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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 17 Jan 2020 - 22:36

joachim a écrit:
Hé bien, Icare, depuis deux jours tu ne sors pas de ces scènes de guerre, particulièrement atroces. Tu ne fais pas de cauchemars ? A quand un film sur Daech ?

Un film sur Daech? Tu ne croyais sûrement pas si bien dire! J'en ai justement un sous le coude qui fut d'ailleurs césarisé à sept reprises. Ce ne sont pas trop ses récompenses qui m'ont attiré, même si je les prends en compte. C'est évidemment le synopsis qui m'a intéressé et la musique d'Amine Bouhafa. J'ai fini par me le procurer, il y a déjà plusieurs mois. Je ne l'ai toujours pas vu. Il s'agit de Timbuktu d'Abderrahmane Sissako (2014). Il relate l'histoire d'une ville, Tombouctou, tombée sous le joug des extrémistes religieux, des djihadistes qui vont instaurer un régime de terreur sur une population qui vivaient jusque là tranquillement leur vie...Mais ce n'est pas pour maintenant car, comme pour la musique, j'aime alterner les genres cinématographiques, passer à des choses très différentes d'un film à l'autre, ou plutôt d'une semaine à l'autre. Il est vrai que j'ai un penchant naturel pour le drame et la tragédie, suis davantage difficile dans le domaine de la farce et la comédie. Néanmoins, j'en ai déjà évoqué plusieurs sur ce fil, les dernières en date furent Mais qui a tué Harry? d'Alfred Hitchcock et Qui a tué le Chat? de Luigi Comencini. Sinon oui, je suis irrémédiablement attiré par les drames et les tragédies, plus encore lorsqu'ils s'extirpent de la réalité, tout comme je suis plus naturellement sensible aux musiques sombres et dramatiques. J'en ai fait l'heureuse expérience aujourd'hui avec la partition que Grégoire Hetzel composa pour Le Tueur de Cédric Anger et celle, plus sombre encore, presque glauque, que Bartek Gliniak réalisa pour Palimpsest de Konrad Niewolski. Effectivement, si je n'avais pas au fond de moi cette volonté d'alterner les genres et les humeurs, je pourrais volontiers me vautrer quasi-systématiquement dans la noirceur d'une oeuvre musicale ou cinématographique. Alors non, je ne fais pas de cauchemars ni ne sombre dans une quelconque dépression après avoir vu des films comme Hôtel Rwanda ou Harrison's Flowers, pas davantage lorsque j'écoute des musiques sombres et désespérées. J'ai toujours gardé un certain recul. je dirais simplement que je suis de nature assez pessimiste, que, par exemple, ma perception du monde qui m'entoure n'est pas spécialement gaie, optimiste, que je ne vois pas l'avenir de la France ni de l'humanité avec des lunettes roses. Je dois lutter avec ça, relativiser mon pessimisme et ma mélancolie intérieure, cette profonde mélancolie que j'aime tant retrouver dans la musique et qui me rend si heureux. Finalement, par l'art, cinématographique ou musical, ce qui est mélancolique me rend heureux, ce qui est sombre et dramatique m'apporte force et espoir. Very Happy

Timbuktu: https://www.youtube.com/watch?v=dGO5_qNnz1M


J'imaginerais mal un monde où on m'interdirait la musique et le cinéma... Crying or Very sad ...Bon, le foot, m'en fous... Hehe
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyJeu 23 Jan 2020 - 14:06

Le Cercle Rouge - Jean-Pierre Melville: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

       1970

https://www.youtube.com/watch?v=LK6FzsKFcoo


Je vais vous parler un peu d'un classique du polar français, orchestré de main de maître par Jean-Pierre Melville, Le Cercle Rouge. C'est un film que j'ai déjà vu plusieurs fois. J'en ai toujours aimé le côté glacé et peu bavard. De plus, il réunit à l'affiche un quatuor d'acteurs que j'adore: Gian Maria Volonté, mon acteur italien de chevet, à un point que j'aimerais connaître toute sa filmographie, Yves Montand qui est, je crois, l'acteur français le mieux représenté dans ma vidéothèque, André Bourvil et Alain Delon. Mais il y a aussi François Périer et Paul Crochet parmi les plus connus. Bourvil y tient le rôle du commissaire Mattei, un rôle plutôt à contre-emploi, le dernier puisqu'il meurt la même année. La première fois que j'avais vu ce film, j'avais été troublé par son personnage. Parfois, je me demande si c'était le fait de savoir qu'il était condamné (atteint de la maladie de Kahler) qui lui donna cette justesse de jeu, ce caractère sombre et troublant, difficile à définir. En fait, chaque personnage conserve sa part de mystère. On ignore pourquoi l'ancien policier, Jansen, joué par Yves Montand, a sombré dans l'alcoolisme et franchi la ligne rouge. On ne sait pas grand chose sur Vogel joué par Gian Maria Volonté ni sur Corey (Alain Delon) si ce n'est qu'il sortait de prison. Aucun dialogue superflu, plutôt des silences et une musique d'Eric Demarsan employée avec parcimonie. Je retiens surtout son thème principal d'une profonde mélancolie, qui sied à merveille aux personnages centraux et à l'esprit fataliste du film. La scène du casse est peut-être la plus étonnante dans la mesure où il s'effectue sur plus de vingt minutes sans aucun dialogue. J'en ai adoré le parti-pris.

<<Le film s'ouvre sur une citation apocryphe de Râmakrishna : Çakya Muni le solitaire dit Sidarta Gautama le sage dit le Bouddah se saisit d’un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit : - Quand les hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge."

<<A peine libéré de prison, un truand monte un casse dans une bijouterie avec l'aide d'un gangster évadé et recherché par toutes les polices de France, et d'un ancien policier alcoolique, ex-tireur d'élite. A sa sortie de Prison, Corey a emprunté de manière forcée de l'argent à un caïd local qui voudra évidemment le récupérer et faire liquider ce dernier. Le casse a lieu et est réussi dans les règles de l'art. Néanmoins, un piège sera tendu par le commissaire Mattei...>>

Une scène fétiche: Toute la scène du casse réalisée sans le moindre échange verbal entre les trois protagonistes, chacun sachant exactement ce qu'il a à faire. Un cercle rouge qui s'est tracé autour d'eux dans un silence purement cinématographique...
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 24 Jan 2020 - 10:36

Le Doulos - Jean-Pierre Melville: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

    1962

https://www.youtube.com/watch?v=HDvEzZ1ACKc


Je n'ai pas quitté le polar ni Jean-Pierre Melville et Le Doulos est certainement l'un des plus accomplis du genre en France. En noir et blanc, noir et pessimiste jusqu'au bout, Melville y manie l'art de la confusion et du malentendu avec beaucoup de brio.  Serge Reggiani et Jean-Paul Belmondo s'y partagent la vedette. Silien, joué par Belmondo, porte un doulos, c'est-à-dire un chapeau en argot, mais dans le milieu et aussi dans le jargon policier, le doulos était un indicateur, une balance, une donneuse. Pendant la majeure partie du film, l'ambiguïté du personnage est maintenue. Qui est Silien? Est-il réellement ce que les apparences laissent transparaître? Un voyou sans foi ni loi? Toutefois, il n'hésitera pas à tuer afin d'aller au bout de son objectif. Mais, dans cette entreprise particulièrement périlleuse, il se pourrait que la confusion lui soit fatale..?..Autour de Belmondo et Reggiani, il y a Michel Piccoli, Jean Desailly, Fabienne Dali, Monique Hennessy, René Lefèvre, Marcel Cuvelier, Philippe March, ce dernier apparaissant dans Le Président de Henri Verneuil que j'ai revu il n'y a pas longtemps, et Philippe Nahon dont la carrière s'étend de 1962 à 2019. Apparemment, Le Doulos lui offrit son premier rôle. Tout est réussi dans ce film. Je l'ai même préféré au "Cercle Rouge" que Melville réalisa huit ans plus tard. Dès les toutes premières images, j'ai été happé par l'ambiance visuelle et sonore du générique. On n'y voit pourtant qu'un homme qui marche à allure normale, dans une zone grise, Maurice Faugel, joué par Serge Reggiani. Une scène banale à première vue...et - c'est peut-être là une des magies du cinéma de Melville - je fus aussitôt captivé par ce que je pressentais: Où va cet homme? Quelle va être son histoire et où va-t-il définitivement s'arrêter de marcher? Si le film est aussi noir et pessimiste que Le Cercle Rouge que je n'ai revu pas plus tard qu'hier, je n'ai aucun mal à en deviner l'issue. Un autre atout sert admirablement Le Doulos, c'est la solide partition musicale de Paul Misraki. Pour le coup, je lui dis: Chapeau bas!

<<Maurice Faugel a mal supporté son séjour en prison, durant lequel sa femme a été abattue. Par vengeance, il tue le receleur Gilbert Varnove avec sa propre arme, alors que celui-ci prépare des bijoux volés. Ce butin doit être remis à Nuttheccio et à Armand, dont l’arrivée provoque la fuite de Faugel, avec le revolver et le magot. Par précaution, il dissimule le tout dans un endroit désert, au pied d'un réverbère. Le lendemain, Silien, son meilleur ami, lui apporte du matériel chez Thérèse, la logeuse et amie de Faugel, pour faire un cambriolage. Puis il va téléphoner à un de ses amis, l'inspecteur Salignari. Silien est mal vu dans le milieu, il a la réputation d’être un « doulos », c’est-à-dire un indicateur. Pendant le cambriolage d'un hôtel particulier par Faugel et son complice Rémy, Silien revient chez Thérèse, et la contraint à lui donner l’adresse où le casse doit avoir lieu, puis il la ligote et la bâillonne. À l'arrivée des policiers, Faugel et son complice prennent la fuite, des coups de feux éclatent, Rémy et Salignari sont tués, Faugel est touché d'une balle et s’évanouit.>>

Une scène fétiche: sans la moindre hésitation, vers la fin du film, lorsque Faugel se rend en voiture chez Silien. Il pleut des cordes et la caméra fixe les essuie-glace, le tout sur le meilleur morceau musical composé par Paul Misraki. J'avais déjà vu ce film alors que j'étais encore très jeune. Je ne me souvenais en réalité de pas grand chose, à l'exception de cette scène des essuie-glace sur la musique de Misraki. Magique, troublant, implacable car on devine que la fin de la marche est proche. Fatal!


Dernière édition par Icare le Jeu 30 Jan 2020 - 8:11, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 24 Jan 2020 - 14:32

Formidable polar Les films d'Icare - Page 14 987794 – comme la plupart de ceux de Melville, dont l'œuvre que je préfère reste tout de même L'armée des ombres, dans un tout autre genre cependant. Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 24 Jan 2020 - 18:49

L'Horloger de Saint-Paul - Bertrand Tavernier: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

            1974

https://www.youtube.com/watch?v=ceeb00meb9U


J'ai vu ce film ou plus probablement une partie de ce film lorsque j'étais adolescent, avec mes parents, ma mère surtout car mon père s'endormait presque toujours avant la fin. Je pense qu'à cette époque il m'était passé complètement au-dessus: pas suffisamment d'action ni de suspens, le genre de cinéma qui a pu me paraître soporifique. Ce ne fut ni le premier ni le dernier, sauf qu'aujourd'hui, en le revoyant, j'ai été captivé par son histoire et par le personnage de Michel Descombes interprété avec beaucoup de justesse et profondeur par l'excellent Philippe Noiret. C'est une merveilleuse histoire d'amour d'un père pour son fils, un amour qui surpasse la violence de son crime. C'est presqu'un film qui murmure, même si parfois ça crie, c'est un film qui murmure des émotions puissantes, avec pudeur et élégance, le tout sur fond politique, car il y a tout le long une dimension politique qui finit par déteindre incidieusement sur les raisons obscures du meurtre. Initialement, c'est François Périer qui devait incarner le personnage du commissaire Guibout, mais il se désista au dernier moment. Il fut finalement remplacé par un Jean Rochefort subtil et tout en demi-teinte. Petite précision; ce personnage n'existe pas dans le roman L'Horloger d'Everton de Georges Simenon alors qu'il joue un rôle important dans le film de Bertrand Tavernier. Parmi les autres acteurs et actrices, figure Jacques Denis que je retrouve après I comme Icare de Henri Verneuil - j'ai mis un moment avant de le re-situer. Il y a aussi Yves Alfonso avec son air de Belmondo, acteur qui a pas mal tourné avec Yves Boisset (entre autres), mort en 2018, Andrée Tainsy, Julien Bertheau, Jacques Hilling, Christine Pascal qui, avec L'Horloger de Saint-Paul, décrocha son premier rôle bien qu'il soit un peu limité en prestation. Sylvain Rougerie interprète Bernard, le fils de Michel Descombes. La musique est signée Philippe Sarde. J'aime bien le thème du générique-début. J'aime la dynamique qu'il apporte à la scène d'une voiture en train de brûler.

Une scène fétiche: Pas une scène, plutôt une série d'échanges entre deux personnages, Noiret-Rochefort...

<<Michel Descombes (Philippe Noiret) est horloger dans le quartier de Saint-Paul à Lyon. Un matin, deux policiers se présentent à son atelier et le questionnent sur son fils, sans vouloir lui dire ce qui est arrivé. Il est immédiatement accompagné hors de Lyon sur le lieu où sa camionnette a été retrouvée, vide. Là, le commissaire Guilboud (Jean Rochefort) lui apprend que son fils a tué un homme. Tout au long de l'enquête l'incompréhension entre père et fils se manifeste. Le fils en cavale est arrêté avec sa compagne, et ne s'explique que confusément sur son acte. Peu à peu, Michel se solidarise avec son fils (ce qu'il proclamera d'ailleurs lors du procès). Des échanges de propos anodins dans l'anonymat du parloir montrent, à la fin du film, qu'une véritable connivence s'est installée.>> (Wikipédia)

<<
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 24 Jan 2020 - 23:48

Ah, Icare, quand tu évoques successivement deux immenses metteurs en scène, Melville et Tavernier, dont les noms sont déjà gravés en lettres d'or dans l'histoire du cinéma français de la seconde moitié du XXe, tu commences sérieusement à éveiller ma fibre cinématographique. Mains Les films d'Icare - Page 14 185465

Mais comme tu en parles tellement mieux que moi, j'aime autant te laisser continuer de tracer ton sillon, et me régaler en m'attachant paresseusement à tes pas. Keep on with the good work, buddy ! Les films d'Icare - Page 14 13150 Mains Les films d'Icare - Page 14 185465

[P.S. Tu vas parler un jour d'Un dimanche à la campagne ??? Les films d'Icare - Page 14 395622]
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyLun 27 Jan 2020 - 23:38

Kristian a écrit:
P.S. Tu vas parler un jour d'Un dimanche à la campagne ??? Les films d'Icare - Page 14 395622]

Probablement et L'Horloger de Saint-Paul est le quatrième film de Bertrand Tavernier que j'évoque sur ce fil après La vie et rien d'autre, Mort en Direct et Capitaine Conan. Je parlerai aussi sûrement d'un autre film de Tavernier que j'aime beaucoup: Le Juge et l'Assassin. Wink

 CHE! - Richard Fleicher: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

            1969

J'ai quitté le cinéma français, Melville et Tavernier, pour revenir au cinéma américain avec Richard Fleischer. De ce réalisateur, j'avais déjà évoqué L'Etrangleur de Boston et Soleil Vert. Avec CHE!, je reviens donc à l'histoire du célèbre et impitoyable révolutionnaire argentin Ernesto "Che" Guevara. J'avais vu, il n'y a pas si longtemps, les deux films bien plus récents que lui consacra Steven Soderbergh. J'avais d'ailleurs livré mes impressions ici-même. J'étais très content de trouver ce film en DVD qui a d'ailleurs été tourné seulement deux ans après son exécution, puisque Guevara mourut sous les balles de l'armée bolivienne le 9 octobre 1967. Je ne l'avais jamais vu, alors qu'il réunit à l'affiche deux acteurs que j'aime beaucoup; Omar Sharif dans le rôle du Che et Jack Palance dans celui de Fidel Castro. Ainsi, je pus désormais comparer le film de Fleischer à celui de Soderbergh. Enfin, lorsque je parle de "comparer", je me comprends: il ne s'agit pas vraiment d'établir un jugement de valeur entre les deux. Certains estimeront peut-être que celui en deux volets de Soderbergh rend obsolète la première biographie cinématographique de Guevara par Fleischer...Pour ma part, ce n'est absolument pas le cas. Certes, c'est plus documenté chez Soderberg qui d'ailleurs ne commet aucun embellissement, n'épargne pas les contradictions du personnage, et Benicio del Toro y interpréta un Che plus vrai que nature. Néanmoins, la prestation d'Omar Sharif est également excellente. Il joue un Che très crédible, tout comme Jack Palance prête avec beaucoup d'aplomb ses traits à Castro. Avant de découvrir le film de Fleischer, j'avoue avoir pensé que le révolutionnaire argentin serait un peu trop idéalisé, mais pas du tout. Le film montre les excès du personnage, son côté impitoyable et inflexible lorsqu'il s'agit d'appliquer la répression et les condamnations à mort, ses erreurs de jugement, sa perte de lucidité lors de ses derniers combats en Bolivie...Outre qu'il put être impitoyable et extrémiste dans ses décisions, au point d'avoir été qualifié par ses opposants de "boucher de la Cabana" à Cuba, il y a aussi des témoignages qui montrent l'autre facette beaucoup plus humaniste: <<À l'opposé, Che Guevara montrait de l'humanisme envers les soldats ennemis prisonniers ou blessés au combat et les soignait comme ses propres hommes, depuis les débuts de la révolution cubaine jusqu'à la veille de son exécution en Bolivie où même prisonnier et blessé il proposa ses services de médecin à ses geôliers. Son biographe Michael Löwy note que Guevara ne répond pas à la personnalité assoiffée de sang présentée par la propagande anti-guévariste et décrit un épisode "typique" de sa personnalité où Guevara peut voir passer les gens de l’armée depuis l’embuscade où il est posté. Un camion de l’armée passe avec des soldats dedans, le Che se prépare à tirer, il n’y a pas beaucoup de risques, il est en haut, ils sont en bas, mais il voit qu’ils ont froid, ils ont mis une couverture et il a pitié, il a eu pitié.>> Alors justement, cet aspect humaniste n'est pas montré dans le film de Fleischer. On y voit un révolutionnaire qui ne cesse d'être un révolutionnaire et veut étendre la révolution marxiste sur tout le continent sud-américain et même au-delà, présenté comme un excellent stratège et sans lequel Castro n'aurait pas été. Mais, comme je l'ai écrit un peu plus haut, la brutalité du personnage, réfractaire au moindre compromis, n'est pas dissimulée par une idéologie altruiste qui était la sienne, rêvant d'un monde meilleur et débarrassé de l'impérialisme nord-américain...Un très bel atout dans Che! de Richard Fleischer, c'est la superbe et énergique partition musicale de Lalo Schifrin qui en plus est très bien mise en valeur.

Une scène fétiche: lorsque le Che est prisonnier et notamment le moment où on lui présente un vieux paysan bolivien qui lui dit tout le mal qu'il pense de lui. Cette scène est terrible. C'est juste avant qu'il soit assassiné.

https://www.youtube.com/watch?v=jwPAEV4eqSQ
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyJeu 30 Jan 2020 - 9:49

L'Armée des Douze Singes - Terry Gilliam:  Les films d'Icare - Page 14 395622  Les films d'Icare - Page 14 395622  Les films d'Icare - Page 14 395622 +

          1995

<<En 2035, la surface de la Terre est devenue invivable pour l'humanité. Un virus mortel d'origine inconnue a tué 5 milliards d'humains en 1996 et a contraint les survivants — 1 % de la population mondiale — à vivre sous terre pour éviter leur contamination. Pour tenter de trouver un remède au virus, des scientifiques utilisent des prisonniers et les envoient dans le passé recueillir des informations sur la forme non mutée du virus. L'un d'eux, James Cole (Bruce Willis), considéré comme asocial, est choisi pour une expérience ayant pour but de l'amener en 1996. Il doit y recueillir des informations au sujet de ce virus, que les scientifiques pensent avoir été libéré par une organisation terroriste de défense des animaux, connue sous le nom d'« Armée des douze singes ». Cole, qui est régulièrement hanté par le rêve d'une poursuite et du meurtre par balle d'un homme dans un aéroport sous les yeux d'un petit garçon, sera gracié s'il réussit cette mission. Il est d'abord envoyé trop loin dans le passé et arrive à Baltimore en 1990. Pris pour un fou, il est interné dans un hôpital psychiatrique où il fait la connaissance d'une psychiatre, le docteur Kathryn Railly (Madeleine Stowe), ainsi que d'un autre interné. Ce dernier, Jeffrey Goines (Brad Pitt) est le fils d'un scientifique qui travaille sur les virus et partisan de l'anti-consommation. Après une tentative d'évasion ratée, Cole est enfermé dans une cellule de contention mais en disparaît, à la stupéfaction des psychiatres. Il a en effet été rappelé dans son présent par les scientifiques. Ces derniers le renvoient dans le passé. Après une nouvelle erreur qui l'expédie brièvement au milieu d'une bataille de la Première Guerre mondiale en 1917, Cole arrive enfin en 1996 quelques semaines avant que n'éclate l'épidémie qui doit détruire presque toute l'humanité.>>

Avec cette histoire du Coronavirus qui a causé une centaine de décès en Chine, L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam n'était peut-être pas le film à regarder en ce moment, c'est pourtant ce que j'ai fait hier soir. Je l'avais vu à l'époque de sa sortie en salle et j'avais beaucoup aimé. En général, je suis assez difficile en matière de science-fiction, mais le caractère plausible du film de Terry Gilliam a quelque-chose de profondément troublant pour tout être humain qui sait regarder plus loin que le bout de son nez et s'interroge sur les "avenirs possibles" de notre planète et l'humanité toute entière. Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt sont tous les trois fantastiques dans leurs rôles respectifs. Il y a aussi David Morse qui joue également dans La Ligne verte (1999) de Frank Darabont et Christopher Plummer. J'ai plutôt bien apprécié la bande originale composée par Paul Buckmaster qui démarre comme sur un tango argentin façon Astor Piazzolla avant de prendre une couleur plus personnelle et introvertie. Le somptueux titre What a Wonderful World de Louis Armstrong est joué une fois à la radio, dans la scène de la voiture, et sert de générique-fin.

Petite note sur ce musicien: Paul John Buckmaster est un arrangeur-compositeur britannique, né le 13 juin 1946 à Londres et mort le 7 novembre 2017 à Los Angeles (Californie). Il apprend le violoncelle à l'âge de quatre ans : il sera diplômé de la "Royal Academy of music" à 21 ans. Il est sans doute mieux connu pour son travail avec Elton John. Il a démontré une technique professionnelle comme violoncelliste mais a aussi beaucoup travaillé comme arrangeur sur des titres majeurs, tel que "Space Oddity" de David Bowie. Il a aussi aidé Bowie et son groupe pour la musique de la bande originale du film The Man Who Fell to Earth, ainsi que sur la chanson "Subterraneans" de l'album "Low". En 1970, il travaille comme claviériste et arrangeur pour Shawn Phillips sur son album "Second Contribution", pour lequel il compose le titre "F Sharp Splendor". En 1974, il écrit des instrumentaux pour Harry Nilsson et son film Son of Dracula, dans lequel apparaît aussi Ringo Starr. Il est le compositeur de la musique du film L'Armée des douze singes réalisé par Terry Gilliam en 1995. Il a aussi travaillé comme arrangeur pour Mick Jagger, Véronique Sanson, Belinda Carlisle, John Miles, Céline Dion, John Wetton, Patti LaBelle ou Angelo Branduardi. (Wikipédia)

https://www.youtube.com/watch?v=IeCcojhNDyY
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 31 Jan 2020 - 7:13

Mon nom est Personne - Tonino Valerii: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622  +

             1973

<<L'action se déroule en 1899 à la fin de la conquête de l'Ouest. Jack Beauregard, interprété par Henry Fonda, est un héros vieillissant qui veut quitter les États-Unis pour aller finir ses jours en Europe. Avant de payer son passage en bateau pour le Vieux Continent, il souhaite venger la mort de son frère Nevada Kid qui exploitait une mine d'or avec un certain Sullivan, son associé. Sur sa route il croise un jeune aventurier (Terence Hill) qui se présente comme étant « Personne », admirateur facétieux de Beauregard depuis son enfance, qui multiplie les calembours et semble chercher son amitié. Alors que des hommes de main de Sullivan essayent de le tuer, Jack Beauregard est sauvé par l'inconnu qui lui fait part de son admiration en relatant ses exploits passés du temps où Beauregard était un justicier exceptionnel connu dans la région.>>

J'ignore combien de fois j'ai pu voir ce western italien - c'est en réalité une production italo-franco-allemande - 4 ou 5 fois? Je ne sais plus vraiment...Pourtant, j'avais oublié certaines scènes, sans doute les moins marquantes. A vrai dire, je me souvenais de presque tout. Ce que j'ai toujours aimé dans ce western qui, par moments, tourne à la farce, c'est justement la confrontation incongrue - que l'on peut aussi trouver poétique - entre le cavalier sérieux, vieux cowboy issu des grands westerns américains, représentant d'emblée une légende de l'ouest, et un jeune admirateur, aventurier ludique et excentrique qui veut voir son héros, avant son grand départ, assumer un exploit qui le fera entrer dans les livres d'histoire. Jack Beauregard, joué par Henry Fonda représente l'ancien monde de la conquête de l'ouest alors que "Personne", sous les traits angéliques et malicieux de Terence Hill, comme atteint du syndrome de Peter Pan, serait un peu cette transition espiègle entre l'ancien monde et le nouveau dans lequel le héros vieillissant, par instinct de survie, sait qu'il n'y a pas sa place. Ce film comporte quelques scènes qui ont été réalisées par Sergio Leone, notamment celle, incongrue, de la pissotière entre "Personne" et le machiniste de la locomotive souffrant d'un mal très masculin, la prostate, ce qui engendra un différend entre Leone et Valerii, ce dernier la trouvant nulle et non avenue. Personnellement, partageant l'avis de Jean Martin, un acteur charismatique dont on n'a pas suffisamment parlé, hélas disparu en 2009, cette scène de la pissotière est très drôle en soi mais pas vraiment à sa place à ce moment du film, scène qui précède l'ultime marque d'héroïsme de Beauregard affrontant seul la "Horde Sauvage". Jean Martin était une personne, d'après ses propres dires, rigolarde, qui aime la vie et aime rire, mais dont le physique le prédestinait à jouer des rôles d'homme autoritaire, pince-sans-rire, bref des méchants. Dans Mon nom est Personne, Jean Martin interprète le rôle de Sullivan qu'il qualifie lui-même de "Marie-salope". Hehe Pendant le tournage, Henry Fonda est venu le congratuler à propos de sa prestation pour le rôle du colonel Mathieu dans La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo, un film que je vais revoir dans un avenir assez proche. A propos de Mon nom est Personne, le réalisateur Tonino Valerii estima qu'il s'agissait là de l'oraison funèbre du western italien, le point d'honneur ou d'orgue en quelque sorte. N'oublions pas une formidable bande-son d'Ennio Morricone qui participa beaucoup à l'immense succès du film.

Une scène fétiche: La fable du petit oiseau et du coyote...

Et voilà la Horde Sauvage que Beauregard devra affronter pour entrer dans la légende et les livres d'histoire:

https://www.youtube.com/watch?v=0VHEL7XqoEg


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 31 Jan 2020 - 13:19


Mon petit hommage à JEAN MARTIN:

Jean Martin, né le 6 mars 1922 et mort le 2 février 2009 à Paris, est un acteur français qui oeuvra aussi bien dans le domaine du théâtre que de la télévision et du cinéma. Personnellement, c'est par son rôle de colonel dans La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo que j'ai découvert et remarqué cet excellent comédien, suivi de Mon nom est Personne de Tonino Valerii. Il joue également dans un film que j'ai vu il y a très longtemps et que je recherche activement; Chacal (1973) de Fred Zinnemann dont voici le synopsis trouvé dans "Wikipédia": <<En 1963, après l'échec de l'attentat du Petit-Clamart, trois dirigeants de l'OAS engagent un tueur professionnel pour assassiner le président Charles de Gaulle. Sans identité, sans visage, son nom de code est Chacal et ses services valent un demi-million de dollars. Pour collecter les fonds, l'OAS commet une série de braquages qui éveille l'attention de la police française. Tandis que le Chacal organise avec méthode et dans le moindre détail son projet de meurtre, la police tente de le prendre de vitesse.>> Jean Martin y tient le rôle de L'Adjudant Victor Wolenski. Il apparaît aussi dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages de Michel Audiard. Je pense qu'il y tient un tout petit rôle et je ne garde aucun souvenir du film. Si j'aimais énormément Michel Audiard comme dialoguiste, je ne suis pas sûr de l'aimer autant comme réalisateur...Néanmoins, il savait s'entourer d'une pléiade de grands acteurs. Jean Martin joue également dans d'autres films connus, comme Peur sur la Ville de Henri Verneuil que j'évoquerai bientôt sur ce fil, puis n'oublions pas qu'il prête sa voix à l'Oiseau dans mon film d'animation fétiche qu'est Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault.

https://www.youtube.com/watch?v=4GMMsJ5V7kI
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 31 Jan 2020 - 15:46

Timbuktu - Abderrahmane Sissako: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

           2014

Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux (Wikipédia), est un film dramatique franco-mauritanien réalisé par Abderrahmane Sissako et sorti en salle dans le courant de l'année 2014.

<<À la suite d'un attentat à Tombouctou, le tournage se déroule à Oualata (Mauritanie), sous protection de l'armée mauritanienne. Le film est présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2014 – dont c'est le seul long métrage africain en compétition – où il remporte le Prix du jury œcuménique et le Prix François-Chalais récompensant les valeurs du journalisme. Il est sélectionné pour représenter la Mauritanie à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars du cinéma 2015 et décroche une nomination. Il est récompensé par sept Césars en 2015, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.>> (Wikipédia)

J'avais écrit, quelques commentaires plus haut, en début de page, que j'allais bientôt découvrir ce film d'Abderrahmane Sissako, intitulé Timbuktu. Son sujet, toujours d'une grande actualité, m'intéressait vivement. Comme je l'ai déjà précisé, ce topic avait initialement pour objectif de réunir les films qui m'ont marqué pour diverses raisons tout au long de mon existence, donc des films que j'avais déjà vus au moins une fois, ce qui est le cas pour la plupart, mais pas tous. Timbuktu fait partie de ceux qui échappent à cette règle. C'est un film que je n'avais jamais vu avant aujourd'hui et que j'avais très envie de découvrir. Je ne connaissais jusqu'ici que sa bande originale composée par Amine Bouhafa, plutôt belle et émouvante. Elle prend évidemment une autre dimension sur les images de Sissako. Pendant presque toute la projection, j'avoue avoir été un peu dérouté par sa lenteur, même dans les scènes qui peuvent être qualifiées de dures, de cruelles, notamment celle des lapidations. J'ai trouvé la réalisation un peu molle, sclérosée, tout en imaginant qu'il pouvait s'agir d'un parti-pris du cinéaste et sans décrocher pour autant. Timbuktu me fit penser à un autre film de Marion Hänsel, Si le vent soulève les sables, qui m'avait profondément touché, ainsi que la partition musicale de René-Marc Bini. Certes, le film d'Abderahmane Sissako ne m'est pas aussi poignant, aussi viscéral, n'empêche qu'il est beau, qu'il y a une forme de beauté qui réussit à transpercer le voile de l'absurdité et de la cruauté. Le rebondissement final m'a saisi à la gorge et il y a cette petite jeune fille prénommée Toya et interprétée avec beaucoup de spontanéité par Layla Walet Mohamed. Elle court et j'avoue avoir eu la gorge nouée à ce moment-là, dernière image du film, je crois...C'est la force de son sujet qui a fini par prendre le dessus et je sais déjà que Timbuktu est un film que j'aurai envie de revoir.

<<Au Mali, des islamistes envahissent la ville de Tombouctou et y imposent la charia. Ils bannissent la musique, le football, les cigarettes, procèdent à des mariages forcés, persécutent les femmes et improvisent des tribunaux qui rendent des sentences injustes et absurdes. Malgré la férocité de leur répression, la population résiste avec courage, souvent au nom d'une autre conception de l'islam. Kidane est un éleveur touareg vivant dans le désert avec sa femme et sa fille. D'abord épargnée, sa famille va bientôt subir les nouvelles lois islamiques, à l'occasion d'un conflit avec un autre habitant.>>

Une scène fétiche: celle ou un djihadiste prend conscience de l'absurdité de sa propre réalité et danse, repensant à son passé de danseur: il retrouve ainsi son humanité.

Comme j'avais déjà édité la bande-annonce du film en tête de page, voici la vidéo de la chanson-titre, magnifique...

https://www.youtube.com/watch?v=8yOfimHhARw


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyDim 2 Fév 2020 - 21:02

Et pour quelques dollars de plus - Sergio Leone: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

        1965

J'ai déjà eu plusieurs occasions cinématographiques d'évoquer le western italien sur ce topic, sauf que jusqu'ici, je n'avais encore mentionné un seul film de celui qui fut à l'origine du genre - appelé vulgairement "western spaghetti" - Sergio Leone. Je connais tous ses films pour les avoir vus et revus, au point d'avoir l'impression de les connaître par coeur. C'est pour cette raison que j'ai un peu tardé à les revoir. A la base, je voulais les revoir dans l'ordre chronologique, mais un problème technique m'a empêché de regarder Pour une poignée de dollars, alors j'ai regardé Et pour quelques dollars de plus. C'est un peu dommage car le premier opus est un peu le brouillon, pas forcément un mauvais film, surtout celui qui lance le genre. En revanche, Et pour quelques dollars de plus est déjà un très bon western. Il a notamment le mérite de confronter deux acteurs américains fort charismatiques, Clint Eastwood et Lee Van Cleef qui verront leur popularité exploser. C'est une confrontation qui tourne en association entre deux chasseurs de prime dont les motivations ne sont pas forcément les mêmes, afin de vaincre un gang de quinze salopards avec à sa tête l'Indien, interprété par Gian Maria Volonté, rôle ingrat du méchant de service qu'il tenait déjà dans Pour une poignée de dollars. Dans le domaine du western, je pense que le rôle le plus intéressant qui fut offert à Gian Maria Volonté l'a été par Sergio Sollima dans Le Denier Face à Face. Dans les deux premiers westerns de Sergio Leone, il y joue un méchant primaire et "jusqu'à-boutiste" dans sa cruauté. Ce sont plutôt les personnages interprétés par Eastwood et Van Cleef qui ne manquent pas d'ambiguïté. Dans ce monde impitoyable des as de la gâchette, on tombe comme des mouches. Klaus Kinski y joue un membre du gang bossu et rancunier. Luigi Pistilli est décidément cantonné aux rôles de méchants, tout comme Aldo Sambrell et Mario Brega qui jouent également dans le premier volet. La musique est bien évidemment signée Ennio Morricone comme pour le premier opus, ce qui aboutira à une des plus célèbres collaborations entre un cinéaste et un compositeur.

<<Deux chasseurs de prime recherchent le même criminel : l'Indien, d'abord séparément puis ensemble. Mais leurs motivations ne sont pas forcément les mêmes...

L'Indien, bandit cruel et psychopathe, s'évade de prison avec la complicité de sa bande. Avant de quitter la prison, il exécute son compagnon de cellule et le directeur de la prison. Il tue en duel l'homme qui l'a livré, non sans avoir fait tuer juste avant la femme et le fils de ce dernier. Il annonce à sa bande qu'ils vont s'attaquer à la banque d'El Paso, connue pour être l'une des mieux gardées de l'ouest. En prison, il a connu un menuisier — le compagnon de cellule qu'il a tué avant de s'évader — qui lui a raconté que l'argent de la banque est principalement caché, non dans le coffre de la banque, mais dans un meuble qu'il a conçu pour dissimuler un autre coffre.
>>

Une scène fétiche: Le duel final, tout simplement.

https://www.youtube.com/watch?v=nftF-g48UYA
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyLun 3 Fév 2020 - 0:40

CHEF-D'ŒUVRE !!! Les films d'Icare - Page 14 185465 Les films d'Icare - Page 14 185465 Les films d'Icare - Page 14 185465
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyLun 3 Fév 2020 - 21:06

Le Salaire de la Peur - Henri-Georges Clouzot: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

                 1953

Le Salaire de la Peur que je n'avais pas revu depuis bien longtemps, est un film franco-italien réalisé par Henri-Georges Clouzot (dont je recherche toujours Le Corbeau en édition dvd) , adapté du roman éponyme de Georges Arnaud (1950), et sorti sur grand écran en 1953. C'est l'un des seuls films de l'histoire du cinéma à avoir remporté la même année la Palme d'or du Festival de Cannes et l'Ours d'or au Festival de Berlin. Je me rappelais d'un grand film, d'un film fort, passionnant, sauf que cette fois j'ai été subjugué, complètement envoûté du début à la fin. Dans le fond, l'histoire est plutôt simple:

<<Amérique latine, 1952. Après diverses péripéties, un groupe d'Européens déracinés a échoué à Las Piedras, bourgade écrasée de chaleur où règnent corruption, misère et ennui. Un gigantesque incendie ravage un puits de pétrole, unique source locale de richesses. Bill O'Brien, gérant de la compagnie américaine exploitante, la SOC (Southern Oil Company), décide de faire transporter, jusqu'au lieu du sinistre, quatre cents kilogrammes de nitroglycérine dont l'explosion doit éteindre le brasier. Un convoi de deux camions est organisé, il faut trouver des chauffeurs aguerris. La somme promise en cas de succès (deux mille dollars par personne) offre une chance inespérée de refaire sa vie loin de cet endroit sans avenir. À l'issue d'un examen de conduite, quatre parmi des Européens sont engagés pour faire équipe en duo : Mario et Smerloff, Luigi et Bimba. Mario est un séducteur désœuvré, d'origine corse, qui flirte sans conviction avec la fragile Linda, une serveuse de bar éprise de lui ; Jo, non retenu, est un caïd sur le retour, tout juste débarqué de Paris où il a échappé in extremis à la police. Luigi est un brave cimentier calabrais, aux poumons rongés par la silicose ; Bimba un Juif néerlandais taciturne, distingué mais résolu. Jo a été exclu d'emblée par O'Brien, qui le trouve trop âgé : les deux hommes se connaissent pour avoir, jadis, trempé ensemble dans des affaires louches. Mais au dernier moment, Jo remplace le quatrième chauffeur, Smerloff, mystérieusement absent. Le convoi part au petit matin. La tâche est périlleuse : les camions fournis ne sont pas adaptés au transport d'une matière hautement explosive sur une chaussée aussi médiocre. Les épreuves se succèdent : piste que le vent a ridée en « tôle ondulée » ; ponton trop fragile pour les manœuvres du poids lourd, gros rocher bloquant le passage, que Bimba réussit à pulvériser avec la nitroglycérine....>> (Wikipédia)

J'aime beaucoup comment le film a été construit et comment l'histoire a été amenée avec ses différents personnages dont les personnalités sont parfaitement dessinées. Charles Vanel est impressionnant dans son rôle assez ingrat de personnage un peu cynique et bravache qui perd son sang froid, s'abandonne à la lâcheté, rôle qui avait d'abord été proposé à Jean Gabin mais que celui-ci déclina. Yves Montand, en séducteur désoeuvré, qui voudrait bien s'extirper de cette vie sans avenir, est tout simplement magnifique. Parmi les autres acteurs, notons Folco Lulli qui a une filmographie impressionnante...et pourtant que je ne connaissais que dans ce film...Peter Van Eyck, Dario Moreno, Darling Légitimus que je retrouve plus jeune après l'avoir vue dans Rue Case-nègre de Euzhan Palcy, puis Véra Clouzot qui ne tourne visiblement que dans des films de son second mari, outre Le Salaire de la Peur, Les Diaboliques et Les Espions. J'avais complètement oublié que c'est Georges Auric qui avait signé la musique, un compositeur que j'aime beaucoup, aussi bien dans le domaine du Septième Art qu'en dehors, sauf que dans Le Salaire de la peur, je ne l'ai même pas remarquée. Elle répond probablement à la définition de ceux qui pensent qu'une bonne musique de film est une musique qui ne s'entend pas. Hehe  En tout cas, ce film est pour moi un chef-d'oeuvre! Je pensais déjà la même chose de Quai des Orfèvres dont j'ai fait l'éloge sur ce fil, et j'ai désormais hâte de trouver Le Corbeau. Very Happy

Une scène fétiche: La scène de la mort absurde. Ceux qui connaissent et se rappellent bien du film comprendront... Hehe

https://www.youtube.com/watch?v=ArwhGYrOWXA


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyMar 4 Fév 2020 - 20:55

Un papillon sur l'épaule - Jacques Deray: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

         1978

Du pur bonheur. En deux jours, j'ai regardé deux films français que j'adore! Un Papillon sur l'épaule de Jacques Deray n'a pas obtenu le succès espéré lors de sa sortie en salle. J'en comprends assez bien la raison, cette même raison qui fait que je suis fasciné par ce film, peut-être tout simplement mon préféré de Jacques Deray. Je pense qu'en général les gens aiment comprendre ce qui se passe, aiment que le mystère ou l'énigme soit élucidé avant le générique-fin. Personnellement, je n'ai jamais vraiment eu cette exigence. Ressentir m'a toujours été plus important que comprendre. Au contraire, j'aime lorsqu'un film m'autorise une certaine liberté d'imaginer. Roland Fériaud, homme ordinaire qui mène une vie sans histoire, admirablement interprété par Lino Ventura, se trouve malgré lui mêlé dans une affaire criminelle dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. Et plus il s'enfonce dans les méandres de cette sombre affaire, plus celle-ci devient opaque, mystérieuse, insaisissable. Il y a l'histoire d'une mallette dont on ne saura jamais ce qu'elle contient: Argent? Documents sensibles compromettant des gens importants? Espionnage? Fériaud, déjà témoin de deux meurtres, doit la remettre à des individus dont on ne saura jamais rien en l'échange de sa femme (Nicole Garcia) qui a été kidnappée. Une autre femme, la "femme à l'imperméable", jouée par Claudine Auger, est une énigme de plus. D'un côté, elle semble vouloir aider Fériaud, de l'autre, elle cherche peut-être à le manipuler. Aucune violence n'est réellement montrée, ni les meurtres ni la fusillade vers la fin. Et pourtant, j'ai été captivé par chaque instant du film qui bénéficie selon moi d'une construction et d'une réalisation exemplaires. Le saxophone solo de Claude Bolling contribue à la solitude du personnage principal et à l'austérité méticuleusement étudiée des différentes scènes. Rien n'est laissé au hasard. Je suis avec Fériaud dans un tunnel, un labyrinthe, un hôpital désaffecté avec beaucoup de portes qui s'ouvrent sur rien ou sur des morts...imaginaires?...et sur un personnage atypique qui parle à un papillon qu'il croit posé sur son épaule. C'est Paul Crauchet qui tient le rôle de ce "fou" sympathique. Voilà un acteur qui mérite bien un petit hommage aussi. Puis il y a des acteurs sur lesquels on porte généralement moins d'attention, dont on ignore même le nom, sans doute parce qu'ils jouent des rôles plutôt courts...On se dit juste: <<Tiens, j'ai déjà vu cette tête quelque-part, mais où?>> Je pense par exemple à Xavier Depraz, un chanteur lyrique et comédien français qui apparaît dans plusieurs films avec Alain Delon et que j'avais vu il n'y a pas si longtemps dans L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro. Dans Un Papillon sur l'épaule, il interprète Miguel Carrabo dont l'assassinat fera le malheur de Roland Fériaud. Il y a aussi Jean Bouise dans le rôle du "faux-vrai?" docteur Bravier. Il est très difficile de réussir un film comme celui-là qui s'abstient de donner la moindre explication sur les faits qu'il relate. Deray a réalisé un formidable jeu d'équilibriste et sut transcender le caractère absurde de la situation. De toute évidence, un de mes films français préférés avec Garde à Vue de Claude Miller! L'action se situe à Barcelone, mais dans le Barcelone d'avant les jeux olympiques.

Une scène fétiche: La scène finale parce qu'elle a quelque-chose de terrible qui dépasse le film...

https://www.youtube.com/watch?v=LPiD5CmwNM8
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyMer 5 Fév 2020 - 20:02


Pour une poignée de dollars - Sergio Leone: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

1964

<<Deux familles rivales, les Baxter et les Rojo, riches et puissantes grâce au trafic d’armes et d’alcool, se disputent la suprématie et la mainmise sur la ville. Entre en scène un cigarillo, "l’étranger", qui va attiser cette guerre et provoquer la zizanie entre les deux clans afin de leur soutirer le plus d’argent possible en leur servant tour à tour d’informateur. Au-delà de l’appât du gain mis en avant, l’histoire confère au héros la dimension d’un défenseur du faible et de l’opprimé, qui préfère à toute chose le bien et la justice - notamment lorsqu’il permet à Marisol, séquestrée par le clan Rojo, de rejoindre son époux et son fils déchirés par cette séparation. C’est le mythe, maintes fois incarné, du sauveur messianique qui permet aux hommes de retrouver la paix, l’harmonie et l’amour avec l’ambiguïté de se présenter en exécuteur des mauvaises âmes.>> (Wikipédia)

Voilà un film que j'ai bien fait de revoir. Finalement, il me captive pratiquement autant que le second volet que j'évoque trois commentaires plus haut. Certes, il n'y a pas Lee Van Cleef, mais l'intrigue, truffée de scènes d'action et de confrontations cocasses, est rudement menée sur une partition musicale corrosive d'Ennio Morricone parfaitement mise en valeur. C'est dynamique, enlevé, brutal, saupoudré d'humour noir, un genre est né avec au bout un immense succès auquel les différents protagonistes du western ne s'attendaient pas! Aux côté d'un héros solitaire à la gâchette redoutable, Clint Eastwood, il y a Gian Maria Volonté, Marianne Koch, Antonio Prieto, Sieghardt Rupp, Wolfgang Lukschy, José Calvo, Mario Brega, Margarita Lozano, Aldo Sambrell, Lorenzo Robledo...

<<Ce film est une transposition dans le monde du western du film Le Garde du corps (Yojimbo, 1961) d’Akira Kurosawa. Mais les producteurs négligent d'en négocier les droits pour le monde entier, n'imaginant pas le succès international de Pour une poignée de dollars. Un procès s'ensuit, qui retarde la distribution aux États-Unis à l'année 1967 et accorde les droits du film à Kurosawa pour son exploitation au Japon. Une dizaine d’années plus tard, Leone reconnaît s’en être largement « inspiré sans aucun complexe ». Il déclare à un journaliste : "J’ai vu un film de Kurosawa : Yojimbo. On ne peut pas dire que c’était un chef-d’œuvre. Il s’agissait d’un démarquage de La Moisson rouge de Dashiell Hammett. Pourtant, le thème me plaisait : un homme arrive dans une ville où deux bandes rivales se font la guerre. Il se place entre les deux camps pour démolir chaque gang. J’ai songé qu’il fallait replacer cette histoire dans son pays d’origine : l’Amérique. Le film de Kurosawa se passait au Japon. En faire un western permettait de retrouver le sens de l’épopée. Et comme ce récit s’inspirait également d’Arlequin serviteur de deux maîtres de Goldoni, je n’avais aucun complexe d’être italien pour opérer cette transplantation.>> (Wikipédia)

Une scène fétiche: Plutôt une réplique: "Vous m'en mettrez trois de côté."

https://www.youtube.com/watch?v=KffN7QrEOVg
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyMer 5 Fév 2020 - 22:04

Les films d'Icare - Page 14 185465   AUTRE CHEF-D'ŒUVRE ! ! ! Les films d'Icare - Page 14 185465
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyJeu 6 Fév 2020 - 20:12

BAARIA - Giuseppe Tornatore: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

          2009

Je m'étais juré de connaître tous les films de Giuseppe Tornatore, même si j'avais reçu un peu tièdement Malena (2000) et Marchand de Rêves (1995). Malgré le peu de "soleils" que je leur ai accordés sur ce fil, ce sont des bons films. Je pense qu'ils gagneront à être revus. Very Happy Concernant Baaria que je n'avais encore jamais regardé avant aujourd'hui, j'avais quelques craintes d'enlisement sur un film long, plus de deux heures trente. Je ne sais pas d'où provenait cette crainte, peut-être parce qu'avec Malena et Marchand de Rêves, je n'avais pas été aussi ému, aussi séduit, qu'avec Cinéma Paradiso-1988/ Ils vont tous bien-1990/Le Chien bleu-1991/La légende du pianiste sur l'océan-1998 ou encore Une pure formalité (1994) qui m'avait carrément fasciné lorsque je l'avais vu au cinéma. Je ne connais pas encore tous les films de Giuseppe Tornatore et j'espère bien que ça viendra! Il me reste à découvrir: Le Maître de la Camorra (1985), son premier métrage qu'il réalisa trois ans avant Cinéma Paradiso, son grand succès. A découvrir aussi, L'inconnue (2006), La meilleure offre (2013) et La Correspondance (2016). Parmi ceux que je n'ai pas encore vus, deux m'attirent particulièrement: L'inconnue et La meilleure offre. Le sujet qu'ils traitent m'intéressent au plus haut point. Mais revenons à Baaria. Il ne faisait pas partie de mes recherches prioritaires parmi les films de Tornatore bien que j'avais pour ambition de tous les voir. Il en va ainsi avec les réalisateurs qui ont un univers propre et dont j'aime beaucoup leur style. Avec Baaria, je ne savais pas à quoi m'attendre si ce n'est retrouver ce que j'aime dans son cinéma, et pourtant...

<<Le film raconte ce qu'était la vie à Baarìa, en Sicile, des années 1930 aux années 1980, du point de vue des amants Peppino (Francesco Scianna) et Mannina (Margareth Madè). Il dépeint la vie d'une famille sicilienne sur trois générations, de Cicco à son fils Peppino et à son petit-fils Pietro. Effleurant la vie privée de ces personnages et de leurs familles, le film évoque les amours, les rêves et les désillusions de toute une communauté de la province de Palerme sur cinquante ans. Pendant la période fasciste, Cicco est un humble berger qui trouve cependant le temps de satisfaire sa passion pour les livres, les poèmes épiques, les grands romans d'amour populaires. Pendant la période de famine et la Seconde Guerre mondiale, son fils Peppino, témoin d'injustices commises par des mafieux et des propriétaires fonciers, adhère au Parti communiste. Après la guerre, il rencontre la femme de sa vie. La famille de cette dernière s'oppose à cette relation à cause des idées politiques de Peppino, mais les deux jeunes insistent, se marient et ont des enfants. Dans les intrigues secondaires, il y a un garçon qui fait une course, une mouche vivante enfermée dans une toupie, trois roches que les gens essaient de frapper d'un coup, un homme qui se mutile pour éviter d'avoir à combattre pendant la guerre, fait du pillage pendant l'l'invasion de la Sicile par les troupes américaines et se fait des vêtements d'un parachute américain, ainsi que la fille de Peppino qui traite son père de fasciste parce qu'il lui défend de porter la minijupe. Cependant, la principale intrigue secondaire, qui se déroule tout au long du film, est l'histoire de la gauche italienne, et notamment du Parti communiste italien, dont Peppino a toujours été membre. Elle relate le combat de ce dernier contre l'injustice et son désenchantement final face à la corruption et aux compromissions de ses pairs en politique.>>

...j'ai été transporté de la première minute à la dernière, dans le tourbillon lyrique et sensuel d'une formidable fresque qui respire le sud de l'Italie, la Sicile. Tornatore n'a pas son pareil pour créer ces atmosphères très italiennes qui grouillent de vie et d'exubérance, de truculence et d'humanisme. Les événements s'y enchaînent avec verve et maestria avant que la scène de fin ne renvoie à la scène de départ, portés par les passions et les utopies de ceux et celles qui les vivent ou les conduisent. C'est un grand souffle de vie, d'espoir, mais aussi de désillusion que je me suis pris en pleine poire, le tout emporté par des acteurs magnifiques et une musique enlevée et poignante d'Ennio Morricone. Il y a notamment ce thème profondément mélancolique avec voix ethniques et la ciaramolla qui me donne des frissons. Parmi les interprètes, il y a Margareth Madé, Angela Molina, Raoul Bova, Lina Sastri, Francesco Scianna, Enrico Lo Verso... Images, photographie, réalisation, musique, c'est une grande toile cinématographique qui s'est déroulée sur plus de deux heures trente pour mon plus grand bonheur de cinéphile. Il y a aussi les apparitions assez brèves de Monica Bellucci, Raoul Bova et Michel Placido que je n'avais même pas reconnus pendant la vision du film. Je viens de les voir dans la bande-annonce.

Une scène fétiche: Lorsqu'est montrée la Villa Palagonia, avec la vue sur les monstres du parapet, Bagheria. Cliquer ici

https://www.youtube.com/watch?v=BFIyBg3nhYU


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyVen 7 Fév 2020 - 17:22


La légende du pianiste sur l'océan - Giuseppe Tornatore: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

1998

La première fois que j'ai vu ce film de Giuseppe Tornatore ce fut lors d'un voyage de trois jours à Rome. Je l'avais vu sur grand écran mais seulement en langue italienne, c'est-à-dire que j'étais loin de tout comprendre des nombreux dialogues car mon italien était plutôt pauvre...Il l'est d'ailleurs toujours... Hehe ...Ca ne m'a pas empêcher d'en saisir l'essentiel et d'adorer ce film, surtout que la musique y occupe une grande place, une musique avec évidemment beaucoup de piano, mais aussi du lyrisme et du romantisme: elle est signée Ennio Morricone. A savoir que depuis Cinema Paradiso, les deux hommes ne se sont jamais quittés. La légende du pianiste sur l'océan est tiré d'une pièce théâtrale sous forme de monologue, Novecento (c'est-à-dire 1900, publié en 1994), d'Alessandro Baricco. La force de ce film, c'est d'abord une histoire magnifique et incroyable, et aussi la manière dont elle est racontée et filmée. J'y trouve même un petit quelque-chose de "léonien"...

<<À l'aube du vingtième siècle, dans une salle de banquet vide, Danny, l'un des machinistes du paquebot Virginian, découvre un bébé abandonné. Il l'adopte et l'élève comme son propre fils. Ne sachant pas comment l'appeler, il le baptise "1900". 1900 grandit sur le paquebot, vit sur le paquebot, ne quitte jamais son paquebot. Huit ans plus tard, Danny meurt à la suite d'un accident. 1900 doit désormais grandir seul. Un soir, en se promenant sur le bateau, il voit un piano. Il s'assied sur le tabouret et joue. Il a un véritable don. Les années passent sans que 1900 ne pose jamais pied à terre. Puis vient Max Tooney (nommé Tim Tooney dans le livre), qui deviendra son ami. Ils ne se séparent plus. 1900 est mondialement réputé comme étant un virtuose, capable de fasciner par sa musique. Il joue pour qui veut l'entendre : en première comme en troisième classe. Des producteurs tentent de l'enregistrer et de le faire partir en tournée dans le monde entier, mais 1900 refuse de quitter son navire. Sa réputation continue de grandir. Jelly Roll Morton, qui se dit être l'inventeur du jazz, le provoque en duel...>> (Wikipédia)

Tim Roth joue le personnage de 1900 avec la sensibilité et la subtilité qu'on lui connaît. J'ai toujours beaucoup aimé cet acteur, ainsi que celui qui joue le rôle du trompettiste, son meilleur ami, Pruitt Taylor Vince, que j'ai vu dans plusieurs films dont; Angel Heart (1987) et Mississippi Burning (1988) d'Alan Parker ou encore JFK (1991) d'Oliver Stone. C'est aussi le personnage qui raconte la vie de 1900. Il y a Clarence Williams III qui joue le rôle de Jelly Roll Morton qui a réellement existé: <<nom de scène de Ferdinand Joseph Lamothe, d'origine créole et française, il fut un pianiste et chanteur de jazz afro-américain, né le 20 octobre 1890 à La Nouvelle-Orléans et mort le 10 juillet 1941 à Los Angeles.>> Il y a aussi la très jolie Mélanie Thierry qui tourne la tête de 1900 qui, en observant son visage angélique derrière le hublot, va improviser une délicieuse mélodie...

Une scène fétiche: il y en a plusieurs dont celle de la rencontre entre 1900 et Max Tooney en pleine tempête sur un piano devenu comme une patineuse sur la glace au milieu de la salle de danse. Moment magique par excellence.

https://www.youtube.com/watch?v=vqZAWGoYFBY


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptySam 8 Fév 2020 - 11:15

Icare a écrit:

La légende du pianiste sur l'océan -

J'ai aussi adoré ce film absolument original. Le décor, l'intérieur d'un paquebot à Very Happy 95%, la musique bien sûr, les acteurs. Tim Roth est un de mes acteurs préférés!

La scène du duel au piano est d'une beauté!
Merci Icare d'avoir ravivé ce souvenir magnifique! Les films d'Icare - Page 14 857611
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyDim 9 Fév 2020 - 20:35

Interstellar - Christopher Nolan:  Les films d'Icare - Page 14 395622  Les films d'Icare - Page 14 395622  Les films d'Icare - Page 14 395622  Les films d'Icare - Page 14 395622

           2014

Il est fort probable que Joachim connaisse ce film car le sujet devrait le passionner. Avec Interstellar de Christopher Nolan, j'ai effectué une nouvelle incursion dans la science-fiction et l'espace, après Seul sur Mars (2015) de Ridley Scott et Ad Astra - Vers les étoiles (2019) de James Gray. De ces deux-là, j'en ai surtout parlé dans le fil "Les films que j'aime ou n'aime pas". Il est vrai que je n'avais pas été très conquis, ni par Ad Astra avec Brad Pitt que j'avais vu en salle, ni par Seul sur Mars avec Matt Damon que j'avais vu en "blu-ray", si bien que je ne suis pas sûr d'avoir envie de les revoir un jour. Seul sur Mars n'est pas du tout un mauvais film, le sujet est même intéressant et bien ficelé, Matt Damon parfait dans son rôle de lutte ingénieuse pour la survie...mais je me suis malgré tout un peu ennuyé. Ce film ne m'avait pas vraiment intéressé. En revanche, Interstellar m'a complètement fasciné, du début à la fin. Il y a longtemps qu'un film de Science-fiction ne m'avait pas fait un tel effet! Une terre au bord de l'asphyxie, la quête d'une nouvelle planète colonisable, un père qui "arrache" le coeur de sa fille par son départ, des parenthèses philosophiques, des images magnifiques, une musique omniprésente et qui participe généreusement à la beauté et aux émotions du film. D'un genre "glassique" évident, elle est signée Hans Zimmer. Le film réunit Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine, Mackenzie Foy et Matt Damon que je retrouve après Seul sur Mars.

<<Alors que la Terre se meurt, une équipe d'astronautes franchit un trou de ver apparu près de Saturne et conduisant à une autre galaxie, afin d'explorer un nouveau système stellaire et dans l'espoir de trouver une planète habitable et y établir une colonie spatiale pour sauver l'humanité.>>

Une scène fétiche: La scène où Amelia Brand parle d'amour avec Joseph Cooper ou une scène entre un père et sa fille...derrière la bibliothèque dans une autre dimension, par exemple...

https://www.youtube.com/watch?v=0rDczIsHJn4


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyLun 10 Fév 2020 - 19:38


Complot de Famille - Alfred Hitchcock: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

1976

<<Julia Rainbird, vieille dame riche mais rongée par le remords, fait appel à une « voyante », Blanche Tyler : depuis des années elle fait le même cauchemar, dans lequel sa défunte sœur la hante afin qu'elle retrouve le fils adultérin dont cette dernière avait dû se séparer par crainte des on-dit. Julia charge Blanche Tyler de retrouver Edward Shoebridge, ce neveu perdu, avec à la clef une récompense de 10 000 $, car elle a l'intention de le coucher sur son testament. Blanche Tyler, la pseudo-voyante et son compagnon George Lumley, chauffeur de taxi, se lancent sur la piste de l'héritier. Or, il s'avère qu'Edward Shoebridge est devenu bijoutier, sous le nom d'Arthur Adamson et s'enrichit grâce à des activités criminelles. Pour effacer les traces de son passé, il a assassiné les Shoebridge, ses parents adoptifs, et s'est fait passer pour mort. Avec sa compagne, Fran, ils organisent l'enlèvement de riches personnalités, qu'ils séquestrent dans leur cave en attendant une rançon en diamants. C'est à cette intrigue que vont se mêler Blanche et George. Ils découvrent que le tombeau de famille des Shoebridge ne contient pas le cadavre d'Edward. De fil en aiguille, la piste qu'ils suivent remonte vers un certain Joe Maloney. Ce dernier avertit son complice, Adamson, qu'il est recherché. Adamson, craignant une enquête de la part de la police ou d'un détective privé, essaie de convaincre Maloney et Fran de la nécessité de s'occuper du jeune couple.>> (Wikipédia)

Complot de Famille est un "Hitchcock" qui m'avait bien plu à l'époque où je l'ai vu pour la première fois. Ce n'était pas vraiment l'intrigue en elle-même qui m'avait séduit, mais plutôt la manière dont c'était amené, sur le ton d'une série noire et la décontraction d'une comédie portée par les deux personnages principaux, George Lumley (Bruce Dern) et Blanche Tyler (Barbara Harris). En voulant le revoir l'autre jour j'ai connu une fâcheuse expérience: le film se déroulait devant moi dans une gesticulation qui me laissait quasiment indifférent. J'ai d'abord cru que ce film ne me plaisait plus. Ce sont des désamours qui arrivent souvent, des goûts qui ont évolué, un cinéma ou un genre cinématographique qui a mal vieilli...C'est comme avec la musique...En réalité, ce jour-là, je me sentais fatigué. Avec ma fille, nous avions tenté un blanc fruité et il ne m'avait pas réussi, je peux même dire qu'il m'avait cassé. C'est vrai que je n'ai jamais été très porté sur l'alcool, mais là je n'en avais même pas abusé, juste un verre normal pendant le repas. C'est la raison pour laquelle je n'étais pas entré dans le film que j'avais d'ailleurs renoncé de regarder en entier. Dans de meilleures dispositions, j'ai décidé de me le remettre hier soir et, cette fois, il est passé comme une lettre à la poste. J'ai retrouvé le plaisir de la "première fois". Moralité: ne jamais boire un mauvais vin avant de regarder un bon film, sinon vous pourriez croire avoir vu un mauvais film après avoir bu ce que vous pensez être un bon vin. Hehe Parmi les autres protagonistes du film, il y a William Devane qui, entre cinéma et télévision, a beaucoup travaillé...Ma grande surprise de le retrouver, un poil vieilli, dans Interstellar de Christopher Nolan, un petit rôle en directeur de la NASA. Dans Complot de Famille, il est le personnage recherché par les deux détectives en herbe. Il y a Karen Black qui a beaucoup tourné, Ed Lauter, un grand habitué des seconds rôles et des rôles de "méchants", il faut dire qu'il à la tête de l'emploi! Ce film a permis à John Williams de composer l'une de ses meilleurs musiques de film.

Une scène fétiche: Pas de scène fétiche en particulier.

https://www.youtube.com/watch?v=oGKbcZcDw0Q
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyMar 11 Fév 2020 - 20:47

La Femme du Dimanche - Luigi Comencini: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622

             1975

Il y a des films que l'on pense avoir vus pour finalement se rendre compte que c'était une illusion, sans doute des extraits qui sont restés en mémoire comme des souvenirs du film...C'est ce qui m'est arrivé avec cette comédie policière de Luigi Comencini, La Femme du Dimanche. En réalité, je découvre que je ne connaissais rien du cinéma de ce réalisateur italien car le premier film que j'aurai finalement vu est la satire Qui a tué le Chat? et ça date seulement de quelques semaines: j'en parle même avec éloge sur ce topic. J'adore ce film! Il a aussi réalisé Le Grand Embouteillage (1979) et du coup je me demande si je l'ai réellement vu en entier à l'époque. Une chose est certaine, il sera probablement ma prochaine acquisition de Luigi Comencini étant donné que le sujet m'intéresse beaucoup. La Femme du Dimanche est une peinture d'un milieu social bourgeois décadent, une peinture aux couleurs vives où chaque portrait est sculpté à grand coup de traits incisifs et non sans une certaine acidité dans le ton choisi. Disons le; Commencini dresse avec ce film une description au vitriol de la bourgeoisie turinoise. Le regard du cinéaste y est malgré tout lucide, pimentant les investigations du commissaire Santamaria, interprété dans l'élégance et le raffinement par Marcello Mastroianni, avec la drôlerie et la férocité qu'il faut. Et c'est plutôt bien dosé. Face à lui il y a la superbe Jacqueline Bisset, le "tout en nuance" Jean-Louis Trintignant, Aldo Regiani, homosexuel et amant de Massimo Campi, le personnage joué par Trintignant: il sera cet "Icare" qui s'approchera trop près de la vérité. Claudio Gora, que je retrouve après Les Cruels de Sergio Corbucci, endosse le rôle ingrat du pitoyable architecte obsédé sexuel qui se fera fracasser le crâne avec un phallus en marbre, ni plus ni moins. Je n'oublierai certainement pas le second commissaire chargé de l'enquête, De Palma, qui se déplace fortement courbé, gêné par un mal de dos récurrent. Il est joué assez drôlement par Pino Caruso. Je retrouve également Maria Teresa Albani après Vertiges de Mauro Bolognini. La musique est bien mise en valeur. Comme pour Qui a tué le Chat? (1977) elle a été composée par Ennio Morricone. Il s'agit-là de sa seconde collaboration avec Luigi Commencini, la première ayant été Senza sapere niente di lei (1969). Pour La Femme du Dimanche, il composa un excellent thème d'investigation, dans l'esprit de ce qu'il avait composé quelques années plus tôt sur Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d'Elio Petri. Efficace et apportant une dynamique anxiogène au film, il est peut-être quand même un peu trop employé...

<<À Turin, le minable architecte Garrone, mondain et obsédé sexuel, est assassiné à l'aide d'un gros phallus de pierre. Le commissaire Santamaria, originaire de Rome et peu familier avec la capitale du Piémont, est diligenté sur l'affaire. Il soupçonne d'abord Anna Carla Dosio, riche bourgeoise qui s'ennuie auprès de son industriel de mari : deux domestiques qu'elle venait de renvoyer ont en effet livré à la police un brouillon de lettre où elle semblait souhaiter la mort de Garrone. Le destinataire de la lettre, Massimo Campi, issu d'une grande famille, devient dès lors suspect aussi, d'autant qu'il cache avoir passé le soir du crime avec son petit ami, Lello Riviera, jeune fonctionnaire municipal qui décide de mener sa propre enquête pour le sauver. Santamaria, aidé par son collègue De Palma et à l'occasion par une Anna Carla réjouie de cet intermède pimenté, découvre les différents aspects et quartiers de la ville : snobisme et futilité charmante de certains oisifs, vaste trafic de phallus sculptés, somptueuses villas anciennes sur les collines, jardins de l'austère veuve Inès Tabusso — champ de prostitution nocturne qu'elle voudrait bien lotir —, marché aux puces pittoresque du Balôn...>> (Wikipédia)

Une scène fétiche: celle avec la mystérieuse voiture toute cabossée à l'avant...sur la musique de Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=VhyQQUndjxk
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyMer 12 Fév 2020 - 23:44


La Propriété c'est plus le Vol - Elio Petri: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

1973

La propriété, c'est plus le vol/La proprietà non è più un furto d'Elio Petri s'inscrit dans le cycle de portraits de la société italienne que le cinéaste engagé a entrepris: il y raconte le rôle de l'argent tout comme il avait raconté la police et le pouvoir politique dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et la condition ouvrière dans La classe ouvrière va au paradis. Il le fera pour la démocratie chrétienne dans Todo modo, un de ses films les moins connus et parmi ceux qui m'intéressent le plus. La Propriété c'est plus le vol peut être perçu comme une satire ou une farce brechtienne d'une noirceur absolue sur le capitalisme, une noirceur totalement assumée par son réalisateur. Un certain Birgé y évoque un film caustique possédant l'humour grinçant d'un Mocky, la fantaisie d'un Fellini, la modernité d'un Antonioni, la critique acerbe d'un Pasolini, voire la colère "noire" d'un Rosi et la folie d'un Ferreri...J'y ai d'abord vu le même regard corrosif d'Elio Petri sur tous les "travers" du système sociétal dans lequel nous évoluons: après l'ivresse du pouvoir et des tentations d'en user et abuser, la relation oppressante entre l'ouvrier et les impératifs de la production et du rendement, il y évoque avec brio et une certaine perversité diabolique l'enfer de l'argent, l'enfer de la propriété. Ce n'était pas forcément un sujet facile à traiter et aucun des personnages qui y gravitent n'est positif. La réponse de Petri sur ce sujet fut celle-ci: <<Dans l'enfer petit-bourgeois de la propriété et de l'argent, il n'existe pas de possibilité de libération, de récupération.>> Ugo Tognazzi endosse le rôle d'un riche propriétaire, notamment de boucheries, aussi cynique qu'outrancier. Flavio Bucci, nommé Total, endosse le costume d'un modeste employé de banque que l'argent dégoûte, au point de lui provoquer de gênantes démangeaisons. La maîtresse plutôt libertine du boucher est interprétée par Daria Nicolodi qui a joué dans plusieurs films de Dario Argento. Mario Scaccia est en quelque-sorte un artiste partagé entre le cambriolage et le théâtre. Il y a aussi Salvo Randone, acteur qui apparaît dans plusieurs films d'Elio Petri et d'autres grands films italiens. J'ai eu la surprise d'y trouver en directeur de banque l'acteur français Julien Guiomar. Un autre acteur français dans un petit rôle: Jacques Herlin qui a une filmographie impressionnante. La Propriété c'est plus le Vol est un film que je n'avais jamais vu auparavant, mais comme je me suis juré, dans la mesure du possible, de voir tous les films d'Elio Petri...Un autre atout est la fascinante et audacieuse partition musicale d'Ennio Morricone.

<<Modeste employé de banque, pris de dégoût et de démangeaisons au simple contact de l'argent, Total vit chaque jour dans l'angoisse. Convaincu des injustices causées par la richesse, il décide de s'attaquer au système en prenant pour cible un propriétaire de boucheries (entre autres) qui étale sa fortune avec ostentation. Total démissionne pour se consacrer exclusivement à la tâche qu'il s'est donnée comme mission: il observe le comportement de sa future victime et passe à l'action...>>

Une scène fétiche: le générique-début avec ses soupirs et gémissements...beau & effrayant...

https://www.youtube.com/watch?v=EClmnlJyaMg
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 14 EmptyJeu 13 Fév 2020 - 13:39

Garçon d'honneur - Ang Lee: Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 Les films d'Icare - Page 14 395622 +

              1993

Il y a un moment que je souhaitais revoir ce film d'Ang Lee que j'avais vu au cinéma lors de sa sortie vers 1993. Il m'avait beaucoup amusé et surtout ému. L'année d'après, je découvris avec le même plaisir Salé, Sucré du même réalisateur, toujours sur grand écran. J'avais besoin d'une comédie rafraîchissante et je ne pouvais faire un meilleur choix. Prix de la critique à Deauville et Ours d'or à Berlin, cette comédie américano-taïwanaise bénéficie d'une excellente direction d'acteurs. Winston Chao, Mitchell Lichtenstein, May Chin, Ah Lei Gua, Sihung Lung, voilà un quintette de comédiens pris dans la spirale du mensonge et du mariage blanc, entre drôlerie et pure émotion, sur une musique qui mélange danses sud-américaines et instruments chinois, concoctée par un certain Mader.

<<Wai-Tung (Chao), immigré taïwanais vivant à New-York, se débrouille plutôt pas mal en affaire et file un parfait amour avec son petit ami Simon (Lichtenstein). Ils vivent pleinement leur homosexualité, ce que les parents de Chao restés en Chine ne savent évidemment pas, bien qu'ils s'étonnent et se lamentent d'un célibat qui commence selon eux à trop durer. C'est alors que Simon a une idée de génie. Sentant l'influence de la tradition chinoise peser lourdement sur les épaules de son compagnon, il le pousse au mariage blanc avec la délicieuse mais fauchée Wei-Wei qui est aussi la locataire de Chao, sans titre de séjour, sans travail stable, sans argent. Ayant besoin d'une "green card" et plutôt attirée par la beauté du jeune homme, elle accepte de tenir le rôle de future épouse. Chao informe ses parents afin de les rassurer, seulement ceux-ci décident de se rendre à New York pour assister au mariage, ce qui va entraîner quelques complications pour le plus grand malheur de nos protagonistes et le plus grand bonheur des spectateurs. Cerise sur la pièce montée, les parents attendent depuis trop longtemps ce moment qu'ils ne peuvent se satisfaire d'une union civile à la va-vite. Ils veulent un vrai banquet, un vrai mariage dans la plus pure tradition chinoise. Ainsi de gros grains de riz s'immiscent dans la mécanique du mensonge.>>

Une scène fétiche: Lorsque la mère apprend la vérité de la bouche de son fils.

https://www.youtube.com/watch?v=u9WuyurYaao
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