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  Discussions autour du violoncelle

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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 15 Déc - 21:09

Est-ce possible que sur ce fil consacré au violoncelle, nous n'ayons pas encore parlé des suites pour violoncelle de J.S. Bach ?

Je viens d'écouter avec infinie reconnaissance sa Suite No. 1 pour violoncelle solo en Sol majeur, BWV 1007: I. Prélude par Pierre Fournier.

En voici quelques-unes glanées sur YT : Suites No.1-6 BWV 1007-1012, interprétées par Ralph Kirshbaum

https://youtu.be/REu2BcnlD34
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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 15 Déc - 22:08

laudec a écrit:
Est-ce possible que sur ce fil consacré au violoncelle, nous n'ayons pas encore parlé des suites pour violoncelle de J.S. Bach ?

Il me semble qu'on les a seulement effleurées mais le fil n'est pas clos et j'avais prévu de les réécouter dans la seconde partie de mon grand cycle. Un grand amateur de Bach comme moi ne pourrait en aucun cas oublier les Suites pour violoncelle, non mais! Cependant, il faudra attendre un peu, car, désormais, je vais naviguer entre Quincy Jones et Terence Blanchard, loin du violoncelle, bien qu'il puisse apparaître ci et là.
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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 15 Déc - 23:29

Oui, changer d'air de temps en temps, naviguer vers d'autres rivages, ça peut faire du bien ... du moment que le retour est annoncé Wink
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Julienne

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 17 Déc - 14:58

Je crois que l'on n'a pas évoqué ( peut-être trop connu, ressassé ?) le trio en mi bémol majeur op 100 D929 2ème mouvement de Schubert.......

Andante con moto, inspiré d'une chanson Suédoise " Le soleil se couche"



Un mélodique lancinant, popularisé par le film  Barry Lindon
de Stanley Kubrick, et qu'il est grand temps de rendre à ?? l'anonymat si je peux dire, c'est à dire à Schubert, l'un de mes compositeurs préférés;

Ici, le Trio Wanderer, 2007 "le Voyage d'hiver" une émission d'Arte ? je ne sais plus.......
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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 17 Déc - 17:04

Oui, merci Julienne, Schubert, l'un de mes préférés aussi, jamais assez évoqué et ici, hors concours, je dirais, tant c'est beau
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Julienne

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 17 Déc - 17:47

Tout à fait !
Schubert est un immense musicien, parfois un peu minimisé, ou bien est-ce mon ressenti ?
Son oeuvre est de toute beauté, Le Roi des aulnes l'une de mes oeuvres préférées, totale osmose entre les paroles et la musique;
Mais pardon, je m'éloigne du sujet !
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Jean

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 17 Déc - 19:52

On ne l'a pas évoqué...parce que le violoncelle n'a pas un rôle soliste Wink ...et ce serait bien de créer un "fil" pour parler des trios (violon violoncelle piano) qui est une "forme" musicale très utilisée à partir des classiques (tout comme le quatuor à cordes , les quatuors ou quintettes piano-cordes...)

NB Je n'ai pas l'impression que Schubert soir "minimisé"...; il est souvent cité et sa discographie est... "plétorique" ce qui me réjoui Wink
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Julienne

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Dim 18 Déc - 7:03

Jean a écrit:
parce que le violoncelle n'a pas un rôle soliste

Ah, ok, je n'ai pas bien lu, sorry, je suis toujours pressée....... Embarassed


Jean a écrit:
NB Je n'ai pas l'impression que Schubert soir "minimisé"...

Ok aussi, alors, ce doit être mon ressenti....... Very Happy

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Icare
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MessageSujet: John Williams   Dim 25 Déc - 18:23

Comme j'avais ouvert ce fil et la première partie de mon grand cycle autour du violoncelle sur la rencontre entre Yo-Yo Ma et un monstre sacré du Septième Art Ennio Morricone, il me parut opportun d'ouvrir cette seconde partie sur la rencontre entre ce même Yo-Yo Ma et un autre monstre sacré du Septième Art, John Williams. Sauf que sur cette rencontre, il ne s'agit pas de thèmes de musique de film retranscrits pour violoncelle et orchestre mais d'oeuvres spécialement composées pour l'instrument. Il y a d'abord un concerto en quatre mouvements, une élégie pour violoncelle et orchestre, trois pièces pour violoncelle seul et une oeuvre intitulée Heartwood pour violoncelle et orchestre. Le Concerto pour violoncelle et orchestre est de très bonne tenue, solidement construit et qui s'écoute sans déplaisir. Je ne pourrais pas dire qu'il me transporte très haut ni qu'il m'est complètement transcendant, mais je l'aime bien. J'aime la force qui en émane, son caractère à la fois passionné et confortable. Disons simplement que dans un style néoclassique, celui de, par exemple, Geoffrey Burgon me captive davantage. En revanche, l'Elégie pour violoncelle et orchestre m'apporte enfin le petit plus émotionnel que je n'ai pas trouvé dans le concerto. Avec les Trois Pièces pour violoncelle seul, je reste figé entre deux eaux: ni transcendé, ni ennuyé au point de zapper. Il faut dire que les oeuvres pour violoncelle non accompagné qui me fascinent sont définitivement rares. Il y a biensûr les merveilleuses Suites de J. S. Bach que je possède aussi par Yo-Yo Ma, l'intense Sonate de Zoltan Kodaly sur laquelle je reviendrai ultérieurement, côté classique, puis, côté contemporain, il y a les pièces de Jean-Paul Dessy réunies sous le titre de Prophètes - je les ai évoquées avec enthousiasme quelques commentaires plus haut - et Riflessi - Tre Pezzi per violoncello d'Ennio Morricone pour ce grain de folie qui les traverse. les Trois Pièces de John Williams sont rigoureuses, vigoureuses aussi, virtuoses, mais la magie n'opère pas vraiment sur moi. Pour l'anecdote, la première pièce s'intitule Rosewood et j'ignore si elle a un rapport avec la partition qu'il composa pour le film du même nom que j'ai réécoutée pas plus tard qu'hier soir. Je n'ai pas reconnu le thème principal. Heartwood pour violoncelle et orchestre fut l'oeuvre que j'attendais pour conclure cette page williamsienne, dans un lyrisme raffiné typique du Maître des Etoiles.
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MessageSujet: Bridge & Schulhoff   Dim 25 Déc - 22:24

Ce soir du jour de Noël, j'ai écouté pour la première fois deux sonates pour violoncelle et piano de deux compositeurs que je ne connais que partiellement, tout d'abord celle (Opus 17) d'Erwin Schulhoff que je connais seulement au travers de trois oeuvres que j'aime beaucoup; Ogelala "Ballettmysterium" - Opus 53, Suite - Opus 37 et la Symphonie n°2, et celle en Ré mineur de Frank Bridge, un compositeur anglais que je n'avais, jusqu'ici, abordé qu'au travers d'une seule de ses créations; Phantasy pour piano et trio à cordes, mais c'était surtout parce que cette pièce était en complément des Variations and Theme for piano quartet de Frédéric Devreese. Ce Phantasy ne m'avait jamais suffisamment enthousiasmé pour me donner envie d'approfondir ce compositeur. C'était surtout de Schulhoff dont j'attendais le plus! Au bout du compte, c'est une sonate bien plaisante qui s'est déroulée à mon oreille, dans une veine néo-classique, mais rien qui ne m'ait vraiment transporté. Je ne peux pas dire que j'ai été très ému par cette sonate qui se comporte de quatre mouvements même si elle se laisse écouter. Elle est en dessous de mes attentes, non pas parce que je ne l'ai pas trouvée assez "moderne", davantage parce que ses thèmes m'ont trop moyennement accroché. J'ai été bien plus captivé par la Sonate en ré mineur (1913-17) de Frank Bridge, d'un romantisme passionné et d'une grande intensité dramatique. J'ai été aimanté par son lyrisme, son caractère épique, le jeu poignant du violoncelle...J'aurai plaisir à y revenir. J'avais misé sur Schulhoff et c'est Bridge qui a raflé la mise! Very Happy

Thomas Duran: violoncelle
Nicolas Mallarte: piano

Par ce même duo, je vais découvrir dès demain, Madrigal, courte pièce de Enrique Granados, la Sonate de Joseph Boulnois et une autre courte pièce, Guitare de Jacques de la Presle.
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MessageSujet: Boulnois   Lun 26 Déc - 19:11


Joseph boulnois composa sa Sonate pour piano et violoncelle en 1917. Il mourut l'année suivante. Elle se constitue de quatre mouvements. Ne dit-on pas que la création musicale est toujours révélatrice de la société et de l'époque qui l'ont vue naître. Je suis d'accord avec cette observation même si, évidemment, à l'écoute de la sonate de Joseph Boulnois, je n'aurais pas forcément deviné (ou ressenti?) la terrible époque qui la inspirée. Que l'on veuille ou non, la musique est une expression fondamentalement abstraite et c'est vrai que dans cette oeuvre, il se passe beaucoup de choses plus ou moins dramatiques. Voilà une sonate riche en rebondissements et en humeur, ne se limitant pas à un caractère sombre et désespéré, ce que l'on pourrait attendre (ou craindre?) d'une oeuvre écrite en France entre 1914 et 1918, ou juste guillerette si on suppose qu'elle ait pu prendre le contre-pied des horreurs de la guerre. Non, ni sombre ni guillerette, une très belle sonate, émouvante et même pleine de créativité. Le second mouvement est très beau et touchant, le troisième développant une construction intéressante. Elle surpasse selon moi la Sonate d'Erwin Schulhoff avec laquelle elle est couplée et même celle de Frank Brigde qui m'a pourtant bien plu. Du coup, je n'ai pas beaucoup porté d'attention au Madrigal (1915) d'Enrique Granados ni au Guitare (1915) de Jacques de la Presle.
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MessageSujet: Alan Ridout   Lun 26 Déc - 22:42

Je viens de réécouter trois concertos pour violoncelle sur lesquels je ne suis pas revenus depuis longtemps. Ils appartiennent au compositeur Alan Ridout qui n'a pas encore sa biographie ici...Il va falloir que j'y songe...Il y eut d'abord le Concerto n°1 pour violoncelle, cordes et percussion (1984) en trois mouvements, par Gérard Leclerc, le "English Chamber Orchestra" sous la direction de Stephen Barlow. C'est une oeuvre solide qui possède son lot de moments captivants, notamment le second mouvement, excellent celui-là. Il y eut ensuite le Concerto pour violoncelle et voix (1994), lui aussi en trois mouvements, par Gérard Leclerc et le choeur "Laudibus". L'oeuvre est originale, elle sort de l'ordinaire. Les chanteurs ne font pas que chanter, ils claquent des mains et des pieds, le violoncelle aussi. Il y a une dimension théâtrale intéressante et une approche de la danse paysanne à un moment donné, mais c'est dans le dernier mouvement, la sarabande, lorsque la musique prend une tournure classique et même religieuse, qu'un très beau thème se dessine et m'apporte la plus belle émotion du concerto. Le troisième concerto s'intitule The Prisoner (N°3) pour violoncelle solo et huit violoncelles (1995). Comme les deux précédents, il me tient en haleine dès les premières mesures, jusqu'à ce qu'un très beau thème prend forme. J'ai néanmoins l'impression qu'il provient d'un folklore quelconque. C'est un moment attendrissant, très attendrissant, mais lorsque les violoncelles s'animent en même temps que le soliste, l'effet est singulier et saisissant: un choeur de violoncelles comme chez celui d'Einar Englund pour formation similaire, mais pour un chant plus "british".
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MessageSujet: Cassado/Delplace   Mar 27 Déc - 19:06


<<La Suite pour violoncelle seul de Gaspar Cassadò (1897-1966) a été publiée en 1926. Fils de Joaquin Cassadò (1867-1926), qui fut chef de coeur, organiste et compositeur, Gaspar Cassadò fut élève de Pablo Casals à Paris et surtout fait carrière comme instrumentiste, souvent en tournée aux côtés d'Alicia de Larrocha ou comme partenaire occasionnel de Rubinstein, D'Oïstrakh ou de Menuhin. Mais il fut aussi compositeur, élève de Ravel, et a laissé quelques oeuvres marquantes comme son Concerto pour violoncelle et orchestre en ré mineur, une Rhapsodie Catalane pour orchestre et une Sonate pour violoncelle et piano. Il réalise également de nombreuses transcriptions pour son instrument. Sa Suite pour violoncelle seul se réfère à J. S. Bach par la forme - un Prélude suivi de danses - et à la musique espagnole pour les éléments mélodiques. Elle oscille entre intériorité et épisodes dansants et brillants, qui en font une oeuvre qui est appréciée en concert.>>

Voilà ce qu'en dit Xavier Deletang dans le fascicule du cd. J'ai bien ressenti le caractère dansant et espagnol pendant l'écoute de cette Suite. C'est un peu différent avec les Variations dans le Ton de Sol pour violoncelle seul de Stéphane Delplace. L'une comme l'autre m'accaparent moyennement. J'aime bien sans plus. Pour la petite histoire: <<Les Variations dans le Ton de Sol de Delplace sont plus récentes que la Suite de Cassadò. La Sarabande qui sert de thème est issue d'une première suite pour violoncelle dédiée à Paul Tortelier, et avait été préalablement développée sous forme de "Thème et Variations pour clavier avec 19 variations sur le ton de Ré". La rencontre du compositeur avec Emmanuel Boulanger fut l'occasion pour lui de revenir au violoncelle et de transcrire, grâce à son aide, celles qui pouvaient être envisagées sur cet instrument. L'oeuvre fut créée en 1995 par Emmanuel Boulanger.>>
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MessageSujet: Tortelier   Mar 27 Déc - 22:26


J'ai réécouté le Double Concerto pour deux violoncelles et orchestre de Paul Tortelier et j'accroche toujours aussi bien. En marge des turpitudes de l'avant-garde qui sévissaient déjà en Europe, en 1950, période où fut composée cette oeuvre - de ma part, il ne s'agit en rien d'un regret ni d'un compliment mais d'une simple observation - la musique s'envole dans les méandres d'un lyrisme amoureux et raffiné parmi lesquels deux violoncelles ne s'opposent pour ainsi dire jamais dans un duel "passionnel", à savoir celui qui va battre en virtuosité son rival. Non, au contraire, il s'agit davantage d'une complicité entre les deux solistes, d'osmose même où les deux protagonistes vont se soutenir mutuellement, être le prolongement harmonieux l'un de l'autre jusqu'au final, ou, sans opposition, les deux violoncelles vont alors s'exprimer communément dans un grand jeu virtuose et concluant. Les double-concertos pour deux violoncelles et orchestre me semblent rares, si bien que si un couple ou un duo de violoncellistes souhaitent interpréter ensemble un concerto, ils devraient penser à celui de Paul Tortelier. Si j'adore l'idée de départ de ce concerto que je trouve fortement romantique, c'est-à-dire de concevoir une oeuvre qu'il puisse jouer en compagnie de son épouse, le résultat a tout pour séduire un public qui aime les oeuvres lyriques décomplexées et expressives. Il commence sur une belle ouverture symphonique. Les deux violoncelles n'entrent pas en scène tous les deux en même temps, mais ils se suivent de très près. A partir de là, c'est une grande histoire d'amour qui commence, une grande étreinte amoureuse entre deux violoncelles épris l'un de l'autre. Le second mouvement est superbe, langoureux, saisissant. J'ai écouté ensuite, toujours de Paul Tortelier, sa Suite en ré mineur pour violoncelle seul interprétée par lui-même. Je me rappelle que la dernière fois que je l'avais écoutée, je m'étais un peu ennuyé. Je l'ai mieux appréciée cette fois-ci, peut-être aussi parce qu'elle me semble très influencée par J. S. Bach.
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MessageSujet: Kodaly   Mer 28 Déc - 20:35

Et ce soir, ce fut la grande Sonate opus 8 pour violoncelle seul de Zoltàn Kodàly, toujours par Emmanuel Boulanger. Cette Sonate de Kodàly me renvoie d'une certaine manière aux Sonates respectives pour violoncelle et piano de Jacques Boulnois, Erwin Schulhoff et Frank Bridge, parce qu'elle fut écrite dans la période de la Première Guerre Mondiale, qu'elle aurait pu figurer sur le même cd. Elle a été composée en 1915. Imaginée et pensée au départ pour deux violoncelles, elle fut réécrite pour violoncelle seul à la suite de la mort de l'un des deux exécutants, tué au début de la guerre 14-18. Dédiée à Eugène de Kerpely qui la créa en 1918, c'est une des oeuvres les plus jouées de Kodàly. Cette oeuvre m'a toujours impressionné. Je trouve qu'elle offre au violoncelle un charisme incroyable, au point que j'en oublie la "solitude" de l'instrument. Il occupe au contraire un espace immense dans mon champs d'écoute. Il est juste à proximité de moi, autour de moi. Il m'étreint. En fait, j'ai l'impression qu'il y a au moins deux violoncelles, l'un dans l'ombre de l'autre, le second comme le fantôme du premier. Cette Sonate est un chef-d'oeuvre pour le violoncelle.
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MessageSujet: Dvorak   Jeu 29 Déc - 12:01

J'ai quitté provisoirement le vingtième siècle avec Mstislav Rostropovich, le "Boston Symphony Orchestra" et Seiji Ozawa. J'ai remonté le temps afin de replonger dans l'un des plus merveilleux concertos pour violoncelle jamais écrits, celui, somptueux, d'Antonin Dvorak. Dans la pâte orchestrale de ce compositeur, il y a toujours quelque-chose de soyeux. Il y a de l'ampleur, de la générosité ainsi qu'une profonde expressivité. Le violoncelle y est impérial. Brahms aurait dit, selon Pablo Casals, lorsqu'il entendit pour la première fois le concerto de Dvorak, que s"il avait imaginé qu'avec le violoncelle on pouvait obtenir de tels effets, lui aussi aurait composé un concerto pour cet instrument. Ce concerto aurait-il rendu envieux Brahms? Une chose est certaine, il a illuminé cette matinée de 29 décembre et ferait inévitablement partie d'un "top dix" des meilleurs concertos si je devais en établir un.Very Happy


Dernière édition par Icare le Jeu 29 Déc - 16:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Lalo   Jeu 29 Déc - 16:24

Il est dit que quatre ans après l'irruption du fameux concerto pour violoncelle de Camille Saint-Saëns, Edouard Lalo voulut relever le défi, composant alors une oeuvre d'un élan et d'une force éblouissants. Bien que né à Lille, tout au Nord de la France, la musique de Lalo (à l'instar de son apparence physique - porteur d'une barbe impressionnante, la peau et l'oeil sombres au point de le faire ressembler, disaient certains, à un Grand d'Espagne) évoque les climats méditerranéens avec leurs couleurs éclatantes et leurs rythmes communicatifs. J'aime particulièrement bien les deux premiers mouvements, le premier pour son grand thème mélodique qu'il sut développer généreusement dans une orbe romantique, le second pour une sorte de danse plutôt douce et si délicatement orchestrée. Ce n'est pas un concerto que j'ai aimé dès la première écoute, Epiphanie - d'après une légende éthiopienne d'André Caplet avec lequel il est couplé, lui a souvent volé la vedette. Mais, au fil des écoutes qui se sont succédées, le Concerto pour violoncelle et orchestre en ré mineur d'Edouard Lalo a tissé son bonhomme de chemin à l'intérieur de mon coeur pour ne plus jamais en ressortir. Par Xavier Phillips, le "Bayerische Kammerphilharmonie" sous la direction d'Emmanuel Plasson.

D'ailleurs, mon grand cycle autour du violoncelle m'a incité à me procurer à bon prix un double-cd contenant l'intégrale des oeuvres pour violoncelle et piano de Beethoven. J'ai renouvelé ainsi ma confiance à ce formidable violoncelliste qu'est Xavier Phillips, avec un pianiste de talent que j'aurai découvert au travers de l'oeuvre de Marc Monnet et du quatrième concerto pour piano du même Beethoven, il s'agit de François-Frédéric Guy. En général, mes cycles n'ont pas pour but unique de me pousser à l'achat de nouvelles oeuvres, c'est quelque-chose qui doit rester occasionnel. Il a davantage pour fonction de me faire revisiter ma cédéthèque qui doit demeurer une collection vivante. A partir du moment où je conserve un cd, c'est que le contenu ou une partie du contenu me plait: il faut donc y revenir, toujours y revenir un jour ou l'autre. J'écoute finalement peu de pures nouveautés. Néanmoins, il y avait longtemps que je souhaitais découvrir l'oeuvre pour violoncelle et piano de Beethoven. Ce cycle a donc motivé l'acquisition de cette intégrale et je m'en réjouis d'avance. Very Happy
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 29 Déc - 16:32

Malgré ma difficulté à classer...pour lui, (celui de Dvorak!), chez moi il est le N° 1 sans hésitation Wink

J'en profite pour revenir sur la sonate de Franck violon-piano ou transcrite violoncelle piano (je disais, plus haut, que je ne l'appréciais que modérément ...) ...J'ai largement exagéré; en fait c'est surtout le thème du premier mouvement qui pour moi est un peu ...sirupeux Wink ..Le reste de la sonate, soit au violon ou au violoncelle est superbe!...Cà m'a permis de la redécouvrir...

Je n'ai pas parlé aussi des 4 très beaux concertos de Karl Davidoff (ou Davidov)
ainsi que les 4 enregistrés de Jean Louis Duport, également violoncelliste virtuose: mais les deux savaient aussi magnifiquement composer!
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Icare
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MessageSujet: Caplet/Fauré   Jeu 29 Déc - 18:04

Une oeuvre que j'ai toujours trouvée superbe et qui continue indéfectiblement à m'émerveiller est la fameuse Epiphanie - d'après une légende éthiopienne pour violoncelle et orchestre d'André Caplet. C'est d'ailleurs par cette pièce que j'ai découvert ce compositeur,une pièce qui m'apparaît comme un jardin fantastique avec justement un parfum de légende: c'est quelque-chose que je ressens profondément dans cette  musique. Elle a même sa part d'étrangeté dans la partie où le violoncelle n'est accompagné que par une percussion réduite à un jeu extrêmement minimal et obsessionnel. Dépouillé et insolite. On pourrait dire qu'il s'agit-là d'un rêve musical ni plus ni moins, un rêve qui prend une dimension nettement plus lyrique et généreuse lorsqu'il dévoile un thème fantastique... Voici le témoignage de Xavier Philips, l'interprète: << Lorsque j'avais seize ans,je me trouvais dans une phase de fascination pour l'impressionnisme. Et c'est alors que j'entendis une prodigieuse interprétation d'EPIPHANIE par Frédéric Lodéon - Ce fut l'un des grands moments de révélation dans ma vie musicale...>> Emmanuel Plasson y évoque une formidable combinaison d'impressionnisme et de structure - les composantes les plus achevées de la musique française. Peut-être mon oeuvre préférée pour violoncelle et orchestre, celle que je placerais tout en haut d'un éventuel Top 10. Entre le concerto de Lalo et l'Epiphanie de Caplet, une superbe mignonnette intitulée Elégie opus 24 en ut mineur pour violoncelle et orchestre de Gabriel Fauré résonne encore dans ma tête - quelle mélodie! - ce qui ne sera pas pour déplaire à Kristian. Mains
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laudec

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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 29 Déc - 22:08

J'ai écouté Lalo qui m'a conquise par le jeu si subtil du violoncelle, par contre je n'ai pas toujours apprécié l'accompagnement de l'orchestre qui me dérangeait par ses intrusions que je trouvais parfois "agressives"...

L' Epiphanie de Caplet était une découverte agréable pour moi aussi mais le violoncelle me semblait souvent noyé dans la masse des autres instruments, je n'ai pas bien pu apprécier son jeu (c'est peut-être dû à l'enregistrement YT...).

Réécouté l'Elégie de Fauré qui n'est toujours pas détrônée par la sonate pour moi Wink

Je viens d'écouter la sonate pour violoncelle en sol mineur op. 65 de Frédéric Chopin interprétée par Pavel Gomziakov et Maria João Pires au piano. Quelle douceur et quelle intensité en même temps dans cette interprétation, juste ce qu'il me fallait ce soir
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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Jeu 29 Déc - 22:46

laudec a écrit:
L' Epiphanie de Caplet était une découverte agréable pour moi aussi mais le violoncelle me semblait souvent noyé dans la masse des autres instruments, je n'ai pas bien pu apprécier son jeu (c'est peut-être dû à l'enregistrement YT...).

C'est certainement dû à l'enregistrement Youtube car sur mon cd, le jeu du violoncelle est parfaitement distinct, même lorsque l'orchestre joue un rôle plus important à certains moments. Maintenant, quand j'écoute un concerto pour instrument et orchestre, mon oreille est autant braquée sur le soliste que sur l'orchestre, car l'un est aussi important que l'autre. Je n'aime pas trop les concertos qui mettent trop l'orchestre en dessous ou en retrait du soliste, car sinon je préfère encore écouter une oeuvre pour instrument seul, mais, en même temps, je n'aime pas non plus lorsque l'orchestre est trop envahissant et surchargé. Je peux même y être allergique. Je n'aime pas non plus les concertos où le soliste prend trop d'importance et exhibe trop de virtuosité, et j'estime justement qu'il y a un parfait équilibre entre le violoncelle et l'orchestre dans l'Epiphanie d'André Caplet qui est une de mes grandes références sur ce point et que l'on n'est d'ailleurs pas obligé de voir systématiquement comme un concerto. De toute façon, il est clair que dans cette oeuvre de Caplet l'orchestre est aussi important que le violoncelle. Il y a toute une ambiance impressionniste et parfois mystérieuse qui se crée autour de lui. Pour ce qui est du concerto de Lalo, s"il ne m'impressionne pas autant que celui de Dvorak qui m'est juste parfait, je n'ai été gêné par aucune fulgurance excessive de l'orchestre, alors que, comme toi, je n'aime pas trop la lourdeur dans ce domaine (sauf peut-être un peu dans le troisième mouvement???). C'est peut-être aussi parce que j'ai entendu bien pire... Laughing...


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MessageSujet: Kalhor/Yo-Yo Ma   Jeu 29 Déc - 23:24

Ce soir, je n'ai pas voulu privilégier la forme concertante ni la forme sonate, pas même une oeuvre qui fait du violoncelle l'instrument vedette. C'est plus un geste d'admiration pour Yo-Yo Ma, sa carrière, ses choix, son éclectisme musical. J'ai donc privilégié sa collaboration avec "The silk road ensemble" par le biais de deux oeuvres qui mettent en scène le violoncelle mais parmi d'autres instruments solos. Il s'agit de The Silent City de Kayhan Kalhor pour kamânche, 2 violons, alto, violoncelle, basse, bodhran et ghavel, puis de Ambush from ten sides pour pipa, sheng, xun, guitare, violoncelle et orchestre, basé sur une musique traditionnelle arrangée par Li Cang Sang et China Magpie. The Silent City commence de manière très douce, dans une lenteur méditative et même hypnotique. L'oeuvre évolue lentement vers plus d'ampleur, de consistance, vers plus de rythmes dans sa dernière partie. Je me suis laissé aisément envoûter. Comme je l'ai dit, le violoncelle n'y est pas plus important que les autres instruments. Je pense même que le kamânche lui vole la vedette avec son timbre très particulier. Ambush from ten sides est une oeuvre plus captivante encore, pleine de couleurs et de fougues. Le violoncelle, toujours par Yo-Yo Ma, y joue un rôle déjà plus important, mais subit la concurrence heureuse d'autres instruments comme  la pipa et le sheng qui apportent une teinte définitivement asiatique à l'ensemble.
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Icare
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MessageSujet: Barber   Ven 30 Déc - 10:59

Il y a très longtemps que je n'avais pas remis le Concerto pour violoncelle et orchestre de Samuel Barber dans la fente de mon lecteur, bien qu'au fil des écoutes, comme celui de Lalo, il gagna un peu de ma considération. J'étais toutefois heureux d'y revenir ce matin, de m'offrir une occasion de le redécouvrir. Il en est ressorti une impression assez positive. Il n'est pas si mal ce concerto pour violoncelle, un caractère assez printanier qui, du moins, domine le premier mouvement; "Allegro moderato". Au coeur de celui-ci, un passage consacré uniquement au soliste Paul Tobias, fait que je me désolidarise temporairement de l'oeuvre. Je n'ai pas vraiment été convaincu par la prestation solitaire du violoncelle, mais, dès que les instruments de l'orchestre entrent en scène, le concerto retrouve ce caractère printanier et optimiste qui me plait bien. le mouvement médium "Andante sostenuto" est de veine très romantique avec un son qui m'évoque plus ou moins d'autres compositeurs américains de cette période ayant d'ailleurs pu composer pour le Septième Art, comme, par exemple, Franz Waxman, Bernard Hermann...Cet "Andante" est finalement somptueux. Arrive alors le "Molto allegro ed appassionato" (mouvement final) qui se laisse écouter sans déplaisir. L'orchestre a ses fulgurances, ses moments pour lui pendant lesquels le soliste s'efface. Les compositeurs américains, en général, aime l'orchestre, le symphonique, la masse orchestrale, les grandes envolées, mais Barber sait tempérer et le violoncelle demeure quand même, entre chahut et répit, le héros principal.
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Icare
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MessageSujet: Chen Yi/Ranjbaran   Ven 30 Déc - 15:14

En réécoutant Eleanor's Gift - Concerto for cello & orchestra de Chen Yi, je me suis dit qu'il n'y avait aucun répit dans cette musique. Tonitruante de la première note à la dernière. Aucune concession vers une quelconque mélodie qui serait, pour le coup, reposante, rassurante. Virtuose, accidentée, atonale, sous tension permanente, elle me fait toujours penser à une partition de Leonard Rosenman écrite pour un bon film d'action, c'est peut-être pour cette raison que je l'aime bien, l'écoute toujours avec un certain plaisir. Il faut dire que c'est orchestré comme il faut, sans surcharge, incisif et efficace dans la tonicité que ce concerto exprime. En revanche, le Concerto pour violoncelle et orchestre de Behzad Ranjbaran sévit dans une orchestration plus étoffée et dans un lyrisme plus exacerbé. On retrouve une musique tonale certes plus optimiste et beaucoup moins tonitruante, plus impétueuse et emphatique. Il y a un grand rapport de force entre un orchestre très "américain", très "western", et le violoncelle de Paul Tobias qui ne voudrait rien céder. Le premier mouvement, malgré une certaine grandiloquence, passe plutôt bien alors que le troisième, dans la même veine, me fatigue un peu trop. Alors là oui, le soliste peut se retrouver noyé au sein de la masse orchestrale. Autant j'estime que ce n'est pas le cas dans Epiphanie d'André Caplet, autant là c'est flagrant! Néanmoins, le mouvement lent est sublime, le point culminant du concerto. Rien que pour ce moment d'exception, je suis content de connaître le concerto pour violoncelle de Behzad Ranjbaran. Very Happy
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joachim
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   Sam 31 Déc - 18:16

Voici un beau concerto pour violoncelle composé par... Offenbach !  qui n'a pas composé que des opérettes, mais aussi beaucoup d'oeuvres pour violoncelle, qui était son instrument de prédilection. On lui doit aussi de beaux duos pour 2 violoncelles.

https://www.youtube.com/watch?v=ulq965lUpB4




Et comment trouvez vous cette superbe élégie "Deux âmes au ciel" ? Ces deux âmes au ciel sont la première des "Quatre impressions" pour violoncelle et piano datées de 1843 (les autres étant n° 2 Introduction et valse mélancolique, n° 3 Rêverie au bord de la mer et n° 4 Course en traîneau). On trouve le tout sur un CD CPO.

https://www.youtube.com/watch?v=U5tVUL-zYUk
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violoncelle   

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