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 Pierre Degeyter et "L'Internationale"

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joachim
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MessageSujet: Pierre Degeyter et "L'Internationale"   Jeu 2 Nov - 10:18

Pierre Degeyter (ou Pierre De Geyter en néerlandais), né le 8 octobre 1848 à Gand et mort le 26 septembre 1932 à Saint-Denis, est un ouvrier et musicien belge célèbre pour avoir composé la musique de L'Internationale.



Ses parents, Adrien De Geyter et Rosa Verbauwen, ouvriers également, étaient originaire de la Flandre française ; ils avaient immigré à Gand pour y trouver du travail dans l’industrie textile. Lorsque Pierre eut 7 ans, la famille, qui comptait déjà 5 enfants, retournèrent en France et s'installa à Lille. Câbleur dans l’industrie ferroviaire, Pierre Degeyter s’intéresse plus à la musique. À seize ans, il commence les cours du soir à l'Académie de musique, dont il obtient le premier prix à 38 ans. En juillet 1888, alors qu’il est le premier directeur de la société musicale lilloise la Lyre des travailleurs, il reçoit une commande de Gustave Delory, du Parti ouvrier français : mettre en musique un poème d’Eugène Pottier de 1871 pour en faire le chant de lutte du parti. Les paroles ont été écrites par Eugène Edine Pottier lors de la "Semaine sanglante", du 22 au 28 mai 1871, marquant la fin et la sévère répression de la Commune de Paris de 1871. Jusque-là, la chanson avait habituellement été chantée au rythme de la Marseillaise. Il compose cette musique, sur un harmonium, au siège de la Lyre, le café lillois la Liberté, rue de la Vignette.
La nouvelle composition a d'abord été jouée par la Lyre des Travailleurs lors de la fête annuelle du syndicat des vendeurs de journaux de Lille en juillet 1888. Six mille feuillets ont été imprimés à l'imprimerie favorite de Pierre, Boldoduc, et vendus pour récolter des fonds pour le parti socialiste de Lille. Pour protéger son travail, seul "Degeyter" a été nommé comme compositeur mais Pierre a été licencié malgré tout et a ensuite été mis sur liste noire par les employeurs de Lille. Il fut bientôt réduit à exécuter de petits boulots, comme fabriquer des cercueils. En 1902, il quitte Lille avec sa femme et sa fille et s'installe à Saint-Denis , près de Paris.

En résumé, la musique est signée du seul nom de famille de Degeyter, ce qui n’empêchera pas le compositeur de devoir quitter Lille, dont les patrons l’ont classé comme dangereux révolutionnaire. Sa famille déménage donc vers Saint-Denis, d’où son frère Adolphe (1859-1916) intentera un procès en 1904 pour lui contester la paternité de cette musique, officiellement en représailles pour punir son aîné d’avoir quitté le Parti ouvrier (et d’avoir suivit la dissidence qui donna le parti communiste). Il semblerait en réalité que ce soit le puissant député-maire Gustave Delory qui ait été aux commandes politiques de cette attribution.

Elle ne sera attribuée définitivement à Pierre qu’en 1922, huit ans après le suicide par pendaison d’Adolphe Degeyter, laissant une note à son frère dans laquelle il reconnut sa fraude et affirma qu'il avait été poussé par d'autres à faire la demande. Pierre, qui était alors dans la France inoccupée, n'a reçu la lettre qu'après la guerre.

Le chant fut un succès immédiat, d’abord en France, puis dans le monde entier. Il est adopté en 1889 comme hymne de la Deuxième Internationale. Lors de la scission entre socialistes et communistes, Degeyter choisit les seconds. Le chant deviendra l’hymne national de l’URSS. Degeyter fut l’invité d’honneur de Staline à Moscou en 1927, lors des célébrations du dixième anniversaire de la Révolution d'octobre. Staline lui accordera une pension d’État, en guise de droits d'auteur. Comme il s'agissait du seul revenu de Pierre, à part de modestes frais de musique pour les autres poèmes de Pottier (en particulier L'Insurgé et En avant la classe ouvrière) et d'airs populaires qu'il avait également composés, et bien que l'administration de Saint-Denis lui a accordé un appartement gratuit, Pierre De Geyter a passé les dernières années de sa vie en précarité.
Ses funérailles au cimetière de Saint-Denis furent suivies par 50 000 personnes, avant que son nom ne tombe dans un relatif oubli, contrairement à sa musique.


Hommages

Un collège de Saint-Denis porte son nom. Celui-ci fut renommé "collège Serge-Gainsbourg" dans le film Le Plus Beau Métier du monde. Sa ville natale de Gand lui consacra une statue en 1998, tandis que celle de Lille a baptisé une place à son nom en 2007, dans le faubourg industriel de Fives où il était ouvrier. Un géant du même nom reproduit sa silhouette. Une rue du Havre porte également son nom.


Voir en complément mon article :

http://musiqueclassique.forumpro.fr/t7200-l-internationale?highlight=internationale
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