Forum sur la musique classique
 
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 Manuel de Falla (1876-1946)

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Snoopy
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MessageSujet: Manuel de Falla (1876-1946)   Mar 15 Aoû - 15:15

Manuel de Falla, né le 23 novembre 1876 à Cadix et mort le 14 novembre 1946 à Alta Gracia (Argentine), est un compositeur espagnol. Il était levantin par son père originaire de Valencia, catalan par sa mère. De santé fragile, le jeune Manuel reste à la maison où son éducation générale est confiée à une institutrice.

Il commence l'étude du piano à huit ans avec des enseignants de province, avant de devenir, en 1890, élève de José Tragó, un pianiste de haut niveau. Il obtient un prix après avoir été, de 1896 à 1898, élève au Conservatoire Royal de Madrid. En 1904, il écrit la Vie Brève, sorte d'exercice pour achever sa courte formation à l'instrumentation avec Felipe Pedrell. Il effectue un séjour en France (1907-1914) où il est ami de Debussy, Ravel, Albéniz. Ses Quatre Pièces Espagnoles sont publiées à Paris en 1908, et en 1910, ses Trois Mélodies (sur des textes de Théophile Gautier).

Il revient en Espagne après avoir contracté une maladie vénérienne, et écrit la première version de l'Amour Sorcier en 1915, puis le Tricorne en 1917 qui est créé avec succès à Londres deux ans plus tard par les Ballets russes de Serge Diaghilev. Mais il se fatigue beaucoup des suites de sa maladie, et son perfectionnisme lui fait perdre beaucoup de temps et de force. Après la guerre civile en Espagne, il part pour l'Argentine. Il y vivra mal jusqu'à sa mort en pleine sierra à Alta Gracia.

Ses autres œuvres que nous pouvons citer sont Nuits dans les Jardins d'Espagne (1921), pour piano et orchestre; Le Rétable de Maître Pierre (1922), opéra de chambre; son Concerto pour clavecin et orchestre (1923-1926). Falla n'écrit plus après cette date que des œuvres de circonstance (Pour le tombeau de Paul Dukas pour piano seul, 1935) et se consacre à une cantate sur un poème de Verdaguer y Santalo, l'Atlantide (inachevée et terminée par Cristóbal Halffter).

Toute sa musique, à des degrés différents, est marquée par son pays natal, l'Espagne, et de manière plus ou moins reconnaissable par la reprise habile de thèmes folkloriques, cependant plus pendant sa période parisienne et juste après, que dans le reste de ses œuvres.
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joachim
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Mer 27 Jan - 16:31

Catalogue des oeuvres :


Musique pour la scène

La casa de Tócame Roque. Zarzuela (1900) perdu
Limosna de amor. Zarzuela (1901) perdu
Los amores de la Iñes. Zarzuela en 1 acte (1902)
El cornetin de órdenes. Zarzuela (1903, avec A. Vives) perdu
La cruz de Malta. Zarzuela (1903, avec A. Vives) perdu
La vida breve (La Vie brève). Drame lyrique en 2 actes (1904-05)
El amor brujo (L'Amour sorcier). Ballet (1914-15)
Soleá. Musique de scène (1916)
El corregidor y la molinera. Farsa mimica (1916-17; 1918-19 retravaillé sous le nom de El sombrero de tres picos (Le Tricorne))
Fuego fatuo. Opéra comique en 3 actes d'après Chopin (1918-19) Inédit
El retablo de maese Pedro. Opéra en 1 acte (1919-22)
Auto de los reyes magos, Musique de scène (1923)
El gran teatro del mundo, Musique de scène (1927)
La vuelta de Egipto, Musique de scène (1935)
Atlántida. Cantata escénica en 1 prologue et 3 parties (1927/1946) inachevée, terminé par Ernesto Halffter


Musique orchestrale

Noches en los jardines de España, impression symphonique pour clavier et orchestre (1911-15)
Homenajes (1920-39) (Fanfare sobre el nombre de E. F. Arbós - à Cl. Debussy - à P. Dukas - Pedrelliana)


Suites de Ballets

L'Amour sorcier, suite d'orchestre d'après le ballet El amor brujo (1916)
Le Tricorne, suites n° 1 et 2 d'après le ballet El sombrero de tres picos (1919)


Chants

Dos rimas "Olas gigantesques" et "Dios mio, qué solos se quedan los muertos (1899-1900)
Preludios "Madre, todas las noches" (1900)
Tus ojillos negros, cancion andaluza (1902)
Cantares de nochebuena (1903/1904)
Trois mélodies (1909) : les colombes - chinoiserie - seguedille
Siete canciones populares españolas (1914-15)
Oración de las madres que tienen a sus hijos en brazos (1914)
El pan de ronda que sabe a verdad (1915)
Soneto a Córdoba (1927)


Autres œuvres vocales

Psyché pour voix, flûte, harpe et trio à cordes (1924)
Invocatio ad individuam Trinitatem pour trois voix de femme (1928)
Sinite parvulos pour trois voix d'enfants (1932)
Balada de Mallorca d'après la ballade n°2 de Chopin pour chœur à 4 voix (1933)
Himno marcial d'après Pedrell (1937)


Musique de chambre

Melodia pour violoncelle et piano (1897-99)
Mireya pour flûte et quatuor pour piano (1899)
Quatuor pour piano (1899) perdu
Romanza pour violoncelle et piano (1899)
Serenata andaluza pour violon et clavier (1899)
Homenaje Le tombeau de Claude Debussy pour guitare (1920 ; orchestré dans Homenajes)
Fanfare pour une fête (1921)
Concerto pour clavecin, flûte, Haubois, clarinette, violon et violoncelle (1923-26)
Fanfare sobre el nombre de Arbos (1934)


Musique pour piano

Mazurca en do minor (1898)
Nocturno (1899)
Serenata andaluza (1899)
Canción (1900)
Vals-capricho (1900)
Cortejo de gnomos (1901)
Hoja de album (1902)
Allegro de concierto (1903)
4 Pièces espagnoles : Aragonesa, Cubana, Montanesa, Andaluza (1902-08)
3 Danses tirées de "El sombrero de tres picos"
Danza de La Vida Breve
Fantasía Bética (1919)
Canto de los remeros de Volga (1922)
Pour le tombeau de Paul Dukas (1935 ; orchestré dans Homenajes)
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Jeu 7 Fév - 8:54


J'ai eu beaucoup de plaisir à l'écoute d'EL AMOR BRUJO et de EL RETABLO DE MAESE PEDRO. J'ai été transporté par l'"espanité" du propos musical, la voix très typée de Ginesa Ortega, les superbes mélodies qui jalonnent l'oeuvre, la qualité des orchestrations, la formation instrumentale, la grâce et la beauté des solos, le dépaysement et la fraîcheur ensoleillée d'une musique qui s'écoute toute seule, qui sait être simple et limpide dans les sentiments qu'elle exprime. C'est mon coup de coeur du moment! C'est un disque qui risque fort de revenir souvent dans mon lecteur.

Orquestra de Cambra, Teatre de Lliure de Barcelona, direction de Josep Pons.
Ginesa Ortega: Cantatora
Joan Martin: soprano
Inaki Fresan: Baryton
Joan Cabero: ténor
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 9:41

A propos de L'amour Sorcier - El amor brujo, première version 1915:


<<Manuel de Falla fit la connaissance du couple Maria et Gregorio Martinez Sierra pendant les derniers mois de son séjour à Paris. Dès qu'éclata la Première Guerre Mondiale, en 1914, il dut rentrer à Madrid, mais commença néanmoins à collaborer avec eux. Le 15 avril 1915 était jouée au Théâtre Lara une "gitaneria" en un acte et deux tableaux, écrite tout spécialement pour Pastora Imperio: c'était la première version de El amor brujo. En 1916, Manuel de Falla réorchestra l'oeuvre, il supprima les voix et la fit jouer en version de concert. Après de nouveaux changements, des suppressions et une nouvelle distribution des instruments, l'oeuvre fut à nouveau montée sur scène en tant que ballet, le 22 mai 1925 à Paris, avec pour interprètes Antonia Mercé, "La Argentina", et Vicente Escudero. Il s'agit de la version définitive...El amor brujo de 1915 est une oeuvre théâtrale chantée et parlée, avec de nombreuses danses et beaucoup plus de musique qu'il n'était habituel dans une zarzuela de "género chico" (genre mineur). Centré sur une "bailaora" (danseuse gitane de Flamenco) et sa famille, le sujet était conçu comme un divertissement de fin de soirée, censé faire venir à eux le public sortant des théâtres conventionnels. Mais c'était également une réponse au défi lancé par Benavente pour un "género chico artistico" (genre artistique mineur) de qualité - sorte de préfiguration de ce que serait quelques années plus tard le "Teatro de Arte" des Martinez Sierra, où Manuel de Falla ferait jouer la pantomine El Corregidor y la molinera, puis le ballet El Sombrero de tres picos. Nous sommes alors à la croisée d'influences stylistiques très importantes pour le théâtre espagnol moderne, et pas seulement le théâtre musical. En fait, comme il ne disposait pas de fosse d'orchestre, le compositeur utilisa une instrumentation "trop réduite": flûte (et piccolo), hautbois, cor, cornet à pistons, piano et quintette à cordes, ainsi que les percussions dans le dernier numéro: 15 instrumentistes au total. Pourtant, tous les effets instrumentaux du ballet ultérieur apparaissent dès cette première version; Manuel de Falla lui-même fit remarquer que <l'augmentation des instruments ne modifie en rien le caractère de la première (version), quant à sa couleur particulière et son évocation des instruments arabo-hispaniques primitifs>. L'argument de la "gitaneria" est différent de celui du ballet, d'où les différences de structure. Même si l'idée musicale est la même, il est évident que nous sommes en présence de deux oeuvres distinctes. Contrairement à ce qu'on a l'habitude de lire, la musique de Manuel de Falla a été très bien accueillie et ce, dès 1915: certains la jugèrent trop influencée par la musique française, mais tous saluèrent sa maîtrise. En vérité, c'est plus le genre théâtral adopté qui essuya un échec, tout comme la tentative de livrer l'oeuvre au public à un moment où il était peu disponible pour l'écouter.>> Antonio Gallego. Traduction: Nicole Gaffiat.

Encore une fois j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écoute de El amor brujo - L'amour Sorcier et aussi de El retablo de Maese Pedro - Les Trétaux de Maître Pierre. J'ai été transporté par l'"espanité" du propos musical, la voix très typée de Ginesa Ortega, les superbes mélodies qui jalonnent l'oeuvre, la qualité des orchestrations, la formation instrumentale, la grâce et la beauté des solos, le dépaysement et la fraîcheur ensoleillée d'une musique qui s'écoute toute seule, qui sait être simple et limpide dans les sentiments qu'elle exprime. Coup de coeur renouvelé!

Rappel de la distribution:

Orquestra de Cambra, Teatre de Lliure de Barcelona, direction de Josep Pons.
Ginesa Ortega: Cantatora
Joan Martin: soprano
Inaki Fresan: Baryton
Joan Cabero: ténor

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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 10:01

Je suis un peu étonné que ce fil sur Manuel de Falla ne soit pas davantage fourni en impressions alors que sa musique très abordable, mélodieuse et lyrique, devrait plaire à la plupart des convives de ce forum. Joachim, n'as-tu jamais rien écouté de ce compositeur? Permet moi d'en douter. Very Happy Sa musique te laisse-t-elle indifférent? Laudec? Rien ne te touche dans la musique de Manuel de Falla? C'est un univers qui te sera beaucoup plus accessible que celui de Christoph Delz. Je t'invite à tenter l'expérience. Je commence à cerner tes goût et je suis sûr que tu ne serais pas insensible à la prose sonore du compositeur espagnol. De mon côté, ce matin-même, je viens de me faire grand plaisir en me réveillant parmi les fleurs, à la réécoute de sa magnifique partition pour piano et orchestre; Nuits dans les jardins d'Espagne, par la pianiste Angela Cheng, le "Calgary Philharmonic Orchestra" sous la direction de Hans Graf. L'oeuvre se découpe en trois mouvements, le premier étant le plus long puisqu'il dépasse les dix minutes; "En el Generalife", teinté d'un certain mystère, le second étant le plus court, n'atteignant même pas les cinq minutes; "Danza lejana", et le troisième et dernier mouvement se situant en durée dans un entre-deux, huit minutes environ; "En los jardinos de la Sierra de Cordoba". Superbe et apaisant de la première note à la dernière. C'est une musique qui fait que je me suis senti bien pendant et après l'écoute, a suscité en moi un sentiment de plénitude mais aussi une proximité avec une nature virtuelle colorée et enivrante.
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 12:24

Je viens d'écouter El amor brujo et cette musique m'est bien familière ainsi que le nom du compositeur, mais comme d'habitude, j'ai mauvaise mémoire et j'oublie le nom et le compositeur même des œuvres que j'aime beaucoup , ça me désole, mais je dois faire avec, comme on dit chez nous...
Cette musique pleine de vie, ardente, me plaît et me séduit mais je me pose une question, il me semble reconnaître le Carmina burana de Carl Orff dans cette œuvre, est ce que je rêve ?
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 12:55

laudec a écrit:
mais je me pose une question, il me semble reconnaître le Carmina burana de Carl Orff dans cette œuvre, est ce que je rêve ?

Alors là j'aimerais bien savoir où car la Carmina Burana est une oeuvre que je n'ai pas réécoutée depuis des lustres?
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 17:56

Icare a écrit:
Alors là j'aimerais bien savoir où car la Carmina Burana est une œuvreque je n'ai pas réécoutée depuis des lustres?

Il s'agit du "O fortuna" de Carmina burana, il me fait tout à fait le même effet que "El amor brujo" de Manuel de Falla, au point que je les confondrais. J'ai réécouté les deux et même s'ils diffèrent, pour moi ils ont une ressemblance remarquable, étonnante, je rechercherai les deux pour les mettre côte à côte ici, pour que tu me dises ce que tu en penses.
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 18:05

Je continue mon périple au travers de la musique de Manuel de Falla, cette fois avec sa musique de ballet pour orchestre et mezzo-soprano; El sombrero de tres picos et le concerto pour clavecin, flûte, hautbois, clarinette, violon et violoncelle, le tout sous la baguette invisible de Pierre Boulez. Pour la petite histoire, le concerto pour clavecin, composé entre 1923 et 1926, marque un pas de plus dans la distanciation qui s'opère entre Manuel de Falla et la musique populaire espagnole. A l'origine de l'oeuvre se trouve la brillante claveciniste Wanda Landowska que le compositeur avait eu l'occasion d'applaudir à Grenade en 1922: <<et quand sur cette colline de l'Alhambra, nous demandâmes à Wanda Landowska d'interpréter la musique des siècles passés, notre imagination évoquait la figure d'Isabelle de Parme au Tocador de la Reina du Palais arabe, jouant sur son épinette des "Variations sur le chant du Chevalier" de Félix-Antoine de Cabezon.>> Ayant eu l'opportunité de travailler avec Manuel de Falla pour la partie de clavecin de sa très belle partition El retablo de Maese Pedro, elle lui transmis l'envie d'écrire un concerto pour cet instrument nouvellement redécouvert. Dans la version que je connais, le claveciniste est Igor Kipnis. Il en résulte un concerto de chambre pétillant et coloré. J'aime un peu moins le mouvement médium, je ne sais pas trop pourquoi, mais il est entouré par un premier et troisième mouvements qui, eux, me plaisent beaucoup. L'argument de El sombrero de tres picos - Le Tricorne est fortement dramatique, c'est-à-dire riche en rebondissements, et fut adapté du El corregidor y la molinera, farce mimée composée par Manuel de Falla en 1917 sur un livret de Gregorio Martinez Sierra d'après la nouvelle de Pedro Antonio de Alcaron y Ariza. Le ballet fut créé à Londres le 22 juillet 1919 dans des décors de Pablo Picasso et une chorégraphie de Léonide Massine, qui en firent l'un des plus grands triomphes des Ballets Russes. Encore une musique qui pétille, qui respire la vie et l'Espagne, oscillant continuellement entre légèreté et gravité. D'ailleurs, tout mélomane digne de ce nom reconnaîtra le grand classique qui y est brièvement cité. La mezzo-soprano est Jan de Gaetani.
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 19:41

laudec a écrit:
Icare a écrit:
Alors là j'aimerais bien savoir où car la Carmina Burana est une œuvreque je n'ai pas réécoutée depuis des lustres?


Il s'agit du "O fortuna" de Carmina burana, il me fait tout à fait le même effet que "El amor brujo" de Manuel de Falla, au point que je les confondrais.  J'ai réécouté les deux et même s'ils diffèrent, pour moi ils ont une ressemblance remarquable, étonnante, je rechercherai les deux pour les mettre côte à côte ici, pour que tu me dises ce que tu en penses.

Suite à ton second commentaire, j'ai réécouté L'amour Sorcier dans la seconde interprétation que j'avais en ma possession et que je ne réécoutais plus; pas nécessairement parce que je préférais l'écouter sous la direction de Josep Pons (version 1915) mais parce que je pensais que mon cd était tout simplement abîmé. Sur l'oeuvre de Manuel de Falla, il déraillait sur mon précédent lecteur. Je n'avais pas pensé l'essayer sur le nouveau jusqu'à aujourd'hui et, cette fois, il est passé comme une lettre à la poste. J'en suis très heureux car j'y ai senti des différences. Alors, biensûr, il me faudrait écouter les deux versions l'une à la suite de l'autre pour être plus précis, mais ce sera une prochaine fois. Cette "version 1925" est interprétée par l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée sous la direction de Roland Hayrabedian et dont l'enregistrement a été réalisé en Juillet 2002 à Assilah, au Maroc. C'est une très bonne interprétation, pleine d'énergie et de verve, parfaitement en phase avec la musique de Manuel de Falla. A noter la très belle voix de la mezzo-soprano Angelica Cathariou. Il y a des moments romantiques très intimistes qui me plaisent beaucoup, c'était déjà vrai dans l'autre version. Pour revenir au point qui nous intéresse ici, Laudec, c'est-à-dire à une éventuelle filiation avec le "O Fortuna" de la Carmina Burana, je pense savoir à quel passage ou morceau tu fais allusion. Cependant, j'attends ta démonstration.
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joachim
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 20:06

Icare a écrit:
Joachim, n'as-tu jamais rien écouté de ce compositeur? Permet moi d'en douter. Very Happy  Sa musique te laisse-t-elle indifférent?

Oh mais si, Icare ! j'ai même écouté la quasi totalité des oeuvres reprises dans son catalogue ci dessus, y compris les pièces pour piano et les mélodies. Seulement, c'est vrai, l'occasion ne s'est pas présentée pour que j'en parle. Evidemment, ses "tubes" sont l'Amour Sorcier (soit en entier soit en suite) et le Tricorne (idem) ainsi que l'impressionniste Nuit dans les jardins d'Espagne, tous des morceaux que j'aime beaucoup. Ce que je n'aime pas trop, c'est son concerto pour clavecin que je trouve quelque peu "schoenbergien" .Faut écouter aussi l'ultime oeuvre sur laquelle il a travaillé des années (et qu'il n'a pas terminée) la grande cantate - ou oratorio - L'Atlantide, qui avec ses 106 minutes est son oeuvre la plus longue.
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 21:20


En faisant ces recherches, je découvre la musique si vivante et colorée de Manuel de Falla, un beau voyage !
Voici donc : L'amour sorcier de Manuel de Falla

el amor brujo

O Fortuna: O Fortuna (Carmina burana) de Carl Orff

Il y a également le "Boléro" de Ravel qui me fait cette même impression, peut-être du fait des répétitions insistantes, des instruments (percussions), quelque chose de très particulier qui me frappe, mais je ne sais pas bien déterminer de quoi il s'agit ... si vous avez des idées à ce sujet, cela m'intéresserait  Wink
Boléro de Ravel
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 22:46


La "Danse rituelle du feu" tirée de L'amour Sorcier est quand même très différente - trop différente à mon avis pour être comparée - du "O Fortuna" de la Carmina Burana. Je ne vois pas comment tu pourrais les confondre. Le premier est une danse élégante purement orchestrale avec une entrée du hautbois solo qui a certes ses envolées, le second démarre directement sur des choeurs avec une allure guerrière. Je pense que l'association que tu fais entre ces deux morceaux est très personnelle. Avec le Boléro de Ravel, il y a un aspect oriental qui peut les lier brièvement, un hautbois solo, une orchestration... Manuel de Falla a été influencé par la musique française, trop selon certains critiques espagnols de l'époque...
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Ven 4 Sep - 22:52


Icare a écrit:
Je pense que l'association que tu fais entre ces deux morceaux est très personnelle.
Sans aucun doute, j'admets qu'il y a quelque chose d'irrationnel là qui m'étonne aussi, mais je les confonds Suspect
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Henri



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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 5 Sep - 0:31

Icare a écrit:
Je suis un peu étonné que ce fil sur Manuel de Falla ne soit pas davantage fourni en impressions alors que sa musique très abordable, mélodieuse et lyrique, devrait plaire à la plupart des convives de ce forum. Joachim, n'as-tu jamais rien écouté de ce compositeur? Permet moi d'en douter. Very Happy  Sa musique te laisse-t-elle indifférent? Laudec? Rien ne te touche dans la musique de Manuel de Falla? C'est un univers qui te sera beaucoup plus accessible que celui de Christoph Delz. Je t'invite à tenter l'expérience. Je commence à cerner tes goût et je suis sûr que tu ne serais pas insensible à la prose sonore du compositeur espagnol. De mon côté, ce matin-même, je viens de me faire grand plaisir en me réveillant parmi les fleurs, à la réécoute de sa magnifique partition pour piano et orchestre; Nuits dans les jardins d'Espagne, par la pianiste Angela Cheng, le "Calgary Philharmonic Orchestra" sous la direction de Hans Graf. L'oeuvre se découpe en trois mouvements, le premier étant le plus long puisqu'il dépasse les dix minutes; "En el Generalife", teinté d'un certain mystère, le second étant le plus court, n'atteignant même pas les cinq minutes; "Danza lejana", et le troisième et dernier mouvement se situant en durée dans un entre-deux, huit minutes environ; "En los jardinos de la Sierra de Cordoba". Superbe et apaisant de la première note à la dernière. C'est une musique qui fait que je me suis senti bien pendant et après l'écoute, a suscité en moi un sentiment de plénitude mais aussi une proximité avec une nature virtuelle colorée et enivrante.

J'aime beaucoup la musique de Manuel de Falla et je regrette qu'il n'en ai pas composé plus. La Danse du feu est l'un des premiers morceaux de musique classique que mon père m'a fait connaître. Elle était sur un disque où figuraient également la Danse du sabre de Katchatourian et quelques autres danses du ballet Gayaney, ainsi que les Danses polovtsiennes de Borodine. Ce sont des musiques que je considère toujours comme les plus excitantes de tout le répertoire classique. L'amour sorcier est un chef d'oeuvre que je place aux côtés du Sacre du printemps, de la Nuit sur le Mont chauve, de Shéhérazade, etc. Et bien au-dessus du Carmen de Bizet pour rester dans la musique espagnole. Et celle-ci figure parmi les musiques que j'écoute le plus souvent. Albeniz, Turina, Rodrigo et Granados forment avec De Falla mon "groupe des cinq" espagnol, que j'ai sans doute écouté autant que ceux du russe de même nom.

Le rapprochement que fait Laudec entre la Danse du feu et O Fortuna est peut-être dû au rythme martelé que l'on trouve dans les deux morceaux, ce pa-poum, pa-poum, pa-poum, pa-poum qui courre presque continuellement tout au long de chacun. Et puis, même si le "contexte" n'est pas du tout le même, il y a dans les deux la même énergie. Sinon, je trouve que le choix des images qui illustrent la vidéo insérée par Laudec est assez discutable. Pour ma part, je n'associe pas du tout cette musique avec la violence mais plutôt avec l'enthousiasme. Mais il est vrai que le cinéma a souvent utilisé ce morceau sur des séquences de violence.
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 5 Sep - 11:39

Henri a écrit:
Le rapprochement que fait Laudec entre la Danse du feu et O Fortuna est peut-être dû au rythme martelé que l'on trouve dans les deux morceaux, ce pa-poum, pa-poum, pa-poum, pa-poum qui courre presque continuellement tout au long de chacun. Et puis, même si le "contexte" n'est pas du tout le même, il y a dans les deux la même énergie

Oui, il y a de cela, quelque chose qui prend toute la place pour moi et qui m'empêche d'entendre le plus subtil dont parle Icare. Il reste l'énergie que je ressens très fort et qui prend également une place importante au détriment de la musique...

Henri a écrit:
Sinon, je trouve que le choix des images qui illustrent la vidéo insérée par Laudec est assez discutable. Pour ma part, je n'associe pas du tout cette musique avec la violence mais plutôt avec l'enthousiasme. Mais il est vrai que le cinéma a souvent utilisé ce morceau sur des séquences de violence.

Si tu en trouves de plus appropriées sur YT, cela m'intéresserait, mais les images n'ont pas été déterminantes pour moi, j'ai écouté sans regarder
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Henri



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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 5 Sep - 16:14

J'ai répondu à ta demande mais (comme je m'en doutais) Icare a déplacé ma réponse dans le sujet Karl Orff. Donc c'est ici.
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laudec

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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 5 Sep - 18:50

Merci Henri, j'y vais !
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joachim
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 5 Sep - 19:42

C'est que Icare a l'oeil, et le bon ! Laughing

Au sujet de l'Atlantide, j'ai ouvert un topic :

http://musiqueclassique.forumpro.fr/t11091-manuel-de-falla-l-atlantide
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 16 Jan - 12:35

Je suis surpris de la maigreur de ce fil sur de Falla qui, à mon avis en tout cas, est de loin le plus grand compositeur espagnol.

Je suis également surpris que la Vida Breve ne soit citée par personne. C'est un grand chef-d'œuvre, à la forme assez inhabituelle, je le concède – il est difficile de la mettre dans une catégorie classique – mais foin des habitudes quand on a une musique aussi merveilleuse !

Pour ceux qui auraient envie d'y regarder de plus près, je recommande vivement la version de Rafael Frühbeck de Burgos, avec la sublime Victoria de Los Angeles, et, surtout, un chanteur de flamenco dans la première scène de l'acte 2. Je dis cela parce que la fameuse Danse espagnole, remise dans son cadre normal, c'est-à-dire après la chanson gitane (35:31), y prend toute sa valeur.

https://www.youtube.com/watch?v=HV6nkgzsGnk

Je le réécoute pour la énième fois en écrivant ce post. Sublime. C'est l'essence même de l'Espagne qui est exprimée dans cette version.  

Ole !
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Icare
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Sam 16 Jan - 16:45

Ma foi, il n'est pas si mal garni ce fil. Bien sûr, en comparaison de celui d'un Mozart ou d'un Bach, tout devient très vite relatif... ...mais bon, nous ne sommes pas très nombreux avec une tendance, il est vrai, de nous éparpiller un peu...N'est-ce pas Joachim? Donc tout fil progresse effectivement à vitesse d'escargot. Sinon, d'accord avec Khri, Manuel de Falla est pour moi le plus grand compositeur espagnol parmi tous ceux que je connais, et j'en connais pas mal. Toutefois, Joachim préfère peut-être Rodrigo... Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   Dim 17 Jan - 13:22

Icare a écrit:
Toutefois, Joachim préfère peut-être Rodrigo... Wink

Effectivement, Icare, si je dois faire un choix entre les deux ( à emporter sur la fameuse "île déserte"), ce serait Rodrigo Laughing

Mais ça ne veut pas dire que Manuel de Falla ne me plaît pas. Au contraire, j'ai presque tout écouté de ce compositeur, et je ne peux pas dire qu'une seule oeuvre m'ait déplu. En n° 1 je place les sublimes et "debussistes" Nuits dans les jardins d'Espagne, suivis pêle-mêle par l'Amour sorcier, le Tricorne, la suite Hommage, le Concerto pour clavecin, et même les petites pièces pour piano. Parmi les oeuvres vocales je place en premier l'Atlantide et la Vie brève ainsi que les 7 chansons populaires espagnoles.

Je ne sais pas si on peut placer Falla comme le premier compositeur espagnol des 19-20èmes siècles, faut penser aussi à Albeniz et à Granados. Evidemment tous deux sont plutôt spécialisés piano (mais pas seulement...), alors que Falla est plus "varié"...
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MessageSujet: Re: Manuel de Falla (1876-1946)   

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Manuel de Falla (1876-1946)
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