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 Dies Irae

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joachim
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MessageSujet: Dies Irae   Mar 27 Fév - 20:20

Le Dies iræ ("Jour de colère" en latin), aussi appelé Prose des Morts, est une séquence (ou prose) médiévale chantée, adoptant la forme d'une hymne liturgique. L'inspiration du poème est partiellement apocalyptique. Les prémices de cette séquence sont apparues dès le début du xie siècle, la version actuelle datant du xiiie siècle. C'est à cette époque et sous cet aspect qu'elle a été intégrée au corpus grégorien. Le Dies iræ a ensuite été chanté pendant des siècles dans la messe de Requiem (elle peut toujours l'être, mais n'est pas obligatoire, sauf lors de l'utilisation de la forme extraordinaire du rite romain).


Écrit en langue latine sur le thème de la colère de Dieu au dernier jour (celui du Jugement Dernier), le poème évoque le retour (la Parousie) du Christ, au "son étonnant de la trompette" qui jettera les créatures au pied de son trône afin que tout acte soit jugé. Il participe d’une tendance médiévale (liée à l’époque des Croisades) que Jean-Charles Payen a appelée "la prédication par la crainte". Mais c’est aussi, pour une bonne partie, le poème de la faiblesse de l’humain et du doute : "Quel protecteur vais-je implorer, quand le juste est à peine sûr ?" (Quem patronum rogaturus, cum vix justus sit securus ?). Et plus loin : "Rappelle-toi, Jésus très bon, c’est pour moi que tu es venu, ne me perds pas en ce jour-là" (Recordare, Jesu pie, quod sum causa tuæ viæ ; ne me perdas illa die).

C’est un des poèmes les plus connus de la littérature latine médiévale. Les textes de cette époque diffèrent des poèmes latins classiques par leur distribution de l’accent tonique et par la rime. Dans la séquence Dies iræ, le mètre est trochaïque (une syllabe accentuée, une syllabe non accentuée). Elle est chantée en style de chant grégorien (ou plain-chant).

Son élaboration remonte au début du xie siècle (donc aux alentours de l'an mil) et aux tropes (ou développements) du Répons Libera me Domine ("Libère moi, Seigneur, de la mort éternelle") qu’on chante également dans les messes de Requiem et où l’on trouve les mots Dies illa, dies iræ : "Ce jour-là sera un jour de colère"). L’essentiel du poème du Dies iræ semble avoir été mis en forme au milieu du xiie siècle (texte et musique). Il a longtemps été attribué à un frère franciscain italien du xiiie siècle, Thomas de Celano (Tomaso da Celano, 1200-1260). Mais il semble que cet auteur n'ait fait passer à la postérité que la version légèrement remaniée et complétée d’un poème plus bref et plus ancien, conservé dans un manuscrit du xiie siècle : en 1931, Dom Mauro Inguanez, bibliothécaire du Mont-Cassin, découvrit à Caramanico Terme, près de Naples, ce manuscrit datant de la fin du xiie siècle, qui donne du Dies iræ une version un peu plus courte que la nôtre : elle se termine avec la strophe Oro supplex. Il manque, en outre, la strophe Juste judex. Celano n'a pu, tout au plus, qu'apporter quelques modifications sur un texte déjà existant, sans doute dans le but de l'intégrer à la Messe des Morts.

Après cela, le Dies iræ devint, pour une longue période, une Séquence (Sequentia) de la liturgie des funérailles (à laquelle appartient la Messe de Requiem). C’est à ce titre qu’il a fait l’objet de nombreuses compositions musicales ; parmi les plus célèbres, celles qu’on trouve dans les messes des morts de W. A. Mozart et de Giuseppe Verdi (qui ne reprennent aucun élément du plain-chant, mais seulement l’intégralité du texte). Cependant, les messes de Requiem ne comportent pas nécessairement le Dies iræ : il est par exemple absent du Requiem de Gabriel Fauré, qui retient plus les idées de repos et de paradis (voir l’In paradisum par lequel la messe se termine) que l’idée de crainte.

Dans le rite approuvé en 1969, à la suite du Concile Vatican II, par le pape Paul VI, la séquence a disparu des messes des défunts (ce qui n’entraîne pas sa disparition totale : elle reste néanmoins présente dans la forme 1962 du rite, celle-ci pouvant toujours être employée). La séquence figure aussi dans la version latine de l’Office des Lectures, à la 34e semaine du Temps ordinaire (Liber Hymnarius, Solesmes, 1983, XVI - 622 p.).

Origine et sources du poème
Le poème comporte une indication sur les sources qui l’ont inspiré, avec le vers déclarant Teste David cum Sibylla, "David l’atteste avec la Sibylle". Le roi David est ici mentionné en tant qu’auteur biblique, en particulier des Psaumes. Le passage biblique ayant le plus clairement inspiré la composition du Dies iræ se trouve cependant dans le premier chapitre du Livre de Sophonie. Les versets 14 à 18 évoquent en effet un "jour de colère", "jour où sonnera la trompette [tuba dans le texte latin] et jour de clameur", dans lequel toute la terre sera dévorée dans le feu de la colère de Dieu. (1,14-18) :

"Dies iræ, dies illa, dies tribulationis et angustiæ, dies calamitatis et miseriæ, dies tenebrarum et caliginis, dies nebulæ et turbinis, dies tubæ et clangoris super civitates munitas et super angulos excelsos."

— Livre de Sophonie, 1, 15.

La Sibylle évoquée dans le Dies iræ est ce personnage de l’Antiquité auquel étaient attribués des oracles. Certains de ces oracles furent interprétés comme des prophéties chrétiennes par des auteurs de l’Antiquité, en particulier par Lactance. Ce dernier écrivit au début du ive siècle un livre intitulé La colère de Dieu, mais c’est surtout dans le septième livre des Institutions Divines qu’il a décrit le jour de sa colère en se basant sur des prophéties de la Sibylle d'Érythrées. Ces oracles comportent nombre de thèmes présents dans le Dies iræ : le jour de la colère de Dieu, le jugement final, l’ouverture des tombeaux, la destruction du monde, l’annonce de ce jour par le son d’une trompette, la peur qui saisira tout le monde, l’appel à la clémence :

"…et pour comble de malheur, on entendra une trompette, selon le témoignage de la Sibylle, qui retentira du haut du ciel. Il n’y aura point de cœur où ce triste son ne jette l’épouvante et le tremblement. Alors le fer, le feu, la famine et la maladie servant comme de ministres à la colère de Dieu, se déchargeront sur les hommes qui n’auront point connu sa justice. Mais l’appréhension dont ils seront agités les tourmentera plus cruellement qu’aucun autre mal. Ils imploreront la miséricorde, et ne seront point exaucés ; ils invoqueront la mort, et ne recevront point son secours ; ils ne trouveront aucun repos ; dans la nuit, le sommeil n’approchera point de leurs yeux ; ils seront affligés par l’insomnie et par l’inquiétude du corps ; de sorte qu’ils fondront en pleurs, jetteront des cris, grinceront les dents, déploreront la condition des vivants et envieront celle des morts. La multitude de ces maux et de plusieurs autres, défigurera et désolera la terre, comme la Sibylle l’a prédit, quand elle a dit que le monde serait sans beauté et l’homme sans consolation".

— Lactance, Institutions divines, VII, XX, 3-4.

Dans ses premiers vers, le Dies iræ reprend des thèmes présents dans Sophonie et chez Lactance, mais la perspective dans laquelle ces thèmes sont exploités est très différente pour chaque œuvre. Dans le livre de Sophonie, l’évocation de la colère de Dieu précède un appel à la conversion. Chez Lactance, l’annonce du jour de la colère de Dieu est celle d’une victoire ultime, sans défaut et sans appel de la justice de Dieu. Cette justice se traduit par des supplices extrêmes pour les méchants dont les appels à la clémence seront sans effet. Lactance est fataliste, la conversion des méchants ne l’intéresse pas, il faut seulement que justice soit faite au dernier jour. Le Dies iræ ne se situe pas dans cette perspective. Il accorde une très large place aux appels à la miséricorde de la part du juste qui n’est pas certain d’avoir vraiment été juste. Par ailleurs, le Dies iræ ne dit pas que les méchants iront fatalement en enfer, il ne décrit pas non plus les supplices et les tourments que Lactance a très largement détaillés. Le Dies iræ évoque plutôt la Passion du Christ qui a souffert pour le salut des pécheurs, il rappelle aussi le pardon accordé à Marie-Madeleine et se termine par un appel à la clémence envers les pécheurs.




https://www.youtube.com/watch?v=dsn9LWh230k



Texte original en latin
Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favílla,
Teste David cum Sibýlla !
Quantus tremor est futúrus,
quando judex est ventúrus,
cuncta stricte discussúrus !
Tuba mirum spargens sonum
per sepúlcra regiónum,
coget omnes ante thronum.
Mors stupébit et Natúra,
cum resúrget creatúra,
judicánti responsúra.
Liber scriptus proferétur,
in quo totum continétur,
unde Mundus judicétur.
Judex ergo cum sedébit,
quidquid latet apparébit,
nihil inúltum remanébit.
Quid sum miser tunc dictúrus ?
Quem patrónum rogatúrus,
cum vix justus sit secúrus ?
Rex treméndæ majestátis,
qui salvándos salvas gratis,
salva me, fons pietátis.
Recordáre, Jesu pie,
quod sum causa tuæ viæ ;
ne me perdas illa die.
Quærens me, sedísti lassus,
redemísti crucem passus,
tantus labor non sit cassus.
Juste Judex ultiónis,
donum fac remissiónis
ante diem ratiónis.
Ingemísco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus,
supplicánti parce Deus.
Qui Maríam absolvísti,
et latrónem exaudísti,
mihi quoque spem dedísti.
Preces meæ non sunt dignæ,
sed tu bonus fac benígne,
ne perénni cremer igne.
Inter oves locum præsta,
et ab hædis me sequéstra,
státuens in parte dextra.
Confutátis maledíctis,
flammis ácribus addíctis,
voca me cum benedíctis.
Oro supplex et acclínis,
cor contrítum quasi cinis,
gere curam mei finis.
Lacrimósa dies illa,
qua resúrget ex favílla
judicándus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.
Pie Jesu Dómine,
dona eis réquiem. Amen


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MessageSujet: Re: Dies Irae   Mar 27 Fév - 20:22

Le thème musical du Dies iræ, ou certains de ses éléments, ont été réutilisés dans différentes compositions originales, notamment (classées par date) :

dans deux chansons à danser des xive ou xve siècles : J’ai vu le loup (Bourgogne) et la bourrée Ay vist lou loup (Auvergne),

Antoine Brumel, Missa pro defunctis (quelques années avant 1519),

Arnold von Bruck, Sequentia ad Missam pro defunctis,

Cristobal de Morales, Missa pro defunctis (éd. 1544) : la strophe Pie Jesu et l’Amen,

Claudin de Sermisy, Missa pro defunctis (éd. 1556) : Pie Jesu,

Jacobus de Kerle, Missa pro defunctis,

Costanzo Porta, Missa mortuorum,

Tomás Luis de Victoria, Missa pro defunctis,

Giovanni Matteo Asola, Messa per i morti (éd. 1585), Missa pro defunctis ; Missa defunctorum (1600),

Gregor Aichinger, Dies iræ (1597) : surtout le premier vers,

Orazio Vecchi, Missa pro defunctis (vers 1600),

Johann Stadlmayr, Missa pro defunctis (1607 ?) : passim,

Eustache du Caurroy, Pie Jesu,

Felice Anerio, Missa pro defunctis (1614) : Pie Jesu,

Charles d'Helfer, Missa pro defunctis (éd. 1656) : Pie Jesu,

Joan Cererols, Missa de difunts,

Jean-Baptiste Lully, compositeur baroque, surintendant de la musique de Louis XIV, dans son Grand Motet Dies iræ (1674) : 1re strophe et Pie Jesu,

Marc-Antoine Charpentier, dans sa Messe pour les Trépassés (1er verset), une Messe des morts (Lacrymosa et Pie Jesu), une Prose des Morts (passim) et un Pie Jesu,

Michel-Richard de Lalande, dans le grand motet Dies iræ (S.31 sur le catalogue), composé pour les obsèques de la dauphine Marie Anne Victoire de Bavière (1690). La première strophe y est chantée intégralement en plain-chant, par le pupitre des dessus à l'unisson, avec harmonisation à l'orchestre, un peu à la manière du Dies iræ de Lully (qui confiait le chant de cette strophe à une voix de basse seule, elle aussi accompagnée). À la fin du motet, le thème mélodique développé par le Pie Jesu débute par les quatre premières notes de son motif de plain-chant.

Giuseppe Ottavio Pitoni, Missa pro defunctis (passim), dans deux chansons satiriques sur la mort de Louis XIV (1715, 1re et 3e strophes) et sur la mort du régent Philippe d'Orléans (1723, 1re strophe),

Louis Homet, Prose des Morts (1722) : les strophes paires en faux-bourdon à 4 voix,

Francesco Durante, Messa da Requiem (Pie Jesu),

François-Joseph Gossec, Messe des Morts (Pie Jesu) et Quatuor sur la Prose des Morts : 1re strophe,

François Giroust, Prose des Morts (1765) : 1re strophe, Lacrymosa et Pie Jesu ; Missa pro defunctis : Elevation (1775) : Pie Jesu,

Charles Hérissé, Prose des Morts (1788) : passim,

Sigismund von Neukomm, Missa pro defunctis (1813) : 1er vers,

Niccolò Paganini, dans ses Vingt-quatre caprices pour violon (1819) : les quatre premières notes dans le Caprice n° 22,

Charles Henri Plantade (France), Messe de Requiem (1822) : 1re strophe et Tuba mirum,

Adrien de La Fage (Juste-Adrien Lenoir de La Fage) (France), Requiem a voci e strumenti gravi (1827) : strophe Juste judex ; Missa tertia da Requiem. In anniversariis 1830 (après 1830),

Hector Berlioz dans sa Symphonie fantastique (1830), 5ème mouvement

Charles-Valentin Alkan dans 3 morceaux dans le genre pathétique, pour piano (1837). La première et la troisième strophes sont citées dans les premières mesures de la troisième pièce, intitulée : Morte.
On retrouve les quatre premières notes de la séquence, en 1838, dans une autre pièce pour piano d'Alkan (N° 11. Le mourant, extrait de Les Mois, op. 74).

Edouard Deldevez, Messe de Requiem (1re et 3e strophes),

Franz Liszt, Danse macabre - en allemand Totentanz - (1849) ; les quatre premières notes dans : Études d’exécution transcendante. N° 6 : Vision (1852),

Piotr Ilitch Tchaikovski, Dans les gouffres de l’Enfer (1872),

Modeste Moussorgski, les quatre premières notes dans : Chants et danses de la mort (1875),

Camille Saint-Saëns dans plusieurs de ses œuvres, comme sa Danse macabre (1874), son Requiem (1878) : 1re strophe et Judicandus, sa 3e symphonie "avec orgue" (1886), son Quatuor op. 112 (1912)…,

Louis-Auguste Jessel (Belgique), Six offertoires pour orgue (1878) : 1re strophe,

Franz Liszt, Csárdás macabre, pour piano (1881-82) : les quatre premières notes,

Gustav Mahler, les quatre premières notes dans : Das klagende Lied (1880) et dans sa 2e symphonie, Auferstehung, en français Résurrection (1894),

Piotr Ilitch Tchaïkovski, dans sa Suite n° 3, en sol majeur, pour orchestre (op. 55, 1884) : 4e mouvement (thème avec variations),

Charles Gounod, Mors et Vita (Oratorio pour soli, chœur et orchestre, 1re en 1885),

Piotr Ilitch Tchaikovski, dans sa symphonie Manfred (1885), d'après Lord Byron,

Alfred Bruneau, Requiem (1889) : 1re strophe,

Antonín Dvořák, Requiem (1891) : le début du Pie Jesu,

Reynaldo Hahn, dans sa mélodie pour chant et piano Trois jours de vendanges (1891),

Johannes Brahms, dans Intermezzo, dernière pièce des 6 Klavierstücke (« Pièces pour piano »), op. 118 (1893) : le thème principal débute par un rappel des quatre premières notes du Dies iræ,

Gabriel Pierné, L’An mil (1897),

Maurice Ravel, dans sa mélodie pour chant et piano La chanson du rouet (1898),

Jules Mouquet, dans Le Jugement dernier. Poème symphonique et vocal (1898 ?) : les deux premiers vers,

Antoine Mariotte, Chansons dramatiques. N° 4 : Les cloches (1901),

Alexandre Glazounov, Suite pour orchestre « Du Moyen Âge », op. 79 (N° II : Scherzo) (1901-1902),

Albert Périlhou, Impressions d’église. III : Le jour des morts au Mont Saint-Michel (1905),

Serge Rachmaninov, 1re symphonie (1895) : le thème principal du 1er mouvement est dérivé du Dies iræ ; également dans le 3e mouvement ; on reconnait aussi le motif liturgique en 1936, dans sa 3e symphonie (3e mouvement), dans L’Île des morts (1909), Les Cloches, mélodie (1913), Rhapsodie sur un thème de Paganini (1934), Danses symphoniques (1940, premier vers cité et développé, dans le 3e et dernier mouvement), etc.,

Lili Boulanger, Pour les funérailles d'un soldat, pour baryton solo, chœur à 4 voix mixtes et orchestre (ou piano) (1912), sur un poème d'Alfred de Musset,

Lorenzo Perosi, Missa pro defunctis tribus vocibus inæqualibus concinenda (sine organo) [Messe pour les défunts, pour chœur à 3 voix mixtes, sans orgue] (1913) : le motif du premier vers sur les mots Quantus tremor est futurus (1er vers de la 2e strophe : séquence en chant alterné),

Maurice Emmanuel, 3 chansons bourguignonnes (1914) : les deux premiers vers,

Igor Stravinsky, 3 pièces pour quatuor à cordes. N° 3 : Cantique (1914). Pièce devenue la 3e des Quatre études pour orchestre (1929) ; ainsi qu'une citation inconsciente (selon l'auteur) dans L'Histoire du soldat (1918),

Mel Bonis, La Cathédrale blessée, pour piano (1915). Pièce composée après les bombardements allemands de septembre 1914, sur la cathédrale de Reims,

Max Reger, Requiem latin (1916) : le début,

Auguste Schirlé (France), Messe de Requiem pour orgue (1918) : début du 1er vers,

Ildebrando Pizzetti, Messa di Requiem (1923) : presque tout,

Nikolaï Miaskovski, 6e symphonie (1923),

Max d'Ollone, Héroïque (1923),

Eugène Ysaÿe dans sa Seconde Sonate pour violon seul, sous-titrée Obsession (1924)

Sir Granville Bantock, Macbeth (1926),

Ottorino Respighi, Impressioni brasiliane. N° 2 : Butantan (1927),

Cyrillus Kreek (Estonie), Requiem en do mineur (1927, 2. Dies iræ) composé sur le texte en estonien, traduit (vers 1870) par G. J. Schultz-Bertram à partir du texte liturgique ; l'autre rédaction estonienne existe depuis 1996, traduite par le théologue Rein Õunapuu et le poète Paul-Eerik Rummo

Fernand Le Borne (Belgique), Requiem (1928) : presque tout,

Kaikhosru Shapurji Sorabji (Angleterre), [64] Variazioni e fuga triplice sopra "Dies iræ" per pianoforte (1923-1926), et Sequentia cyclica super "Dies iræ" ex Missa pro defunctis in clavicembali usum (1948-1949)9,

Frank Martin (Suisse), La Nique à Satan, spectacle populaire pour 2 soli (soprano et baryton), chœur d'adultes et d'enfants, avec ensemble instrumental (1929-1931). L'auteur y superpose le motif grégorien et la chanson bourguignonne J'ai vu le loup, née du même motif musical liturgique.

Henri Nibelle, 50 pièces pour orgue ou harmonium (1935) : début du 1er vers,

Ralph Vaughan Williams, Five Tudor portraits (1936),

Dmitri Kabalevski, dans Fléau public (La Peste), extrait de son opéra Le Maître de Clamecy, ou Colas Breugnon, d'après le roman de Romain Rolland (1937, profondément révisé en 1967–68),

Ernest Bloch, Concerto pour violon et orchestre (1938) ; Suite symphonique (1944),

Arthur Honegger, Danse des morts (1939),

Luigi Dallapiccola, dans ses Canti di prigionia (1941),

Aram Khatchaturian, 2e symphonie (1943),

Cesar Bresgen (Autriche), Requiem a capella (1945) : presque tout,

Marcel Rubin (Autriche), 4e symphonie (1946) : 1re strophe,

Boris Blacher, Variations sur un thème de Paganini (1947),

Maurice Duruflé, Requiem (1947) : Pie Jesu,

Johann Nepomuk David (Autriche), Choralwerk (Partita) pour orgue (1947) : les 3 premières strophes; Requiem chorale (1956) : tout,

Nikolaï Medtner, Quintette pour piano et cordes (1949),

Kurt Fiebig, Markuspassion (1950) : presque tout,

Einojuhani Rautavaara, dans le Dies iræ de A Requiem in our Time, pour orchestre de cuivres (1953),

Henri Tomasi, Les noces de cendres, ballet en 2 actes : II (Danse triste), IV (Plainte funèbre), V (La Jeune fille et la mort) (1954),

René Berthelot, Le Glas, Chanson populaire de l’Orléanais (1955) ; Le roi Renaud (1970),

Antoine Reboulot, Pièces pour cérémonies funèbres pour orgue (Élévation) (1956) : Pie Jesu et Amen,

Otto Jochum, Cantica sacra (1957) : passim,

Peter Maxwell Davies, Saint-Michael Sonata (1957) : les quatre premières notes,

Les Frères Jacques dans Jour de colère poème de Francis Blanche sur une musique d'Henri Leca (1953).

Ildebrando Pizzetti dans Assassinio nella cattedrale, opera lirica (Meurtre dans la cathédrale). Première représentation : Milan, Teatro alla Scala, 1er mars 1958

Désiré-Emile Inghelbrecht, Requiem (1959) : la fin du premier vers à l’orchestre,

Jacques Brel dans sa chanson La Mort (1959),

Bernd Alois Zimmermann dans le prélude de son opéra Die Soldaten (1957-1965),

Dimitri Chostakovitch dans son opéra Hamlet (1931-1932), dans son premier Concerto pour violon(1947-1955), dans les mouvements I, IV, VII et X (De Profundis, Le Suicidé, À la Santé, La Mort du poète) de sa 14e symphonie (1969) et dans d’autres œuvres,

Ludvig Nielsen (Norvège), Passacaglia pour orgue (1968) : les 2 premiers vers,

Rolande Falcinelli, Sorties pour orgue (Cortège funèbre) (1968) : 1re, 3e et 5e strophes,

Walter Kraft, Fantasia Dies iræ pour orgue (1968) : presque tout,

Michael White, Metamorphosis, opéra, d’après Franz Kafka (1968),

George Crumb, dans Black Angels, pour quatuor à cordes et verres de cristal (1970),

Anthony Gilbert (États-Unis), The Scene Machine, opéra (1971),

Steve Waring, Smokey city blues (1972),

Frank Martin, Requiem (1974),

Krzysztof Penderecki, dans son opéra Paradise lost (1975-1978),

Hubert-Félix Thiéfaine dans sa chanson 22 mai 1968 (1978).

Julos Beaucarne, Le Fossoyeur itinérant (1979),

Mauricio Kagel, dans Finale, œuvre composée en 1980/81,

Michel Sardou dans sa chanson L’An mil (1983), et aussi la chanson Rien (1976)

Alberto Grau (Venezuela), Dies iræ (1985),

Fritz Selis (Belgique), Musique funèbre (1990),

Gérard Pesson, Le gel, par jeu (1991),

Michael Daugherty dans : Metropolis Symphony (5e mouvement : "Red Cape Tango"), (1988–93) ; Dead Elvis pour basson et ensemble instrumental de chambre (1993)

Olivier Greif, dans son Quadruple concerto, pour piano, violon, alto, violoncelle et petit orchestre (2 hautbois, 2 cors et cordes), sous-titré La Danse des Morts (1998). Au cours du quatrième mouvement, les cors font entendre, à peine déformés : le premier vers Dies irae, le second vers de la strophe Lacrimosa (Qua resurget ex favilla) et le premier vers de la strophe Tuba mirum

Pierre Henry, au début de Une Tour de Babel, premier épisode de L'homme au microphone, en 7 mouvements. Musique électronique (1998. Créée 1999). Les 4 premières notes, retravaillées,

Heinz Holliger, Concerto pour violon « Hommage à Louis Soutter », 1993-2002. Pour violon et orchestre (3 flûtes, 3 hautbois, 4 clarinettes, 2 bassons, 3 cors, 3 trompettes, 3 trombones ; percussions, harpe, cymbalum, marimba, célesta, cordes). Le premier vers aux trompettes avec sourdine. Les sept premières notes du second, progressivement égrenées, sur clave (4e et dernier mouvement : Épilogue) : référence à la deuxième sonate pour violon seul, d'Eugène Ysaÿe (dont le premier mouvement s'intitule Obsession, comme le second mouvement du concerto d'Holliger). Ysaÿe fut le professeur de violon de Louis Soutter.

Edward Gregson, qui adapte la première strophe de la prose médiévale pour en faire un des motifs musicaux de sa suite symphonique An Age of Kings, composée en 2004 d'après Shakespeare (1er mouvement : Church and State),

Caroline Marçot, Némésis (2005), La partition est écrite pour 12 voix solistes, clarinette et percussions. Les textes, axés sur la colère, sont de nombreux auteurs, dont Sénèque, Aristote, Tertullien, Lactance, Montaigne, Al Tawhidi. Ils sont en français, latin, allemand, arabe, anglais (sur le mot « war »), et mêlent, dans un univers de tension, différentes sagesses antiques, chrétienne et soufie. L'œuvre est dédiée à Julien Copeaux, compositeur mort en 2003, âgé de 30 ans.

Donald Grantham, dans Baron Cimetiére’s Mambo, pour ensemble à vent (première le 6 mars 2008, à l'Université de Floride, à Miami, par l'ensemble à vent de cette université),

Stéphane Leach, dans Miss Knife (textes et chant : Olivier Py, 2012). Premier vers (citation instrumentale), dans la chanson : Un enfant s'ennuyait.


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joachim
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Sam 3 Mar - 10:58

Utilisation du thème au cinéma :

Fritz Lang, dans Metropolis (1927), musique de Gottfried Huppertz, pour différentes séquences intitulées ou faisant intervenir Der Tod (« La Mort »), au début puis dans le courant du « Zwischenspiel » (« Interlude ») : on entend les deux premiers vers de la 1re strophe, donnés d'abord presque en entier par les cuivres puis utilisés comme thème, à l'orchestre. Plus loin, les quatre premières notes seront de nouveau entendues et développées, toujours à l'orchestre

Carl Theodor Dreyer (1940) dans Jour de colère (Vredens Dag) : musique de Poul Schierbeck  (Danemark),

Georges van Parys (1er vers présenté de différentes manières à l'orchestre) dans Le Mouton à cinq pattes, film d'Henri Verneuil, avec Fernandel (1954),

Bernard Herrmann dans Garden of Evil (Le jardin du diable), western d’Henry Hathaway (1954),

Ingmar Bergman dans Le Septième Sceau (1956),

Hugo Friedhofer, pour la musique du film de Richard Fleischer : Le Temps de la colère (1956),

Billy Wilder dans Certains l'aiment chaud (1959),

Stanley Kubrick avec une version au synthétiseur Moog composée par Walter Carlos (devenu Wendy Carlos) pour le Générique d'Orange mécanique (1972) puis, dans la séquence du même film intitulée Country lane. Dans le Générique, le premier vers du motif prolonge (en tuilage) une citation de la Music for the Funeral of Queen Mary d'Henri Purcell,

Jean Yanne (arrangements), Chobizenesse (1975),

Vladimir Cosma, Michel Strogoff (1975),

les Monty Python dans Sacré Graal (1975) où les pénitents de la scène des morts de la peste récitent inlassablement les deux derniers vers (Pie Jesu Domine, Dona eis requiem) en se frappant la tête avec une planche ; et dans Jabberwocky, musique de D. Wolfe (Meyer de Wolfe) (1977),

Lalo Schifrin, Un espion de trop (1977),

Stanley Kubrick avec une version au synthétiseur Moog composée par Walter Carlos pour le Générique de Shining (1980),

Mike Oldfield dans The Killing Fields, musique du film La Déchirure de Roland Joffé (1984),

Charles Gross (États-Unis) dans The Murders in the Rue Morgue (Double assassinat dans la rue Morgue), d’après Edgar Poe (film TV, 1986),

Danny Elfmann, compositeur de L'Etrange Noël de Monsieur Jack dans la chanson "La Fête Approche" (1993)

Kinji Fukasaku dans Battle Royale (2000),

Alexandre Astier dans Dies iræ (2003) évoquant le dernier jour de la patience d'Arthur (Le jugement dernier d'Arthur),

John Ottman dans l’introduction du film X-Men 2 où Diablo essaye de tuer le président des États-Unis,

Klaus Badelt dans Starship Troopers 3 : Marauder où il accompagne la scène, vers la fin, de la délivrance des deux survivantes,

John Williams dans Star Wars, épisode II : L'Attaque des clones quand Anakin Skywalker confesse le massacre des tuskens et dans La Revanche des Sith quand l’ordre 66 est exécuté. Cf. la musique de Star Wars,

Céline Sciamma dans la première scène de son film Naissance des Pieuvres (2007),

Hans Zimmer et le groupe Rodrigo y Gabriela, dans Pirates des Caraïbes 4 (2011), à la fin, lors de l'arrivée des Espagnols pour détruire la Fontaine de Jouvence,

Mark Mancina, dans Esprits criminels (Série TV américaine : Saison 7 - Épisode 19 : Heathridge Manor. Réalisation Matthew Gray Gubler, 2012),

Terrence Malick, dans The Tree of Life (2011),

Norihito Sumimoto dans le film Thermae Romae (2012),
Une version remixée est utilisée dans la scène de la boîte de nuit du film Les Garçons et Guillaume à Table ! (2013) de Guillaume Gallienne.

Tom Holkenborg (Junkie XL) dans la séquence nocturne de Mad Max: Fury Road (2015), lors de l'assaut mené par le The Bullet Farmer après qu'il est devenu aveugle.




https://www.youtube.com/watch?v=A0D4fHieW8o
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JosefK

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Sam 3 Mar - 13:11

Difficile, assurément, d'être exhaustif mais il serait dommage ne pas mentionner aussi le Requiem (1888) d'Alfred Bruneau, la Cinquième Symphonie (1895) de Glazounov, "Grazyna" de Boris Liatochinski, les "Cantiones sacrae" (1957) de Joseph Ahrens (passage lui-même cité par Bernd Alois Zimmermann dans sa "Musique pour les soupers du roi Ubu"), la Partita pour violon seul (1967) de Vytautas Barkauskas, la Dixième Symphonie (1972) de Vagn Holmboe, la Première Symphonie (1972) d'Alfred Schnittke, "Winternacht" (1978) de Hans Abrahamsen, "Paysages de Patmos" (1984) de Petr Eben, "Dies irae" d'Igor Kuljeric (1938-2006) et "Le Cimetière des enfants" (2008) de Jérémie Rhorer.
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steph-w

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Sam 3 Mar - 21:03

Merci Joachim pour ce dossier bien épais. (Voilà un thème à aborder pour une émission prochaine).

La musique sacrée, d'une manière générale, m'émeut toujours. Même si ma foi est bien mince!

Maintenant, me voici avec une liste d'oeuvres que je consulterai régulièrement, en picorant, en goûtant... et en savourant. Wink
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Dim 4 Mar - 0:19

Impressionnant !!!! 
Je connais celui de Claudin de Sermisy et ceux de Liszt, pour le reste.., j'ai dû les entendre, en particulier sur les films que tu cites....A écouter progressivement comme dit Steph, on a du boulot ! 
(où comment avec la musique on n'en finit jamais...).
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Dim 4 Mar - 15:52

Très belle recherche documentée, merci Joachim.

Si la composition musicale est appréciable - j'aime beaucoup la version de Verdi pour son 'Requiem' - l'utilisation liturgique est beaucoup moins appropriée et c'est à raison qu'elle a disparu des funérailles depuis Vatican II.

Le texte extrait de Sophonie est d'ailleurs utilisé en le détournant de son sens ...
Sophonie est un des 12 "petits" prophètes, appelés ainsi en raison de la taille de leur livre.
C'est un prophète de Juda qui écrit sous le règne du roi Josias, il relate les faits de son temps qui sont assez dramatiques : expansion assyrienne, sièges de Jérusalem qui finit par être détruite en 587, ...
Au milieu de ses dominations étrangères, le peuple d'Israël, tantôt se détourne de Dieu, tantôt s'en rapproche.
La transgression des lois divines et la défaillance des souverains entraînent des colères de Dieu et des châtiments prenant la forme de catastrophes naturelles ou de déroutes militaires. À l'inverse, les prophètes y décrivent les événements au cours desquels Dieu choisit de protéger le peuple élu en lui accordant des victoires contre ses ennemis.

Le 'Jour du Seigneur' (1,14-18) est le thème qui a rendu célèbre la prophétie de Sophonie. C'est l'axe de gravitation de la pensée du prophète avec deux pôles : Israël d'un côté, les nations de l'autre, deux forces antagonistes dont la résultante sera le "reste". Ce thème du 'Jour' est commandé par la conjonction historique des grandes perturbations politiques du temps. Le 'Jour du Seigneur' est le moment où celui-ci venge son peuple, décrète son sort, le sauve comme autrefois au temps de l'Exode et, pour cela, renouvelle ses prodiges terrifiants contre les nations.
Extrait des commentaires de la TOB (traduction œcuménique de la Bible).

Tout au long du Premier Testament, l'histoire du peuple du peuple de Dieu alterne entre fidélité et trahison, déclenchant à chaque fois une terrible colère de Dieu dans style toujours très guerrier et apocalyptique. Le Nouveau Testament et le don du Fils par le Père va présenter Dieu sous un tout autre angle : un Dieu Père, miséricordieux et tout amour.

Le "Dies irae" est introduit durant une période peu glorieuse de l'Eglise catholique qui, au lieu de rassurer le fidèle et l'aider à vivre dans un monde perturbé, le terrifie en lui prédisant les pires châtiments en réponse à ses péchés. La Réforme protestante va lutter contre cette vision, notamment en invitant à se former pour une meilleure compréhension de la Bible.
L'Eglise catholique mettra beaucoup plus de temps à remettre en question ses certitudes et il faudra le travail en profondeur de quelques grands liturgistes, entendu par un pape auquel on ne s'attendait pas pour remplacer le "Dies irae" par un "Alléluia" lors des funérailles chrétiennes.

Voilà pour le contexte religieux qui a influencé l'art en général, toujours sous l'influence du temps où l'œuvre est réalisée !


https://www.youtube.com/watch?v=up0t2ZDfX7E
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joachim
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Dim 4 Mar - 19:35

Intéressant, Bel Canto, merci Kiss

Ceci :
Bel Canto a écrit:
Tout au long du Premier Testament, l'histoire du peuple du peuple de Dieu alterne entre fidélité et trahison, déclenchant à chaque fois une terrible colère de Dieu dans style toujours très guerrier et apocalyptique.

ne montre vraiment pas un "bon dieu" tel qu'on le trouve dans le Nouveau Testament. Dans l'ancien, c'est celui qui n'hésite pas à détruire ceux qui ne suivent pas ses instructions (Le Déluge, puis Sodome et Gomorrhe, les Philistins contre David, etc, etc...). Ce n'est que dans le N.T. qu'on parle d'amour et de paix.

Alors, c'est le même Dieu le Père ? Ou bien l'A.T n'est-t-il qu'un conte fantastique ? Il y a quelque chose de contradictoire entre les deux Testaments.

Pour ce qui est du Dies Irae, nous y retrouvons le Dieu vengeur de l'Ancien Testament...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Dim 4 Mar - 20:40

joachim a écrit:
Alors, c'est le même Dieu le Père ? Ou bien l'A.T n'est-t-il qu'un conte fantastique ? Il y a quelque chose de contradictoire entre les deux Testaments.

Pour éviter un long HS, je te réponds par ailleurs. Wink

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steph-w

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 11:21

Ce sujet prend un tour très intéressant.

Faites-nous partager vos connaissances, quitte à créer un fil spécifique!

Merci vous deux! Very Happy
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 16:49

Oui merci beaucoup Bel Canto et Joachim, c'est vraiment passionnant tout ça. En chantant Verdi quand j'avais 20 ans, on ne nous donnait aucune exégèse particulière. Quand j'ai écouté des Dies Irae divers, je ne me posais pas trop de questions, mais les textes sur ce Dieu vengeur (effectivement, très Ancien Testament), m'apparaissaient comme une sorte de "mythe légendaire" qui ne me concernait pas. Comme si ce Dieu "colère" était une sorte de dieu de l'Antiquité... Pour moi l'Ancien Testament, avec ses textes et ses poèmes (magnifiques d'ailleurs), qui sont des métaphores, n'a rien à voir avec la foi que j'ai, fondée sur le Christ, mais je le trouve très beau.
Merci pour l'envoi de la vidéo Claudio Abbado, c'est absolument sublime ! 

(P.S. : A noter juste parce que ça me revient
Mozart, sur son Requiem inachevé :
Dies irae (inachevé)

Le Dies iræ commence sans introduction et avec puissance, l'orchestre et le chœur étant au complet. Les terribles appels du chœur sont renforcés par un trémolo de l'orchestre et des syncopes introduites dans les pauses chorales. Tout de suite après, les premiers violons jouent plusieurs enchaînements chromatiques de doubles-croches jusqu'à la reprise des strophes du chœur. Un passage qui fait de l'effet, répété trois fois : l'alternance « tremblante » du sol dièse et du la en croches, interprétée par la basse continue, les violons dans le registre grave et la basse à l'unisson, sur le texte Quantus tremor est futurus(« Quelle terreur nous envahira », en référence au Dies iræ, le jour du Jugement Dernier) - Mozart s'inspire ici clairement du texte. (source : Wikipedia)
(Süssmayr en fit l'orchestration, et Mozart s'est interrompu au milieu du Confutatis).


Durée d'écoute du "Dies Irae" : Evidemment tout dépend des compositeurs et du tempo !  Le Requiem de Verdi dure environ une heure et demie, je dirais comme ça de mémoire que le Dies Irae représente environ 45 mn du Requiem.. (à vérifier...). 


Dernière édition par Anouchka le Lun 5 Mar - 18:32, édité 1 fois
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 18:25

Citation de Bel Canto a écrit:
La Réforme protestante va lutter contre cette vision, notamment en invitant à se former pour une meilleure compréhension de la Bible.
L'Eglise catholique mettra beaucoup plus de temps à remettre en question ses certitudes et il faudra le travail en profondeur de quelques grands liturgistes, entendu par un pape auquel on ne s'attendait pas pour remplacer le "Dies irae" par un "Alléluia" lors des funérailles chrétiennes. 

Ca m'intéresse beaucoup cela, à savoir : Quels liturgistes, et quel pape...  Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 19:40

Anouchka a écrit:
(Süssmayr en fit l'orchestration, et Mozart s'est interrompu au milieu du Confutatis).

En fait, l'orchestration du Dies Irae (notamment le trombone du Tuba Mirum) est d'Eybler, du moins en grande partie. Ensuite Eybler, sans doute par pure modestie, s'est senti incapable de poursuivre... C'est pourquoi Constance a demandé à Sussmayr de continuer.


Anouchka a écrit:
Ca m'intéresse beaucoup cela, à savoir : Quels liturgistes, et quel pape...


Bel Canto te répondra sans doute mieux que moi, mais je pense que ce ne peut être qu'à Vatican II, et le pape était le "bon" Jean XXIII.


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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 19:59

Joachim a écrit:
C'est pourquoi Constance a demandé à Sussmayr de continuer.

Oui, c'est vrai. Eybler a beaucoup contribué. Mais si tu lis sur Wikipédia toute l'exégèse du Dies Irae de Mozart (en fait sur leur fil "Requiem"), ce n'est pas complètement clair tout ça. Les historiens se divisent d'ailleurs sur exactement qui fit quoi, bref.. (en fait, finalement quelle importance). Ce que j'en retiens moi, c'est que ce début du Dies Irae de Mozart est absolument magnifique..!  Very Happy

Re : Quel pape etc.. Je mets un message sur le fil "religion etc..".
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 20:45

Magique Claudio Abbado... (que j'ai vu aussi hier sur Classica sur la symphonie 4 de Beethoven) :
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Jean

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Lun 5 Mar - 21:29

Et là n'est il pas encore plus "jour de colère":

https://www.youtube.com/watch?v=_jy00qL3HWw

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Anouchka

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Jeu 8 Mar - 17:27

Ah Currentzis ! Il est complètement déchaîné, il entraîne magnifiquement l'orchestre et les choeurs, c'est vraiment Dieu en colère.. J'ai beaucoup aimé cette version, merci Jean !  Very Happy
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Musica Enchiriadis

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MessageSujet: Re: Dies Irae   Sam 17 Mar - 13:24

joachim a écrit:

Anouchka a écrit:
Ca m'intéresse beaucoup cela, à savoir : Quels liturgistes, et quel pape...


Bel Canto te répondra sans doute mieux que moi, mais je pense que ce ne peut être qu'à Vatican II, et le pape était le "bon" Jean XXIII.

En 1967-69, je crois bien que c'était Paul VI qui régnait sur la petite famille...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Dies Irae   Sam 17 Mar - 16:36

Musica Enchiriadis a écrit:
joachim a écrit:

Anouchka a écrit:
Ca m'intéresse beaucoup cela, à savoir : Quels liturgistes, et quel pape...


Bel Canto te répondra sans doute mieux que moi, mais je pense que ce ne peut être qu'à Vatican II, et le pape était le "bon" Jean XXIII.

En 1967-69, je crois bien que c'était Paul VI qui régnait sur la petite famille...

Le "bon" pape est bien Jean XXIII qui est à l'origine du Concile Vatican II, ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et qui s'est terminé le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI.
La mise en oeuvre des différentes décision a pris des années ; de nombreuses l'ont été sous le pontificat de Paul VI, Jean XXIII étant décédé peu après l'ouverture du Concile (3 juin 1963).

Béatifié par Jean-Paul II à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, Jean XXIII fut canonisé par le pape François le 27 avril 2014, il est considéré comme saint par l’Église catholique romaine et fêté le 11 octobre, jour de l’ouverture de Vatican II. En Italie, on lui donne le surnom affectueux d’Il Papa Buono (« Le Bon Pape » ou « Le Gentil Pape »). On disait de lui que c'était un pape de transition alors que ce fut un réformateur et un pape d'ouverture.
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