Forum sur la musique classique
 
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 Ce jazz qui fait jaser!

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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Dim 15 Oct - 0:54

Super tout ce fil et vos échanges d'aujourdhui, chers amis.
Ravie du retour de ce sujet.. Very Happy
J'adore le jazz et j'en écoute assez souvent, mais c'est très hétéroclite chez moi... Beaucoup de classiques jazz dans mes archives, beaucoup de festivals jazz sur mes chaînes.. Je mélange un peu tout... Merci pour la vidéo sur Dizzy Gillespie, c'est l'un des mes chouchous !   A plus !  Sleep
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laudec

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Dim 15 Oct - 8:53

Icare a écrit:
Icare décoiffé!
Très ludique et drôle ... à petites doses pour moi Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Misraki/Wilen/Goraguer   Dim 15 Oct - 20:34

Je suis revenu à un jazz de cinéma avec, cette fois, la partition que composa Paul Misraki pour Le Doulos de Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo, puis celle que composa Barney Wilen pour Un témoin dans la ville d'Edouard Molinaro avec Lino Ventura et enfin celle que composa Alain Goraguer pour J'irai cracher sur vos tombes de Michel Gast. Cela me ramène à ces films noirs "made in France" avec ces héros solitaires qui meurent à la fin, puisse-t-il s'agir d'un gangster romantique dans le film de Melville ou d'un chauffeur de taxi assassin dans celui de Molinaro. Depuis tout petit, c'est comme ça, j'ai été biberonné par des films dont les "héros" (...ou acteurs fétiches) meurent à la fin, et ne me suis donc jamais senti concerné, émotionnellement concerné, par ces héros indestructibles se terminant en "man", mais c'est un autre sujet. Ce qui m'intéresse ici, c'est l'impacte que me fit la superbe musique de Misraki sur le film Le Doulos, et plus principalement la scène de l'essuie-glace. Depuis ce film, dès que je me promène dans un Paris gris, brumeux ou pluvieux, surtout pluvieux, je pense à la musique de Paul Misraki, je pense à ce par-brise mouillé par la pluie et balayé par les essuie-glace. Misraki est un compositeur polyvalent, comme beaucoup de ceux qui oeuvrèrent plus ou moins régulièrement pour le Septième Art, empruntant aussi bien le format A.B.A d'une chanson, la forme jazz que la forme classique. Sur disque, ma suite du "Doulos" se constitue de six extraits pour une durée de quinze minutes environ. Elle démarre par un jazz affirmé, d'abord lent, "Slow pour vibraphone", puis rapide, "Jazz rapide" avant d'évoluer vers une forme plus classique et profondément mélancolique. D'ailleurs, le morceau "Essuie-glace" qui me marqua au fer rouge et symbolisa à mon oreille le film noir par excellence, se libère totalement de la forme jazz. Sauf que ce thème, dans mon esprit, demeure totalement lié au jazz du début, comme s"il en était une sorte d'aboutissement...un aboutissement classique de la forme jazz...une curieuse vue de l'esprit. J'assume! Avec Un témoin dans la ville de Barney Wilen, on est dans un jazz qui reste dans le jazz, ne se transforme pas. Ce n'est de ma bouche ni un compliment ni un reproche. On est en tout cas bien dans l'ambiance d'un jazz un peu nocturne, un peu mélancolique, un peu austère. D'un point de vue purement musical, il m'est moins envoûtant que celui plus hybride de Paul Misraki pour Le Doulos. Quant aux thèmes que Goraguer concocta sur J'irai cracher sur vos tombes, ils constituent un jazz mélodique délicatement amené  au rythme d'un blues par la douceur vaguement douceureuse d'une flûte et malgré tout moins sombre que les deux autres opus. Le second morceau est le générique du film, je suppose le générique-début. Il contraste avec le précédent, rapide et dans un jazz bien encré dans sa tradition. Le troisième extrait, par son rythme slow et l'usage du vibraphone, est comme un proche cousin du "Slow et vibraphone" du "Doulos". Le vibraphone se maintient sur l'extrait suivant, créant une ambiance rassurante au profit d'une jolie mélodie...fine dose de mélancolie mais pas trop...Une harmonica solo de  Claude Garden est aussi courte qu'anecdotique. Un jazz traditionnel avec saxophone, vibraphone, contrebasse et batterie s'impose en fin sur un swing souple et gracieux.
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Icare
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MessageSujet: Henze   Dim 15 Oct - 23:40

Ce soir, j'ai abordé le jazz par ce que je considère comme un véritable OVNI musical signé Hans Werner Henze. Ce n'est pas exactement du jazz proprement parlé, comme j'ai pu en présenter ci-dessus avec Dizzy Gillespie et Lalo Schifrin. Il s'agit d'une oeuvre vocale qui emploie des groupes instrumentaux comme le "Philip Jones Brass Quintet", le "Gunter Hampel free Jazz Ensemble", l'orgue Hammond de Giuseppe Agostini et l'harmonica & percussions de Stomu Yamash'ta, la voix soliste de baryton étant assumée par William Pearson. L'oeuvre s'intitule Le chemin Fastidieux menant à l'appartement de Natacha Ungeheuer. Présenté comme un spectacle musical pour dix-sept exécutants sur un texte de Gaston Salvatore, je le perçois comme une sorte d'opéra urbain un peu déjanté sur les bords et c'est quelque-chose de très excitant à mon oreille, un univers un brin "fourre-tout" façon "Symphonie n°1" de Schnittke...J'adore ça...peint d'atonalité et de jazz dans lequel je suis, à chaque fois, comme un poisson dans l'eau.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Lun 16 Oct - 0:04

Je relirai cela mieux demain, ce week-end superbe a été très occupé...!
Merci Icare pour tout cela, qui comme souvent pour tes innombrables écoutes, rejoint beaucoup les musiques de films. Je ne peux tout retenir, mais je lis très attentivement et j'essaie de me souvenir (des films que j'ai vus).
De mon côté, je tenterai d'animer ce fil avec des petites archives de gens que j'aime. C'est cela qui est chouette sur Mezzo , du jazz toutes les soirées, beaucoup de festivals (Antibes, Montreux, etc..). De temps en temps, nous avons droit à de vraies archives "restaurées", mais il faut tomber dessus, comme d'hab..
Du côté du "New Orleans", j'aime tout et bien sûr les stars des instruments et des voix. Ensuite, ça dépend... Il y a un peu tout et n'importe quoi. Le "free", c'est parfois inaudible (pour moi), j'ai l'impression d'une impro permanente qui part dans tous les sens -ce qui n'est pas forcément le cas pour les initiés !-.
Actuellement, mon cousin et mon petit-cousin parisiens, jouent de la guitare jazzy. Mon cousin fait partie d'un petit ensemble qui s'entraîne toutes les semaines et donne parfois des concerts. C'est du jazz cool, avec influences un peu Django Reinhardt, un peu manouche, un peu "jazz classique", relativement mélodieux, zen..
Ce qu'il faut accepter aussi dans les règles du jazz -surtout en concert-,  c'est souvent les respons "grandiloquents" entre les instruments, qui se lancent à tour de rôle dans de grands solos : Un coup la trompette, un coup la batterie, un coup la guitare etc... Parfois ça m'emballe, parfois non !
J'avoue que le fait de parler anglais m'aide, car souvent les musiciens bien sûr chantent, mais aussi discutent entre eux ! (toujours dans le "fun"). 
Je déplore que le milieu de ces musiciens ne soit pas très ouvert aux femmes, qui, elles , chantent (merveilleusement en général), mais ne jouent de rien !
A quand Alison ou Lucienne à la trompette de jazz ! 
De grands pianistes classiques adorent le jazz..., on en parlera une autre fois !  Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Lun 16 Oct - 18:40

Moins nombreuses, certes, mais elles ne sont jamais loin, surtout avec moi. Surtout si elle est japonaise - ma première fiancée fut japonaise et fofolle - Je kiffe la tonique Hiromi!! J'adore son jeu de piano, ses constructions thématiques, sa folie rieuse...Elle a déjà son topic ici.

https://www.youtube.com/watch?v=tc1fKKTPmBA
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Lun 16 Oct - 20:04

Ah mais oui, elle je l'oubliais et pourtant je l'ai vue deux ou trois fois en concert depuis quelques mois ! J'avais beaucoup aimé ..
(en plus elle est ravissante.. ce qui doit combler surtout la gent masculine, comme une certaine jeune et sexyssime pianiste chinoise classique qui donne des concerts partout en Europe... : Yuja Wang).
Merci beaucoup pour les vidéos envoyées.  Wink
Reconnais que c'est un peu "une exception" dans ce monde du jazz.., mais on va en retrouver d'autres, parions...  Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Lun 16 Oct - 23:27

C'est-à-dire que lorsque l'on évoque les femmes dans le jazz, on a aussitôt en tête les chanteuses de jazz et il y en a quand même quelques-unes, certaines étant très célèbres, d'autres moins connues. On ne pense évidemment pas aux musiciennes, pianistes, contrebassistes, saxophonistes, trompettistes..., qui, dans le jazz, sont effectivement très rares. Hiromi est une exception. La violoncelliste Sonia Wieder-Atherton a un peu épousé le jazz, mais de façon moins significative que Hiromi qui a créé son propre trio, plus occasionnellement. Par exemple, la musique de jazz que je connais d'elle a été composée pour le film de Chantal Akerman, "Un divan à New York". Je crois que c'est une opportunité qui s'est présentée comme ça, j'ignore si elle a vraiment réalisé un album plus personnel dans cet esprit-là. Bientôt, je vais quand vous parler de Carine Bonnefoy.

Ce soir, j'ai réécouté un compositeur italien que j'aime beaucoup, celui que je surnomme le "petit Schifrin" transalpin parce qu'il s'est illustré aussi bien dans le jazz, la musique de film et la musique dite savante (concertos, musiques de chambre, pièces symphoniques...). Je veux bensûr parler de Giorgio Gaslini. Un jazz ludique avec les oeuvres pour ensemble de jazz; Urban Griot et Odissey. Le compositeur assure la partie piano. Là aussi, j'aime bien l'usage qui est fait du vibraphone, un instrument plutôt chéri chez les musiciens de jazz.
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MessageSujet: Caratini   Mar 17 Oct - 23:12

Jusque là, je ne connaissais le jazzman contrebassiste Patrice Caratini qu'au travers de son quintette pour cuivres Passages. C'est à partir de là que mon petit doigt m'a soufflé dans l'oreille qu'il serait sans doute une erreur dans rester là. Donc, le nom de Caratini a germé dans un coin de mon cerveau jusqu'au jour, il y a tout juste une semaine pour être précis, où je suis tombé sur un album intitulé Instants d'orchestre. J'en ai fait l'acquisition sans même connaître la moindre note de son contenu. J'ai été séduit par son titre et la présentation très sobre. Le fascicule, à l'intérieur, est en plus superbement illustré. Il me resta donc à découvrir le contenu. C'est ce que j'ai fait ce soir. Je ne vais pas y aller par quatre chemins ni employer trente-six mots: j'ai adoré! Cependant, le mieux, après cette première écoute, est de laisser parler le musicien. Beaucoup de choses se passent dans cette musique, beaucoup de détails stimulant l'oreille, de combinaisons instrumentales suscitant un intérêt sans cesse renouvelé...une intervention d'un banjo, par exemple, apportant une touche insolite à l'ensemble...

<<L'expérience immédiate du temps, ce n'est pas l'expérience si fugace, si difficile, si savante, de la durée, mais bien l'expérience nonchalante de l'instant, saisi toujours comme immobile. Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d'un instant. Gaston Bachelard - Intuition de l'instant.>>

Je copierai le commentaire de Patrice Caratini demain. Wink
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Mer 18 Oct - 21:59

Icare a écrit:
<<L'expérience immédiate du temps, ce n'est pas l'expérience si fugace, si difficile, si savante, de la durée, mais bien l'expérience nonchalante de l'instant, saisi toujours comme immobile. Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d'un instant.>> Gaston Bachelard - Intuition de l'instant.

<<Sans doute Gaston Bachelard n'imaginait-il pas sa réflexion sur le temps rejoindre les questionnements d'un jazzman. L'idée de cet album m'est, en effet, venue en préparant un programme de concert. l'audition successive des enregistrements correspondant aux différents moments de la soirée sur laquelle je travaillais, m'a alors surpris. Non pas tellement que les sessions m'aient semblé supérieures à d'autres, qu'il s'agisse de l'écriture musicale ou du jeu des solistes, mais plutôt parce que, de cette série d'instants réunis sur une durée brève, surgissait un visage. Le resserrement du temps opérait comme le révélateur du photographe. M'évertuant à réduire en une heure de musique vingt années de recherches, de doutes, d'obstacles, de réussites, d'échecs, de hasards, de contraintes, d'incertitudes, d'affirmations, de surprises, bref de tout ce qui fait les chemins de la création autant que l'histoire d'un orchestre, le processus m'échappait, cristallisant un objet neuf, agissant comme un miroir, me faisant découvrir une image inattendue, comme le portait de l'artiste malgré lui auquel j'aurais été confronté. La question ici n'est pas de savoir si j'agrée ou non le reflet apparu, si les titres réunis ici expriment l'ensemble de mon travail ou je les considère comme les plus aboutis. Les enregistrements qui parsèment cet album dessinent avant tout une réalité qui ignore mon assentiment. Un autre chois n'en aurait vraisemblablement pas modifié la perception.>> Patrice Caratini.

La beauté de cet album de jazz me hante déjà, au point que je ne resterai pas très longtemps avant de le réécouter.

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Icare
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MessageSujet: Truffaz   Mer 18 Oct - 22:06

Il me parut évident de replonger dans l'univers d'Erik Truffaz qui est un jazzman que j'ai abordé discographiquement depuis peu. J'y suis revenu avec l'album The Dawn. Il dure une trentaine de minutes avec biensûr Erik Truffaz à la trompette, Patrick Muller au piano et fender rhodes, Marcello Giuliani à la double-basse et à la basse électro-acoustique, Marc Erbetta aux percussions et à la batterie, et avec la voix spéciale de Nya. C'est un jazz peut-être un peu "sec" pour me satisfaire complètement, cependant, j'aime bien l'ambiance quelque peu minimaliste et peu bavarde de cette musique: une sorte de jazz chambriste, intimiste et personnel qui arrive à m'envoûter même si je pense que le second album Bending new Corners m'apportera plus de satisfaction encore.
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Mer 18 Oct - 22:18

Un instant musical spécial pour Anouchka Wink :

https://www.youtube.com/watch?v=IhcIs-1MkX0
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Mer 18 Oct - 22:50

Je quitte mon adorée au chapeau, la belle Espérance vocaliste et contrebassiste, pour d'autres chanteurs et chanteuses...

https://www.youtube.com/watch?v=9jUrMOVdMA0#t=422.699999
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Jeu 19 Oct - 2:37

Et avant de laisser mes traducs (sur Marco Polo, on est loin du jazz..), au dodo enfin ! , je te fais un bisou nocturne pour te remercier beaucoup !!!  Kiss
J'irai écouter demain.. !
Je vous parlerai aussi demain d'"un" que je considère comme créatif et sensationnel.. ! J'ai son portrait (peint et oeuvre originale), au-dessus de mon piano. Ah ah , énigme ... ? Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Jeu 19 Oct - 9:28

De rien, Anouchka, tout le plaisir est pour moi!

Aujourd'hui, histoire de bien commencer ma journée, j'ai réécouté mon seul album de Cannonball Adderley, suis donc revenu à un jazz plus américain. Un morceau me trouble particulièrement. Il s'intitule Trouble in mind et met en scène un instrument à la sonorité nasillarde que j'aime beaucoup: Le voici:

https://www.youtube.com/watch?v=Of63a7iGOOc
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Icare
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MessageSujet: Cugny   Jeu 19 Oct - 17:25

Je me rends compte que je connais pas mal de jazzmen français et que j'aime beaucoup le jazz français de manière générale même si, en réalité, j'aime le jazz de tous les pays du monde, du moins, aucune frontière là non plus ne m'arrête. Il y a de belles choses en pays scandinaves, au Japon, en Amérique latine, au Canada, en Australie...Partout, il y a les germes d'un jazz qui me touche d'une manière ou d'une autre. Mais, aujourd'hui, j'ai réécouté une oeuvre un peu particulière...enfin, j'en ai écouté que la première partie pour le moment, aurais-je dû préciser. Je réécouterai la seconde partie ce soir. Il s'agit d'une oeuvre particulière dans la mesure où La Tectonique des nuages de Laurent Cugny est un opéra-jazz pour trois chanteurs et un ensemble instrumental assez riche. J'ai déjà, sur une de mes étagères, deux "jazz-mass" et une cantate-jazz. Je sais que Lalo Schifrin, en plus d'une superbe messe-jazz, a également composé un requiem-jazz que je ne connais pas encore. Un opéra-jazz ne pouvait qu'attiser ma curiosité. Celui-ci alterne voix chantées et voix parlées, le tout dans une ambiance très jazzy et très urbaine. Beaucoup de cuivres incluant des saxophones, de la trompette, du bugle et du trombone. On y trouve aussi des clarinettes, du cor anglais, des guitares, des contrebasses et de la batterie, des instruments qui sont finalement de grands habitués du monde du jazz. il y a même un accordéon dans un tout petit rôle. Sinon, pour en savoir plus sur La Tectonique des nuages et Laurent Cugny, il suffit de cliquer ici
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Jeu 19 Oct - 21:37

C'est lui.... (dont j'ai un portrait en noir et blanc)... Un immense, immense artiste, décédé à 39 ans....
Une vie pleine de passions, dédiée avant tout au jazz, avant l'écriture de génie (poèmes, chansons, romans...).
Il était trompettiste...
Les vidéos archive sont rares, je vous envoie une petite, sur sa petite formation.... J'enverrai plus de détails sur sa vie et son oeuvre de jazzman et de jazz conductor, ce week-end...
Trompettiste...

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MessageSujet: Horvath   Jeu 19 Oct - 22:42

Ha! Boris Vian!  Very Happy

Il y a aussi une autre musicienne de jazz qui m'intéresse beaucoup et que je n'ai pas encore évoquée ici ni plus largement sur le forum. Elle est pianiste et se nomme Ramona Horvath:

https://www.youtube.com/watch?v=hikGsoviMe0
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MessageSujet: Schnyder   Ven 20 Oct - 11:01

Ce matin, mon idée fut de retourner à la frontière des genres avec l'écoute de deux concertos du compositeur américain Daniel Schnyder. Plutôt que de persévérer chez des artistes qui s'illustrent où se sont illustrés presque exclusivement dans le domaine du jazz, comme par exemple, Cannonball Adderley ou Laurent Cugny, j'ai opté pour quelqu'un qui évolue dans une sorte d'entre-deux-chaises. J'ai d'abord réécouté subZERO - Concerto pour trombone basse et ensemble instrumental par Dave Taylor, l'"Absolute Ensemble" sous la direction de Kristjan Järvi. Le concerto se découpe en trois mouvements, le premier portant le titre de l'oeuvre, le second s'intitulant "Samä'ï Thaquïl" et le troisième; "ZOOM OUT". C'est l'oeuvre par laquelle j'ai découvert Daniel Schnyder, un véritable coup de coeur qui me conduisit vers d'autres opus du monsieur, dont le Concerto pour trompette et orchestre, interprété, quant à lui, par Reinhold Friedrich, le "NDR Radio Philharmonic Orchestra" sous la direction du même Kristjan Järvi. Le concerto pour trompette que je n'ai pas réécouté à l'occasion de mon cycle autour de cet instrument se compose de trois mouvements; "=76", "=56 (jazz ballad feel) et "=132". Ce fut un oubli, néanmoins, il trouve parfaitement sa place dans mon cycle sur le jazz. Cette musique très vivante et inspirée inclut des techniques du jazz et de la musique latine. On y retient un vrai sens du rythme et de la mélodie, avec, pour le soliste, ce qu'il faut de virtuosité et de souplesse afin que la trompette s'exprime avec beaucoup de fluidité dans son jeu. Je pourrais écrire la même éloge à propos de subZERO qui, d'après moi, est l'un des tous plus beaux concertos pour trombone du XXème & XXIème siècles. La présence du jazz s'y fait surtout sentir dans le premier et troisième mouvements. Je me régale à chaque nouvelle écoute, le mouvement central, de forme plus classique, restant celui qui m'émeut le plus.
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Icare
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MessageSujet: Morricone/Pieranunzi   Ven 20 Oct - 16:55

Ennio Morricone n'a pas composé beaucoup de bandes originales entièrement jazzy pour le Septième Art. J'en citerai toutefois trois dans lesquelles le jazz est très présent: Il bandito dagli occhi azzuri, un film d'Alfredo Giannetti avec Franco Nero (1980), Un uomo da rispettare, un film de Michele Lupo avec Kirk Douglas (1972), et L'harem de Marco Ferreri avec Carroll Baker (1967) pour lequel Morricone invitera le fabuleux saxophoniste Gato Barbieri. Ainsi, d'autres morceaux jazzy peuvent s'intercaler ci & là dans plusieurs B.O. sans que celles-ci soient entièrement composées dans cet esprit, mais, une chose est certaine, le jazz a joué une influence plus ou moins importante sur l'oeuvre du compositeur italien. Celle que j'ai réécoutée dernièrement n'est sans doute pas la plus inventive ni la plus géniale d'entre elles, davantage un habile et efficace exercice de style dont certains y voient se glisser l'ombre d'un Dave Brubeck ou d'un Don Ellis, malgré tout en osmose totale avec le polar de Giannetti. Mais, si ces derniers jours, j'ai réécouté Il bandito dagli occhi azzuri, c'est parce qu'Ennio Morricone convoqua amicalement deux brillants musiciens de jazz qui allèrent faire parler d'eux: le contrebassiste et compositeur Riccardo Del Fra et le pianiste Enrico Pieranunzi. C'est ce dernier que j'ai réécouté cet après-midi, en compagnie du contrebassiste Marc Johnson et du percussionniste/batteur Joey Baron, ce qui fit un premier point de liaison avec Le bandit aux yeux bleus, le second étant que l'album du trio est un premier hommage à Ennio Morricone. Il y en aura un second, tout aussi sympa que le premier. La plupart des thèmes qui y sont rejoués n'ont pas été composés pour des musiciens de jazz, même s"il y en a bien un ou deux, comme La voglia matta, qui semblent s'y prêter naturellement, mais davantage pour des formations classiques. C'est toujours intéressant de redécouvrir des thèmes que l'on aime beaucoup dans une autre physionomie. En tout cas, j'ai toujours préféré ce type d'initiative d'interprétation aux interprétations imitatives, surtout chez un compositeur vivant dont je connais les originaux. Un fait surprenant; aucun des deux albums-hommage ne reprend l'un des thèmes de Il bandito dagli occhi azzuri, B.O. sur laquelle Enrico Pieranunzi était intervenu. Mon seul regret.
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Icare
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Ven 20 Oct - 19:53

Qu'est-ce que j'aime donc tant dans le jazz? C'est une vaste question car avons-nous totalement conscience de tous les éléments et les détails qui nous retiennent dans une oeuvre musicale au point de pouvoir les analyser en toute aisance? Une affaire de rythme? Une affaire de couleur instrumentale typique au jazz? Dans Bending New Corners d'Erik Truffaz que je viens de réécouter, c'est un ensemble d'éléments très précis qui constituent selon moi une poétique à laquelle je suis particulièrement sensible. C'est par exemple la vibration ou le frottement des cordes de la basse acoustique de Marcello Giuliani: sentir cet instrument à proximité, tout près de moi, saisir les vibrations de ses cordes. cette proximité avec l'instrument, qu'il s'agisse d'une basse, d'une contrebasse ou de n'importe quel autre, a toujours fait partie de mes quêtes musicales et c'est sans doute pour cette raison que, même dans le classique, je privilégie les petites et moyennes formations, toute musique qui va m'apporter une promiscuité (positive) avec l'instrument. Dans le domaine du jazz, je suis généreusement servi et dans la musique d'Erik Truffaz, particulièrement comblé. Ce talentueux trompettiste aurait pu aussi figurer dans mon cycle autour de la trompette. Dans Bending New Corners, elle promène son errance dans un paysage sonore souvent dépouillé, rarement touffu. Un autre élément a saisi mon intérêt: des sonorités électroniques obsessionnelles qui apparaissent ci & là, doivent-elles provenir en partie du Fender Rhodes de Patrick Muller qui assure aussi les parties piano. S'associent à cette rencontre le percussionniste/batteur Marc Erbetta et la voix singulière de Nya.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Ven 20 Oct - 20:18

Icare a écrit:
Qu'est-ce que j'aime donc tant dans le jazz? C'est une vaste question car avons-nous totalement conscience de tous les éléments et les détails qui nous retiennent dans une oeuvre musicale au point de pouvoir les analyser en toute aisance? Une affaire de rythme? Une affaire de couleur instrumentale typique au jazz?

Merci beaucoup d'avoir posé ces questions, car je pense qu'elles sont très importantes.... Je sais pourquoi j'aime le jazz et j'en parlerai ce week-end, OOUF.... du temps pour moi.
Ces questions donnent une réponse en elles-même, mais peut-être pas seulement.. 
D'ailleurs, dans ce que tu dis (voir "ta" citation ci-dessus), ta seconde question est la même pour tous les types de musique et s'accorde parfaitement avec le fil sur Bach et Mozart, compositeurs "intemporels"... (oh, yeah... pour parler jazzy).

  Bonne soirée et bon week-end ensoleillé.. 
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MessageSujet: Re: Ce jazz qui fait jaser!   Ven 20 Oct - 20:20

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MessageSujet: Bonnefoy   Ven 20 Oct - 23:06

Comme l'a si bien écrit Stéphane Carini: <<En dehors de tout parti ridiculement féministe, il faudra bien un jour approfondir l'apport singulier des grandes jazzwomen qui n'ont cessé de renouveler l'art de la composition et de l'arrangement: Mary-Lou Williams, Toshiko Akiyoshi, Carla Bley, Maria Schneider et aujourd'hui Carine Bonnefoy: pianistes émérites, grandes mélodistes, toutes inventrices de formes et d'univers au travers de suites ambitieuses.>>

Lorsque je me suis intéressé à Carine Bonnefoy j'ignorais si elle n'officiais que dans le domaine du jazz. J'ignorais même qu'elle avait déjà la réputation d'une grande musicienne dans ce domaine. J'irai même plus loin en affirmant qu'en me procurant Outre-Terres pour voix, piano et orchestre avec célesta et fender rhodes, je ne m'attendais pas forcément à une oeuvre de jazz à part entière. Aurais-je pu en avoir un indice par une bribe de biographie lue quelque-part, mais il se trouve que je n'avais jamais rien lu sur cette musicienne, ne la connaissais même pas de nom. En scrutant plus minutieusement la photographie de la pochette qui représente l'orchestre, il y a bien des éléments qui peuvent suggérer le jazz, notamment la position du contrebassiste sur son instrument. Même si sa main droite est cachée par des pupitres, elle ne semble pas tenir d'archet, puis il y a le batteur/percussionniste plus en hauteur...pouvais-je aussi bien m'attendre à une oeuvre de forme classique avec quelques irruptions jazzy, mais c'est tout le contraire; une véritable partition de jazz avec quelques interludes d'écriture plus classique. Je me souviens que le titre "Outre-Terres - Overlands m'avait beaucoup intrigué. Il me laissait entrevoir un voyage et c'est bien de cela qu'il est question puisque Carine Bonnefoy y rend hommage à un arrière grand-père, Jean-Louis Atger, missionnaire et navigateur, parti par les mers rejoindre ces îles de la Polynésie en 1867. C'est un jazz entraînant qui a selon moi la flexibilité et l'élasticité des courants marins et des grands draps dépliés des océans. J'en ressens musicalement les ondulations ou du moins les imagine. Ce jazz est un vecteur d'apaisement et de dépaysement. Il se laisse lui-même porter par ses voix solistes, des voix pacifiques dans les deux sens du terme, promettant un voyage virtuel d'envergure vers d'autres terres fertiles.

https://www.youtube.com/watch?v=7f_kCS-Eltk
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MessageSujet: Toussaint/Camilo   Sam 21 Oct - 19:31

Aujourd'hui, j'ai réécouté deux oeuvres de Michel Camilo, compositeur originaire de la République Dominicaine; Suite pour piano, cordes et harpe en quatre mouvements + Caribe - Improvisation pour piano solo. Le jazz est bien présent dans cette musique, ce qui n'est pas étonnant puisque son auteur utilisa trois de ses compositions jazz ("Tropical Jam, In love, Journey"), seul "Tango for ten" qui, à l'origine, avait été écrit pour dix pianos sur une commande de Leonard Slatkin et du "National Symphony Orchestra" à l'occasion d'un festival "Piano 2000", au Kennedy Center de Washington DC. On y retrouve ces rythmes tropicaux si chers à Camilo, ce qui confère à cette Suite une belle dose d'optimisme et de soleil. Caribe s'inscrit dans cette lignée, dans le bonheur d'un jazz improvisé, si habilement interprété par le compositeur lui-même. En complément de cette écoute, je suis parti au Mexique, virtuellement biensûr, avec un étonnant concerto de jazz, Bouillabaisse pour piano et orchestre d'Eugenio Toussaint. Davantage présenté par son auteur comme un "Divertissement pour piano et orchestre de chambre" en un seul mouvement, l'oeuvre fut imaginée et réalisée à une date proche de celle de la mort de Miles Davis et doit donc être perçue comme un hommage à cet immense et incomparable jazzman. Je n'ai jamais autant apprécié Bouillabaisse qu'aujourd'hui. En plus, il y emploie la trompette bouchée et j'adore la trompette bouchée!!
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