Forum sur la musique classique
 
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 Le monde inouï des percussions!

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Icare
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MessageSujet: Le monde inouï des percussions!   Lun 9 Juil - 18:14

Je n'avais pas du tout prévu un fil de discussion autour des percussions. C'est venu comme ça, au hasard d'une réécoute que je n'avais pas prévue non plus. J'ai toujours adoré les percussions et le rôle que leur a permis le vingtième siècle. Celui-ci suscita beaucoup d'innovations, alors qu'il est bon de savoir que dans les temps passés, notamment en Occident, les percussions se limitaient principalement au rôle d'accompagnement. Depuis, leur champ d'activité a évolué si bien qu'elles peuvent désormais gagner un espace d'expression d'égal à égal aux côtés des cordes, des cuivres et des autres entités musicales et se voir attribuer un rôle de solistes dans des oeuvres concertantes voire même sans l'accompagnement d'un orchestre ou d'un ensemble. Sur ce fil et dans mon cycle homonyme, je ne me limiterai pas à la percussion dans le domaine de la musique savante, j'irai chercher, fidèle à mes principes, celle d'autres genres musicaux, comme le jazz, la pop, la musique de film et les différentes musiques du monde.

Abordons la percussion avec un peu de légèreté:

https://www.youtube.com/watch?v=L6fCYXqPxAY


Aujourd'hui, je suis revenu à l'album Concertino Nervoso (2008) d'Arnaud Petit, interprété par le "Duo Akrostick" réunissant les percussionnistes Fabrice Marandola et Kristie Ibrahim, la soprano Julieanne Klein et le réalisateur en informatique musicale; Joseph Malloch. Le Concertino Nervoso se constitue de cinq mouvements auxquels se greffent trois autres compositions d'Arnaud Petit; Si près du vent (2009), Fantosmes (2011) et Song from waves (2005). Ce sont des musiques un peu curieuses et qui, contrairement à ce que laisse supposer un terme comme "Nervoso", me sont plutôt reposantes. Des percussions qui reposent? Oui, c'est tout-à-fait possible par la manière dont elles sont jouées. C'est notamment vrai avec les deux marimbas dans Si près du vent qui, bien que leur jeu soit virtuose, ne s'opposent jamais: ils jouent ensemble, pas dans le rapport de force ou dans une confrontation d'égos, mais dans une union complice et périlleuse malgré tout, l'un à côté de l'autre, comme pour former une seule entité, accélérant et décélérant ensemble. Fantosmes met en scène le vibraphone et le marimba, deux claviers complètement différents se prêtant au jeu de l'ambiguïté en empruntant une forme libre proche de l'improvisation. Assez caressant dans son résultat et sans réelle intensité. Quant au "Concertino Nervoso", il explore un lien imaginaire entre la percussion et d'autres univers sonores; des voix parlées, une voix chantée de soprano, des sonorités électroniques...Tous ces sons sont matérialisés par des sons stockés dans un ordinateur, que le percussionniste commande et fait apparaître dans un espace de représentation sonore qu'il façonne lui-même. Il emploie pour cela une technologie en partie développée par Joe Malloch au CIRMMT et à l'IDMIL, à l'université McGill de Montréal.

<< Le Concertino Nervoso explore un lien imaginaire entre la percussion et d'autres univers sonores, entre le jeu instrumental et son double électronique. Arnaud Petit propose ici des oeuvres interactives ou acoustiques dont la virtuosité, apparente ou cachée, rend les percussionnistes maîtres de l'espace et du temps - le temps bref de l'oeuvre musicale aux possibilités démultipliées par la lutherie électronique.>>  

Un lien intéressant à parcourir ici
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JosefK

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Lun 9 Juil - 19:12

Icare a écrit:
Aujourd'hui, je suis revenu à l'album Concertino Nervoso (2008) d'Arnaud Petit, interprété par le "Duo Akrostick" réunissant les percussionnistes Fabrice Marandola et Kristie Ibrahim, la soprano Julieanne Klein et le réalisateur en informatique musicale; Joseph Malloch. Le Concertino Nervoso se constitue de cinq mouvements auxquels se greffent trois autres compositions d'Arnaud Petit; Si près du vent (2009), Fantosmes (2011) et Song from waves (2005). Ce sont des musiques un peu curieuses et qui, contrairement à ce que laisse supposer un terme comme "Nervoso", me sont plutôt reposantes.

Le compositeur doit aimer manier le paradoxe, car j'avais entendu en concert il y a quelques années "Acedia" (2002) pour deux marimbas, qui semblait exactement le contraire de la façon dont saint Thomas d’Aquin décrivait l'acedia, selon lui un péché capital qui traduit un état permanent de tristesse ou de dégoût des choses divines dans nos rapports avec elles et qui génère une torpeur spirituelle.

Cet album "Concertino nervoso" a de quoi intriguer en effet. Je me souviens qu'il y avait quelque chose de la musique dite "concrète" (façon "Symphonie pour un homme seul" de Schaeffer et Henry) dans la pièce qui donne son titre à l'album.
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Icare
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MessageSujet: Norgard/Veldhuis   Lun 9 Juil - 23:13

Bach to the Future - concerto pour duo de percussions et orchestre, basé sur trois Préludes de J.S. Bach de Per Norgard en trois mouvements, par le "Safri Duo" (Morten Friis & Uffe Savery, le "Danish National Radio Symphony Orchestra", sous la direction de Thomas Dausgaard.

<<Pendant de nombreuses années j'ai été particulièrement fasciné par trois préludes du Premier livre du "Clavecin bien tempéré" de Bach et je veux que cette "version de concerto" pour duo de percussion et orchestre mette en lumière certains aspects relatifs à la structure de ces morceaux. Je suis convaincu que l'histoire de la musique permet à certains éléments d'une période plus ancienne de se redévelopper dans des formes nouvelles, mais non pas hétérogènes, appartenant à une phase plus tardive (peut-être même plusieurs centaines d'années plus tard) de la tradition. Ce concerto est le résultat de plusieurs années de collaboration avec le Duo Safri, dans des compositions originales et également des arrangements de trois Préludes de Bach, en préparation pour les énormes difficultés stylistiques de l'oeuvre. C'est une commande de ce Duo à qui l'oeuvre fut aussi dédiée. (...) Par ce triple hommage à J.S. Bach, je désire rejoindre le rang des compositeurs qui ont déjà présenté leurs offrandes à leur grand prédécesseur, lui-même étant le donateur insurpassable.>> Per Norgard.

Goldrush Concerto de Jacob ter Veldhuis pour deux percussionnistes et orchestre, par le "Safri Duo" composé de Morten Friis & Uffe Savery, le "Danish National Radio Symphony Orchestra" sous la direction de Thomas Dausgaard.

 <<Goldrush et Goldrush Concerto forment un dyptique - les deux morceaux évoquent la ruée vers l'or, événement qui mena à tant de catastrophes dans l'histoire humaine. Le concerto commence au moment où se termine Goldrush, c'est-à-dire avec l'or. Cet "el dorado"  est toutefois sur le point d'être mis à sac et aboutit à des efforts encore plus désespérés à la recherche d'or. Comprenons également le mot "or" au sens métaphorique du terme, c'est-à-dire au sens de félicité et bonheur suprême. En plus de l'orchestre habituel de base, j'ai ajouté des tampons de caoutchouc de tambours électroniques qui produisent des échantillons extraits de films tels que "Treasure of the Sierra Madre" (1948, avec Humphrey Bogart) et "Goldfinger". Des voix de chercheurs d'or illustrent l'histoire musicale. L'oeuvre est extrêmement dynamique et rythmique, et le langage musical est en partie influencé par la musique populaire contemporaine. Ce n'est pas strictement un concerto au sens romantique du XIXème siècle dans lequel solistes et orchestre sont en constante compétition. Ici au contraire les deux groupes se réunissent et se transforment en un énorme tambour.>> nous raconte Jacob ter Veldhuis.

J'ai remis ici les deux commentaires des deux compositeurs que j'avais déjà réécrits dans leurs fils respectifs.  

Se sont joints à ces deux formidables concertos, Nagoya Marimbas pour deux marimbas et Music for Pieces of Wood de Steve Reich et 42nd Street Rondo pour deux percussionnistes de Wayne Siegel. Ces pièces sont bien sûr interprétées par le "Safri Duo". Je suis déjà moins réceptif aux pièces pour percussions seules même si certaines font exception...de belles exceptions, lesquelles je ne manquerai pas d'évoquer sur ce fil. Les deux créations de Reich ne me sont pas rebutantes mais elles ne font que m'effleurer. Il en va de même avec celle de Siegel. Elles ont néanmoins le mérite d'être courtes, encore que Music for Pièces of Wood atteint presque les douze minutes avec un caractère obsessionnel qui devrait m'accrocher, mais bon...

Le Duo Safri a été fondé en 1988 par deux jeunes percussionnistes, Uffe Savery et Morten Friis, ils ont apporté une nouvelle gamme d'expressions à la percussion, et leur duo tout à fait unique a enthousiasmé le public du monde entier. Ainsi ont-ils été invités à se produire au Royal Albert Hall de Londres, au Weill Recital Hall de Carnegie Hall de New York, au Concertgebouw d'Amsterdam, dans la salle de la Philharmonie de Berlin, ainsi que dans les festivals de Schleswig-Holstein, Bergen, au Printemps de Prague, au City of London Festival. Le Duo Safri a inspiré de nombreux compositeurs à écrire pour eux, et ils ont assuré de nombreuses créations. Leur vaste répertoire comprend également leurs propres transcriptions d'oeuvres pour clavier de Bach, Chopin, Ravel et Mendelssohn. Récemment, le Duo Safri a été nommé "ensemble national du Danemark", une position dont il jouira en exclusivité pendant trois ans.


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Icare
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mar 10 Juil - 7:50


L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=LejNjT8JuV0
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Icare
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MessageSujet: Theodorakis   Mar 10 Juil - 10:54

La percussion m'a aussi marqué dans certaines musiques de films où elle joua un rôle essentiel. Je citerai quelques exemples ici qui me tiennent à coeur, certainement pas tous, du moins dans ce premier cycle. Par exemple, elle joue un certain rôle dans la partition que Mikis Theodorakis composa pour le film de Michael Cacoyannis, Electra, avec Irène Papas parmi les rôles principaux. Je l'ai réécoutée ce matin avec beaucoup d'intérêt. J'en adore le climat qu'elle instaure, les combinaisons instrumentales, ce son frappé ou pincé qui la caractérise, ce piano rythmique et donc ce jeu grave des percussions qui gravitent autour. Il y a d'autres instruments à la sonorité plus claire et vive; je pense au biwa, au cymbalum et aussi au bouzouki sans en être sûr pour certains d'entre eux, mais dans un usage qui me paraît moins orthodoxe, moins traditionnel, autant d'instruments qui sont un peu utilisés comme des percussions tant les sons semblent parfois frappés, "pincés à vif". C'est une musique qui a la particularité de m'être autant moderne que primitive, dans une austérité d'ensemble qui n'affaiblit en aucun cas la portée dramatique et sous la forme rudimentaire d'une procession qui n'en est pas vraiment une...plutôt une danse morbide qui ne se danse pas.


Électre est un film grec réalisé par Michael Cacoyannis et sorti en 1962. Il fut présenté au Festival de Cannes 1962. Il s'agit du premier opus de la trilogie sur la tragédie grecque du réalisateur. Il est suivi des Troyennes en 1971 et Iphigénie en 1977. Électre intègre via Walter Lassally, son directeur de la photographie, les innovations du "free cinema". Considéré comme la réponse grecque au Septième Sceau de Bergman, le film transcende la tragédie antique pour évoquer les questions ontologiques des crimes de guerre et du totalitarisme dans l'Europe post-Seconde Guerre mondiale:  <<De retour de la guerre de Troie, Agamemnon est assassiné par sa femme Clytemnestre et l'amant de celle-ci Egisthe. Son fils Oreste est exilé. Sa fille Électre se coupe les cheveux et les jette aux pieds de sa mère. Puis, elle part avec le mari qu'Egisthe lui a imposé, un vieux berger. Elle jure sur le tombeau de son père de le venger. Elle retrouve Oreste et Pylade et réussit à convaincre son frère de commettre le matricide.>> Wikipédia, source.


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joachim
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mar 10 Juil - 12:19

Alexandre Tcherepnine a placé dans sa première symphonie, un mouvement entièrement consacré aux percussions seules. Le voici :





https://www.youtube.com/watch?v=xc7K7ToLQ1g
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Icare
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MessageSujet: Smalley   Mar 10 Juil - 16:33

Je ne connais pas encore les symphonies d'Alexandre Tcherepnine, m'étant contenté jusque là d'une intégrale de ses concertos pour piano. J'ignorais donc tout de cette première symphonie avec un second mouvement entièrement consacré aux percussions seules. Je ne pense pas connaître d'autres exemples de symphonies ayant un mouvement exclusivement dédié aux percussions.


PULSES pour cuivres, percussions et modulateur en anneau:

<<Pulsations pour 4 x 5 musiciens fut composé en 1969, et reflète beaucoup des préoccupations de ce temps - forme du moment variable, électroniques en temps réel, improvisation et utilisation de l'espace...Comme le titre l'indique, il y a cinq groupes de quatre musiciens: 3 trompettes + 1 percussion (x2); 3 cors + 1 percussion (x2); 3 trombones + 1 percussion (x2). Les percussionnistes ne jouent que du tambour, dont la taille va du petit bongo à la plus grande des grosses caisses. Ces cinq groupes peuvent être situés n'importe où dans la salle de concert, de préférence autour du public. Les cuivres sont captés par des micros et peuvent donc par conséquent être amplifiés et/ou modulés (avec les sons instrumentaux avec des tons synthétiques dans un modulateur en anneau). L'équipement électronique est opéré par deux musiciens dont les rôles sont notés avec précision dans la partition. On entend les sons amplifiés par cinq haut-parleurs, dont chacun est situé diagonalement en face du groupe approprié, de façon à ce qu'il semble que les sons bougent dans l'espace. Pulses fut commanditée et interprétée pour la première fois par le "London Sinfonietta", et dirigée par David Atherton, en juin 1969. L'oeuvre est dédiée à Karlheinz Stockhausen et Mary Bauermeister.>> Roger Smalley.

L'oeuvre démarre sur un grondement lent et statique que je qualifierais d'anodin, du moins dans un premier temps, puis tout s'amplifie progressivement avec un premier point culminant où les pulsions se déchaînent, intervenant entre les 11 & 15 "Moments". Ensuite, elle reprendra un rythme plus lent et moins extraverti avant de repartir sur des "Moments" finaux déchaînés et euphoriques. En réalité, c'est la famille des cuivres qui en occupe essentiellement l'espace d'expression, alors pourquoi j'ai eu l'idée d'évoquer ici cette oeuvre de Roger Smalley qui, par devoir de précision, est interprétée par les musiciens du "BBC Symphony Orchestra" sous la direction de Richard Bernas? Tout simplement parce que les percussions y ont un rôle sournois, certes de second plan, mais toujours très présentes à mon oreille. C'est très clair, du souvenir que j'ai gardé de Pulses, il y avait autant les cuivres que les percussions. C'est assez logique au fond, puisque dans la partie finale, tous les musiciens s'expriment dans un grand flot d'énergies enfin réunies et dans laquelle les tambours rivalisent de présence avec les cuivres.


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Icare
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MessageSujet: Vivier   Mar 10 Juil - 19:19

Je vais peut-être parfois surprendre par mes choix mais mon intention n'est pas seulement de construire mon cycle seulement autour des oeuvres où les percussions tiennent le rôle principal, comme dans les concertos respectifs de Per Norgard et Jacob ter Veldhuis présentés ici-même, ou les oeuvres pour percussions seules. Il y en aura bien sûr et sans doute ces oeuvres occuperont l'essentiel de l'espace de ce fil de discussion, mais la percussion peut parfois avoir un impact sur moi tout en ayant un rôle très minimaliste en même temps. Je n'ai pas non plus l'intention de citer n'importe quelle création musicale qui me viendrait à l'esprit pour le simple fait qu'il y a de la percussion. Ce sont en tout cas des choix toujours très personnels dans lesquels la percussion a un sens particulier qui m'a interpellé d'une manière ou d'une autre. C'est pour cette raison que j'ai ressorti Journal (1977) de mon compositeur canadien préféré, Claude Vivier, interprété par la soprano Brigitte Peyre, le contralto Els Janssens, le ténor Laurent David, le basse Jean-Christophe Jacques et le percussionniste Patrice Marandola que j'ai déjà mentionné sur ce même fil à l'occasion du Concertino Nervoso d'Arnaud Petit. Les percussions n'interviennent pas seulement dans Journal, mais elles apparaissent aussi dans Chants que je n'ai pas réécouté cette fois-ci. Lorsque j'écris qu'elles apparaissent, cela ne signifie pas pour autant qu'elles surgissent avec fracas. Non, pas du tout! Au contraire, elles interviennent avec parcimonie, détachement, retenue. Ce sont cependant ces passages-là qui me plaisent le plus. Les percussions y sont plutôt peu prolixes mais elles ont une présence, un certain charisme. Elle apporte un climat, un relief, une ponctuation...J'avais écrit quasiment la même chose lors d'une précédente écoute, preuve qu'elles avaient eu une certaine emprise sur moi.


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joachim
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mar 10 Juil - 19:43

Voici une symphonie pour percussions d'Eric Ewazen, un compositeur que je ne connaissais pas jusqu'à aujourd'hui (je viens de faire sa bio) :



https://www.youtube.com/watch?v=eHqAgKN5wGc

Moi qui en général n'aime pas trop les percussions, je trouve ce morceau très intéressant. Very Happy
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laudec

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mar 10 Juil - 22:22

Très sympa ces percussions tellement diverses. J'aime beaucoup le son des marimbas.
Malheureusement, une fois de plus je n'ai pas accès à une vidéo : "Bach to the futur" cette fois-ci, cela m'arrive très souvent depuis quelques semaines, j'espère que ça ne va pas se généraliser ...
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Icare
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MessageSujet: MacMillan   Mar 10 Juil - 23:48

Ce soir, j'ai réécouté le concerto pour percussion et orchestre que je considère encore comme étant mon préféré de tous ceux que je connais. C'est aussi l'oeuvre par laquelle j'ai découvert James MacMillan, un compositeur que je n'ai jamais vraiment quitté depuis. J'ai pas mal d'oeuvres de lui. Ce fameux concerto pour percussions et orchestre s'intitule Veni, Veni, Emmanuel et est interprété par Colin Currie, "Ulster Orchestra" sous la direction de Takuo Yuasa. En un seul mouvement pour une durée avoisinant les 26 minutes. Captivant en entier, employant une vaste panoplie d'instruments à percussion réunissant peaux, métaux, bois, sons accordés et non accordés, le point culminant, enfin mon moment préféré dans le concerto s'appelle "Gaude". C'est au moment où la musique s'apaise en une section centrale qui oppose l'expressivité d'une sorte de cadence du marimba à la tranquillité flottante de l'orchestre. Il ne cesse de répéter les quatre accords accompagnant les mots Gaude, Gaude du plain-chant, superposés selon diverses combinaisons instrumentales et à divers tempos, évocation de toutes les voix d'une lointaine assemblée murmurant une prière...selon les propres mots de son auteur...Prière, murmure, recueillement, ce sont les mots qui me viennent pendant ce moment de grande beauté qui élève temporairement ce concerto vers les cieux sous les effets subtils d'une infinie douceur qui purifie l'âme.

https://www.youtube.com/watch?v=W5M9nfC6apM


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Icare
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MessageSujet: Morricone   Mer 11 Juil - 8:51

La percussion me reconduit une nouvelle fois vers la musique de film, ce qui au fond est complètement normal. La composition pour l'image, lors qu'elle est exercée par des compositeurs sérieux et compétents, est également un travail d'écriture rigoureux, un art de l'orchestration, en plus de servir un film sans déplaire au réalisateur qui, généralement, craint ce qu'il ne maîtrise pas. J'ai toujours été frappé par l'usage qui est fait des percussions dans I Crudeli/Les Cruels, un western italien signé Sergio Corbucci, un des spécialistes du genre. La musique est d'Ennio Morricone et elle m'a toujours frappé par son originalité dans la manière dont les percussions animent les principaux thèmes. J'ai d'ailleurs revu ce film de bonne facture, sans être un chef-d'oeuvre, ces jours derniers, et je ne me lasse pas de la scène du générique-début lorsque le convoi de militaires traverse une grande rivière porté par le thème de Morricone pour trompette, orchestre, choeur et percussions. L'effet est saisissant dans cette façon héroïque d'illustrer toute cette agitation humaine et animale, avec ce rythme lancinant et imperturbable qui le caractérise justement par le jeu atypique de la percussion. Il y a d'ailleurs une anecdote amusante autour de ce film lors de sa projection. Il était de bon ton à l'époque, milieu des années soixante, le film datant de 1967, que ce soit des noms à connotation anglophone qui parcourent le générique. Ainsi I Crudeli devint The Hell Benders et les principaux protagonistes, à l'exception de Joseph Cotten qui est un acteur américain, devaient utiliser un pseudonyme à consonance anglaise. Un critique de cinéma, découvrant le film de Corbucci et en admirant la bande originale, écrivit que le compositeur Leo Nichols n'avait rien à envier à Ennio Morricone dont la référence en la matière était déjà bien encrée dans le cinéma italien. Laughing Laughing Laughing Le morceau le plus formidable où les percussions y jouent un rôle essentiel s'intitule "Minacciosamente lontano". Il me fascine sur un plan purement musical, instaurant un climat d'enfer et insolite en même temps, presque incongru, et sur sa fonction à l'image où il génère un suspens et une tension dans une maîtrise intelligente de l'espace visuel et sonore: le western garantit généralement des grands espaces visuels et sonores et le compositeur me semble l'avoir expérimenté avec un certain succès et non sans une certaine audace. Le piano y est aussi, par moment, employé comme une percussion.

Sinopsys:

<<La guerre de Sécession a vu la victoire des Nordistes, mais le colonel confédéré Jonas (Joseph Cotten) ne peut se résoudre à cette fin. Son plan est de former de nouveau l'armée sudiste en volant une importante somme d'argent à un convoi gouvernemental. Une fois l'embuscade réussie, en compagnie de ses fils et de sa maîtresse Kitty, Jonas et sa bande tentent de traverser le pays en dissimulant le butin dans un cercueil. Kitty tente de s'emparer de la voiture, ce qui lui coûte la vie. Une aventurière, Claire, est donc recrutée pour tenir son rôle. La route sera alors semée d'embûches...>>
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Icare
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MessageSujet: De la Fuente   Mer 11 Juil - 15:09

Je vais désormais évoquer deux oeuvres d'un compositeur que je n'ai jamais encore évoqué sur ce forum et qui n'a pas encore eu droit à son propre topic. Il est même passé entre les mailles du filet tendu par notre redoutable Joachim. En même temps, vu le genre musical que laisse entrevoir ces deux compositions, ce n'est pas du tout étonnant.Hehe La bête n'a pas l'air des plus faciles à apprivoiser. Pour ma part, la musique de Benjamin de la Fuente est une totale découverte et j'ignorais jusqu'à aujourd'hui à quel style musical m'attendre si ce n'est à une approche non conventionnelle. C'était ma seule certitude. Du double-album intitulé "Contrecoup", je n'ai écouté pour l'instant que Freewheel (2011) pour deux clarinettes, deux percussions et basse électrique, et A Distance (2012) pour violon, batterie et orchestre. Dans ces deux oeuvres, les percussions y jouent un rôle essentiel, plutôt des tambours dans la première sous les mains énergiques de deux percussionnistes, César Carcopino et Guillaume Lepicard, et une batterie dans la seconde animée par Eric Echampard. J'évoquerais, alors que l'écoute est encore toute fraîche, un brasier, un brasier sonore où la musique semble (à tort) partir dans tous les sens. Les clarinettes jaillissent et s'égosillent dans Freewheel, les percussions se déchaînent, la basse électrique tente de créer des liens, encore que... Je suppose qu'il y a une part d'improvisation: la première partie du titre est "Free", libre...les instruments libérés de leurs chaînes? Puis il y a le magnifique violon solo, suspendu dans les aigus - A Distance - que les grands troubles provoqués par la batterie et l'orchestre ne réussiront pas à déstabiliser. En était-ce l'ambition? Pas sûr! Le capharnaüm est ici un désordre qui s'organise et auquel le violon de Jeanne-Marie Conquer apporte un sens et une certaine hauteur...j'adore cette oeuvre et si celle-ci me procure un plaisir surtout cérébral, la précédente, Freewheel m'était d'abord physique. J'ai d'emblée ressenti la force physique et concrète des clarinettes et des percussions comme autant d'uppercuts en pleine poitrine: un rapport de force à sens unique: la musique cogne, vocifère, bouscule, je reçois et vibre au même rythme qu'elle. A Distance apporte une dimension spirituelle et presque céleste à cette force physique qui me percute puis m'étreint. C'est ainsi que je succombe, conquis par cette poétique d'un désordre parfaitement ordonné.
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Icare
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MessageSujet: Rimey-Meille   Mer 11 Juil - 18:25

Je ne pouvais envisager un tel fil autour de la percussion sans mentionner Jean-Luc Rimey-Meille car j'aime m'évader à l'écoute de son oeuvre MIX en collaboration de Doudou N'Diaye Rose, avec l'Orchestre de Basse Normandie, les Percussions-Claviers de Lyon et Doudou N'Diaye Rose et les Batteurs de Dakar, le tout sous la direction de Dominique Debart. Le voyage de l'esprit qui, pendant une heure environ a survolé l'Afrique noire, pas juste le Sénégal. Le voyage était plus large encore, englobant toute l'Afrique noire tout en présentant quelques solides repères occidentaux. Ces musiques de Jean-Luc Rimey-Meille & Doudou N'Diaye Rose scellent avec bonheur une rencontre exceptionnelle entre musiciens classiques et rythmes traditionnels joués par les batteurs de Dakar: <<Des cordes, des percussions-claviers et des sabars, trois entités musicales et culturelles fortes que la musique a réunies autour de cette rêverie poétique.>> C'est exactement ça: une rêverie poétique gorgée de rythmes, de couleurs et de tendresse, dépaysement par les percussions et réconfort par les cordes. J'aime toujours autant les jeux respectifs des sabars et percussions ainsi que celui des cordes que j'ai trouvées particulièrement bien écrites et employées. J'ai apprécié un bel équilibre entre les trois entités et ai effectivement erré, peut-être rêvassé au rythme de ce "conte musical" quasiment sans paroles, seulement quelques-unes ci et là, par la voix du plus célèbre des maîtres-tambour sénégalais.


https://www.youtube.com/watch?v=zRLRZ5pU1cM


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Icare
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mer 11 Juil - 18:39


PAR-ZIFAL de François Narboni par les Percussions Claviers de Lyon que j'ai évoqués ci-dessus:

https://www.youtube.com/watch?v=ivHKt07TMqc
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laudec

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mer 11 Juil - 19:14

J'aime beaucoup les percussions africaines et j'y reviendrai certainement d'ici peu mais en navigant, j'ai découvert ces percussions japonaises TAIKO que j'avais déjà rencontrées lors d'un salon consacré au Japon, percussions impressionnantes par leur dimensions. Les taiko peuvent avoir un diamètre de 3 mètres et sont taillés d'une seule pièce dans des arbres souvent centenaires .

La pratique du taiko fait appel à un travail corporel exigeant comparable à celui demandé dans la pratique des arts martiaux : le « bon son » demande un ancrage et une stabilité du bassin qui permet d'accéder à la souplesse, la sérénité et à la satisfaction que procure cette pratique.

En ce sens, le taiko peut être considéré, selon les sensibilités, comme une musique, un art martial, une méditation ou une danse.

Le kodo (qui signifie battement de cœur) est un ensemble de de percussionnistes japonais mondialement connu, originaire de l' île sanctuaire Sado qui a été épargnée par le tsunami de 2011, qui n'a pas eu de morts à déplorer parmi ses musiciens et leurs familles .
Depuis maintenant 30 années, ce groupe délivre, dans ses spectacles et ses actions culturelles, un message humaniste, pacifiste, prônant le partage et le respect de l’environnement.
Leur Fondation Culturelle organise chaque année au mois d’août La Célébration de la terre (Earth Celebration), un festival musical qui accueille des groupes venus de l’étranger. Les corses de A Filetta (voir la dernière vidéo) étaient leurs invités de l’édition 2010 .

https://youtu.be/C7HL5wYqAbU
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laudec

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mer 11 Juil - 19:43

Pour rester encore au Japon, un groupe de femmes percussionnistes et quelques hommes d'un collège musical Senzoku Gakuen Shocked je remarque qu'aussi bien en Afrique que chez nous ou au Japon, les femmes sont très présentes dans le monde de la percussion Very Happy


https://youtu.be/ZagsLrNzg3I

Je trouve que ces séquences dégagent une énergie particulière et vitalisante.
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Icare
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MessageSujet: Rich/Hampton   Mer 11 Juil - 22:41

Tu m'as devancé Laudec. Très vitalisant en effet. Idéal le matin au réveil. Jeune, lorsque ma petite amie s'appelait Hiroko, je m'étais intéressé à la musique traditionnelle et aux tambours japonais. Je fus très impressionné. Very Happy

Ce soir, j'ai vaguement hésité entre deux musiciens de jazz, le fabuleux batteur Buddy Rich et le fabuleux vibraphoniste Lionel Hampton qui est également batteur et pianiste. Certes, j'avais envie de retrouver le son subtil du vibraphone, ces sonorités lumineuses qui glissent leur swing entre un piano et un saxophone, et en même temps, j'avais besoin d'une bonne batterie et, évidemment, le nom de Buddy Rich m'est aussitôt venu à l'esprit. A savoir néanmoins que je ne suis pas un très grand connaisseur de jazz et que je n'en connaissais pas beaucoup d'autres. Very Happy  Mais que ne fut pas ma surprise en optant pour mon unique cd de Rich que je n'avais pas réécouté depuis des lustres, il y a aussi Lionel Hampton au vibraphone!! Il y avait tellement longtemps que je ne l'avais pas réécouté que je ne m'en souvenais plus du tout. Je pouvais ainsi rendre hommage à ces deux musiciens en même temps, d'autant plus qu'il intervient pratiquement sur tous les morceaux dont deux sont composés en collaboration avec Buddy Rich. Les autres musiciens sont Barry Kiener (piano), Tom Warrington (basse), Candido Camero (conga batterie), Steve Marcus, Gary Pribek, Paul Moen (saxophones). Huit morceaux en tout:

_Moments notice (J. Coltrane)
_Giant steps (Hampton-Rich)
_Buddy's Cherokee (Hampton-Rich)
_Take the "A" train (B. Strayhorn)
_I'll never be the same (Malneck-Kohn-Signorelli)
_Buddy's rock (B. Rich)
_My funny Valentine (Rodgers-Hart)
_Latin silk (Paul Moen)

Le huitième titre est mon préféré.

Pour en savoir plus sur Buddy Rich, cliquer ici

Pour en savoir plus sur Lionel Hampton, cliquer ici


Dernière édition par Icare le Lun 16 Juil - 10:26, édité 1 fois
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mer 11 Juil - 23:45

Super ce fil, et comme d'hab c'est le manque de temps qui me bloque..., pour tout lire et écouter.. A suivre..
Je suis obligée d'y aller à petites touches..
Merci d'avoir créé cela, j'y serai comme une petite souris car je m'y connaîs peu, sauf en percussions jazz... :  Mais il faudra me dire Icare si cela a sa place ICI, ou sur le fil "ce jazz qui..."...

P.S. : A propos des percussions japonaises, j'en entends régulièrement sur les chaînes, et je pense en avoir souvent témoigné, en particulier sur des créations très récentes. Mais j'ai dû en parler sur différents fils... Wink
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Mer 11 Juil - 23:53

J'aime bien cela aussi, c'est simple et contact direct avec les spectateurs !
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Icare
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Jeu 12 Juil - 8:05

Anouchka a écrit:
Merci d'avoir créé cela, j'y serai comme une petite souris car je m'y connaîs peu, sauf en percussions jazz... :  Mais il faudra me dire Icare si cela a sa place ICI, ou sur le fil "ce jazz qui..."...

Tu n'as pas dû prendre connaissance de mon commentaire juste au-dessus du tien où je parle justement du vibraphoniste Lionel Hampton et du batteur Buddy Rich. Laughing  Comme je l'ai précisé dans l'entête de ce topic, on peut parler ici de toutes les percussions dans les différents genres musicaux y compris le jazz, à condition toutefois d'évoquer principalement des musiciens spécialisés dans les percussions comme Hampton ou Rich, parce que dans le jazz, la percussion et la batterie c'est monnaie courante. Il faut donc que tu choisisses les oeuvres ou les musiciens qui te paraissent suffisamment exceptionnels dans ce domaine pour figurer ici.

Paquito D'Rivera:

https://www.youtube.com/watch?v=np_9CHSgClI


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Icare
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MessageSujet: Antheil   Jeu 12 Juil - 9:50

Une oeuvre de George Antheil que je trouve monumentale ; "Ballet Mécanique" pour instruments, mécanique et percussion, qui exprime selon moi le monde moderne dans toute son exubérance: l'urbanisation, les mécanismes infernaux d'une grande ville, les mouvements de foules de grand débit dans les transports en commun, le trafic routier, les klaxons, les sirènes, les usines et nous les hommes embarqués, avec ou sans notre consentement, dans la répétition systématique et quotidienne de ces mêmes mouvements, ces mêmes rites implacables, ces mêmes tourbillons...Le Ballet Mécanique illustre parfaitement cette vision urbaine de grande ampleur qui peut autant nous effrayer que nous fasciner. Composition d'avant-garde de George Antheil, elle causa en juin 1926 des émeutes au Théâtre des Champs-Elysées de Paris, l'histoire se répéta au Carnegie Hall de New York, au mois d'avril suivant. Bien qu'il s'agisse de l'un des événements les plus controversés de l'histoire de la musique américaine, l'oeuvre d'Antheil ne devait jouir d'aucune autre écoute publique durant les soixante-deux années suivantes, jusqu'à ce que le chef d'orchestre et musicologue américain Maurice Peress mette la main sur la partition originale et recrée le concert de 1927 en ce même Carnegie Hall, le 12 juillet 1989. Quelle heureuse initiative de la part de Maurice Peress d'avoir redonner vie à cette oeuvre qui ne ressemble à aucune autre!! Sa sirène, ces pianos en folie et ce vaste éventail de percussions au service d'un mécanisme grandiose. A savoir aussi que la version du "Ballet Mécanique" que connaissent les musiciens fut reconstituée par Antheil en 1952. Alors connu comme "l'enfant terrible de la musique" - le titre de son autobiographie - Antheil préserva les aspects sensationnels de l'original, notamment l'utilisation de sirènes et d'hélices d'avion, symboles d'une esthétique futuriste qui semblait appropriée en 1925; il supprima néanmoins les silences, la technique de boucle et le piano mécanique. Emportée par son "robotisme" implacable et sa dimension futuriste, j'en oublierais presque qu'elle est d'inspiration Ragtime. En introduction à ce vertigineux Ballet Mécanique, j'ai réécouté sa Seconde Sonate pour violon, piano et tambour (1923) d'un genre assez percutant par endroits, digne de la réputation d'"enfant terrible" qu'il se faisait auprès du public. La percussion n'intervient que très tard dans la Sonate, à partir de la septième minute, lorsque le piano se tait définitivement, en un soutien minimal au violon solo.

Pour en savoir plus: <<La seconde sonate est un véritable collage de mélodies populaires provenant d'une époque de la musique américaine antérieure à l'avénement du jazz. Parmi celles-ci, nous retrouvons la chanson "Hootchy Cootch" qui fit son entrée au patrimoine national au populaire Midway Plaisance de l'Exposition internationale de Chicago, en 1893. Un fragment de cette chanson, sur un accompagnement de tambour arabe, confère à l'oeuvre son "finale" aussi inattendu qu'obsédant.>> Maurice Peress.
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joachim
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Jeu 12 Juil - 10:09

Ce ballet mécanique, je ne l'ai écouté qu'une fois, Seigneur j'en ai un souvenir épouvantable Laughing  Je suis retourné au topic Antheil, voici ce que j'écrivais en 2014 :

Joachim a écrit:
... j'ai pensé au fou qui se donne des coups de marteau sur la tête, et qui répond à celui qui lui demande pourquoi il le fait : "c'est que ça fait tellement de bien quand j'arrête"  Eh bien, j'ai tenu jusqu'au bout dans ce maelström de sirènes et de percussions, et effectivement ça m'a fait du bien quand ça s'est terminé   Hehe

Dans un autre domaine, je suppose que tu connais la sonate pour 2 pianos et percussions de Béla Bartok :



https://www.youtube.com/watch?v=AvSBXF_RPkk
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Icare
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   Jeu 12 Juil - 13:04


Non seulement je la connais mais je la connais depuis très longtemps, c'est même l'oeuvre par laquelle je suis entré dans l'univers de Bela Bartok. J'ai d'ailleurs prévu de la réécouter avec une autre oeuvre du grand maître hongrois dont il vous sera facile de deviner laquelle. Wink Pour moi, le Ballet Mécanique est un chef-d'oeuvre et le chef-d'oeuvre de George Antheil. A chaque nouvelle écoute, c'est un plaisir renouvelé, une exaltation retrouvée.
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Icare
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MessageSujet: Ginastera   Jeu 12 Juil - 16:54



Grand point positif: la Cantata para América Màgica, opus 27 pour soprano dramatique et orchestre de percussions (1960) d'Alberto Ginastera, sur des textes anciens issus de sources précolombiennes apocryphes et transcrits dans la langue moderne par Mercedes de Toro, la première épouse du compositeur argentin, m'a définitivement conquis. A vrai dire, j'en avais dès le départ apprécié l'atmosphère avec toute cette panoplie de percussions qui gravitent autour de la voix de la soprano Rayanne Dupuis, à divers degrés d'intensité, acceptant ainsi aussi bien les parties les plus dépouillées où la soprano est presque seule que les parties les plus animées et les plus percutantes. Jusqu'ici, je n'aimais pas trop le timbre de voix de Rayanne Dupuis mais, désormais, je l'apprécie beaucoup mieux, m'y suis peut-être habitué. L'univers développé par l'orchestre de percussions installe sa puissance et ses couleurs dans un parfum magique d'Amérique latine: un déferlement de "sons-objets" qui envahissent l'espace et deviendraient presque palpables: j'aime particulièrement les combinaisons sonores entre les grandes percussions aux sonorités graves et celles, plus petites, aux sonorités claires, parfois métalliques, parfois cristallines, dans lesquelles s'insèrent efficacement deux pianos et un célesta. Dire que j'avais failli oublier cette oeuvre qui a pourtant toute sa place dans mon cycle et sur ce fil.
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MessageSujet: Re: Le monde inouï des percussions!   

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