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 Quel mélomane es-tu?

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Icare
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MessageSujet: Kagel   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-06, 19:19

Un compositeur allait fortement contribuer à façonner mon goût pour la musique contemporaine dans sa forme la plus moderne et originale qui soit, en tout cas une musique qui correspond parfaitement à ma sensibilité ainsi qu'à mon sens de la fantaisie. Il faut un sens de la fantaisie et peut-être même un sens du délire pour apprécier la musique de Mauricio Kagel. C'est l'histoire d'une passion qui s'amorça avec Variété - morceau de concert pour six (1976-77), une oeuvre qui me proposa quelque-chose de très différent de ce que j'avais écouté jusqu'à cette découverte et fut en même temps une poétique musicale singulière et attractive, une ambiance tout d'abord - rien d'imbitable -, des combinaisons instrumentales autour d'un effectif de chambre qui se constitue de clarinettes, un saxophone alto, une trompette, un violoncelle, un accordéon, un piano, un orgue électrique et des percussions, joués par six musiciens. Variété fut donc le point de départ d'une longue aventure au sein de l'oeuvre assez prolixe de Mauricio Kagel. Dans la même période je découvrais le fameux Requiem de Ligeti. Je l'avais d'abord découvert par le film L'Odyssée de l'Espace de Kubrick avant de le redécouvrir sur disque. Si j'aime bien ce Requiem et même si j'ai écouté quelques autres oeuvres du maître hongrois, notamment un concerto pour violon, le déclic n'a pas vraiment eu lieu comme ce fut le cas avec Kagel qui a provoqué chez moi une véritable fringale pour son oeuvre. J'ai aussitôt été séduit pas sa personnalité musicale. Il y a une dimension théâtrale et humaine dans sa musique qui me fascine, mais ce n'est pas tout...

Quel mélomane es-tu? - Page 3 Kagel_212x287

Je me suis d'ailleurs remis entre les oreilles Quirinus' Liebeskuss pour ensemble vocal et instruments, Serenade für drei Spieler pour flûtes, guitare, mandoline, banjo, ukulele et percussion et Doppelsextett pour ensemble instrumental. J'ai non seulement retrouvé cette dimension théâtrale (surtout dans la première oeuvre), mais aussi un aspect faussement anarchique dans la Sérénade avec un mélange d'instruments que j'adore:  sur ce point, il m'apporte, mais dans un style bien à lui, ces éléments à connotations populaires qui me plaisent tant chez Hans Werner Henze. Il y a dans chacun de ces trois opus, de la vulgarité, de la dérision, voire de l'auto-dérision, de l'humour bien sûr, comme si ce musicien d'apparence sérieux ne se prenait jamais vraiment au sérieux, ce qui apporte un autre caractère à sa musique, un caractère ludique qui se déverse par moments dans une sorte de foutoir organisé et presque excentrique, des moments parfois pulsatifs comme je les aime, comme le compositeur Régis Campo les aime... J'adore son univers un peu fou, j'adore y perdre le fil et m'y retrouver: par moments, cette musique de Mauricio Kagel devient un exubérant éclat de rire. Je suis soudainement dans le monde de  l'artiste schizophrène Adolf Wölfli qui a si bien inspiré Per Norgard.
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MessageSujet: Coulais   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-07, 08:49

Je suis entré dans le monde sonore de Bruno Coulais par le rectangle étroit du petit écran, vers la fin des années 1980 et au début des années 1990, par le biais de différents téléfilms pour lesquels il composa des musiques très différentes les unes des autres mais que je remarquais instantanément. J'avais été aussitôt saisi par un univers poétique qui tranchait avec ce que j'avais l'habitude d'entendre: l'univers du petit et grand écran ne manque pas de "papiers-peints" conventionnels et formatés, ni de nappes synthétiques insignifiantes. Il est vrai que j'ai toujours été sensible aux fortes personnalités musicales, de celles qui s'affirment par un style très vite reconnaissable. Ca n'a jamais été systématique non plus. Pour ne citer qu'un exemple, Michael Nyman a un style fort reconnaissable, un son bien à lui, néanmoins je ne suis jamais allé plus loin qu'une anthologie sur sa musique de film. Il n'y a pas eu ce déclic que j'ai connu avec Bruno Coulais, ce frisson qui m'a parcouru de nouvelles musiques en nouvelles musiques, souvent imaginées et conçues pour l'image, quelquefois pour le concert, le Stabat Mater et le Concerto pour violon: Les Villes Invisibles. J'ai tout dernièrement réécouté deux bandes originales: Serial Lover, un film de James Huth (1998) et La Planète blanche, un film documentaire franco-canadien réalisé par Thierry Piantanida et Thierry Ragobert (2006) Si j'ai bien aimé la fantaisie très pop et un peu fofolle du premier, elle aussi imprégnée de la poétique très caractéristique du compositeur, la musique du documentaire, avec ses constructions instrumentales très particulières et aussitôt reconnaissables, ses voix porteuses de mélodies irrésistibles, ses chants atypiques, comme originaires d'un paradis inexploré, me fait littéralement fondre. J'ai trouvé avec Bruno Coulais un compositeur idéal, une musique idéale que je pourrais écouter n'importe quand, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, dans n'importe quelle humeur: elle ouvre toutes les serrures. Il y a peu de compositeurs dont je peux dire ça.

Quel mélomane es-tu? - Page 3 Photo-bruno-coulais-1733

La première musique de Coulais que je trouvai en boîte fut sa superbe composition pour Le fils du requin, un film d'Agnès Merlet qui obtint par ailleurs le Prix de la critique internationale, Venise 93. Ce fut le point de départ d'un fidèle et intense intérêt pour son oeuvre et aussi pour l'homme qui, au travers d'interviews, s'est avéré tout autant singulier et intéressant que sa musique. Lorsque j'aime suffisamment un compositeur au point de le suivre et de m'intéresser à tout ce qu'il fait dans le domaine musical, le premier disque, la première oeuvre, devient mon disque ou mon oeuvre fétiche, pas forcément de chevet mais fétiche: Il/elle bénéficie d'un attachement particulier. C'est le cas avec Le Clan des Siciliens chez Ennio Morricone, de Ran chez Toru Takemitsu, du Concerto Grosso n°1 chez Alfred Schnittke, de la Petite symphonie concertante chez Frank Martin, Le clavier bien tempéré chez J. S. Bach, etc...L'oeuvre du point de départ d'une belle histoire d'amour entre un mélomane et la musique d'un compositeur! Le fils du requin fut ce point de départ, du moins sur le plan discographique. Le métrage d'Agnès Merlet ne filme pas des animaux marins, pas même des requins. Loin de là. Il filme des enfants et Bruno Coulais les fait chanter sur sa musique. Celle-ci invite principalement un quatuor à cordes qui se constitue de Christophe Guyot, Jean-Philippe Audin, Elisabeth Pallas, Françoise Neri, puis des voix blanches: Kevin Prade, Francis & Mathieu Besnard, Hugo Coulais, Michaël Motta, Angelo Delivorias, Charles Freville. S'y trouve toute la verve mélodique et poétique du compositeur...D'une beauté stoïque et imperturbable en contraste avec d'autres extraits plus dansants et incisifs au travers desquels Bruno Coulais joue merveilleusement bien des harmoniques...
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MessageSujet: Re: Quel mélomane es-tu?   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-07, 09:32

J'aime bien ce compositeur aussi. Je l'avais découvert via la série TV "La rivière espérance" qui passait à la TV dans les années 90. Très belle série comme on en fait plus malheureusement.


https://www.youtube.com/watch?v=CK2LLsD8bDY&list=PLQCPS8UPggQEMiYHwKip3tPMFH0Rfqyqu

Puis un peu plus tard via la musique du film Microcosmos : Le Peuple de l'herbe. et un peu plus tard le Le Peuple migrateur sans oublier l'un de ses plus gros succès "Les Choristes"
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MessageSujet: MacMillan   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-07, 18:33

Il y a un compositeur d'origine écossaise qui a pas mal alimenté ma passion pour le genre contemporain, même s"il est vrai que depuis ces dernières années je l'écoute beaucoup moins. Il s'agit de James MacMillan. Mon intérêt pour sa musique émergea vers la fin des années 1990 et se poursuivit jusqu'en 2010. En fait, tout avait démarré en 1998 avec son Concerto pour percussions et orchestre, Veni Veni Emmanuel, avec la talentueuse percussionniste Evelyn Glennie et le "Ulster Orchestra" sous la direction de Takuo Yuasa. Un passage dans cette oeuvre m'avait complètement galvanisé au moment de la découverte et je ressens toujours la même jubilation aujourd'hui en le réécoutant. Je ne suis pas loin de le considérer comme étant mon Concerto pour percussions de chevet, en tout cas mon oeuvre fétiche de James MacMillan. Ce compositeur, dont l'esthétique développée dans sa musique est parfaitement encrée dans son époque, me captive finalement autant par ses thèmes lents que par les rapides, les plus fougueux. Le dernier mouvement de The Exorcism of Rio Sumpul (1989), "Exorcism", est de ceux-là. En revanche, le second mouvement, "Reflection" est un morceau lent, pratiquement fade dans sa partie introductive, mais qui, progressivement, se transforme en une sorte d'élégie. Quelque-part, ce mouvement lent caractérise en partie le style de James MacMillan. Il y a effectivement de cela dans Tuireadh pour clarinette et orchestre à cordes (1991). La pièce commence dans la tiédeur et l'énigmatique, jouant même sur les silences, puis la clarinette, dans une extrême douceur, devient de plus en plus magnétique et m'entraîne, l'air de rien, vers la méditation par une élégie exquise soutenue par les cordes. J'aime bien l'idée d'une musique qui commence anodinement et évolue vers la lumière, le beau et le mystique. The Confession of Isobel Gowdie (1990), par le "BBC Scottish Symphony Orchestra" sous la direction d'Osmo Vänskä, est sans doute l'une des plus abouties dans le genre: sa dernière partie, lorsque l'élégie s'impose face aux derniers assauts de l'orchestre, m'absorbe totalement: mon écoute devenant alors un recueillement.

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Isobel Gowdie, née aux alentours de 1632 à Auldearn en Écosse, quelquefois nommée "La Reine des sorcières", est célèbre pour ses aveux de sorcellerie qui l'ont fait condamner en 1662. Sa confession détaillée, apparemment réalisée sans l'utilisation de la torture, fournit l'un des aperçus les plus détaillés du folklore de la sorcellerie européenne aux XVIème et XVIIème siècles, période intense de chasse aux sorcières. (Wikipédia) Les oeuvres que j'ai pris en exemple ci-dessus sont celles que j'ai réécoutées aujourd'hui. Il y a un compositeur anglais que j'ai découvert et approfondi dans la même période. il s'agit de Thomas Adès. Dans mon esprit, Adès et MacMillan sont des compositeurs que j'ai tendance à associer. Je leur réserve une série d'écoutes croisées des oeuvres que j'ai en ma possession.
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MessageSujet: Schubert   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-07, 22:55

De Franz Schubert, je fus tout d'abord amoureux du Quintette pour piano et quatuor à cordes, avec La Truite. Ce fut, j'ose le dire, une bonne pêche. Après, je fus amoureux du Quatuor à cordes avec La jeune fille et la mort. Il y avait ce titre que je trouvais profondément romantique et cette oeuvre que je trouvais paradoxalement si vivante. Ensuite, je tombais amoureux du piano seul, du piano solitaire, avec les Impromptus. Question piano, j'ai toujours été plus "Schubert" que "Chopin". C'est encore vrai aujourd'hui. Plus tard, je découvris ses symphonies, toutes ses symphonies. Chacune d'elles m'imprégna de sa beauté, de la plus affiliée à la plus personnelle. Bien avant de tomber amoureux de ses symphonies, il y eut l'envoûtant Octuor en Fa majeur - Op. 166, posthume et la profonde et lumineuse Messe en Mi bémol majeur D.950 . Cet amour que je portai à la musique de Schubert sous toutes ses formes, ne put être complet sans les Trios n°1 & 2 (D.898 & D.929) pour piano, violon et violoncelle. Ce fut également un beau coup de coeur avec les frères Capuçon et Frank Braley au piano. Il y a des thèmes mélodiques qui me portent si haut... Et maintenant, depuis que j'ai découvert les lieds de Franz Schubert, je suis tombé amoureux des lieds de Franz Schubert, interprétés en allemand par Peter Anders. Je préfère les écouter en allemand plutôt qu'en français et, au fil des écoutes, je me suis entiché de la superbe voix de Peter Anders. Un jour je tenterai une autre interprétation mais pour le moment, c'est sur celle-ci que j'aime revenir. J'aime le lied de Schubert depuis le film de Christian Carion, En mai fais ce qu'il te plait, bien que je crois me souvenir qu'il s'agissait d'une autre voix. Il s'agissait du magnifique Ständchen, sans doute l'un des plus célèbres lieds du compositeur: une de ces mélodies immortelles dont il avait le don et qui ont ému tant d'être humains dans le monde et sur plusieurs générations...un monde devenu éphémèrement meilleur sous son emprise... Elle est le N°4 d'une série de lieds intitulée Schwanengesang - D 957. C'est cette série-là que j'ai réécoutée ce soir, à laquelle j'ai ajouté Die Taubenpost - D 965A et Der Liedler - D 209 - Op.38.

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MessageSujet: Villa-Lobos, Heitor   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-08, 13:42

Je me suis toujours intéressé à la musique savante - musique de film comprise - des différents pays d'Amérique latine, mais sans jamais focaliser sur un pays plus qu'un autre. Je me suis par exemple rendu compte que quelques mélomanes s'étaient presque exclusivement focalisés sur la musique brésilienne, de la populaire à la savante, mais ce ne fut pas mon cas. En dehors de la musique, l'histoire politique et sociale des pays d'Amérique latine et leur peuple m'ont toujours fasciné, ainsi j'essaie, dès que j'ai l'occasion, d'améliorer mes connaissances, puisse-t-il s'agir du Mexique, de la Bolivie, la Colombie, l'Argentine, l'Uruguay, Cuba..., même si j'ai la fâcheuse impression d'en connaître si peu. Mes connaissances en musique brésilienne se limitent à des compositeurs comme Heitor Villa-Lobos, Marlos Nobre, et un peu Egberto Gismonti, Antônio Carlos Jobim et Edino Krieger. Chez ce dernier, il y a notamment une oeuvre qui me touche beaucoup et qui fait que j'aimerais découvrir d'autres opus de ce compositeur. Puis, très récemment, je me suis procuré quatre Concertinos pour guitare et orchestre de Radamés Gnattali qui ne pourront qu'élargir mes connaissances en musique brésilienne. Néanmoins, le compositeur brésilien qui m'a le plus fasciné jusqu'à aujourd'hui est sans aucun doute le plus connu en Europe: Heitor Villa-Lobos. J'avais découvert cet immense musicien par Forest of the Amazon avec Renée Fleming et Alfred Heller à la tête du "Moscow Radio Symphony Orchestra". Je fus tout simplement terrassé d'émotion par cette fabuleuse musique qui, à l'origine, fut composée pour un film. A l'époque de la découverte je l'ignorais, lisant en général le contenu des fascicules après l'écoute. Comme quoi, même lorsque je m'échappe du domaine de la B.O., celle-ci finit par me rattraper. Hehe Forest of the Amazon est devenu par conséquence mon oeuvre fétiche de Villa-Lobos. Ce n'est cependant pas celle-ci que j'ai réécoutée aujourd'hui. J'ai opté pour la réécoute des quatre suites de Discovery of Brazil, certainement parce que je les avais moins en tête: par le "Slovak Radio Symphony Orchestra (Bratislava)" sous la baguette de Roberto Duarte. Ce fut un autre grand moment de symphonisme radieux, irisé, d'une grande puissance expressive, qui trouve son point culminant dans la quatrième suite avec l'entrée des choeurs et la voix du baryton Adam Blazo.

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MessageSujet: Re: Quel mélomane es-tu?   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-08, 23:49

Chez moi j'ai remarqué un truc depuis environ 2 ans: bien que la base (piano, orgue) et période classique/romantique me plaisent toujours autant, en vieillissant, j'apprécie et j'écoute de plus en plus de musique baroque. Je m'intéresse aussi de plus en plus aux oeuvres pour voix (Messes, Requiem, etc...).

Pour le côté "musique du monde" je m'ouvre aussi de plus en plus aux instruments "exotiques" et en particulier à vent (donc tout ce qui est flûte et assimilé). D'ailleurs je me demande si cet amour pour la flûte n'est pas une forme de substitut de "la forme voix" que j'affectionne beaucoup Quel mélomane es-tu? - Page 3 1521897346
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MessageSujet: Antheil/Corigliano   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-08, 23:59

Partant du principe que Howard Shore est canadien et Lalo Schifrin argentin - beaucoup les imaginent états-uniens -, je me suis rendu compte que je n'ai encore évoqué aucun compositeur originaire des USA alors que j'en écoute pourtant un bon nombre, que ce soit dans le domaine de la musique absolue ou appliquée. Deux compositeurs ont su me fasciner un peu plus que les autres: Georges Antheil et John Corigliano. Ce sont vraiment les deux personnalités musicales des Etats-Unis d'Amérique qui m'ont le plus intéressé. Tous les deux sont à la tête d'un bon corpus comprenant des symphonies, concertos, musiques de chambre, de piano, au moins un opéra du côté de Corigliano, deux du côté d'Antheil... Ils ont également composé pour le cinéma. Si John Corigliano n'a signé que quatre bandes originales, chacune ayant bénéficié d'une édition discographique, Georges Antheil en signa au moins dix-neuf. Malheureusement, je n'en connais encore aucune de ce dernier. Je rêve secrètement d'une petite anthologie qui éditerait, sous forme de suites, les meilleures d'entre elles. Les deux premières oeuvres de George Antheil qui me fascinèrent sont la Jazz Symphony et surtout Ballet mécanique pour orchestre, enclumes, hélices d'avion, sonnettes électriques, klaxons de voitures et pianos mécaniques. Ce fut pour moi un grand choc musical qui rejoignait dans mon esprit, par son caractère percutant, Le Sacre du Printemps de Stravinsky.

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Chez John Corigliano, ce fut sa première entrée dans l'univers de l'image, par sa musique pour le film de Ken Russell; Altered States/Au-delà du réel (1980) qui m'impressionna. Là aussi, ce fut une musique qui me projeta d'emblée sur Le Sacre du Printemps, tant certains passages en sont directement inspirés. Qu'il s'agisse du Ballet mécanique ou de Altered States, ce fut une émotion autant intellectuelle que physique qui surgissait en plein dans ma période stravinskienne. Depuis, je n'ai jamais perdu de vue ces deux créateurs, étant à l'affût du moindre inédit. Tout récemment, je me suis procuré quatre oeuvres de Georges Antheil que je n'ai encore jamais écoutées, les Sérénades 1 & 2 pour orchestre à cordes, The Golden Bird et Dreams, par le "Württembergische Philharmonie Reutlingen" sous la direction de Fawzi Haimor. L'oeuvre que j'ai remise dans mon lecteur est son opéra en un acte The Brothers, basé sur l'histoire biblique "Cain and Abel". J'aime beaucoup cet opéra, comme la plupart des oeuvres que j'ai écoutées de ce compositeur. Hormis les nombreuses parties chantées, les interventions dynamiques de l'orchestre me captivent à chaque fois. De John Corigliano, j'ai réécouté la Symphonie n°2 pour orchestre à cordes, en 5 mouvements, et The Mannheim Rocket par le "Helsinki Philharmonic Orchestra" sous la direction de John Storgards. Je trouve que la symphonie devient vraiment poignante et fascinante sur son cinquième mouvement. C'est là qu'elle monte vraiment en intensité et s'y maintient. L'oeuvre qui complète l'album, The Mannheit Rocket est un ovni musical étonnant, original. Outre une sonorité ondulante et à la teinte d'acier qui se rapproche des ondes Martenot ou du thérémine, j'ai cru entendre très brièvement une guimbarde. C'est évidemment un détail qui ne suffit pas à rendre la musique-fusée intéressante, mais comme elle est intéressante et stimulante à mon oreille, ce détail insolite m'a amusé.

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MessageSujet: Re: Quel mélomane es-tu?   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-09, 00:13

Snoopy a écrit:
Chez moi j'ai remarqué un truc depuis environ 2 ans: bien que la base (piano, orgue) et période classique/romantique me plaisent toujours autant, en vieillissant, j'apprécie et j'écoute de plus en plus de musique baroque. Je m'intéresse aussi de plus en plus aux oeuvres pour voix (Messes, Requiem, etc...).

Pour le côté "musique du monde" je m'ouvre aussi de plus en plus aux instruments "exotiques" et en particulier à vent (donc tout ce qui est flûte et assimilé). D'ailleurs je me demande si cet amour pour la flûte n'est pas une forme de substitut de "la forme voix" que j'affectionne beaucoup Quel mélomane es-tu? - Page 3 1521897346

Ce qu'il y a de formidable avec la musique, et cela peu importe nos goûts respectifs et nos aspirations, nous finissons toujours par trouver notre bonheur à partir du moment où nous savons nous écouter nous-mêmes et suivre le "guide musical" qui est en chacun de nous: la voix qui te conduit vers la flûte, un approfondissement de la musique baroque, une attirance pour la musique religieuse...pas de hasard là-dedans! Very Happy
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MessageSujet: Re: Quel mélomane es-tu?   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-09, 02:16

C'est fort possible en effet! Wink
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MessageSujet: Ustvolskaya/Karaindrou   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-09, 15:54


En réécoutant le Concerto pour piano, orchestre à cordes et tambour et son Octet pour deux hautbois, quatre violons, tambour et piano de Galina Ustvolskaya, j'ai aussitôt replongé dans un univers sonore et tonitruant qui me fascine exactement pour les mêmes raisons qu'il en rebute d'autres, ce que je comprends volontiers. Vive la diversité! C'est une musique atypique, une approche singulière, un parti-pris musical souvent brutal et austère...et pourtant! Il y a une ambiance qui me stimule et me bouleverse en même temps. Aussi étonnant que ça puisse paraître dans l'absolu, cette notion d'angoisse que sa musique peut générer et qui se mélange à un fort caractère dramatique, je la ressens également ainsi, mais pas dans le sens où elle me met mal à l'aise. Au contraire, Elle me transmet une énergie qui est à la fois crispante et positive. Cette compositrice est particulièrement douée pour créer des ambiances anxiogènes qui génèrent à la fois une grande tension dramatique et de la mélancolie. L'octet prend à un moment donné l'allure d'une procession funèbre alors que la tonitruance caractérise un concerto virtuose et profondément tourmenté, prenant alors l'allure d'une tragédie russe abstraite. Il en ressort des tensions exquises au sein de structures sonores singulières qui me fascinent complètement. J'adore ce type de combinaisons instrumentales, que ce soit dans le concerto ou dans l'octuor. La Sonate n°3 interprétée au piano par Oleg Molov est un peu l'oeuvre sage du cd mais qui parvient néanmoins à me tenir éveillé sur ses dix-sept minutes. Le concerto est, quant à lui, interprété par Pavel Serebryakov et le "Chamber Orchestra of the Leningrad State Philharmonic Society". Ce sont les trois oeuvres que j'ai réécoutées aujourd'hui, afin de me rappeler que Galina Ustvolskaya est une personnalité musicale importante pour moi, un style unique, original, qui m'est devenu incontournable.

Quel mélomane es-tu? - Page 3 220px-Galina_Ustvolskaya

<<La musique de Eleni Karaindrou ne cessera jamais de me hanter. Elle est ce mouvement brumeux qui se perd à l'horizon, cette griseur de l'aurore qui fond en mille larmes de rosée sur les branches de platanes que l'automne à rendu impudiques. C'est souvent une musique du silence, une musique qui retient son souffle et aspire le notre, une musique lente et vertigineuse, qui s'équilibre avec élégance, tel un funambule sur son fil. Elle me prend par la main, me tire du monde réel vers un autre monde, le monde des possibles, le monde où règne la beauté, l'amour, la fraternité. "Certains" trouvent que Karaindrou compose une musique triste alors que je la trouve automnale, mélancolique, décalée, contemplative, un hymne à la beauté. "D'autres" lui reprochent de ne jamais se renouveler, c'est peut-être un peu vrai, mais, cette artiste-funambule évolue sur un même fil conducteur...Je suis juste derrière elle, dans ses pas, avec l'impression étrange et si agréable d'avoir entamé son voyage depuis le début, sans filet, et l'irrésistible envie de l'accompagner jusqu'à la fin, pouvoir peut-être entendre, sous forme de points de suspension imprimés dans la neige et dans un silence religieux, un ney, un hautbois, un alto ou un autre instrument de prédilection...un solo de toute beauté...>>

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C'est ce que j'avais écrit le 5 mars 2014 sur Eleni Karaindrou, un compositeur que je suis depuis très longtemps. Je peux même dire qu'elle m'accompagne depuis trente ans environ lorsque je découvris une compilation des musiques qu'elle composa pour le cinéma de Theo Angelopoulos. Elle évolue dans un style radicalement différent de celui -"plus accidenté"- de Galina Ustvolskaya et, contrairement à la musicienne russe, elle a beaucoup oeuvré pour le Septième Art, voire aussi le théâtre. Elle a également composé une cantate, David. Je suis très sensible au monde poétique qu'elle créa, faisant souvent la part belle aux solistes dont la voix, souvent de femme, comme dans Tous des oiseaux que je viens de réécouter aujourd'hui. Je connais désormais plusieurs autres compositrices composant dans différents domaines. Il y en a deux qui me hantent un peu plus que les autres: elles sont toutes les deux polonaises: Grazyna Bacewicz et Joanna Bruzdowicz. Sans doutes feront-elles partie d'une prochaine rétrospective... Avec Tous des oiseaux, Eleni Karaindrou poursuit ses voyages musicaux dans une lenteur mélancolique qu'elle apprivoise depuis si longtemps désormais. J'ai l'impression de la connaître par-coeur, d'en connaître chaque mesure et chaque vibration; une musique doucement obsessionnelle et émotionnelle qu'il suffit du souffle solitaire d'un accordéon, de la voix ronde d'un violoncelle ou la pureté d'un hautbois pour m'étreindre d'un plaisir indicible. Parfois épurée à l'extrême, c'est juste une voix de femme qui plane au-dessus des plaines désertées. En complément, sur le disque, il y a sa musique pour le film Bomb, a love story de Payman Maadi qui réunit une autre petite formation instrumentale pour un même chant d'amour et de liberté.
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MessageSujet: Devreese   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-09, 19:53

Dans le vaste monde de la musique contemporaine, il y a un compositeur et chef d'orchestre belge qui a su très vite accaparer mon attention. Il s'agit de Frédéric Devresse. Il faut dire que dans le petit pays (par la taille) qu'est la Belgique, plusieurs compositeurs retinrent mon attention: Karel Goeyvaerts, Luc Brewaeys, André Laporte, Dirk Brossé, Benoît Mernier, Pierre Bartholomée, histoire de ne citer que les principaux...il y en a effectivement quelques autres que j'aimerais déjà approfondir autant qu'eux... Mais disons que Frédéric Devreese, dont le père est également un bon compositeur, a ce quelque-chose dans sa musique, la plupart du temps tonale et malgré tout si bien encrée dans son époque, qui m'émerveille. Il y a comme une "éloge de la danse" qui me fascine. S"il y a un compositeur qui m'a fait aimer la valse et l'habanera c'est sans doute lui! Il fait partie de ces nombreux musiciens que j'ai découverts par le biais de leurs musiques de films. Frédéric Devreese a composé une trentaine de partitions pour le cinéma et presque toutes celles des  films d'André Delvaux; "L'homme au crâne rasé";"Un soir,un train"; "Rendez-vous à Bray"; "Belle";"Benvenuta" et "L'oeuvre au noir",sa composition la plus marquante pour le cinéma de ce réalisateur, avec un thème principal digne des classiques de la musique de film. En plus, j'aimerais beaucoup voir L'oeuvre au noir dont le sujet m'intéresse au plus haut point et dont le premier rôle est tenu par mon acteur italien préféré;  Gian Maria Volonte. Devreese composa une superbe "danse de l'auberge" et un magnifique "love theme" sous le titre "Enfance et voyage de Zenon". Une "danse de l'auberge" pour orchestre symphonique qui m'a fait danser un nombre infini de fois. Il en existe aussi une transcription pour piano presque aussi exquise. Aujourd'hui, j'ai réécouté Gemini pour deux pianos, exécuté par Daniel Blumenthal et Robert Groslot, et trois autres pièces pour piano intitulées: Lullaby for Jesse, Black & White et Mascarade, toutes les trois interprétées par Daniel Blumenthal.

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MessageSujet: Weinberg   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-09, 23:03

Quelque-part entre 2000 et 2006, j'ai découvert quatre symphonies russes, tout d'abord les Symphonies n°5 & 12 "1917" de Dmitry Shostakovich, puis les Symphonies n°4 & 6 de Mieczyslaw Weinberg. Voici encore deux compositeurs que j'ai tendance à associer dans mon esprit. J'ai bien aimé les deux symphonies de Shostakovich, toutes les deux interprétées par le "Leningrad Philharmonic Orchestra" sous la baguette de Jewgenij Mrawinskij. Or, ce que j'ai ressenti pour ces deux oeuvres est incomparable avec l'effect ou plutôt le choc que me procurèrent les Symphonies n°4 & 6 de Weinberg. De plus, j'avais aussi en tête une compilation réunissant des extraits d'onze opus du compositeur qui donne une excellente rétrospective de son oeuvre. Y figurent des extraits de symphonies, de concertos, ballet et musique de chambre. J'ai ainsi jeté mon dévolu sur Weinberg, négligeant dans le même temps Shostakovich. C'est seulement après avoir constitué une belle collection de ses oeuvres, et sans le regretter une seule fois, que j'ai commencé à m'intéresser plus assidûment à Shostakovich et Prokofiev. Si ces deux compositeurs ont fait leur chemin en moi, un chemin jonché d'impressions et d'émotions, de fascination aussi, Mieczyslaw Weinberg conserve une place de choix sur mes étagères et est finalement l'un des compositeurs russes (d'origine polonaise) que j'écoute le plus régulièrement, plus régulièrement que Shostakovich et Prokofiev. Ce n'est pas parce que je trouve sa musique forcément meilleure, les choses n'étant pas toujours aussi simples: c'est un attachement à sa musique qui s'avère intense et durable. Ce n'est évidemment pas sans raison non plus. Le thématiste est excellent, les orchestrations attractives, l'expressivité garantie. Ce soir, j'ai justement réécouté les Symphonies n°4 & 6 par le "Moscow Philharmonic Symphony Orchestra" avec Kiril Kondrashin à sa tête. La Sixième fait aussi appel au "Boys' Chorus of the Moscow Choral College" sous la direction de Yuri Ulanov, et au violon solo de B. Shulgin. Une nouvelle fois, je fus aux anges!

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MessageSujet: Quincy   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-04-10, 09:26

Je ne pouvais achever le troisième chapitre de cette longue rétrospective sans évoquer un compositeur qui me tient particulièrement à coeur, bien que celui-ci ne se soit illustré que dans le domaine du jazz et de la musique de film, cette dernière étant la plupart du temps d'inspiration jazzy, de toute façon. Il n'y a guère eu qu'une partie de La couleur Pourpre (un excellent film de Steven Spielberg) qui fut écrite dans un style plus classique et symphonique, mais qui ne représente pas l'aspect le plus intéressant ni le plus créatif de son oeuvre. Certaines générations le connaissent uniquement comme producteur de Michael Jackson. Chacun aura deviné de qui il s'agit: Quincy Jones. Je ne pouvais pas ne pas citer ce génial musicien qui a très fortement contribué à me faire aimer le jazz. Certes, le premier compositeur qui, par sa musique, m'a guidé dans l'univers très riche du jazz, c'est Lalo Schifrin, qui est un créateur plus complet que Quincy Jones et fut un véritable pilier durant mon parcours de mélomane. D'une certaine façon, Quincy Jones fut mon "deuxième guide" dans le domaine du jazz, même si le meilleur de son expression musicale semble s'être exprimé au service de l'image. Sa performance la plus connue fut sans aucun doute Dans la chaleur de la nuit, un film de Norman Jewison (1967). Ce matin, très tôt, je me suis régalé avec les chansons et les instrumentaux tumultueux de The Split, un film de Gordon Flemyng (1968). Il y aurait plusieurs autres fameuses musiques de films à mentionner, telles que Le Prêteur sur gages/The Pawnbrocker, un film de Sidney Lumet (1964) et  Trente minutes de sursis/The Slender Thread, un film de Sydney Pollack (1965), toutefois, par souci de concision, je ne citerai que ces deux exemples.

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Il y aura forcément, un de ces jours, un quatrième chapitre à cette rétrospective car il y a évidement d'autres compositeurs qui me sont précieux et auxquels je n'ai pas consacré  un commentaire illustré - modeste hommage à ma façon -, je pense à Prokofiev, Chostakovitch, Marius Constant, André Jolivet, Pierre Wissmer, Aubert Lemeland, Paul Hindemith, Claudio Monteverdi, Gian F. Malipiero, Giorgio Gaslini... qui ont, eux aussi, une place de choix dans mon espace d'écoute, certains d'entre eux depuis peu, Hindemith, Malipiero..., sans compter des compositeurs que je connais encore mal et dont l'oeuvre pourrait éventuellement me fasciner: Rameau, Charles Ives.... Le peu que je connais d'eux titille fortement ma curiosité. C'est un signe, peut-être le point de départ d'une belle histoire d'amour entre leur musique et moi, l'avenir me le dira...

Snoopy, un peu plus haut, a soulevé la seconde étape du thème de ce topic, celle qui s'écarte du rétroviseur et qui interroge sur les aspirations actuelles du mélomane, tel qu'il soit, peu importe son âge dans l'absolu: nous sommes tous concernés. Snoopy nous révèle par exemple un intérêt plus accru pour la période baroque qu'avant, et une attirance pour la musique religieuse, avec en plus un attrait plus marqué pour un instrument en particulier, ou plus précisément une famille d'instruments en particulier; la flûte avec toutes ses soeurs et cousines. Du coup, je m'interroge: quelles sont mes aspirations actuelles? Personnellement, je ne m'intéresse pas à un instrument ou une famille d'instruments en particulier, ni à un genre musical plus qu'un autre. Je n'ai pas d'aspiration particulière pour la musique religieuse ou pour la symphonie, ou pour la musique de chambre. Ce sera selon les opportunités. C'est plus un besoin chez moi d'approfondir un peu mieux certains compositeurs, peu importe les époques d'ailleurs. Je fonctionne effectivement beaucoup par compositeurs; ce sont eux qui conditionnent le plus généralement mes aspirations et favorisent l'élargissement de mes goûts musicaux. Mes aspirations se dirigent donc vers de nouvelles oeuvres de Monteverdi, Frescobaldi, Palestrina, Rameau, Fartein Valen, Charles Ives, Ernst Krenek. Chez Weinberg, je connais surtout son oeuvre pour orchestre, ce qui représente déjà beaucoup d'opus, mais nettement moins sa musique de chambre. Je ne connais vraiment que trois symphonies de Chostakovitch, les 5, 8, 12 et 14... et si peu sa musique de film... La musique est de toute façon un puits sans fond!


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MessageSujet: Moss/Enjott Schneider   Quel mélomane es-tu? - Page 3 Empty2021-06-10, 10:11

Il existe évidemment plusieurs formes d'expressions musicales qui parviennent à me toucher, et sur un éventail qui englobe la musique tonale depuis des siècles et la musique atonale à partir du vingtième siècle. Hier, par exemple, j'ai écouté deux sortes d'oeuvres, bien que celles-ci furent composées durant cette première partie du vingt-et-unième siècle. Deux compositeurs que j'apprécie et commence à bien connaître, l'Allemand: Enjott Schneider et le Polonais Piotr Moss. Les oeuvres:

___Morgenstern-Liederbuch
___Variationen über die Liebe
___Chatroom
par l'ensemble vocal "Die Singphoniker" et avec les musiciens du "Deutsche Kammerakademie Neuss" - Enjott Schneider.

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___String Quartet n°4 "Chagall" (2007)
___Le Lien entre les jours pour mezzo-soprano et quatuor à cordes (2008), avec Jadwiga Rappé
___Dedication (1994)
par l'"Opium String Quartet" - Piotr Moss

Deux albums et deux manières d'être conquis: avec Enjott Schneider, ce fut davantage par une expression musicale directe de séduction immédiate, pulsée, qui communique de l'énergie, a ce pouvoir d'orienter mon humeur, comme peuvent le faire certaines musiques d'Antonio Vivaldi ou certaines musiques de films; une énergie positive et dynamique qui me traverse et peut me transformer pour toute la journée. Ces oeuvres sont généralement carrées et concises. Voilà pourquoi j'aime écouter ces pièces vocales d'Enjott Schneider en début de journée. De caractère spontané et dynamisante, c'est une musique qui m'enthousiasme, m'électrise. Les compositions de Piotr Moss avec quatuor à cordes sont d'un tout autre tempérament: moins directes, plus sinueuses, de séduction moins immédiate, sans doute plus alambiquées mais aussi plus recherchées, elles font appel à une autre partie - plus cérébrale - de ma sensibilité. Ces musiques me touchent autrement, moins spontanément. Elles me conduisent plus indirectement au sein d'une pensée musicale plus complexe et dont les sentiers émotionnels se définissent par épisodes, parfois par fragments: ces moments qui deviennent simplement touchants ou brièvement exaltants, méditatifs ou viscéraux. C'est aussi l'impression (justifiée) de saisir les méandres d'un univers très personnel qui me convient et dans lequel, de manière plus ou moins consciente, je me reconnais.
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