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 La poésie

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laudec

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MessageSujet: Re: La poésie    Jeu 29 Mar - 22:06

Merci pour ces poèmes de Ronsard et de Paul Fort Anouchka.
Ce que nous chantions à l'école ce n'est pas Mignonne mais  "Quand vous serez bien vieille " ! cela me semblait effrayant à l'époque de  mes 10 ans, entretemps je le lis bien sûr autrement Wink

Pour revenir à Rabindranath Tagore, il a écrit également près de 2300 chansons que l'on chante encore aujourd'hui dans les rues de Calcutta, dont entre autres l'hymne national indien en 1911 (paroles et musique) ainsi que celui du Bengladesh.  

Voici des extraits de "Cygne", poème qu'il rédigea quelques heures avant de mourir en 1916.

Mes chants
Ce sont les mousses flottantes :
Elles ne sont pas fixées
Sur leur lieu de naissance ;
Elles n'ont point de racines -- seulement des feuilles -- seulement des fleurs.
Elles boivent la lumière joyeuse
Et dansent, dansent sur les vagues.
Elles ne connaissent pas de port,
N'ont point de moisson,
Hôtes inconnues étranges ! incertaines en tous leurs mouvements.
Et quand soudain les pluies tumultueuses de Crâvana
Descendent en nuages sans fin,
Noyant les rivages de leur flottant déluge,
Mes mousses-chansons
Soudainement sans repos, inspirées d'une vie sauvage,
Recouvrent tous les chemins de l'inondation,
Plongent dans la poursuite qui n'a plus de chemins,
Flottent de terre en terre,
De régions en régions,
Mes chansons !

Cygne

~~ o ~~


J'ai chéri ce monde
Et l'ai entouré comme une vrille végétale avec chaque fibre de mon être !
La lumière et la ténèbre de la lune mêlée au soir
Ont flotté parmi ma conscience, en elle se sont fondues,
Tant qu'à la fin ma vie et l'univers
Sont un !
J'aime la lumière du monde, j'aime la vie en elle-même.


Pourtant ce n'est pas une moindre vérité que je dois mourir.
Mes mots, ils cesseront un jour de fleurir parmi l'espace ;
Mes yeux, jamais ils ne pourront plus se livrer à la lumière ;
Mes oreilles s'entendront plus les messages mystérieux de la nuit,
Et mon cœur
Il ne viendra plus en hâte au fougueux appel du soleil levant !
Il faudra que je prenne fin
Avec mon dernier regard,
Avec ma dernière parole !


Ainsi le désir de vivre est une grande vérité,
Et l'adieu absolu, une autre grande vérité.
Pourtant doit se produire entre eux une harmonie !
Sinon la création
N'aurait pu supporter si longtemps souriante
L'énormité de la fraude !
Sinon la lumière aurait déjà noirci, comme la fleur dévorée par le ver !

Cygne



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Anouchka

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MessageSujet: Re: La poésie    Jeu 29 Mar - 23:38

C'est vraiment absolument magnifique, et pas du tout triste, je trouve.. Un adieu au monde empli de sérénité..   La continuation de la vie dans l'éternité, le mythe du cygne, "les mousses-chansons"... Quel poète !  Very Happy
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 1:59

laudec a écrit:
Quel plaisir aussi de savoir que tu réalises enfin ton rêve Wink  

C'est en effet iun plaisir, chère Laudec, que d'adapter en vers un sonnet de Shakespeare, mais c'était traduire une pièce, et non un sonnet, qui était mon rêve. Pas grave, j'ai fait d'autres choses aussi importantes. Wink

Quant à Ronsard, le poète du «carpe diem» cher à Anouchka (et que j'adore également), il a aussi écrit ceci :


Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon oeil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant le face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.


Sacré «carpe diem», en effet !
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joachim
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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 17:27

Ronsard devait avoir le cafard quand il a écrit cette poésie Laughing

Autre chose : tout le mode connaît cette phrase : Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui ressemble à notre âme et la force d'aimer ?

Mais qui sait qu'elle est extraite d'une poésie de Lamartine, intitulée Milly ou la terre natale, qui fait partie du recueil Harmonies poétiques et religieuses (cher à Liszt !) ?


Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?


Alphonse de Lamartine


Bien qu'en fait je trouve que cette dernière phrase n'a pas vraiment de point commun avec ce qui la précède  



En tout cas Lamartine nous a donné aussi cette autre phrase célèbre : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, une poésie intitulée L'Isolement du recueil Méditations poétiques. Celle-ci, je l'avais également apprise à l'école, mais seulement jusqu'à la fameuse phrase.


L'Isolement

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : "Nulle part le bonheur ne m'attend."

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 19:14

joachim a écrit:
Ronsard devait avoir le cafard quand il a écrit cette poésie Laughing

Plutôt, oui  Hehe , c'est l'un de ses poèmes posthumes. En fait, il l'a écrit pratiquement sur son lit de mort. Il fallait quand même le faire, chapeau, l'artiste !

joachim a écrit:
Autre chose : tout le mode connaît cette phrase : Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui ressemble à notre âme et la force d'aimer ?

Oui, bien sûr ! Very Happy

joachim a écrit:
En tout cas Lamartine nous a donné aussi cette autre phrase célèbre : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, une poésie intitulée L'Isolement du recueil Méditations poétiques. Celle-ci, je l'avais également apprise à l'école, mais seulement jusqu'à la fameuse phrase.

Oui, celle-là aussi, ce sont deux citations célèbres que tout lycéen se doit de connaître par cœur pour les glisser, le cas échéant, dans sa dissert ou son commentaire au bac !

Mais je les aime bien quand même, et elle reflètent bien l'esprit d l'époque, ce romantisme panthéiste à souhait pour qui l'univers était littéralement habité de tous les esprits de l'univers, et surtout de sous les sentiments humains. Lamartine exprimait très bien cela.

Ses vers de très bonne facture se lisent très facilement, mais il ne faut pas en lire trop, au risque de finir par s'endormir, parce que ce n'est pas extrêmement varié – contrairement à Hugo, par exemple. Mais une page ou deux, ça va.

Sacré bonhomme, ce Lamartine ! Ecrivain, poète, homme politique, homme d'action engagé , il fait partie des très grandes figures du XIXe français, aux côtés de Chateaubriand, Hugo, et Baudelaire – entre autres. Une pointure...  

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Lamartine
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 20:01

Ces poèmes de Lamartine sont merveilleux, et .. de mon côté.., je les place, pour certains, à l'égal de ceux de Victor Hugo.
Ils expriment tout-à-fait le désarroi de l'être qui aime, et dont l'amour est perdu, ou désespéré, ou.. dans l'attente ? Qui n'a pas éprouvé ce sentiment de l'être aimé si loin , ou aimé qui n'est plus ?...
Quant à Ronsard, oui c'est terrifiant ce poème. Il est très différent de celui de Tagore, qui au bord de sa mort, écrivait d'espoir, d'éternité et de continuation de la vie...
J'aimerais qu'en cette veille de week-end pascal, même si nous sommes le Vendredi Saint, nous ayons un peu d'espoir en nous. Je le ressens en moi et aimerais vous le transmettre aussi..
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 20:19

Ceci, c'est Lamartine mélancolique, qui sait que le temps passe et qui veut, "ô temps suspends ton vol" nous a-t-il déjà écrit, ... que la nature et l'amour soient comme des cadeaux précieux de la vie, qui s'évanouiront, mais jamais dans sa mémoire ni dans son coeur. Cette espérance, c'est l'éternité de l'amour, l'éternité de l'instant . Celle que l'on garde comme un diamant , et celle qu'on abandonne lorsque l'on part pour toujours....

Les préludes
[...] 
L'onde qui baise ce rivage, 
De quoi se plaint-elle à ses bords ?
Pourquoi le roseau sur la plage, 
Pourquoi le ruisseau sous l'ombrage
Rendent-ils de tristes accords ?

De quoi gémit la tourterelle 
Quand, dans le silence des bois,
Seule auprès du ramier fidèle,
L'Amour fait palpiter son aile, 
Les baisers étouffent sa voix ?

Et toi, qui mollement te livre 
Au doux sourire du bonheur, 
Et du regard dont tu m'enivres, 
Me fais mourir, me fais revivre,
De quoi te plains-tu sur mon coeur ?

Plus jeune que la jeune aurore, 
Plus limpide que ce flot pur, 
Ton âme au bonheur vient d'éclore, 
Et jamais aucun souffle encore 
N'en a terni le vague azur.

Cependant, si ton coeur soupire
De quelque poids mystérieux,
Sur tes traits si la joie expire,
Et si tout près de ton sourire
Brille une larme dans tes yeux,

Hélas ! c'est que notre faiblesse, 
Pliant sous sa félicité
Comme un roseau qu'un souffle abaisse,
Donne l'accent de la tristesse 
Même au cri de la volupté ;

Ou bien peut-être qu'avertie 
De la fuite de nos plaisirs, 
L'âme en extase anéantie 
Se réveille et sent que la vie 
Fuit dans chacun de nos soupirs.

Ah ! laisse le zéphire avide 
À leur source arrêter tes pleurs ; 
Jouissons de l'heure rapide : 
Le temps fuit, mais son flot limpide 
Du ciel réfléchit les couleurs.

Tout naît, tout passe, tout arrive 
Au terme ignoré de son sort : 
À l'Océan l'onde plaintive, 
Aux vents la feuille fugitive,
L'aurore au soir, l'homme à la mort.

Mais qu'importe, ô ma bien-aimée ! 
Le terme incertain de nos jours ? 
Pourvu que sur l'onde calmée, 
Par une pente parfumée, 
Le temps nous entraîne en son cours ;

Pourvu que, durant le passage, 
Couché dans tes bras à demi, 
Les yeux tournés vers ton image,
Sans le voir, j'aborde au rivage 
Comme un voyageur endormi.

Le flot murmurant se retire 
Du rivage qu'il a baisé, 
La voix de la colombe expire, 
Et le voluptueux zéphire 
Dort sur le calice épuisé.

Embrassons-nous, mon bien suprême, 
Et sans rien reprocher aux dieux, 
Un jour de la terre où l'on aime 
Évanouissons-nous de même
En un soupir mélodieux. [...]

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laudec

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MessageSujet: Re: La poésie    Ven 30 Mar - 21:07

Magnifiquement dit tout cela par Ronsard, Lamartine, quel Art même dans le désespoir le plus total No

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui ressemble à notre âme et la force d'aimer ?"
Je ne connaissais pas cette phrase Embarassed mais je l'aime bien et j'ai le plaisir de la découvrir ici, faut dire que j'ai étudié en néerlandais, très peu de poèmes en français.
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joachim
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MessageSujet: Re: La poésie    Sam 31 Mar - 13:22

Anouchka a écrit:
Les préludes

Liszt s'en est inspiré pour composé son poème symphonique du même nom, mais je ne vois pas bien le rapport entre la poésie et l'oeuvre musicale

Vous allez dire que je vais énumérer toutes les poésies que j'ai apprises à l'école, et que je joue les vieux schnoques qui vivent dans le passé, mais bon...

Je me souviens encore bien du Cor d'Alfred de Vigny "j'aime le son du cor le soir au fond des bois"...


Le cor
I

J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.

Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.

Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.

Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !


Voilà, je l'avais apprise jusque là (plus les deux derniers quatrains), c'est d'ailleurs la partie la plus poétique

Le reste, la partie historique qui raconte le sort du pauvre Roland, nous était dispensée du "par coeur" mais avait quand même été étudiée :



II

Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore.
"Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;

"Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
"Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
"Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."

"Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà."
Et du plus haut des monts un grand rocher roula.
Il bondit, il roula jusqu'au fond de l'abîme,
Et de ses pins, dans l'onde, il vint briser la cime.

"Merci, cria Roland, tu m'as fait un chemin."
Et jusqu'au pied des monts le roulant d'une main,
Sur le roc affermi comme un géant s'élance,
Et, prête à fuir, l'armée à ce seul pas balance.

III

Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées,
De Luz et d'Argelès se montraient les vallées.

L'armée applaudissait. Le luth du troubadour
S'accordait pour chanter les saules de l'Adour ;
Le vin français coulait dans la coupe étrangère ;
Le soldat, en riant, parlait à la bergère.

Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
Assis nonchalamment sur un noir palefroi
Qui marchait revêtu de housses violettes,
Turpin disait, tenant les saintes amulettes :

"Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
"Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
"Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
"Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.

"Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
Ici l'on entendit le son lointain du Cor.
L'Empereur étonné, se jetant en arrière,
Suspend du destrier la marche aventurière.

"Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
"Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
"Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée
"Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."

Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux
Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux.
Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe,
Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland
"Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
"Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
"Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !

IV

Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ;
L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
Des feux mourants du jour à peine se colore.
A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.

"Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
"J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant
"Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
"Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire,
"Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."

Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La poésie    Dim 1 Avr - 23:33

Merci beaucoup Joachim !  Kiss
J'ai toujours été fascinée par ce poème, dont je connaissais les premières strophes (apprises en primaire aussi...  Wink, et papa me donnait à lire des recueils de poésie de la -superbe- bibliothèque de mes parents..). 
Mais ! Je ne connaissais pas du tout, comme toi, le "chapitre II" (et autres..) du poème...!  (ou alors si je l'ai lu, c'était dans les oubliettes totales). Je trouve cela très beau. Cela vaudrait un film, un grand film héroïque....  Very Happy

Je l'ai chanté (uniquement les premières strophes, donc).. La musique est d'Ange Flégier, un compositeur français du début du siècle qui est totalement tombé dans l'oubli...
Mais..



Dernière édition par Anouchka le Lun 2 Avr - 23:51, édité 2 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 10:06

Merci pour l'évocation de ce poème que je ne connaissais pas, sauf de la première phrase chantée "J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois" -, souvenir d'enfance encore, sans savoir qu'il s'agissait d'un poème ni de la suite du texte ...
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 11:39

C'était l'époque où il existait encore une poésie épique, avec des thèmes héroïques, qui a culminé dans La légende des siècles de Hugo, dont on nous a fait apprendre tant de passages à l'école primaire comme au lycée – voire même après.

Nous avons tous en tête des citations célèbres comme : « Donne-lui tout de même à boire, dit mon père » ou bien « L'œil était dans la tombe et regardait Caïn », que vous retrouverez dans l'extrait complet ci-dessous, avec, en prime, une remarquable version sonore anonyme trouvée sur YouTube, pour couronner le tout.

Suivez le texte en écoutant cette belle voix et...

Enjoy !  

La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.


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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 11:55

Voyez ce que j'ai trouvé sur YouTube en continuant ma recherche : ce même poème de Hugo dit en rythme et sur un fond musical par Georges Chelon. Je n'ai jamais été très fana de ce chanteur, mais c'est une tentative très intéressante, dont j'aimerais bien savoir quand elle a été faite : on dirait  du rap ! Grand corps malade aurait très bien pu faire cela !

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Jean

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 13:20

Merci!!
...pour Georges Chelon que j'aimais  bien (et peut être plus!) dans ma jeunesse et cette mise en musique de Victor Hugo que je ne connaissais pas...(ou très peu, car complètement oublié)

ps; je viens de lire qu'entre 2004 et 2008 il a mis en musique l'intégralité des "Fleurs du mal" de Baudelaire
https://www.youtube.com/watch?v=RY5JpTtlcMM

"coucher de soleil"

https://www.youtube.com/watch?v=g4tyY8D6DR4
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laudec

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 13:49

Georges Chelon, je me souviens vaguement de son nom mais aucune chanson ne me revient à la mémoire ... très heureuse donc de le découvrir ici dans cette belle création de "La Conscience" de Victor Hugo.  Je lis qu'il a mis en musique l'intégralité des "Fleurs du mal" de Baudelaire entre 2004 et 2008.  Peut-être la même époque plus ou moins ? en tout cas il y a plus de 10 ans  puisqu'il y a une trace en 2008 déjà.

Ce poème est fabuleux, toute une vie balayée, bien dit, bien chanté, un moment fort de cette journée, merci

Merci aussi Jean , je n'avais pas vu ton message ci-dessus  Wink
Quel travail impressionnant que d'avoir mis en chanson, chanté ces textes de Baudelaire, quelle passion, quelle voix aussi  
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 14:25

Merci Jean ! Je ne me doutais pas que la mise en musique de poésies majeures avait pris pareille dimension !

Ceci dit, cela n'a pas changé mon peu de goût pour Chelon – voix et musique – qui est cependant racheté ici par la qualité des paroles; Hehe  

Cela fait rêver le vieil enseignant invétéré que je suis : quelles merveilleuses utilisations on pourrait faire de la mise en chanson (de qualité) des grands poèmes de la langue française (et des autres langues, bien sûr)  

Jusqu'à maintenant, j'ai adoré les adaptations de Ferré et Brassens, par exemple :

[Ferré dans Rutebueuf : Pauvre Rutebeuf : https://www.youtube.com/watch?v=o3zqKZiLDmg  

et Brassens dans Hugo (encore)  



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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 14:34

Encore du Brassens, avec ce sublime « Les passantes » d'Antoine Pol, présenté par l'un de mes comédiens préférés, Lino Ventura, et chanté en compagnie de Maxime Forestier, à l'époque où toutes mes étudiantes étaient folles de lui (ne pleurez pas, c'est sublime !    :)

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Jean

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 14:39

Kristian a écrit:

Ceci dit, cela n'a pas changé mon peu de goût pour Chelon – voix et musique – qui est cependant racheté ici par la qualité des paroles; Hehe  


Ce n'était ni mon but..ni même une tentative Wink
Je ne trouvais pas ses textes aussi "tartes" que la moyenne, par contre j'aimais beaucoup sa voix , ce qui s'est avéré primordial pour moi...le coup de foudre avec une voix et qui reste une impression tout à fait subjective et évidemment très variable selon les individus...
Ainsi j'en ai fait bondir plus d'un en disant que Brassens...m'ennuyait assez vite...j'ai été moi-même surpris quand, il n'y a pas si longtemps, je l'ai vraiment découvert et aimé (du moins ses chansons!) en les écoutant par James Ollivier et aussi Maxime Le Forrestier
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 14:41

Et puis, pour finir aujourd'hui (car il y en a tant d'autres),  la déchirante « Affiche rouge » d'Aragon merveilleusement mise en musique et interprétée par Ferré, encore lui :

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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 15:49

Et pour terminer vraiment, voici une vidéo de 50 minutes consacrée à Ronsard que je dédie tout spécialement à Anouchka  Kiss

Vous y retrouverez les pointures des années 60 et 70, Henri Virlogeux (et non Virlojeux) et Robert Etcheverry, qui ont bercé une bonne partie de ma vie.  Very Happy

Indéniablement poète de l'amour, Ronsard, à la fin de sa vie, devient néanmoins, par force, philosophe. C'est à lui essentiellement, et à Du Bellay , principaux poètes de La Pléiade que nous devons les beautés de la langue française d'aujourd'hui – du moins, ce qu'il en reste... . Son époque a été appelée la Renaissance. Comment l'avenir nommera-t-il la nôtre ?

« L'ardeur d'amour ressemble aux pailles allumées... »



Dernière édition par Kristian le Lun 2 Avr - 17:08, édité 1 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 15:58

Jean a écrit:
Ce n'était ni mon but..ni même une tentative  Wink
Je ne trouvais pas ses textes aussi "tartes" que la moyenne, par contre j'aimais beaucoup sa voix , ce qui s'est avéré primordial pour moi...le coup de foudre avec une voix et qui reste une impression tout à fait subjective et évidemment très variable selon les individus...

Ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas pris comme ça !  Very Happy Il faut bien qu'il y ait des différences de goût pour que les forums existent !  Mains

Jean a écrit:
Ainsi j'en ai fait bondir plus d'un en disant que Brassens...m'ennuyait assez vite...j'ai été moi-même surpris quand, il n'y a pas si longtemps, je l'ai vraiment découvert et aimé (du moins ses chansons!) en les  écoutant   par James Ollivier et aussi Maxime Le Forrestier

Je comprends parfaitement. Bien souvent, c'est ce qui arrive quand l'adéquation est longue à venir. Mais je conçois sans problème que quelqu'un qui comme toi, à chanté avec les plus grands, ne soit guère attiré par la voix de Brassens – qui n'était vraiment pas ce qu'il avait de mieux Hehe Par contre, pour le texte, il n'y en a pas beacoup qui lui arrivent à la cheville – j'en vois trois, comme ça, au débotté : Brel, Ferré et Ferrat. Mais j'en oublie sans doute beaucoup, je suis sûr. Encore une question de goût ! Laughing
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 21:54

Eh bien ! Quels échanges vous avez eus aujourd'hui ! Vous avez de la chance d'avoir du temps... (moi je l'aurais voulu, mais priorité familiale, et c'est quand même "au-dessus" de tout.... )..  Very Happy
J'y reviendrai bien sûr, mais plus tard, et demain je reprends le collier (heureusement je pars à Paris "hors grève" , dans deux semaines..).
J'ai rectifié mon message plus haut sur "J'aime le son du cor", parce que je déteste quand je fais des fautes d'orthographe ou des "redites" (genre "fascinant" trois fois en deux paragraphes..., grr..). Quand je suis fatiguée, je ne me relis pas assez...  
Citation :
Kristian a écrit:
BrelFerré et Ferrat
Je pense qu'il eut aussi Charles Trenet, que mon mari adore. Personnellement, "l'être humain" m'a beaucoup déplu, donc cela me bloque parfois, alors que ses chansons poétiques sont exceptionnelles...! (et j'en ai chanté pas mal, dont "la Mer", bien sûr..). 
Ferré s'est beaucoup inspiré de poètes dont ceux de La Pleiade évidemment. Jean Ferrat a écrit peu de poèmes, mais avec sa voix exceptionnelle et sa sensibilité, il a été "notre interprète" d'Aragon. Ah ! Aragon....
Quant à Brassens, j'ai son oeuvre complète et sa voix de basse ne m'ennuie jamais -tu vois Jean, les voix de basse, je ne m'en lasse pas !-. J'ai des bios de lui, je suis allée à l'expo Brassens à Paris à La Villette il y a quelques années (et j'ai appris beaucoup de choses), j'ai vu plein de reportages... La genèse d'une chanson pour Brassens, c'était quelque chose !! = "Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.., remettez le sans cesse et le recommencez.." etc... !
Devinette : C'est de qui ?? (un poète).


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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 22:19

Anouchka a écrit:
[color=#000099]"Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.., remettez le sans cesse et le recommancez.." etc... !
Devinette : C'est de qui ?? (un poète).


Facile : Boileau Very Happy , le théoricien du classicisme français.
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Kristian

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 22:24

Anouchka a écrit:
[color=#000099]Je pense qu'il eut aussi Charles Trenet, que mon mari adore.

J'adore aussi, mais le chanteur. Je ne savais pas qu'il avait adapté de la poésie ??? Parce que c'est de ça que je parlais. Wink
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Jean

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MessageSujet: Re: La poésie    Lun 2 Avr - 23:16

Anouchka a écrit:
Quant à Brassens, j'ai son oeuvre complète et sa voix de basse ne m'ennuie jamais -tu vois Jean, les voix de basse, je ne m'en lasse pas !-. .


Ce n'est pas pour moi une question de tessiture...Je n'ai d'ailleurs pas d'explication logique et il y a des voix , qui dans le même genre belle musique et beau texte poétique) que je reconnais pas du tout exceptionnelle, voire même un peu "éraillée" ( je n'ai pas d'exemples qui me viennent )que j'aime bien et ne me lasse pas Wink ...Tiens je pense là, à Vincent Delerm ...Certains diraient même qu'il n'a carrément pas de voix et bien moi j'aime assez bien Wink
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MessageSujet: Re: La poésie    

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