Forum sur la musique classique
 
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 Le clavecin dans tous ses états

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Kristian

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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mer 26 Juil - 12:42

Icare a écrit:
Le Concert Champêtre, en ré majeur, pour clavecin et orchestre de Francis Poulenc a déjà été évoqué sur ce fil. [...] La musique de Poulenc est plutôt directe et enjouée, du moins dans les premier et troisième mouvements. L'attachement ne fut pourtant pas immédiat, plus progressif, comme avec le concerto pour clavecin de De Falla. Chose amusante, à deux reprises, dans l'"Allegro molto", j'ai eu l'impression que la Petite musique de Nuit de Mozart allait apparaître.

Lorsque j'écoute Poulenc, Mozart n'est jamais loin. Non seulement dans le concerto champêtre pour clavecin et orchestre, mais aussi dans le deuxième mouvement (larghetto) du concerto pour deux pianos. Apparemment, c'est un phénomène bien connu. J'en avais longuement parlé sur Ron avec Piero, nombreux sont ceux qui ressentent la même chose.
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Icare
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MessageSujet: Morricone   Mer 26 Juil - 15:20

Jusqu'ici, dans le domaine de la musique de film, j'avais opté pour des partitions que j'associe effectivement au clavecin, mais sans que celui-ci n'ait un rôle de premier ordre comme, par exemple, dans un concerto où il serait le soliste. Il a davantage un rôle secondaire, un rôle qui n'est pas nécessairement plus important que celui d'un autre instrument mais disons seulement qu'il a une présence qui a marqué mon esprit. Dans Ripley's Game (film italo-anglo-américain de Liliana Cavani - 2002), Ennio Morricone offre au clavecin le rôle principal. Pas sur tous les morceaux, loin de là, mais sur plusieurs dont celui qui, justement, s'intitule "In concerto" et qui correspond au générique-fin du film tout en ayant un rôle concret dans la scène finale...en quelque-sorte le parfait exemple d'une musique de circonstance qui a un double rôle, celle d'une oeuvre de concert jouée par un personnage du film, claveciniste et compagne de Ripley alias John Malkovich, et musique dramatique faisant partie intégrante de la bande originale. Dans le morceau intitulé "In Concerto", le clavecin est une espèce de continuum sans aucune respiration ni interruption, autour duquel gravite les différents éléments de l'orchestre, allant d'un cor suave au saxophone, en passant par les cordes, les cuivres et les percussions. Il en résulte un climat particulier, moite et même surréaliste. Onirique peut-être aussi, à l'image du film, une histoire morbide dans un décor souvent somptueux: le démon dans un costume en soie sur le plan scénaristique, le profane pervertissant le sacré sur le plan strictement musical.

https://www.youtube.com/watch?v=302nSviMXY8

Synopsis:

Vingt ans après ses premiers méfaits criminels, Tom Ripley vit aujourd'hui principalement de son activité de marchand d'art spécialisé dans les faux. Il habite paisiblement une majestueuse villa palladienne en Vénétie. Client de l'honnête encadreur Jonathan Trevanny, qui se sait condamné par une leucémie, Ripley le persuade de commettre un meurtre en échange d'une forte somme d'argent.
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Icare
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mer 26 Juil - 19:15

Comme je me l'étais promis, je me suis donc réécouté un second titre d'Ennio Morricone. Il faut dire qu'avec ce compositeur, il y a l'embarras du choix. Le clavecin est un instrument qu'il affectionne, et pas seulement sur le cinéma d'époque. Il ne va pas toujours l'utiliser sur un film historique, en costume, comme on dit. Il l'utilisa aussi sur des drames plus contemporains ou des intrigues se situant au XXème siècle sans pour autant que le clavecin ait un rôle dans le film comme c'est le cas pour Ripley's Game de Liliana Cavani. Néanmoins, j'ai choisi la fantastique partition qu'il composa pour le film de Roland Joffé; Vatel dont le rôle-titre est tenu par Gérard Depardieu et qui relate les derniers jours du cuisinier François Vatel, maître d'hôtel de la maison du Prince Louis II de Bourbon-Condé, au château de Chantilly, et de ses efforts pour restaurer les bonnes grâces du roi Louis XIV sur son maître. Je n'étais pas sûr de faire ce choix car il n'y a pas si longtemps que je l'avais réécoutée et que je souhaitais éviter le fameux film d'époque. Seulement, plus j'y pensais, plus elle me devenait incontournable. Le clavecin interprété par Barbara Vignanelli y est omniprésent, dans un grand nombre de morceaux, pas toujours mis en avant mais présent. Il y a d'ailleurs un morceau qui s'intitule "Ouverture pour Vatel" que j'avais complètement oublié et qui m'a bien plu, dans sa progression...On croit connaître une musique par-coeur puis pouf! Il y a toujours quelque-chose qui nous a échappés...L'extrait le plus intéressant à mon oreille s'intitule "Kaléidoscope" et dure plus de six minutes. Jubilatoire! Je ne saurais décrire un tel concept mais il démarre par les cordes, repris par les voix qui reprennent le même jeu des cordes, puis par le clavecin qui reprend le même jeu des voix, puis une sorte de xylophone qui effectue le même relais, accompagné par le clavecin plus en retrait, et enfin la flûte à bec qui sera la dernière invitée du bal. Les parties vocales telles que "Symphonie avec voix" et "Fête et cynisme" sont remarquables. Dans un autre cycle dédié au clavecin, je choisirai deux autres titres d'Ennio Morricone.
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Icare
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MessageSujet: Haendel   Mer 26 Juil - 19:44

Nouvel interlude musical avec HAENDEL:

https://www.youtube.com/watch?v=BVNBMltRlew
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mer 26 Juil - 22:29

Icare a écrit:
Le moment de remonter le temps fut venu, du moins provisoirement, avec les bouillonnantes Sonates pour violon et clavecin de Johannes Sebastian Bach, d'abord les N°4 en Do mineur, BWV 1017, N°2 en La majeur, BWV 1015 et N°1 en Si mineur, BWV 1014, par Patrick Bismuth sur un violon ancien (Benoist Fleury, Paris 1758) et Marinette Extermann sur un clavecin André Extermann (Genève 1987, d'après J. Couchet, Anvers 1652). Lorsque je les qualifie de "bouillonnantes", je pense d'abord aux Allegros et au Presto qui termine la N°2. Ces trois sonates commencent toutes par un mouvement lent, puisse-t-il s'agir d'un Largo comme dans la N°4, d'un Dolce comme dans la N°2 ou encore d'un Adagio comme dans la N°1. Ils sont biensûr très estimables aussi avec une préférence largement consommée pour le Largo de la N°4: qu'est-ce que j'ai pu l'écouter en boucle celui-là!!

Le moment de remonter le temps fut revenu, du moins temporairement, avec les lumineuses Sonates pour violon et clavecin du grand Johannes Sebastian Bach, mais cette fois avec les N°5 en Fa mineur, BWV 1018, N°3 en Mi majeur, BWV 1016, et N°6 en Sol majeur, BWV 1019, toujours par Patrick Bismuth sur un violon ancien (Benoist Fleury, Paris 1758) et Marinette Extermann sur un clavecin André Extermann (Genève 1987, d'après J. Couchet, Anvers 1652). Quelle excellente interprétation! Je ne m'en lasse pas. Je ne m'en lasserai jamais. Les N°3 & 5 commencent aussi par un mouvement lent, seule la N°6 démarre par un allegro, la seule aussi qui se constitue de cinq mouvements. Avec les parties rapides, que ce soit le violon ou le clavecin, ça trace! Ce qui est merveilleux avec Bach c'est qu'il me captive autant avec un Allegro qu'avec un Adagio. Celui, "ma non tanto", de la troisième Sonate est exquis, probablement mon préféré parmi ceux que j'ai écoutés ce soir. Une musique des lumières.
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MessageSujet: Ohana/Mâche   Jeu 27 Juil - 12:04

Ce qu'il m'arrive d'aimer souvent en musique contemporaine - atonale pour être plus précis - c'est ce qui est en général détesté ou mal accepté par les mélomanes qui demeurent - à tort ou à raison - profondément attaché à la forme classique et romantique d'une oeuvre, ne cernant aucun sens ni aucun ordre à un récit musical qui leur paraît désordonné et même anarchique et qu'ils estimeront avoir ni queue ni tête. C'est très certainement ce qu'ils pensent ou penseront de Chiffres de clavecin pour clavecin et orchestre de chambre (1968) de Maurice Ohana, posté plus en amont par Joachim, et de Braises pour clavecin amplifié et orchestre (1995) de François-Bernard Mâche. Les deux oeuvres sont interprétées par la formidable Elizabeth Chojnacka qui a fait du répertoire contemporain sa grande spécialité. Je suis frappé par le rôle de l'orchestre autour du soliste dans Chiffres de clavecin, mais c'est aussi vrai dans Braises bien que les deux oeuvres soient finalement très différentes. J'aime cette illusion du désordre, cette sensation d'anarchie propagée par les divers éléments d'un orchestre dévertébré, ses sons projetés contre l'éclat un clavecin imperturbable, du moins dans un premier temps. L'art des contrastes sonores y règne en maître, entre douceur et brutalité. Toutefois, dans ce chaos organique et organisé, le rôle du soliste m'est plus que nécessaire. Pourquoi? Parce qu'il me maintient dans sa réalité palpable, il en est l'élément le plus saisissable (à mon oreille), le plus matériel, le plus concret: un guide. Le guide. Il est l'ordre du désordre, l'ordre dans cette illusion de désordre, la colonne vertébrale de l'oeuvre toute entière. C'est pour cette raison que le concerto est souvent ma forme musicale préférée dans le contemporain, comme toute composition qui offre un rôle de soliste à l'instrument, tel qu'il soit. Dans Braises de François-Bernard Mâche, c'est un peu différent. Les cordes jouent un rôle qui contraste avec l'illusion de désordre que procurent les autres éléments de l'orchestre, semblent vouloir ainsi éteindre la braise d'un clavecin enflammé. Le second mouvement, porté par une construction rythmique implacable, prend alors une dimension ludique irrésistible.
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Jeu 27 Juil - 15:14

Icare a écrit:
En ouverture de ce cycle, j'ai opté pour un album de Lalo Schifrin que j'aime beaucoup. Il faut se rappeler que Lalo Schifrin, tout comme Arthur Honegger, fait partie de mes compositeurs préférés et que j'aime bien ouvrir un topic de ce style avec l'un d'eux. J'aurais pu démarrer cette discussion, qui, j'espère, ne deviendra pas un soliloque Hehe, avec Frescobaldi, Alessandro Scarlatti ou encore J. S. Bach, ce qui aurait été une ouverture logique et peut-être plus sensée (?) sur un forum consacré à la musique classique, mais le Marquis de Sade de Lalo Schifrin me trottait dans la tête depuis un moment: un jazz qui invite les vertus du Baroque en son sein m'apparut de plus en plus comme une entrée idéale en la matière.

Depuis le Marquis de Sade qui date des années 1960, Lalo Schifrin a renouvelé l'expérience vers la toute fin du XXème siècle ou début 2000, avec un nouvel album intitulé Return of the Marquis de Sade. Quarante ans se sont donc écoulés entre ces deux albums, avec un clavecin encore plus présent sur ce dernier. Il m'a alors semblé opportun de terminer mon cycle autour du clavecin comme je l'avais commencé, ainsi la boucle est bouclée...provisoirement bouclée car, un jour ou l'autre, dans un an, deux ans, six mois...allez savoir...j'ouvrirai peut-être un nouveau cycle autour de ce magnifique instrument, ancien par son histoire et si moderne et intemporel par le tempérament sonore qui en émane. Dans ce nouvel opus du "Marquis de Sade", il est vibrant d'authencité, si à l'aise sous la perruque d'un jazz "baroquisé", swinguant à merveille sous les doigts de Lalo Schifrin lui-même.
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Icare
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Jeu 27 Juil - 15:20


Conclusion musicale:

https://www.youtube.com/watch?v=cobaQ4PFsZg


Monsieur le clavecin, ce n'est qu'un au-revoir.
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