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 Boléro ( Ravel )

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Snoopy
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MessageSujet: Boléro ( Ravel )   Ven 22 Déc - 14:28

Boléro est un ballet pour orchestre en do majeur composé par Maurice Ravel en 1928.

Sa mélodie obsédante et son éclat orchestral en ont fait une des œuvres musicales les plus célèbres et les plus diffusées dans le monde. Suscitant chez ses auditeurs un mélange d'étonnement et de fascination, le Boléro de Ravel a toujours magnétisé les publics et déconcerté les critiques. Mais son immense popularité tend à masquer l'ampleur de son originalité et les desseins de son auteur.

« On n'irait pas bien loin dans l'analyse des œuvres d'art si l'on s'en tenait à ce que leurs auteurs ont dit ou même cru avoir fait. » (Claude Lévi-Strauss, à propos de Boléro)

oléro est une des dernières œuvres écrites par Maurice Ravel avant que la maladie ne le condamne au silence. Les seules œuvres d'envergure qu'il a composées par la suite sont le Concerto pour la main gauche (1929-30), le Concerto en sol majeur (1929-31) et les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932-33).

L'histoire de Boléro remonte à 1927. Ravel, dont la réputation dépassait déjà de loin les frontières de la France, venait d'achever sa Sonate pour violon et piano et devait s'embarquer pour une tournée de concerts aux États-Unis et au Canada quelques mois plus tard quand la danseuse russe Ida Rubinstein, amie et mécène du musicien et d'autres artistes de son époque (dont Stravinski), lui commanda un « ballet de caractère espagnol » qu'elle comptait représenter avec ses Ballets russes .

Enthousiasmé par cette idée , Ravel envisagea d'abord, en accord avec sa collaboratrice, d'orchestrer six pièces extraites de la suite pour piano Iberia du compositeur espagnol Isaac Albéniz , pour un projet initialement baptisé Fandango. Mais de retour d'Amérique, alors qu'il avait commencé le travail, il fut averti que les droits d' Iberia étaient la propriété exclusive d' Enrique Arbos , ancien disciple d'Albéniz. Pris au dépourvu, le compositeur pensa à contrecœur abandonner ce projet.

C'est alors que lui vint l'idée d'une œuvre expérimentale, de quelque chose de jamais encore tenté. Un ballet pour orchestre d'une durée respectable qui n'utiliserait qu'un thème et un contre-thème inlassablement répétés, et dont le seul élément de variation proviendrait des effets d'orchestration et d'un immense crescendo qui sous-tendrait toute l'œuvre.

Pour ce qui est du rythme, le fandango original semble avoir été assez vite remplacé par un boléro, autre danse traditionnelle andalouse que ses voyages en Espagne lui avaient fait connaître. La naissance de la célèbre mélodie a été rapportée par le confrère et ami de Ravel, Gustave Samazeuilh. En villégiature avec lui à Saint-Jean-de-Luz (été 1928), il raconta comment le compositeur, avant d'aller nager un matin, lui aurait joué un thème avec un seul doigt au piano en lui expliquant : « Madame Rubinstein me demande un ballet. Ne trouvez-vous pas que ce thème a de l'insistance ? Je vais essayer de le redire un bon nombre de fois, sans aucun développement, en graduant de mon mieux mon orchestre. Des fois que ça réussirait comme la Madelon … » .

Boléro fut composé de juillet à octobre 1928 et la dédicace alla à Ida Rubinstein. Ainsi fut conçue ce qui allait devenir l'œuvre la plus célèbre et la plus jouée du musicien, au point que les noms « Boléro » et « Ravel » seraient à tout jamais associés. Mais ce n'était pas l'effet attendu.

Premières auditions

Boléro fut créé le 22 novembre 1928 à l'Opéra de Paris sous la direction de Walther Straram, avec une chorégraphie de Bronislava Nijinska et dans des décors d'Alexandre Benois. Ida Rubinstein tenait le rôle d'une danseuse de flamenco dans une chorégraphie très sensuelle qui ne manqua pas de causer quelque scandale. René Chalupt la décrivit en ces termes : « Au centre d'une vaste salle, une femme dansait tandis que tout autour se pressaient de plus en plus nombreux des hommes que cette vue enflammait de désir » . La version orchestrale de l'œuvre fut créée le 11 janvier 1930 par les Concerts Lamoureux sous la direction de Ravel lui-même.

La diffusion de l'œuvre atteignit rapidement des proportions démesurées et Ravel en fut le premier étonné, lui qui espérait que son œuvre serait, au moins « un morceau dont ne s'empareraient pas les concerts du dimanche » . Les chefs d'orchestre, qui y voyaient un terrain de travail fertile en même temps qu'une source facile de gloire, s'emparèrent vite de Boléro et tentèrent, pour certains, d'y laisser leur empreinte. Tandis que Willem Mengelberg accélérait et ralentissait excessivement, le grand maestro italien Arturo Toscanini, pourtant très respecté de Ravel, prit la liberté d'exécuter l'œuvre deux fois plus vite que prescrit lors d'un concert en mai 1930, avec un accelerando final. Ravel présent dans le public refusa de se lever pour aller lui serrer la main et s'expliqua avec lui dans les coulisses . Toscanini aurait poussé l'affront jusqu'à lui expliquer : « Vous ne comprenez rien à votre musique. C'était le seul moyen de la faire passer » . Les deux hommes se réconcilièrent par la suite, mais Boléro était désormais une cause célèbre.

Ravel et son œuvre

Il est des artistes qui voient leur production tout entière occultée par une seule œuvre ; paradoxalement, cette œuvre remplit rarement le but qui lui était assigné. Souvent même, son auteur la tenait pour mineure ou imparfaite. En musique il en va ainsi de Tomaso Albinoni (Adagio en sol mineur), Johann Pachelbel (Canon et Gigue en ré majeur), Paul Dukas (L'Apprenti sorcier) et même Georges Bizet (Carmen). Lorsque Ravel commença à réaliser que ce Boléro partout réclamé pourrait bien lui faire subir ce sort, il ressentit le besoin, à plusieurs reprises, de préciser ses intentions quant à la signification de son œuvre.

« Je souhaite vivement qu'il n'y ait pas de malentendu au sujet de cette œuvre. Elle représente une expérience dans une direction très spéciale et limitée, et il ne faut pas penser qu'elle cherche à atteindre plus ou autre chose qu'elle n'atteint vraiment. Avant la première exécution, j'avais fait paraître un avertissement disant que j'avais écrit une pièce qui durait dix-sept minutes et consistant entièrement en un tissu orchestral sans musique — en un long crescendo très progressif. Il n'y a pas de contraste et pratiquement pas d'invention à l'exception du plan et du mode d'exécution. Les thèmes sont dans l'ensemble impersonnels — des mélodies populaires de type arabo-espagnol habituel. Et (quoiqu'on ait pu prétendre le contraire) l'écriture orchestrale est simple et directe tout du long, sans la moindre tentative de virtuosité. (…) C'est peut-être en raison de ces singularités que pas un seul compositeur n'aime le Boléro — et de leur point de vue ils ont tout à fait raison. J'ai fait exactement ce que je voulais faire, et pour les auditeurs c'est à prendre ou à laisser. »

« Mon chef-d'œuvre ? Le Boléro, voyons ! Malheureusement, il est vide de musique. »

« Une fois l'idée trouvée, n'importe quel élève du Conservatoire devait, jusqu'à cette modulation-là, réussir aussi bien que moi. »

On rapporte que lors de la première de Boléro, une dame cramponnée à son fauteuil s’écriait : « Au fou! Au fou! ». A son frère lui racontant la scène, Ravel aurait dit : « Celle-là, elle a compris !

Arrangements

Ravel a lui-même composé en 1929 deux réductions pour piano de son Boléro, l'une à deux mains et à l'autre à quatre mains. Elles sont très rarement jouées en public.

Les arrangements « non officiels » de cette œuvre tellement populaire sont légion. Une adaptation humoristique célèbre est celle de Pierre Dac et Francis Blanche, Le parti d'en rire.

Droits d'auteur

La partition manuscrite de Boléro, document au crayon de plus de trente pages, est entrée dans le domaine public en 1992. L'État a usé de son droit de préemption pour l'acquérir, pour la somme de 1,8 millions de francs . La Bibliothèque nationale de France en est actuellement dépositaire .

Jusqu'en 1993, Boléro est resté à la première place du classement mondial des droits SACEM 17 . En 2004 c'était encore la troisième œuvre musicale française non tombée dans le domaine public la plus exportée . Il rapporterait chaque année environ 1,5 million d’euros de droits. Comme pour le reste de l'œuvre du musicien, les droits de Boléro ne tomberont dans le domaine public qu'en 2015 (c'est-à-dire 70 ans après la mort de l'auteur sans compter les années de la Seconde Guerre Mondiale). Or, Ravel étant décédé sans enfants, la lignée d'héritage des ayants droit est extrêmement complexe. La gestion des retombées économiques de Boléro, qui dépasseraient les 46 millions d'euros depuis 1970, est actuellement l'objet de polémiques

C'est à sa mélodie envoûtante que Boléro doit sa popularité mondiale. Inspirée de thèmes hispano-arabes, son auteur la décrivait comme simple et sans artifice. Pourtant elle recèle des difficultés rythmiques inattendues : « L'homme de la rue se donne la satisfaction de siffler les premières mesures du Boléro, mais bien peu de musiciens professionnels sont capables de reproduire de mémoire, sans une faute de solfège, la phrase entière qui obéit à de sournoises et savantes coquetteries. »

Le tissu mélodique de Boléro comporte :

un thème général de seize mesures, en do majeur
un contre-thème de seize mesures, dérivé du premier, plus pathétique et teinté de mineur
une ritournelle de deux mesures, très simple (mi, ré), qui sépare chaque entrée des thèmes et, in extremis, jouée fortissimo par tout l'orchestre, précède l'écroulement final.
une basse immuable (do, sol, do, sol, do, etc.) qui affirme le ton de do majeur durant toute l'œuvre, sauf à la dernière entrée du thème où éclate une inattendue modulation en mi majeur, avant de revenir, pour conclure, dans le ton principal.

Boléro commence pianissimo par l'exposition de la ritournelle et du rythme d'ostinato, qui sera inlassablement répété par la caisse claire pendant toute la durée de l'œuvre.

La mélodie est passée entre les différents instruments, clarinette, basson, clarinette mi bémol, hautbois d'amour, trompette, saxophone, cor et ainsi de suite. L'accompagnement devient graduellement plus fort jusqu'à être interprété, à la fin, par l'orchestre tout entier. Juste avant la fin (répétition numéro 18 ), il y a un changement soudain de tonalité en mi majeur, bien que le do majeur soit rétabli après juste huit mesures. Six mesures avant la fin, le tambour basse, les cymbales et le tam-tam font leur première entrée et les trombones jouent glissandi tandis que l'orchestre entier bat le rythme qui a été joué sur la caisse claire depuis la toute première mesure. Le morceau finit par un accord en do majeur.
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joachim
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Ven 22 Déc - 18:32

A chaque fois que je l'écoute, je suis effectivement, comme tu dis, fasciné. Il me semble que plus que le thème lui même, c'est ce rythme constant et hallucinant, qui semble prendre de plus en plus d'importance au prorata du passage du thème aux différents instruments. Ce rythme immuable paraît agir non seulement sur le cerveau mais sur l'ensemble du corps, une sorte d'hypnose. Je ne sais comment l'exprimer clairement...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Jeu 10 Déc - 15:17

joachim a écrit:
A chaque fois que je l'écoute, je suis effectivement, comme tu dis, fasciné. Il me semble que plus que le thème lui même, c'est ce rythme constant et hallucinant, qui semble prendre de plus en plus d'importance au prorata du passage du thème aux différents instruments. Ce rythme immuable paraît agir non seulement sur le cerveau mais sur l'ensemble du corps, une sorte d'hypnose. Je ne sais comment l'exprimer clairement...

La première (et seule d'ailleurs) approche directe que j'ai eue avec cette oeuvre en est la chorégraphie de Maurice Béjart ... j'avais 17 ans et je suis littéralement tombée sous le charme de la danse, de Béjart, du Boléro ... et de Jorge Donn aussi d'ailleurs ! Embarassed
Je trouve que cette chorégraphie souligne magnifiquement ce balancement lancinant de la musique, progressant jusqu'au paroxysme et le mérite en revient tant au chorégraphe qu'au compositeur.


désolée pour la qualité de la video
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Jeu 10 Déc - 15:25

J'ai jamais aimé cette oeuvre
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Jeu 10 Déc - 15:41

Snoopy a écrit:
J'ai jamais aimé cette oeuvre
^

Je ne sais pas si je peux dire que ... 'j'aime' ou 'je n'aime pas' !
Tout comme pour Joachim, c'est plus une fascination - c'est pareil pour 'L'enfant et les sortilèges' d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Mer 16 Déc - 21:42

moi j'aime bien cette musique
elle exprime pleins de chose en la jouant
mais elle et trés difficile a jouer
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joachim
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MessageSujet: Re: Boléro ( Ravel )   Ven 2 Mar - 20:27

Parmi les dizaines d'interprétations : celle de Gustavo Dudamel

https://www.youtube.com/watch?v=mhhkGyJ092E


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