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 Karl Heinz SCHÄFER (1932-1996)

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Icare
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MessageSujet: Karl Heinz SCHÄFER (1932-1996)   Ven 18 Mai - 8:51

Eléments biographiques:

Karl Heinz Schäfer est né le 17 mars 1932 à Francfort dans une famille juive. Assez jeune, il opte pour la flûte et le piano. La guerre éclate et sa mère préfère l’envoyer aux États-Unis où il apprend parfaitement l’anglais. De retour en Allemagne après le conflit, il étudie la Philosophie et la Linguistique à l’université de Heidelberg et découvre la direction d’orchestre en étant l’assistant d’un grand chef. (Je n'ai pas retrouvé le nom de ce grand chef d'orchestre.) Au début des années 50, il arrive à Paris et rejoint en tant qu’élève étranger la fameuse classe d’analyse d’Olivier Messiaen au Conservatoire. Parallèlement il commence à faire du piano jazz en travaillant dans des cabarets parisiens, notamment au Blue Note où il jouera à l’occasion avec Stan Getz ou le pianiste Samson François. Voilà une activité qui ne devait pas vraiment séduire Messiaen qui, paraît-il, n'appréciait guère le jazz. En même temps, il fallait bien que le jeune Karl gagne sa vie, ce que fit également le compositeur argentin Lalo Schifrin qui fut également un élève assidu du grand maître et pédagogue français. Viendra ensuite une période nomade où il fera l’imprésario et tournera énormément avec des orchestres de bases en bases américaines, allant jusqu'à mettre en danger sa santé. Ces nombreux voyages ouvrent en lui un appétit pour les musiques traditionnelles, et plus particulièrement les musiques arabes et indiennes. Alors en pleine possession de son métier, il intègre l’industrie du disque et commence à faire des arrangements pour des chanteurs comme Adamo ou Aznavour. Il s’ouvre aussi à la composition pour l'image (dite "musique appliquée) dans les années 60 en travaillant comme orchestrateur-arrangeur pour Michel Magne. Artisan de l’ombre, il travaille avec acharnement et commence à se faire progressivement une réputation. C’est véritablement dans les années 70 qu’il s’épanouit artistiquement et qu’il s’impose comme un arrangeur et un compositeur inspiré et possédant une technique solide. Son écriture élégante et racée s’impose avec une série de disques qui marqueront leur époque. Son nom est tout d’abord lié à l’acteur réalisateur Laszlo Szabo pour qui il composera 2 de ses plus belles B.O : Les Gants Blancs du Diable (1973) et Zig Zig (1975).

Entre ses 2 disques il compose la BO du curieux film La Grande Trouille ou Tendre Dracula (1974) avec une délicieuse chanson interprétée par Miou-Miou. Ces 3 disques sortent sur le label Eden Roc fraîchement créé par Francis Dreyfus. Tout au long des années 70 on retrouve la trace de ses somptueux arrangements sur les albums de Bernard Lavilliers, Christophe, Claude Ciari, Les Rockets et de nombreux disques d’illustration musicale. En 1980, il compose une musique fortement influencée par le tango pour le film L’Empreinte des Géants de Robert Enrico. L’orchestration met en valeur le Bandonéon de Juan José Mosalini, instrument au timbre nostalgique également très présent sur la musique plus urbaine du film de Jacques Bral; Extérieur Nuit, également composée par Karl Heinz Schäfer en 1980. Pour cette dernière il déploie tous ses talents à travers des tapis de cordes somptueux et des schémas mélodiques parfaits. (Très belle musique en effet que je vais réécouter aujourd'hui) A partir de 1980, il commence une importante collaboration avec le cinéaste Patrick Schulmann, lui-même musicien, pour élaborer les arrangements et orchestrations des musiques de ses films. Pour cela il est aidé de son ami et collaborateur régulier Jean-Louis Bucchi qu’il rencontre au Studio Ferber en 1978 et qui lui sera fidèle jusqu’au bout. Il retrouve Jacques Bral en 1984 pour la musique du film Polar, fortement influencée par Schönberg et l’École de Vienne. (Je pense personnellement qu'il s'agit là de sa meilleure musique de film, celle qui a en tout cas toute ma préférence. Il est d'ailleurs prévu que je la réécoute aujourd'hui) A cette époque il tourne également beaucoup avec Saint-Preux pour qui il joue du synthétiseur remplaçant les parties de cordes. Habitué du Studio Ferber, Schäfer travaille régulièrement avec la crème des musiciens de studio français : André Ceccarelli, Slim Pezin, Tony Bonfils, Patrice Tison. Le nom de Slim Pezin réapparaîtra plus tard aux côtés de Bruno Coulais qui le sollicitera sur plusieurs de ses B.O.. En 1989 sa musique pour l’ultime film de Samuel Fuller, Sans Espoir de Retour, restera son dernier travail important pour le cinéma. Les années 90 n’apportent rien de plus à Karl Heinz Schäfer qui travaille alors largement en dessous de ses compétences fautes de propositions ou d’opportunités intéressantes. D’une érudition rare (il parlait 6 langues) et d’une curiosité intarissable, Karl-Heinz Schäfer se définissait comme un éternel étudiant. Passionné par les nouvelles technologies, il se met ainsi aux synthétiseurs et aux ordinateurs dès les années 80. A la fin de sa vie il recherche le contact de la jeunesse dans le but d’y puiser énergie et nouveauté, tout en ayant la pédagogie nécessaire pour lui transmettre son savoir. Malgré tout, cet homme de l’ombre à la nature discrète aura sans doute souffert de sa position de repli dans les dernières années de sa vie et des ego destructeurs de certaines personnes avec qui il a pu travailler. Disparu en 1996, Karl-Heinz Schäfer restera comme un homme charismatique et passionné, un jouisseur, dont la triple formation intellectuelle, philosophique et musicale lui apporta une élégance rare et une exigence de tous les instants. Que ça soit pour un projet léger ou plus ambitieux, Schäfer aimait penser les choses en profondeur, leur apportant ainsi une dimension et une beauté supplémentaire.  (Sources en partie par Musiqxxl


Dernière édition par Icare le Ven 18 Mai - 10:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Karl Heinz SCHÄFER (1932-1996)   Ven 18 Mai - 8:53

L'instant B.O.:

https://www.youtube.com/watch?v=51JMfyJA2zI


Les Gants blancs du diable est un long métrage policier français de László Szabó sorti en 1973. Un meurtre au "Whisky bar" entraîne un policier bouddhiste sur la piste d'un marché étrange qui lie le patron du lieu à un politicien véreux. Un policier loufoque et satirique dénonce un certain milieu où coexistent politiciens et truands. Le politicien, trafiquant de drogue et employeur d'assassins patentés, devient la cible d'un tueur à gages aveugle. Voilà un imbroglio qui promet moult rebondissements et péripéties. Laughing Sans doute un film policier typique des années 70 et la musique de Karl Heinz Schäfer le laisse largement entendre par des constructions thématiques et des orchestrations très typées de cette époque. D'un charme un peu désuet? Peut-être et même sûrement, néanmoins le charme opère sur moi toujours de la même façon bien que je ne me considère pas comme quelqu'un de nostalgique...En fait, dans le domaine cinématographique, je le suis probablement. C'est aussi dû à l'impression d'avoir manqué beaucoup de films sensés m'intéresser, dont celui-là.
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MessageSujet: Re: Karl Heinz SCHÄFER (1932-1996)   Ven 18 Mai - 12:36

Extérieur, Nuit:

<<Extérieur, nuit est un film français réalisé par Jacques Bral, sorti le 10 septembre 1980, ressorti en 1985. Une version restaurée est également ressortie en salles en France le 27 janvier 2010. Léo (Gérard Lanvin), un musicien de jazz qui pour vivre travaille à écrire des fonds musicaux pour des agences de publicités et vit chez ses copines successives, décide un matin de déprime de plaquer celle du moment. Il s'impose, plus qu'il ne demande asile, chez Bony (André Dussolier) un vieil ami de son âge rencontré un soir sur les barricades de mai 1968 et devenu un écrivain en panne d'inspiration. Pour oublier sa condition, il emmène Bony dans des virées nocturnes à boire des tournées dans les bars parisiens. Un soir que Bony l'a laissé à sa dérive, Léo rentre en taxi. Il est conduit par une chauffeuse qui devant l'air triste de son charmant client vient s'asseoir à côté de lui et tarifie sa course par un moment d'amour sur la banquette arrière. Troublé par l'attitude libre et quelque peu violente de la jeune femme, Léo décide le soir suivant de la retrouver dans un bar qu'elle lui a dit fréquenter. Accompagné de Bony, il fait plus ample connaissance de Cora (Christine Boisson), qui se découvre être sauvage et libérée dans ses rapports aux hommes. Bony est également sous le charme. Léo et Cora, finalement de même nature, tentent de s'apprivoiser mutuellement et commencent une relation. Cependant Cora, dont le passé se découvre relativement trouble, rêve depuis longtemps de partir en Amérique du Sud et amasse par diverses méthodes la somme nécessaire à son voyage. Bony, bonne pâte, facilite leur relation en prêtant à son ami son appartement pour la nuit, tout en espérant également séduire Cora, qui finira une fois par se laisser faire. Petit à petit Léo tombe réellement amoureux d'elle et est prête à tout laisser pour partir avec elle, « même si cela doit durer 15 jours ». Cependant, au petit matin Cora est partie, en ayant fait au passage les poches de Bony.>> WIKIPEDIA

Je n'ai jamais vu ce film ou alors je ne me souviens plus. Le film de Jacques Bral qui m'intéresse le plus est Polar et ce n'est pas seulement dû à l'excellente partition de Karl Heinz Schäfer! Mais, pour l'heure, je vais me limiter à celle que je viens de réécouter et qui a été composée pour Extérieur, Nuit. Je ne suis pas sûr que le sujet du film m'intéresse et si j'aime bien André Dussolier je n'ai jamais été très emballé par les jeux d'acteur de Gérard Lanvin dont les personnages me laissent la plupart du temps indifférent. En revanche, la musique de Schäfer démarre en coup de poing avec un thème principal à la fois profondément mélancolique et percutant, employant à l'occasion une petite formation instrumentale et les talents immenses du bandonéoniste Juan José Mosalini qu'il avait déjà sollicité sur L'Empreinte des Géants de Robert Enrico. J'adore lorsqu'une B.O. commence par un thème décoiffant comme celui de Extérieur, Nuit (ha! les tracés des cordes!), typique des années 70 même si le film date de 1980. J'adore cette B.O. dans la mesure où elle donne beaucoup d'espace aux instruments solos, ici en particulier le bandonéon de Mosalini et le saxophone d'un musicien qui n'est malheureusement pas mentionné. A un moment, il y a une combinaison intéressante entre le bandonéon, le saxophone et un orgue électrique, à d'autres, c'est le thème principal qui revient sous des aspects sensiblement différents. La meilleure version, à mon goût, demeure le final "Extérieur" sur un tempo plus lent que la version introductive, avec flûte solo. Un bémol malgré tout et pas des moindres, les bruits et les dialogues envahissent un peu trop la musique de Karl Heinz Schäfer, pas sur tous les extraits mais sur une bonne part d'entre eux. J'aime tellement cette B.O. que je parviens à faire abstraction mais c'est sûr que ça en découragera plus d'un. Rolling Eyes

https://www.youtube.com/watch?v=8MDojVessEs


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MessageSujet: Re: Karl Heinz SCHÄFER (1932-1996)   Ven 18 Mai - 17:43


Polar de Jacques Bral:

<<Polar est un film français réalisé par Jacques Bral, sorti en 1984 d'après le roman Morgue pleine de Jean-Patrick Manchette. Eugène Tarpon (Jean-François Balmer) est détective privé à Paris, démoralisé par son manque de clientèle. Une jeune femme, Charlotte (Charlotte Montaigu), le charge d'étudier le meurtre de son amie Louise, avant de disparaître. Lorsqu'il se rend sur les lieux du crime il est considéré comme suspect par la police. Relâché, un journaliste lui révèle que Lyssenko (Claude Chabrol), réalisateur de films pornos, pourrait avoir été l'objet de la vengeance de l'amant de Louise. Charlotte réapparaît...>>

C'est un film noir qu'il me faudra absolument voir un jour, pas seulement parce qu'il bénéficie d'une belle réputation mais aussi parce que j'aime beaucoup Jean-François Balmer que je considère comme un excellent comédien. Bien sûr, il a un autre atout et cet autre atout n'est rien d'autre que la partition de Karl Heinz Schäfer. C'est d'ailleurs par cette partition que j'ai découvert ce compositeur et ce fut à l'époque, dans les années 80 ou début 90, un véritable coup de coeur. Dans notre parcours de mélomane, il y a comme ça des oeuvres-clé auxquelles nous accordons une certaine importance, comme si elles déterminaient quelque-chose de précis, un moment unique, un point de repère ou de référence. Polar de Karl Heinz Schäfer est de ces oeuvres-clé qui ont, je pense, contribué à forger mon goût musical, à saisir ce que l'univers de l'image pouvait apporter de fascinant sur le plan musical. Une balise, bref une musique qui m'avait marqué en profondeur et conserve une place spéciale dans mon "coeur" de béophile. C'est une oeuvre sombre, nocturne, dramatique, qui se compose de deux longs mouvements: "Variations sur 4 x 3 notes", 1ère partie (19'26") & 2ème partie (17'57"). Tourmentée et "très cordes", elle ne se limite cependant pas à cette magnifique famille d'instruments, elle invite des solistes, le plus important d'entre eux étant l'harmonica de Tommy Reilly, excellent harmoniciste que je retrouverai plus tard dans l'interprétation d'autres oeuvres pour harmonica et orchestre de divers auteurs. Une voix éthérée y porte une touche féminine et troublante. C'est celle de la chanteuse Danièle Licari qui ne m'est pas inconnue non plus. Les deux autres solistes sont le violoniste Lionel Gali et le saxophoniste Patrick Bourgoin. Est-ce lui qui joue aussi du saxophone dans Extérieur, Nuit? Une possibilité mais ce n'est pas sûr. La direction d'orchestre est assumée par michel Canot et Jean-Louis Bucchi, fidèle collaborateur de Karl Heinz Schäfer, a participé aux orchestrations. Une des plus belles partitions pour un polar français.

https://www.youtube.com/watch?v=VjTUwnGEq78
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