfugié palestinien. Elle gagne le procès du jeune homme qui ne fera pas de prison mais sera seulement expulsé. Néanmoins, celui-ci refuse d'en rester là et retourne en Israël, clandestinement, car il revendique son droit sur une maison qui appartenait à sa famille avant l'occupation israélienne. À travers lui, Hanna découvre le sort des réfugiés et accepte de défendre Bakri, jusqu'au bout… Elle met son enfant au monde et, peu à peu, une intimité professionnelle naît entre Hanna et le Palestinien. Victor Bonnet, époux français d'Hanna, arrive en Israël pour tenter de mettre bon ordre à cette histoire de cœur, à la demande du procureur Herzog…>>

Tout comme pour Clair de Femme, Hanna K. est un film de Costa-Gavras que je n'avais encore jamais vu. Très emballé au départ par le sujet, j'avoue avoir été un peu déçu sur la forme. Les acteurs sont justes, parfaitement bien impliqués dans leurs rôles respectifs, tout d'abord Jill Clayburgh dans la peau de la jeune avocate Hanna Kaufman, que je retrouve après La Luna de Bernardo Bertolucci, Jean Yanne qui joue le personnage français, lui aussi avocat, de Victor Bonnet, son mari avec lequel elle n'a plus de vie commune, Gabriel Byrne dans le rôle du procureur Joshué Herzog et amant d'Hanna, et Mohammed Bakri dans celui du Palestinien Selim Bakri. , David Clennon que je retrouve après l'excellent Missing, toujours de Costa-Gavras et The Thing de John Carpenter. Tous ces acteurs-là campent merveilleusement bien leur personnage, c'est juste que j'ai eu l'impression de rester à la surface des choses, qu'aucun élément du film ne m'a projeté dans les viscères de cette histoire. Il m'a manqué une forme d'intensité. Il y a par exemple cette scène du camp de réfugiés complètement déserté et en ruine où Hanna suit Selim: j'aurais aimé ressentir ce que l'un des deux personnages ressentait à ce moment-là. Bref, c'est un beau film un peu trop lisse. J'ai imaginé que j'en ressortirais plus bouleversé. Peut-être qu'une prochaine vision améliorera cette première impression...?...La musique originale est signée Gabriel Yared: je l'ai un peu appréciée au générique de fin.

https://www.youtube.com/watch?v=vMosbIP8Ln4
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyMar 18 Fév - 20:45

Bandolero! - Andrew V. MC Laglen: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622

           1968

Bandolero! de Andrew V. MC Laglen est le second western américain que j'évoque sur ce topic...mais certainement pas le meilleur non plus...J'en ai bien conscience! En réalité, j'en ai vu pas mal, notamment avec John Wayne, mais pour la grande majorité, j'étais encore adolescent et n'en garde que des souvenirs très fragmentés. Je ne peux même pas citer au moment où j'écris ces lignes le titre précis d'un western américain qui se serait distingué des autres, m'aurait particulièrement marqué, comme dans un tout autre genre Le Silencieux de Claude Pinoteau qui, adolescent, était resté en moi, comme gravé dans le marbre...Le western américain qui me marqua vraiment dans son ensemble, fut Un Homme nommé Cheval d'Elliot Silverstein, mais c'était bien plus tard, j'étais déjà adulte. Concernant les westerns d'Hollywood que j'ai vus durant mon adolescence, ce sont plutôt des scènes qui n'ont jamais quitté mon esprit, celle par exemple de soldats nordistes pris au piège dans un désert par des indiens qui les encerclent: ils étaient comme dans une grande cuvette. Incapable de me souvenir du titre! Il y en a plusieurs comme ça, comme une scène de règlement de compte entre bons et méchants, avec un cowboy tout en noir tombant d'un balcon sous le coup d'une balle bien tirée, sans doute une scène très banale dans un western. Pourtant, elle n'a jamais quitté ma mémoire et je la reconnaîtrai le jour où je reverrai le film duquel elle dépend.

<<Après un braquage manqué dans la banque de Val Verde, Dee Bishop et sa bande sont arrêtés et promis à la pendaison. Se faisant passer pour le bourreau dont il a dérobé l’habit et le matériel, son frère Mace Bishop leur permet de s’évader. Alors que le shérif et une milice de citoyens sont à la poursuite des fuyards, Mace Bishop, toujours dans son rôle, profite du calme pour voler 10 000 $ à la banque et repartir en toute tranquillité. Il rejoint Dee et ses acolytes qui ont pris en otage Maria Stoner, la veuve d’un riche propriétaire tué lors du braquage, et sont réfugiés dans des rochers sous le feu des hommes du shérif. Il les aide une fois de plus à s’enfuir, en direction de la frontière mexicaine. Les deux frères ont des parcours et des caractères opposés : Mace a servi dans l’armée nordiste sous les ordres du général Sherman tandis que Dee participait aux exactions de la faction de Quantrill, qui continuèrent après la fin de la guerre. Le premier reproche au second les massacres de Lawrence, ce à quoi ce dernier rétorque que Sherman a dévasté un État entier. Depuis, Mace rêve de posséder son propre ranch au Montana et tente de convaincre son cadet d’abandonner sa vie de pillage pour le suivre.
Après que les hors-la-loi ont franchi le Rio Grande, la milice est toujours à leurs trousses. Maria, dont Dee Bishop est tombé amoureux, les prévient qu’au-delà de la zone patrouillée par les Fédéraux, ils entreront sur le territorio Bandolero, une région aux mains de bandits mexicains particulièrement cruels et n'hésitant pas à tuer tout yankee s'aventurant sur leur territoire.
>> (Wikipédia)

Aux commandes de cette chasse à l'homme, James Stewart, Dean Martin, Raquel Welch et George Kennedy forment un quatuor de choc. Parmi les Yankees, il y a bien une bande de braqueurs et assassins dirigée par Dee Bishop (Dean Martin). Avec Mace Bishop (James Stewart), son frère aîné, ils formeront un gang redoutable qui, toutefois, n'impressionne pas le shérif July Johnson (George Kennedy) dont le courage se trouve fortement boosté par l'amour qu'il porte à la superbe Maria Stoner (Raquel Welch). Certes, les crapules qui l'ont prises en otage sont de belles brutes, mais, qu'on se rassure, il y a un coeur plus tendre qu'il n'y paraît chez les deux frères qui veulent d'ailleurs se ranger des chevaux afin de s'offrir avec le butin une vie plus tranquille dans le Montana. Le gangster Dee Bishop n'est pas insensible au charme de Maria Stoner. Sous les traits de la ravissante Raquel, comment le pourraient-ils? A un moment donné, on croirait même qu'ils vont s'entretuer pour elle. Même le chef des Bandoleros, impitoyable bandit des hauts chemins, le méchant Mexicain de service interprété par un acteur qui m'est inconnu, n'aura finalement d'yeux que pour elle...Alors lui, c'est la brute épaisse au coeur de pierre, dénué de la moindre once d'humanité, sans la moindre pitié, au jeu limité et à l'idée fixe, qui tentera de violer la seule femme du film en pleine fusillade. Elle sera sa faiblesse et son bourreau! L'action y est solidement menée, tambour battant, sans temps mort, portée par une très belle partition de Jerry Goldsmith qui reprend souvent le thème principal.

Une scène fétiche: le générique-début sur le thème sifflé de Jerry Goldsmith que je trouve très adapté au personnage de James Stewart.

https://www.youtube.com/watch?v=mN3MJMikfuY
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyMer 19 Fév - 21:04

Le Corbeau - Henri-Georges Clouzot: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622  Les films d'Icare - Page 15 395622

               1943

Je retrouve Henri-Georges Clouzot après Le Salaire de la Peur et Quai des Orfèvres, avec un film qui compte beaucoup pour moi: Le Corbeau. Dans le précédent commentaire, je m'interrogeais sur les films qui m'avaient marqué durant mon adolescence. J'avais cité Le Silencieux de Claude Pinoteau et c'est vrai que c'est un film qui m'avait profondément ému. Le Corbeau est de ceux-là! J'étais heureux de le redécouvrir hier soir, de retrouver ce personnage monolithique, le docteur Rémy Germain, superbement interprété par Pierre Fresnay. Le film relate une terrible histoire se déroulant dans une petite commune de province où un certain nombre de notables reçoivent des lettres anonymes qui contiennent des informations diffamatoires et insultantes, visant en particulier un des médecins de la ville, le docteur Germain, soupçonné par l'auteur des lettres - qui les signe d'un mystérieux "le corbeau" - de pratiquer des avortements clandestins. Toute cette histoire finit par se transformer en suspicion, paranoïa et violence. Pour la petite histoire, la réalisation de ce film a causé de sérieux problèmes à Clouzot lors de la Libération. En effet le film est produit par la "Continental Films", une société de production allemande créée en 1940 par Joseph Goebbels et dirigée par le francophile Alfred Greven (quand même reconnu comme sympathisant nazi et amoureux de la culture française): Il financera des films audacieux comme L'assassinat du père Noël de Christian-Jaque, Le Corbeau de Henri-Georges Clouzot ou Au bonheur des dames d'André Cayatte d'après Émile Zola. D'autre-part, Le Corbeau, qui évoque le climat de délation tournant à la peur du voisin sous l'Occupation, est perçu par la Résistance et la presse communiste de l'époque comme une tentative de dénigrement contre le peuple français. Pour ces raisons, Clouzot est d'abord banni à vie du métier de réalisateur en France et le film interdit, mais ces deux interdictions sont finalement levées en 1947 sur l'initiative de Pierre Bourdan, ministre de la Jeunesse, des Arts et des Lettres. (Sources Wikipédia et documentaire "Le chef-d'oeuvre maudit d'Henri-Georges Clouzot") En France, l'expression-même de "corbeau" désignant un auteur de lettres anonymes diffamatoires, a été abondamment reprise et médiatisée à partir de l'affaire Grégory en 1984. Autour de Pierre Fresnay, notons les présences talentueuses de Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Micheline Francey, Héléna Manson, Noël Roquevert, Louis Seigner, Roger Blin.... Le compositeur Tony Aubin offre à ce film une partition symphonique, très présente au début, assez dense, entrecoupée de sons carillonnants et cristallins.

Une scène fétiche: Celle de l'église avec le boniment du brave curé alors que tout le monde pense que le corbeau est derrière les barreaux: une nouvelle lettre semble tomber du ciel, légère comme un papillon, sous le regard incrédule des paroissiens.

https://www.youtube.com/watch?v=adBXx_fE7ho
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyJeu 20 Fév - 9:40

Le Chat - Pierre Granier-Deferre: Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 Les films d'Icare - Page 15 395622 +

            1971

<<Un couple de retraités, les Bouin, habite en banlieue parisienne, plus précisément à Courbevoie, dans les années 1970, en plein bouleversement du fait des travaux d'urbanisme moderne d'alors. Julien Bouin est un ancien ouvrier typographe ; sa femme, Clémence Bouin, est une ancienne trapéziste de cirque dont la carrière s'est terminée trop tôt en raison d'une chute lors d'un spectacle qui la fera boiter à vie. Un autre élément important de leur vie de couple: ils n'ont jamais eu d'enfants. Après vingt-cinq ans de mariage, les sentiments du couple ont subi l'usure du temps, se sont érodés. Ils vivent tous les deux en huis clos, dans leur pavillon, ne communiquant que succinctement, au pire avec des notes occasionnelles laissées sur des bouts de papier que Clémence conserve dans une boîte sous son lit. Dans un climat pesant où la cohabitation devient de plus en plus difficile, ni l'un ni l'autre n'a la force de quitter la maison qui va bientôt être démolie pour laisser la place aux grands ensembles en construction dans le quartier. Lorsque Julien recueille un chat errant auquel il voue toute son affection, la jalousie de Clémence est à son comble. Le chat devient l'instrument de sa haine. C'est désormais une guerre silencieuse, âpre et implacable, qui se joue autour de l'animal. Voilà une union qui tourne à l'absurde et sombre dans la tragédie.>>

Le Chat de Pierre Granier-Deferre, voilà un autre film qui a marqué mon adolescence. Cette confrontation entre deux monstres sacrés du cinéma français au sein d'un quartier défiguré, m'avait bouleversé, parce qu'elle s'articule autour d'une histoire qui me parle directement: un vieux couple qui ne se supporte plus, n'arrive plus à vivre ensemble, comme si l'amour qui les avait unis s'était faufilé par la petite porte, ne laissant entre eux que souvenirs et amertume. Le couple que forment Simone Signoret et Jean Gabin m'évoquait mes parents adoptifs qui, eux non plus, ne se supportaient plus mais vivaient sous le même toit, sauf que chez eux, c'est le père qui sombrait dans l'alcool. Dans Le Chat, c'est le personnage de Simone Signoret qui est portée sur la bouteille. Elle boite, suite à son accident de trapèze, ce qui lui fait un point commun avec Denise, le personnage joué par Ginette Leclerc dans Le Corbeau de Henri-Georges Clouzot. Outre la prestation des deux grands comédiens que forment le couple Signoret/Gabin, c'est aussi tout un environnement de démolition qui s'étend autour de cette tragédie silencieuse, leur souffrance étant recouverte par le bruit des pelleteuses et des camions de chantier. Tiré d'un roman de Georges Simenon, le film est d'un genre volontairement gris et désespéré, pessimiste jusqu'à la dernière image, la fin d'un monde avant la reconstruction d'un nouveau, une vision profondément chaotique du "vieillir ensemble", par le biais de deux êtres qui ont cessé d'être magnifiques, ont cessé d'être tout simplement, n'ont plus rien à se dire, n'ont plus rien à dire si ce n'est regarder les vieux immeubles s'écrouler autour d'eux en même temps que leur raison de vivre. Notons la présence sympathique d'Annie Cordy, l'ancienne maîtresse, plus pragmatique, prenant la vie comme elle vient. Philippe Sarde ne composa pour ce film qu'un seul thème, très mélancolique, parfaitement adapté au sujet.

https://www.youtube.com/watch?v=Umr709DJPOg


Dernière édition par Icare le Jeu 20 Fév - 11:59, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyJeu 20 Fév - 10:23

Superbe film, sublimes comédiens ! Les films d'Icare - Page 15 185465
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steph-w

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyJeu 20 Fév - 11:18

Icare a écrit:


... comme si l'amour qui les avait unis s'était faufilé par la petite porte,

... par le biais de deux êtres qui ont cessé d'être magnifiques,

C'est très joli ces phrases. Les films d'Icare - Page 15 185465

Un film comme on n'en voit plus. Je n'imagine pas les acteurs d'aujourd'hui pour un éventuel remake.
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Kristian

Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 15 EmptyJeu 20 Fév - 14:19

Je partage l'avis de steph-w. C'est de la poésie en prose. Bravo ! Les films d'Icare - Page 15 13150 Les films d'Icare - Page 15 13150 Les films d'Icare - Page 15 13150

J'ai moi aussi vu ça chez mes parents, en fin de vie. C'est très difficile à supporter, d'autant plus, qu'en général, la haine est à la mesure de l'échec de la vie des personnes concernées, qui se retrouvent devant le vide complet, la seule présence étant celle, intolérable, de l'autre.

Quand la présence de l'autre est pire que la pire des solitudes, on se trouve devant une misère métaphysique épouvantable que je ne souhaite à personne. C'est peut-être le pire des chagrins. Les films d'Icare - Page 15 248345 Les films d'Icare - Page 15 248345 Les films d'Icare - Page 15 248345

Pour oublier, un peu de sérénité avec les suites pour clavier de Hændel par Sviatoslav Richter  Les films d'Icare - Page 15 185465

https://www.youtube.com/watch?v=HNJPDUHKTlc
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