Forum sur la musique classique
 
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 La musique brésilienne

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laudec

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MessageSujet: La musique brésilienne   Dim 29 Jan - 9:53

La musique brésilienne jouit d'un triple héritage : amérindien, européen (principalement portugais) et africain, d'où sa grande diversité.
Au Brésil chaque région possède une tradition et une culture musicale qui lui est propre.

Un peu d'histoire

Avant d'aborder la tradition, un bref résumé de ce qui nous est le plus familier, notre héritage classique exporté (si pas imposé...)

Musique classique et sacrée

À la suite de l'arrivée des Jésuites la musique baroque (baroco mineiro) et le chant grégorien furent introduits dès 1549.

La musique dite classique est représentée par plusieurs compositeurs dont José Maurício Nunes Garcia (1767-1830), Antonio Carlos Gomes (1836-1896), Elias Álvares Lobo (1834-1901), Brasílio Itiberê (1848-1913), Heitor Villa-Lobos (1887-1959). Camargo Guarnieri (1907-1993), Cláudio Santoro (1919-1989) et Osvaldo Lacerda (1927-2011).

Elle s'est scindée au début du XXe siècle entre l'École de Musique Nationale, qui inclut des éléments autochtones, et le Mouvement de Musique Vivante (movimento Música Viva), qui procède à l'expérimentation atonal-dodécaphonique, sous l'orientation de Hans-Joachim Koellreutter (ancien élève de Hermann Scherchen, qui arrive au Brésil en 1937)1.

Les folias-de-reis sont des chants et des processions à l'occasion des fêtes de la Nativité. Du même genre, se réclame le baile pastoril, sorte de théâtre. Le cururu, le siriri et le cateretê sont quant à eux, des louanges sous forme de joutes poético-religieuses (réservées aux hommes catholiques) accompagnées de danses, mais il existe nombre d'autres danses à caractère religieux, tant dans le fandango que dans le bailado.
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(Source Wikipedia)
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laudec

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MessageSujet: Re: La musique brésilienne   Dim 29 Jan - 13:39

Musique traditionnelle

Aboio et Veloso

Par aboio, on désigne le chant en rythme libre, modal, de forme descendante et aux degrés disjoints, développé par les vaqueiros, les vachers, lors de la transhumance. En effet, les aboios imitent le cri du bétail et caractérisent l'identité du mode de vie sertanejo (du sertão). Les vachers se déplacent le long de la côte du Nordeste du Brésil, c'est pourquoi l'on retrouve ce genre dans de nombreuses régions, de Bahia au Maranhão. "Boi" désigne le bœuf et "boiada", le troupeau. Dans ces régions, le bœuf est au centre du système économique des vaqueiros.

Les techniques vocales utilisées, voix rauque, criée, longues tenues, mélismes, imitent les cris du bétail. À l'origine utilisé pour guider les troupeaux, il s'est développé en joutes vocales improvisées entre vaqueiros, dans lesquelles chacun va pouvoir affirmer sa personnalité et son talent d'improvisateur.

L'aboio a inspiré de nombreuses compositions et chansons, y compris de Caetano Veloso, Gilberto Gil, Luiz Gonzada, sans parler du répertoire populaire.

Bumba-meu-boi

Bumba-meu-boi, boi-bumbá ou pavulagem sont des danses du folklore populaire brésilien, avec des personnages humains et animaux fantastiques, qui tend à raconter l'histoire légendaire de la mort et la résurrection d'un bœuf. Originaire du Maranhão, cette manifestation populaire festive est maintenant également très populaire dans la Région Nord du Brésil.

Cantoria

Joutes poético-musicales exécutées par les repentistas et violeros. Elles s'appellent aussi desafio et se retrouvent aussi dans le porfia du sud.

Capoeira et maculelê

Le terme capoeira désigne un poulailler en Portugais, mais étymologiquement, on peut aussi renvoyer à la langue Tupi, où ka signifie « forêt ». À l'origine, la capoeira est une lutte pratiquée par les hommes d'origine africaine dans les plantations. Elle a très vite été réprimée par le code pénal brésilien, de par son pouvoir de rébellion et les capoeiristes étaient emprisonnés. de frappe.

Cette lutte a la particularité de ressembler à une danse à deux faite d'esquives, le but étant moins de toucher l'autre que de l'impressionner par la virtuosité de son jeu. Elle se joue d'ailleurs toujours à deux, au centre de la roda, un cercle formé par une rangée de musiciens qui jouent avec des instruments spécifiques et chantent des chansons propres à cet art ; le cercle est fermé par les autres élèves qui ne jouent pas mais reprennent les refrains des chants. La roda est toujours dirigée par l'un des musiciens, généralement le plus avancé, le Mestre ; c'est lui qui insuffle le rythme (lent ou rapide) et empêche les dérives du jeu (coups portés). Il donne des indications aux joueurs par la façon dont il joue du berimbau (rythme, toques) et par les chansons qu'il choisit. Le pas de base est la ginga, qui pourrait ressembler à un kata d'art martial dansé : elle permet aux deux joueurs de se faire face de façon neutre et à chacun d'eux d'anticiper ou de préparer une esquive. Il existe deux formes de capoeïra : l'Angola, lente et faite de beaucoup de malice et la Régionale, rapide, acrobatique et plus agressive.

Accompagnée à ses débuts de percussions membranophones, la capoeira a adopté le berimbau, arc musical issu de la culture bantoue (Congo, Angola, Afrique du Sud) par le biais de la déportation des esclaves.

Accompagnant le berimbau, l'atabaque est un tambour provenant de la culture Ewe/fon/Yoruba de l'Afrique de l'Ouest (Nigéria, Bénin). Il est issu de la musique du candomblé, religion afro-brésilienne, dans laquelle on utilise trois tambours atabaques, à l'image des trois berimbaus. Mestre Pastinha et Bimba étaient adeptes de cette religion. Cependant, il n'y a qu'un seul rythme d'atabaque dans la capoeira.

À ces côtés, le pandeiro, tambour sur cadre, est d'origine orientale et on le retrouve dans de nombreuses cultures, au Portugal, dans le sud de la France, en Afrique du Nord (riqq), pour faire court. La cloche agogo est issue elle aussi du candomblé, dans lequel elle a un rôle primordial puisqu'elle marque d'identité rythmique de base. En comparaison, la clave cubaine est issue de la même racine. On retrouve l'agogo dans la samba de Rio, et sa cousine gonguê dans le maracatu du Pernambouco.

Le reco-reco est un idiophone raclé de la même famille que le guiro cubain, et est utilisé dans la capoeira angola. Dans la pratique de la capoeira, on associe à l'art martial d'autres danses comme le maculêlê, danse de bâton inventé dans la région de Santo Amaro à Bahia et la samba de roda. Le rythme du maculêlê est apparenté à celui de la samba de angola (musique rituelle).

Quant aux chants, ils sont nombreux et très importants : ils racontent des histoires liées à l'esclavage, les senzalas (endroits clos où étaient enfermés les esclaves), la vie de héros (comme Zumbi de Palmares, Lampiao...) et donnent de l'énergie aux lutteurs/joueurs. Un chant est lancé par l'un des musiciens - généralement le Mestre - et les autres reprennent les refrains.


Carimbó

Danse ancienne d'origine indienne dont le rythme rapide joué sur le tambour nommé carimbo accompagnant cavaquinho et banjo : elle a été mêlée aux tendances modernes (lambada).

Choro

Le Choro (qui signifie pleur) plus connu sous le nom de Chorinho (petit pleur), est un style de musique populaire et instrumentale brésilienne qui existe depuis 130 ans. Malgré son nom, le style est en général d'un rythme agité et joyeux, caractérisé par la virtuosité et les improvisations des participants, qui font preuve de beaucoup d'étude, de technique et de la maitrise totale de leur instrument. Le choro est considéré comme la première musique populaire urbaine typique du Brésil qui soit difficile à exécuter. Les influences européennes à l'origine de cette musique sont diverses : les xote européens, la valse et principalement la polka, mais elle fut aussi influencée par le lundu africain.

Lundu

Ou lundum, danse licencieuse d'origine africaine apporté par les Portugais au XVIIIe siècle.

Modinha
Genre populaire né au XVIIIe siècle, d'inspiration portugaise, comprenant modas et romances.

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laudec

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MessageSujet: Re: La musique brésilienne   Lun 30 Jan - 17:16

L'un des très grands compositeurs de musique classique brésilienne est Heitor Villa-Lobos dont on a déjà beaucoup parlé sur ce forum ici

Hier j'ai découvert un compositeur de musique moderne, cofondateur du style "bossa nova" : Antônio Carlos Jobim, né le 25 janvier 1927, à Tijuca, dans la partie nord de Rio de Janeiro et mort le 8 décembre 1994 à New York (États-Unis) standards du jazz. Il est couramment appelé Tom Jobim.
Une rencontre qui fut absolument décisive est celle entre Jobim et le poète, écrivain et diplomate Vinícius de Moraes. Ce dernier cherche alors à mettre en musique sa pièce Orfeu da Conceiçao , transposition dans l'univers de Rio du mythe grec d'Orphée, qu'il a écrite entre 1940 et 1955. Jobim s'exécute et, lors de sa sortie au théâtre municipal de Rio, le 25 septembre 1956, la pièce est un triomphe, ainsi que l'adaptation cinématographique du Français Marcel Camus, Orfeu Negro, de 1959, qui l'a rendu mondialement célèbre et qui inspira un compositeur comme Michel Legrand.

Progressivement, nombre de jeunes musiciens s'agrègent autour du duo Jobim / de Moraes : le Bahianais, chanteur et guitariste, João Gilberto, la chanteuse Nara Leão, le guitariste Baden Powell, et bien d'autres encore comme Carlos Lyra, Roberto Menescal, Newton Mendonça, Ronaldo Boscoli : tout un mouvement qui prendra le nom de bossa nova, qui signifie « manière nouvelle ».

La bossa nova, même si elle entend incarner une nouvelle vague, une nouvelle façon de chanter et de jouer, ne naît pas ex nihilo. Ses influences sont nombreuses et l'oreille de Jobim a beaucoup traîné, écouté et assimilé. Ainsi, le compositeur goûte particulièrement les musiques d'Henri Salvador ainsi que les compositions d'Ary Barroso, compositeur du « tube » Aquarela do Brasil — plus connu sous le nom de Brazil, et associe au jazz les accords complexes du chorinho traditionnel.
Nettement influencé par la musique de Chopin, Debussy et Ravel, il apprend également beaucoup auprès du guitariste de samba cançao Dorival Caymmi et du pianiste Johnny Alf, qui l'initie au jazz.

Un document émouvant concernant le compositeur Tom Jobim, présenté par de Moraes où il chante et joue cette musique si typique de la bossa nova avec sa si douce  mélancolie . On y entend également Toquinho e Miucha

https://youtu.be/crruMnUlGcY

1. Samba De Orly 0:23  2. Pot-Pourri Dorival Caymmi 2:53  3. Tarde Em Itapoã 7:45  4. Desafinado 12:20  5. Wave 15:35  6. Samba De Uma Nota Só 17:56  7. Águas De Março 20:40  8. Samba Do Avião 24:40  9. O Que Será 27:17 10. Samba Pra Vinicius 30:08 11. Vai Levando 31:50 12. A Felicidade 35:15 13. Água De Beber 38:17 14. Garota De Ipanema 40:53 15. Sei Lá (A Vida Tem Sempre Razão) 44:29 16. Berimbau 48:30 17. Canto De Ossanha 50:49

Tom Jobim composa des centaines de chansons et enregistra plus de 50 disques. Citons Chega de Saudade (1958), qui marqua le début de la bossa nova, ainsi que Desafinado (1959), Samba de uma nota só (One Note Samba) et Garota de Ipanema (1963) qui connurent un succès planétaire.

Le jeudi 8 décembre 1994, à l'hôpital Mount Sinai de New York où il s'était rendu pour y subir une intervention chirurgicale à la suite de problèmes d'athérosclérose, Tom Jobim est victime d'une défaillance cardiaque mortelle. Simple hasard ou dernier clin d'œil du destin, il rejoint dans la légende son complice Vinícius de Moraes à l'âge même (67 ans) où celui-ci, de 14 ans son aîné, l'avait précédé en 1980.

L'Aéroport international de Rio de Janeiro-Galeão a été baptisé Aéroport Antônio Carlos Jobim en son honneur en 1992.

Le style bossa nova a aujourd'hui accédé à la postérité, même si le mouvement s'était atténué quelque peu à partir de 1968 devant la musique américaine.

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StylusPhantasticus

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MessageSujet: Re: La musique brésilienne   Mar 31 Jan - 16:03

>>> https://www.youtube.com/watch?v=FWd95iDJdMk
>>> https://www.youtube.com/watch?v=zt9BxBpIniE

Very Happy
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laudec

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MessageSujet: Re: La musique brésilienne   Mar 31 Jan - 23:14

Merci pour ces vidéos que j'aime beaucoup et que je découvre grâce à tes liens Stylus  Mains  La première me fait penser à un film muet de l'époque du compositeur d'ailleurs Ernesto Nazareth qui a écrit de belles musiques très dansantes, notamment des polkas, tangos...

La musique brésilienne recèle des trésors innombrables à explorer  

Ernesto Nazareth est un pianiste et compositeur brésilien, né à Rio de Janeiro le 20 mars 1863 et mort par noyade vers le 8 février 1934. Influencé par les rythmes africains, les styles Lundu et Choro, il compose de nombreuses œuvres en refusant de leur donner des noms populaires rejetant l'idée de cette influence. Il décrit lui-même sa musique comme du « tango brésilien ».

Voir le fil de ce compositeur sur le forum ici
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