Forum sur la musique classique
 
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 Le clavecin dans tous ses états

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Icare
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MessageSujet: Shore   Dim 23 Juil - 17:34


Il arrive aussi que la mémoire me joue quelques tours et c'est ce qui m'est arrivé aujourd'hui. D'abord, j'avais l'idée de partir sur les Variations Goldberg de J. S. Bach par le formidable Scott Ross. En même temps, je n'étais pas contre l'idée d'écouter une musique de film dans laquelle le clavecin y joue un rôle suffisamment important pour que je la retienne ici. Il y a certaines B.O. que je connais très bien et qui correspondent parfaitement à cette exigence mais que je souhaite garder pour plus tard. Je souhaitais qu'émerge un titre auquel je n'avais pas encore pensé. Le premier qui m'est venu à l'esprit fut une partition très typée années 60 que le grand Mikis Theodorakis composa pour une curieuse comédie de Michael Cacoyannis; The day the fish came out. Ce fut une mauvaise pioche car si je me souvenais de sonorités qui s'en rapprochaient, il n'y a pas de clavecin ou peut-être intervient-il dans un morceau plus en amont de la B.O.. J'ai donc abandonné ce choix. Après quelques autres hésitations, je me suis souvenu d'une critique d'un internaute au sujet de She-Devil de Howard Shore qui reprochait un trop grand usage du clavecin. A partir de là, le choix s'imposa de lui-même, ne serait-ce déjà pour avoir le plaisir de contredire cette personne qui, probablement, n'aime pas beaucoup cet instrument. Effectivement, le clavecin est très présent dans la partition de Howard Shore, mais, comme dans C'era una volta de Piero Piccioni, le clavecin n'y a aucun rôle de soliste. Il se font dans le tissu orchestral, y impose sa couleur, sa verve aristocratique. Sa forte personnalité hante cette B.O. sans être forcément mise en avant, appuie sa dimension satirique, ironico-morbide non sans une certaine élégance, un certain scintillement.
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Icare
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MessageSujet: Carlos Seixas   Dim 23 Juil - 17:43

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joachim
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Dim 23 Juil - 20:17

Chez mes compositeurs classiques favoris, peu de grandes oeuvres. Nous sommes en effet loin des super JS Bach et fils, des deux Scarlatti, des Couperin, Frescobaldi et autres Rameau. Les Classiques ont plutôt écrit pour pianoforte.

De mon cher Wolfgang, dont les premiers KV sont écrits pour clavecin, voici ses tous premiers morceaux (il avait 5-6 ans !) Tous précèdent le K 1 "officiel"




https://www.youtube.com/watch?v=I-tboYkOFho


Haydn, plus âgé que Mozart, nous a laissé davantage d'oeuvres pour clavecin (notamment ses premières sonates, la plupart de ses concertos pour clavier)

Voici le dernier des concertos, écrit pour clavecin ou piano. Et, une chance pour Icare, pas de menuet ici Hehe

https://www.youtube.com/watch?v=PT6iEMSKSf0
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Icare
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MessageSujet: Gorecki/Weinberg/Krunze   Dim 23 Juil - 22:25

Merci pour les liens, Joachim! J'avais oublié les Classiques! Laughing

Ce soir, je suis allé voir du côté du clavecin polonais avec tout d'abord le Concerto pour clavecin et orchestre à cordes (1980) de Henryk Mikolaj Gorecki, peut-être le plus concis de l'histoire puisqu'il dure moins de neuf minutes, Suite de Danses et de Chansons (1977) pour ensemble instrumental et clavecin de Zygmunt Krauze, les deux oeuvres étant interprétées par la fabuleuse et récemment défunte Elzbieta Chojnacka - peut-on y voir mon modeste hommage à une grande artiste - et enfin la Symphonie n°7, Op.81 pour orchestre à cordes et clavecin (1964) de M. Vainberg/Weinberg. De cette septième symphonie de Weinberg, il ne faut pas s'en faire l'idée d'une forme concertante dans laquelle le clavecin est omniprésent. Il intervient à des moments précis, notamment au tout début, c'est-à-dire en entrée de jeu, solo, en mesures lentes à 3/4, présentant une délicieuse mélodie dans le do majeur le plus pur. Le clavecin en sera en quelque-sorte le porte-parole et en fera plusieurs rappels, dans le premier mouvement et à la fin du dernier. J'aime cette mélodie et la manière dont elle est présentée par le clavecin qui se montrera très discret sur les mouvements suivants à l'exception de l'"Allegro" final (5è Mouv.). A partir de là, le clavecin mêlé aux cordes offrira le meilleur moment de cette symphonie. Suite de danses et de chansons de Zygmund Krauze n'est pas un concerto non plus même si le clavecin y est omniprésent. Les instruments à vent mis en avant, la musique est dansante et festive comme son titre le laisse entendre, le tout dans de jolies couleurs instrumentales. Le concerto de Gorecki, dans un registre plus répétitif, ne manque pas de vitalité. On peut d'ailleurs l'écouter en concert avec la championne polonaise du clavecin, ci-dessous:

https://www.youtube.com/watch?v=tyXjX-IOP6s
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Icare
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MessageSujet: Bach   Lun 24 Juil - 11:28

<<Wanda Landowska était persuadée que l'oeuvre de J. S. Bach; "Variations Goldberg BWV 988" était une des plus grandes partitions jamais composées. 8 ans après ce concert de Saint Leu La Forêt, Wanda Landowska est aux Etats-Unis, à New-York. Ses amis et agent artistique lui conseillent de jouer au public un programme avec des œuvres variées et populaires... et bien non : "Je vais donner un très grand concert. Il faut que cela le soit [dit-elle]. Je jouerai seulement les "Variations Goldberg" et l’on s’en souviendra!" Fin de citation.>>

J'avais découvert les Variations Goldberg de J. S. Bach il y a bien longtemps, à l'ère du 33 tours et de la cassette-audio. J'en avais une interprétation au piano par Glenn Gould. Aujourd'hui, je les écoute exclusivement au clavecin par l'excellent Scott Ross. Je ne tenterai dans l'absolu aucune préférence pour l'un ou l'autre instrument, déjà parce que ce n'est pas le sujet, qu'il existe déjà un fil ouvert par Laudec pour en discuter, deuxièmement parce que je n'exclus pas l'idée de réécouter un jour ces "Variations" au piano ou même à l'orgue. En musique, je suis le pire des infidèles!! Hehe Mais pour l'heure, c'est par les joies du clavecin que j'aime les aborder, m'emplir de ses sonorités enivrantes qui se chevauchent harmonieusement les unes aux autres. L'Aria, par exemple, me suspend dans les airs, hors du temps.


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Icare
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Lun 24 Juil - 11:48

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Icare
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MessageSujet: Morricone/Donatoni   Lun 24 Juil - 18:57

Avec le clavecin, nous n'arrêtons pas de voyager dans le temps, de faire comme ça des bonds en arrière ou en avant. Cette fois, je suis revenu à des temps bien plus proches de nous et plus précisément vers l'Italie. J'ai abordé ce que l'on peut appeler aisément du "contemporain contemporain" car avec les deux loustics que j'ai choisi, fini le doux aria et la jolie mélodie accrocheuse  Hehe . C'est un clavecin plus tourmenté et plus axé sur la force des timbres qui m'est proposé ici, tout d'abord non accompagné, par Neumi & Mordenti, deux pièces de plus de six minutes chacune composées par Ennio Morricone et interprétées par Barbara Vignanelli, puis Portrait avec orchestre de Franco Donatoni, interprété par Elizabeth Chojnacka, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction d'Arturo Tamayo. Neumi & Mordenti d'Ennio Morricone sont deux compositions spécifiquement composées pour le clavecin. Elles exigent des doigts agiles et vifs. Barbara Vignanelli n'a pas été forcément ménagée et nul besoin d'être musicien soi-même pour en deviner la rigueur et la complexité. Toutefois, il serait réducteur de limiter Neumi & Mordenti à un moment de bravoure ou de grande virtuosité pour le soliste. C'est surtout, à mon sens, un travail sur les nuances et les couleurs qu'il sut extraire de cet instrument, une volonté de briser l'idée de monotonie qu'on s'en fait parfois. Portrait de Franco Donatoni propose tout autre chose. Dans un premier temps, j'ai eu l'impression presque "visuelle" d'une évolution verticale et parallèle, mais non-antagoniste, entre l'orchestre et le clavecin. Le seul domaine où ils ne me parurent pas à égalité c'est sur la distance. Dans la première partie de l'oeuvre, l'orchestre me semble proche alors que le clavecin me semble plus à l'écart. Au fur et à mesure que l'oeuvre progresse, le clavecin se rapproche et s'imbrique dans les différents éléments de l'orchestre. Il renonce à son indépendance pour former un tout cohérent et offensif.
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Kristian

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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Lun 24 Juil - 23:59

N'est-ce pas délicieux ? Mozart à huit ans, KV 10, flute et clavecin, par Rampal et Veyron-Lacroix !
Que peut-on demander de mieux ?  

https://www.youtube.com/watch?v=P_jWFJzhLrQ
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Icare
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MessageSujet: Bini/Duhamel   Mar 25 Juil - 9:18

Comme je l'ai déjà démontré plus haut, le clavecin s'invite dans le monde de l'image et côtoie les stars du Septième Art. J'en veux encore pour démonstration deux musiques écrites pour deux films français, tout d'abord Les Caprices d'un Fleuve, un film de Bernard Giraudeau et une composition originale signée René-Marc Bini, et Ridicule, un film de Patrice Leconte et une composition originale signée Antoine Duhamel. Dans Ridicule, le clavecin est interprété par Elisabeth Duhamel et dans Les Caprices d'un Fleuve, il a plusieurs interprètes: le compositeur lui-même et Martin Gester. Comme dans C'era una volta de Piero Piccioni et She-Devil de Howard Shore, le clavecin n'est pas l'instrument dominant, son emploi n'y est pas celui du soliste dans une oeuvre concertante. Dans le domaine de la B.O., j'y viendrai plus tard, avec deux titres d'Ennio Morricone, compositeur qui a beaucoup sollicité le clavecin dans ses compositions pour le cinéma. Que ce soit dans Ridicule ou dans Les Caprices d'un Fleuve, le clavecin est un élément parmi les autres même si sa présence s'y fait remarquer. Je ne peux penser à ces deux musiques sans penser au clavecin. Dans le film de Bernard Giraudeau, le clavecin y joue un rôle secondaire, le clavecin, si je me souviens, bien dans la première partie et l'épinette par la suite. Voici le synopsis:

1787. Parce qu'il a tué en duel un ami du roi Louis XVI, Jean-François de la Plaine est exilé à Cap Saint-Louis, un minuscule comptoir africain dont il est nommé gouverneur. Plutôt libre-penseur, il se résigne à son sort, essayant d'adoucir sa solitude au moyen de son épinette (instrument de musique de la famille des clavecins). Très loin, en France, éclate la Révolution, tandis qu'il découvre les multiples facettes de l'Afrique et de l'esclavage, l'amour de la jeune Amélie et la richesse de la différence.

Les Caprices d'un Fleuve a la particularité d'associer le clavecin à des instruments avec lesquels il n'a pas l'habitude de jouer; le bolong, le bâton de pluie, le sanza ou encore le bajouj.



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joachim
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 9:25

Kristian a écrit:
N'est-ce pas délicieux ? Mozart à huit ans, KV 10, flute et clavecin, par Rampal et Veyron-Lacroix !

Cette sonate fait partie d'un groupe de 6 sonates (K 10 à 15) pour flûte (ou violon) et clavecin dédiées à la Reine Charlotte, qui nous montre le savoir-faire de l'enfant Mozart (peut-être un peu aidé par Leopold ?)


Inattendues sont quatre petites pièces pour mandoline et clavecin de Beethoven : 2 sonatines, un adagio et un thème varié, dont voici l'adagio :



https://www.youtube.com/watch?v=T55wXlXV2ho
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laudec

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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 10:28

L'aria des "Variations Goldberg" de J.S. Bach, c'est un peu comme si ma vie était suspendue à ces notes, mon cœur à certains moments s'arrête de battre, je me retrouve dans un entre-deux, état de grâce sublime. Joué par Gary Cooper que je découvre ici, avec cette lenteur que j'aime par-dessus tout Le clavecin dans toute sa splendeur ...

Et puis le petit Mozart, comme l'autre extrême, tant de joie et de vie dans ces petites pièces que j'en ai les larmes aux yeux et le cœur qui jubile

Et puis, si Joachim y ajoute la musique de Beethoven avec la douceur de la mandoline en plus drunken

A la suite, j'ai entendu la même pièce avec piano, je la posterai sur le fil comparatif clavecin-piano, c'est étonnant d'entendre les deux, c'est tout autre chose, magnifique autrement
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Icare
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 10:48

Extrait du Film RIDICULE (avec parmi les acteurs principaux, Fanny Ardant, Charles Berling, Bernard Giraudeau, Judith Godrèche, Jean Rochefort)

https://www.youtube.com/watch?v=fU_9aU47R_8


Cet extrait m'est intéressant, pas pour la musique qu'on y entend qui est assez ordinaire, voire quelconque, jouée au clavecin par une jolie jeune fille, mais pour son rôle concret dans cette scène de banquet. Il s'agit d'une "musique de circonstance". C'est ainsi que je baptise un morceau musical qui a un rôle défini à l'intérieur d'une scène de film, par exemple un personnage qui allume sa radio dans sa voiture. Ici, dans l'extrait de Ridicule, il s'agit d'une jeune fille qui joue du clavecin lors d'un festin. C'est donc un morceau de musique qui a une présence concrète dans une action du film sans jouer un autre rôle que celui d'ameublement, et donc extérieur à la bande originale dont la fonction première est de traduire, voire surligner les différentes émotions des protagonistes dans telle ou telle situation. Il existe aussi des exemples de "musique de circonstance" qui ont un double rôle, celui d'ameublement et d'illustration. Ce n'est pas le cas de celui-ci qui accompagne un banquet autour duquel des gens de la bonne société festoyent et discutent. La musique est alors fluide et neutre, une parfaite musique de fond qui n'est pas là pour se faire remarquer, juste être entendue sans être écoutée. Puisse-t-il s'agir ici d'un morceau pré-existant, ce qui est souvent le cas en matière de "musique de circonstance", ou d'une habile imitation...?...ce morceau n'est absolument pas représentatif de la bande originale d'Antoine Duhamel qui, elle, au contraire, sait très bien se faire remarquer, ce qui n'est biensûr pas pour me déplaire vu que je n'aime pas vraiment ce qui fait  trop "musique de fond". Very Happy


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Kristian

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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 10:54

Quand Bach reprend ainsi Vivaldi et qu'on a un enfegistrement immortel comme celui-ci, on peut s'endormir dans le sublime pour ne plus jamais s'éveiller...      

https://www.youtube.com/watch?v=sdzlev3N1AQ
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MessageSujet: Royer   Mar 25 Juil - 11:00

Ce concerto pour 4 clavecins fut l'une de mes premières réécoutes. Incontournable évidemment!

Un certain PANCRACE ROYER:

https://www.youtube.com/watch?v=GMPIMUuE7yI


J'aime bien ce flot continu. Quelque-chose m'accroche ici, je ne saurais pas le définir avec des mots, c'est juste indéfinissable...


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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 12:29

Extrait musical LES CAPRICES D'UN FLEUVE:

https://www.youtube.com/watch?v=VaGAeah4F9A


Composition: René-Marc Bini.
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 13:06

Second extrait musical LES CAPRICES D'UN FLEUVE:

https://www.youtube.com/watch?v=-L0lo5EA9lA


La première fois que j'ai écouté ce superbe morceau (voix & clavecin) de René-Marc Bini, j'ai eu envie de pleurer, comme si quelque-chose m'avait bouleversé de l'intérieur.

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Icare
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MessageSujet: Petrassi/Martin   Mar 25 Juil - 16:14

Nous allons quitter le doux monde du cinéma pour nous envoler vers d'autres paysages musicaux, grâce à deux oeuvres de deux compositeurs qui me sont très chers; tout d'abord Sonata da Camera pour clavecin et dix instruments (1948) de Goffredo Petrassi par Bruno Canino, l'"Orchestra della Radio della Svizzera Italiana", sous la direction de Bruno Martinotti, puis la Petite Symphonie Concertante pour harpe (Eva Guibentif), clavecin (Christiane Jaccottet), piano (Ursula Ruttimann) et petit orchestre (Orchestre de la Suisse Romande - Armin Jordan) de Frank Martin, que je considère tout simplement comme un chef-d'oeuvre et qui est aussi l'oeuvre par laquelle j'ai découvert ce fantastique musicien. <<La Petite symphonie concertante est un prodige de transparence - nous dit Albert Neuman - et d'équilibre entre la forme et le contenu expressif; les "noyaux" intervallaires sont générateurs de tous les thèmes, et parcourent tous les éléments de la charpente de l'oeuvre. Frank Martin a voulu faire "chanter" les instruments autrefois destinés à la basse continue. L'idée fut suggérée par Paul Sacher, qui commanda et créa cette symphonie. Il s'agit virtuellement d'un concerto grosso, avec un double "choeur" d'archets et un "concertino" soliste formé d'une harpe, d'un piano et d'un clavecin, ce qui signifie donc que toute l'oeuvre est composée pour instruments à cordes.>>

Dédiée "à la mémoire d'une jeune femme", la Sonate de Chambre de Goffredo Petrassi a été composée entre juillet et août 1948, alors qu'il achevait Il Cordovano, et elle évoque en partie l'atmosphère de cet opéra. J'ai effectivement retrouvé cette fantaisie sonore qui me plaisait dans l'opéra de Petrassi avec un caractère plus ludique encore dans la sonate. <<La présence du clavecin n'a rien à voir - nous écrit Piero Santi - avec les suggestions suscitées par Wanda Landowska, comme celles qui ont inspiré entre les années vingt & trente une littérature de l'instrument et des chefs-d'oeuvre écrits tout exprès par De Falla, Poulenc, Martinu et d'autres...Le titre de sonate ne fait donc pas allusion à la forme dite classique, mais plutôt à la forme pré-classique italienne, appelée habituellement baroque, qui est toutefois perçue très vaguement et très librement comme un simple archétype sommeillant au fond de la conscience culturelle. La Sonate annonce une production conçue, dirions-nous à présent, sous l'angle d'une recherche que Petrassi mènera principalement à travers la série des concerts pour orchestre et de nombreuses oeuvres instrumentales de chambre parallèles.>>
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 19:44

Le moment de remonter le temps fut venu, du moins provisoirement, avec les bouillonnantes Sonates pour violon et clavecin de Johannes Sebastian Bach, d'abord les N°4 en Do mineur, BWV 1017, N°2 en La majeur, BWV 1015 et N°1 en Si mineur, BWV 1014, par Patrick Bismuth sur un violon ancien (Benoist Fleury, Paris 1758) et Marinette Extermann sur un clavecin André Extermann (Genève 1987, d'après J. Couchet, Anvers 1652). Lorsque je les qualifie de "bouillonnantes", je pense d'abord aux Allegros et au Presto qui termine la N°2. Ces trois sonates commencent toutes par un mouvement lent, puisse-t-il s'agir d'un Largo comme dans la N°4, d'un Dolce comme dans la N°2 ou encore d'un Adagio comme dans la N°1. Ils sont biensûr très estimables aussi avec une préférence largement consommée pour le Largo de la N°4: qu'est-ce que j'ai pu l'écouter en boucle celui-là!!

https://www.youtube.com/watch?v=io09i07xaCo


En voici une autre interprétation. Les n°3, 5 et 6 c'est pour bientôt! Very Happy
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 21:19

icare a écrit:
La première fois que j'ai écouté ce superbe morceau (voix & clavecin) de René-Marc Bini, j'ai eu envie de pleurer, comme si quelque-chose m'avait bouleversé de l'intérieur.


Très beau passage de ce film déjà si émouvant dans cet extrait.  J'ai maintenant fort envie de voir ce film "Les Caprices d'un Fleuve", un de plus sur ma liste "à voir absolument"

La sonate pour violon et clavecin, ainsi que le concerto d'après Vivaldi, sublimes de Bach comme d'hab Wink
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mar 25 Juil - 22:21

Encore un contemporain qui a composé pour clavecin et cordes en 1995, Frigyes Hidas
J'y ai trouvé quelques beaux passages mais ce n'est pas de la musique que j'irai réécouter.


https://youtu.be/59rXWkTCOiI

Je préfère les mélancoliques rassemblées ici

1. Johann Jakob Froberger:
Suite XXX en la mineur / a-Moll / A minor:

2. Jean-Henry d'Anglebert:
Des Pièces de Claveçin ... Livre premier, 1689:

3. Johann Caspar Ferdinand Fischer:
Musicalischer Parnassus, de la Suite "Uranie"
ré mineur / d-Moll / D minor:

4. Louis Couperin:
Suite en Fa majeur / F-Dur / F major:

5. Jean-Henry d'Anglebert:
Des Pièces de Claveçin ... Livre premier, 1689:

6. Johann Caspar Ferdinand Fischer:
De Ariadne Musica, 1702:

7. Louis-Nicolas Clérambault:
Du 1er Livre de Pièces de Claveçin, 1704
Suite en ut mineur / c-Moll / C minor:

8. Georg Muffat:
De Apparatus Musico-Organisticus, 1690:

9. Johann Jakob Froberger:
Libro qvarto, 1656, de la Suite VI:


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Icare
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MessageSujet: Gagnon   Mar 25 Juil - 23:32

Le concerto de FRIGYES HIDAS n'est pas déplaisant.

J'étais confortablement installé dans l'époque de J. S. Bach grâce à quelques-unes de ses merveilleuses sonates pour violon et clavecin, mais l'idée me vint de faire à nouveau un grand écart sportif afin d'atteindre le XXème siècle tout en gardant un pied bien posé dans le Baroque. Comment fut-ce possible? Ce fut très simple en réalité. Il m'a juste fallu ressortir d'une étagère un disque que je possède depuis peu du compositeur canadien André Gagnon et qui s'intitule Baroque. Il réunit deux oeuvres; Mes quatre Saisons : Printemps (Jean-Pierre Ferland)/Eté (Félix Leclerc)/Automne (Claude Léveillée)/Hiver (Gilles Vigneault) et Les Turluteries: Suite n°1 & Suite n°2 (La Bolduc), le tout interprété par Jean-Willy Kunz (clavecin), l'Orchestre Symphonique de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, sous la direction de Daniel Constantineau. Comme le laisse entendre le titre de l'album, la musique a été écrite dans un style baroque, les références étant surtout J. S. Bach et Antonio Vivaldi. Pour cela, André Gagnon s'est "thématiquement" inspiré des airs de chansons de grands chanteurs québéquois, ceux mentionnés ci-dessus. Maintenant, j'entends résonner dans mes oreilles la fameuse question des modernistes: <<Quel intérêt pour un compositeur contemporain de composer dans le style musical d'une époque passée et de reproduire ce qui a déjà été fait et rabâché?. Je n'invite personne à y répondre sur ce fil, n'étant pas le sujet. Personnellement, partisan du pluralisme dans le domaine musical et artistique en général, alors que le clavecin scintille admirablement au coeur de mon âme, je dis: Pourquoi pas? Et si André Gagnon a eu envie de porter un costume et une perruque bouclée, de se mettre ainsi temporairement dans la peau et la tête d'un compositeur de 1700 et quelques...?...Je ne dis pas que c'est ce qu'il a fait mais je ne rejette plus cette idée qu'un compositeur actuel puisse composer dans un style passé comme le Baroque sans que le cinéma en soit le prétexte le plus courant, juste pour se faire plaisir, s'offrir le délire amusant du rétroviseur. Ce n'est pas comme si ça devait se généraliser, ce qui évidemment me désolerait. En dehors du clavecin qui y joue un rôle important, on notera un superbe hautbois dans les fameuses "Turluteries".
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MessageSujet: Hadjidakis   Mer 26 Juil - 7:43

Un peu de poésie dans ce monde brutal avec du clavecin biensûr, mais surtout avec Manos Hadjidakis:

https://www.youtube.com/watch?v=bVeNckqwB7E


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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mer 26 Juil - 7:51

je serais curieux et très probablement enchanté d'écouter ça! Wink (les canadiens) ..J'aime (je devrais peut être dire j'ai beaucoup aimé, car je ne les entends plus guère! pale ) énormément les 4 chanteurs que tu cites, et peut être même une petite préférence pour les deux moins connus (Jean-Pierre Ferland et Claude Léveillée grâce à leur voix!)
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Icare
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MessageSujet: Re: Le clavecin dans tous ses états   Mer 26 Juil - 8:07

Jean a écrit:
je serais curieux et très probablement enchanté d'écouter ça! Wink (les canadiens) ..J'aime (je devrais peut être dire j'ai beaucoup aimé, car je ne les entends plus guère! pale ) énormément les 4 chanteurs que tu cites, et peut être même une petite préférence pour les deux moins connus (Jean-Pierre Ferland et Claude Léveillée grâce à leur voix!)

Si tu n'es pas à cheval sur le principe qu'un compositeur contemporain doit faire du "contemporain" coûte que coûte, tu devrais apprécier sans problème les "Quatre Saisons" et les "Turluteries" d'André Gagnon, d'autant plus que si tu as une bonne connaissance de la chanson canadienne et de ces chanteurs en particulier, ce qui n'est pas mon cas, tu pourrais même t'amuser à reconnaître les airs malgré qu'ils soient remaniés à la sauce baroque. Par exemple, j'ai été émerveillé par la mélodie d'un morceau intitulé "Et puis la neige vint" (Mes quatre saisons - Automne), tirée d'une chanson du même nom de Claude Léveillée. En plus, André Gagnon fait un usage assez singulier du clavecin qui ne me semble pas si courant en musique baroque. Il en tire une sonorité intéressante. C'est comme ça avec les bons compositeurs, ils arrivent toujours à faire du neuf (ou à en donner l'illusion) avec du vieux. Est-ce que cette mélodie m'aurait autant plu - l'aurais-je autant remarquée - dans un autre traitement...?...Je ne sais pas.
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Icare
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MessageSujet: De Falla/Matalon   Mer 26 Juil - 12:09

En réécoutant le Concerto pour clavecin, flûte, hautbois, clarinette, violon et violoncelle de Manuel de Falla, j'y ressentis de la joie, de la lumière. Un caractère festif sembla s'emparer de l'oeuvre toute entière. Ca peut paraître curieux, mais l'humeur radieuse de cette musique, plus que le style lui-même, m'a évoqué à certains égards Francis Poulenc. J'y ressens un même optimisme, une même positivité, moins d'insouciance peut-être, plus de modernité sans doute par une orchestration assez originale et un récit thématique plutôt chiadé. Dire que ce concerto m'avait paru froid lors d'une première écoute...Désormais, j'y reçois davantage de chaleur et de soleil...Le claveciniste Igor Kipnis s'y donne à coeur-joie. Pourtant, bien que plus chaotique et beaucoup moins chaleureuse, la Trame II (1999) de Martin Matalon pour clavecin, clarinette, trombone, percussions, bandonéon, alto et contrebasse, me fascine plus encore. Les raisons en sont différentes: les ruptures de rythmes et de tons, les sonorités insolites et originales, produites par une percussion que je n'arrive pas à identifier, les interventions mesurées du bondonéon de Max Bonnay, peut-être pour évoquer au passage les origines argentines du compositeur...La musique de Martin Matalon tord aussitôt le cou à tout espoir d'une approche bien tonale et lyrique, dans la lignée du Sourire de la Joconde de Manos Hadjidakis, posté plus haut. Vive le pluralisme en musique! Very Happy  Le superbe clavecin de Maude Gratton se débat dans du "contemporain" réellement contemporain et j'adore ça!
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Le clavecin dans tous ses états
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