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 Les films d'Icare

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Icare
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 19 Juil 2019, 14:06

"Et si Adolf Hitler revenait au pouvoir?"

Voilà la question que pose ce film de Franklin J. Schaffner, Ces Garçons qui venaient du Brésil/The Boys from Brazil, sorti en salle en 1978 et tiré du roman éponyme d'Ira Levin. C'est un film que je n'avais jamais vu auparavant. Il réunit d'excellents acteurs; Gregory Peck, Laurence Olivier, James Mason, Lilli Palmer, Uta Hagen...il y a pas d'acteurs allemands dont Sky du Mont que je retrouve après Das Boot/Le Bateau de Wolfgang Peterson et l'excellent Bruno Ganz que je ne connaissais pas aussi jeune et qui tient dans le film de Schaffner un petit rôle. Je ne l'avais pas reconnu. La dernière image que je garde de lui est sa formidable prestation d'Hitler dans La Chute de Oliver Hirschbiegel (2004) que j'ai déjà évoqué sur ce fil. Mais, revenons à Ces Garçons qui venaient du Brésil. J'ai trouvé ce film assez bizarre, enfin son histoire que j'ai trouvée un peu loufoque, abracadabrante, rocambolesque (le terme qui correspond le mieux à mon ressenti) mais qui peut malgré tout correspondre au personnage machiavélique et excentrique, le médecin nazi Josef Mengele qui, pour le coup, a réellement existé - il est d'ailleurs mort peu de temps après la sortie du film, à Bertioga (Brésil) le 7 février 1979, par noyade, - interprété de manière assez théâtrale par Gregory Peck...< Se plaçant ici dans la peau d'un chasseur de nazis, Laurence Olivier fut, en 1976, un terrifiant criminel de guerre nazi traqué par Dustin Hoffman dans Marathon Man.>

<<Vienne, Autriche, à la veille des années 1980. Ezra Lieberman (Laurence Olivier) est un célèbre chasseur de nazis (inspiré par Simon Wiesenthal) qui vit avec sa sœur dans un vieil appartement. Il reçoit un jour l'appel d'un jeune juif, Barry Kohler, en provenance du Paraguay. Ce dernier a retrouvé la trace de nombreux officiers nazis et pense qu'un complot se prépare. Malgré les recommandations de Lieberman qui lui suggère vivement de quitter le pays pour sa propre sécurité, Kohler décide d'en savoir plus. Après avoir découvert la villa où se tiendra une réunion secrète, il soudoie un jeune domestique afin d'y placer un micro. Le stratagème fonctionne. Le chef de cette conspiration n'est autre que Josef Mengele, ancien médecin du camp d'extermination d'Auschwitz, et connu pour les expériences pseudo-médicales qu'il effectua sur les prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale. Mengele décrit à ses comparses le projet d'assassinat dans les deux ans de 94 fonctionnaires à travers le monde. Tous ont pour point commun d'être pères de famille, sexagénaires et d'avoir une épouse beaucoup plus jeune qu'eux. Ces assassinats doivent passer si possible pour des accidents. Lieberman se trouve plongé dans une enquête sordide dont l'aboutissement va au-delà de l'impensable: chaque cible de Mengele est le père adoptif d'un clone exact du Führer>>

J'ai eu du mal à voir cette fiction autrement que comme une grande farce morbide, un fantasme sur une phénoménale conspiration qui conduirait à un quatrième Reich, orchestré par de vieux nazis en exil et un Mengele plus démoniaque et exubérant que jamais, déterminé à faire vaincre la race arienne par le biais des clones qu'il a créés lui-même. Laurence Olivier, impeccable dans son rôle de chasseur de nazi vieillissant, a été élu Meilleur Acteur 1978 par la "National Board of Review" (USA). La musique de Jerry Goldsmith qui, dès le début, pétille comme une valse de Strauss, est très présente dans le film de Schaffner. Très efficace aussi. Elle fut nommée aux Oscars, tout comme le montage et Laurence Olivier.

https://www.youtube.com/watch?v=-Qz9dd6lFRI
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptySam 20 Juil 2019, 13:54


La première chose qui m'a interpellé lorsque j'ai revu Luke la main froide de Stuart Rosenberg (1967), c'est la formidable musique de Lalo Schifrin. C'est un lointain coup de coeur qui, soudainement, refaisait surface, avec ce thème mélodique si beau, si attachant, parfois à la guitare, parfois à l'harmonica, et ses thèmes d'action trépidants. C'est une histoire d'homme, réalisée de main de maître et interprétée par des acteurs tous très investis dans leurs rôles respectifs; Paul Newman qui est Luke la main froide, un de ces rôles de prédilection: n'avait-il pas dit que le script de ce film est l'un des tous meilleurs qu'il n'ait jamais lu...George Kennedy, acteur de poids et force de la nature qui, d'ailleurs, décrocha un Oscar pour son étonnante interprétation de Dragline, Strother Martin, Lou Antonio, Jo Van Fleet, mais aussi, pour ne citer que les noms les plus connus, Dennis Hopper, principalement connu pour ses rôles dans Apocalypse Now et Rusty James de Francis Ford Coppola, L'Ami américain de Wim Wenders ou encore dans Blue Velvet de David Lynch, et Dean Stanton qui rencontra la postérité avec Paris, Texas de Wim Wenders. Une autre grande force du film tient du réalisme de son scénario (Donn Pearce & Frank R. Pierson), en partie autobiographique. Tout se joue en milieu de détention, en dehors de quelques scènes d'évasion.

<< Pour avoir détruit des parcmètres, Luke (Paul Newman) est condamné à deux ans de travaux forcés dans un camp de prisonniers en Floride. Mais rebelle à l'autorité des gardiens, il refuse de se soumettre à la discipline et aux règles strictes d'un camp où humiliations et mauvais traitements peuvent être affligés aux "têtes dures"…Le conformisme, le "moutonisme", ne correspond pas à sa vision des choses. Deux ans, c'est pour lui beaucoup trop long pour courber l'échine et magner la pelle ou la faux sans broncher. Estimé par ses camarades de camp pour relever les défis de toutes sortes; ne jamais s'avouer vaincu dans un combat à mains nues face à un adversaire manifestement plus fort que lui, manger cinquante oeufs durs en une heure, creuser et reboucher plusieurs fois une fosse jusqu'à l'épuisement...L'évasion est devenue une idée fixe.>>

https://www.youtube.com/watch?v=PER8zHm8pj0
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steph-w

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptySam 20 Juil 2019, 14:34

Icare a écrit:

Luke la main froide ...manger cinquante oeufs durs en une heure,

Une scène inoubliable, impressionnante, qui m'a émerveillé quand j'étais ado... Very Happy

Merci Icare pour nous rappeler ce chef-d'oeuvre. Les films d'Icare - Page 10 13150
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyDim 21 Juil 2019, 19:13


Quelqu'un m'avait offert le dvd d'un film car il pensait que j'en aimerais l'histoire, d'autant plus que le rôle principal est tenu par John Malkovich et qu'il savait que j'aimais beaucoup cet acteur. Je l'avais donc regardé avec mon épouse et elle avait très vite décroché, m'emportant avec elle. Du coup, ce film m'était resté comme un pensum sur lequel je ne n'étais guère chaud pour une nouvelle tentative. Aujourd'hui, j'ai relu le synopsis et ai décidé de le revoir d'un autre oeil et sans mon épouse. Le film s'intitule Disgrace (2008), une production néerlando-australo-américaine réalisée par Steve Jacobs et tirée du roman du même nom de J. M. Coetzee, prix nobel de littérature. En réalité, ce film est très beau, d'une certaine façon, il est dépouillé et intense à la fois. La prestation de John Malkovich est étonnante de sincérité, peut-être même un de ses meilleurs rôles. L'accompagnent dans ce film Jessica Haines dans le rôle de sa fille, Paula Arundell, Eriq Ebouaney, Scott Cooper, Antoinette Engell et Buyami Duma. Le compositeur qui a signé la bande originale m'était jusqu'ici inconnu. Il y a pourtant une musique avec voix féminine vraiment belle, parfaitement mise en valeur à la fin du film. Le compositeur s'appelle Antony Partos: "Antony Michael Partos (né le 1er août 1968) est un compositeur australien de films et d'émissions de télévision. Il se spécialise dans la création de partitions combinant des éléments acoustiques et électroniques avec un mélange d'instruments de musique du monde. Ses génériques de long métrage incluent Animal Kingdom, The Rover, Disgrace, The Home Song Stories et Unfinished Sky." Graeme Koehne, autre compositeur australien que je connais beaucoup mieux, est également crédité au générique-fin, mais j'ignore pour quel morceau.

<<Afrique du Sud, Post-Apartheid: David Lurie (Malkovich), professeur de poésie, est contraint de démissionner après avoir entretenu une relation avec l'une de ses étudiantes. Il décide alors de s'installer chez sa fille dans une ferme isolée à l'intérieur des terres. Là où les blancs avaient pour habitude de diriger, leur présence est désormais à peine tolérée. Le jour ou David subit une violente agression tout en étant le témoin impuissant du viol de sa fille, il prend conscience de son impossibilité à agir sur le pays et voit ses convictions hédonistes s'écrouler...>>

https://www.youtube.com/watch?v=ogRPlWfU_jo


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laudec

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyDim 21 Juil 2019, 20:20

Je n'ai pas vu ce film, je ne savais même pas qu'un film avait été tiré du roman de Coetzee.  J'ai, il y a quelques années été passionnée par les livres de J.M. Coetzee, j'en ai lu plusieurs dont "Disgrace", ce fut avec étonnement et grand intérêt, cette écriture et sa façon de nous plonger dans l'ambiance de l'époque d'apartheid est sublime.  Je ne connais pas le film mais je conseille le livre qui est un chef d’œuvre pour moi Les films d'Icare - Page 10 185465 .  Grande envie de voir ce film maintenant  Mains

Au sujet de l’œuvre de Coetzee  (wikipedia):



Citation :
Coetzee renvoie le cadre de l'apartheid à un fonctionnement philosophique général : « la société d’apartheid était une société de maître et d’esclaves, où les maîtres eux-mêmes n’étaient pas libres. ». L'écrivain cherche d'ailleurs à démystifier le rôle de l'artiste, l'incluant, comme maillon ordinaire, à la chaîne sociale dont il est censé se départir : « Je ne suis pas le représentant d'une communauté ou quoi que ce soit d’autre. Je suis juste quelqu'un qui, comme tout prisonnier enchaîné, a des intuitions de liberté et qui construit des représentations de gens laissant tomber ces chaînes et tournant leurs visages vers la lumière. ». En effet, Coetzee s'attache à retranscrire l'humanité fébrile de vies et de destins singuliers pris en étau dans un système politique dont ils sont à la fois les victimes et les complices. Il dit surtout s'intéresser « au monde humain, vaste et complexe. »
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyMar 23 Juil 2019, 14:42

Aujourd'hui, j'ai revu un film qui m'avait profondément marqué à l'époque de sa sortie en salle, dans le milieu des années 80, aussi bien d'un point-de-vue purement filmique que musical. Je crois que quelque-part, Mission de Roland Joffé fut le point de départ à la fois de ma cinéphilie et de ma béophilie, et plus largement de ma passion pour la musique, ma "mélomania". Certes, j'exagère un peu car j'aimais déjà le cinéma et la musique avant Mission, mais disons que c'est à partir de ce film que j'en ai pris réellement conscience. A partir de ce film, je suis passé du spectateur occasionnel au cinéphile assidu et de l'auditeur attentif au mélomane appliqué et avide de connaissances. Donc, pour résumé, le chef-d'oeuvre de Roland Joffé occupe une place fondamentale ou plutôt fondatrice chez moi. En schématisant un chouia, il y en a qui sont devenus cinéphiles grâce à Citizen Kane d'Orson Welles (1941) ou Autant en emporte le vent de Victor Fleming (1939), comme d'autres sont devenus mélomanes à partir de la Neuvième de Beethoven ou du Requiem de Mozart. Pour ma part, j'ai pris la mesure de tout mon amour pour le cinéma et la musique avec Mission de Roland Joffé (1986), j'avais alors 26 ans. Le film réunit dans des décors somptueux et inoubliables Jeremy Irons, Robert De Niro, Iam Neelson, Raymond "Ray" McAnally, Adrian Quinn, Cherie Lunghi, Ronald Pickup et Daniel Berrigan. Le film remporta la Palme d'or au Festival de Cannes. Au départ, Ennio Morricone qui a pleuré lorsqu'on lui montra le film pour la première fois, refusa de composer une musique pour des images aussi belles. Ses commanditaires insistèrent et il composa une partition aussi somptueuse et inoubliable que les chutes d'Iguazu! La photographie est de Chris Menges et le scénario de Robert Bolt.

<<Au milieu du xviiie siècle, le cardinal Altamirano, visiteur apostolique des missions jésuites en Amérique du Sud, écrit son rapport au pape. Au fil de ce qu'il écrit, il revoit ce qu'il a appris au cours des derniers mois. Un prêtre jésuite espagnol s’aventure dans la forêt tropicale afin d'évangéliser les Amérindiens : un travail d'approche difficile mais réussi grâce à la création d'une école musicale de haut niveau, à l'origine indispensable aux offices religieux, mais dont la nécessité apparaît également centrale dans le processus d'éducation et de développement humain. Conçue sur le modèle des très nombreuses écoles musicales réparties dans tout l'Occident, elle deviendra un élément d'autonomie, et finalement ici, un acte de résistance. Le prêtre jésuite est bientôt rejoint par un ancien chasseur d’esclaves converti et cherchant la rédemption. Le prêtre fait visiter plusieurs missions au cardinal Altamirano qui est impressionné par la qualité de développement et de vie qu'il y découvre. À la fin de son séjour, le prélat révèle la décision, qui en fait avait été prise avant même son arrivée en Amérique du Sud : les jésuites doivent quitter les réductions. Le prêtre et le frère Rodrigo refusent d'abandonner les Guaranis. De manière différente, ils organisent la résistance à l'assaut de l'armée portugaise venue appliquer les accords, signés en Europe, de partage des terres entre Espagnols et Portugais. La mission est détruite : les survivants Guaranis retournent dans la forêt. Le cardinal conclut son rapport : « Et donc, Votre sainteté... vos prêtres sont morts... et moi... vivant. Mais à la vérité, c'est moi qui suis mort... tandis qu'ils sont vivants. Car il en va toujours ainsi, Votre sainteté. L'esprit des morts survit... dans la mémoire des vivants ». Ce film relate en deux heures les quelques 150 ans d'histoire des réductions guaraníes, sortes de républiques autonomes créées par les jésuites et d'abord approuvées par le pouvoir colonial espagnol, aux confins du Paraguay, de l’Argentine et du Brésil. Il fait également allusion à la Guerre des Guaranis de 1754-1756.>> Wikipédia.

https://www.youtube.com/watch?v=POO_4lE20AQ


Dernière édition par Icare le Mer 24 Juil 2019, 07:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyMar 23 Juil 2019, 16:38

Aïe, Icare," Mission", ce film qui m'a tant fait pleurer que je ne pourrais même pas le revoir, tant cette réalité historique m'est insupportable. Et de savoir que sous d'autres formes, elle perdure encore aujourd'hui, comment vivre avec cela ?

Je copie du journal "Le Monde" d'aujourd'hui, un court extrait :
"Le Monde" a écrit:

De rares images des Awa, tribu isolée et menacée en Amazonie

Cette tribu, qui ne compte que quelques dizaines de membres, est menacée par les trafiquants de bois et la politique du gouvernement brésilien. Une ONG les a filmés car « si le monde ne les voit pas, ils seront tués ».

Je viens aussi de signer une pétition d'Avaaz :

"Avaaz" a écrit:
C’est terrible. L'Amazonie a perdu un DEMI-MILLIARD d'arbres l’année dernière. En ce moment même, les défenseurs de l’Amazonie au Congrès du Brésil envisagent de nouvelles mesures de protection et les groupes indigènes en appellent à une pression internationale pour sauver la forêt. Organisons une grande démonstration de soutien citoyen et battons-nous pour l’Amazonie!

Tout cela pour dire que ces pratiques de non-respect des êtres et des peuples les plus fragiles s'amplifie encore de nos jours pour qu'une minorité puissante s'enrichisse encore plus, c'est incroyable que nous soyons tous complices de ces pratiques.

Je viens encore de lire un livre sur le même sujet "Les Perruches du soleil" de Jacques Dochamps qui dénonce certains gouvernements d'Amérique du Sud qui vendent leurs terres (habitées par les Kichuas de Sarayaku entre autres ) au grand pétroliers, qui vont abattre des forêts millénaires pour assurer l'extraction et le transport du pétrole vers le reste du monde.

Je m'arrête là, voilà ce que ce film, magnifique avec une musique sublime comme le passage de "Gabriel's hobo" d'Ennio Morricone" m'évoque et vient me faire pleurer à nouveau en me demandant jusque quand tout cela va encore durer ?
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Kristian

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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyMar 23 Juil 2019, 17:38

laudec a écrit:
Je m'arrête là [...] en me demandant jusque quand tout cela va encore durer ?

Cela durera tant que la commercialisation internationale planétaire sera la préoccupation n°1 de l'humanité. Tant que le profit sera la motivation principale des hommes – y compris des pauvres, que le système a soigneusement conditionnés pour qu'ils rentrent dans le moule –, la guerre économique sera l'activité essentielle des nations.

La compétition semble si indispensable à l'homme que quand il en abandonne une, il la remplace par une autre. Nous avions autrefois la compétition par la conquête des territoires, et aujourd'hui nous avons la conquête des marchés – ce qui n'est pas mieux. Et cette compétition maladive se retrouve dans le sport international, auquel nous conditionnons tous nos enfants, avec les conséquences délétères qui en découlent. Le sport est merveilleux quand il est pratiqué comme un jeu, mais quand il devient un enjeu, il change de nature et s'apparente à la guerre.

Tout est guerre dans la compétition, et la subtilité de l'idéologie du libéralisme avancé est de nous faire croire que nous ne pourrions vivre sans compétition. Donc, nos sociétés génèrent de la compétition à outrance à tous les niveaux, dans le but de nous maintenir en permanence dans cette atmosphère. Toutes les activités humaines deviennent objet de compétition, et ce, à des fins d'appropriation par les « plus forts ».

Et aujourd'hui, cela éclate au grand jour. Mais nous continuons de mettre des banquiers à la tête de nos états. Comment pouvons-nous seulement espérer que les choses vont changer ? Les films d'Icare - Page 10 248345 Les films d'Icare - Page 10 156732 Les films d'Icare - Page 10 248345
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyMar 23 Juil 2019, 18:11


J'aurais beaucoup de choses à dire sur ce sujet, au risque même de vous paraphraser tous les deux, mais si cette discussion doit se poursuivre, je préfère qu'elle se poursuive dans le fil approprié. Néanmoins je laisse cet échange ici car il découle directement du film de Roland Joffé qui justifie pleinement vos réactions pleine d'humanité et de bon sens. Merci à vous. Mains
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyJeu 25 Juil 2019, 07:39

KAROL, l'homme qui devint pape: Giacomo Battiato:

<<Pologne, les années 30. Le jeune Karol Wojtyla a 10 ans et des rêves plein la tête. Mais la mort de sa mère et de son frère bien-aimés, l'entrée en guerre de la Pologne et bientôt les signes avant-coureurs de la persécution du peuple juif vont sceller son destin. Il se voyait acteur de théâtre, il sera poète, puis professeur, avant que ne se dessine en lui le désir de prêtrise. En 1978, il devient l'homme connu du monde entier, un homme qui a marqué son époque, un homme qui a écrit une page de notre histoire.>>

Cette longue et formidable biographie se divise en deux grands films de trois heures environ, le premier, Karol, l'homme qui devint pape (2005), relate la vie de Karol Wojtyla depuis l'invasion de la Pologne par les forces hitlériennes jusqu'à ce qu'il soit nommé pape au Vatican, le second volet, Karol, un papa rimasto uomo (2006), relate la vie du Pape Jean-Paul II depuis son investiture jusqu'à sa mort. Cette seconde partie, je ne la possède qu'en Italien ou en anglais, peu importe car ce n'est pas ce qui va m'arrêter. C'est formidablement bien réalisé et interprété. Nul besoin d'être un fervent catholique ni un fervent admirateur de Jean-Paul II pour apprécier cette grande fresque biographique. La vie de Karol Wojtyla comporte tous les ingrédients d'un magnifique roman, ponctué de tragédies et d'espoir, vacillant entre haine et amour, en continuelle confrontation dans la vie tourmentée du futur pape.

<<Le film prend parfois certaines libertés avec le parcours réel du jeune Karol Wojtyła, notamment par rapport aux relations avec des personnages secondaires comme Tomasz Zaleski et Hanna. Il évoque le rôle de Jan Tyranowski, organisateur du "Rosaire vivant" et guide spirituel du futur pape. Cependant, ce film reste très fidèle à ce qu'a été la vie réelle du futur Jean-Paul II, malgré certaines critiques comme celle de George Weigel : il a écrit une biographie de référence de Karol Wojtyła (Jean-Paul II, témoin de l'espérance) et observe que le film comporte "des douzaines de points où les auteurs se sont trompés". Il note aussi "plusieurs distorsions majeures et falsifications".>> source Wikipédia.

C'est l'acteur Piotr Adamczyk qui interprète avec brio Karol Wojtyla, aussi bien jeune que vieux. Dans les deux périodes de sa vie, son interprétation est époustouflante, criante d'authenticité. Il est entouré de Malgosia Bela, Ken Duken, Hristo Chopov, Ennio Fantastichini, Violante Placido, Matt Craven dans le rôle du cynique Hans Frank et Raoul Bova. Dans le second volet, figurent Alberto Gracco, Daniela Giordano, Dariusz Kwasnik, , Mario Prosperi et Michele Placido. Ennio Morricone assura avec sa maestria habituelle la bande originale des deux films.

https://www.youtube.com/watch?v=xP4kb9gugqc
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 26 Juil 2019, 13:47

La Passion du Christ: Mel Gibson:

<<Les douze dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, la Passion : Jésus prie au mont des Oliviers et résistant à la tentation de Satan. Capturé par les autorités juives, Jésus est ensuite flagellé après sa dénonciation par Judas auprès du Grand Prêtre Caïphe et de sa cour. On voit ensuite son jugement par le préfet romain Ponce Pilate et son passage devant Hérode aboutissant à sa condamnation à mort. Le film est entrecoupé de flash back sur les moments principaux de la vie publique du Christ, comme le Sermon des Béatitudes. Le film s'achève par la montée de Jésus au Calvaire, sa crucifixion avec Marie et Marie-Madeleine pour témoins, puis sa résurrection.>>

C'est la seconde fois que je vois La Passion du Christ de Mel Gibson (2004) et c'est la seconde fois que je me trouve tiraillé entre deux sentiments contradictoires: la fascination et le dégoût. Je devrais revoir Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, une mini-série de plus de six heures réalisée en 1977, sur une superbe musique de Maurice Jarre qui est sans doute plus proche de ma sensibilité dans l'absolu. Je m'en explique après ce texte tiré de Wikipédia:

<<Ce film retraçant les dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, entièrement tourné dans les langues supposées être parlées en Judée au Ier siècle (araméen, hébreu et latin), connut un succès mondial. Toutefois les historiens soulignent le fait qu'à l'époque, la langue de communication avec les Romains était non pas le latin, mais le grec. Il fut l'objet d'une vive critique, tant sur la question de l'antisémitisme que sur le respect des réalités historiques, et la violence du spectacle.>>

Mon "dégoût" tient de la forme plutôt que du fond: une façon crue et quasiment gore de présenter la violence du long supplice de Jésus, depuis son arrestation en passant par la séance du châtiment corporel ordonné par Ponce Pilate et du chemin de croix jusqu'à sa crucifixion qui est le point culminant de cette violence fortement appuyée tout au long du film. J'ai conscience que Mel Gibson ait voulu par cette crudité filmique, si j'ose dire, communiquer au spectateur l'incommensurable souffrance et l'étonnante endurance de celui qui s'était présenté comme le fils de Dieu, qu'il le ressente lui-même dans sa propre chair. Il voulait, je pense, que l'auditeur ressente un peu le poids de la croix et les morsures du fouet pendant la projection du film.  Je ne crois pas qu'il ait voulu faire la violence-spectacle que certains lui ont reproché, néanmoins, en général, je préfère la violence lorsqu'elle est suggérée, plutôt que montrée d'une façon aussi crue. Ici, elle me dérange et je pourrais presque essuyer mon visage imaginant être atteint par le sang du Christ. J'exagère, certes, mais c'est le fait que cette violence ainsi exprimée m'est insupportable. Mais pourquoi m'est-elle insupportable? Parce qu'il s'agit du Christ? En général, je n'aime pas la violence lorsqu'elle est montrée trop crûment, par les blessures dans la chair, le sang qui gicle...Je la trouve alors redondante et inutile. Mais, dans La Passion du Christ, elle a une autre résonance qui me fascine et me dérange en même temps. En ce sens, Gibson a probablement atteint l'objectif qu'il s'était fixé.

<<Selon l'historien Geza Vermes, ce film de Mel Gibson ne prend aucune précaution pour éviter d'attiser la haine antisémite. Cet historien reproche au réalisateur d'avoir méconnu le contexte historique dans lequel ont été rédigés les évangiles sans toutefois remettre en cause la véracité des éléments qui y sont dépeints; ce contexte éclaire certains propos du Nouveau testament qui peuvent passer pour antisémites aujourd'hui, et qui répondaient à d'autres intentions. Ainsi, les évangiles atténuent la responsabilité de Ponce Pilate dans la mise à mort de Jésus, et font porter cette responsabilité presque tout entière sur les Juifs, ce qui est stricto facto vrai. Mais, explique l'historien, les rédacteurs des évangiles étaient extrêmement suspects aux yeux des autorités romaines, qu'ils devaient donc ménager. De plus, selon l'historien, Jésus, jugé selon les lois juives, n'était nullement passible de la peine de mort ; il n'était pas coupable, en particulier, de blasphème. En revanche, Jésus inquiétait bel et bien le pouvoir colonial romain. Ainsi, selon G. Vermes, le film de Mel Gibson ne prend pas en compte les acquis de la recherche historiographique et ne prend aucune précaution pour éviter d'éprouver un sentiment anti-juif à la vision de ce film. Des organisations juives ont accusé Mel Gibson d'évoquer de vieux stéréotypes antisémites dans son film La Passion du Christ, ce reproche s'inscrivant dans une longue liste d'accusations portées contre M. Gibson pour le même motif, dont il s'est défendu et expliqué, selon l'agence Reuters4>> Wikipédia

Jim Caviezel interprète Jésus, Maria Morgenstern est Marie, Monica Bellucci est Marie-Madeleine et je retrouve Hristo Chopov dans la peau de Ponce Pilate après qu'il ait endossé le role d'un chef du KGB dans Karol, l'homme qui devint pape de Giacomo Battiato. Je n'ai pas été très sensible à la partition musicale de John Debney dans le film, davantage dans sa "version concert".

https://www.youtube.com/watch?v=Z4fggf5i-f0
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyJeu 01 Aoû 2019, 13:38

Chris Delaporte: Kaena, La Prophétie:

Je ne crois pas avoir encore abordé le film d'animation sur ce fil. Il ne faudrait surtout pas en déduire que je boude ce genre en particulier. J'en ai même un de chevet, une véritable référence en la matière que j'évoquerai inévitablement, un jour ou l'autre, ici et qui s'intitule Le Roi et l'oiseau (1980) de Paul Grimault sur des textes de Jacques Prévert et une musique de Wojciech Kilar. Celui qui m'a plongé aujourd'hui dans un monde fantastique est Kaena, La Prophétie, un film d'animation franco-canadien de science-fiction réalisé par Chris Delaporte et Pascal Pinon, sorti en 2003. C'est le premier long métrage d'animation français à avoir été entièrement réalisé en 3D. Le film a fait l'objet d'une novélisation du même nom par le romancier Pierre Bordage. Je trouve beaucoup de charme à ce film d'animation. Je le trouve visuellement beau et même poétique sous certains aspects. Cécile de France, Victoria Abril, Michael Lonsdale et Jean Piat ont prêté leurs voix aux principaux personnages, avec la classe qu'on leur connaît. S'ajoute à l'ensemble une partition musicale envoûtante de Farid Russlan. A noter qu'il y a dans ce film une dimension politique que j'estime très belle: elle s'appuie sur l'audace et le courage de s'arracher des "idées reçues" et de se libérer de ses peurs afin de gagner un nouvel espoir de survie et un monde meilleur, un monde libre...

Scénario : Chris Delaporte, Tarik Hamdine, Pierre Bordage, Alejandro Jodorowsky, Kenneth Oppel, Benjamin Legrand.

<<Axis est une gigantesque planète-arbre. 150 kilomètres et de branches entrelacées au coeur desquelles , coincées entre deux épaisses couches de nuages, vit une petite communauté d'êtres humains menacée d'extinction. Sous l'emprise du grand prêtre, ils sont à la merci d'étranges dieux qui sont en réalité d'impitoyables monstres esclavagistes. Seule une jeune femme, rebelle et intrépide, Kaena, osant braver l'autorité du grand prêtre, se lancera dans un périlleux voyage au terme duquel elle découvrira quels sombres desseins se cachent derrière les mystérieux et très opaques nuages d'Axis...>>

https://www.youtube.com/watch?v=3hTDTSLcg4Q


Demain, je vais voir, sous la volonté de ma fille, au cinéma, la nouvelle édition cinématographique du "Roi Lion", avec de vrais animaux. Ma fille l'a déjà vu tout récemment avec l'un de ses frères, mais elle a tellement aimé qu'elle veut le revoir avec moi. J'en ferai peut-être un  modeste compte-rendu ici.
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyJeu 08 Aoû 2019, 14:01

Place à la comédie et à l'humour!! Un Poisson nommé Wanda: Charles Crichton:

J'aime bien parcourir mon passé de cinéphile en revoyant des films qui m'ont marqué d'une manière ou d'une autre et, évidemment, à différents degrés. Il y a ceux qui m'avaient complètement transporté lorsque je les vis pour la première fois, sur grand ou petit écran, et qui aujourd'hui, certes, pour une raison ou une autre, me procurent moins d'effets: je pense à Delivrance de John Boorman ou encore à Jeremiah Johnson de Sydney Pollack qui sont néanmoins de très bons films, solidement menés. Il y a ceux qui exercent sur moi toujours le même pouvoir de fascination, comme; pour ne citer que quelques exemples, Garde à vue de Claude Miller, La Bête humaine de Jean Renoir, Le Grand Silence de Sergio Corbucci ou encore La Forêt d'émeraude de John Boorman ou Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d'Elio Petri...La comédie est très certainement le genre envers lequel je suis le plus méfiant. Plusieurs fois, j'ai eu l'expérience de films m'ayant fait rire aux éclats vingt ans en arrière et m'amusant tout juste aujourd'hui. En revanche, il y a celles qui résistent merveilleusement bien comme La Cage aux Folles d'Edouard Molinaro ou Le Viager de Pierre Tchernia. La comédie que j'ai revue aujourd'hui m'avait fait énormément rire au cinéma, vers la fin des années 1980. Je ne l'avais jamais revue depuis et n'arrêtais pas de me demander si elle me ferait toujours autant rire aujourd'hui que trente ans plus tôt. Cette comédie s'intitule Un Poisson nommé Wanda, un film américano-britannique humoristique réalisé par Charles Crichton et sorti en 1988. Charles Crichton est un réalisateur et scénariste britannique qui a surtout travaillé pour la télévision. Cette fois, j'avoue avoir moins ri, l'avoir trouvée moins drôle, bien que j'avais oublié beaucoup de scènes, sauf celle où - pour ceux qui connaissent le film - John Cleese, déguisé en cambrioleur et en mauvaise posture, cache le médaillon avec la chaîne dans sa bouche en l'aspirant comme un spaghetti. A l'époque, cette scène en particulier m'avait rendu hilare et elle m'est restée. A chaque fois que j'ai pensé à ce film ou qu'on me l'a évoqué, je revoyais cette scène et aucune autre. Si Un Poisson nommé Wanda me fut moins hilarant, je n'en suis pas moins ressorti diverti, amusé. Ce fut l'occasion de retrouver dans cette farce très british un quatuor d'acteurs au meilleur de sa forme; John Cleese donc, dans le rôle de Archie Leach, Jamie Lee Curtis dans le rôle de Wanda Gershwitz , Kevin Kline dans celui de Otto West, un rôle qui lui valut un Oscar, et Michael Palin dans la peau d'un personnage bègue Ken Pile. Une musique énergique et "popisante" y est bien mise en valeur, elle est signée John Du Prez, un compositeur et acteur britannique né le 14 décembre 1946 à Sheffield (Royaume-Uni).

L'avocat Archie Leach tombe amoureux de Wanda Gershwitz, une voleuse plutôt sexy. Elle lui fait tellement d'effet qu'il est prêt à faire des folies pour elle. Mais, pour ne rien arranger, Wanda utilise déjà ses charmes auprès de son complice Otto West, un crétin et un authentique psychopathe intellectuel qui croit que le Métro de Londres est un mouvement politique! Pour sa part, Otto fait les gros yeux à son homme de main, Ken Pile, un amoureux des animaus pourtant tueur en série de chiens et qui est, lui, follement amoureux d'un poisson dans un aquarium...nommé Wanda...Tout est loufoque dans cette comédie, entre humour noir et limites de l'absurde.

https://www.youtube.com/watch?v=Op9NEtD8Q-g


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 09 Aoû 2019, 14:14


Les Sept Samouraïs: Akira Kurosawa:

Aujourd'hui, j'ai changé radicalement de registre avec Les Sept Samouraïs du grand Akira Kurosawa qui obtint un Lion d'Argent au Festival de Venise en 1955. Je ne connais que deux films de Kurosawa, celui-ci et RAN que je regarderai une nouvelle fois la semaine prochaine, très probablement le vendredi. Les Sept Samouraïs dépasse en durée les trois heures de cinéma, mais je n'y trouve en vérité aucune longueur. C'est un grand film captivant qui a même su me faire rire à certains moments. L'histoire est célèbre et a fortement inspiré l'un des plus célèbres westerns américains, Les Sept Mercenaires de John Sturges (1960). Mais revenons au chef-d'oeuvre de Kurosawa: l'histoire se déroule dans le Japon médiéval de la fin du seizième siècle. Les habitants apeurés et complètement désespérés d'un village paysan s'attendent à une nouvelle attaques de bandits impitoyables lors de la nouvelle récolte. Après avoir consulté le vieux sage du village, une décision est enfin prise: tenter de recruter sept samouraïs pour lutter contre les brigands sans scrupule qui détruisent et pillent tout sur leur passage. Ce film, fort réussi, a eu pour conséquence de contribuer à la renommée internationale du réalisateur japonais. Son succès fut plus important que Rashômon paru quatre ans plus tôt. Il participa également à faire connaître l'excellent Toshiro Mifune au-delà des frontières nippones. Personnellement, j'aurai beaucoup de plaisir à le retrouver dans Duel dans le pacifique, formidable film de John Boorman (1968) que j'évoquerai sur ce fil un jour ou l'autre, et Soleil Rouge, un sympathique western de Terence Young le mettant en scène aux côtés de Charles Bronson et Alain Delon. Les autres acteurs interprétant les samouraïs sont Takashi Shimura, Yoshio Inaba, Seiji Miyaguchi, Minoru Chiaki, Daisuke Katō et Isao Kimura. A noter parmi les paysans la jeune présence de Keiko Tsushima de son vrai nom Naoko Mori qui joue aussi un rôle dans un film que j'aimerais beaucoup voir et qui s'intitule Les Cloches de Nagasaki de Hideo Oba (1950), un film basé sur l'expérience vécue par Takashi Nagai lors du bombardement atomique de Nagasaki qu'il relate dans son livre du même nom qui, lui, est paru en 1949. A noter en conclusion une superbe partition musicale de Fumio Hayasaka avec des orchestrations assumées par Masaru Sato.

https://www.youtube.com/watch?v=NTZvPWheLUk
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyJeu 15 Aoû 2019, 14:04


Les Dieux sont tombés sur la tête: Jamie Uys

Les dieux sont tombés sur la tête est un film botswanais et sud-africain écrit et réalisé par Jamie Uys, sorti en salle courant 1980. Je ne suis toujours pas étonné que ce film, unique en son genre, ait obtenu le Grand Prix du Festival du Film d'humour Chamrousse 1982 ni qu'il ait attiré plus de huit millions de spectateurs rien qu'en France. C'est un film qui m'a toujours fait rire et qui me fait encore rire aujourd'hui. Il y a des films qui m'avaient beaucoup fait rire à l'époque de leur sortie, une vingtaine ou trentaine d'années en arrière, et me font juste sourire aujourd'hui. Ce n'est pas le cas du film du cinéaste sud-africain Jamie Uys dont l'humour, le sens de la dérision, le loufoque, l'improbable, le sommet de l'absurde, a traversé l'épreuve du temps sans prendre une ride. Il y a des films comme ça, je pense notamment à La cage aux folles d'Edouard Molinaro ou Le Viager de Pierre Tchernia...Ce sont des comédies qui me dérident avec la même efficacité à chaque nouvelle vision. Parmi les rôles principaux, il y a Marius Weyers, acteur/comédien sud-africain né le 3 février 1945 à Johannesburg qui trouve en Andrew Steyn le rôle qui lui permit une carrière plus internationale, tournant à Hollywood dans des films généralement centrés sur l'Afrique du Sud. Il campera un personnage beaucoup moins sympathique dans Gandhi de Richard Attenborough (1982), le contrôleur qui jette Gandhi hors du train, vers le début du film, en Afrique du sud. Sandra Prinsloo y interprète le premier rôle féminin. Née à Pretoria le 15 septembre 1947, elle fut la première actrice afrikaner en plein régime d'apartheid à interpréter le rôle d'une femme blanche séduisant et embrassant un Noir dans la pièce Miss Julie. N!xau est le personnage le plus intéressant;

<<N!xau, né le 16 décembre 1944 et décédé le 1 juillet 2003 à l'âge de 58 ans, est un fermier bochiman (bushman) du Kalahari et acteur namibien. Il est célèbre pour son rôle dans le film Les dieux sont tombés sur la tête et ses séquelles, dans lesquels il joue Xi, le Bochiman du Kalahari. (Le point d'exclamation de son nom représente la consonne inspirée (ou clic) de sa langue natale, une langue khoïsan.) Pour son rôle dans Le film de Jamie Uys, N!xau ne reçoit initialement qu'un cachet de 300 $, qu'il dépense pour acheter douze têtes de bétail. (une fausse rumeur laissera d'ailleurs croire que N!xau aurait déchiré son cachet.) Néanmoins, la polémique sur la faiblesse de son cachet pousse le réalisateur à lui verser ultérieurement 20 000 $ sur un compte à son nom. Pour son deuxième film Les dieux sont tombés sur la tête 2, il reçoit un demi-million de rands sud-africains (environ 80 000 $). N!xau est ensuite à l'affiche de trois suites : Crazy Safari, Crazy Hong Kong, et The Gods Must Be Funny in China. Dans un documentaire de 1993 il indique regretter d'être apparu dans Les dieux sont tombés sur la tête. À la fin de sa carrière cinématographique, il redevient fermier. Il meurt le 5 juillet 2003 d'une cause non déterminée, même s'il est connu qu'il souffrait de tuberculose depuis plusieurs années2. Il est enterré le 12 juillet 2003 lors d'une cérémonie semi-traditionnelle à Tsumkwe (région Otjozondjupa), à côté de la tombe de sa deuxième femme.>> Source Wikipédia.

La musique est signée John Boshoff et bien adaptée à l'esprit du film. Très peu de renseignements sur la toile le concernant.

<<Dans une tribu du désert du Kalahari vierge de tout contact extérieur, l'arrivée d'une bouteille de Coca Cola, tombée du ciel (d'un petit avion) et considérée comme un présent des Dieux, apporte désordre et convoitise. La tribu décide de la rendre aux Dieux...>>

https://www.youtube.com/watch?v=Yg-AhMKd9q8


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 16 Aoû 2019, 13:33

RAN: Akira Kurosawa:

RAN est le film par lequel j'ai découvert l'univers visuel et sonore d'Akira Kurosawa. J'en suis peut-être à la sixième vision mais je ne m'en lasse pas. C'est quand même deux heures et quarante minutes de beauté plastique où chaque scène est un tableau, une fresque. Le souffle épique qui traverse ce film est majestueux, impérial. Ce qui m'a conduit la première fois à voir ce chef-d'oeuvre de Kurosawa fut la splendide partition musicale de Toru Takemitsu, celui qui a toujours été mon compositeur japonais de chevet. Le point de départ en avait d'ailleurs été sa musique pour RAN. Elle symbolise à mes yeux la rencontre entre un compositeur et un cinéaste de génie. En tant que béophile, je considère cette musique de Takemitsu comme une oeuvre-phare, une oeuvre-pilier, au même titre que le film de Kurosawa est une oeuvre-pilier pour le cinéphile que je suis. A chaque vision, je suis scotché par une mise-en-scène somptueuse et puissante. J'adore la scène de guerre représentée juste par les images et la musique. Au départ, Toru Takemitsu avait proposé pour illustrer cette scène de chaos jonchées de mort, des choeurs d'hommes, uniquement des choeurs d'hommes, à cappella, sans doute dans un registre atonal. Malheureusement...ou heureusement...?...cette proposition n'a pas été retenue par le cinéaste qui préféra une approche plus orchestrale et plus mahlérienne. Takemitsu réalisa à mon avis le meilleur compromis qui soit, sans se fourvoyer dans une imitation impersonnelle du maître autrichien. Toute la personnalité fort reconnaissable du grand Toru transpire de cette musique, même lorsque la touche mahlérienne est là. Cette scène de guerre et de chaos reste à jamais gravée dans ma mémoire: l'horreur transformée en une fresque visuelle et sonore d'une grande beauté plastique. RAN est un film franco-japonais réalisé par Akira Kurosawa (1985). L'intrigue s'inspire de la tragédie Le Roi Lear de William Shakespeare. Les acteurs sont Tatsuya Nakadai, Shinnosuke Ikehata, Akira Terao, Mieko Harada, Hisashi Igawa, Kenji Kodama. Le film obtint plusieurs prix:
Prix Mainichi du meilleur film en 1985
British Academy Film Award du meilleur film en langue étrangère en 1987
London Film Critics Circle Awards - Meilleur film en langue étrangère
Oscar des meilleurs costumes.

<<Au seizième siècle, dans un Japon ravagé par la guerre, le vieux Hidetora Ichimonji décide de céder le contrôle de son fief à ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo, afin de finir sa vie en paix et s'assurer ainsi des jours heureux. Mais, malheureusement, les dissensions entre les trois frères plongent très vite leurs familles, leurs foyers et la région dans le chaos et la mort.>>

https://www.youtube.com/watch?v=C4p_kb4CT4U


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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 16 Aoû 2019, 18:53


Les Dieux sont tombés sur la tête 2: Jamie Uys:

Les dieux sont tombés sur la tête 2/The Gods must by crazy II, également appelé "Les dieux sont encore tombés sur la tête" ou encore "Les dieux sont tombés sur la tête ...la suite", est un film réalisé, tout comme le premier, par Jamie Uys et sorti en salle courant 1989. Il s'agit d'une coproduction sud-africaine et botswanaise. On peut la voir comme une suite du précédent opus, Les dieux sont tombés sur la tête, mais ce n'est pas réellement une suite dans la mesure où les deux histoires seraient liées, l'une étant la suite de l'autre. On peut très bien voir le second volet avant le premier. Le seul personnage qui est présent dans les deux films est N!Xau. Les autres acteurs ne sont pas très connus, Lena Farugia dans le rôle du Docteur (en droit) Ann Taylor, Hans Strydom dans celui du Docteur (en zoologie) Stephen Marshall et les enfants Eiros et Nadies dans les rôles de Xiri et Xisa. Il y a évidemment d'autres personnages plus ou moins présents, deux soldats ennemis, l'un botswanais, l'autre cubain et deux trafiquants d'ivoires. N'oublions pas comme autres personnages du film, les animaux d'une savane bien peuplée mais avec ses zones de désert. Cette fois, l'histoire se focalise davantage sur les deux héros principaux qui sont les docteurs Taylor et Marshall. N!xau n'en est plus vraiment le personnage central, étant moins présent que dans le premier opus. Toujours est-il que cette seconde aventure qui fait croiser différents personnages empêtrés dans leurs propres "galères" m'est pratiquement aussi drôle que la première. Aucun temps mort! Le personnage de Stephen Marshall est beaucoup moins maladroit que celui d'Andrew Steyn lorsqu'il se retrouve en compagnie d'une dame, mais il est plus rustre et plus macho, ce qui n'en fait pas un personnage moins drôle pour autant lorsqu'il est est confronté à des situations qui prêtent à rire. Ce n'est plus John Boshoff qui est crédité pour en avoir signé la bande originale, mais un compositeur un peu plus connu et prolifique qui a pas mal composé pour l'image; Charles Fox, compositeur américain né le 30 octobre 1940 à New York aux Etats-Unis. Je lui consacrerai probablement une biographie. La musique qu'il composa pour Les dieux sont tombés sur la tête 2/The Gods must by crazy II est souvent vocale et, elle aussi, très en phase avec l'esprit du film. Je pense même qu'elle devrait être très agréable à écouter sur disque.

<<La vie suit tranquillement son cours dans la tribu de Xhixho. Un jour au cours d'une chasse à laquelle participent ses deux jeunes enfants, Xhixho repère la trace d'un éléphant blessé et décide de la suivre. Partis avertir la tribu du festin qui s'annonce, les enfants croisent par hasard un camion conduit par deux trafiquants d'ivoire et se laissent piéger à l'arrière du camion lorsque celui-ci redémarre brusquement, les empêchant de redescendre alors qu'ils observaient la citerne à eau. Xhixho abandonne rapidement la chasse pour partir à la recherche de ses enfants...Pendant ce temps, à Johannesburg, une jeune femme docteur en droit doit participer à une conférence à proximité de la savane et se laisse tenter par une promenade en avion pour y découvrir la faune africaine. Prise dans une tempête alors que l’avion s'était posé quelques instants, elle devra former une équipe improbable avec un scientifique de la réserve pour retrouver le camp sains et saufs. Mais entre les trafiquants, des guérilleros armés jusqu'aux dents et la faune sauvage, ce ne sera pas une partie de plaisir...>> Wikipédia.

https://www.youtube.com/watch?v=vSUo6CIshAQ
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 16 Aoû 2019, 20:07

J'ai beaucoup aimé les deux films "les dieux sont tombés sur la tête", je dois même les avoir quelque part en téléchargement. Néanmoins j'ai une petite préférence pour le premier (1980) où l'on voit les dégâts que peut provoquer une bouteille (vide) de Coca-Cola tombée d'un avion, sur la tribu des Bochimans !!!
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MessageSujet: Re: Les films d'Icare   Les films d'Icare - Page 10 EmptyVen 16 Aoû 2019, 20:14

joachim a écrit:
Néanmoins j'ai une petite préférence pour le premier (1980) où l'on voit les dégâts que peut provoquer une bouteille (vide) de Coca-Cola tombée d'un avion, sur la tribu des Bochimans !!!

Je suis d'accord et toute l'introduction entre l'homme civilisé qui adapte la nature à lui, le Bochiman qui, au contraire, est complètement dans le schéma inverse et n'a aucun sens de la propriété, et la bouteille de coca tombée du ciel qui va bouleverser la tranquillité de cette petite peuplade et éveiller chez chacun d'eux des sentiments qu'ils ne connaissaient pas avant. Il y a une dimension philosophique qui n'est plus présente dans le second volet et qui apporte un surplus d'épaisseur à celui-ci.
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