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 Les films d'Icare

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 6 Déc - 23:24

steph-w a écrit:
une version que je n'ai vue qu'une fois et adolescent c'est celle avec Georges Géret (que j'ai toujours trouvé peu utilisé au cinéma) et réalisée pour les programmes de la jeunesse de l'ORTF par Marcel Bluwal. Very Happy

Un petit hommage en image à Georges Géret que j'ai vu dans beaucoup de films...

https://www.youtube.com/watch?v=ftgV-4RPG7w

Georges Géret fait partie de ces seconds, voire troisièmes rôles qui marquent les esprits par sa bouille très expressive, au même titre que Jean Bouise, Paul Crauchet, Christian Barbier, Claude Brosset, Michel Beaune. Je crois que la dernière fois que je l'ai vu c'est dans un petit polar à la française que j'avais vu sur Youtube; Le Mataf de Serge Leroy (1973). Mais, personnellement, j"associe systématiquement cet acteur à Z de Costa-Gavras alors qu'il n'y joue qu'un petit rôle. Il a pourtant incarné quelques personnages principaux, outre Jean Valjean dans Les Misérables de Marcel Bluwal (1972) pour la télévision, notamment dans Roger la Honte (1966) de Riccardo Freda avec Irène Papas. Pierre Tchernia ne manquera pas d'air en lui faisant jouer, dans La Gueule de l'autre, le rôle du petit-fils du commissaire Javert, lui qui a joué Jean Valjean!! Hehe Sinon, il joue dans quelques films qui m'intéressent vivement, Un coin tranquille à la campagne d'Elio Petri (1968), Compartiment Tueurs de Costa-Gavras (1965) ou encore L'étranger de Luchino Visconti (1967) et Le Journal d'une femme de chambre de Luis Bunuel (1964).

https://www.youtube.com/watch?v=PrylX3S1Mgk
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 12 Déc - 14:27

L'oiseau au plumage de cristal - Dario Argento: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

    1970

L'oiseau au plumage de cristal est le premier film de Dario Argento et le premier film que j'ai vu de ce réalisateur. Evidemment, je ne l'ai pas vu lors de sa sortie en salle parce que je n'avais que sept ans à cette époque. Hehe Je l'ai découvert bien plus tard par le biais du VHS. J'en avais aussitôt aimé l'ambiance, le climat, les couleurs, la photographie de Vittorio Storaro, jeune talent très prometteur qui avait déjà travaillé sur Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci (1964), les personnages, l'intrigue et la musique anxiogène et même hallucinogène d'Ennio Morricone. J'aime bien aussi la façon dont les meurtres sont mis en scène, jamais trop "gore", ce qui ne sera pas toujours le cas dans le cinéma d'Argento...Disons que là, comme dans Le Chat à neuf queues et Quatre mouches de velours gris, il n'en fait pas trop, juste ce qu'il faut. En général, lorsque ça devient trop sanguinolent, trop "gore", les scènes de crime perdent leur effet sur moi, ellent provoquent une répulsion qui me désolidarise de l'esthétique globale du film. Je ne sais pas trop comment expliquer ça...En tout cas, dans cette trilogie animalière, j'ai apprécié les scènes de crime qui m'ont paru encore plus inventives dans les second et troisième volets. L'oiseau au plumage de cristal fut pour moi l'occasion de retrouver Tony Musante après El Mercenario de Sergio Corbucci, Enrico Maria Salerno que j'avais déjà croisé dans Eté violent de Valerio Zurlini (1959) et qui tient le rôle principal dans Una vita venduta, un film d'Aldo Florio (1976) que j'aimerais beaucoup découvrir. A noter deux rôles féminins importants; Suzy Kendall que je n'ai jamais vu jouer ailleurs que dans ce film mais qui a pourtant tourné dans deux autres films qui m'intéressent vivement: Spasmo d'Umberto Lenzi (1974) et surtout Fräulen Doktor d'Alberto Lattuada (1969) et Eva Renzi que je n'ai jamais vu non plus dans un autre rôle que celui de Monica Ranieri. Son mari est interprété par un acteur italien dont les traits me sont familiers, Umberto Raho. Je me rappellais bien de son personnage et je l'avais aussi vu dans La cage aux folles III de Georges Lautner. Il joue aussi un rôle dans Verdict de Jean Cayatte (1974). Il y a également un autre acteur que je connais beaucoup mieux et que j'aime beaucoup, Mario Adorf, dans le rôle d'un peintre plutôt ermite et misanthrope et qui m'avait tant fasciné dans la série tv Via mala de Tom Toelle (1985).

<<Sam Dalmas est un écrivain américain vivant à Rome avec sa petite amie Julia, mannequin. La nuit précédant son retour aux États-Unis, il est témoin de l'agression d'une femme par un mystérieux individu vêtu d'un imperméable noir. Essayant de lui porter secours, il est piégé entre les deux portes automatiques d'une galerie d'art et ne peut qu'observer pendant que l'assaillant s'enfuit. La femme, Monica Ranieri, épouse du patron de la galerie, survit à l'attaque, mais la police confisque le passeport de Sam pour l'empêcher de quitter le pays, pensant qu'il pourrait être un important témoin. Sam est alors hanté par ce qu'il a vu cette nuit-là, persuadé qu'un élément important lui échappe. Lui et son amie deviennent les nouvelles cibles du mystérieux agresseur.>>

Une scène fétiche: Celle où Dalmas (Musante) est poursuivi par un tueur, qui faute d'être en vêtements sombres porte un blouson jaune, sur une musique très appropriée d'Ennio Morricone, obsessionnelle, débridée, une sorte de folie sonore avec percussions, timbres vifs et trompette étranglée qui apporte une dimension surréaliste, comme s"il s'agissait d'un cauchemar, d'une descente en enfer...J'aime beaucoup comment cette traque est mise en scène, comment elle est filmée sur la musique de Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=JDtKZfYvMI0


Dernière édition par Icare le Ven 13 Déc - 8:12, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 12 Déc - 19:56

Mais...qu'avez-vous fait à Solange? - Massimo Dallamano: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

      1972

Aujourd'hui, je me suis offert une journée consacrée au giallo. Après avoir redécouvert L'oiseau au plumage de cristal de Dario Argento, j'ai enfin vu pour la première fois Mais qu'avez-vous fait à Solange? de Massimo Dallamano. L'intrigue m'intéressait et je voue un certain intérêt pour le genre: <<"Giallo" veut dire "jaune" en italien. Ce terme désignait initialement une collection de romans policiers populaires, puis le genre cinématographique qui en a découlé. Profondément marqué par Mario Bava et Dario Argento, il se caractérise par la présence d'un criminel mystérieux et sadique, des scènes de meurtres particulièrement sanglantes et un jeu de caméra très stylisé. A la frontière entre le policier, l'horreur et l'érotisme, le "Giallo" connaît son apogée en Italie dans les années 60 et 70. Il marquera au fer rouge des générations de cinéphiles et de réalisateurs. A bien des égards, les "slashers" américains des années 80 et les grands thrillers "serial killers" des années 90 sont ses fils spirituels.>> Toute l'action du film de Dallamano se situe en Angleterre, plus précisément à Londres et ses alentours. Il n'y a pas si longtemps, j'ai regardé un autre film dont l'intrigue se situait dans un Londres plus ancien encore; Hungover Square de John Brahm (j'en parle plus haut). L'histoire de Mais qu'avez-vous fait à Solange est très intéressante et le mystère est solidement maintenu jusqu'au bout, même si la réponse à la question n'est plus d'actualité aujourd'hui dans un pays comme l'Angleterre. Je n'en dirai toutefois pas davantage. Au départ, j'avais peur de scènes trop sadiques et "gores" mais non, le film de Dallamano ne tombe pas dans cet excès-là. C'est très bien filmé, le film bénéficiant d'une photographie de Joe D'Amato. J'adore l'ambiance de ces films-là. J'avais déjà beaucoup aimé Qui l'a vue mourir? d'Aldo Lado et Le venin de la peur de Lucio Fulci. Mais qu'avez-vous fait à Solange? s'articule autour de jeunes femmes et d'un secret qui les unit et a un lien évident avec les meurtres qui se succèdent. L'intrigue se développe avec méthode et élégance, sublimée par une musique d'Ennio Morricone, d'abord un très beau thème principal avec la voix d'Edda Dell'Orso et des morceaux plus atonals et anxiogènes, dans une architecture sonore moins nourrie que dans le cinéma de Dario Argento. Le thème principal a aussi un rôle à l'intérieur du film, c'est un morceau musical qu'aime écouter l'un des principaux protagonistes, Elizabeth Seccles, interprétée par Cristina Galbo. Fabio Testi y tient le rôle principal, Enrico Rosseni, professeur de sport et d'italien dans une école pour filles. Karin Baal y tient le rôle de son épouse. Je ne connaissais pas ces deux actrices avant aujourd'hui, bien que la seconde ait joué dans plusieurs films de Fassbinder. Joachim Fuochsberger est un acteur allemand qui incarne l'inspecteur Barth. On notera aussi la présence de Camille Keaton, petite-fille de Buster Keaton.

<<Un professeur d’un collège catholique pour filles, Enrico Rosseni, a une liaison avec une de ses élèves, Elizabeth Seccles, car il n’éprouve plus de sentiments pour sa femme Herta. Lors d’une escapade amoureuse sur la Tamise, Elizabeth croit percevoir une jeune fille poursuivie par un homme la menaçant d’un couteau. Enrico ne la croit pas mais le lendemain, il apprend qu’une fille a été retrouvée morte sur les berges de la Tamise. Se rendant sur les lieux, il découvre l’horrible spectacle. La police mène son enquête et soupçonne Enrico car le stylo de celui-ci a été retrouvé près de la scène du meurtre...>>

Une scène fétiche: Pas de scène en particulier, mais plutôt le couple que forme Enrico (Testi) et Herta (Baal). Je les ai trouvés très justes dans leurs rapports complexes, jusque dans leurs échanges de regards.

https://www.youtube.com/watch?v=iHB-2KrZ_PI
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 13 Déc - 14:21

Les Heures Sombres - Joe Wright: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

    2017

Les Heures Sombres est sans aucun doute le film le plus récent que j'ai évoqué sur ce fil. S'il est nul besoin d'être très observateur pour se rendre compte que je regarde majoritairement des anciens films, il ne faudrait quand même pas réduire ma quête cinématographique à une quelconque nostalgie ou passéisme. la véritable raison est que je vais très rarement au cinéma et que les sujets qui m'intéressent vraiment je les vois souvent en différé, parfois longtemps après leur sortie en salle. Puis, si je tiens compte de ma quête initiale qui est à l'origine de ce topic, il s'agissait de revoir tous les films qui m'ont marqué durant toute ma vie pour une raison ou une autre, voire plusieurs raisons en même temps, en commençant par Le jour se lève de Marcel Carné (1939) que je n'ai d'ailleurs toujours pas revu mais qui m'avait bouleversé enfant. Je sais que j'ai plusieurs fois dépassé mon idée de départ en voyant et évoquant des films que je n'avais jamais vus auparavant. C'est le cas du film de Joe Wright, Les Heures Sombres. Des métrages retraçant la terrible période de la Seconde Guerre Mondiale ou un épisode de celle-ci, il y en a eu à la pelle, mais un film sur Winston Churchill je ne suis pas sûr qu'il y en ait eu beaucoup. Je parle de films, pas de documentaires, ce n'est pas la même chose. En général, lorsqu'un film est réalisé sur un personnage politique, je suis intéressé. J'avais par exemple adoré Bruno Ganz incarnant Hitler dans La Chute. Ici c'est Gary Oldman qui endosse le rôle de Churchill et autant dire que sa prestation est remarquable et mérite les récompenses qu'il a décrochées, Oscar, Golden Globe et Bafta. Gary Oldman est entouré de Kristin Scott Thomas dans le rôle de son épouse, Lily James dans le rôle de sa secrétaire, Ben Mendelsohn en Roi George VI, Ronald Pickup sous les traits de Neville Chamberlain et Stephen Dillane incarnant Edward Frederick Lindley Wood, vicomte d'Halifax. Le film est plutôt bien fichu et dirigé, sans aucun temps mort, porté par la présence charismatique de Churchill/Oldman et sur une partition musicale certes assez classique et un peu lisse, mais à laquelle j'admets une certaine élégance. Elle est signée Dario Marianelli. Il y a notamment un thème un peu scandé avec piano solo qui m'a interpellé, je l'ai trouvé beau et touchant, ce qui ne m'étonne d'ailleurs pas de la part de ce compositeur dont j'ai quelques B.O. sur cd que j'aime réécouter de temps en temps.

<<Se déroulant entre le 9 mai 1940 (la veille de l’offensive allemande) et début juin 1940, le film se focalise sur le personnage de Churchill et son entourage, en partie par l'œil de sa nouvelle secrétaire privée (en), chargée de taper télégrammes et courriers. D'abord pressenti comme prochain Premier ministre, Churchill se heurte à une opposition favorable à des pourparlers de paix (en premier Lord Halifax et Chamberlain). Puis on le suit à la tête du gouvernement, dans les affres de la douleur des choix difficiles. Notamment lorsque la guerre éclair refoule les 300 000 hommes de l'armée britannique à Dunkerque, le dos à la mer. Churchill ordonne le sacrifice d'une unité chargée d'une diversion (30e brigade motorisée commandée par le brigadier Nicholson (en) à Calais) et la mobilisation des embarcations civiles pour secourir les armées française et anglaise encerclées à Dunkerque : c'est l'« opération Dynamo » qui débute le 26 mai. Avant son discours devant le parlement du 4 juin 1940, Churchill décide de suivre les conseils du roi George VI, dont il a reçu la confiance : prendre l'avis des gens de la rue et s'appuyer sur eux. Il descend dans le métro pour la première fois de sa vie et effectue la fin du trajet jusqu'au Palais de Westminster. Il y découvre la confiance et la détermination des Britanniques à se battre jusqu'au bout contre le fascisme. Aux questions sur une possible négociation d'un accord de paix, les gens résument leur sentiment par un jamais unanime. Il utilise alors les paroles attribuée à Horatius Coclès dans une ballade de Thomas Babington Macaulay (Lays of Ancient Rome) : « Tôt ou tard la mort arrive à tout homme sur cette terre, et comment mourir mieux qu’en affrontant un danger terrible » qu'un homme achève avec émotion pour lui « pour les cendres de ses pères et l’autel de ses dieux ? ». Churchill a la réponse à cette autre décision difficile : transcrire politiquement la résistance et le combat, et ce contre l'avis du cabinet de guerre. Il s'adresse au grand cabinet (membres de son groupe) où il reçoit une ovation (avec les mêmes jamais), puis à la chambre des députés, où même Chamberlain donne son accord à son parti. Voulue par tous, l'union nationale est ainsi réalisée par Churchill.>> Wikipédia

Une scène fétiche: facile! La scène où Churchill prend le métro et parle avec les gens.

https://www.youtube.com/watch?v=TFDumAPV0LY
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptySam 14 Déc - 18:15


La ligne de démarcation - Claude Chabrol: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

1966

Il fallait bien qu'un jour j'évoque un film de Claude Chabrol. A vrai dire, La ligne de démarcation n'était pas celui auquel j'avais pensé en premier. Je n'étais même pas sûr de l'avoir déjà vu. En fait si! Je m'en suis rappelé en voyant la dernière scène. C'est seulement le déroulement final qui fait que je suis certain de l'avoir déjà vu, sauf que je devais être très jeune et que d'autres films m'ont davantage marqué que celui-là. C'était une bonne idée de le voir après Les heures sombres de Joe Wright, car l'intrigue se situe dans la même période tragique et que Mary de Damville, la comtesse anglaise, sous les traits de Jean Seberg, écoute beaucoup "Radio-Londres", ce que ne cesse de lui reprocher son époux, Pierre, interprété par Maurice Ronet que je retrouve, toujours en noir et blanc, après Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. Il y a une ambiance très française dans ce film de Chabrol. Il faut dire que c'est pour moi une retrouvaille avec des acteurs et actrices que je n'avaient pas revus depuis longtemps, dont Noel Roquevert, une bouille que je n'ai jamais oubliée et qui a parcouru des kilomètres et des kilomètres de pellicules du cinéma français...Je l'avais dernièrement vu dans Le Viager de Pierre Tchernia (1972), qui sera sa dernière apparition à l'écran, il mourut en 1973...Il y a aussi Stéphane Audran, Daniel Gélin, Jean Yanne, Mario David, Jacques Perrin, Claude Léveillée, Roger Dumas et Reinhard Kolldehoff que je retrouve après La Poursuite implacable de Sergio Sollima et Un homme à respecter de Michele Lupo. Dans le film de Chabrol, il endosse l'uniforme allemand, un rôle qu'il a souvent tenu au cinéma. Il en résulte un bon film sur l'occupation même s"il est loin d'être aussi fort que L'Armée des Ombres de Melville. Le personnage intéressant, selon moi, est tenu par Maurice Ronet, un homme brisé par la défaite, résigné, enlisé dans une logique de capitulation jusqu'au bouleversement final, contrairement à son épouse qui a sans doute en elle une forme d'optimisme "churchillien" qui résiste: elle croit en la victoire, d'autant plus que l'Angleterre n'a pas été envahie par l'armée nazie. Cet optimisme agace Pierre qui lui suggère de ne plus écouter "Radio-Londres". Pour lui, la guerre est perdue au point que les actes de sabotages organisés par la Résistance lui paraissent dérisoires et criminels...Pierre Jansen, qui a beaucoup collaboré avec Claude Chabrol, signe une solide partition, grave et austère. Le film est une adaptation du célèbre ouvrage du colonel Remy.

<<Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation allemande, la ligne de démarcation coupe en deux un village du Jura. Un capitaine de l'armée française, le comte Pierre de Damville, prisonnier de guerre, blessé en 1940, libéré par les Allemands, revient chez lui. Mais son château est utilisé par l'occupant comme siège de la Kommandantur locale. Pierre est résigné à devoir cohabiter avec les Allemands, dans l'inaction, ce que refuse courageusement sa femme, Mary, anglaise naturalisée française par son mariage, qui a rejoint les rangs de la Résistance. Mais la Gestapo intervient dans la région à la recherche de deux parachutistes : un agent secret anglais et un agent de la France libre. Les résistants locaux s'emploient à leur faire passer la ligne de démarcation, tandis qu'ils cherchent à exécuter un passeur véreux ayant abandonné une famille juive aux nazis...>> Wikipédia

Une scène fétiche: Le sacrifice de Pierre...

https://www.youtube.com/watch?v=vePp8r1H8M8
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptySam 14 Déc - 18:35

C'est un film qui marque, puisque moi aussi, je l'ai vu alors que je n'avais probablement pas plus de 15 ans, et dont je me souviens de scènes dures ou bouleversantes. Tu rappelles Noël Roquevert, qui interprétait souvent un colonel en retraite ou un ministre. Il apparaît dans au moins 175 films. Very Happy
Parmi les scènes dont je me souviens et qui m'avaient terrifié, c'est celle où justement, Noël Roquevert, interpelle vertement un soldat allemand, en lui reprochant, en bon patriote, qu'il ne parle pas français! pale
Je ne l'ai pas vue, mais la série "un village français", ne s'inspire-t-elle pas de ce film? Very Happy
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptySam 14 Déc - 22:49

steph-w a écrit:
Je ne l'ai pas vue, mais la série "un village français", ne s'inspire-t-elle pas de ce film? Very Happy

Je ne saurais dire...Je regarde peu la télévision, seulement quand je mange...Une fois, je suis tombé sur cette série et je l'ai laissée un peu pour voir: <<Cette série a pour but de retracer la chronologie de l'Occupation allemande dans une petite sous-préfecture fictive du Jura non loin de la ligne de démarcation, du point de vue de la population civile en prenant le temps de détailler les positionnements individuels et leurs évolutions en fonction des événements. Elle est censée s'étaler sur cinq ans avec une prévision d'environ 60 épisodes de 52 minutes, soit 12 par année d'occupation. Néanmoins, la troisième saison fait quelque peu évoluer le concept puisque ses douze épisodes couvrent une période de six semaines environ, dans le but de proposer une longue intrigue à suspense avec des accroches et de renforcer la fidélisation du public. La série a été bien accueillie par la critique et ses audiences sont généralement bonnes.>> (Wikipédia).
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyMar 17 Déc - 18:59

Le Pacha- Georges Lautner: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

     1968

Voilà bien le prototype du polar à la française dont je ne me lasse pas!! Le Pacha de Georges Lautner est, avec Le deuxième souffle (1966), Le Doulos (1962), Le Cercle rouge (1970), trois "Melville", et Le Clan des Siciliens (1969) de Verneuil, la révélation d'un genre de prédilection. Ce fut une grande joie d'avoir revu ce film hier soir. Certes, je n'avais pratiquement rien oublié, comme si je l'avais vu la semaine dernière. C'est le type de cinéma dont je ne me lasserai jamais. Je pourrais le revoir aujourd'hui avec le même enthousiasme. C'est d'abord le plaisir de retrouver des acteurs merveilleux; Jean Gabin, André Pousse, Dany Carrel, Maurice Garrel, Frédéric de Pasquale, Louis Seigner, Gérard Buhr, Robert Dalban, André Weber, Pierre Koulak, Dominique Zardi, ce dernier ayant joué un petit rôle également (un soldat allemand), dans La Ligne de Démarcation de Claude Chabrol que j'ai revu la semaine dernière. André Pousse y tient le rôle d'un gangster pince-sans-rire avec lequel il ne vaut mieux pas faire affaire si on souhaite avoir une vie longue et bien remplie. le lascar dégomme ses partenaires de jeu comme d'autres battent leurs cartes au poker. La scène de l'attaque du fourgon est toujours restée gravée dans ma mémoire. C'est d'abord une idée musicale très bien trouvée, conçue par Michel Colombier et inspirée par la "Batucada", un genre de musique avec des percussions traditionnelles du Brésil dont les formules rythmiques en font un sous-genre de la samba. Le jeu des percussions crée une ambiance très spéciale qui conserve toute son efficacité à l'image cinquante ans après. Au générique-début, on y entend le fameux "Requiem pour un con" de Serge Gainsbourg. Sans doute fait-il référence au personnage interprété par Robert Dalban, vieux flic tombé sous le charme de la jeune Nathalie et franchissant la ligne rouge afin de mener la grande vie, ce qui lui sera fatal. C'est la balle de trop pour le commissaire divisionnaire Louis Joss, dit « le Pacha » (Jean Gabin), son ami de longue date. C'est de ce film qu'est née la célèbre tirade "Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner.". J'en viens à un autre grand atout du film de Lautner; les percutants dialogues de Michel Audiard. Un régal de chaque instant! Un échantillon:

<<Ca fait quarante ans que le truand me charrie. Je l'ai digéré à toutes les sauces et à toutes les modes, en costard bien taillé et en blouson noir. Ca tue, ça viole mais ça fait rêver le bourgeois et reluire les bonnes femmes. Elles trouvent peut-être ça romantique mais moi pas. Alors j'ai pris une décision. Moi les peaux-rouges je vais plus les envoyer devant les jurés de la Seine, comme ça il n'y aura plus de non-lieu ni de remise de peine. Je vais organiser la Saint-Barthélemy du mitan, tu m'as compris?>>

Une autre réplique que j'adore: "Tu sais, quand on cause pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute!"

Une scène fétiche: tout simplement l'attaque du fourgon au début du film.

https://www.youtube.com/watch?v=pA0TtOYWGxw
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyMer 18 Déc - 19:56

Le Président - Henri Verneuil: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

        1961

Je retrouve Jean Gabin et Michel Audiard dans une sorte de "thriller" politique en noir et blanc, sans aucun doute l'une des plus belles réussites cinématographiques d'Henri Verneuil. J'avais hâte de revoir ce film qui, quelque-part, est toujours d'actualité. Il offre aussi à Jean Gabin l'un de ses plus beaux rôles. Le terme "thriller" peut paraître exagéré ou inapproprié, cependant, ce sont les mots qui flinguent dans ce film, pas les revolvers ou les pistolets comme dans Le Pacha de Georges Lautner que j'ai revu avant-hier. Les répliques concoctées par Michel Audiard sont décidément entrées dans la légende du cinéma français. Adolescent, Le Président de Verneuil m'avait profondément marqué, alors que la politique ne m'intéressait absolument pas, me passait très largement au-dessus. Depuis, je suis davantage imprégné de politique et je la comprends parfaitement, du moins beaucoup mieux qu'à l'époque où je n'avais pas besoin de me raser. C'est donc sous un tout autre angle et avec un regard différent que je l'ai revu hier soir. J'en ai évidemment mieux saisi les subtilités. Par exemple, j'ai beaucoup mieux capté la scène de l'ultime rencontre entre Philippe Chamalont (Bernard Blier) et Emile Beaufort (Jean Gabin). Les cinéphiles avertis sauront de quelle scène il s'agit. Le film s'appuie sur un texte magnifique. Michel Audiard a excellé, même si pendant les répétitions L'acteur principal rouspéta contre le petit homme à bicyclette. Hehe Il y a une très longue tirade qui fut très difficile et si réussie au final. Elle est d'ailleurs ma scène fétiche:

https://www.youtube.com/watch?v=o6pcBGpag2o


Ce chef-d'oeuvre du cinéma français a été mis en musique par Maurice Jarre.

Synopsis:

<<Ancien président du Conseil, Émile Beaufort consacre une large partie de son temps à l'écriture de ses mémoires, qu'il dicte à sa dévouée secrétaire, Mlle Milleran, à La Verdière, sa propriété provinciale. Retiré des affaires publiques, il ne garde pas moins un regard attentif sur l'actualité politique nationale. Tandis qu'il écoute la radio pour suivre l'évolution d'une crise ministérielle en cours, Beaufort apprend que le député Philippe Chalamont, président du groupe des Indépendants républicains à la Chambre, est pressenti par le chef de l'État pour former le prochain gouvernement. La nouvelle perturbe Beaufort au point qu'il cesse quelques instants de dicter le contenu de ses mémoires à sa secrétaire, le temps de songer à l'époque où, président du Conseil, il dut travailler avec Chalamont, qui n'était autre que son directeur de cabinet. Si l'éventuelle nomination de Philippe Chalamont préoccupe vivement le vieil homme c'est parce que, plusieurs années auparavant, tandis que Beaufort dirigeait le gouvernement, un scandale financier de grande ampleur impliquant au premier chef la belle-famille de son directeur de cabinet a coûté plus de 3 milliards de francs au pays. Bouleversé par cette révélation, tandis qu'il avait une confiance entière en son collaborateur, Beaufort avait contraint Chalamont de coucher des aveux sur le papier, afin que sa responsabilité dans cette affaire soit révélée au grand public si cela s'avérait nécessaire. À partir de cet épisode, les relations entre Émile Beaufort et Philippe Chalamont sont devenues glaciales : le chef du gouvernement dut faire face, par la suite, à une opposition parlementaire combative, menée par son ancien collaborateur, devenu député. Un autre souvenir de Beaufort se rappelle à lui : souhaitant faire approuver par les parlementaires un projet de loi destiné à faire admettre à la France un dessein d'union douanière l'unissant à d'autres grandes puissances européennes, Beaufort vit Chalamont monter à la tribune de la Chambre pour contester avec éloquence le projet européiste de son ancien protecteur. Tandis que Beaufort devait répondre, ce dernier s'est lancé dans un réquisitoire acerbe et tout aussi éloquent contre une classe politique dépourvue de toute vision et uniquement guidée par ses intérêts particuliers, au mépris de l'intérêt national. Son projet voué à l'échec, Émile Beaufort promit de démissionner, avant de brocarder une dernière fois des parlementaires accusant le coup une fois le président du Conseil quittant l'hémicycle. Les années ont passé, et tandis qu'il estime son heure venue, grâce à cette crise ministérielle, Chalamont se présente à Beaufort, soucieux d'obtenir son appui avant d'accepter de former le gouvernement. Devant son ancien maître, le député reconnaît la nature visionnaire de son projet d'union douanière, qu'il avait pourtant combattu de façon vindicative. Faussement flatté par cet hommage, Beaufort s'élève contre son interlocuteur, dégoûté par son hypocrisie, son appétit de pouvoir et son défaut de probité. Menaçant de publier les aveux, écrits plusieurs années plus tôt, de Chalamont quant à son implication dans le scandale financier touchant sa belle-famille, Beaufort convainc Chalamont de renoncer à diriger le gouvernement, tandis que de son côté, l'ex-président du Conseil a brûlé les documents compromettant le député, persuadé que la seule éventualité d'une publicité du scandale éloignerait définitivement Chalamont de l'exercice du pouvoir.>> Wikipédia.
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 19 Déc - 13:45

L'île sanglante - Michael Ritchie: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

          1980

J'ai changé complètement de genre. J'ai pris la voie des mers et d'une île égarée aux côtés d'un Michael Caine peu fier d'avoir participé à ce naufrage du Box Office, alors que je n'ai jamais trop été attiré par les films de pirates. Hehe L'île sanglante de Michael Ritchie, adapté du roman éponyme de Peter Benchley (auteur de Jaws - Les dents de la mer), navigue en eaux troubles entre pirates et Triangle des Bermudes. Imaginez un groupe d'individus, aujourd'hui, enfin disons en 1980, date de sortie du film, vivant comme des boucaniers du dix-septième siècle, en total retrait de la civilisation moderne. Ils attaquent et pillent tous les bateaux passant non loin de leur île, assassinant tous leurs occupants et ravissant les enfants. Habillés comme des pirates sortis des romans, avec des gueules patibulaires et des rires crétins édentés, ils sèment la terreur loin d'un monde civilisé qui semble plutôt indifférent aux nombreuses disparitions, peu enclin d'en percer le mystère. Seul le journaliste Blair Maynard, interprété par Michael Caine, voudra en apprendre davantage et se rendra sur place, sans se douter une seconde de ce qu'il allait découvrir...à ses dépends...C'est ainsi qu'il offrit à son fils de douze ans, Justin (Jeffrey Frank), une aventure extrêmement périlleuse mais unique en son genre. Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur de cruels pirates en allant pêcher le barracuda au large. Hehe Ces voyous de la mer ont pour chef Nau, une occasion de retrouver l'acteur britannique David Warner qui a une belle filmographie à son actif, allant de La Malédiction de Richard Donner (1976) en passant par Marco Polo de Giuliano Montaldo (1982) pour la télévision. Le film de Ritchie a un aspect féroce et sarcastique. Il semble jouer avec une certaine habileté de la caricature de ses personnages, sans éviter le caractère un peu gore des meurtres qui y sont commis. Les pirates apparurent comme une grande farce, aussi bien aux yeux de Blair Maynard lorsqu'il reprit connaissance qu'aux miens, spectateur qui fut un peu déconcerté la première fois que j'ai vu ce film, il y a plus de vingt ans. Aujourd'hui, ces pirates au jeu un peu théâtral m'ont davantage amusé, bien que le spectacle demeure morbide du début jusqu'à la fin. Outre un thème principal très calme et propice à l'apaisement, Ennio Morricone, compositeur pas forcément attendu sur ce type de film, y composa une musique souvent atonale et tonitruante. Sur les deux scènes d'attaque d'un bateau, le metteur en scène utilisera Une vie de héros - Ein Heldenleben, op. 40 de Richard Strauss. Même si ce film est loin d'être un chef-d'oeuvre, je l'aime bien, même mieux aujourd'hui qu'il y a vingt ans.

<<Le journaliste Blair Maynard enquête sur les mystérieuses disparitions de bateaux dans le célèbre triangle des Bermudes. Assurant la garde de son fils lors d'un week-end, avec qui il entretient des rapports compliqués, il se rend à bord d'un vieux coucou sur l'île de Navidad, lieu proche des derniers signes de vie des navires disparus. Ils font la connaissance du docteur Windsor qui leur offre l'hospitalité. Ils sont rapidement attaqués par des pirates et emmenés sur leur île, où la population, coupée du monde, vit encore comme au xviie siècle.>>

Une scène fétiche: Aucune.

https://www.youtube.com/watch?v=lNr4A-6BAGI
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 20 Déc - 13:56

Je viens de revoir un film que j'ai déjà évoqué sur ce fil il y a quelques semaines ou quelques mois. C'est en regardant L'île sanglante de Michael Ritchie que j'ai repensé à Délivrance de John Boorman. Bien sûr, les deux histoires sont différentes. L'un se situe en plein océan atlantique et sur une île occupée par un groupe de pirates qui semblent s'extraire des cendres de Barbe Noire (1680-1718) sur l'île d'Ocracoke, alors que les quatre héros de Boorman descendent en canoë la dangereuse rivière Cahulawasseea qui prend sa source dans les Appalaches en Caroline du Nord avant de gagner la Géorgie. Ils rencontreront deux individus aussi primitifs que dégénérés qui feront basculer leur expédition sportive dans l'horreur et le chaos. Lorsque j'avais vu ce film la première fois, j'en étais sorti remué. Indéniablement, ce film avait eu un grand effet sur moi. En même temps, j'étais jeune. En le revoyant il y a quelques mois, l'émotion ne fut pas du tout de même intensité, au point que je ne pensais même pas le revoir. Je ne l'avais d'ailleurs noté que d'un seul soleil. Aujourd'hui, j'ai eu envie de le revoir, sans aucun doute grâce au film de Ritchie. J'ai fait un parallèle entre ces pirates d'une autre ère et les deux autochtones pervers et désaxés dans le "Boorman". Néanmoins, il y a quand même dans Délivrance une réalisation très maîtrisée et une tension maintenue jusqu'au bout. J'ai un peu retrouvé les frissons de la première fois.

Le point intéressant de l'intrigue: <<Le défi lancé par ces hommes s'adresse à la nature sauvage mais aussi à leurs propres faiblesses : Lewis, bâti en athlète, champion de tir à l'arc, dominateur, voudrait que ce défi soit un jeu dont il serait le seul à maîtriser les codes, que ce soit face aux rapides, aux rochers, à la nuit inquiétante, au meurtre d'un homme. Drew est un doux scrupuleux, Bobby est le petit gros dont on s'amuse, Ed semble timoré. Mais au fil du récit, ceux qui paraissent le moins aptes à affronter les dangers sont ceux qui vont les vaincre et en réchapper alors que Lewis, handicapé par une jambe qu'il s'est brisée sur les rochers, est conduit à souffrir au fond du canoé, sa survie dépendant dès lors de ceux qu'il avait initialement tendance à mépriser.>>

Petit rappel: Ed Gentry est interprété par Jon Voight que j'espère revoir prochainement dans Runaway Train (1985) d'Andrei Konchalovsky, un film qui m'avait bien plu à l'époque de sa sortie. Lewis Medlock est interprété par Burt Reynolds que je retrouve après Navajo Joe de Sergio Corbucci. Délivrance lui apporte la notoriété qu'il n'avait pas encore à ce moment-là. Drew Ballinger est interprété par Ronny Cox et Boddy Trippe par Ned Beatty. Ces deux acteurs ont également joué dans d'autres films très connus dont Robocop et Total Recall pour le premier et Superman I & II pour le second. Il y a aussi Billy Redden, un acteur américain né en 1956 dans le Comté de Rabun aux États-Unis. Il est surtout connu pour son rôle de garçon de montagne dans le film qui nous intéresse ici et dans lequel il interprète Lonnie, un adolescent dans le nord de la Géorgie, qui a joué au banjo le célèbre "Dueling Banjos" avec Ronny Cox alias Drew Ballinger. Cette scène très musicale est un moment fort sympathique, le beau moment de détente improvisé avant l'aventure...et quelle aventure! Le banjo accompagnera d'ailleurs la descente aux enfers des quatre protagonistes sur les compositions du banjoïste américain Eric Jean Weissberg, né en 1939.  

Délivrance - John Boorman: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptySam 21 Déc - 20:02

Malcolm X - Spike Lee: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

      1992

Il n'est jamais aisé de réaliser un film sur un personnage aussi charismatique et controversé que Malcolm X: <<Malcolm X, également connu sous le nom d'El-Hajj Malek El-Shabazz, né Malcolm Little le 19 mai 1925 à Omaha (Nebraska) et mort assassiné le 21 février 1965 à Harlem (État de New York), fut un prêcheur musulman afro-américain, orateur et militant des droits de l'homme. Aux yeux de ses supporteurs, il est un défenseur impliqué des droits des Afro-Américains ayant mis en accusation le gouvernement fédéral des États-Unis pour sa ségrégation de la communauté noire. En revanche, ses détracteurs l'accusent d'avoir alimenté une forme de racisme, le suprémacisme noir. Né Malcolm Little, il adopte le pseudonyme de Malcolm X lors de son passage en 1952 au sein du mouvement "Nation of Islam". Il s'éloigne finalement de celui-ci en 1964, principalement en raison de désaccords sur la passivité de l'organisation dans le combat contre la ségrégation raciale. Il évolue alors, peu avant sa mort, vers des positions socialistes et internationalistes. Il est assassiné le 21 février 1965 par trois militants de "Nation of Islam", néanmoins une possible implication du FBI est évoquée, même si elle ne sera jamais officiellement démontrée. Martin Luther King sera assassiné trois ans plus tard, en 1968..>> J'avais vu ce film il y a longtemps et deux éléments m'étaient restés en mémoire; tout d'abord la formidable prestation de Denzel Washington dans le rôle-titre et une superbe bande originale de Terence Blanchard, qui reste le point culminant d'une belle collaboration avec Spike Lee. Ce film qui se développe sur plus de trois heures, est brillant, solidement construit et filmé. Je n'ai pas l'impression que Martin Luther King ait bénéficié d'un film biographique de cette envergure. Il existe de beaux documentaires, des hommages musicaux, ensuite...Il y a eu ce film d'Ava Duverney, Selma (2004) que je n'ai pas encore vu et qui retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965. Martin Luther King est interprété par David Oyelowo. Je n'arrive pas vraiment à choisir une scène fétiche, peut-être celle qui correspond à l'image de la vidéo ci-dessous et illustre la première action concrète de Malcolm X contre les autorités.

<<Une évocation de la vie de Malcolm X, leader du mouvement noir américain Nation of Islam : son enfance difficile à Omaha, son séjour en prison où il apprend à cultiver la fierté de sa race, son entrée dans l'organisation d'inspiration islamiste, son mariage avec l'infirmière Betty Shabazz, son pèlerinage à la Mecque et son assassinat le 21 février 1965 au cours d'un meeting.>>

https://www.youtube.com/watch?v=5e0_TP4YstQ


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyMar 24 Déc - 14:47

Tire encore si tu peux! - Giulio Questi: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

      1967

J'aborde une nouvelle fois le western italien et une nouvelle fois je l'aborde sans qu'il ne s'agisse de Sergio Leone. C'est évidemment volontaire car j'ai pendant longtemps été imprégné des films de Leone, les ai vus et revus. Je laisse donc du temps au temps avant d'y revenir. Au contraire, je souhaitais m'en débarrasser un peu l'esprit afin de parcourir l'approche d'autres cinéastes italiens comme Sergio Corbucci, Duccio Tessari, Sergio Sollima, Giulio Petroni...Je porte par exemple en très haute estime Le Dernier Face à Face de Sergio Sollima et Le Grand Silence de Sergio Corbucci que j'ai déjà évoqués sur ce forum. Et même si je les porte moins haut, j'aime aussi beaucoup La Mort était au Rendez-vous de Giulio Petroni - (prochainement, je vais regarder Ciel de Plomb du même réalisateur) - et beaucoup Le Retour de Ringo de Duccio Tessari. Prochainement, je vais également regarder Un Pistolet pour Ringo, toujours de Tessari. Tous ces westerns que je me suis procurés en DVD ne sont pas des inédits pour moi, ce sont des films que j'ai vus et aimés, suffisamment en tout cas pour les avoir sur mes étagères et en disposer à chaque fois que le coeur m'en dira. Ce fut différent avec Tire encore si tu peux!/Se sei vivo spara! de Giulio Questi. C'est un western italien que je n'avais encore jamais vu avant aujourd'hui. Seul son titre m'était resté en tête...il m'intriguait, me plaisait. J'aimais bien ce titre. Pourtant, maintenant que j'ai vu le film, je ne sais pas trop s"il lui correspond vraiment. Peut-être parce qu'au départ, j'avais imaginé un déroulement final comme celui de Django ou encore Le Grand Silence de Corbucci. D'ailleurs, dans la version anglaise, le personnage principal - métis indien - interprété par Tomas Milian (que je retrouve aux côtés de Ray Lovelock après La Rançon de la peur d'Umberto Lenzi) est appelé Django. A savoir que Tire encore si tu peux a été interdit trois jours après sa sortie (en 1967) du fait de sa violence. C'est vrai qu'il est assez violent mais, depuis cette époque, cette notion de violence a bien changé et mérite d'être relativisée. Il y a bien deux scènes un peu sadiques et un sens moral mis à mal car voilà une histoire où règne la trahison, la cupidité, la cruauté, la luxure et même la folie. Il est dit que le réalisateur voulait exprimer toute la violence et les atrocités qu'il avait ingurgitées pendant la Seconde Guerre mondiale. De là à percevoir ce western comme un film d'horreur, il y a un pas que je ne saurais franchir. Je ne le perçois pas autrement que comme un western cru où chaque âme qui s'y agite est pervertie par quelque-chose. Le saint n'existe pas en ces lieux, certains seulement qui sont un peu moins pourris que la moyenne ambiante. J'aime la scène où les bandits américains, après avoir tué leurs complices mexicains, épuisés et affamés, pénètrent un village étrange, inquiétant, sordide. Je me suis dit dès le départ que ce village deviendra leur tombeau. Il y a une petite dimension fantastique qui transparaît ci et là: d'abord le héros qui, lui aussi, à la base est un bandit assoiffé d'or, mais qui survit miraculeusement de ses blessures, sauvé par deux indiens qui voient en lui un témoin des morts, un revenant. Il y a la scène de règlement de compte dans la boutique du village, avec le chef de la bande Oaks (Piero Lulli) qui l'a trahi, une scène assez cocasse qui montre une certaine créativité et même un certain humour...avec les chapeaux...Puis il y a cette idée que chacun des tirs de Oaks manque sa cible, comme si aucune de ses balles ne pouvait atteindre celui qu'il avait fait mourir dans le désert, comme si celui-ci était réellement le fantôme qu'il croyait voir. Pour son unique western (à ma connaissance), Giulio Questi a réalisé un film assez singulier, assez personnel, qui ne se soumet jamais complètement aux règles du genre, en tord les contours avec pas mal de brio. C'est sa réputation qui a fait que je me suis procuré le dvd sans l'avoir vu au préalable. Je savais que dans le western italien comme dans tous les autres genres, le meilleur côtoie souvent le pire...Avec Tire encore si tu peux, on n'est sûrement pas au sommet du genre, mais on est très loin du pire. En tout cas, pour quiconque est un amateur du western italien, le film de Questi est un incontournable. Dernier point: une musique obsessionnelle qui ne passe pas inaperçue de Ivan Vandor, compositeur que je ne connais qu'à travers ce western.

<<Django (qui n'a ce nom explicitement que dans la version anglaise), un métis, est laissé pour mort par ses complices qui ont refusé de partager avec lui l'or qu'ils avaient volé après avoir massacré un peloton de militaires. Soigné par deux indiens, il court après sa vengeance, mais les habitants du village où ses complices sont arrivés leur ont déjà réglé leur compte. Qu'est devenu l'or ?>>

Une scène fétiche: celle du règlement de compte dans la boutique du village entre Django (le métis indien) et Oaks.

https://www.youtube.com/watch?v=oPDI3EFTam0
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyMer 25 Déc - 12:24

Ciel de Plomb - Giulio Petroni: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

         1969

Je n'avais pas prévu de passer Noël avec le western italien, côté cinéma, ni avec Paolo Buonvino, côté musique. Ca s'est plutôt décidé sur un coup de tête et je ne regrette pas...Bon bref, un Noël très italien au bout du compte...mais aussi avec mon épouse et ma fille....Je ne crois n'avoir évoqué sur ce fil, si on excepte le magnifique Un Homme nommé Cheval, que mon intérêt pour le western italien. Il ne faudrait pas en déduire que je méprise le western américain. J'en ai beaucoup vus durant mon enfance et adolescence! Il y en a certains que j'ai envie de revoir et même d'avoir sur mes étagères, et d'autres pas. Je n'ai donc pas fini de parler cinéma sur ce forum. Je pense aussi qu'il ne faut pas trop opposer le western américain au western italien. Ils sont complémentaires, l'un s'étant nourri de l'autre pour mieux le dépasser. Au fond, le western italien a proposé autre chose et c'est ce qui est le plus important. Celui que j'ai regardé aujourd'hui, Ciel de Plomb/E per tetto un cielo di stelle, est moins sombre, moins glauque que Tire encore si tu peux! de Giulio Questi et moins sombre aussi que La Mort était au Rendez-vous du même Giulio Petroni, réalisé deux ans plus tôt. Ciel de Plomb qui réunit à l'affiche Giuliano Gemma et Mario Adorf, mélange allègrement aventure et comédie. Il y a une dimension assez légère dans le film de Petroni qui n'existait pas dans La Mort était au Rendez-vous. En 1972, il fera du genre une véritable comédie avec On m'appelle Providence. Ciel de Plomb ne manque certes pas de violence, d'action ni de cruauté, mais l'humeur globale est largement portée par l'optimisme et le caractère faussement insouciant du personnage principal incarné par Giuliano Gemma, embobineur de première, suivi dans ses périlleuses péripéties par un brave gars un peu nounours et naïf et au fond si attachant. Le duo fonctionne bien même au sein de scènes les plus grotesques. Les deux grands méchants sont interprétés par Rick Boyd, acteur méconnu mais qui a la tête parfaite du sadique, et Anthony Dawson, acteur britannique qui avait déjà joué un rôle à sa dimension maléfique dans La Mort était au Rendez-vous. Il a également joué dans plusieurs films de Terence Young dont des "James Bond". Il a tenu un rôle dans Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock (1954). Les deux rôles féminins sont tenus par la superbe actrice polonaise Magda Konopka qui apparaît aussi et entre autres dans Lucky Luciano de Francesco Rosi et Julie Ménard, une actrice et auteure-compositrice-interprète québécoise née en 1974. Un autre atout fait de ce petit western sans autre ambition que de divertir un film fort attachant, c'est la musique d'Ennio Morricone que j'ai toujours trouvée très belle. Elle participe avec notamment son sifflé langoureux et son banjo ludique, entre ballades et cavalcades, à la fois à la gravité et à la légèreté des aventures de ce duo formé par Gemma et Adorf.

<<Un jeune homme voudrait acquérir un ranch et ainsi arrêter d'être hors la loi. Mais son ancien chef de bande refuse qu'il se range et fait tout son possible pour le faire revenir auprès de lui. La confrontation a dégénéré et deux des fils du chef de bande y perdront la vie. Une chasse à mort s'en suivra. Un autre personnage s'immiscera malgré lui dans l'engrenage de la vengeance et une amitié naîtra entre lui et le jeune homme.>>

Une scène fétiche: la scène des tasses suspendues alors que le ranch est presque entièrement retapé. On devine ce qui va se produire et c'est tout un rêve de stabilité qui va partir en fumée. Quand Billy Boy décide de partir, Harry lui demande où il compte aller. Il répond qu'il ne sait pas et Harry de lui rétorquer: "C'est justement là où je vais!"

https://www.youtube.com/watch?v=_lWDdn3sexQ


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyMer 25 Déc - 19:11

Un Pistolet pour Ringo - Duccio Tessari: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

      1965

Je ne voulais pas quitter le western italien et après Ciel de Plomb de Giulio Petroni, Un Pistolet pour Ringo de Duccio Tessari s'imposait. De plus, j'avais complètement oublié que l'intrigue se situait en pleine période de Noël, sans doute parce qu'il s'agit d'un Noël ensoleillé. La toute première image du film est deux cowboys qui se croisent. Pendant une seconde, je crois qu'ils vont s'affronter mais ils se souhaitent courtoisement "Joyeux Noël". Ce western ne pouvait donc être mieux approprié. Même si la violence est omniprésente, il est beaucoup moins sombre que le second volet, Le retour de Ringo, réalisé la même année et avec la même équipe d'acteurs. Effectivement, outre Giuliano Gemma, on y trouve Fernando Sancho, Lorella Do Luca, Nieves Navarro, Antonio Casas, Jorge Martin, Manuel Muniz. Souvent l'humour prend le pas sur la violence et la cruauté des personnages, c'est un peu pour cette raison qu'il fut aussi un bon choix après Ciel de Plomb. Le Retour de Ringo, bien que le ton donné soit déjà plus grave, il est souvent jugé supérieur par la critique et les amateurs du genre. Je suis plutôt d'accord sauf peut-être pour ce qui est de la fin, dans les deux cas tragique, du méchant de service interprété avec truculence par Fernando Sancho. Je la trouve plus réussie dans le premier volet que dans le second, mais elle correspond davantage à l'esprit humoristique du personnage et du film. J'entends souvent dire que l'acteur espagnol Fernando Sancho fut un talent sous-exploité par le cinéma européen, qu'il avait un potentiel de comique qui aurait pu engendrer de grandes comédies. C'est sans doute vrai car sa personnalité généreuse et truculente perce l'écran. Personnellement, je ne le connais que dans ces rôles de bandit mexicain à la bonhomie imposante. Un autre acteur espagnol se distingue du lot. Il s'agit de Jorge Martin jouant un bon shérif soucieux du respect des lois dans Un Pistolet pour Ringo et, au contraire, arborant un look de méchant un peu sophistiqué dans Le Retour de Ringo. Un autre point commun entre ces deux westerns est une délicieuse partition musicale d'Ennio Morricone qui, par sa force expressive, son lyrisme et son incisivité ne passe pas inaperçue. Elle participe aisément à la réussite des deux films de Tessari. Côté actrices, Nieves Navarro et Lorella Do Luca y sont, dans deux styles différents, exquises. Vive le cinéma populaire de cette époque dont je ne me lasse pas!

<<Dans la ville de Quemado, après avoir cambriolé une banque, des hors-la-loi mexicains, commandés par Sancho, se réfugient dans une hacienda. Les notables de la ville font appel à Ringo, tueur d'élite sans scrupules, pour régler le problème. Ringo parvient à gagner la confiance des bandits et à s'introduire dans leur repaire où ils tiennent en otage, le major Clyde et sa fille Ruby. Par mille ruses, Ringo viendra à bout de sa mission.>>

Une scène fétiche: Plutôt une réplique du genre: "Les hommes sont tous égaux, c'est leur colt qui fait la différence". Je ne suis pas sûr des mots exacts mais ça s'en rapproche...Bon, j'aime beaucoup le générique-début, les cavaliers traversant la rivière au galop sur la chanson-phare "Angel Face" interprétée par Mauricio Graf. Rétro certes, mais irrésistible et toujours aussi magnifique.

https://www.youtube.com/watch?v=0mXzD_uPgyY


Dans la vidéo, il y a deux images qui proviennent de Ciel de Plomb de Giulio Petroni.
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 26 Déc - 12:58

S21, La machine de mort Khmere Rouge - Rithy Pann

          2003

Un petit retour par le documentaire avec un sujet grave et bouleversant. Ce n'était sans doute pas le sujet le mieux choisi au lendemain de Noël mais j'avais très envie de le revoir. Rithy Pann n'a pas seulement tourné que des documentaires, il a aussi réalisé des films; Les Gens de la Rizière (1994), Un Soir après la Guerre (1997) et Duch, le Maître des Forges de l'Enfer (2011). Ce sont les trois titres qui me reviennent à l'esprit car ce sont aussi des sujets qui m'intéressent et des films que j'aimerais découvrir. De quoi parle S21? Au Cambodge, les Khmers rouges prennent le pouvoir le 17 avril 1975. Camps de travail forcé, famines, terreur, exécutions, tortures...Près de deux millions d'individus mourront entre 1975 et 1979. Voilà leur terrible bilan! Sous les Khmers rouges, S 21 était le "bureau de la sécurité". Dans l'enceinte de ce centre de détention qui peut aisément être défini comme étant un véritable camp de la mort, situé au coeur de Phnom Penh, près de 17 000 prisonniers ont été torturés puis exécutés. Tuer ne serait pas le verbe approprié. Ca va au-delà du fait de tuer un être humain, de lui ôter la vie. D'ailleurs, de l'aveu-même de leurs bourreaux, lorsqu'ils les exécutent ils n'ont plus aucune trace d'humanité en eux. Ces mêmes bourreaux, simples employés au service de l'horreur méthodiquement organisée, emploient le mot "destruction", destruction de l'ennemi, de son identité, de sa mémoire, jusqu'à l'anéantissement de son humanité propre. Le film de Rithy Pann tente, par le seul biais des exécutants, allant des géoliers en passant par les interrogateurs, et des victimes, de comprendre comment l'Angkar, le parti communiste du Kampuchéa, a mis en oeuvre sa politique d'élimination systématique. Pendant près de trois longues années, le cinéaste a entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais également auprès de leurs anciens bourreaux qui étaient jeunes à l'époque des faits, certains n'étant même pas encore adultes. Il a réussi à convaincre bourreaux et victimes de revenir sur le lieu même de l'ancien S 21, reconverti depuis en musée du génocide, afin de confronter leur témoignage. Dans ce documentaire, il n'a pas été question de rencontrer des commanditaires encore vivants ni d'évoquer le règne de Pol Pot. L'idée était de relater des ressentis individuels, celui de l'exécutant, le bourreau soumis à sa hiérarchie qui se perçoit aussi comme une victime: <<Nous avions peur de mourir, nous étions endoctrinés, nous agissions sous la volonté d'Angkar et s"il désignait untel comme ennemi intérieur du pays, il avait raison>>, etc...Mais ils reconnaissent malgré tout les faits devant leurs anciens prisonniers qui, eux, se contentent de livrer leurs témoignages, refont même les gestes de leur quotidien avec toutes les brimades et les horreurs dont ils étaient acteurs et témoins privilégiés. Un médecin reconnaît qu'il soignait les victimes de tortures non pour les guérir mais pour les remettre en état avant le prochain interrogatoire. Quel est donc le but de ces interrogatoires? Reconnaître qu'ils appartenaient à une organisation qui complotait contre le parti, donner des noms, des dizaines de noms, inventer une histoire puisque ce n'était pas la leur pour la plupart d'entre eux. Et si elle était jugée crédible par leurs tortionnaires, ils pouvaient alors la signer avant d'être conduits à leur "destruction". Je préfère ne pas noter ce poignant documentaire. Je ne me vois pas y mettre des soleils. Il y a très peu de musique et quand il y en a, elle est sobre et grave avec un son de contrebasse signé par son fidèle collaborateur musical, Marc Marder.

<<Kang Kek Ieu (ou Kaing Kek Iev ou Kaing Guek Eav), plus connu sous le pseudonyme de Douch (également retranscrit Duch ou Deuch), en khmer កាំង ហ្គេកអ៊ាវ, né le 17 novembre 1942, est surtout connu pour avoir été, entre 1975 et 1978, alors que le régime khmer rouge présidait aux destinées du Cambodge, le directeur de la prison de S-21 et l'un des responsables du Santebal, la police politique.>>

Un extrait ici
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 26 Déc - 18:32

Le Peuple Migrateur - Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

              2001

Un documentaire appelle un autre documentaire, sauf que cette fois j'ai opté pour un véritable ballet de la nature, et plus encore pour un ballet aérien, loin de la violence des hommes sur les hommes, loin de la morosité ambiante qui gangrène la France depuis un bon moment déjà, dans les hauteurs d'un monde inouï et à la cadence d'un battement d'aile. J'ai toujours beaucoup aimé les documentaires animaliers. Depuis l'enfance j'en regarde, à commencer par ceux de Frédéric Rossif sur des musiques synthétiques de Vangelis. Beaucoup d'autres suivirent dont ceux sous forme de chroniques de Laurent Frapat/Frédéric Lepage sur des musiques orchestrales et lyriques de Carolin Petit. Le documentaire animalier, lorsqu'il est bien fait, bien filmé, avec une très belle musique par-dessus, il m'émerveille autant qu'il me détend, me purifie en quelque sorte et m'emplit d'un nouvel optimisme. C'est exactement ce qui s'est produit lorsque j'ai vu Le Peuple Migrateur pour la première fois: c'était sur grand écran, un cinéma vers Opéra. Seule ma fille s'était assoupie. Dans le genre qui vole, elle préférait déjà Batman et Superman. Des oiseaux qui volent pendant toute la durée d'un film, c'était beaucoup trop pour elle, trop soporifique. J'ai donc renoncé de lui présenter, quelques temps plus tard, la dégaine des manchots dans La Marche de l'Empereur. Hehe Pour ma part, j'étais bien trop émerveillé par ce qui pénétrait mes yeux et mes oreilles pour me rendre compte que ma fille s'était endormie. J'étais sous le charme enivrant des images et comme envoûté par la superbe musique de Bruno Coulais. En le revoyant cet après-midi, pris en défaut d'oisiveté, je me suis fait cette réflexion terrible, parfaitement en phase avec nos préoccupations actuelles: si ce monde fantastique, d'une beauté insaisissable, venait à disparaître ou du moins à se raréfier...?...Comme dans Soleil Vert, vous savez ce film avec Charlton Heston où on ne découvre les merveilles de la nature sur un écran, juste avant de mourir...

Sur cette pensée qui troubla subitement la beauté du documentaire, une scène non fétiche mais marquante s'est imposée d'elle-même, tant elle fait fusionner de manière temporaire cette noire pensée qui me traversait l'esprit et la grâce de ces magnifiques migrateurs à plumes filmés à hauteur de leur envol: C'est au moment où des oiseaux - je ne sais plus l'espèce - survolent une grande usine, une horrible usine toute grise avec de la fumée partout. On devine aisément la pollution qui souille ce lieu et ses environs. Bref, c'est la beauté qui survole la laideur, le contraste est alors saisissant et horrifiant. Un autre moment terrible: les oiseaux (canards ou oies) volent en parfaite osmose, en communion les uns avec les autres sur une douce musique de Bruno Coulais, puis, brusquement, des détonations brisent la belle harmonie et des volatiles, disloqués, tombent dans le lac comme des pierres sous les aboiements des chiens.

https://www.youtube.com/watch?v=5Fvv70f7ukg
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 27 Déc - 14:24

Comizi d'Amore + Des oiseaux, petits et grands - Pier Paolo Pasolini: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

      1964/1966

Avec Comizi d'Amore, je n'ai pas quitté le documentaire. J'avais déjà vu plusieurs films de Pier Paolo Pasolini, dont Théorème - Des oiseaux, petits et grands et Salò ou les 120 Journées de Sodome (1975) qui, à l'époque, m'avait mis très mal à l'aise. Je me demande si j'avais réussi à tenir jusqu'à la fin...?...Même pas sûr qu'après toutes ces années je sois prêt de remettre le couvert. Je pense que je vais d'abord tenter de voir ceux que je ne connais pas encore comme Médée (1969) ou Les Contes de Canterbury (1972). Celui qui m'intéresse vivement et que je crois avoir vu est Les Mille et Une Nuits (1974)...En réalité, je ne pense avoir vu que de longs extraits...Pour en revenir à Comizi d'Amore, Pier Paolo Pasolini se transforma selon ses propres mots en commis voyageur déambulant dans toute l'Italie afin de sonder les Italiens sur leurs goûts sexuels, de l'importance du sexe dans leur vie, mais aussi s"ils sont pour le mariage, pour ou contre le divorce. Il ira interroger des ouvrières à la sortie des usines pour leur demander un avis sur la prostitution et les femmes qui la pratiquent. En utilisant le sexe comme révélateur, le cinéaste, poète, écrivain, parvient à mettre à jour une culture répressive dans le Nord, "débris d'une idéologie clérico-fasciste, et réprimée dans le Sud où elle dévoile sa propre nature archaïque, incongrue et névrotique.". Tout y est abordé; l'homosexualité, les relations entre les hommes et les femmes. Au tout début du documentaire, Pasolini interroge des enfants sur ce qu'ils savent sur la naissance des bébés. Ils évoquent souvent Dieu et la cigogne. Ce qui serait intéressant, c'est de refaire le même documentaire aujourd'hui avec à peu près les mêmes questions afin de comparer les réponses et d'analyser peut-être, à partir de celles-ci, l'évolution des réflexions et des positions qui prédominent.

Des oiseaux, petits et grands, voilà un film que je suis content d'avoir revu et qui me transporte entre fable politique et déambulation chaplinesque. Et ceux, père & fils, qui déambulent ainsi dans la périphérie et les campagnes qui entourent Rome, rencontrant pour le plus surprenant un corbeau qui connaît le langage des hommes et en use - fortement inspiré par Marx, Freud et Gandhi - sont Toto et Ninetto Davoli. Errant dans les interstices d'une Italie moderne, les deux larrons rencontrent, outre un corbeau érudit qui leur raconte une étrange histoire au demeurant si poétique, toutes sortes de personnages différents, allant du propriétaire terrien hostile aux acteurs itinérants, en passant par les funérailles du dirigeant communiste Tagliatti et les formes généreuses d'une belle gourgandine. Tout ça avant de manger le corbeau tout cuit!...Il parlait trop...

Une scène fétiche: tout simplement le générique-début entièrement chanté sur une galvanisante musique d'Ennio Morricone. Approche inédite à ma connaissance...

https://www.youtube.com/watch?v=la4Dv6C2rDQ
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 2 Jan - 13:58

Mais qui a tué Harry ? - Alfred Hitchcock: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

             1955

En introduction, je vous livre une petite analyse trouvée sur Wikipédia: <<Mais qui a tué Harry ? est un film assez atypique dans la filmographie, du moins américaine, de Hitchcock, puisque le suspense y est quasiment absent, bien que l'histoire tourne autour d'un cadavre, et malgré l'interrogation qui constitue le titre du film et qui est quant à elle bien présente dans celui-ci. Adapté d'un roman du Britannique Jack Trevor Story, il s'agit essentiellement d'une comédie, légèrement surréaliste. La découverte du cadavre n'éveille aucune peur chez les différents personnages, qui ne voient en lui qu'un paquet encombrant. L'humour est présent d'un bout à l'autre, un humour plutôt absurde. Ainsi, alors que le cadavre est trouvé aux abords d'un bois qui devrait en principe être peu fréquenté, le chasseur qui est le deuxième à faire la macabre découverte et qui s'imagine avoir tué l'homme par accident a bien du mal à le cacher, car aussitôt veut-il déplacer le corps, que quelqu'un arrive. Sur l'histoire principale se greffent des épisodes comiques : ainsi, par exemple, le peintre essaye de vendre ses tableaux abstraits dans une échoppe en bordure du village, dans laquelle on vend aussi du cidre ; par hasard, un homme très aisé finit par passer par là et, après avoir eu bien de la peine à susciter l'attention et de la vendeuse et du peintre, finit par acheter toutes les toiles. Le film peut faire penser dans son ton, macabre mais badin, notamment à Noblesse oblige de Robert Hamer, un film d'un humour anglais noir, hérité entre autres d'Oscar Wilde.>> Je devais approcher la trentaine lorsque j'ai vu ce film pour la première fois. Je me souviens qu'à l'époque il m'avait beaucoup amusé. J'avais aussi été séduit par la musique d'un caractère enlevé de Bernard Herrmann. Il réunit à l'affiche Edmund Gwenn, un acteur britannique qui, dans mes souvenirs imparfaits, je n'ai vu jouer que dans ce film. Il y joue un vieil homme parti chasser le faisan ou le lapin et qui pense avoir tué un homme. Mildred Natwick, une actrice américaine qui joue merveilleusement bien les veuves ou les vieilles filles. Elle aussi pense avoir tué le même homme, un certain Harry. Shirley Maclaine dont j'ignorais qu'elle était la soeur de Warren Beatty. J'ai déjà vu plusieurs films avec elle parmi les rôles principaux, mais dans celui-ci elle est vraiment jeune et très jolie. Elle joue la jeune femme et son enfant, veuve de cet Harry dont la mort indiffère mais qui tombe amoureuse d'un artiste peintre Sam Marlow interprété par John Forsythe. Ce quatuor s'agite autour d'un mort, dans un humour qui joue avec l'absurde. D'autres personnages s'articulent autour de ce ballet macabre, Calvin Wiggs, le shérif adjoint, joué par Royal Dano, Arnie Rogers, le petit garçon de Jennifer (Shirley Maclaine), interprété par Jerry Mathers qui fit une modeste carrière par la suite, entre le cinéma et la télévision jusqu'en 2008 environ, et « Wiggie » Wiggs, l'épicière-postière du village sous les traits de Mildred Dunnock. J'avoue que cette comédie d'Alfred Hitchcock m'a moins amusé cette fois-ci même si je l'ai redécouvert sans déplaisir.

Une scène fétiche: vers le début, lorsque le vieux chasseur, le capitaine Albert Wiles, un marin à la retraite, découvre le cadavre d'Harry, pense l'avoir tué et veut donc le cacher. Il sera dérangé par différents personnages dont les réactions seront inattendues.

https://www.youtube.com/watch?v=EBOXIA8ARzA


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 2 Jan - 18:49

Qui a tué le chat ? - Luigi Comencini: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

              1977

Je ne connaissais pas du tout le cinéma de Luigi Comencini. En fait, je n'ai du voir que Les Aventures de Pinocchio (1972). Je pensais avoir vu La Femme du Dimanche (1975) et Pain, Amour et Fantaisie, mais ça ne devait être que quelques extraits. Qui a tué le Chat? est une comédie acide, truffée d'humour vache: <<On peut rire avec tendresse des humbles. On doit rire avec méchanceté des puissants.>>, nous explique le cinéaste. Effectivement, c'est une comédie truculente, savamment maintenue sous tension d'un bout à l'autre avec une poignée d'acteurs et d'actrices savoureusement bousculés dans leurs excès et leurs faiblesses, Ugo Tognazzi, Mariangela Melato, Michel Galabru, Dalila Di Lazzaro, Jean Martin, Philippe Leroy, Mario Brega, Aldo Reggiani...Le tout rythmé par une musique toute en verve et en investigation signée Ennio Morricone. Elle démarre le film sur un ton très alerte alors que la caméra suit le chat gris de l'histoire qui se balade de toits en balcons et a le malheur d'appartenir aux détestables propriétaires de l'immeuble, frère et soeur, interprétés avec beaucoup de fantaisie par Ugo Tognazzi et Mariangela Melato. Tous les locataires détestent ce chat, on lui met des pièges, on lui tire dessus, on lui donne des coups de pied. Cette comédie, caustique disons le, est un formidable prétexte, d'un esprit très italien, pour rire de la méchanceté, de la cruauté, de la haine, de la mesquinerie et de la bêtise. L'intrigue:

<<A la mort de leur père, Amedeo et sa soeur Ofelia, célibataires avides et frustres, héritent d'un immeuble délabré dans le coeur de Rome. Un promoteur propose de le racheter à prix d'or à condition qu'il soit vide de ses occupants. Ils se décident donc, et cela sans le moindre état d'âme, à employer tous les moyens pour expulser les locataires.>>

Un propos de Luigi Comencini:

<<J'ai voulu divertir et du reste je ne saurais pas faire un film sans divertir: mais divertir sans faire d'acrobaties, c'est-à-dire loin de la comédie italienne, loin du gag, du mot pour rire qui se suffit à lui-même. D'ailleurs, je ne crois pas que l'on puisse trouver dans mon oeuvre de vrais drames: le drame est un genre rigoureux qui ne laisse aucun espace à l'humour et à une certaine interprétation ironique des faits. Même dans "Un vrai crime d'amour" (Delitto d'amore), le comportement de la jeune fille fait souvent sourire bien qu'il s'agisse d'épisodes fondamentalement dramatiques.>>

Une scène fétiche: la scène du tribunal lorsque l'on passe une cassette-audio compromettante pour les accusés. Il y a un morceau de musique légère, un peu disco, du style de ce que Morricone composa un an plus tard pour les scènes de cabaret dans La Cage aux Folles d'Edouard Molinaro. Le lien n'est pas incongru car il s'agit d'un morceau musical diégétique écouté par un personnage du film de Comencini, serviteur homosexuel et maniéré d'un mafieux...qui se fera assassiner sous les ordres de celui-ci...Dans la scène en question, chaque personnage du film, allant du juge aux accusés en passant par le procureur et les avocats de la défense, les témoins, etc...tous sont réceptifs à la musique, pour ne pas dire "musiquette", battent la mesure, que se soit avec la tête, la main, le pied, la hanche ou le corps tout entier. J'adore le caractère improbable de cette scène. Elle est exquise, aussi exquise que ridicule.

https://www.youtube.com/watch?v=mAQfKuG4tOQ


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 9 Jan - 13:56

Le Maître et Marguerite - Aleksandar Petrovic: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

           1972

<<Moscou, vers 1920. Parce que sa pièce "Ponce Pilate" fustige l'emprise tyrannique de l'Etat sur les hommes, le "maître" Nikolaï Maksudov se voit demander par le président de l'Union des Ecrivains de la retirer de l'affiche en échange d'un séjour dans une datcha à Yalta. Son refus lui vaut d'être condamné par ses pairs et de voir les critiques massacrer sa pièce alors que celle-ci n'a même pas encore été jouée...Elle n'en est qu'aux répétitions...>>

C'est la seconde fois que je vois ce film italo-yougoslave d'Aleksandar Petrovic, Le Maître et Marguerite, ce qui me permet de retrouver Ugo Tognazzi après Qui a tué le chat? de Luigi Comencini. Chose marrante, il y a aussi un chat très présent dans le film de Petrovic, un chat complètement noir et un peu stressant. Il appartient surtout à la dimension fantastique de l'intrigue. C'est ce qui avait sans doute dérouté le public à l'époque de sa sortie, au début des années 70: un pied dans la politique et l'autre dans le fantastique, une fusion toujours un peu délicate...Autour d'Ugo Tognazzi, je retrouve Mismy Farmer après Quatre mouches de velours gris de Dario Argento et Alain Cuny dans le rôle d'un inquiétant personnage, le professeur Woland alias Satan, ni plus ni moins, acteur charismatique et assez familier du cinéma de Francesco Rosi. Il y a également des acteurs de l'ex-yougoslavie comme Pavle Vujisic, un visage, une bouille devrais-je dire, une truculence, un regard diabolique que je crois avoir vu autre part, peut-être un western...italien...Il est l'un des sbires de Satan. Mismy Farmer y interprète une femme quelque-peu énigmatique et amoureuse du maître Nikolaï Maksudov. Le film est une adaptation du best-seller de Mikhail Boulgadov qui a interpellé plusieurs générations de spectateurs et de cinéastes, dont l'un des plus connus aujourd'hui; Emir Kusturica. Ce dernier emploiera d'ailleurs Pavle Vujisic à deux reprises, d'abord Te souviens-tu de Dolly Bell? (1981) et Papa est en voyage d'affaires (1985). La première fois que j'avais vu ce film d'Aleksandar Petrovic qui avait précédemment marqué les esprits avec J'ai même rencontré des Tziganes heureux, je n'avais retenu que le très beau thème romantique avec la voix d'Edda Dell'Orso d'Ennio Morricone. Il y a sinon pas mal de chansons et de musiques qui n'appartiennent pas à la bande originale qui, elle, est monothématique. A l'époque, je n'avais, je l'admets, rien retenu d'autre que ce beau thème romantique qui transcende les regards entre Margareta Nikolajevna et  Maître Nikolaj Afanasijevic Maksudov, le maître et Marguerite (Farmer/Tognazzi). J'avais depuis longtemps envie de le revoir, la sensation que quelques éléments fondamentaux m'avaient échappé. Effectivement, un film qui réunit la politique, le théâtre et le fantastique ne pouvait demeurer hermétique très longtemps. Je lui ai même trouvé, lors de cette nouvelle vision, une dimension poétique et surtout sarcastique.

Une scène fétiche: Entre le maître et Marguerite, chez lui, lorsque l'écrivain explique que toute sa pièce "Ponce Pilate" est écrite sur les murs.

https://www.youtube.com/watch?v=CwRRNPb6Unw
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 10 Jan - 13:48

Vertiges - Mauro Bolognini: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622

           1975

Le thème qui au fond me fascinerait le plus est celui de la folie: quand s'arrête la normalité et quand débute la folie? La folie est-elle une maladie contagieuse ou la simple conséquence d'un violent traumatisme sur tel ou tel individu? J'avais déjà abordé le thème de la folie, cinématographiquement parlant, avec Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman qui date de la même année. C'est un film que j'avais beaucoup aimé la première fois que je l'avais vu, il y a plus de vingt ans de cela, et qui a conservé une certaine force lorsque je le revis dernièrement. La prestation de Jack Nicholson y fut pour beaucoup. Vertiges de Mauro Bolognini porte un autre regard, à une époque différente du vingtième siècle. Contrairement au film de Forman, ce n'est pas dans l'interprétation de Marcello Mastroianni, certes impeccable, que réside l'essentiel de sa force. C'est une approche de la folie où se mêle un inquiétant érotisme, la folie et son enfermement, mais un enfermement qui ne concerne pas uniquement les soignés mais aussi les soignants. L'intrigue se situe dans les années trente, en pleine émancipation fasciste: <<Etude crue et électrisante d'un îlot d'aliénés au coeur de l'Italie mussolinienne, "Vertiges" met en parallèle les origines de la folie et la propagation du mal dans une société fermée. Semblable à Marco Bellocchio qui filme au même moment les catastrophes de la psychiatrie publique dans "Fous à délier", Mauro Bolognini s'appuie sur un réalisme instable pour dépeindre un microcosme clinique comme un milieu carcéral.>> Le professeur Bonaccorsi, interprété par Marcello Mastroianni, personnage d'aucune froideur apparente mais laissant transparaître toute sa perversion tout en tentant de la dissimuler, s'est persuadé au fil du temps passé dans cet asile que la folie est une maladie qui se répand comme un virus. Toute son énergie et ses recherches sont consacrées au "germe porteur" qu'il pensera déceler. Il se confrontera alors à une jeune doctoresse, Anna Bersani, jouée en toute subtilité par Françoise Fabian, qui, elle, est nourrie de lectures psychanalytiques. Envoyée pour une durée déterminée dans cet asile de Luca, ville toscane, elle s'oppose assez vite aux convictions du professeur Bonaccorsi et découvre parallèlement ses relations libertines avec toutes les femmes saines de l'hôpital. Il en ressort un érotisme troublant et même mystérieux. Bonaccorsi est-il lui-même en proie à une folie insidieuse qui ne dit pas son nom? Les actrices, Françoise Fabian, Marthe Keller, Barbara Bouchet et Lucia Bosè sont superbement mises en valeur par le cinéaste qui sait les filmer, et aussi grâce au génial costumier Piero Tosi qui a travaillé plusieurs fois pour Mauro Bolognini, Bubu de Montparnasse, Le Bel Antonio, La Dame aux Camélias, peut-être d'autres...Sur ce film, outre un très beau thème mélodique avec flûte solo, Ennio Morricone, qui a beaucoup collaboré avec ce réalisateur de grand talent, composa une musique atonale, voire sérielle par moment, porteuse de mystère et de chaos. L'approche n'en demeure pas moins audacieuse même si le domaine de la folie était un contexte propice au développement d'une telle esthétique musicale.

<<En Italie, dans les années 1930, le professeur Bonaccorsi, psychiatre réputé, mène des recherches sur la folie, dans l'asile où il travaille comme médecin, en Toscane. Il a trois maîtresses, Bianca (son assistante), Carla (épouse d'un collègue) et Francesca (épouse du directeur de l'asile). Une nouvelle venue, le docteur Anna Bersani, est là pour une période de stage ; très vite, elle s'oppose aux théories de Bonaccorsi...>>

Une scène fétiche: le personnage énigmatique qui joue à la flûte le thème mélodique du film, au début de celui-ci, assis sur un banc. Ou alors cette scène ci-dessous qui évoque un recueillement avec soi-même avant la terrible décision: le pessimisme "bologninien" dans toute sa retenue!

https://www.youtube.com/watch?v=yLhfCeY-aiY
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyJeu 16 Jan - 14:00

Hôtel Rwanda - Terry Georges: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

               2004

Il y a un moment que je m'étais procuré ce film de Terry Georges, mais j'ignorais quand j'allais me décider à le voir. Je redoutais sa dureté car l'histoire du génocide rwandais m'a toujours profondément bouleversé...comme tous les génocides cela dit, sauf que j'avais vu pas mal de reportages poignants sur le sujet et surtout un autre film qui m'avait terriblement ému et que je recherche d'ailleurs en DVD: Shooting Dogs de Michael Caton-Jones. J'avais d'abord été touché par cette jeune fille tutsi qui court sans jamais s'arrêter, pieds nus, sur une musique très bien sentie de Dario Marianelli. J'en reparlerai plus amplement lorsque j'aurai revu le film. Hôtel Rwanda relate la même histoire à partir d'un hôtel quatre étoiles devenu un centre de réfugiés tutsis grâce à Paul Rusesabagina, le directeur. Don Cheadle met tout son coeur au service de son personnage sans en faire trop. Il est entouré de Nick Nolte dans le rôle du Colonel Oliver, inspiré par le lieutenant-général Roméo Dallaire, Sophie Okonedo dans le rôle de l'épouse de Paul Rusesabagina, Fana Mokoena dans le rôle du Général Austin Bizimungu, Cara Seymour, Joaquin Phoenix, David O'Hara, Jean Reno, Lebo Mashile... Tous ces personnages existent ou ont existé: Augustin Bizimungu, né le 28 août 1952 dans la préfecture de Byumba au Rwanda, est un général hutu des anciennes Forces armées rwandaises (FAR). Après le mandat d'arrêt du Tribunal pénal international pour le Rwanda à l'encontre d'Augustin Bizimungu du 12 avril 2002, le gouvernement angolais l'a arrêté et transféré en août 2002 au TPIR à Arusha en Tanzanie. Le 17 mai 2011, il a été reconnu coupable de génocide et de crimes contre l'humanité par le TPIR et condamné à 30 ans de prison. Il a fait appel mais le 30 juin 2014, le TPIR a confirmé cette condamnation. Paul Rusesabagina, né le 15 juin 1954 dans la commune de Murama, près de Gitarama, est un directeur d'hôtel rwandais dont il est dit qu'il aurait sauvé 1268 innocents en 1994, pendant le massacre des Tutsis par les Hutus. Mais une controverse assombrira quand même le personnage très largement présenté comme un héros dans le film de Terry Georges. Voici d'ailleurs un article ici. Personnellement, je n'ai aucune idée sur le fondement de cette controverse et tout ce que je peux en dire c'est qu'il s'agit quand même d'un très beau film, solidement mis en scène et interprété, même si Shooting Dogs de Michael Caton-Jones m'avait davantage bouleversé, marqué, sans doute complètement emporté par la volonté de vivre de cette jeune fille qui court plus vite que la mort. Côté musique, ils s'y sont mis à plusieurs:  Rupert Gregson-Williams, Andrea Guerra et le "Afro Celt Sound System" avec Dorothée Munyaneza (additionnel : Lorne Balfe). Là aussi, je préfère la bande sonore de Dario Marianelli sur Shooting Dogs.

<<Le film retrace l'action de Paul Rusesabagina, un Hutu, gérant de l'hôtel quatre étoiles Les Mille Collines à Kigali, qui abrita et sauva 1 268 Rwandais tutsis et hutus modérés, dont sa propre famille, menacés par le génocide rwandais de 1994. Le film a été tourné dans des décors reconstitués en Afrique du Sud et Rusesabagina en a supervisé le scénario.>>

Une scène Marquante: lorsque Paul Rusesabagina et l'employé qui, plus tard, le trahira, roulent dans une sorte de brouillard opaque et sur une route qu'ils croient cabossée. En réalité, ils roulent sur des cadavres: il y en a des centaines, sans doute beaucoup plus...L'employé hutu qui tient le volant est aussi témoin de toute cette horreur, mais il trahira et se rangera du côté des génocidaires.

https://www.youtube.com/watch?v=6stxBtpFDfs


Dernière édition par Icare le Sam 18 Jan - 19:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 17 Jan - 13:33

Harrison's Flowers - Elie Chouraqui: Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 Les films d'Icare - Page 13 395622 +

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Ce qui m'a d'emblée frappé dans le film d'Elie Chouraqui, ce sont les scènes de guerre et la photographie. L'horreur des images et la brutalité de l'horreur sont superbement exprimés, aussi bien sur le plan sonore que visuel. Bien que vu sur un écran tv, j'ai été totalement pénétré par les scènes de guerre, ce qui ne veut évidemment pas dire que le film se limite à cela. Il y a une intrigue, des personnages forts et une fantastique histoire d'amour. Après Hôtel Wanda de Terry Georges, je n'ai pas quitté la folie des hommes ni leur terrifiante capacité de détruire et assassiner. J'ai juste changé de continent et de pays, pas même d'époque!

<<Octobre 1991. Harrison Llyod, grand reporter photographe à Newsweek, est envoyé en Yougoslavie pour couvrir les débuts d'un conflit dont on n'a pas mesuré de suite l'ampleur ni la tournure extrêmement meurtrière qu'il allait prendre. Quelques jours plus tard, le grand reporter est porté disparu et considéré comme mort. Prise d'une intuition tenace qu'il est toujours en vie, son épouse Sarah part à sa recherche au moment où le conflit bascule dans l'horreur la plus totale.>>

Andie McDowell est cette femme profondément amoureuse de son mari et persuadée qu'il est encore vivant. Déterminée, elle n'imagine pas pour autant le quart des horreurs et des violences auxquelles elle va être confrontée. Pour l'accompagner dans cet enfer, nous retrouvons Elias Koteas, Adrien Brody, Brendan Gleeson, Marie Trintignant, Gerard Butler et Christian Charmetant. Le grand reporter recherché est interprété par l'acteur américain David Strathairn. Le film est ponctué d'extraits d'interviews où deux personnages liés à l'aventure racontent leur histoire et celle des deux protagonistes centraux. On peut apprécier ou non ce parti-pris. Personnellement, il ne m'a pas gêné, étant tellement pris par le climat oppressant d'une guerre si bien restituée. Je pense que, d'une certaine façon, Chouraqui a su, à travers ce film, aussi bien filmé la guerre que l'amour, ce qui en fait toute sa puissance. Un autre atout du film est la partition musicale de Bruno Coulais. Il y a notamment un morceau magnifique qui aurait pu être mieux exploité, ne serait-ce au moins au générique-fin, à la place de la chanson peu marquante et plutôt inutile.

Une scène marquante: il y en aurait plusieurs, mais peut-être la scène du car avec tous ces morts à côté dont une fillette qui a été violée...Terrible ce que l'humain peut être doué et même se surpasser lorsqu'il s'agit de détruire et d'exterminer...même si, heureusement, il arrive aussi à se surpasser dans l'autre sens...une réalité à laquelle je m'accroche de toutes mes forces après la vue d'un film aussi bouleversant.

https://www.youtube.com/watch?v=a9EpEefI4jk


Dernière édition par Icare le Sam 18 Jan - 19:24, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 13 EmptyVen 17 Jan - 18:16

Hé bien, Icare, depuis deux jours tu ne sors pas de ces scènes de guerre, particulièrement atroces. Tu ne fais pas de cauchemars ? A quand un film sur Daech ?
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