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 Les flûtes enchantées sans Mozart...

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Icare
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MessageSujet: Vidal   Lun 22 Mai - 23:07

Je vais revenir à la flûte à bec par le flaviol ou fluviol ou encore flabiol qui est un instrument de musique à vent catalan. C'est une petite flûte à bec (un petit flageolet) utilisé(e) dans les cobles en Catalogne qui s'utilise comme le txistu basque et le galoubet provençal. Comme eux, il se joue le plus souvent de la main gauche, la droite donnant la rythmique sur un petit tambour ou tamborí. Toutefois, il ne s'agit pas d'une flûte à une main, les notes les plus graves de l'instrument se jouent de la main droite. J'ai plus particulièrement profité de sa volatilité et vivacité au sein d'un jazz original et vivifiant; Variants de Color et Simfonieta Concertant per a Cobla  i Quatre Instruments Solistes de Juan Albert Amargos et plus encore La Llegenda de Sant Jordi de Lluis Vidal qui se divise en quatre mouvements. C'est un jazz atypique, du moins par les instruments principaux tels que le flabiol, le tible et le tenora qui apporte une couleur insolite, inhabituelle dans un ensemble de jazz. Biensûr, ces instruments ne suffisent pas à faire la musique mais je trouve que l'oeuvre de Lluis Vidal est vraiment inspirée, plus que les deux compositions d'Amargos que j'aime bien aussi, ceci-dit mais à un niveau moindre. Il m'avait davantage subjugué avec son Northern Concerto que je mentionne élogieusement plus haut. Le joueur de flabiol s'appelle Xavier Torrent et fait partie de l'ensemble instrumental "Cobla Sant Jordi - Ciutat de Barcelona" pour lequel les oeuvres de Vidal et Amargos ont été composées.
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Icare
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MessageSujet: Haendel   Mar 23 Mai - 21:48

J'ai refait un nouveau grand écart en arrière tout en restant dans le vaste monde de la flûte à Bec, ce qui ne sera pas pour déplaire à Laudec. Cette fois, j'ai frappé à la porte de Georg Friedrich Haendel et de ses Sonates pour flûte à bec et basse continue par l'Ensemble Fitzwilliam:
Jean-Pierre Nicolas (flûte),
Bruno Cocset (violoncelle),
Pascal Monteilhet (théorbe),
Michèle Dévérité (clavecin)
C'est une belle expérience dans l'univers de la musique classique que ces Sonates pour flûte à bec de Haendel, parce qu'au départ, lorsque je me suis procuré ce cd et l'ai écouté pour la première fois, je ne fus que moyennement emballé, comme je le suis avec les Concertos pour flûte de Telemann à l'exception de celui qui fait cohabiter chaleureusement la flûte, le hautbois d'amour et la viola d'amour. Si au fil des écoutes et du temps mon enthousiasme pour les concertos de Telemann reste assez timide, celui pour les Sonates de Haendel n'ont jamais cessé d'augmenter, au point qu'aujourd'hui, je considère ce disque comme l'une des plus belles acquisitions de ma collection classique et biensûr baroque.

Voilà ce qu'en dit d'ailleurs leur principal interprète, Jean-Pierre Nicolas:

<<Oeuvres majeures de la musique instrumentale de la première moitié du XVIIIème siècle, ces sonates attirent l'attention tant par le génie expressif de ses mélodies cantabile que par l'étonnante densité d'écriture du continuo, intensifiant le discours ou rivalisant de virtuosité avec la flûte. La grande diversité de caractères de ces oeuvres, soulignée par le rôle essentiel de la basse continue nous a incités à rechercher une alchimie particulière pour chaque sonate, voire pour chaque mouvement en associant ou en alternant le théorbe, l'orgue ou le clavecin, le violoncelle ou la "douce" basse de violon. Dans ces sonates, le dialogue entre dessus et basse représente une véritable joute tantôt ludique ou tendre, tantôt vive ou frénétique qui demande à la flûte de rivaliser sans cesse avec le continuo notamment dans les mouvements rapides. La prise de son a respecté cet esprit du concert en évitant l'image stéréotypée du soliste et de ses accompagnateurs. >>
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laudec

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Mar 23 Mai - 23:48


Icare a écrit:
restant dans le vaste monde de la flûte à Bec, ce qui ne sera pas pour déplaire à Laudec. Cette fois, j'ai frappé à la porte de Georg Friedrich Haendel et de ses Sonates pour flûte à bec et basse continue par l'Ensemble Fitzwilliam:

En effet, tu le sais bien Icare, dès que l'on parle de flûte à bec, je sors mes antennes Laughing Je connais très peu Jean-Pierre Nicolas et son ensemble Fitzwilliam, voilà l'occasion de m'y intéresser de plus près. J'ai trouvé sur YT une sonate en ré mineur de Haendel jouée par cet ensemble : ici.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Mer 24 Mai - 0:47

Je n'ai pas suivi ce fil, avec un mois de mai trop occupé, pas beaucoup de temps hélas pour les forums..
Je le lirai mieux demain. J'ai dû entendre il y a longtemps les sonates de Haendel, mais en tout cas, celles de Telemann, je les connaîs très bien, je les ai dans ma CDthèque quelque part (bonne occasion que ce fil pour le rechercher).
La flûte est très à l'honneur dans ma chorale, nous chantons plusieurs oeuvres accompagnées par la flûte, en particulier "la Sicilienne" de Fauré (je crois que je vous l'avais envoyée sur le fil "coup de coeur"). Egalement, de Fauré toujours, "le cantique de Jean Racine", chef d'oeuvre s'il en est.
Une question, Laudec : Quand tu t'es mise aux cours de flûte, pourquoi ton choix s'est-il porté sur la flûte à bec plutôt que la traversière ? 
J'entends beaucoup de flûte dans tout ce que j'écoute sur les chaînes musicales, il y a de très beaux solos, très souvent (en particulier chez Debussy récemment,  il faudra que je retrouve). 
Egalement bien sûr comme vous le dites, sur la musique baroque. Jordi Savall en fait un instrument star dans bien de ses concerts.

Bach : Sonate pour flûte et continuo en mi mineur, BWV 1304 :
3ème mouvement - Andante. 4ème mvt - Allegro
Jean-Pierre Rampal, flûte - Robert Veyron-Lacroix, clavecin
Jordi Savall, viole de gambe
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Icare
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MessageSujet: Fazil Say   Mer 24 Mai - 18:47

Je ne pouvais guère ouvrir un fil autour des flûtes sans évoquer l'une des plus envoûtantes d'entre elles, le Ney. C'est par le concerto "Hezarfen" pour ney et orchestre de Fazil Say que je l'ai une nouvelle fois abordé. Une nouvelle fois, j'ai été transporté par sa grande force poétique, ses orchestrations, ses timbres et ses couleurs. Le troisième mouvement qui exprime l'envol d'Herzafen, est un chef-d'oeuvre à lui-seul. J'adore la construction de ce morceau, tous ces sons superbement agencés qui gravitent autour du Ney si magnifiquement joué par Burcu Karalag.

__<<Avec "Hezarfen", j'ai composé un concerto pour ney et orchestre dont le sujet trouve ses origines à Istanbul. Hezarfen est le prénom du pionnier de l'aviation ottoman Hezarfen Ahmet Celebi qui a réussi en 1632 à couvrir une distance de trois kilomètres avec des ailes de sa fabrication. Parti du haut de la Tour de Galata dans le quartier de Beyoglu, il a volé vers l'est traversant le Détroit du Bosphore pour attérir neuf minutes plus tard à Üsküdar. Parallèlement aux instruments turcs traditionnels que sont le ney, le kudüm et le bendir, j'ai fait appel à des instruments insolites comme le waterphone, le Drum UFO et Oscar dans le troisième mouvement "Le Vol".>> Fazil Say
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Icare
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MessageSujet: Schnyder   Mer 24 Mai - 22:56

Je n'allais certainement pas abandonner le Ney même si le concerto de Fazil Say m'a comblé à lui-seul! Non. Je me suis rappelé d'un merveilleux album qui emmène le ney dans un jazz arabisant et qui s'apprécie comme une grande fête des instruments et des instrumentistes. Il s'agit de l'album Arabian Nights qui regroupe des pièces entre jazz et Orient composées non seulement par Daniel Schnyder mais aussi par Marcel Khalifé, Dhafer Youssef. Schnyder nous offre un superbe Concerto pour Ney avec un soliste merveilleux du nom de Bassam Saba. On y entend aussi du oud également joué par Bassam Saba mais aussi Marcel Khalifé, instrument assez inhabituel dans l'univers du jazz. Ne pas y voir pour autant un métissage surfait, au contraire, il s'agit ici de communion, de rencontre, de convivialité et surtout de sincérité, l'amour de jouer ensemble une musique sans frontière qui respire la fête, l'excellence de jeu des musiciens, la valeur de l'instrument, le lien intime qu'il tisse entre lui et l'auditeur...
Un morceau m'a particulièrement touché: "La Prière de l'Absent". Mais il y a d'autres moments magnifiques...
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 0:33

Très intéressant. Grâce à toi, je découvre "le ney", et je suis allée voir sur Wikipédia, son historique.
Je l'avais déjà entendu sur des concerts de Jordi Savall (des dernières années, concerts où il délaissa un temps le baroque, mais portés sur la découverte du Moyen-Orient :  par exemple, Syrie et Turquie).
Quant au "jazz arabisant", comme tu l'appelles, il est de plus en plus présent, on en entend pas mal sur les chaînes Mezzo : 
Intermezzo et Mezzo Live, le soir (avec tous leurs instruments). J'aime beaucoup, justement pas mal de mélopées qui adoucissent le rythme parfois trop effréné du jazz classique.
Quant à Fazil Say, il est génial, on en a déjà parlé sur d'autres fils... (pour le piano). Un sacré créatif, celui-là, effectivement, et complètement en-dehors des schémas classiques, ce qui est formidable.
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laudec

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 11:26


Anouchka a écrit:
Une question, Laudec : Quand tu t'es mise aux cours de flûte, pourquoi ton choix s'est-il porté sur la flûte à bec plutôt que la traversière ?

Même si j'aime écouter la flûte traversière, c'est une flûte qui ne me tente pas en tant qu'instrument de musique. Trop sophistiqué pour moi, il ne me ressemble pas. La flûte à bec, je peux presque m'y identifier, ce bout de bois troué m'est infiniment sympathique et les sons qu'il produit me font vibrer bien plus que ceux de la traversière Wink Je préfère également les flûtes plus sauvages comme dit Icare, shakuhachi, duduk, ney, didgeridoo... une famille qui me transporte loin, très loin

Icare a écrit:
Schnyder nous offre un superbe Concerto pour Ney avec un soliste merveilleux du nom de Bassam Saba. On y entend aussi du oud également joué par Bassam Saba mais aussi Marcel Khalifé, instrument assez inhabituel dans l'univers du jazz. Ne pas y voir pour autant un métissage surfait, au contraire, il s'agit ici de communion, de rencontre, de convivialité et surtout de sincérité, l'amour de jouer ensemble une musique sans frontière qui respire la fête, l'excellence de jeu des musiciens, la valeur de l'instrument, le lien intime qu'il tisse entre lui et l'auditeur...

Tout ce que j'aime   Tout ce qui fait la beauté d'une découverte et d'une journée parfois
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Icare
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MessageSujet: Weinberg   Jeu 25 Mai - 12:35

Pareil que Laudec, pas en tant que praticien car je ne pratique pas, mais en tant qu'auditeur uniquement, la flûte à bec me transporte davantage que la traversière, ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas la traversière. Après, ça dépend aussi de l'oeuvre musicale. Par exemple, la flûte traversière de Marianne Eckstein dans Il Prato d'Ennio Morricone me fait carrément fondre.

Puisque l'on parle d'ailleurs de flûte traversière, sous le talent d'Anders Jonhäll, elle illumine les deux concertos de Mieczyslaw Weinberg que je viens de réécouter ce matin; tout d'abord le Concerto n°2 pour flûte et orchestre, Opus 148 et puis, tout de suite après, le Concerto n°1 pour flûte et orchestre à cordes, Opus 75. Ce fut exactement le genre de musique vivante et plus classique dont j'avais envie. Quelque chose de positif, d'optimiste, ressort de ces deux concertos qui, d'une certaine manière, se ressemblent assez dans ce qu'ils expriment. J'y trouve un aspect fleuri et printanier, mais aussi des éléments purement musicaux comme une belle virtuosité du soliste. Nous ne sommes pas dans une ballade tranquille, pépère, au milieu des chants d'oiseaux et des arbres en fleurs. Anders Jonhäll transcende les passages les plus difficiles avec classe et dextérité.
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joachim
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 12:52

J'ai écouter beaucoup d'oeuvres de Weinberg au moins une trentaine), mais je ne connaissais pas ses concertos pour flûte. Apparemment on ne trouve pas le deuxième concerto sur youtube, mais à en juger par le premier, j'aime beaucoup. Merci pour la découverte.

https://www.youtube.com/watch?v=G4NmO5uEoJ8

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Icare
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 15:53

A mon avis tu aimerais très probablement le second. Wink
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Icare
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MessageSujet: Artemiev   Jeu 25 Mai - 17:30

J'ai eu envie de réécouter, aujourd'hui, une musique de film et notamment un thème principal particulièrement envoûtant, qui m'a toujours envoûté par une flûte solo qui, à elle seule, exprime l'infinité des steppes d'Asie. Le film de Nikita Mikhalkov s'intitule Urga et la musique est signée Eduard Artemiev. <<Le mot "URGA"  est étrange pour un grand nombre de personnes. Pour les uns, ce n'est qu'un bâton avec un noeud au bout, avec lequel les bergers mongols attrapent les bêtes, mais pour un homme qui vit durant des siècles dans la steppe, "URGA" c'est le symbole de l'amour, de la solitude et du pouvoir sur cet espace sans fin qu'est la steppe. Et comme je l'ai dit plus haut, la flûte solo du magnifique thème principale exprime cette immensité. Elle fait partie des flûtes magiques de Guy Bertrand. Mais qui est donc ce monsieur?

Guy Bertrand est un musicien et ethnomusicologue. Il a reçu une formation classique au conservatoire à rayonnement régional de Toulouse (flûte). Il est directeur musical du Conservatoire Occitan et des Ballets occitans de Toulouse au cours des années 1980. Il devient ensuite enseignant d'ethnomusicologie à l'Université du Mirail de Toulouse avant d'ouvrir le département de musiques traditionnelles au conservatoire de Perpignan. Il est actuellement directeur de La Mounède, la scène des musiques du monde de Toulouse qui pilote Niglo, festival des musiques manouches.
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Icare
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MessageSujet: Jolivet/Tanguy   Jeu 25 Mai - 19:57

Parler des flûtes et créer un topic à cette occasion, c'est aussi évoquer des solistes d'exception. Je pense que Jean-Pierre Rampal, de renommée internationale, en fait partie. Il a un très beau palmarès à son actif. Cependant, ce n'est ni par Mozart ni par Poulenc que j'ai choisi de l'aborder cette fois-ci. J'ai opté pour une oeuvre moins facile d'accès pour moi que le concerto dans la mesure où il s'agit de pièces pour flûte seule d'André Jolivet réunies sous le titre Incantations (1936), sur une durée qui dépasse les 17 minutes. Comme je l'ai déjà écrit ici, plusieurs fois, il y a des instruments que j'ai un peu plus de mal à apprécier sans accompagnement surtout si la pièce en question est plutôt longue. C'est peut-être un peu paradoxal en même temps car je suis très attaché aux instruments et apprécie généralement les oeuvres qui savent les mettre en valeur, leur offrir un rôle de soliste. J'ai donc écouté ces Incantations de Jolivet par Rampal en essayant d'accrocher toute mon attention sur le jeu de la flûte. Ce ne fut quand même pas un moment désagréable ou trop ennuyeux mais je suis sûr que Pastorales de Noël pour flûte, basson et harpe (1943) du même compositeur, serait mieux passée, m'aurait davantage séduit. Mes choix ne se prêtent pas toujours à ce qui me caresse dans le sens du poil, puis, de toute façon, ce soir, je vais retrouver Jean-Pierre Rampal avec un très beau concerto d'un compositeur tchèque, Jindrich Feld.

Dans cette idée de poursuivre avec des oeuvres qui ne me caressent pas forcément dans le sens du poil, j'ai réécouté le Concerto pour flûte et orchestre d'Eric Tanguy par Pierre-Yves Artaud, l'Orchestre de Caen sous la direction de Claude Bardon. L'oeuvre est extrêmement difficile et virtuose, pas étonnant donc qu'elle fut interprétée par PYA qui est en quelque sorte un grand habitué et spécialiste du répertoire contemporain. Chez Tanguy, j'ai toujours trouvé plus digeste son concerto pour flûte que son concerto pour violon avec lequel il est couplé. J'ai même pensé jusqu'à aujourd'hui que je l'aimais bien...mouais...Peut-être n'at-il pas correspondu à mon aspiration du moment...voire n'a-t-il pas été d'une grande inspiration pour moi...mais je l'ai trouvé trop technique et, par conséquent, trop oppressant, étouffant. J'aurais aimé quelques répits, quelques instants plus élevés, plus méditatifs, une meilleure proximité avec la flûte...Non, j'ai surtout imaginé la transpiration du soliste et ce n'est pas nécessairement ce que j'attends d'un concerto.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 20:17

Merci pour tous ces messages.. Vous avez de la chance d'avoir un peu de temps, en ce moment j'en manque beaucoup trop hélas. 
Merci Laudec pour ton explication, que je comprends fort bien.
A propos de Jean-Pierre Rampal, je ne connaîs pas toutes les oeuvres que tu cites, Icare, mais j'en possède certaines et j'en ai écouté pas mal. Je le trouve absolument fabuleux..... 
Je ne suis pas assez experte sur ces instruments, pour savoir vraiment quelle flûte je préfère. Je laisse mes écoutes couler en moi comme une source, c'est tout. 
Joachim et Icare, question perso mais bon je ne vais pas envoyer un MP pour cela : Pratiquez-vous un instrument de musique, et si non, lequel vous aurait tenté ? (on ne va peut-être pas créer un fil pour ça..).
J'avoue humblement que je n'ai jamais pensé à la flûte, parce que mes parents m'ont fait apprendre le piano très jeune, et cela m'a emballée. Ensuite, plus rien d'autre. Comme le dit Evan notre nouvel inscrit, le piano c'est déjà bien difficile.
Je pense qu'il faut un sacré souffle pour jouer de la flûte, n'est-ce-pas Laudec ? Le genre de souffle qui se travaille (comme un choriste), avec des exercices genre yoga respiratoire ?
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joachim
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 20:26

Anouchka a écrit:
Joachim et Icare, question perso mais bon je ne vais pas envoyer un MP pour cela : Pratiquez-vous un instrument de musique, et si non, lequel vous aurait tenté ? (on ne va peut-être pas créer un fil pour ça..).

Non, pas moi (ni Icare je crois). Je ne m'intéressais pas particulièrement à la musique dans mon enfance, en tout cas pas au point de chercher à apprendre un instrument. D'ailleurs mes parents n'auraient pas eu les moyens de me donner des cours de musique.

Plus tard, si j'avais pu choisir, ça aurait été le piano. Mais de toute façon, j'aurais mal vu un piano dans notre petit appartement Laughing
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 20:33

Et maintenant ? Il n'est pas trop tard et tu peux, si tu n'as pas de place, prendre des cours dans une école de musique et t'y exercer régulièrement (et t'exercer à la maison alors, avec non un piano, mais un clavicorde ou petit genre, avec ou sans trépied). Il en existe qui ont presque 7 octaves.
Bon, ne soyons pas HS...  Laughing
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laudec

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 20:43

Anouchka a écrit:
Je pense qu'il faut un sacré souffle pour jouer de la flûte, n'est-ce-pas Laudec ? Le genre de souffle qui se travaille (comme un choriste), avec des exercices genre yoga respiratoire ?


Non, il ne faut pas un souffle exceptionnel pour jouer de la flûte à bec, ce n'est pas comme pour la trompette Hehe mais la respiration doit être régulière, légère et souple, ce n'est pas facile surtout  quand on est stressé et là, il est vrai que les exercices de yoga respiratoire peuvent avoir tout leur intérêt Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Jeu 25 Mai - 21:06

joachim a écrit:
Anouchka a écrit:
Joachim et Icare, question perso mais bon je ne vais pas envoyer un MP pour cela : Pratiquez-vous un instrument de musique, et si non, lequel vous aurait tenté ? (on ne va peut-être pas créer un fil pour ça..).

Non, pas moi (ni Icare je crois). Je ne m'intéressais pas particulièrement à la musique dans mon enfance, en tout cas pas au point de chercher à apprendre un instrument. D'ailleurs mes parents n'auraient pas eu les moyens de me donner des cours de musique.

Plus tard, si j'avais pu choisir, ça aurait été le piano. Mais de toute façon, j'aurais mal vu un piano dans notre petit appartement Laughing

Un peu comme Joachim. Si j'avais choisi un instrument, ça aurait été le piano. J'ai été familiarisé à la flûte à bec par l'école mais ma passion pour la musique n'est pas née de cette expérience-là.
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Icare
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MessageSujet: Feld   Jeu 25 Mai - 22:28

<<Jean-Pierre Rampal savait parler avec la musique. On dit qu'elle parle du coeur et chez lui c'était vrai. Il la sentait et faisait chanter ce qu'il sentait.>> Jindrich Feld.

Comme prévu, j'ai retrouvé Jean-Pierre Rampal avec le très beau Concerto pour flûte et orchestre du compositeur tchèque Jindrich Feld. L'enregistrement a beau dater d'avril 1958 à Prague, le son passe très bien. J'irai même jusqu'à dire que le son un peu "ancien" qui s'en échappe lui confère un charme supplémentaire. Les enregistrements avant 1960 sont loin de me faire toujours cet effet-là, alors j'en profite. Biensûr, je ne cracherais pas sur une nouvelle interprétation avec un nouvel enregistrement car j'aime suffisamment ce concerto pour m'en offrir une nouvelle version. Mais, dans cet enregistrement de 1958 tout-à-fait potable, je profite aussi de la merveilleuse interprétation de Jean-Pierre Rampal. Les trois mouvements qui constituent ce concerto sont réussis à mon goût, avec très certainement une prédilection pour le troisième, "Allegro vivace" qui aboutit sur une mélodie exquise et superbement développée. Si le concerto d'Eric Tanguy m'a pressé, oppressé, compressé, étouffé, celui de Jindrich Feld m'a détendu, élargi, fut pour moi une grande respiration musicale, un beau souffle lyrique.
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Icare
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Ven 26 Mai - 11:12

Je me rends compte que j'aime vraiment bien la musique de Jindrich Feld. J'ai réécouté, ce matin, alors que l'été bat son plein à l'extérieur, son Nocturne pour flûte et trio à cordes (2002) par l'Ensemble Hélios qui se compose de Christel Rayneau (flûte), Suzanne Marie (violon), Fabienne Stadelmann (alto), Claire Oppert (violoncelle) et Musique Concertante pour 24 flûtes (2000) par l'Orchestre de Flûtes Français sous la direction de Pierre-Alain Biget. Si la Musique Concertante avec ce choeur de 24 flûtes m'a paru géniale - je crois ne l'avoir jamais autant appréciée que lors de cette nouvelle écoute - écrite pour 24 flûtes sur douze voix dédoublées, elle met en valeur tout le potentiel instrumental de l'O.F.F., du piccolo jusqu'à l'octobasse, de manière virtuose et spectaculaire - son Nocturne développe une musique qui ne s'enferme jamais dans une virtuosité trop éprouvante, sait créer une aération, une respiration, un moment de recueillement, la dernière partie étant particulièrement émouvante par la douceur exprimée, cette flûte qui s'assagit sur du velours...Comme pour la "Musique Concertante", il y a de la virtuosité et de la rigueur, mais tout ça est assoupli par un sens réel de la fantaisie que le compositeur sait exprimer dans son oeuvre.
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MessageSujet: Hurel   Ven 26 Mai - 16:51

Comme prévu, j'ai réécouté Phonus ou la voix du faune pour flûte et orchestre (2004) de Philippe Hurel, par Benoît Fromanger, l'Orchestre Philharmonique d'Oslo, dirigé par Christian Eggen. Ce "Phonus" qui fait référence au Prélude  à l'Après-midi d'un Faune de Claude Debussy me fait plus d'effet que le concerto pour flûte d'Eric Tanguy que j'ai réécouté un ou deux jours plus tôt. Je crois que Phonus me plait encore plus juste après le cri de rage du soliste qui est devenu un point de scission dans mon écoute du concerto ou un point de repère. J'ai l'impression, toute personnelle biensûr, qu'il y a deux étapes, une avant le cri de rage et une autre après, la seconde m'étant idéale avec ses rythmes sourds, le flottement de la flûte et les irruptions brutales de l'orchestre. J'adore ça.
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MessageSujet: Petrassi   Ven 26 Mai - 18:28

Eh ben moi, clopin-clopan, je continue ma petite escale dans le vaste monde de la flûte, majoritairement celle du XXème siècle - je sens Joachim se désespérer - mais qu'il ne s'inquiète pas car, ce soir, contrairement à ce que le titre du topic laissait entendre, je vais réécouter les Concertos pour flûte n°1 & 2 + l'Andante en do majeur K315 de notre tendre et aimé Wolfgang Amadeus Mozart, par Aru Gülsen Tatu et le "Salzburg Mozart Soloists". Je les ai toujours aimés et même si j'avais pensé dans un premier temps les réserver pour un futur cycle autour de la flûte, l'envie de les réécouter ce soir fut la plus forte. Mais, pour le moment, c'est une musique d'un tout autre style que je viens de réécouter, bien que l'on reste dans le domaine du concerto pour flûte et orchestre avec celui de 1960 composé par Goffredo Petrassi et interprété dans la version que j'ai par Giampaolo Pretto, l'"Orchestra del Maggio Misicale Fiorentino" sous la direction d'Arturo Tamayo. Voilà ce que j'en avais dit précédemment sur le topic consacré au compositeur lors d'une discussion avec Joachim:

<<Tiens, c'est marrant, en réécoutant le Concerto pour flûte, je n'y ai pas retrouvé cette "intransigeance atonale" et "radicalité", termes que j'ai employés dans l'un de mes précédents commentaires. Ce soir, après avoir réécouté ce Concerto entre d'autres oeuvres de Goffredo Petrassi, je trouve désormais ces termes un peu excessifs. J'y ai même ressenti à un moment donné une certaine douceur appuyée par une guitare d'une grande sobriété de ton. J'ai été séduit par cette indicible douceur et même si elle ne domine pas toute l'oeuvre qui connait effectivement des moments bien plus virulents, elle participe malgré tout à son caractère. Elle est l'aspect qui a le mieux retenu mon attention cette fois-ci...Cette douceur, cette guitare qui escorte une flûte volatile dans une fragilité qui leur est soudainement commune...>>

C'est d'ailleurs curieux que d'une écoute à l'autre notre oreille ne focalise pas systématiquement sur les mêmes "détails", les mêmes éléments. Si j'en crois mon dernier commentaire sus-mentionné, j'y évoque la douceur d'une guitare qui accompagne la flûte volatile...Cette fois, ce n'est pas du tout cet aspect-là du concerto de Petrassi qui m'a saisi, c'est davantage le jeu des petites percussions qui traversent l'oeuvre et me donnent l'illusion d'une approche autonome par rapport à l'orchestre. Ce n'est pas une musique qui me touche viscéralement, m'ébranle de l'intérieur, plutôt une musique qui suscite en moi une admiration visuelle, comme la toile d'un grand peintre qui me saisit par ses gestes, ses couleurs, ses contrastes et ses nuances...ou quelque-chose comme ça...Pas toujours facile d'exprimer un ressenti...
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Icare
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MessageSujet: Mozart   Ven 26 Mai - 22:13

Icare a écrit:
Eh ben moi, clopin-clopan, je continue ma petite escale dans le vaste monde de la flûte, majoritairement celle du XXème siècle - je sens Joachim se désespérer - mais qu'il ne s'inquiète pas car, ce soir, contrairement à ce que le titre du topic laissait entendre, je vais réécouter les Concertos pour flûte n°1 & 2 + l'Andante en do majeur K315 de notre tendre et aimé Wolfgang Amadeus Mozart, par Aru Gülsen Tatu et le "Salzburg Mozart Soloists". Je les ai toujours aimés et même si j'avais pensé dans un premier temps les réserver pour un futur cycle autour de la flûte, l'envie de les réécouter ce soir fut la plus forte.

Voilà! C'est fait. Bon, dans ces concertos, ce sont toujours les andantes ou les adagios que je préfère, là où Mozart touche au sublime.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Ven 26 Mai - 23:38

Icare a écrit:
ce sont toujours les andantes ou les adagios que je préfère, là où Mozart touche au sublime
Eh oui, Mozart est le plus sublime...., sur la flûte.... d'une part.. ; et en général dans ses concertos, oh oui sur les andantes et les adagios qui atteignent des vertiges de spiritualité et de quintessence mélodique "pure", sans aucun pathos.

Dommage que Beethoven ne s'y soit pas plus intéressé...(à la flûte). 
Bon, le fil indique "sans Mozart", mais franchement... on ne va qu'être ravis de ce rappel !  Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Les flûtes enchantées sans Mozart...   Sam 27 Mai - 17:46

Si j'avais écrit dans mon titre "sans Mozart" c'était pour qu'il n'y ait aucune confusion avec "Les flûtes enchantées" et différentes versions de l'opéra du même nom.

Mon cycle se termine. Je n'avais pas prévu le conclure aujourd'hui car J'envisageais d'autres écoutes, par exemple du côté de Giorgio Gaslini, Antoine Tisné, Penderecki, Sallinen, Takemitsu... mais j'ai décidé de passer à d'autres horizons musicaux, sachant que j'en commencerai probablement un autre dans les prochains mois, au plus tard dans un an. D'ici là, j'aurai peut-être découvert d'autres raretés dans le domaine des flûtes. Alors, puisque j'ai décidé de clore ce chapitre en ce beau samedi ensoleillé, j'ai choisi comme conclusion la flûte de pan, je l'ai choisie double, c'est-à-dire par deux interprètes d'exception; Felice & Raffaele Clemente, sur une pièce d'Ennio Morricone, compositeur par lequel j'ai eu la joie de les découvrir:

https://www.youtube.com/watch?v=rqre0jAq724
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