Forum sur la musique classique
 
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  Discussions autour du violoncelle

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Icare
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MessageSujet: Boccherini   Sam 7 Jan - 12:15

En matière de violoncelle, ayant déjà, depuis un moment, grillé mes dernières cartouches dans les périodes classique & romantique - l'intégrale des oeuvres pour violoncelle de piano de Beethoven en furent la dernière incursion - et ne souhaitant pas continuer seulement avec les Modernes et les Contemporains, je suis revenu vers une autre intégrale que j'ai déjà abordée une première fois, les Concertos pour violoncelle de Luigi Boccherini, toujours par Enrico Bronzi et l'"Accademia i Filarmonici di Verona". Je me suis dit: pourquoi ne pas y revenir une seconde fois dès maintenant? Je n'achète pas des cd pour ne les écouter qu'une fois, mais pour les écouter et réécouter autant de fois que j'en ressens l'envie. Ce fut le cas car, même si ma première impression fut plutôt mitigée, l'envie de réécouter cette intégrale était bien vivante à l'intérieur de moi. J'ai donc réécouté les Concertos n°2 G 479, n°3 G 480, n°1 G 477, n°9 G 482, juste cette première série pour l'instant, l'équivalent du premier cd. Ce fut bénéfique car j'ai mieux apprécié, sans ressentir le moindre ennui. J'en ai même remarqué un qui ne m'avait pas plus interpellé que ça lors de la première approche; le N°9 G 482. L'"Andantino grazioso" (mouvement médium) est superbe. Lors de cette nouvelle écoute, j'ai mieux suivi le jeu du violoncelle, mieux capté certains détails qui se sont finalement avérés plaisants à mon oreille. Je suis content car cette seconde incursion a nourri l'envie de réécouter les autres, ce sera probablement après Chostakovitch ou Villa-Lobos.


Dernière édition par Icare le Dim 8 Jan - 17:56, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Chostakovitch   Sam 7 Jan - 16:58


J'avais pensé à Villa-Lobos et j'ai finalement opté pour Chostakovitch et son Concerto pour violoncelle et orchestre n°1, Opus 107 en quatre mouvements, par Maria Kliegel, le "Polish National Radio Symphony Orchestra", sous la direction d'Antoni Wit. Je n'abandonne pas le maître brésilien, je le reporte juste à plus tard. Je me rappelais bien de l'effet que m'a toujours produit le premier concerto pour violoncelle de Chostakovitch, cependant, je me suis complètement éclaté sur le premier mouvement, l'Allegretto. Outre le violoncelle qui est bien évidemment l'instrument-vedette du concerto, le cor y joue aussi un rôle important, ce qui n'est pas pour me déplaire. J'aime beaucoup aussi le thème de la danse qui traverse cet Allegretto et revient dans l'Allegro con moto final. Le second mouvement, Moderato, est le plus long des quatre, il développe un lyrisme très slave et permet au violoncelle toutes les expressions possibles sans la moindre baisse d'intensité. La Cadenza (3ème mouv.) est la partie où le violoncelle est seul maître à bord. Je n'accroche que moyennement, mais l'Allegro con moto qui suit balaie en quelques mesures l'once d'ennui qui commençait à poindre. Chouette concerto, traversé d'une belle énergie contagieuse.
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 7 Jan - 19:05

Le Concerto pour violoncelle et orchestre n°2, Opus 126 de Chostakovitch en trois mouvements, lui aussi par Maria Kliegel, le "Polish National Radio Symphony Orchestra", sous la direction d'Antoni Wit, est peut-être encore plus formidable que le N°1. Il est pourtant dit qu'il fut composé dans un délais très bref, courant avril 1966. On peut légitimement s'étonner qu'il ait écrit un concerto aussi riche et dense en un temps aussi court, avec autant d'inventivité et de rebondissements, mais nous savons tous que Chostakovitch a une expérience du cinéma, domaine qui demande des partitions symphoniques dans des délais souvent restreints, ce qui avait, souvenons-nous, effrayé Stravinsky lorsque, fraîchement arrivé aux Etats-Unis, il souhaita gagner un peu d'argent en composant du "papier-peint" pour le cinéma; c'est lui qui qualifiait la musique de film de "papier-peint"...Donc, le grand Chosta devait avoir cette faculté, lorsqu'il avait les bonnes idées, de les concrétiser avec suffisamment de rapidité et sans négliger pour autant son savoir-faire. Et, des idées et du savoir-faire, il y en a à revendre dans ce second concerto pour violoncelle! Le deuxième Allegretto (3ème mouvement) est carrément génial à mon oreille. Il dépasse les quinze minutes, comme le Largo (1er mouvement), le premier Allegretto étant nettement plus court mais doté d'un dynamisme contagieux.
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 7 Jan - 22:25

Me voilà revenu à la série de quatre concertos de Boccherini et comment ne pas mentionner le second mouvement (Largo) du Concerto for Cello, 2 Oboes, 2 Horns and Strings in E flat N°12? Non vraiment, je lui trouve un intérêt particulier, dans son développement, la poétique qui en émane...Je ne sais pas trop...Ce que je sais c'est qu'il me plait bien. Il est évident que le violoncelle possède un charisme extraordinaire. De cette nouvelle écoute, j'en tire une meilleure concentration sur celui-ci, l'ai suivi à la trace. Il me semble que c'est dans le troisième mouvement du même concerto où il prend un ton assez surprenant. Ca ne dure pas longtemps, peut-être un détail pour certains, mais chez moi l'effet est garanti. J'ai donc réécouté les N°12, N°8 G 478, N°6 G 475, N°10 G 483. Se joignent au violoncelle d'Enrico Bronzi, deux hautbois et deux cors. La très bonne idée, c'est l'apport des deux hautbois car voilà un autre instrument que j'aime énormément et qui mériterait bien son fil. Et il l'aura, promis juré! Il fait un malheur chez J. S. Bach, notamment dans ses cantates, un peu moins chez Boccherini, mais quand même, lorsqu'il pointe le bout de son nez et qu'il s'associe au violoncelle, le charme opère. C'est particulièrement édifiant dans l'Andante Lentarello du N°10 G 483, autre mouvement lent qui a toute mon estime.
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MessageSujet: Heitor Villa-Lobos   Dim 8 Jan - 18:11

Beaucoup de lyrisme et d'expressivité dans les deux Concertos pour violoncelle et orchestre de Heitor Villa-Lobos, autant dans celui qu'il composa en 1915 et qui est présenté sous le titre de "Grand Concert" que celui composé 38 ans plus tard, en 1953. J'y ai ressenti, par endroits, un romantisme exacerbé, développé par tout l'orchestre, une grande formation symphonique, cette fois. Le violoncelle d'Ulrich Schmid est ample et généreux, s'exprime amoureusement au sein d'un orchestre porteur des mêmes ébats, des mêmes étreintes. J'écoute ainsi un chant d'amour sans parole, une musique qui embrasse et enlace...Je n'en suis pas forcément sorti fasciné ni bouleversé, juste étreint et flatté, et c'est déjà beaucoup! Une grande bouffée de lyrisme s'en dégage. Ca fait du bien de temps en temps, surtout lorsque c'est exprimé par un compositeur aussi talentueux. Le premier concerto, celui qui date de 1915, est parcouru d'un chouette thème mélodique que je crois avoir entendu ailleurs, dans une musique de film. Je ne sais plus laquelle pour le moment. Je pense que le compositeur de cette mystérieuse musique de film est Bernard Herrmann et qu'il a emprunté ce thème fortement romantique à Heitor Villa-Lobos ou a composé un thème très similaire...Outre cette filiation d'un compositeur à un autre, je trouve qu'il y a une influence très française dans ces concertos, surtout dans le premier, plus précisément debussyste. Cette influence m'a frappé! Dans le second, la filiation serait à mon avis plus germanique...
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Icare
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MessageSujet: Reijseger   Dim 8 Jan - 22:44

Cave of Forgotten Dreams, film de Werner Herzog "musicalisé" par Ernst Reijseger, est sans aucun doute une des partitions composées pour l'image qui offre un rôle aussi important, pour ne pas dire privilégié, au violoncelle. Il y a même plusieurs passages pour violoncelle seul dont le jeu m'a fait penser à celui de Jean-Paul Dessy dans Prophètes. Ce ne sont pas ces passages-là qui me fascinent le plus mais ils complètent parfaitement bien l'atmosphère atypique de cette musique qui emploie aussi plusieurs pianos dont le Wurlitzer et le "préparé", l'orgue d'église, le fifre et un choeur de chambre composé de sopranos, altos, ténors et basse. Il y a plusieurs morceaux que je trouve absolument maginifiques dont un intitulé "Shadow" qui se développe sur plus de neuf minutes: transcendé et transcendant. A l'écoute de cet extrait, je touche à une espèce d'extase, il m'est orgasmique. Je n'ai pas d'autres mots pour décrire ce que je ressens en l'écoutant. C'est quelque-chose de profondément magique qui s'opère entre le violoncelle et moi entre les ponctuations répétées d'un orgue imperturbable mais sans lesquelles ce fameux "Shadow" n'auraient pas sur moi le même impact ravageur. Il est le point culminant de la B.O. d'Ernst Reijseger même s"il y a d'autres moments magnifiques et originaux que je vénère presque autant. Plus haut, j'avais mentionné les compositeurs qui arrivaient à me captiver sur la durée avec un violoncelle seul; J. S. Bach, Kodaly, Dessy, Morricone, je peux aussi rajouter à cette courte liste Ernst Reijseger.
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joachim
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Lun 9 Jan - 11:28

J'avais parlé un peu au-dessus de Offenbach violoncelliste, avec notamment ses deux concertos.

J'ai trouvé par hasard dette "Grande scène espagnole opus 22", que je ne connaissais pas encore ; elle est en trois parties enchaînées : Prière, Ronde des muletiers, Boléro, avec un longue cadence à la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=cc33gW5zrzc

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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Lun 9 Jan - 16:53

Icare a écrit:
j'avais mentionné les compositeurs qui arrivaient à me captiver sur la durée avec un violoncelle seul; J. S. Bach, Kodaly, Dessy, Morricone, je peux aussi rajouter à cette courte liste Ernst Reijseger.

Je découvre donc Ernst Reijseger et j'apprécie sa façon de jouer le violoncelle. J'ai particulièrement aimé et j'ai choisi pour vous la présenter cette pièce où il joue au violoncelle comme avec une guitare Wink Il est accompagné au piano par Harmen Fraanje et par la voix fascinante de Mola Sylla M'bira, Xalam, Kongoma.


https://youtu.be/Ro5K93CkLO0

ou plus classique, le concert CAVE OF FORGOTTEN DREAMS : https://youtu.be/BBpZLGYcQS8
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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Lun 9 Jan - 16:58

Joachim a écrit:
J'ai trouvé par hasard dette "Grande scène espagnole opus 22", que je ne connaissais pas encore ; elle est en trois parties enchaînées : Prière, Ronde des muletiers, Boléro, avec un longue cadence à la fin.

J'avais le préjugé de penser que je n'aimais pas la musique d'Offenbach, eh bien, depuis que je l'ai découverte sur ce fil, cette musique m'étonne et me ravit, véritable surprise pour moi Very Happy
Les genres ici, au violoncelle se diversifient et se côtoient, mon cœur va se reposer et s'élever dans la musique plus classique mais il rajeunit en se laissant emporter par ce qui est neuf et qui décoiffe Laughing
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Icare
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MessageSujet: Zimmermann   Lun 9 Jan - 22:30

La musique de Bernd Aloïs Zimmermann est d'abord pour moi une affaire de style, de gestes musicaux qui s'entrelacent dans un complexe harmonique et rythmique vascillant en permanence entre modernité et néo-classicisme. Que ce soit dans Canto di Speranza pour violoncelle et petit orchestre ou dans le Concerto pour violoncelle et orchestre intitulé "En forme de pas de trois", il évite la masse orchestrale et privilégie une instrumentation plus restreinte et aérée. Un élément qui m'a beaucoup amusé sur le principe et complètement réjoui dans le résultat, c'est l'emploi du cymbalum qui vole quasiment la vedette au violoncelle au début du concerto. Je m'étais même demandé s"il ne s'agissait pas en réalité d'un concerto pour cymbalum, ce qui ne m'aurait absolument pas dérangé, bien au contraire car j'adore cet instrument et que peu de compositeurs lui ont dédié un concerto jusqu'à ce jour. dans ce contexte, le cymbalum et les éléments de jazz qui concluent le concerto peuvent nous évoquer sous la forme d'un clin d'oeil (assumé?) le trucculent Ragtime de Stravinsky. Ceci étant dit, le violoncelle de Heinrich Schiff entre assez vite en scène au sein d'une orchestration recherchée et fort attractive. Zimmermann y emploie également la harpe de verre et élabore des combinaisons sonores très intéressantes et surtout jouissives à l'oreille. Son titre laisse entrevoir une chorégraphie, ce qui correspond à sa petite histoire...

Si on peut, à certains moments de Canto di Speranza, y repérer une technique sérielle, notamment dans la première phase de l'oeuvre, le résultat est bien plus onirique et appréciable que chez certains de ses contemporains dans la mesure où il semble avoir bien mieux digéré le concept et se gardant bien de figer sa musique dans cette seule esthétique. il insuffle à l'oeuvre une forme de légèreté qui enveloppe et raffine chacun des gestes musicaux. A mon oreille, il évite habilement rigidité et austérité, instaurant une figure musicale plus aérienne et poétique. Les dissonances y sont malgré tout vives et nombreuses, mais elles savent galvaniser la musique, aussi bien dans les passages rapides que dans les passages plus doux: les passages animés suscitant chez moi une belle excitation. Bref, la musique est enlevée, rythmée, versatile, concertante, légère, isorythmique, sérielle, dodécaphonique, néo-classique, le tout unifié par le jeu traditionnel et expressif du soliste qui, tel un guide, m'a emmené du point de départ au point d'arrivée sans que mon enthousiasme ne s'émousse à un moment ou un autre. Que demande le peuple...en fait, je n'en sais rien et je m'en fous. Hehe...Moi, j'en redemande! Ce soir, j'avais soif de dissonances et ne suis même pas sûr d'avoir eu ma dose! Laughing
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Jean

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Mar 10 Jan - 9:50

Grâce à tes commentaires, je viens de découvrir, le double concerto de Paul Tortelier et celui de Franck Martin (avec en prime son concerto pour violon aussi passionnant!)
J'ai bien apprécié Tortelier, mais j'ai besoin d'y revenir pour éventuellement le faire basculer dans mes "tops"...mais celui de Franck Martin m'a vraiment "emballé" Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Mar 10 Jan - 16:23

Frank Martin est un excellent compositeur et il me semble avoir remarqué que tu appréciais déjà son oeuvre vocale. Son oeuvre instrumentale, voire concertante, est à mon avis aussi intéressante et attachante. Ce serait dommage de passer à côté. Je suis heureux de lire ici que tu as beaucoup aimé son concerto pour violoncelle et son concerto pour violon. Very Happy

Concernant le concerto pour deux violoncelles de Tortelier, je ne sais pas s"il m'impressionne suffisamment pour l'inclure dans un éventuel TOP TEN. Ce que j'aime d'abord, c'est le geste d'amour qui accompagne l'oeuvre depuis sa gestation, l'idée que Tortelier ait composé un double concerto pour pouvoir jouer avec son épouse en concert. J'imagine même le plaisir de les voir jouer ensemble. J'imagine même ressentir leur complicité jusque dans l'écoute. Néanmoins, je suis conscient que ce n'est pas ce geste d'amour qui fait la musique, que l'intention, aussi belle soit-elle, ne rendra pas forcément une oeuvre géniale, mais j'estime que le romantisme passionné qui en émerge, en est un beau prolongement. Ce duo de violoncelles, appuyé par l'orchestre, a quelque-chose d'amoureux, quelque-chose de chaleureux, une grande chanson d'amour sans parole...
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MessageSujet: Beamish   Mar 10 Jan - 23:05

J'ai réécouté la dernière série de quatre concertos pour violoncelle de Luigi Boccherini, les N°5 G 474, N°11 G 573, N°7 G 476 et N°4 G 481, toujours par Enrico Bronzi et l'"Accademia i Filarmonici di Verona". J'ai eu raison car cette nouvelle écoute m'a permis d'appréhender des éléments que je n'avais pas forcément entendus ou retenus la première fois que je les ai écoutés. Il me semble avoir été plus attentif au jeu du violoncelle, d'y avoir été bien plus sensible, de ne pas avoir été un peu freiné par le flot classique du débit musical et de ne pas avoir seulement apprécié les mouvements médiums. De cette dernière série, j'ai toujours une préférence pour le N°7 pour violoncelle, deux flûtes et cordes...

Puis, suite à cette écoute, j'ai fait un grand bond en avant avec River - Cello Concerto (1997) de Sally Beamish, un concerto qui se constitue de quatre mouvements, interprété par Robert Cohen, le "Swedish Chamber Orchestra", sous la direction d'Ola Rudner. Il est clair que lorsqu'on écoute cette oeuvre très attachante de Sally Beamish, on sait parfaitement dans quel siècle on se trouve, toutefois, la musique n'en demeure pas moins hospitalière, accueillante, dans ce qu'elle véhicule de poétique et de coloré, une rivière musicale qui m'entraîne aisément dans son lit. Je pourrais presque qualifier ce concerto pour violoncelle de bucolique, de naturalistique, et - plus évident - d'aquatique, ce qui n'est guère étonnant avec un titre comme "River". J'aime chacun de ses mouvements. L'avant-dernier m'est particulièrement émouvant dans son registre tourmenté et impressionniste alors que le tourbillon amorcé par le violoncelle dans le quatrième est saisissant, envoûtant. Beau concerto. Jamais ennuyeux.
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MessageSujet: Sculthorpe   Mer 11 Jan - 18:20

Je pouvais difficilement m'offrir un cycle autour du violoncelle sans réécouter deux oeuvres de Peter Sculthorpe qui le mettent en valeur au sein d'un complexe sonore poétique et personnel. Sculthorpe est mon compositeur australien de chevet, tout comme Toru Takemitsu l'est pour la musique japonaise. Mais, à l'exception de son Concerto pour piano que j'ai réécouté récemment, lors de mon cycle autour du piano, j'avais un peu délaissé l'oeuvre du compositeur pour d'autres aventures. En réécoutant aujourd'hui Lament pour violoncelle et cordes (1991) et Cello Dreaming, par Emma-Jane Murphy, l'"Australian Chamber Orchestra", sous la direction de Richard Tognetti, je me suis évidemment rappelé à quel point je suis sensible à sa prose musicale. Lament est biensûr très beau dans une langueur parfaitement dosée où il est fort plaisant de suivre le jeu subtil et rigoureux du soliste. Cello Dreaming, c'est carrément un permis d'entrée pour le paradis tellement cette musique est merveilleuse et sait me communiquer toute la force positive qui la transcende. A noter l'imitation par les cordes du chant des mouettes, effet saisissant et naturalistique qu'il aime reprendre dans certaines de ses oeuvres, notamment ses Quatuors à cordes...
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MessageSujet: Omura/Tamba   Mer 11 Jan - 23:09

Il fallait bien qu'à un moment ou un autre je m'aventure vers un violoncelle plus expérimental ou vers un atonalisme totalement décomplexé et plus radical que chez, par exemple, Bernd Aloïs Zimmermann. Pour celà, j'ai choisi le Japon, tout d'abord avec Double Contour for cello and live electronics (2001) de la compositrice Kumiko Omura, par le violoncelliste Alexis Descharmes et Orion - Concerto pour violoncelle et orchestre (1991) d'Akira Tamba, par Shözö Kurokawa, l'"Orchestre philharmonique de Tokyo, sous la direction de Makoto Kokubu. Double Contour de Kumiko Omura a au moins le mérite de la singularité. le violoncelle y suit un parcours énigmatique, accompagné par des effets sonores électroniques plutôt sobres, jamais clinquants, avec lesquels il se mêle subtilement. sans être émerveillé, je ne déteste pas le climat électroacoustique qui s'y développe. Sans comprendre vraiment où la compositrice m'emmène, je me laisse guider, les yeux fermés, dans un sentier encore peu battu. La compositrice précise avoir incorporé des éléments japonais du "Shomyo", un chant bouddhiste, dans le jeu du violoncelle qui se voit ainsi écarté de sa fonction habituellement occidentale.

<<Composé en 1991, à la demande de la Radio nippone (N.H.K.) et créé le 21 août de cette année à Tokyo (par les interprètes mentionnés ci-dessus), le Concerto pour violoncelle "Orion" d'Akira Tamba illustre bien le regain de faveur dont jouit actuellement un genre qui fut, un temps, considéré comme obsolète. si elle se situe loin des formes convenues du concerto classique et romantique, l'oeuvre n'en a pas moins le caractère d'un dialogue très libre (parfois même d'un affrontement) entre soliste et orchestre. A l'image, peut-être, de la métamorphose d'Orion en constellation, la musique nous engage à suivre, étape par étape, un long cheminement ascensionnel, toujours à recommencer - et à recommencer autrement. L'introduction est confiée au violoncelle solo. Après quelques pizzicati, qui évoquent les sonorités du biwa, le soliste amorse une ligne zigzagante. Le motif mélodique sinueux s'amplifie, accélère jusqu'à une première esclamation orchestrale. Du dialogue qui s'en suit vont naître, par séquences successives de quatre à cinq minutes chacune, de longues vagues sonores qui enflent peu à peu tandis que scintillent de légères percussions ou que le violoncelle hésite parmi la rumeur lointaine de quelques instruments, que la clarinette ou la trompette interroge ce qui laisse deviner un futur tumulte orchestral, jusqu'à ce que, traversée par les déflagrations des cuivres, zébrée d'éclairs par les percussions métalliques, la musique atteigne son point culminant, mais pour aussitôt confier au soliste (ou à quelques pupitres de l'orchestre) le soin de redonner l'élan au discours musical, après s'être retrempé dans le silence.>> Michel Passelergue.

Ce que j'adore dans le concerto d'Akira Tamba, ce sont ses fulgurances orchestrales, ses effusions sonores, volcaniques, ses percussions métalliques à un moment donné, les propres fulgurances d'un violoncelle poussé à ses limites, parfois frappé. Superbe densité et intensité atonales, dans un foisonnement sonore qui me grise à chaque nouvelle écoute.


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Icare
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MessageSujet: Schnittke   Jeu 12 Jan - 10:29

N'ayant rien trouvé chez Toru Takemitsu autour du violoncelle parmi tout ce que je possède de lui, je me suis rabattu sur un autre de mes compositeurs préférés, Alfred Schnittke et de ce côté on est assez bien servi. Ca commence par un intéressant et émouvant Concerto pour violoncelle et orchestre n°1, en quatre mouvements, par Torleif Thedéen, le "Danish National Radio Symphony Orchestra", sous la direction de Leif Segerstam. Outre la qualité indéniable de cette oeuvre, on peut dire que le départ fut pourtant douloureux. Dans un premier temps, il aurait dû s'agir d'un concerto pour trois mouvements, seulement le compositeur fut victime d'une attaque grave, à l'âge précoce de 50 ans. Après des semaines d'hôpital, il entreprit sa convalescence or son état de santé restait très critique. Il réunit toutes ses forces pour recommencer à composer et il dit que c'est un miracle qu'il pût continuer comme s"il avait "posé la plume hier seulement". C'est vrai  qu'à l'écoute du premier concerto pour violoncelle, je n'aurais jamais cru qu'il soit sorti de l'imagination et de la force d'un homme affaibli, parce que de la force, de la turbulence, de l'inspiration, il y en a, le dernier mouvement étant sans doute le plus déterminant dans cette réussite. On est loin d'un pousse-notes symphonique sans âme, sans personnalité. Au contraire, il y a de la vie, du caractère, de la consistance, de la passion, dans ce concerto.
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 12 Jan - 12:29

Icare a écrit:
Il fallait bien qu'à un moment ou un autre je m'aventure vers un violoncelle plus expérimental ou vers un atonalisme totalement décomplexé et plus radical que chez, par exemple, Bernd Aloïs Zimmermann.

Pas possible d'être aussi maso Laughing Zimmermann et son Canto di Speranza, oui, c'est pas trop mal... Le concerto de Schnittke est tout à fait écoutable lui aussi. Mais rien que le titre "Double Contour for cello and live electronics" de Kumiko Omura me fait frémir, et je ne chercherai même pas à essayer de l'écouter...

Dans un tout autre domaine, en faisant des recherches sur Riccardo Zandonai, je suis arrivé sur son concerto andaluso pour violoncelle et orchestre, que je ne connaissais pas. Evidemment, c'est une oeuvre d'inspiration romantique, et pas mal du tout !

https://www.youtube.com/watch?v=KT95JaJrOWc

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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 12 Jan - 17:45


Merci Joachim de placer un peu de romantisme ci et là et de varier ainsi les plaisirs. Mais permets-moi aussi de revenir au contemporain avec trois compositions pour violoncelle d'Alfred Schnittke que je viens de réécouter cet après-midi; tout d'abord Klingende Buchstaben pour violoncelle, toujours interprété par Torleif Thedéen. Il s'agit d'une oeuvre courte qui dépasse à peine les quatre minutes. Elle ne m'a jamais laissé une impression indélébile, c'est plutôt anecdotique et si elle est pourvue de subtilités "violoncellistiques"..., de toute évidence, elles me passent au-dessus. Laughing Four Hymns pour violoncelle et ensemble se constitue de quatre mouvements, le premier pour violoncelle, harpe et tambour, le second pour violoncelle et contrebasse, le troisième pour violoncelle, basson, clavecin et tubular bells, et le quatrième pour violoncelle, contrebasse, basson, harpe, clavecin, tambour et tubular bells. Le premier mouvement est certainement le morceau musical le plus minimaliste que je connaisse d'Alfred Schnittke, en revanche, il n'est pas le plus passionnant, même s"il prend de la consistance au fur et à mesure de sa progression, finit par instaurer un climat assez chatoyant lorsque la harpe prend une sonorité plus reconnaissable. Le second mouvement offre un duo original entre le violoncelle et la contrebasse mais il ne décolle pas vraiment non plus. Jusque là je ne suis pas sûr d'une oeuvre très inspirée. heureusement, les troisième et quatrième mouvements offrent une toute autre dimension, beaucoup plus trucculente et corrosive, où je retrouve tout ce qui constitue le style très reconnaissable du compositeur: un instrumentarium tout simplement parfait duquel se distingue, outre le violoncelle, un basson solo particulièrement séduisant. La troisième composition est Dialogue pour violoncelle et ensemble, elle date de 1967. A la base, l'oeuvre fut imaginée pour piano, puis pour orchestre. Ce fut vers 1965. deux ans plus tard, Schnittke décida de la réaliser pour violoncelle solo et instruments, un ensemble qui se compose d'une flûte, un hautbois, une clarinette, cor, trompette, piano et percussion. Superbement orchestré et coloré, ce "Dialogue" est peut-être un peu trop pointilliste pour me combler, peut-être trop éloigné de ce que j'aime le plus chez lui. Je préfère revenir aux deux derniers mouvements de Four Hymns. Ce soir, je vais réécouter son Concerto n°2 pour violoncelle et orchestre, toujours par le même violoncelliste, et j'espère finir ma petite incursion "schnittkienne" en beauté, l'aimer au moins autant que le N°1. Seulement voilà, je n'en ai plus aucun souvenir, ne sais plus vraiment à quoi ressemble ce second concerto...
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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Ven 13 Jan - 10:21

Icare a écrit:
Ce soir, je vais réécouter son Concerto n°2 pour violoncelle et orchestre, toujours par le même violoncelliste, et j'espère finir ma petite incursion "schnittkienne" en beauté, l'aimer au moins autant que le N°1. Seulement voilà, je n'en ai plus aucun souvenir, ne sais plus vraiment à quoi ressemble ce second concerto...

L'histoire du second concerto pour violoncelle raconté par son compositeur, Alfred Schnittke:

<<Pendant des décennies, le légendaire Mstislav Rostropovitch fut pour moi un des rares chefs de file en musique contemporaine. Ce n'est qu'en 1974 que nous nous sommes rencontrés rapidement et avons jonglé avec l'idée d'une pièce écrite pour violoncelle. Puis, les événements ont contrecarré le projet. L'exil et par conséquent le changement de nationalité de Rostropovitch et de sa femme, Galina Vihsnevskaya, et pour moi, l'impossibilité toujours presque totale de voyager à l'Ouest. En 1986 enfin, la politique soviétique, jusque-là constamment si rigide, commença de s'amollir, ce qui amena la possibilité de renouer le contact et de reprendre notre vieux projet qui se réalisa au début de 1990. Le second concerto pour violoncelle se développa dans une direction totalement différente de celle du premier. Il s'agit au fond d'un KLANGWELT (un monde sonore) dominé par la sonorité du violoncelle, lui-même contrarié par la montée dramatique d'une sonorité orchestrale contrastante. Le 5ème mouvement - une passacaille - est le plus important: un récitatif interminable au violoncelle s'élève au-dessus d'une mélodie kaléoscopique - on dirait un hymne - tantôt explorant un thème définissable, tantôt ne dominant que de brèves réponses spontanées. Une apogée effervescente bouillonne juste avant la fin; suit une descente, une sonorité orchestrale de plus en plus sombre, qui transforme le moment en une répercussion inaudible, éternelle. Je dois ajouter que ce thème de passacaille provient d'une piste sonore que j'ai composée en 1973/74 pour accompagner le film Agonie d'Elem Klimov. Le film décrit les dernières semaines en Russie précédant la longue nuit de plus de 70 ans dans l'histoire du pays. Il renferme une scène d'aurore incroyablement stupéfiante où la rougeur du ciel engendre, enfin, un sentiment d'espoir - un emploi symbolique très inhabituel de la couleur rouge.>> Alfred Schnittke

Je dois reconnaître que j'avais totalement oublié le contenu du second concerto pour violoncelle, si bien qu'en le réécoutant ce matin j'avais l'impression de le découvrir. C'est d'autant plus surprenant que j'adore la musique de film d'Alfred Schnittke et notamment son travail sur Agonie d'Elem Klimov. Cette fameuse passacaille qu'il reprend dans le cinquième et dernier mouvement du concerto n'est pourtant pas du genre à passer inaperçue: je l'ai toujours vénérée dans son développement filmique le plus direct. Certes, dans le concerto, elle se trouve "emportée" par le long récitatif du violoncelle qui s'élève au-dessus, ce qui lui apporte une autre physionomie, plus souterraine par moments...Je me demande comment j'ai pu oublier à ce point ce cinquième mouvement qui n'est d'ailleurs pas le seul qui m'a plu. Ce second concerto a aussi des moments de belle intériorité. Je me dis que je l'avais certainement négligé, mais aujourd'hui, après réécoute, je pense l'aimer autant que le premier qui avait mieux imprégné ma mémoire, peut-être même un peu plus.
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MessageSujet: Blake   Ven 13 Jan - 17:21

Howard Blake est un compositeur partagé entre la musique pour l'image et celle pour le concert. Aujourd'hui, je me suis replongé dans sa musique de chambre et plus précisément dans ses oeuvres pour violoncelle et piano réunies sous le titre Diversions, avec Benedict Kloeckner au violoncelle et le compositeur lui-même au piano. Ce ne seront d'ailleurs pas les dernières compositions pour violoncelle et piano que j'aurai écoutées avant la fermeture de mon cycle car je compte bien remettre le couvert avec les Sonates de Beethoven, plus particulièrement les N°3, 4 et 5 qui m'avaient laissé une impression plutôt mitigée lors de la première écoute. Je suis curieux de voir comment cette première impression va évoluer. En tout cas, une chose est désormais acquise: Diversions -Opus 337a, Pennillion - Opus 525a, Cello Sonata - Opus 619, The Enchantment of Venus - Opus 620a, Walking in the Air - Opus 620a et Archangel's Lullaby - Opus 436a de Howard Blake sont des oeuvres pour violoncelle et piano qui m'enchantent, me divertissent et m'émeuvent à coup sûr. Ouvertement tonales, mélodieuses et lyriques, parfois avec une pincée de fantaisie ou d'espièglerie, Jean, Joachim, si jamais vous avez l'occasion d'écouter, n'hésitez pas! Ce fut aussi pour moi l'occasion de redécouvrir la célèbre mélodie Walking in the Air, tirée de sa partition pour le film d'animation The Snowman dans une nouvelle interprétation. Jusqu'ici, je la connaissais dans sa version chantée, symphonique, pour piano seul et même pour quatuor à cordes. Cette nouvelle version pour violoncelle et piano est peut-être la meilleure. Sinon, la Cello Sonata - Opus 619 est très réussie, peut-être l'oeuvre du cd, encore que Enchantment of Venus m'a aussi beaucoup plu.
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MessageSujet: Denisov   Ven 13 Jan - 19:55

Du côté de la Russie, parmi les contemporains, il y a deux compositeurs qui me tiennent particulièrement à coeur; Alfred Schnittke et Edison Denisov. Il était donc logique et même primordial que je me penche sur les deux oeuvres avec violoncelle solo que je connais et possède de Denisov. Ayant fait mon petit tour des oeuvres de Schnittke, il m'était intéressant de faire de même avec Denisov qui a développé un style musical très différent et particulièrement cérébral et sophistiqué. J'ai donc réécouté Death is a long sleep - Variations on a theme by J. Haydn pour violoncelle et orchestre de chambre, par Ivan Monighetti, "The Moscow Chamber Orchestra", sous la direction de Pavel Kogan et le Concerto pour violoncelle et orchestre par Carine Georgian, "The Moscow Philharmonic Symphony Orchestra", sous la direction de Dmitri Kitaenko. La première oeuvre commence de manière très sombre et sinueuse - la sinuosité étant l'une des caractéristiques du style de Denisov. Elle illustre parfaitement son titre; La mort est un long sommeil. L'intérêt se fait progressivement, comme l'oeuvre. Il y a un passage qui me touche plus que le reste de la partition, un passage où la mélodie se dessine plus nettement, par-dessus un violoncelle tourbillonnant, obsessionnel. J'adore le contraste entre la belle mélodie portée par l'orchestre et le jeu continu du violoncelle solo. J'aime aussi la façon dont s'achève l'oeuvre, la façon dont elle se désintègre, sur la pointe de quelques notes. Il en ira de même avec le Concerto pour violoncelle qui s'achève de la même manière. Le style est également cérébral et sinueux et l'oeuvre offre au soliste de superbes moments de solitude et d'errance. Mais, ce que j'aime en priorité dans ce concerto, c'est l'instrumentarium qui gravite autour du violoncelle et comprend le saxophone, la guitare électrique et un émouvant cor anglais (ou hautbois?) qui illumine surtout la dernière partie du concerto.

Ce soir, c'est Beethoven avec un retour attentif sur sa troisième sonate pour violoncelle et piano dans un premier temps, puis les N°4 et 5 entre aujourd'hui et demain.
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Ven 13 Jan - 21:47

Jean a écrit:
On ne peut que te souhaiter avoir été dans un mauvais jour pour les sonates et variations de Beethoven! Wink ...(mais c'est rédhibitoire ...ce n'est pas si grave...il t'en reste pas mal à chérir ...sans compter ce que tu as encore à découvrir! )...
Pour ma part j'aime beaucoup ces oeuvres , variations comprises et (mais je crois que je me répète là! Wink ) je les apprécie vraiment toutes au point de ne pouvoir choisir une ou deux "préférée"....Je ne connais pas toutes les innombrables versions...mais n'ai jamais été déçu non plus de ce coté là!

Je viens de réécouter la Sonate pour violoncelle et piano n°3 - Opus 69 en trois mouvements de Beethoven, toujours dans la même interprétation, par Xavier Phillips & François-Frédéric Guy. La première fois que je l'ai écoutée, j'ignore ce qui s'est réellement passé. Serais-je dans la situation inverse de nombreux mélomanes: tellement je suis "accoutumé" aux différentes esthétiques de la musique moderne, aurais-je plus de mal à entrer dans la forme classique à laquelle je serais moins familiarisé...?... Une chose est certaine, lors de la première écoute, tout ce qui m'a plu ce soir en la réécoutant m'était passé au-dessus... Embarassed Les trois mouvements m'ont, cette fois, complètement captivé, et j'en suis ravi! Je m'en vais, enthousiaste, réécouter les N°4 & 5 de ce pas! Very Happy
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Jean

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Ven 13 Jan - 23:04

Ravi pour toi! Wink ...
Comprendre et pouvoir expliquer pourquoi les impressions musicales sont quelques fois ou souvent plus ou moins changeantes reste mystérieux!
Un peu la même énigme qu'une même interprétation soit perçue parfois complètement à l'opposée par deux "critiques" pointus connaissant bien l'oeuvre (je pense, entre autre, à quelques réactions , pas si rares, de participants à la "tribune des critiques de disque" sur France musique ).
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MessageSujet: Lutoslawski/dutilleux   Sam 14 Jan - 18:24

Oui, Jean, je suis ravi de pouvoir partager votre enthousiasme envers la troisième sonate pour violoncelle et piano de Beethoven et, comme tu dis si bien, il n'est pas toujours si aisé d'expliquer pourquoi une oeuvre qui me parut quasiment ennuyeuse lors d'une première écoute, m'apparaît quasiment géniale lors d'une seconde. On peut y soupçonner plusieurs paramètres, plusieurs raisons possibles. Si on suit la doctrine de Brahms qui part du principe qu'une bonne musique ne se livre pas dès la première écoute, il est donc normal que je commence à l'apprécier seulement à partir de la seconde. En même temps, elle se compose de thèmes mélodiques qui accrochent directement l'oreille et j'aurais dû, me semble-t-il, les cerner lors de la première approche, surtout que j'écoute toujours au casque. Après, il put y avoir de la fatigue ou une question d'humeur, ou ce n'était pas le genre de musique que j'avais envie d'entendre à ce moment-là...?...Mais je sais aussi que les impressions changent d'une période à une autre de notre existence. Rien n'est figé. Nous ne sommes pas de pierre, encore qu'il existe des personnes qui me paraissent définitivement figées dans leurs goûts et convictions. Par exemple, aujourd'hui, j'ai réécouté une oeuvre qui jusqu'ici m'a toujours fait une très bonne impression; il s'agit du Concerto pour violoncelle de Witold Lutoslawski. Je ne me souvenais plus d'une orchestration aussi cuivrée, pouvant friser, par moments, une fanfare atonale. C'est la première fois que cette caractéristique du concerto pour violoncelle de Lutoslawski me gêna un peu. Attention, pas au point de le rejeter ni de n'être plus en mesure d'apprécier sa juste démesure ni sa fulgurance. Disons qu'il est un peu moins bien passé que d'habitude à cause de cuivres que j'ai trouvés un peu trop prépondérants. Peut-être qu'un autre jour je les aurais mieux acceptés. De toute évidence, ce fut le cas avant aujourd'hui puisque j'ai toujours gardé une bonne impresion de ce concerto.

Chez Dutilleux, le violoncelle entre doucement en scène, sur la pointe des cordes, l'orchestre se faisant discret, gardant une certaine distance. Il évolue avec beaucoup de mesure autour du soliste. Sa complainte monte d'ailleurs dans l'aigu et devient de plus en plus belle. C'est alors que l'orchestre finit par affirmer plus directement ses couleurs et ses éclats. Le combat entre le violoncelle et l'orchestre est déjà bien consommé: je note un usage assez fréquent des pizzicati et des percussions, le son du violoncelle pouvant devenir élastique dans la conclusion du premier mouvement "Enigme". Ce qui est étrange, en revanche, c'est que je n'ai pas trouvé ce mouvement énigmatique comme son titre le laisse supposer. Le second "Regard" est extrêmement tendu et sinueux, comme traversé d'une lumière lointaine. J'aime particulièrement le jeu flottant du violoncelle et l'appui intense des cordes. Aucune perte de tension, ce "Regard" s'étend admirablement aux rives d'un horizon tourmenté, dans une mobilité presque immobile. Magnifique. Le mouvement n°3, "Houles" dévoile une musique ample, agitée et incisive, traversée de passionnants éclats sonores, entre bois et cuivres, un véritable chant de la nature dans lequel le violoncelle s'écoule comme un torrent polissant les pierres. "Miroirs" est le mouvement le plus lent et extatique du concerto, une illustration de matières vives devenues inertes dans le reflet d'une eau impassible. Le chant du soliste est un silence qui s'écoute ou plutôt un long murmure de la nature à travers le temps qui semble s'écouler au ralenti. Je dirais que le cinquième et dernier mouvement "Hymne" commence comme une éclosion d'un monstre sonore. Le violoncelle devient viscéral et l'orchestre y déploie ses sonorités les plus vénéneuses, les plus éruptives. La tension et le côté "course-poursuite" qui s'établit entre les deux parties du concerto Tout un monde lointain... est captivant, exubérant, légèrement clinquant avant la note finale, peu importe, la magie opère et c'est là l'essentiel. En revanche, mon impression du concerto pour violoncelle de Dutilleux me semble immuable. Je pense toutefois avoir toujours préféré les orchestrations du concerto du Français à celles du concerto du Polonais où les cuivres y sont très prononcés.
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 14 Jan - 18:59

Icare a écrit:
il n'est pas toujours si aisé d'expliquer pourquoi une oeuvre qui me parut quasiment ennuyeuse lors d'une première écoute, m'apparaît quasiment géniale lors d'une seconde.

C'est parce qu'il faut toujours préparer plus ou moins le terrain. rares sont ceux par exemple, qui aiment d'emblée la poésie. Il m'a fallu des demaines pour faire aimer Keats à mes étudiants d'agrégation – mais une fois accros, ils ont adoré...

Icare a écrit:
Si on suit la doctrine de Brahms qui part du principe qu'une bonne musique ne se livre pas dès la première écoute, il est donc normal que je commence à l'apprécier seulement à partir de la seconde.

Bien sûr ! Comme un grand vin ! Il faut y arriver par paliers, et on ne met jamais son meilleur vin en entrée – ou du moins, on ne met pas le même type de vin.

Il y a des jours où je peux être fermé à un type de musique – je peux par exemple rejeter la musique symphonique –, à un instrument – le violon seul, ou sans piano, m'irrite parfois –, à un compositeur. C'est d'ailleurs à ça que je reconnais mes préférences : je ne suis JAMAIS fermé à Bach et Mozart. Ces deux-là ont la clé perpétuelle de mon cœur, il peuvent même entrer sans frapper.
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