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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 10 Aoû - 13:56

J'ai revu aujourd'hui ce qui est sans aucun doute mon film fétiche de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la Gloire avec Kirk Douglas dans le rôle-titre. Finalement, j'ai déjà vu plusieurs films de Kubrick: Spartacus/2001, l'Odyssée de l'Espace/Orange Mécanique/Barry Lindon/Shining/Full Metal Jacket et donc Les Sentiers de la Gloire que j'ai en DVD. Je ne pense pas avoir vu Le Baiser du Tueur ni L'ultime razzia qui semblent être ses premiers films, 1955 & 1956. Je suis certain de ne pas avoir encore vu Docteur Folamour/Lolita et Eyes Wide Shut. J'étais plutôt jeune lorsque j'avais vu Spartacus et avais beaucoup aimé. Je n'ai jamais accroché à Orange Mécanique et le sujet de Eyes Wide Shut ne m'intéresse pas. J'avais moyennement aimé Full Métal Jacket alors que Barry Lindon m'avait complètement captivé. J'ai vu plusieurs fois Shining, peut-être trois fois, et il me tarde de découvrir Docteur Folamour. De 2001, l'Odyssée de l'Espace, c'est la scène d'introduction que je garde en mémoire, le film m'étant un peu lourd sur sa durée. Il est dit que Les Sentiers de la Gloire est probablement l'un des films les plus cyniques de Stanley Kubrick. Cet habile pamphlet sur l'absurdité de la guerre et l'irresponsabilité de ceux qui prennent les décisions, a longtemps été victime de la censure en France, tout comme La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo. D'un réalisme troublant, voire éprouvant, ce film de Kubrick est d'une incisivité redoutable, expressionniste mais jamais emphatique. Kirk Douglas interprète son rôle à la perfection. Gerard Fried, musicien quasiment inconnu, en a signé la musique. Au générique-début, elle emprunte beaucoup de la Marseillaise sinon, dans le film, elle n'a aucune présence particulière si ce n'est quelques percussions employées avec économie dans une scène de sortie nocturne et périlleuse en éclaireur et lors de l'exécution des trois soldats.

Synopsis:

<<En 1916 en France, lors de la Première Guerre mondiale. C'est l'enlisement : la guerre de tranchées commence à la suite d'une brève guerre de mouvement ; des assauts réguliers sont organisés pour essayer de prendre le dessus sur l'ennemi. En faisant miroiter un avancement, le général de division français Broulard incite le général de brigade Mireau à lancer un de ses régiments à l'assaut d'une position allemande très solide, située au sommet d'une colline fortifiée et très bien armée : la Fourmilière, sans renforts ni préparatifs et avec peu de préparation d'artillerie. Lors de l'assaut des forces françaises, le régiment du colonel Dax est repoussé par le feu ennemi, subit de lourdes pertes et doit se replier. Observant la scène et s'apercevant qu'une partie des hommes n'a pas quitté la tranchée, le général Mireau enrage et ordonne de tirer au canon sur ses propres troupes pour les forcer à attaquer. Son ordre, oral, est rejeté par l'officier d'artillerie. Devant ce rejet, le général Mireau traduit le régiment en conseil de guerre (cour martiale) pour « lâcheté devant l'ennemi », souhaitant qu'une centaine des soldats soient fusillés. Le colonel Dax repousse cette initiative qu'il juge révoltante et barbare. Finalement, le général Broulard pousse au compromis : seuls trois hommes, un par compagnie, seront jugés.>>

https://www.youtube.com/watch?v=vNdqolIi5Z4
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steph-w

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 10 Aoû - 19:27

Une belle liste de titres qui ne laissent personne indifférent; Kubrick on aime ou on n'aime pas. Chaque film ayant trouvé son public, ses fans!

Beaucoup de ces films sont illustrés par des oeuvres du répertoire classique, Orange mécanique, Barry Lindon, 2001 l'Odyssée de l'Espace, Eyes Wide Shut... Certains morceaux sont même emblématiques de la filmographie de Kubrick. A tel point que la fameuse Sarabande de Haendel est sous titrée "Sarabande Barry Lindon": preuve d'un vrai succès! Very Happy

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 16 Aoû - 14:18

Je ne connais pas beaucoup le cinéma de Pascuale Squitieri, seulement L'Affaire Mori/Le Préfet de fer qui est très certainement considéré comme l'un de ses meilleurs films et qui, d'autre part, offre à Giuliano Gemma l'un de ses plus beaux rôles. Il s'agit d'un classique du cinéma italien traitant de la mafia, dans la lignée de Lucky Luciano. <<Octobre 1925, en Sicile, Mussolini au pouvoir, le Préfet Césare Mori, impeccablement interprété par Giuliano Gemma, célèbre pour sa lutte impitoyable contre le banditisme et le crime organisé, arrive en Sicile pour la troisième fois! Avant d'oeuvrer contre la misère et l'analphabétisme, il doit s'attaquer une nouvelle fois à la mafia et son emprise sur la population. Sauf que cette fois il est épaulé dans son entreprise périlleuse par les fascistes siciliens. A l'occasion d'une enquête, il découvre ce qu'il n'aurait jamais du savoir! De très hautes personnalités sont compromises et arrêtées. Dès ce jour, la vie de Césare Mori est en danger car on ne s'attaque pas impunément au pouvoir en place. Des attentats seront tentés contre lui, sans succès cependant. Mais Mori, assisté du Major Spano (Stefano Satta Flores), ne désarme pas et va jusqu'au bout de son propre pouvoir qui se trouvera freiné par les Fascistes, ceux-là mêmes qui espéraient plus d'éclat et moins d'efficacité.>> Mise en scène rigoureuse et tranchée dans le vif, avec la vigueur et la dextérité du personnage principal, la présence de Claudia Cardinale et une prestation poignante de Francesco Rabal dans le rôle du brigand Albanese, l'autre atout est une superbe et percutante musique d'Ennio Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=SQPjUDhVMwY


Afin d'en savoir plus sur le Préfet Césare Mori:

<<Cesare Mori (né à Pavie le 22 décembre 1871, mort à Udine le 6 juillet 1942) est un préfet italien avant et pendant le régime fasciste puis un sénateur. Il est connu comme le préfet de fer (Prefetto di Ferro) pour son action contre la mafia en Sicile. Cesare Mori a grandi dans un orphelinat et il est reconnu par ses parents naturels en octobre 1879. Il étudie à l'académie militaire de Turin, mais ayant épousé une jeune fille Angelina Salvi et parce qu'il ne dispose pas de la dot requise par le règlement militaire de l'époque, il doit démissionner. Il rentre dans la police, œuvrant d'abord à Ravenne, puis en 1904, à Castelvetrano, dans la province de Trapani. Parce qu'il est un homme énergique et non sicilien, qu'il n'a pas de contact avec la mafia locale mais qu'il connait la Sicile, il est rappelé en service actif en 1924 par le ministre de l'Intérieur Luigi Federzoni et envoyé comme préfet de Trapani, où il arrive le 2 juin 1924 et où il reste jusqu'au 12 octobre 1925. Comme première mesure, il retire immédiatement tous les permis d'armes et en janvier 1925, il nomme une commission départementale qui pourvoit aux autorisations qu'il rend obligatoire pour certaines activités traditionnellement contrôlées par la mafia (campieraggio et guardiania).Après le très bon travail de Trapani, sur ordre de Benito Mussolini il est nommé préfet de Palerme, avec des pouvoirs extraordinaires sur toute l'île avec l'objectif d'éradiquer la mafia par n'importe quel moyen. Il s'établit donc à Palerme le 22 octobre et il y reste jusqu'en 1929.

Voici le texte du télégramme envoyé par Mussolini:

« ...Votre Excellence a carte blanche, l'autorité de l'État doit être absolument, je répète, absolument rétablie en Sicile. Si les lois actuellement en vigueur la bloquent, cela ne constituera pas un problème, nous ferons de nouvelles lois... »

Il met en place une dure répression contre la délinquance et la mafia, touchant même des bandes de brigands et des petits "seigneurs" locaux, la police a recours à la torture et à la délation. Le 1er décembre 1926 il réalise sa plus fameuse action à savoir l'occupation de Gangi, village fortifié de nombreux groupes criminels. Avec de nombreux hommes, des carabiniers et de la police, il passe au peigne fin le village, maison par maison, arrêtant les bandits, les mafiosi ainsi que plusieurs personnes recherchées. Les méthodes utilisées pendant cette opération sont particulièrement dures et Mori n'hésite pas à utiliser les femmes et les enfants comme otages pour contraindre les malfaiteurs à se rendre. C'est en raison de la dureté de ses méthodes qu'il est surnommé le préfet de fer. Avec des méthodes plus ou moins similaires, qui rappellent beaucoup la "lutte au brigandage" post-risorgimentale, Mori continue son action pendant les années 1926-1927 et dans les tribunaux les condamnations contre les mafiosi commencent à être très dures telles que le confinement et la confiscation des biens. La répression va renforcer la clandestinité de l’organisation mafieuse et favoriser sa dissémination hors des frontières insulaires particulièrement aux États-Unis donnant naissance à Cosa Nostra. Rapidement les enquêtes révèlent des rapports existants entre les mafiosi et les hommes du vieil État risorgimentale, et il entre en conflit avec l'élément majeur du nouveau fascisme palermitain, Alfredo Cucco, qu'il réussit à faire exclure du Parti et donc de la vie publique en 1927. En 1929 Mori est mis au repos pour ancienneté de service et le 16 juin il est nommé sénateur du royaume sur proposition de Mussolini, pendant que dans toute l'Italie, la propagande déclare orgueilleusement que la mafia a été vaincue.
>> Wikipédia.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 17 Aoû - 13:26

Une voiture américaine normale, un camion effrayant, grisâtre, polluant, un acteur principal, Dennis Weaver, dans le rôle d'un américain moyen menant une vie ordinaire, et Steven Spielberg vous en fait un chef-d'oeuvre dans le genre thriller psychologique. C'était avant de filmer des dinosaures, un extra-terrestre sympathique, un requin monstrueux, autant de créatures fantastiques devenues célèbres dans le monde entier. Duel fut son premier long-métrage et demeure à ce jour mon film fétiche de Spielberg! J'ai toujours eu une prédilection pour les films qui sont réalisés avec peu d'éléments, huit-clos comme l'excellent Garde à Vue de Claude Miller ou alors ce genre de film d'action qui tourne exclusivement autour d'une voiture, un camion, un personnage central, et qui vous tient en haleine pendant presque deux heures. Sans oublier la judicieuse et anxiogène partition musicale de Billy Goldenberg, compositeur qui a pas mal oeuvré pour la série tv américaine dont Columbo. Ce genre de film m'a toujours plus impressionné que n'importe quelle saga interstellaire bourrée d'effets spéciaux" ou péplum, c'est-à-dire que si je devais choisir, par exemple, entre Gladiator et Duel, je prendrais Duel sans la moindre hésitation! Bien sûr, on peut aimer les deux car il s'agit de deux films très différents qu'il n'ait nul besoin de comparer, c'est juste mon choix personnel et surtout ma propre sensibilité qui s'exprime ici... Ce camion fou, monstre d'acier invulnérable et impitoyable, psychopathe d'acier devrais-je préciser et finalement première créature fantastique de Spielberg : à aucun moment on ne voit le visage du conducteur, tantôt une main, tantôt ses santiags, tantôt une silhouette, rien de plus, le conducteur et le camion faisant un tout indissociable.

<<David Mann, représentant en informatique, doit se rendre à un rendez-vous d'affaires en traversant la moitié de la Californie. Mais la route sera plus dure que prévu. Au volant d'une voiture quelconque, il est amené à doubler un énorme poids lourd transportant des matières inflammables. Le routier, qui a gonflé le moteur de ce monstre, ne va plus lâcher David Mann, le talonnant, le percutant, zigzaguant devant lui, le guettant après trois arrêts dans des stations-service. Jamais Mann ne voit le visage du conducteur. Il va devoir trouver une stratégie pour remporter ce duel à mort.>>

<<Le film est inspiré d'une nouvelle de Richard Matheson, Le Duel, parue en 1971 et inspirée d'une mésaventure arrivée à l'auteur : le 22 novembre 1963, soit le jour de la mort de Kennedy, Richard Matheson circulait avec un ami sur une route déserte de Californie. Soudain, la radio annonce l'assassinat du président américain à Dallas (Texas). Submergé par l'émotion, Matheson fait une embardée. À ce stade, il n'a pas encore vu l'énorme semi-remorque lancé à vive allure derrière lui. Sans aucun mobile, le routier, dont Matheson ne distingue pas le visage, va essayer de l'écraser, avant de disparaître dans l'immensité désertique… Quand Spielberg découvre cette nouvelle, il s'exclame : « Mais c'est génial !! On dirait du Hitchcock !>>

(source Wikipédia)

https://www.youtube.com/watch?v=o-vgfolxW3s
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Mer 22 Aoû - 20:47

Le Carnaval des Truands fait partie des grands casses du cinéma. Peut-il être perçu sans trop d'exagération comme un classique du casse au Septième Art. C'est vrai qu'il est du genre grandiose sous la mise en scène de Giuliano Montaldo qui m'avait tant bouleversé avec son Sacco et Vanzetti...si méticuleux, si sophistiqué, si ingénieux, si précis...J'aime assez ce genre de film qui s'articule autour de la préparation et de l'élaboration d'un casse de grande envergure que le moindre imprévu peut tout faire basculer. Un tout petit grain de sable dans la superbe mécanique et tout s'écroule comme un château de cartes, sans exclure ses nombreux rebondissements. J'ai toujours aimé le titre français: "Le Carnaval des Truands", me suis toujours imaginé qu'avec un titre pareil le film ne pouvait que casser la baraque: un casse qui aurait la classe et effectivement il n'en manque pas.  

<<Arrivé à la retraite, le professeur James Anders peut enfin réaliser un projet vieux de trente ans: voler dix millions de dollars de diamants. Avec l'aide du criminel Mark Milford, il réunit une équipe de spécialistes, chacun dans leur domaine. Le gang se retrouve à Rio de Janeiro pour réaliser le casse du siècle.>>

Le film réunit à l'affiche Janet Leight, Klaus Kinski, Robert Hoffmann, Aldolfo Celi et Edward G. Robinson, un casting international pour une production hispano-germano-italienne de 1967. Tout se déroule dans une ambiance de Carnaval de Rio. La caméra plonge sur cette grande fête brésilienne tout en nous faisant suivre les différentes étapes du casse par quatre truands aux rôles parfaitement définis. De ce Carnaval de Rio, la musique d'Ennio Morricone en est fortement imprégnée tout en participant subtilement à la dimension dramatique du film. Elle n'est pas avare en rythmes ensoleillés. Le générique-début laisse plutôt entrevoir une comédie burlesque, à moins qu'il s'agisse d'une comédie tragique. Oui, c'est peut-être de cette façon que j'ai perçu ce film; un casse génial pour un aboutissement absurde, l'ivresse d'un coup de maître sur fond d'une scoumoune annoncée:

https://www.youtube.com/watch?v=Q4CmDN4oV_M
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 23 Aoû - 14:15

Et pourquoi pas un film en noir et blanc! Il est signé Georges Lautner et les dialogues sont de Michel Audiard. Une belle brochette d'acteurs pour les servir: Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche,Jean Lefèbvre, Sabine Sinjen, Robert Dalban, Claude Rich, Horst Frank, Vanentino Vanentini, Marc Ronay. Les connaisseurs auront compris de quel film il s'agit: Les Tontons Flingueurs. Et dans ce film, on ne flingue pas seulement avec des berettas et des silencieux, mais aussi avec des mots et des petites phrases qui font mouche du genre, histoire de citer la plus célèbre d'entre elles: "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Les Tontons flingueurs est une comédie franco-germano-italienne réalisée par Georges Lautner en 1963, (ce qui ce film est aussi vieux que moi). C'est une adaptation du roman Grisbi or not grisbi d'Albert Simonin, troisième volet d'une trilogie consacrée au truand Max le Menteur, démarrée avec Touchez pas au grisbi, volume suivi par Le cave se rebiffe, deux titres qui furent également transposés au grand écran et dans lesquels on retrouve le formidable et regretté Jean Gabin. Toutefois, les trois adaptations cinématographiques sont indépendantes et ne suivent pas ce caractère de trilogie comme dans les romans. Au fil du temps, Les Tontons flingueurs est devenu un film culte. Personnellement, j'adore y revenir de temps en temps. Disons qu'il fait partie de ces films que j'ai toujours un certain plaisir à revoir; celui-ci c'est pour le plaisir de revoir tous ces acteurs magnifiques, leur complicité - ha! la fameuse scène de saoulerie - les revoir servir avec brio les dialogues croustillants d'Audiard. Un humour acide, détonnant, presque loufoque et même surréaliste lors de la fusillade dans la maison...La musique, portée sur le swing, est signée Michel Magne.

<<Dans ce film, le personnage récurrent de la trilogie d'Albert SimoninN 1, Max le Menteur, devient Fernand Naudin, un ex-truand reconverti dans le négoce de matériel de travaux publics à Montauban. Le film s'ouvre sur son départ en pleine nuit pour Paris et donne tout de suite le ton : pastiche des films noirs américains, l'humour sculpte l'ensemble des dialogues. La petite vie tranquille de Fernand va basculer lorsque son ami d'enfance, Louis, dit le Mexicain, un gangster notoire de retour à Paris, l'appelle à son chevet. Celui-ci, mourant, confie à Fernand avant de s'éteindre la gestion de ses « affaires » ainsi que l'éducation de sa petite Patricia, au mécontentement de ses troupes et sous la neutralité bienveillante de Maître Folace, son notaire, qui ne s'émeut pas trop de la querelle de succession à venir, pas plus que Jean, l'ancien cambrioleur reconverti en majordome du Mexicain. Fernand Naudin doit affronter les frères Volfoni — Raoul et Paul — qui ont des visées sur les affaires du Mexicain, parmi lesquelles un tripot clandestin, une distillerie tout aussi clandestine et une maison close... D'autres « vilains » vont se révéler être très intéressés par la succession, dont Théo et son ami Tomate. Pour se défendre contre ce petit monde, Fernand pourra compter sur Pascal, fidèle « première gâchette » du Mexicain.>> Wikipedia.

https://www.youtube.com/watch?v=uiJ_EPemBy0


Dernière édition par Icare le Ven 24 Aoû - 21:11, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 23 Aoû - 17:46

Ptdr Ptdr Ptdr
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 24 Aoû - 17:54

Après sa version cinématographique du roman fantastique de Gaston Leroux, Le Fantôme de l'opéra, je retrouve avec Le chat à neuf queues le réalisateur italien Dario Argento. Je lui ai toujours préféré sa première période que je délimiterais volontiers par la trilogie suivante: L'oiseau au plumage de cristal (1970), Le chat à neuf queues (1971) et Quatre mouches de velours gris (1971). Je suis bien moins réceptif de ce qui suivra, je pense à Profondo Rosso (1975), Suspiria (1977) ou encore Phénomènes (1985). Je me dis quand même qu'il faudrait que j'en réessaie un des trois, peut-être Suspiria...Une chose est certaine, j'aurai les trois premiers en cd un jour ou l'autre. Pour le moment, je ne possède que Le chat à neuf queues que j'ai redécouvert aujourd'hui avec beaucoup de plaisir, même si c'est le film que Dario Argento aime le moins parmi tous ceux qu'il a réalisés, jusqu'à la date de l'interview. Il lui reprocherait d'être moins personnel que le premier opus, L'oiseau au plumage de cristal, il serait selon lui un peu trop "américanisé". Il serait davantage rapproché par la critique du film noir américain que du film noir français dont il se revendiquait. Personnellement, j'étais heureux de retrouver un univers énigmatique et glauque très reconnaissable, avec un art bien à lui de filmer et esthétiser une scène de meurtre. <<Le gardien d'un institut spécialisé dans la recherche génétique est agressé. Le journaliste Carlo Giordani, aidé d'un aveugle, mènent l'enquête et découvrent que des chercheurs de l'institut travaillaient sur le facteur XYY qui, selon eux, se retrouveraient chez les personnes enclines à la violence et à la criminalité. Une série de meurtres débute alors et vise à empêcher la progression de l'enquête. Le journaliste Carlo Giordani est interprété par James Franciscus et Franco, l'aveugle par Karl Malden. J'ai eu la surprise de retrouver, après une prestation de gangster allemand dans Les tontons flingueurs, Horst Frank qui interprète ici le rôle d'un chercheur allemand. Y figure aussi Catherine Spaak, actrice très en vogue à cette époque du film. L'autre atout est une partition étonnamment adéquate d'Ennio Morricone apportant au film d'Argento un supplément de style ainsi qu'une dimension onirique et anxiogène de qualité.

https://www.youtube.com/watch?v=jwK_vBOtVqQ
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 30 Aoû - 14:26

Aujourd'hui, un petit western nerveux et méconnu n'était pas pour me déplaire. Je connais la plupart des chefs d'oeuvre du genre que j'ai vus et revus et reverrai avec plaisir un de ces jours, sauf que là j'avais envie de revoir ce "petit" film bien construit avec Burt Reynolds qui joue ici son premier rôle important et Aldo Sambrell, un second couteau dans le cinéma de Sergio Leone. Ce western italo-espagnol s'intitule Navajo Joe et a été réalisé en 1966 par Sergio Corbucci. <<A la tête d'un groupe de chasseurs de scalps, Duncan (Aldo Sambrell), un métis, massacre tous les habitants d'un village indien Navajo et les scalpe. Joe (Burt Reynolds), seul survivant du carnage, décide de venger la communauté.>> Lors de sa sortie en salles, le film fut amputé de quelques passages considérés comme trop choquants à l'époque comme Duncan abattant froidement la jeune maman passagère du train ou encore un des hommes de Duncan torturant Joe à coups de poing pour le faire parler. Ces éléments ont été cependant réintégrés lors de l'édition DVD en VOST. Corbucci ne se contente pas de narrer la vengeance du Navajo solitaire, il n'hésite pas à développer en filigrane le thème de la lâcheté collective, un thème qu'il exploitera également dans d'autres films comme Le Grand Silence, un de mes westerns italiens de chevet que je ne manquerai pas d'évoquer sur ce fil. Rare sont les westerns où le héros est un indien et où on évoque le métissage, d'une part avec la jeune métisse Estella (Nicoletta Machiavelli) qui vient en aide à Navajo Joe pour le libérer des griffes de ses bourreaux, et surtout avec le grand méchant du film (Aldo Sambrell) qui vole presque la vedette au héros, lui aussi métis et qui haie les indiens. Une sauvagerie exacerbée servie par une musique survoltée de Leo Nichols alias Ennio Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=QGcK_qyL9Ug
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 31 Aoû - 10:27

Ce western basé sur une vengeance me fait penser à Nevada Smith, que j'avais vu lors de sa sortie en France en 1966, pendant mon service militaire. Le réalisateur est Henry Hathaway et la musique d'Alfred Newman.

Max, un jeune homme plutôt ingénu rentre chez lui et trouve ses parents (un blanc et sa femme, une indienne) torturés et massacrés de façon atroce par trois agresseurs sans foi ni loi.

Sa vie sera désormais consacrée à retrouver les bandits et de les descendre pour venger ses parents. Pour cela il va apprendre à se servir d'une arme à feu puis retrouver les bandits un par un au cours de bien des aventures, dont même à se retrouver exprès en prison pour aborder l'un des agresseurs.

Max, qui se fait appeler Nevada Smith, est joué par l'extraordinaire Steve Mac Queen, un acteur que j'aimais beaucoup et que j'avais déjà apprécié dans la série TV Au nom de la Loi vers 1962/63.




https://www.youtube.com/watch?v=OxE0pa4uY3s
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 31 Aoû - 14:02

Moi aussi j'adore Steve Mac Queen. Je l'avais découvert, enfant, par la série tv Au nom de la loi, mais c'est à partir de Bullit et de Papillon que je l'ai vraiment aimé. Je crois avoir vu Nevada Smith il y a fort longtemps mais je n'en suis pas sûr, peut-être seulement une partie ou des extraits. Néanmoins, nous n'allons pas quitter le western car celui que j'ai regardé aujourd'hui fait partie de mes préférés parmi les nombreuses productions hollywoodiennes. Il s'intitule Un homme nommé cheval, réalisé par Elliot Silverstein et sorti en salle en 1970. Il réunit sur une même affiche Richard Harris que j'aurai plaisir à redécouvrir dans Orca de Michael Anderson - ma fille me le réclame - , Jean Gascon, Manu Tupou et Dame Judith Anderson, parmi les rôles les plus important. Bien sûr, il y a l'histoire qui est très originale qui, d'emblée, nous éloigne du schéma classique du western américain: <<Richard Harris est remarquablement convaincant dans ce film qui, dans son traitement visuel et narratif, est proche du documentaire: il trace un portrait extrêmement pointilleux et réaliste de la civilisation sioux au dix-neuvième siècle. Un lord anglais, lors d'une séance de chasse, se fait capturer par des soldats sioux et est offert comme esclave à la mère du chef de la tribu (Dame Judith Anderson). Progressivement, bien que motivé au départ par une volonté de fuir, il adopte les coutumes sioux avant de tomber amoureux de la soeur du chef. Mais avant d'être accepté comme un membre à part entière de la tribu, il doit subir la "Danse du Soleil" - un rite initiatique d'une cruauté telle qu'on ne pourrait l'envisager dans le monde dit civilisé.>> Ensuite, il y a la magnifique photographie de Robert B. Hauser & Gabriel Torres avec ces superbes paysages parfaitement mis en valeur ainsi que de gros plans sur des animaux sauvages. Et les indiens eux-mêmes dont voici une petite anecdote intéressante: <<Afin de créer des costumes indiens les plus authentiques possibles, le responsable des costumes  Dennis Lynton Clark a rencontré de véritables indiens. Les costumes qui ont été fabriqués pour le film par les studios d'Hollywood sont fidèles à ceux que portaient les véritables sioux.>> Outre l'histoire et la photographie, le troisième élément qui contribue à la force poétique du film est la merveilleuse partition musicale de Leonard Rosenman qui incorpore les chants indiens dans sa composition, mais d'une manière créative qui va au-delà du simple cliché sonore.

https://www.youtube.com/watch?v=5H0dKc9QG9E
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Sam 1 Sep - 20:19

Richard Harris, immense acteur shakespearien dans ce film extraordinaire...
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steph-w

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Dim 2 Sep - 4:59

Un superbe film qui nous en apprend beaucoup sur les moeurs des Indiens. Very Happy
C'est curieux que la postérité retienne mieux le film "Little big man" (avec Dustin Hofman) que celui-ci que je trouve quand même meilleur
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joachim
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Dim 2 Sep - 10:02

Dans le genre sur la vie des Indiens, il y aussi ce très beau film "Danse avec les Loups", avec Kevin Kostner et, paraît-il, d'authentiques Indiens Sioux qui parlent leur vrai langage.



https://www.youtube.com/watch?v=WWNKpqUkU-E

La musique est de John Barry
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Sep - 14:28

Hiver 1942, 500 000 soldats allemands marchent sur Stalingrad. Les forces armées d'Hitler ont pénétré le territoire soviétique. Leur objectif; Stalingrad, haut lieu de l'industrie russe. Persuadés d'incarner une race supérieure, ils détruisent tout, martyrisant femmes et enfants. L'état major allemand forme des unités d'élites spécialistes du combat rapproché. Dans l'une d'elles, des vétérans comme Rollo, Fritz et Elgar, mais aussi des bleus tel que Hans, jeune lieutenant idéaliste tout juste sorti de l'école militaire et dont c'est le baptême du feu. Pour ces hommes, Stalingrad va devenir un enfer d'acier et de sang dans le froid et la faim, un combat cruel, implacable et désespéré pour leur survie. Après leur encerclement par les forces soviétiques, le groupe ira des tentatives de rébellions en tentatives de désertion puis, enfin, vers une mort inéluctable. Ne pas confondre ce "Stalingrad-là" avec celui de Jean-Jacques Annaud, solide film aussi mais plus "hollywoodianisé" qui confronte deux tireurs d'élite de camps adverses. Stalingrad est un film de guerre allemand et plus exactement un film sur des hommes de guerre, relatant une cuisante défaite infligée à l'armée d'Hitler, symbolisant même un tournant décisif de la guerre et le début de la fin du nazisme. Il fut réalisé par Joseph Vilsmaier en 1992. Toute l'histoire s'articule autour d'un groupe de soldats allemands. Les principaux acteurs sont Dominique Horwitz, Thomas Kretchmann, Jochen Nickel, Sebastian Rudolph et Dana Vavrova, seul personnage féminin du film. A vrai-dire, je ne connaissais jusque là aucun de ces acteurs. Ils brillent tous d'authencité dans leur interprétation. Je fus émotionnellement transporté par cette folie meurtrière, à savoir que sur les 500 000 hommes engagés dans la bataille, seulement 6000 regagneront vivants l'Allemagne. Depuis l'adolescence, j'ai vu beaucoup de films sur la guerre 39-45 ainsi que sur la précédente, la plupart américains, mais aussi français, voire anglais. Depuis longtemps je souhaitais un regard allemand et je l'ai découvert pour la première fois, il y a plusieurs années de cela, avec le film de Joseph Vilsmaier qui m'avait beaucoup bouleversé. Mon autre découverte fut celle du compositeur Norbert J. Schneider alias Enjott Schneider qui pour Stalingrad a composé une poignante partition.

https://www.youtube.com/watch?v=Ulq0dg-Yx0o
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 6 Sep - 17:08

Je suis persuadé que ce film est magnifique, mais, comme la plupart des œuvres de massacre de masse, je ne l'ai jamais regardé. Crying or Very sad

La raison en est simple : Il y a une bonne vingtaine d'années, j'ai fait la traduction d'une longue nouvelle américaine (environ 100 pages) sur la Guerre de 14-18. Comme toujours pour ce genre de travail, je me suis très sérieusement documenté préalablement. J'ai donc lu plusieurs livres, dont Les croix de bois, de Roland Dorgelès, et toutes sortes d'articles sur les techniques de combat de l'époque. Puis j'ai traduit la nouvelle...et ai sombré dans une dépression nerveuse, dont il m'a bien fallu deux ou trois mois pour sortir.

Ma psychologie est telle que je procède toujours par identification, je ne sais pas faire autrement. Et là, tout ce que j'ai lu et vu a eu raison de mon détachement.

Depuis, j'évite, je me connais trop bien pour prendre pareil risque.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 7 Sep - 14:13

Je te comprends, Kristian, car c'est un film qui soulève les tripes!! Celui que j'ai regardé ce matin n'en est pas moins poignant, traitant, lui aussi, d'un épisode réel de la Seconde Guerre Mondiale qui fut pourtant jugé insignifiant au point de ne figurer sur aucun rapport de l'époque. Comme pour Stalingrad, il s'agit d'un film allemand qui s'intitule Le Pont. Il fut réalisé par Bernhard Wicki qui fut, lui-même, un ancien soldat de la Wehrmacht. Il réalise avec Le Pont l'un des films de guerre les mieux réussis des années 50 & 60. Son réalisme et sa puissance dramatique sont tels que le producteur Darryl F. Zanuck lui confiera peu de temps après les séquences allemandes de Le Jour le Plus Long. Près de soixante ans après sa parution en salle, Le Pont interpelle encore par son authenticité sans concession, le regard qu'il jette sur l'endoctrinement de la jeunesse et son refus de céder à la sensiblerie. <<Avril 1945, l'Allemagne nazie essuie défaite sur défaite. Acculés, Hitler et ses généraux ordonnent l'intégration d'adolescents dans la Wehrmacht. Âgés de quinze à seize ans et originaires de la même ville, sept d'entre eux reçoivent une même formation de soldat avant de monter au front. Ordre leur est donné de défendre un pont que l'état-major voue pourtant à la destruction. Livrés à eux-mêmes après la mort de leur sergent, tué par la police militaire, les enfants prennent leur mission à coeur. Devant des chars de l'armée américaine, ils ne reculeront pas...Idéalistes, certains de se battre pour une cause juste; défendre ce pont comme une parcelle de la patrie, ils découvriront l'horreur et la mort sur toute leur dimension. . Dans la réalité des faits, il n'y a que trois adolescents de la commune pour défendre le pont. L'un d'entre eux, pensant ce combat inutile, déserte le soir même sous les moqueries de ses camarades. Le lendemain, 28 avril 1945, il constate que les Américains sont passés, le pont est intact et ses deux camarades sont morts. Trois jours plus tard, le cessez-le-feu intervenait pour toute l'Allemagne. Le survivant, Manfred Gregor, décide de raconter ce combat absurde d'une jeunesse endoctrinée dans lequel il aurait pu être le troisième mort. L'histoire originale étant trop courte, le scénario fut remanié pour en faire un roman. Ces modifications permettront à l'auteur de rester anonyme et d'éviter d'éventuelles représailles de jeunes Allemands encore sensibles aux thèses que le régime national-socialiste leur avait inculquées.

J'ai adoré ce film et bien content de m'être procuré le DVD qui possède en bonus un superbe fascicule évoquant un grand nombre d'acteurs allemands plus ou moins connus ayant endossé plusieurs fois l'uniforme d'un officier allemand, nazi ou non. Je ne dirai pas grand-chose sur la musique de Hans-Martin Majewski qui intervient très rarement dans le film de Bernhard Wicki, se limitant à des accords froids très minimalistes, pour ne pas dire bruitistes. Aucune musique n'apparaît au générique-fin. En même temps, le parti-pris du réalisateur est intéressant dans la mesure où le silence pèse un certain poids qui prolonge la tragédie, lui concède une présence muette mais réelle.

Bande-annonce:

https://www.youtube.com/watch?v=uecjvBaF_Oo

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 13 Sep - 18:33

Je change d'univers même si je compte incessamment sous peu revenir sur cette douloureuse période du XXème siècle par un film qui relate la chute d'Adolf Hitler. Déjà que je m'étais remis, il n'y a pas si longtemps, La chute de Mussolini d'Alberto Negrin. Cette fois, c'est un film politique qui m'avait beaucoup marqué à l'époque et qui continue de m'impressionner aujourd'hui par la force et la pertinence de son sujet: Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970) d'Elio Petri avec Gian-Maria Volonté et Florinda Bolkan parmi les rôles principaux. Il offrira à Volonté l'un de ses tous meilleurs rôles si ce n'est le plus marquant. Lorsqu'un journaliste ou critique de cinéma demanda à Petri s"il s'agissait d'un film politique, il répondit qu'il s'agissait d'abord d'un film populaire. Certains l'ont interprété comme un film-réquisitoire contre la police alors qu'il s'agit davantage d'une réflexion sur l'homme et le pouvoir: Synopsis: <<Un chef de la section criminelle de la police assassine sa maîtresse et va tout faire pour orienter l'enquête sur sa personne en y laissant volontairement plusieurs indices. "J'ai le pouvoir et je l'use à volonté, en pousse les limites!" Mais, il va, simultanément, utiliser sa situation nouvelle (promu à la tête de la division politique de la Sûreté de l'État) pour essayer de confondre les enquêteurs. Dans le contexte de contestation sociale, il entend établir que la subversion s’identifie aux délits de droit commun et réciproquement, qu'en gros un anarchiste, un révolutionnaire, c'est comme un braqueur de banques; un auteur de trouble de l'ordre public. Le film consacra Elio Petri et décrocha plusieurs prix et récompenses:

Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 1970.
Prix FIPRESCI du Festival de Cannes 1970.
David di Donatello du meilleur film 1970.
Prix Edgar-Allan-Poe 1971 du meilleur scénario pour Ugo Pirro et Elio Petri.
Oscar du meilleur film en langue étrangère 1971.
Ruban d'argent du meilleur réalisateur 1971 pour Elio Petri.
Ruban d'argent du meilleur acteur 1971 pour Gian Maria Volontè.
Nomination au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère 1971.
Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original 1972.

Toujours aussi moderne et caustique, presque cinquante ans plus tard, il fut à l'époque qualifié de prophétique. Il fut achevé juste avant L'attentat de la Piazza Fontana, un attentat à la bombe qui s'est produit sur la Piazza Fontana à Milan le 12 décembre 1969 faisant 16 morts et 88 blessés. Il fut d'abord attribué à des mouvements d'extrême gauche. Aujourd'hui, cet  horrible attentat est unanimement attribué à l'extrême-droite italienne, marque, pour certains historiens, une étape déterminante de la "stratégie de la tension", qui poussera certains militants d'extrême gauche à choisir la « lutte armée ». Cet événement est le principal point de départ des « années de plomb » italiennes et demeure un point controversé de l'histoire contemporaine de l'Italie. Le film de Petri est sorti dans ce climat terrible du début des "Années de Plomb" et symbolise, cinématographiquement du moins, cette "Stratégie de la Tension" qui est déjà  étonnamment évoquée dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Ennio Morricone, auteur d'une musique qui contribua beaucoup à sa modernité et à l'insolence du personnage principal, confia que lors de sa sortie Elio Petri se réfugia en France par peur de représailles. La bande originale est devenue un classique et une référence en matière de musique de film. La mandoline jouée comme un clavecin, les insertions rythmiques imprévisibles de guimbarde, de saxophone soprano et de contrebasse électrique, un synthétiseur à la sonorité bizarre, insolite, donnent une impression de grotesque et accompagnent la psychologie tourmentée du nouveau chef de la police politique incarné par Gian-Maria Volonté. Le film est mis en musique par une partition que l'on pourrait qualifier de "bithématique": seulement deux thèmes, excellents tous les deux. Ce film est une réussite totale, un incontournable du cinéma engagé italien.

https://www.youtube.com/watch?v=G2vKA9rX3-Y
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Jeu 20 Sep - 12:59

La Déchirure de Roland Joffé:

Une grande histoire d'amitié au sein d'une guerre particulièrement meurtrière, visiblement inspirée d'une histoire vraie et merveilleusement mise en images par Roland Joffé, La Déchirure. Le titre original anglais du film, The Killing Fields, fait référence au camp d'exécution sommaire de Choeung Ek (communément appelé « Killing Fields »), situé dans la banlieue de Phnom Penh et où furent exécutés des milliers de Cambodgiens par les Khmers rouges pendant la durée du régime du Kampuchéa démocratique. Les rôles principaux sont tenus par Sam Waterston, Haing S. Ngor, John Malkovich, Craig T. Nelson et Julian Sands que je retrouve après Le Fantôme de l'Opéra (1998) de Dario Argento et La Piste (2006) d'Eric Valli. << Cambodge, avril 1975; à l'heure où le conflit américano-vietnamien déborde sur le territoire du Cambodge, Sydney Schanberg, un journaliste américain au New York Times, est un des rares reporters à être encore dans le pays au moment de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Il fait équipe avec Jon Swain, journaliste britannique au Sunday Times et le photographe américain Al Rockoff. Les quatre reporters sont arrêtés en sortant d’un hôpital. Seule l'intervention de son assistant cambodgien Dith Pran leur sauve la vie. Les quatre hommes se réfugient à l'ambassade de France, mais alors que Schanberg parvient à regagner in extremis les États-Unis, Pran est déporté comme ses compatriotes dans un camp de travail. Le journaliste américain va faire tout son possible pour retrouver Pran qui, lui, de son côté, va croiser sur son chemin les pires horreurs avant de joindre la frontière thaïlandaise.>> Le film qui obtint par ailleurs trois Oscars dont un pour le meilleur second rôle est inspiré de la véritable histoire de Sydney Schanberg, qui obtint le Prix Pulitzer en 1976. Il retrace une partie du périple de Dith Pran, et dépeint la dictature de Pol Pot : l'embrigadement des enfants dès le plus jeune âge, la destruction de toute notion de famille, et l'extermination d'un peuple forcé à vivre dans les campagnes. Lorsque j'ai vu ce film de Roland Joffé pour la première fois sur grand écran, j'ai reçu un choc qui m'avait cloué sur place. J'étais ressorti de la salle de cinéma complètement bouleversé, ébranlé. Voilà un film qui compte énormément pour moi et que je revois toujours quasiment avec la même émotion. A l'époque, j'avais aussi beaucoup aimé la musique de Mike Oldfied même si aujourd'hui je ne la réécouterai plus en dehors de son contexte.

BANDE ANNONCE:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19405087&cfilm=164.html
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Ven 21 Sep - 14:51

Ces derniers temps, je fais dans le cinéma qui ne rigole pas, mais peu importe puisque je ne suis pas d'humeur pour la farce ou la comédie. Hehe C'est une autre histoire d'amitié qui, comme pour La Déchirure de Roland Joffé, a pour toile de fond un pays totalement déchiré de l'intérieur. Cry Freedom ou Le Cri de la liberté est un film britannique réalisé par Richard Attenborough et sorti en 1987. Il réunit à l'affiche Denzel Washington et Kevin Kline parmi les rôles principaux. Tourné à Mombasa, au Kenya, en Angleterre et au Zimbabwe, le film retrace le meurtre de l'activiste sud-africain Steve Biko et l'enquête entreprise par le journaliste Donald Woods. <<L'intrigue se situe en Afrique du Sud peu avant le massacre de Soweto. Donald Woods (Kevin Kline), un journaliste blanc, est habitué à répercuter les informations « officielles » du gouvernement sans aller sur le terrain, jusqu'au jour où il fait la connaissance du militant noir anti-apartheid Steve Biko (Denzel Washington). Celui-ci lui ouvre les yeux sur la situation réelle de la population noire qui n'a aucun accès aux médias. Biko emmène le journaliste dans des quartiers/bidonvilles où Woods se rend compte à quel point la population noire souffre, repliée sur elle même. Woods et Biko coopèrent contre l'inégalité des noirs en publiant des articles, leur relation s'améliore et ils deviennent de vrai amis. Après le meurtre de Biko et ayant tenté de dévoiler la situation inéquitable, Woods et sa famille quittent le pays afin d'assurer leur sécurité. Puis Woods publie un article sur l'histoire de Steve Biko et ses idées, pour les faire connaître au monde entier. L'épilogue du film fait défiler une longue liste d'activistes anti-apartheid (dont Steve Biko) morts en prison dans des circonstances suspectes malgré les « versions officielles ». La liste s'arrête avant la sortie du film, puisqu'en 1987 le gouvernement d'apartheid arrête de publier les « versions officielles » pour les morts en détention.>> C'est un film poignant qui, cependant, se permet ci et là quelques zestes d'humour mais dont l'intensité dramatique n'est jamais relâchée, jusqu'à la longue liste finale d'activistes anti-apartheid morts dans des conditions suspectes. La musique est signée George Fenton & Jonas Gwangwa. La partie symphonique dite "score" est de Fenton et les morceaux de couleur locale sont probablement de Gwangwa, à savoir des chants traditionnels arrangés par lui. L'association Fenton/Gwangwa fonctionne très bien dans le film d'Attenborough.

https://www.youtube.com/watch?v=I67sH0WJE5o
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Sam 22 Sep - 22:45


Je n'ai pas quitté l'Afrique du Sud avec un film de Bille August intitulé Goodbye Bafana (2007) d'après les mémoires du geôlier de Nelson Mandela. Je ne pouvais manquer un film qui relate l'histoire de Nelson Mandela pendant toute sa période d'incarcération jusqu'à sa libération. Le film s'arrête avant qu'il accède démocratiquement au pouvoir. <<Le film retrace la vie sur 25 ans de James Gregory, un Sud-Africain blanc, gardien de prison responsable de Nelson Mandela, de l'incarcération de ce dernier dans les années 1960 au pénitencier de Robben Island à sa libération de la prison Victor Verster en 1990. Dans ses fonctions, Gregory fut notamment chargé de censurer le courrier de Mandela, dont il maîtrisait la langue, le Xhosa. Il a pour rôle de l'espionner et de tout transmettre au Général qui lui confia cette mission. Prenant progressivement conscience des dures réalités de l'application de l'apartheid pour les Noirs d'Afrique du Sud à mesure qu'il apprend à connaître Nelson Mandela et ses proches, il en devient finalement son ami et son confident.>> Le rôle de James Gregory est joué avec beaucoup de justesse par Joseph Fiennes, Diane Kruger jouant son épouse, et Nelson Mandela apparaît sous les traits de Dennis Haysbert. Le film captive sur toute sa longueur, porteur d'un formidable message d'espoir, de courage et d'humanité. Un autre élément qui me plait beaucoup dans ce film est la subtile partition de Dario Marianelli aussi discrète qu'envoûtante, évoluant sur du velours et en même temps présente à l'image. D'un aspect plutôt solaire, elle instaure un climat particulier et bien trouvé. Il y a toutefois une controverse. James Gregory, mort d'un cancer en 2003, avait-il quelque-peu romancé sa relation Gardien-Censeur/prisonnier avec Nelson Mandela?

<<Le film est tiré d'un roman, écrit par le lieutenant James Gregory (1941-2003), chargé à partir de 1968 de censurer le courrier reçu par Mandela. Gregory affirme notamment dans son livre Goodbye Bafana avoir été intime et ami de Mandela en prison. Ce livre a cependant été tourné en dérision par Anthony Sampson, l'auteur de la biographie autorisée de Mandela. Sampson a notamment accusé James Gregory d'avoir menti et d'avoir violé la vie privée de Nelson Mandela dans son livre. Sampson a notamment déclaré que Gregory n'avait que peu conversé avec Nelson Mandela, mais avait surtout censuré les lettres envoyées au détenu et utilisé les informations récoltées pour fabriquer une relation étroite et particulière entre eux. Dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté, Nelson Mandela mentionne James Gregory à deux reprises : une première, lors de son emprisonnement à Pollsmoor, où il dit ne pas vraiment le connaître bien qu'il fût son censeur à Robben Island et une seconde fois, le jour de sa libération en 1990, déclarant l'avoir embrassé chaleureusement mais aussi n'avoir jamais parlé de politique avec lui. Par la suite, Nelson Mandela admit que Gregory fut l'un des gardiens les plus raffinés et qu'il lui vouait un certain respect.>> Wikipedia.

https://www.youtube.com/watch?v=Hmdz-HLeIhM

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