Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Les balises du mélomane

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Takemitsu   Sam 3 Juin - 23:10

Je viens d'écouter l'une de mes musiques de films de chevet, RAN, pour la seconde fois dans sa version intégrale: plus de 72 minutes de musique en tout! Depuis toujours j'y ai vu un chef-d'oeuvre de la musique de film, tout comme le film d'Akira Kurosawa est un chef-d'oeuvre du Septième Art. Si RAN figure dans mon champs d'écoutes actuel, c'est tout simplement parce qu'elle est au départ d'une autre belle histoire: ma rencontre bouleversante avec la musique de Toru Takemitsu, ce qui fut un véritable coup de coeur musical qui ne se démentira jamais. Après, je voulais découvrir toutes les musiques du compositeur, aussi bien celles qui furent composées pour l'image que pour le concert. Puis, c'est aussi par RAN que j'ai découvert le charismatique instrument qu'est le shakuhachi. Il est si poignant, si fantastique, dans le film de Kurosawa et au sein de la B.O., notamment lorsqu'il s'érige, impitoyable, parmi le souffle du vent qui ne le fera plier. Cette B.O. de haute volée aurait aussi eu sa place dans mon fil "Les flûtes enchantées...sans Mozart".
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2692
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 4 Juin - 0:14

Hier j'ai eu l'une de mes balises de mélomane... : Un concert de 1998 sur Mezzo Live, "Gala à Berlin, "Salute Carmen", direction Claudio Abbado sur le Philarmoniker.  Tous les grands airs de Carmen..., dont par la grande Anne Sophie von Otter, et un jeune Roberto Alagna dans les grandes arias de Don José... !
Et un panachage avec un coup de coeur inconnu dont je vais parler sur le fil ad hoc (les coups de coeur).

Carmen est une de mes balises, j'ai chanté (en son temps, même si je suis une colorature et non une mezzo), "l'amour est enfant de bohême"... Tout cela ce sont des tubes, mais on les aime et on ne s'en lasse jamais !!  Very Happy
https://www.youtube.com/watch?v=K2snTkaD64U


[list="margin-right: 0px; margin-left: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 0px; border: 0px;"]
[*]
[/list]
(Elina Garanca est excellente, hyper-sensuelle, dans cette version de l'opéra -2013-, que j'ai d'ailleurs intégralement vue ! ). Magnifique comédienne en plus, superbe mise en scène. Remarquez bien Roberto Alagna en Don José sur la gauche, il est aussi fantastique... plus tard..  Wink)   
Durée de la vidéo : 4 minutes trente environ.

(P.S. Icare et Joachim : N'effacez peut-être pas le bla bla informatique sous le lien de la vidéo, car c'est un truc américain, et sinon -j'ai essayé de supprimer-, tout s'en va... )
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6571
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 4 Juin - 13:19

...Je ne sais pas trop si Carmen a été une de mes "balises"...mais je l'ai surement trop écouté ou vu ...et j'en ai "raz le bol" que tous les concerts dit "populaire" commencent par l'ouverture de Carmen Wink ...On a tous nos saturations : les uns c'est la 9eme de Beethoven (n'est ce pas Anouchka?) moi ce serait plutôt Carmen...Mais ce qui est très réconfortant c'est que (en tout cas dans nos contrées!!...) personne n'est obligé de les écouter Ptdr

Trève de plaisanterie...
La citation un peu plus haut de "La Petite Musique de Nuit" par Icare, me rappelle ma véritable "entrée en musique classique"...que j'ai déjà racontée ici à mes débuts de forumiste... et qui me parait toujours un peu "bizarre", "marginale", "énigmatique"..(je ne sais comment la qualifier précisément...
Comme beaucoup, mon enfance a été balisée par les chansons françaises entendues à la radio, marquée par des Edith Piaf, Compagnons de la Chanson, Brel...pour les principaux et bien d'autres que j'aimais beaucoup.
Avec un peu de recul j'ai compris que j'étais, dans ce domaine, bien plus séduit par la musique et le timbre de voix des chanteurs que par les textes ; ainsi j'aimais aussi Dalida, Gloria Lasso...me lassais assez vite de Brassens (que je trouvais monotone vocalement et musicalement parlant, alors que je l'ai vraiment découvert et été enthousiasmé lorsque j'ai entendu ses chansons interprétées par d'autres - un James Ollivier ou Maxime Le Forestier, par exemple)....

Bref je n'ai pas eu la chance (mais l'aurais-je attrappée au vol? Wink ) d'avoir eu un instit comme celui de Joachim...
A 11 ans je suis entré en internat (petit séminaire) ou j'ai rapidement été sélection pour faire partie de la chorale , qui avec un bon prof de musique, chef de choeur, était d'un bon niveau (uniquement répertoire "a cappella" et surtout grégorien et renaissance)...
J'aimais beaucoup chanter et donc y participer. Cela aurait pu être le déclencheur qui me fasse entrer dans la musique classique...et bien non! Il faut dire aussi que nos cours de musique (où j'excellais pale désolé pour l'immodestie !) se conformait strictement au "programme" de l'époque : solfège et histoire de la musique!...Mais surtout aucune écoute d'oeuvre musicale (sans doute trop "passif", sans pouvoir noter le résultat!!).
J'aimais beaucoup chanter, mais nous n'écoutions jamais rien et je pense que si on nous avait fait écouter çà m'aurait vite "ennuyé" , restant à mes chanteurs préférés...

Mais voilà qu'à partir de la classe de troisième, faisant partie de la "section des grands" pour ce qui est de la grande salle d'étude , étude libre mais toujours surveillée le dimanche dans la matinée (avant la messe en fin de matinée), les volontaires intéressés avait la possibilité de se retrouver dans la classe de musique pour écouter des disques de musique classique prêtés par un ou deux prof mélomanes ...
La curiosité, le coté un peu "indépendant", "libre", sans pion (alors que j'étais plutôt tranquille et sans problème de discipline!) m'y a poussé...Nous nous y retrouvions environ plus ou moins une dizaine (sur environ 8O élèves possible!!) ...Le ou les plus connaisseurs choisissaient le programme des quelques cd prêtés (se limitant à quelques Mozart, Beethoven , Schubert , Bach Haendel, Vivaldi) ...

Cà y est penserez vous , j'y arrive enfin!! Eh bien pas du tout!...Je ne m'y ennuyais pas, avec un bon bouquin! Mais je me souviens d'une certaine impatiente à voir la face du disque se terminer en espérant que j'accrocherais plus à l'autre face!
En fait, je restais imperméable à la musique classique qui me glissait dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard...Je continuais cependant ces "écoutes" distraites, pour la sensation peut être de moins faire partie du "troupeau" et pas avec le sentiment de vouloir à tout prix percer le mystère de cette musique qui ne me touchait pas...Un peu plus motivé quand même, l'année suivante , en seconde par un nouvel ami de classe arrivant d'un autre collège ou lycée et qui lui avait des parents mélomanes et aimait vraiment cette musique,pouvant à mon grand étonnement, dire, sans connaître le morceau, si nous écoutions du Mozart ou du Vivaldi ou du Bach; pour moi il avait tous la même saveur: aucune!! Crying or Very sad

Et voilà qu'un jeudi après midi, de retour, avant l'heure de l'étude, d'une promenade ou d'un sport ou encore activité de jardinage alimentant une cagnotte au bénéfice d'une association je rejoint cette classe de musique possible dans cette tranche horaire...Nous sommes 3 ou 4 et un disque tourne déjà...J'écoute silencieusement et c'est un grand choc: Imaginez quelqu'un souffrant d'agueusie depuis sa naissance, mais inconsciemment gourmand ou fin gourmet , guéri complètement et subitement par un remède miracle, et qui déguste pour la première fois un met savoureux!...C'est ce qui s'est passé pour moi , musicalement à ce moment! Je demande ce qu'on écoute, que bien sûr je n'avais pas reconnu bien qu'entendu surement des dizaines de fois depuis plus d'un an§
C'était la Petite Musique de Nuit de Mozart...A partir de là ce fut pour moi une passion effrénée pour la musique classique...Oh bien sûr , pas toute époque confondue; nos choix d'écoute était déjà limité et par la suite, c'est progressivement que j'ai découvert et apprécié cette musique plus récente que les Schumann, Mendelssohn, ...qui étaient mes limites dans le le temps...

Je ne suis pas certain d'ailleurs que cette "Petite Musique de Nuit" pour laquelle la "balise" ne s'est pas affadie soit la clé de cette "révélation"...Une autre oeuvre de Mozart (symphonie ou concerto) de Beethoven , Vivaldi ou autre aurait sans doute eu le même effet...Et je suis bien incapable de déceler pourquoi à ce moment là les portes se sont brusquement ouverte en grand?...Peut être l'accumulation des écoutes passées, contenues dans mon cerveau, dans mon coeur pour un mur solide a fait ce jour là craquer le barrage...? Mais tout çà est un souvenir très présent et assez fascinant de ce changement...Après çà je suis passé, auprès de mes camarades et de mes profs, pour un doux dingue qui ne s'intéressait qu'à la musique comme une passion que d'aucuns estimaient un peu trop "dévorante"... Wink

Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16550
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 4 Juin - 15:45

Voici un curieux parcours, Jean. En somme, tu as eu une sorte de "révélation" subite, un peu comme ceux qui ont brusquement la foi alors qu'ils étaient athées ou sceptiques !
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6571
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 4 Juin - 18:23

En effet çà m'a fait penser à ces témoignages pas si rares... Wink

Et j'aurais très bien pu rester à coté , comme (je n'ai pas de statistique!) un large pourcentage de mes "condisciples" de l'époque qui , au moins pendant la période notre internat avaient les mêmes "approches" que moi!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Norgard   Dim 4 Juin - 19:45

Per Norgard n'est pas le compositeur qui a le plus composé pour le cinéma, deux fois tout au plus...enfin je crois; deux films de Gabriel Axel: Le Festin de Babette et Le Prince de Jutland, pourtant c'est bien par ces deux titres que j'ai découvert ce compositeur et qu'il allait devenir l'un des plus importants à mes oreilles, par ses symphonies, ses concertos, sa musique de chambre, son oeuvre vocale...C'est vrai que les compositeurs du XXème siècle dont j'ai le plus d'oeuvres et qui me plaisent le plus, je les ai souvent découverts au départ par le biais d'une musique écrite pour l'image; Morricone, Schifrin, Takemitsu, Henze, Kilar, Honegger... et donc Norgard, mais ce ne fut pas systématique. Par exemple, ce ne fut pas le cas d'Alfred Schnittke qui a pourtant écrit de la musique pour environ 80 films ni de Tan Dun. Pour en revenir à Per Norgard, j'ai été aussitôt frappé et fasciné par le monde poétique qui se dégage du Festin de Babette et du Prince de Jutland. Pour le premier, Norgard composa une musique singulière d'esprit chambriste, mettant en scène le violon, l'alto, le violoncelle et le piano, la "Pastorale andante" en étant certainement le point culminant. Le Prince de Jutland raconte "Hamlet" avant Shakespeare, c'est donc un film historique. Malgré tout, le maître danois n'a pas composé une partition en costume comme le fit par exemple Jean-Claude Petit sur Cyrano de Bergerac. Dans le jargon béophile cela signifie une musique stéréotypée, de celle très classique que l'on s'attend à entendre sur ce genre de production. (Ne rien y voir de péjoratif, c'est juste une observation) Au contraire, il composa une musique tout aussi anachronique mais dans une écriture beaucoup plus originale et contemporaine, me révélant un style unique que j'espérai biensûr retrouver dans son oeuvre de concert.

Merci Jean pour ce très beau témoignage.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Schifrin   Lun 5 Juin - 19:27

Je vous ai déjà parlé maintes fois de mon admiration sans faille pour l'oeuvre de Lalo schifrin qui s'est illustrée dans trois domaines; la musique pour l'image (séries tv et films), le jazz et la musique dite savante pour le concert. J'étais encore jeune lorsque je regardais des séries télévisées comme Mission Impossible ou Mannix. Difficile aussi de ne pas remarquer les superbes génériques musicaux qui les caractérisaient avec une énergie très contagieuse, même si, étrangement, je n'avais pas trop fait attention au nom de celui qui les avait créés. C'est bien plus tard que je m'intéressai à nouveau à ces musiques par le biais de 33tours. Je les ai usés à une vitesse incroyable!! Ce furent de véritables révélations. Lalo Schifrin fut le compositeur qui me conduisit par sa musique dans le monde du jazz. Aujourd'hui, j'ai réécouté l'album There's a whole Lalo Schifrin goin'on et ce fut un petit enchantement. Lalo Schifrin nous dit de ne pas écouter cet album sérieusement, c'est un gag, une satire musicale, une immersion extravagante dans le surréalisme...Pourquoi pas?
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Gillespie   Lun 5 Juin - 23:16

L'album que j'ai réécouté ce soir symbolise mon entrée dans le domaine d'un jazz qui n'a pas été imaginé pour un film ou une série télévisée. C'est le jazz de Dizzy Gillespie sous le titre Dizzy on the french riviera qui convoque Lalo Schifrin au piano et aux arrangements, sera également le compositeur de deux titres; "Long, long summer" & "Mount Olive", Leo Wright (flûte & saxophone alto), Rudy Collins (batterie), Chris White, Pepito Riestria (percussion) et Tzigane Elek Bacsik (guitare), Dizzy Gillespie assurant biensûr la partie trompette. Un merveilleux jazz! Ensuite, je découvris progressivement des artistes aussi brillants que Lionel Hampton, Ahmad Jamal, Herbie Hancock, Robert F. Graettinger, Pete Rugolo, Benny Goodman, Herbie Mann, Steve Turre, Canonbal Adderley, Stan Kenton, sans oublier certains artistes français tels que Guillaume de Chassy, Michel Portal, Erik Truffaz, italiens, Riccardo Del Fra, Giorgio Gaslini, allemands, Michael Mantler, Claus Bantler ou encore grecs comme Vassilis Papadopoulos...

https://www.youtube.com/watch?v=pXQDZbv-ynM
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2692
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mar 6 Juin - 1:01

Jean a écrit:
En effet çà m'a fait penser à ces témoignages pas si rares...  

Et j'aurais très bien pu rester à coté , comme (je n'ai pas de statistique!) un large pourcentage de mes "condisciples" de l'époque qui , au moins pendant la période notre internat avaient les mêmes "approches" que moi!

Eh oui, et merci pour ce témoignage de ta vie musicale.  Une sorte de révélation, comme celle de la foi, effectivement...
Et tu vois, tu as découvert ta voix magnifique, tu aurais pu être baryton-ténor professionnel et tu n'as jamais quitté la musique !

Ce tube de Mozart "la petite musique de nuit", n'a rien d'anodin. C'est pour cela que tout le monde l'adore. A la fois "facile d'accès", mais finalement très complexe dans sa composition et sa musicalité. Il n'y a , Jean, peut-être pas de hasard...!! Peut-être que Vivaldi ne t'aurait pas ému à ce point !  Wink
Pour Joachim ce fut "la 9ème de Beethoven", je crois... et pour moi, un peu tout, les concertos pour piano de Mozart, je pense, si je creuse ma mémoire enfantine et "Jésus que ma joie demeure" de Bach que maman adorait. Et peut-on parler pour moi de "conditionnement" ? Non, parce que si cela ne m'avait pas enchantée dès mon enfance, j'aurais "rejeté" piano, musique classique etc.. D'où effectivement, le rôle, MEME TARDIF, de l'éducation musicale....., et son propre choix.......  Very Happy

P.S. : 
Jean a écrit:
personne n'est obligé de les écouter  

Effectivement, car je n'ai rien suivi de ces fameuses cérémonies....  Hehe
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Theodorakis   Mar 6 Juin - 21:08


Mikis Theodorakis est certainement un compositeur que j'ai découvert par sa musique de film et qui devint très vite un très grand choc musical pour moi, mon admiration pour sa musique se propageant sur ses opéras, symphonies, concertos, musiques de chambre et de ballet...Je ne me souviens plus si je l'ai découvert au travers de Zorba le Grec, sans doute sa partition de cinéma la plus célèbre, ou par Z, un film politique de Costa-Gavras qui m'a beaucoup touché, porté par l'excellente musique de Mikis Theodorakis. En revanche, je me rappelle que la première oeuvre hors-image que j'ai découverte de lui et qui m'a profondément bouleversé est sa Symphonie n°7 pour solistes, choeur et orchestre. Autant dire que cette oeuvre est grandiose, un hymne à l'amour et à la paix. Elle se divise en quatre mouvements: le premier, "Spring Symphony", étant le plus long en dépassant les 21 minutes, le second, "The Execution of Athina", étant le plus court, guère plus de 7 minutes. Le Troisième mouvement "The March of the Ocean" avoisine les quinze minutes et le plus beau de tous, le quatrième et dernier mouvement, "The Lady of the Vineyards", dépasse les onze minutes de pur bonheur: une magnifique mélodie emmenée à son paroxysme dans un chant d'amour suffisamment généreux pour envelopper l'humanité toute entière, sécher les larmes et dessiner des sourires sur tous les visages du monde entier qui s'arrêteront pour l'écouter. Ha, les fameuses premières mesures du premier mouvement! C'était retrouver ce jour-là des thèmes mélodiques forts et indélébiles comme dans cette fameuse Symphonie du nouveau monde de Dvorak dont le quatrième mouvement m'avait éblouï enfant.
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2692
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mar 6 Juin - 21:54

Merci, et je suis complètement d'accord avec ce message, Icare : 
J'adore la musique de Theodorakis, que je n'écoute peut-être pas aussi assidûment que toi, mais que je connais.

Ma cousine choriste (mezzo non soliste) vient de l'étudier pendant des mois ! (et je l' aidée à répéter d'ailleurs en novembre dernier), sous la houlette de Jean Golgevit (compositeur et chef de choeur très connu), à Montpellier, sur les poèmes pour la paix de Pablo Neruda (le poète chilien) , un ORATORIO, le "Canto General". Une splendeur. Une oeuvre universelle. La chorale de ma cousine qui porte le même nom (le Canto General de Montpellier) donne son dernier concert de saison le 8 juillet.  

https://www.youtube.com/watch?v=mMp5PF7jems
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Honegger   Mar 6 Juin - 23:26

J'ai encore une belle histoire à vous raconter, une belle histoire comme il y en a plusieurs dans une vie de mélomane bien remplie. Histoire de fêter cette belle histoire entre la musique d'Arthur Honegger et moi, j'ai écouté ce soir des oeuvres qui, pour la plupart, m'étaient encore inédites, notamment un superbe Sémiramis pour orchestre avec choeurs, soprano, violon solo et ondes Martenot jouées par deux interprètes; Jeanne Loriod & Jacques Tchamkerten. Honnêtement, je viens de vivre avec cette oeuvre un gros coup de coeur que j'espérais biensûr mais auquel je ne m'attendais pas forcément, surtout que je n'en avais jamais entendu parler auparavant. C'est toujours comme ça avec les compositeurs avec lesquels nous avons vécu une grande expérience émotionnelle, voire plusieurs, ce qui fut mon cas avec Honegger, comme ce le fut avec Theodorakis, Schifrin, J. S. Bach, Mozart, Beethoven, Schnittke, Morricone, Henze et quelques autres..., lorsque vous vous retrouvez devant une oeuvre inédite de leur confection, ces moments exceptionnels remontent en vous et vous vous mettez à penser que vous allez vivre une autre grande émotion musicale. C'est en connaissance de cela que je dis toujours que je ne suis jamais déçu par le compositeur dont je n'attends rien mais par celui dont j'attends tout. Mais, ma belle histoire c'est un magnifique film avec Harry Baur tiré du roman de Victor Hugo et qui s'intitule Les Misérables. Adolescent, j'avais été émerveillé par ce film, ému aux larmes. J'ai vu les remakes qui ont suivi, celui avec Jean Gabin, celui avec Lino Ventura et celui avec Gérard Depardieu, mais aucun ne me touchera autant que celui avec Harry Baur. Je suis certain que la musique d'Arthur Honegger a joué un rôle, pas de façon brutale comme ce le fut avec Spirituals de Morton Gould ou le quatrième mouvement de la Neuvième de Dvorak, ce fut plus souterrain, plus incidieux, si bien que, des années plus tard, lorsque je découvris cette musique hors de son contexte, c'est-à-dire, sur disque, j'avais l'impression qu'elle m'était familière, qu'elle se promenait dans ma tête depuis longtemps, qu'elle était là, en moi, tel un fantôme bienfaiteur qui attendait de renaître de chair et d'os. Le thème de la mort d'Eponine prenait forme, prenait vie...
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6571
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mar 6 Juin - 23:44

Anouchka a écrit:
Jean a écrit:
En effet çà m'a fait penser à ces témoignages pas si rares...  

Et j'aurais très bien pu rester à coté , comme (je n'ai pas de statistique!) un large pourcentage de mes "condisciples" de l'époque qui , au moins pendant la période notre internat avaient les mêmes "approches" que moi!

Eh oui, et merci pour ce témoignage de ta vie musicale.  Une sorte de révélation, comme celle de la foi, effectivement...
Et tu vois, tu as découvert ta voix magnifique, tu aurais pu être baryton-ténor professionnel et tu n'as jamais quitté la musique !

Ce tube de Mozart "la petite musique de nuit", n'a rien d'anodin. C'est pour cela que tout le monde l'adore. A la fois "facile d'accès", mais finalement très complexe dans sa composition et sa musicalité. Il n'y a , Jean, peut-être pas de hasard...!! Peut-être que Vivaldi ne t'aurait pas ému à ce point !  Wink
Pour Joachim ce fut "la 9ème de Beethoven", je crois... et pour moi, un peu tout, les concertos pour piano de Mozart, je pense, si je creuse ma mémoire enfantine et "Jésus que ma joie demeure" de Bach que maman adorait. Et peut-on parler pour moi de "conditionnement" ? Non, parce que si cela ne m'avait pas enchantée dès mon enfance, j'aurais "rejeté" piano, musique classique etc.. D'où effectivement, le rôle, MEME TARDIF, de l'éducation musicale....., et son propre choix.......  Very Happy


Loin de moi de vouloir minimiser ou dévaloriser "la petite musique de nuit" ....et de la considérer comme une "petite" musique! Wink
Dans mon "expérience" je disais aussi que je l'avais écouté de nombreuses fois avant ce jour ...elle ne me faisait pas plus d'effet que les autres oeuvres que nous écoutions (relativement restreintes en choix: (surtout classique, un peu baroque et début du romantisme) , les disques étaient chers à l'époque et nos prof (payés comme des prêtres
du diocèse) de moyens plutôt modestes.

Et dès les jours et semaines suivants cette "révélation" je n'étais pas spécialement "accro" à cette "Petite musique de nuit"...mais à tout ce que je réécoutais (dans la limite du choix dont nous disposions)...C'est ce qui me fait supposer que c'est le moment qui comptait plus que l'oeuvre elle-même (dans la limite, je me répète , de ces périodes déjà entendues)...Bien que je n'étais pas dans un "état intérieur" plus spéciale ..?
Je suis toujours étonné et interrogatif sur la façon dont çà c'est passé...

Et curieusement, en complément, vous connaissez ma passion pour le chant (comme chanteur choriste et comme auditeur)...Je parlais aussi de mon premier éveil , celui-ci sans mystère et progressif, pour la chanson à travers principalement les timbres et de voix et la musique, avant les textes, ....
Eh bien coté classique, ma passion très vite devenue une soif jamais apaisée, j'ai commencer par ne pas aimer les voix "solistes" (comme beaucoup d'ailleurs):
Je me souviens ma déception lorsque, quelques mois plus tard ou l'année suivante, le prof de musique nous faisait enfin à partir de la seconde écouter , si possible, des oeuvres de compositeurs au programme.
Nous abordions JS Bach, dont j'avais déjà admirer les "brandebourgeois" et les suites pour orchestres: et là il nous propose d'étudier le Magnificat...Ce n'était pas évidemment une oeuvre uniquement orchestrale...Mais j'aimais déjà les choeurs, et puis j'ai réagi cette fois "normalement" ou "logiquement"...je me suis mis à apprécier les arias des solistes et leur voix de plus en plus en plus...
L'opéra c'est venu plus tard: j'avais bien 22 ans !
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6571
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mar 6 Juin - 23:49

Icare, si j'ai bien compris, c'est Honegger qui a composé la musique des "Misérables" avec Harry Baur?
Revenir en haut Aller en bas
Kristian

avatar

Nombre de messages : 389
Age : 74
Date d'inscription : 18/11/2016

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mer 7 Juin - 0:07

Jean a écrit:
c'est le moment qui comptait plus que l'oeuvre elle-même

Bien sûr ! C'est ce qu'on appelle un moment de grâce.  

Ça ne s'explique pas, c'est comme ça. Tu n'auras éventuellement la réponse (peut-être !) que quand tu interrogeras la Présence qui est en toi et que tu verras le Dessein qui t'étais réservé pour cette vie.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mer 7 Juin - 18:11

Jean a écrit:
Icare, si j'ai bien compris, c'est Honegger qui a composé la  musique des "Misérables" avec Harry Baur?

Oui.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Bach   Jeu 8 Juin - 12:19

Puisque vous parlez d'un moment de grâce, j'aurai plaisir à vous évoquer celui que j'ai connu lors de la découverte de Die Kunst der Fuge - L'Art de la Fugue de J. S. Bach. J'avais déjà mentionné le morceau le plus célèbre du Piano bien tempéré que j'avais alpagué, enfant ou pré-ado, au coeur d'une radio, sans même connaître le nom de son auteur, mais c'était là juste un signe précurseur vis-à-vis d'une passion qui n'allait plus jamais se démentir ensuite pour la musique de l'immense compositeur que fut Johannes Sebastian Bach. La découverte de L'Art de la Fugue par l'ensemble instrumental HESPERION XX qui se constitue d'un dessus de viole, d'une viole alto, viole ténor, basse de viole, cornet, hautbois, trombone et basson, le tout sous la direction de Jordi Savall, fut une révélation étonnante pour moi, une musique indescriptible, profondément apaisante et propice au recueillement. Cependant, pour être précis jusqu'au bout, il y eut pour moi deux balises simultanées qui ont fait que je n'ai plus jamais quitté Bach de qui, suite à ça, j'ai voulu connaître le plus grand nombre d'oeuvres, n'ayons pas peur des mots; j'étais devenu fan...Il y eut L'Art de la Fugue et quasiment en même temps, Ein Musicalisches Opfer, BWV 1079 - Une offrande musicale avec le "Concentus musicus Wien" sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Je fus alors définitivement marqué au fer rouge. Bach vivrait en moi pour toujours.

https://www.youtube.com/watch?v=6o5r5G1ScEc
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Henze   Jeu 8 Juin - 23:06

J'ai évoqué, tout au long de ce fil, les différents chocs musicaux de mon enfance et adolescence. Ensuite, j'ai aussi évoqué d'autres chocs musicaux qui furent le point de départ d'un intérêt toujours renouvelé pour des compositeurs qui, incontestablement, dominent ma cédéthèque et mon temps d'écoute; Le Clan des Siciliens me conduisit à Ennio Morricone, Mission Impossible à Lalo Schifrin, Le Prince de Jutland à Per Norgard, Le Sacre du Printemps à Stravinsky, Concerto Grosso n°1 à Schnittke, La Nuit Transfigurée à Schoenberg, La petite musique de nuit à Mozart, RAN à Toru Takemitsu...Ce soir, j'aurais pu évoquer comme point de départ d'une grande passion pour la musique de Hans Werner Henze, Un amour à mort/Muriel/Un amour de Swan, les trois musiques de films par lesquelles j'ai découvert ce très grand compositeur allemand. Malheureusement, elles n'existent qu'en 33tours et cassettes audio, n'ont pas encore été rééditées en cd. J'espère qu'un label spécialisé ou non dans la musique de film y songera bientôt. Une autre oeuvre qui n'a pas été composée pour l'image créera un renouement définitif avec Henze. Il s'agit de son Requiem purement instrumental qui me fascine depuis toujours. Il est interprété par Ueli Wiget au piano, Hakan Hardenberger à la trompette et l'Ensemble Modern sous la direction d'Ingo Metzmacher. J'adore la trompette dans cette oeuvre même si biensûr c'est tout un ensemble qui me touche, une ambiance, un tourment, des combinaisons instrumentales, etc...D'ailleurs ma quête de nouvelles musiques de Hans Werner Henze continue avec l'opéra Die Bassariden que je n'ai encore jamais écouté et ai déniché tout récemment, hier pour être précis, à un prix clément.
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2692
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Jeu 8 Juin - 23:47

Zut, je viens d'envoyer un message, mais il s'est télescopé avec le tien , Icare (hélas il était assez long, comme quoi je devrais enregistrer en fichier avant d'envoyer..).. et il s'est effacé. Tant pis, plus tard......... C'était en réponse à ton long message sur Bach.
https://www.youtube.com/watch?v=5X7a997aWeY
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Bartok   Ven 9 Juin - 11:12

Quelques temps après Le Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky qui fut pour moi un grand choc musical, c'est-à-dire beaucoup d'émotions d'un coup, je découvris avec presque le même bonheur et la même ardeur ma première oeuvre de Bela Bartok, la formidable Sonate pour deux pianos et percussions en trois mouvements, par John Simms & James Avery (pianos) et Thomas L. Davis & Steven Schick (percussions). De toute évidence - j'ai un certain recul qui me permet d'en être complètement conscient - Le Sacre du Printemps & La Sonate pour 2 pianos et percussions ont définitivement façonné mon goût pour la musique moderne, contemporaine, même si elle fut amorcée par une certaine musique de film et un compositeur comme Ennio Morricone qui, par certaines de ses compositions les plus audacieuses, m'avait mis le pied à l'étrier, si j'ose dire...Cette oeuvre de Bartok est donc à son tour un jalon très important dans mon parcours de mélomane. Je vous présente le troisième mouvement qui demeure mon préféré, peut-être parce qu'il dégage une énergie espiègle et très positive. A ce moment-là précis, c'est une musique qui m'emplit d'optimisme. J'en ai bien besoin par les temps qui courent:

https://www.youtube.com/watch?v=C_plp_cgjUc
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Prokofiev   Ven 9 Juin - 18:35

J'évoque avec beaucoup d'engouement toutes ces oeuvres qui, les unes après les autres, furent le point de départ émotionnel d'une grande aventure, d'une grande rencontre, avec la musique de tel ou tel compositeur. Cela ne pouvait se faire sans qu'à un moment ou un autre je tombe sur une oeuvre extraordinaire qui me fasse découvrir et aimer un autre grand compositeur russe de la première moitié du vingtième siècle: Sergei Prokofiev et sa superbe musique de film Ivan the Terrible que j'ai cependant découverte sous la forme d'un oratorio arrangé par Alexander Stasevich, interprété par Irina Arkhipova (mezzo-soprano), Anatoly Mokrenko (baryton), Boris Morgunov (narrateur), l'"Ambrosian Chorus" et le "Philharmonia Orchestra" sous la direction de Riccardo Muti. C'est encore dans cette forme et cette interprétation que je l'ai réécoutée aujourd'hui, l'émotion ayant pu aller dans la partie N°17 "Ivan's Appeal to the Boyars" jusqu'à la larme à l'oeil...

https://www.youtube.com/watch?v=gjyr2q0YRVs
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Kagel   Ven 9 Juin - 21:59


Précédemment, j'ai plus ou moins présenté Le Sacre du Printemps de Stravinsky et la Sonate pour deux pianos et percussions de Bartok comme ayant été les deux principaux piliers de mon goût pour la musique moderne, contemporaine, auxquels pourrait s'ajouter le superbe oratorio de Prokofiev tiré de sa musique de film Ivan le Terrible, mais même si ce goût fut façonné par ces musiques, il évolua malgré tout vers d'autres aspects de la création musicale du vingtième siècle, ce qui fut le cas, par exemple, avec Variété - morceau de concert pour six (1976-77) de Mauricio Kagel qui me proposa quelque-chose de très différent mais fut en même temps une poétique musicale m'ayant fortément séduit, une ambiance, des combinaisons instrumentales autour d'un effectif de chambre qui se constitue de clarinettes, un saxophone alto, une trompette, un violoncelle, un accordéon, un piano, un orgue électrique et des percussions, joués par six musiciens. Variété fut le point de départ d'une longue aventure au sein de l'oeuvre assez prolixe de Mauricio Kagel. C'est dans la même période où j'ai découvert le fameux Requiem de Ligeti. Je l'avais d'abord découvert par le film L'Odyssée de l'Espace de Kubrick, puis sur disque. Si j'aime ce Requiem, j'ai écouté quelques autres oeuvres du maître hongrois, notamment un concerto pour violon, mais le déclic n'a pas vraiment eu lieu comme ce fut le cas avec Kagel qui a provoqué chez moi une véritable fringale pour son oeuvre. Je me suis d'ailleurs récemment procuré deux albums contenant beaucoup de choses qui me sont encore inédites: Die Stücke der Windrose für Salonorchester par l'Ensemble Aleph et Quirinus' Liebeskuss pour ensemble vocal et instruments, Serenade für drei Spieler pour flûtes, guitare, mandoline, banjo, ukulele et percussion, Doppelsextett pour ensemble instrumental. Mon immersion dans le monde sonore de Mauricio Kagel n'est pas prêt de s'achever.
Revenir en haut Aller en bas
laudec

avatar

Nombre de messages : 3393
Age : 65
Date d'inscription : 25/02/2013

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Ven 9 Juin - 22:32

Très intéressant ce parcours avec balises que je tente de suivre mais il y a tant de découvertes à faire pour moi que je me sens un peu perdue. Je viens de découvrir Ivan le Terrible de Prokofiev, suis très impressionnée, quelle musique et quelles voix aussi , j'y ai consacré ma soirée. Bien d'autres présentations m'ont ravie mais je n'ai pas suffisamment de temps pour y réagir, peut-être plus tard ...
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2692
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Ven 9 Juin - 23:03

Merci Icare, merci pour ces belles découvertes. Je suis comme Laudec, je ne sais plus trop où donner de l'oreille faute de temps.
Dans mon message que j'ai envoyé hier et qui n'est pas arrivé.., c'était en réponse à toi Icare, sur ta découverte de Bach, "le Clavier bien tempéré" et "l'Art de la Fugue". Moi aussi, je suis marquée "au fer rouge".
Je disais que mon choc Bach avait eu lieu dès l'enfance avec les cantates que maman écoutait (je les écoutais un peu distraite, tellement de musique autour de moi.., et la vraie découverte des cantates a eu lieu bien plus tard).
Je rappelais que Mozart a découvert la musique de Bach dans la bibliothèque du Baron Van Swieten, dans les années 1780. Il a été enthousiasmé par "le clavier..", "l'art de la fugue" (également par Haendel). Un cercle s'était créé, "les Cavaliers associés", dont l'un des buts était l'interprétation en concert de grandes oeuvres chorales. Mozart en fut le directeur musical. entre 1788 et 1791. Mozart a fait d'ailleurs plusieurs arrangements d'oratorios de Haendel, et mais surtout d'adagios et de fugues de Bach (adaptations pour cordes, par exemple, envisageant des ensembles d'assez grande envergure , même au-delà du simple quatuor, etc..). C'est compliqué, j'ai une remarquable exégèse du musicologue Andreas Friesenhagen.
La vidéo que j'ai envoyé lors de mon dernier message, concerne un CD rare de 2014, d'Harmonia Mundi, Akademie für Alte Musik Berlin (eux, ils sont exceptionnels !) : Adagios et Fugues after J.S. Bach (c'est à dire arrangements de Mozart "d'après" J.S. Bach), en total respect avec la mélodie première et les tempi.
Je cite : "Mozart développe ses thèmes avec une très grande rigueur,et les fugues -on parle surtout de K 405-, ne comprennent pour ainsi dire pas une mesure de laquelle le début du thème ou sa poursuite seraient absents. Pour ce faire, il recourt aux techniques contrapuntiques les plus ambitieuses : la strette, les entrées en imitation serrée, le renversement du sujet, comme s'il voulait apporter la preuve de la maîtrise de l'écriture fuguée".
Les oeuvres furent publiées en 1788 à Vienne, puis plus tard, voire des redécouvertes en 1964.
Cette découverte-choc de Mozart sur les oeuvres de son ancêtre, ses témoignages par lettre à son père... , c'est bouleversant.

(donc cf. vidéo plus haut)
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11313
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Kilar   Sam 10 Juin - 19:34

Merci Laudec & Anouchka pour vos témoignages! Aujourd'hui, je m'approche de la fin de mon cycle, non pas que je n'ai plus rien à témoigner sur ce sujet mais parce qu'il faut bien une fin à tout, ce qui ne veut pas dire que ce topic ne doit pas continuer de vivre au travers d'autres parcours rétrospectifs. Mon dilemne de ce jour fut de choisir le compositeur contemporain que j'allais évoquer parmi ceux qui me sont tout aussi importants mais sur lesquels je ne m'arrêterai pas, le temps d'une oeuvre, le temps d'une écoute. J'aurais pu, par exemple, m'arrêter sur Frank Martin qui compte pour moi autant qu'Arthur Honegger et que j'aurai découvert et approfondi que quelques temps après lui. J'aurais pu m'arrêter sur Olivier Messiaen et André Jolivet ou encore Marius Constant et Marcel Landowski, autant de compositeurs français des générations après Ravel qui m'ont beaucoup intéressé. Toujours en France, j'aurais quand même pu m'arrêter sur Maurice Ohana même si je n'ai pas approfondi son oeuvre. Il n'y avait pourtant aucune raison pour que ce ne soit pas le cas. La première oeuvre contemporaine française qui m'a touché était de Ohana, une oeuvre vocale en 33 tours. Et ce fut bien avant Messiaen, Dutilleux, Jolivet et Constant. Objectivement, cette oeuvre vocale de Maurice Ohana que je n'avais pas rachetée en cd et dont j'ai fini par oublier le titre fut un véritable point de départ vers la musique savante française de la seconde moitié du vingtième siècle. C'est récemment que je me suis procuré de nouvelles oeuvres de ce compositeur. Je ne comprends pas pourquoi j'ai délaissé Ohana après ce 33 tours qui m'avait pourtant beaucoup plu. Je n'ai aucune réponse logique à apporter. Sinon, parmi les compositeurs contemporains étrangers sur lesquels j'aurais pu m'arrêter, il y a Manos Hadjidakis, Tadeusz Baird, Lutoslawski, Denisov, Corigliano, Poul Ruders, Tan Dun, Petrassi, That-tiêt..., sans compter certains compositeurs qui ont surtout oeuvré pour l'image comme Carlo Crivelli, Franco Piersanti, Bruno Coulais, Kaczmarek, Karaindrou, Alberto Iglesias... et avec lesquels je fus assez complétiste.

Le compositeur que j'ai choisi parmi tous ceux-là est le Polonais Wojciech Kilar, un compositeur qui s'est à la fois illustré dans le domaine du concert et dans celui de l'image. C'est sur une de ses oeuvres que je me suis arrêté aujourd'hui, pas celle par laquelle j'avais découvert ce formidable créateur: la première musique que j'ai écoutée de Kilar fut Le Roi et l'Oiseau, fabuleuse partition composée pour le film d'animation du même nom. Aujourd'hui, j'ai préféré, à l'inverse, réécouter l'une des dernières compositions que j'ai découvertes de lui et qui est un poignant hommage aux victimes du 11 septembre, une symphonie. L'oeuvre s'intitule September Symphony (2003), en quatre mouvements, et est interprétée par le "Warsaw Philharmonic Symphony Orchestra" sous la direction d'Antoni Wit. Je ne l'ai jamais autant "comprise" et appréciée qu'aujourd'hui, peut-être parce qu'elle est parfaitement en phase avec le climat dramatique de notre époque...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les balises du mélomane
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Communauté :: Discussions sur la musique-
Sauter vers: