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 Discussions autour du hautbois/Cor anglais

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Icare
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MessageSujet: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Sam 18 Nov - 23:01

Je sais que nous avons eu la visite plus ou moins répétée de quelques hautboïstes sur ce forum et qu'un topic avait été créé pour ceux qui le pratiquent, que ce soit en professionnel ou en amateur. Je les salue et leur dédie ce fil de discussions autour du hautbois. Alors, biensûr, ce fil est consacré à tous ceux qui aiment cet instrument, qu'ils en jouent ou qu'ils n'en jouent pas, comme moi par exemple. Nous pouvons donc ici évoquer les oeuvres où le hautbois y joue un rôle important, puisse-t-il s'agir d'un concerto, d'une symphonie, une pièce de musique de chambre, une musique de film, etc...C'est un instrument auquel je suis très réceptif, et cela depuis très longtemps. Il m'a d'abord impressionné dans une certaine musique de film, mais je n'en dirai pas plus aujourd'hui, y reviendrai plus tard avec un compositeur qui sut lui insuffler une dimension céleste. Ce soir, ce fut avec Johannes Sebastian Bach que me vint l'envie d'ouvrir mon premier cycle autour du hautbois:
__Concerto for oboe in G minor, BWV 1056R
__Concerto for oboe in F major, BWV 1053R
__Concerto for oboe in D minor, BWV 1059R
__Concerto for oboe d'amore in A major, BWV 1055R
__Concerto for oboe and violin in C minor, BWV 1060R°°
__Aria from Cantata 51: "Höchster, mache dein Güte" (Transcrit pour hautbois par Gonzalo X. Ruiz)
Par Gonzalo X. Ruiz sur hautbois baroques et le "Portland Baroque Orchestra". Monica Huggett: violon solo°°. Inutile de vous rappeler le plaisir que me procurent ces oeuvres qui, encore une fois, m'envoûtent aussi bien par ses mouvements rapides que par ses mouvements lents...Quoique, sur les mouvements lents, le hautbois prend cette allure céleste que j'affectionne particulièrement.

L'instant "Bach":

https://www.youtube.com/watch?v=tc4kWmxpZGs


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Kristian

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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Dim 19 Nov - 0:25

A la croisée du plus grand classicisme et de la musique la plus moderne, voici une nouvelle fois le grand, l'immense Francis Poulenc, si tendre et si aérien – et néanmoins si déchirant ! 

Enjoy !!!  

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Icare
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MessageSujet: Koehne   Dim 19 Nov - 21:12

Poulenc est prévu dans ma liste, notamment par le biais de sa musique de chambre, mais en attendant, de J. S. Bach à Graeme Koehne, j'ai fait, à la fois, un grand écart géographique et un super bond temporel. Il s'agit d'un compositeur australien peu connu dans nos contrées qui a l'habitude, me semble-t-il, de composer de la musique symphonique entraînante et légère, pour ne pas dire dansante. J'ai deux albums du monsieur et, dans les deux cas, il s'agit d'une musique divertissante que j'aime bien écouter de temps en temps. Sauf Que. Sauf qu'il a composé un concerto pour hautbois et orchestre en trois mouvements de toute beauté. Il s'intitule Inflight Entertainment. Quand je dis de toute beauté, je n'insinue pas nécessairement qu'il s'écarte ou se distingue du style habituel, je dirais même que le premier mouvement s'inscrit à la perfection dans cet esprit enjoué et dansant autour d'un thème mélodique accrocheur et si aisément mémorisable. Seulement, il offre une part si belle au hautbois que, je pense, beaucoup d'hautboïstes auraient plaisir à l'interpréter. Il offre un bel éventail de sonorités à l'instrument qui, par moments, évolue sans l'accompagnement de l'orchestre, avec lequel il scelle, à d'autres moments, une complicité bienveillante. Le second mouvement qui s'intitule "Horse Opera" contient une mélodie somptueuse, que certains qualifieraient volontiers, avec ou sans ironie, c'est selon, de mélodie cinématographique. J'en accepte la formule car j'imagine facilement un grand film romantique pendant l'écoute. Est-ce mon côté fleur bleue, nourri par une béophilie décomplexée...???...peut-être...toujours est-il que ce second mouvement me fait fondre à chaque nouvelle écoute. Le troisième "Beat Girl" reprend le caractère enjoué et dansant si cher à Koehne.

Diana Doherty: hautbois
Sydney Symphony: Takuo Yuasa


Dernière édition par Icare le Dim 19 Nov - 22:46, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Dim 19 Nov - 22:10

Et revoici Poulenc, décidément très inspiré par le hautbois, dans cette sonate de 1962 écrite pour Prokofiev  

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Icare
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MessageSujet: Gunning   Dim 19 Nov - 23:23

Poulenc est revenu faire un tour et c'est très bien car il m'a apporté un de mes plus beaux disques de musique de chambre dans lequel le hautbois m'avait particulièrement inspiré. Mais, pour l'heure, c'est un tout autre hautbois qui a égayé ma soirée. Le hautbois y est interprété par Verity Gunning qui est la fille du compositeur anglais du concerto, Christopher Gunning. Je n'ai pas seulement réécouté le Concerto pour hautbois et orchestre à cordes (2004), j'ai aussi réécouté les Symphonies n°3 & 4 avec lesquelles il est couplé. Tout d'abord, en réfléchissant sur mon cycle autour du hautbois, j'ai l'impression que je n'ai, dans ma cédéthèque, pas un grand nombre d'oeuvres dédiées à cet instrument, pas autant en tout cas que je le pensais au départ. J'aurai moins l'embarras du choix qu'avec la trompette ou encore le violoncelle. Sur ce point, les deux symphonies de Christopher Gunning n'ont pas été une perte de temps car le hautbois, sans en monopoliser l'espace, a ses moments solos dans la N°3 et aussi dans la partie 4 de la N°4. C'est toujours très séduisant pour moi lorsqu'un hautbois solo s'invite au sein d'un magma symphonique ample et coloré, créant ainsi un instant de "proximité céleste" entre la musique et l'auditeur que je suis. C'est aussi pour cette raison que j'ai réécouté ces deux symphonies, car je me souvenais de ces petites places offertes au hautbois. Christopher Gunning composa son concerto pour hautbois vers la fin de 2004 comme cadeau de Noël pour sa fille Verity. Ce fut une grande joie pour le compositeur d'avoir transmis sa fibre musicienne à sa fille et d'avoir ainsi un musicien dans la famille. Il avait coeur de composer quelque-chose qui correspondait à sa personnalité à la fois jeune et réfléchie, et parfois très originale. Il précise avoir commencé par la fin, c'est-à-dire par l'écriture du troisième et dernier mouvement, un genre de mouvement perpétuel, puis il s'est attaqué au premier, dans lequel il tenta de créer une forme sonate modifiée avec de fréquents échanges entre les cordes et le hautbois. Une certaine légèreté et volupté dans ce premier mouvement. Le mouvement lent, central, fut composé en un seul jour - le 11 novembre 2004 - un évènement marqua le Moyen-Orient et le monde: c'est le jour où mourut le chef palestinien Yasser Arafat. Si le Moyen-Orient influence par endroits cette partition, c'est le reflet de la grande tristesse qui le saisit lorsqu'il pense aux problèmes apparemment insurmontables de cette région. Née d'une plaie béante et peut-être non cicatrisable de ce monde des humains, ce morceau du concerto est selon moi le plus beau, le plus émouvant. Je n'ai même pas eu besoin de connaître la petite histoire. L'émotion ressentie est purement musicale. Dire que le mouvement médium a été composé en un seul jour!
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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Dim 19 Nov - 23:29

Voilà un départ en grâce avec notre cher Jean-Sébastien Bach et son concerto qui m'est bien familier.  Poulenc par contre, je ne connaissais pas et je suis ravie de le découvrir avec ce trio magnifique basson-piano-hautbois, un régal, une musique pleine de vie , de surprises, de gaité, puis cela devient plus émouvant, mélancolique, beau moment vraiment
Le basson, il me semble qu'on le voit rarement en trio, j'aime cette voix grave qui vient accompagner la légèreté du hautbois.
La sonate pour Prokofiev me parle moins, du moins pour cette première écoute.
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Kristian

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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Lun 20 Nov - 0:37

laudec a écrit:
La sonate pour Prokofiev me parle moins

Elle n'est que moyennement servie par une interprétation un peu lourde – mais je préfère les vraies vidéos aux enregistrements aveugles... Mais de toute façon, je préfère nettement, comme toi, le trio. Mains
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Jean

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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Lun 20 Nov - 16:54

Les concertos pour hautbois de JS Bach sont en fait des "reconstitutions" à partir de ses concertos pour clavecin: on sait que ces concertos pour clavecin sont pour la plupart, des concertos originaux pour violon, hautbois ou flute (?) que Bach à lui-même par la suite transcrit pour clavecin...Mais seuls nous sont parvenus les concertos pour clavecin, les originaux n'ayant pas été édités ou ont été perdus ...Ce qui évidemment ne diminue en rien leurs attraits Wink

Bach a beaucoup utilisé le hautbois comme instrument soliste accompagnant de très nombreuses arias de ses cantates!

Je suis aussi très touché par un hautbois particulier, surtout utilisé a partir du milieu du 18èmé siècle ...Il s'agit du Cor Anglais, avec un son plus grave, se rapprochant un peu de celui de la clarinette...



Le plus bel exemple: dans l'adagio de la symphonie du nouveau monde de Dvorak:


https://www.youtube.com/watch?v=xpPivAl9f2A

dans Sibelius: le Cygne de Tuonela:
https://www.youtube.com/watch?v=JGEOw6cThuU

Berlioz l'a également souvent utilisé
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Icare
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MessageSujet: Muldowney   Lun 20 Nov - 18:07

Merci Jean pour ces précisions!

Pour ma part, en quittant Christopher Gunning pour Dominic Muldowney, je n'ai pas eu besoin de changer de pays, virtuellement parlant j'entends . Dominic Muldowney est un compositeur que je connais au travers d'une seule oeuvre, mais pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit pour moi d'un très beau Concerto pour hautbois et orchestre, l'un de mes préférés toutes époques comprises. Ni plus ni moins. Je l'ai considéré comme étant mon préféré chez nos amis les Anglais. Effectivement, je ne peux pas dire que celui de Christopher Gunning me plaise autant encore que j'adore son second mouvement. Je pense aussi le préférer à celui d'Alan Rawsthorne que je vais biensûr réécouter pour l'occasion. Dans le concerto de Dominic Muldowney, j'aime beaucoup la relation entre le soliste et l'orchestre. Je n'ai jamais eu l'impression, pendant l'écoute, que ce soit dans les parties lentes ou dans les parties rapides, que le hautbois de Roy Carter ou que l'Orchestre Symphonique de Londres sous la direction de Michaël Tilson Thomas voulait dominer l'espace d'expression. Au contraire, j'ai trouvé qu'il y avait un très bel équilibre de jeu entre la force individuelle, le hautbois, et la force collective, l'orchestre. Le soliste m'a conduit vers le rêve et la flanerie au sein d'une écriture impressionniste et très raffinée. L'oeuvre ne manque ni d'élégance ni de beauté, est porteuse d'un lyrisme délicat et pas trop appuyé, juste ce qu'il faut. Elle se découpe en huit parties, l'une d'elles, par sa construction rythmique, m'a vaguement fait swinguer.
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Icare
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MessageSujet: Rawsthorne/Michans   Lun 20 Nov - 22:05

Comme je l'avais prévu, j'ai réécouté le Concerto pour hautbois et orchestre à cordes d'Alan Rawsthorne que je place d'ailleurs dans la même lignée que celui de Christopher Gunning, attachant bien qu'il ne s'en dégage rien de vraiment mémorable...Dans celui de Gunning, il y a quand même ce mouvement médium qui a quelque-chose de très touchant, sa construction mélodique sans doute. Chez Rawsthorne, le hautbois de Stéphane Rancourt conserve toutefois ce caractère céleste que j'apprécie en général, mais sans se transcender, sans être à la hauteur des concertos respectifs de Koehne et Muldowney, sans même trouver un mouvement aussi délicieux que celui, central, du concerto de Gunning. A mon avis, le concerto pour hautbois d'Alan Rawsthorne ne fait pas partie de ses meilleurs efforts. Dravidian Moods - Five Movements on South Indian Themes du compositeur argentin Carlos Michans, par le caractère serein et religieux de cette fameuse raga du matin que constitue le premier mouvement, me rapproche d'un ciel plus près de mes lumières. Very Happy Après l'orchestre, la formation du quintette avec quatuor à cordes et où le soliste est la talentueuse hautboïste Pauline Oostenrijk, me transfère dans le caractère concis et parfois méditatif d'une musique de chambre un brin exotique. L'oeuvre se découpe en cinq mouvements; Morning Raga, Sereno e religioso, très méditatif celui-là, une introduction propice au recueillement - j'en avais besoin : je ressens bien le lancinement que l'on retrouve dans la musique traditionnelle indienne, lenteur & lancinement, vous savez, ce côté élastique qui se tend et se détend...Variation, Allegro nervoso, est, comme son titre l'indique, plus vif et nerveux. Il tranche donc avec la lenteur du premier mouvement. Tamil Lyric, Allegretto semplice continue dans une veine animée mais avec plus de légèreté. Meenakshi's Song, Molto Tranquillo renvoie à une rêverie désirée, sans doute pour moi le moment le plus beau, le plus touchant, de l'oeuvre, ce que j'aime appeler "son point culminant". Malayalam Folk Song, Gaio e poco burlesco est une courte danse qui impose une conclusion joyeuse à l'ensemble. Je crois me rappeler, en passant, que le concerto pour hautbois de Dominic Muldowney bénéficiait, lui aussi, d'une conclusion dansante.
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joachim
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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Mar 21 Nov - 10:10

Bon, il est temps que j'intervienne, sinon ce sera du tout contemporain Laughing

Il y a beaucoup de concertos ou trios ou quatuors avec hautbois chez les baroques (dont Vivaldi) et les classiques, et assez peu chez les romantiques.

Voici un beau concerto de Krommer :



https://www.youtube.com/watch?v=ABgFSz1yW6s


Mozart a composé un concerto et un quatuor. Voici le quatuor :

https://www.youtube.com/watch?v=wotuS1vZWYs


En 1792 Beethoven a esquissé un concerto pour hautbois qu'il a malheureusement laissé inachevé. Seul le mouvement lent peut être reconstitué.

https://www.youtube.com/watch?v=O9DZmIlTTlA

Beethoven a composé aussi 2 trios pour une instrumentation insolite : 2 hautbois et cor anglais, un trio et des variations sur Don Giovanni. Voici le trio

https://www.youtube.com/watch?v=gF_rJaVWgYI

et les variations sur la ci darem la mano de Don Giovanni de Mozart

https://www.youtube.com/watch?v=aIa32TZHHbw
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Icare
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MessageSujet: Koechlin   Mar 21 Nov - 19:00

joachim a écrit:
Bon, il est temps que j'intervienne, sinon ce sera du tout contemporain Laughing

Pfff! Quelle mauvaise langue ce Joachim! Hehe

N'empêche que j'ai bien failli omettre les Sonatines n°1 & 2 - op.194 pour hautbois d'amour et 9 instruments de Charles Koechlin. J'avais complètement éludé l'existence de ces deux charmantes compositions du compositeur français et c'est en farfouillant que je suis retombé dessus. Je me souvenais parfaitement des Confidences d'un Joueur de Clarinette op.141, mais les Sonatines m'étaient - temporairement biensûr - sorties de la tête. Contre toute attente, je les ai donc réécoutées aujourd'hui. C'aurait pu être au coin du feu si j'avais eu une cheminée, une musique bien tranquille, très française, avec laquelle il est permis de flaner, de rêvasser. Jean-Louis Capezzali est celui qui joue du hautbois d'amour, pour le plaisir des anges. Claire Novakova joue de la flûte, Philippe Cuper de la clarinette, Hubert Chachereau et Jean-Claude Bouveresse du violon, Serge Soufflard, Joël Soultanian de l'alto, Odile Bourin, Virginie Constant du violoncelle et Stéphane Petitjean du clavecin. J'avais déjà écrit ceci à leur propos: <C'est une musique qui me prend par la main et me ramène à l'enfance, dans un paysage d'été, au sein d'une campagne que la vie urbaine n'a jamais réussi à me défaire complètement. J'avais besoin de cette douceur, de cette caresse sonore, de ces doux moments de nostalgie et de joie prêts à m'étreindre...La musique a parfois cette faculté...Le hautbois d'amour par Jean-Louis Capezzali m'a permis cette humeur rêveuse qui m'envahissait...>

https://www.youtube.com/watch?v=7inaU-wXzTo
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Icare
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MessageSujet: D'Indy/Kamimoto/Zimmermann   Jeu 23 Nov - 22:50

Dernièrement, j'ai associé dans l'écoute trois compositeurs d'époques différentes. Rien ne les lie non plus sur le plan du style, seul le hautbois en commun: D'abord Vincent D'Indy avec sa Fantaisie sur des thèmes populaires français pour hautbois principal et orchestre, par Lajos Lencsés, le "Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin" sous la direction de Hans E. Zimmer...Choix parfait pour ne pas trop m'éloigner de Charles Koechlin et d'une période en particulier...magnifique composition de Vincent D'Indy de caractère impressionniste et passionné. Une musique que je trouve très proche de la nature et qui, d'une certaine façon, m'évoque une oeuvre d'Aubert Lemeland que j'aurais très bien pu réécouter à sa suite si j'y avais pensé plus tôt. C'est une des particularités des cycles que je construis autour d'un thème ou d'un instrument. Je sais que j'ai en ma possession suffisamment d'oeuvres qui correspondent mais ne me souviens pas d'emblée de tous les titres ni de leurs auteurs. C'est au fil des écoutes que des titres réapparaissent et que mon cycle prend forme. Celui que j'ai choisi de réécouter à la suite de la "Fantaisie" de Vincent D'Indy se contente de trois lettres: Kyo. Il a été composé par un compositeur d'une toute autre époque puisque né en 1975: la Japonaise Mari Kamimoto. Tout d'abord, il s'agit d'un prix de composition de 2006 interprété par Guillaume Deshayes (hb), Federico Coca Garcia (sax), l'Orchestre des Lauréats du Conservatoire, sous la direction de Zolt Nagy. La singularité de cette pièce de dix minutes environ c'est qu'elle combine le hautbois et le saxophone dans une écriture certes atonale mais dans une belle énergie qui la rend assez expressive. Elle explore assez bien les possibilités sonores de ces deux instruments tout en démontrant un "mariage" réussi. Finalement, ma partie préférée de Kyo, c'est lorsque l'orchestre s'éclipse et cède tout l'espace d'expression aux deux solistes. J'aime bien la combinaison entre le hautbois et le saxophone dans cette composition de Kamimoto. Mon troisième choix de ce jour s'effectua sur Bernd Alois Zimmermann et son Concerto pour hautbois et petit orchestre par l'excellent Heinz Holliger, le "SWF Sinfonieorchester Baden-Baden", sous la baguette de Michael Gielen, un concerto rigoureux, solidement charpenté, sans ce petit-quelque-chose-en-plus qui le sortirait du lot, mais un bon concerto quand même avec peut-être une préférence pour le troisième mouvement. J'aime bien le second aussi.
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Icare
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MessageSujet: Shore   Ven 24 Nov - 11:44

Ce matin, je me suis penché sur la composition pour l'image par le biais d'une musique qu'Howard Shore composa pour le film de James Gray; The Yards. A deux reprises, il enserre dans sa propre partition le "Saturn" des fameuses "Planètes" de Gustav Holst. J'ignore de quoi parle le film de James Gray, mais la musique de Shore m'évoque à sa manière - qui n'est pas du tout celle de Holst - l'espace, l'apesanteur, le vide sidéral, le flottement entre deux forces auxquelles elle tente de résister: l'emphase et la puissance. Au contraire, elle semble flotter dans le "contemplatif", faussement fragile & céleste. Dans une langueur qui n'est jamais monotone. Bien sûr, il y a la présence d'un hautbois, à moins qu'il ne s'agisse du cor anglais à certains moments...Il ajoute de cette dimension céleste, de cette beauté inaccessible, de cette pureté qui le rend si divin à mon oreille...Ce qui est formidable c'est qu'à un moment donné, son caractère lancinant m'a renvoyé à une autre bande originale d'un autre compositeur où le hautbois joue un rôle essentiel: Le Deuxième Souffle, remake du film homonyme de Melville réalisé par Alain Corneau. Il paraîtrait que le film n'est pas à la hauteur, en sachant bien que passer derrière Melville serait un défi ardu, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est la superbe partition de Bruno Coulais qui invite le hautbois de Christophe Grindel! Dire qu'avant de réécouter The Yards de Howard Shore je n'y pensais même pas. Je ne l'aurais probablement pas incluse dans mon cycle.
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Icare
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MessageSujet: Coulais   Ven 24 Nov - 16:13


Comme je l'avais finalement prévu, j'ai réécouté la partition que Bruno Coulais composa pour le film d'Alain Corneau; Le Deuxième Souffle. J'avais trop envie de retrouver ce hautbois qui m'avait tant envoûté. A la réécoute, je me demande pourquoi The Yards de Howard Shore m'a remis en mémoire la partition de Coulais, peut-être était-ce juste le son d'un hautbois solo? En réalité, ces deux compositions ne se ressemblent pas vraiment. Celle du compositeur français me renvoie à une musique sombre, grave, sans espoir de retour, fataliste. Dans cette histoire de gangsters déjà explorée par Jean-Pierre Melville, on sait comment ça se termine en général. Gu meurt à la fin! Le thème principal donne le ton, dès le départ, sous le titre "Le fourgon rouge". Le hautbois de Christophe Grindel y est vêtu, par le "Czech National Symphony Orchestra", depuis les premières mesures, d'un habit mortuaire. Il est clair que, dans mon esprit, ce magnifique hautbois porte la mort en lui, la désigne comme la seule issue possible. Le hautbois sublime et même transcende cette longue marche funèbre. A ce moment-là, la mort devient quelque-chose de profondément pur et beau, malgré sa noirceur absolue...
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joachim
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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Ven 24 Nov - 17:54

Puisque tu as ajouté le cor anglais dans le titre, voici le concerto de Joseph Fiala :



https://www.youtube.com/watch?v=vMF1JwTDWjM

et un adagio pour cor anglais et cordes de Mozart K 580a

https://www.youtube.com/watch?v=wn1-C3JszbU

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Icare
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MessageSujet: Bach   Ven 24 Nov - 19:14

Jean a écrit:
Bach a beaucoup utilisé le hautbois comme instrument soliste accompagnant de très nombreuses arias de ses cantates!

Oui justement, il me sembla indispensable d'en citer au moins une ou deux. Je me suis donc focalisé sur une cantate en particulier dont l'apport du hautbois m'avait marqué en profondeur, pas uniquement sur l'Aria mais aussi sur la Sinfonia introductive. Il se trouve que c'est la première cantate que j'ai écoutée de J. S. Bach, la toute première, il y a des années et des années de cela. Toute la cantate m'avait émerveillé car c'est une oeuvre qui est vraiment captivante en entier, seulement le hautbois m'avait, de toute évidence, laissé une empreinte indélébile. C'est bien simple, si on me parle d'une cantate de Bach et du hautbois, je pense prioritairement à "Ich hatte viel Bekümmernis" - BWV 21. Je sais qu'il y en a d'autres et je les ai sûrement précisées sur le fil approprié, mais celle-ci est probablement ma cantate fétiche. Le hautbois intervient également dans "Am Abend aber desselbigen Sabbats" - BWV 42 avec laquelle elle est couplée et qui est donc, en conséquence, la seconde cantate de Bach que j'ai écoutée et aimée. Les 21 & 42 sont aussi celles que je connais évidemment le mieux et les seules que je possède désormais dans deux interprétations de référence. Ce fut d'abord sous la direction de Philippe Herreweghe et ensuite sous celle de Ton Koopman. Aujourd'hui, je les ai réécoutées dans l'interprétation par laquelle je les avais découvertes. Le hautbois est assuré par Marcel Ponseele dans la BWV 21 et Michel Henry dans la BWV 42. Exquis!


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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Ven 24 Nov - 19:17

Jean a écrit:
Je suis aussi très touché par un hautbois particulier, surtout utilisé a partir du milieu du 18èmé siècle ...Il s'agit du Cor Anglais, avec un son plus grave, se rapprochant un peu de celui de la clarinette...

Il m'a semblé judicieux de joindre le cor anglais à ce fil vu qu'il me procure quasiment les mêmes sensations que le hautbois.


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MessageSujet: Poulenc   Ven 24 Nov - 22:30

Le hautbois est un instrument qui me touche depuis très longtemps, l'un des premiers sans doute pour lequel j'ai eu un coup de foudre immédiat. Parmi les musiques qui m'amenèrent au hautbois, il y eut trois pièces de musique de chambre de Francis Poulenc, tout d'abord un de ses chefs-d'oeuvre, le Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor, sa Sonate pour hautbois et piano, excellente aussi, et, à moindre effet, son Trio pour piano, hautbois et basson qui me séduit principalement par le mouvement médium, l'Andante qui est souvent qualifié de "mozartien". D'après mes sources, Francis Poulenc avait une prédilection, du moins dans sa musique de chambre, pour les instruments à vent dont il appréciait la sonorité, la jugeant particulièrement incisive, contrairement à Claude Debussy dont il était un fervent admirateur mais qui, lui, au contraire, privilégia presque exclusivement les formations pour cordes, avec ou sans piano. Il est habilement dit par Elisabeth Rhodes que l'esprit aigu et l'éclat sec de la plupart de sa musique s'adaptait idéalement aux voix pénétrantes, "d'extérieur", des instruments à vent. Et parmi ces instruments à vent, je trouve que Francis Poulenc utilise avec beaucoup de sensibilité et de conviction le hautbois qui, dans l'interprétation de Pascal Rogé, est joué par Maurice Bourgue. A titre informatif, figure aussi sur cet album, album que je considère d'ailleurs comme l'un des plus beaux de ma cédéthèque, la Sonate pour clarinette et piano et celle pour flûte et piano. J'en parlerai ailleurs le moment venu. Ce soir, le hautbois, chez Poulenc, m'a une nouvelle fois émerveillé. Le Sextuor est vraiment un grand cru de la musique de chambre française...et au-delà...un premier mouvement d'enfer, endiablé au possible, une délicieuse mélodie transcendée par le hautbois dans le "Divertissement" central. La Sonate pour hautbois et piano est également magnifique en entier.
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Icare
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MessageSujet: Girard/Lemeland/Jolivet   Sam 25 Nov - 18:07

Cet après-midi, je suis resté bien sagement dans notre beau pays en compagnie de trois compositeurs français; Anthony Girard, Aubert Lemeland et André Jolivet. Les trois oeuvres que j'ai réécoutées sont d'une durée qui n'est pas très longue. Il y eut d'abord Magnificat pour hautbois et orchestre à cordes, par Jean-Michel Penot, l'Orchestre Bernard Calmel, sous la direction de celui-ci, puis L'Automne et ses envols d'étourneaux pour cor anglais, harpe et orchestre à cordes d'Aubert Lemeland, par Jean-Louis Homs, Sabine Chefson et l'Ensemble Instrumental de Grenoble, sous la direction de Marc Tardue, et enfin Suite Liturgique, Mélodie avec petit ensemble (1942) pour ténor, hautbois, violoncelle et harpe, par Jean Giraudeau, Jean Brizard, Robert Casier et Lily Laskine. Il s'agit là de trois oeuvres que j'aime beaucoup, même si ma mémoire m'a fait défaut pour l'une d'entre elle. Concernant le Magnificat en deux parties d'Anthony Girard, je croyais me souvenir d'une musique très douce et quelque peu lunaire. Je ne me souvenais plus d'une introduction aussi tumultueuse. Malheureusement, aucun titre n'est attribué à ces deux mouvements. Ce tumulte inattendu ne m'a pas dépité. Au contraire, j'ai apprécié le jeu virtuose du hautbois dans ce contexte de cordes nerveuses. C'est sur le second mouvement que la musique devient plus élégiaque tout en restant un peu fiévreuse, du moins au début. Un beau thème mélodique s'installe et m'apaise totalement. Je quitte alors le hautbois pour le cor anglais, un cor anglais automnal. il peut être défini dans l'oeuvre d'Aubert Lemeland comme l'écho nostalgique de l'automne, sa voix intérieure, celle qui s'observe sous la forme d'un murmure parfaitement audible. Dans la forme de cette musique, j'imagine l'horizon déblayé de tout arbre et de toute colline, un horizon infiniment plat et hypnotisant. La harpe scintille de ses sonorités claires et volatiles, en parfaite osmose avec l'envol des étourneaux. C'est l'oeuvre superbement brodée d'un homme qui observe et sait observer, d'un homme qui contemple la nature dans le silence de ses propres émotions, pleurant des notes sur la page blanche à la manière d'un peintre et d'un poète. Ensuite, mon esprit empli d'une "griseur" exquise, j'ai retrouvé un autre hautbois, celui de la Suite Liturgique d'André Jolivet, pièce vocale en quatuor qui se découpe en huit parties. Le "Prélude" est purement instrumental et se joue donc entre le hautbois, le violoncelle et la harpe. Je trouve que le hautbois joue dans une tonalité qui ne m'est pas toujours habituelle, lui prête même, à deux reprises, une couleur orientale. <<Tirée d'une musique de scène pour "Le Mystère de la Visitation" d'Henri Ghéon, la "Suite Liturgique" comprend huit morceaux dont cinq sont empruntés à la liturgie catholique. Composée en 1942, dans le contexte de l'Occupation nazie, la clarté et la sérénité rayonnante dans lesquelles baigne cette musique, font qu'elle sonne comme un message d'espérance.>> J'aime beaucoup cette oeuvre et le hautbois de Jean Brizard m'a toujours fait une belle impression, l'instrument qui m'a marqué en premier, comme s"il en était la couleur principale, bien qu'il n'intervient pas dans le "Sale Regina".
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joachim
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MessageSujet: Re: Discussions autour du hautbois/Cor anglais   Sam 25 Nov - 19:56

J'ai assez apprécié la Suite Liturgique (dans sa version originale avec soprano soliste) d'André Jolivet, c'est même un de ses oeuvres qui a ma préférence, avec le concerto pour ondes Martenot et le second concerto pour trompette et sa troisième symphonie.

Mais revenons à mes chers Classiques, avec ce concerto pour hautbois de Druzecky (ou Druschetzky) :



https://www.youtube.com/watch?v=TuJumff-SPc


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Icare
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MessageSujet: Pécou   Sam 25 Nov - 22:58

Tu as raison, Joachim, un peu de classique ne peut faire du mal...mais revenons à du contemporain "contemporain":

C'est incroyable! J'étais, dans un premier temps, parti sur Guillaume Connesson, mais, en déplaçant mes mini-Tours de Pise, je suis tombé sur Thierry Pécou et me rappelai aussitôt qu'il y avait aussi du hautbois de ce côté-là. J'ai d'ailleurs l'impression, fondée ou non, que les Français aiment beaucoup le hautbois et que nos chers compositeurs ont pas mal écrit pour cet instrument. Me tromperais-je? En tout cas, c'est dans la partie française de ma "collection" que je trouve le plus de hautbois. Mais ce qui est incroyable, ce n'est pas ça, c'est que la première oeuvre que j'ai réécoutée de Thierry Pécou est une pièce courte pour hautbois seul intitulée Perroquets d'azur. Ca alors! Ce n'était pas prévu, je me souvenais bien d'avoir du hautbois chez ce compositeur mais j'avais oublié les titres. Me voilà de nouveau à califourchon entre deux fils et du grain à moudre pour celui de Joachim; "La musique et les oiseaux". L'hautboïste est François Leleux, le morceau est brillant, virtuose, tout en restant attrayant pour un non musicien comme moi. L'oeuvre qui m'interpelle le plus est Quatuor pour hautbois et trio à cordes, un trio qui est classiquement constitué d'un violon, alto et violoncelle. L'oeuvre atteint les 30 minutes et fut composée courant 1993. Si elle se présente comme un long mouvement unique, elle comporte des contrastes saisissants: elle peut être statique et tout son contraire, peut-on même évoquer un pôle harmonique statique opérant comme un centre de gravité autour duquel la musique évolue, passant de l'introversion à l'extraversion, non sans une forte tension dramatique et des moments inouïs d'une belle fulgurance instrumentale. La combinaison hautbois/cordes fonctionne à merveille, une formidable mécanique créant des ambiances insolites et des sonorités nouvelles. Il y a un passage que je trouve particulièrement excellent, jouissif, mais je ne saurais le situer avec précision à quel moment dans le "Quatuor", peut-être vers son milieu...?...
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MessageSujet: Rauber/Fouillaud   Dim 26 Nov - 19:03

Je n'ai toujours pas quitté la musique française ni le XXème siècle au grand désespoir de Joachim.Hehe Aujourd'hui, en ce dimanche au ciel bleu qui sent déjà l'hiver, j'ai réécouté, au nom du hautbois, deux oeuvres dans des esthétiques que tout oppose. J'ai d'abord réécouté le Concertino pour hautbois et orchestre de François Rauber, vous savez, le gars qui fut le pianiste et arrangeur de Jacques Brel et qui disait si justement: <<Si l'art de la musique ne peut se priver du talent et de la technique, je pense tout autant qu'il serait bien abîmé hors d'un esprit de partage, d'écoute, d'équipe, de sensibilité et d'amitié.>> L'interprète est Jacques Tys. Le concertino se constitue de quatre mouvements; "Allegretto/Valse/Andante/Scherzo", pour une durée totale qui dépasse de peu les onze minutes. Il est d'esprit joyeux, presque espiègle, d'une fantaisie très française. Peu ambitieux, souffleront certains d'une rigueur intellectuelle plus haute que la mienne...Personnellement, c'est une prose musicale de modeste envergure qui continue de m'apporter du plaisir, au même titre que les trois autres concertos du même compositeur qui figurent sur le même cd. La seconde oeuvre est bien différente et certainement de forme plus audacieuse et recherchée. Elle appartient à Patrice Fouillaud et je peux évoquer sans la moindre hésitation un coup de coeur! Dans Souvenir du Présent pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin, j'ai retrouvé une belle proximité avec le hautbois que j'ai suivi des oreilles tout au long de l'oeuvre, une proximité devenue très intime au moment où le soliste joue seul, provisoirement abandonné par les cordes, le clavecin et la harpe. L'oeuvre n'est pas forcément facile d'accès pour ceux qui sont surtout familiarisés et profondément attachés à la tonalité et à la forme classique, au sens où on l'entend habituellement. Peu importe, ce n'est pas moi qui en sortirai dérouté! Il y a dans la musique de Patrice Fouillaud une ambiance, un climat et une proximité avec certains instruments, notamment le hautbois, le clavecin, la harpe, voire même, à un moment donné, une contrebasse, à moins qu'il ne s'agisse d'un violoncelle dans des tons très graves. Ce qui me plait dans cette ambiance sonore plutôt tendue et tourmentée - dès les premières mesures de Souvenir du Présent, les cordes sont particulièrement crispées - c'est qu'elle m'accapare aussitôt, sans que je puisse réellement expliquer pourquoi. Sa force attractive m'est définitivement mystérieuse même si je tente de décrire avec mes mots ce qui me plait, m'émeut, m'interpelle. Il y a quelque chose de très énigmatique dans ce genre de musique. En fait, il y quand même des ingrédients qui sont une porte ouverte à ma sensibilité depuis toujours: un instrumentarium qui correspond à ce que j'affectionne de manière innée, une dimension obsessionnelle sur un ton assez âpre et aux effets rustiques qui semble prendre ses racines au plus profond de moi-même. Le ton est donné dès le départ. Dès le départ, je sus à peu près dans quel climat troublé et troublant cette musique d'allure chambriste allait m'emporter. La harpe est plutôt grave; une présence assez mystérieuse, alors que le clavecin m'évoque quelque chose de lointain, à la fois nostalgique et inquiétant. Le hautbois de Stéphane Part fut, cependant, mon guide vers une lumière fragile, celui qui m'a maintenu dans le présent...et dans le souvenir de ce présent...
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MessageSujet: Bussotti   Lun 27 Nov - 18:18


Avec La passion selon Sade (1979) pour soprano et ensemble instrumental de Sylvano Bussotti, sous la direction de Marcello Panni, j'ai mis un premier pas en Italie et ai eu l'agréable mais indicible plaisir de pénétrer un théâtre musical à la fois vivant, grave et léger. Après Souvenir du Présent de Patrice Fouillaud, je continue mon exploration au sein d'un langage contemporain parfaitement assumé. La musique est atonale et sans aucun doute hostile aux âmes trop frileuses.Hehe Ce n'est évidemment pas la raison pour laquelle j'ai fait ce choix. Vous devinerez qu'il y a une histoire de hautbois là-dedans. Il y en a même deux puisque s'ajoute au hautbois classique le hautbois d'amour...comme c'est romantique...hautbois d'amour...au fait, pourquoi "d'amour"? Il faut dire que la forme de langage utilisée, certes moderne - ne surtout pas y espérer un romantisme tardif - est quelque peu originale. La soprano Elise Ross y joue un rôle important, le rôle principal dans une pièce abstraite non dépourvue de dérision ni d'une certaine fantaisie, bien que certains puissent la trouver rigide. Le discours est d'emblée brutal et faisant peu de concession dans sa modernité d'expression, mais la portée poétique est bien assise, en équilibre entre la forme théâtrale du récit et le contenu dramatique de l'oeuvre. Outre la voix soliste, elle s'exprime par un complexe instrumental très séduisant: flûte, hautbois, hautbois d'amour, cor, violoncelle, percussion, orgue, piano, harmonium, célesta, harpe. Je dois dire, que dans le souvenir que j'en gardais, les deux hautbois avaient une belle présence; raison pour laquelle je l'ai réécoutée aujourd'hui.
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MessageSujet: Morricone   Lun 27 Nov - 22:11

Mon second coup de coeur pour le hautbois qui est d'abord un extrait de la partition qu'Ennio Morricone composa pour le film d'Alberto Bevilacqua, La Califfa (1970), et un hommage pour une grande actrice qu'il aimait beaucoup!

https://www.youtube.com/watch?v=puA5VvaZHkQ


Dernière édition par Icare le Lun 27 Nov - 22:40, édité 1 fois
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