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  Rudolf ESCHER (1912-1980)

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Icare
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MessageSujet: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Dim 17 Juil - 21:55

La Sonate pour flûte et piano que Rudolf Escher composa en 1979 est plus grave, plus dramatique que la Sonatine (1953) de Jaap Geraedts et la Sonate (1925) de Willem Pijper avec lesquelles elle est couplée, toujours interprétée par le superbe duo Jacques Zoon & Bernd Brackman. Elle se divise en trois mouvements; Comodo sempre ondeggiante e flessibile/Lento/In moto ostinato, con violenza. Si la Sonatine de Geraedts et la sonate de Pijper expriment de la joie et une certaine légèreté, ce qui ne veut pas dire qu'elles soient exemptes de virtuosité et de rigueur, la Sonate de Escher en prend un peu le contre-pied. Il ne renouvelle même pas le caractère aérien de son court Aria pour charmer un lézard (1953) pour flûte seule. Encore que l'on retrouve ce cas de figure dans le second mouvement, également pour flûte seule. Mais dès que le piano rentre en scène, c'est une dimension plus dramatique qui crispe le troisième mouvement, comme si les deux instruments réunis gagnaient en détermination et virilité.

L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=k9xSQGfz5PU


Laudec, si tu as du temps, jette une oreille sur cette composition qui pourra peut-être te plaire. Very Happy


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Icare
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MessageSujet: Re: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Dim 17 Juil - 22:17

Eléments biographiques (en partie trouvés sur Wikipedia):

Rudolf Escher est un compositeur néerlandais qui vit le jour le 8 janvier 1912 à Amsterdam et le perdit le 17 mars 1980 à De Koog, sur l'île de Texel. Il est le fils du géologue et minéralogiste Berend George Escher. Sa mère, Emma Brosy est d'origine suisse. Son grand-père est ingénieur en hydraulique. Voilà pour le côté familial. Rudolf Escher passe ses premières années de son enfance à Batavia (Jakarta), où son père travaille pour une compagnie pétrolière, de 1916 à 1921). Ce dernier joue du piano en amateur et c'est évidemment par lui que tout démarre. Sa passion pour la musique grandit en lui. De retour aux Pays-Bas en 1922, la famille se fixe à Leyde et, à partir de là, il étudie la musique par cours particuliers : le piano avec van Bé Hartz, ainsi que le violon et l'harmonie. Hésitant entre l'art (la peinture), la littérature (il publie des textes poétiques dans la revue "Forum" jusque dans les années 1950) et la musique, il opte finalement pour celle-ci en 1929. Espérant d'abord entrer au conservatoire de Cologne, il s'inscrit néanmoins à Rotterdam, peu après la création du Conservatoire, et y étudie le piano et, pendant quelque temps, le violoncelle. De 1934 et 1937, il suit la classe de composition de Willem Pijper, le plus important musicien et critique musical néerlandais de l'époque. Sa composition d'importance est sa première Sonate pour piano (1935).

En 1938, Rudolf Eischer publie un essai important intitulé Toscanini et Debussy, la magie de la réalité, qui est remarqué, exemple des nombreux articles qu'il a consacrés à la musique française. En mai 1940, lors du bombardement de la ville de Rotterdam, il perd la plupart de ses partitions, de ses écrits et de ses peintures. Il compose sa "Musique pour l'esprit en deuil" entre 1941 et 1943. L'oeuvre est jouée par le "Concertgebouw" sous la direction de van Beinum en 1947 et obtient un vif succès, ce qui lui rapporte une belle renommée sur le plan national. À propos de son travail de guerre, il écrivit plus tard :

<<Mon travail à partir de cette période est emprunt d'une sorte de lourdeur, un acharnement qui manifestement rendent compte qu'elles ont été cultivées en pleine catastrophe. Pour moi, précisément, la signification est éthique : elles sont des constructions de l'esprit, à un moment où "l'esprit" (si l'on peut appeler cette chose ainsi) est utilisé presque exclusivement à des fins destructrices.>>

— Rudolf Escher, 17 février 1952, lettre à Piet Damste.

En 1944, il compose "Arcana" pour piano, une pièce portée par l'esprit de "Gaspard de la Nuit" de Ravel. L'œuvre est créée par lui-même, à La Hague en 1946. À partir de 1945, il s'installe à Amsterdam et collabore au journal "Groene Amsterdammer". En 1946, Escher et Matthijs Vermeulen entretiennent une relation amicale fondée outre la musique, sur leur intérêt pour la littérature et des idéaux politiques communistes et sociaux communs - Escher a été membre du Parti communiste de 1934 à 1940. Malgré leur amitié, les deux musiciens restent critiques sur les œuvres de chacun.

En 1958, Escher participe aux Festival de Musique contemporaine de Strasbourg et en 1960 à Cologne où il s'enthousiasme pour le "Pli selon pli" de Pierre Boulez. C'est le début d'une expérimentation de la musique électronique et de la musique sérielle. Dans cet esprit il étudie au Studio électronique de l'Université de Delft la mécanique des solides et l'électro-physique, puis au studio pour la musique électronique de l'Université de technologie de Delft et l'Institut de Sonologie à Utrecht. Puis il suit les cours d'analyse de Pierre Boulez à Baden-Baden, consacrés à "Improvisations sur Mallarmé I & II". Ensuite, il enseigne au Conservatoire d'Amsterdam (1960-61). Il utilise son expérience avec Pierre Boulez pour donner un cours sur "L'importance de la structure et de la forme de Debussy sur les récentes techniques de composition sérielles de Boulez".

De 1964 à 1977, il est maître de conférences à l'Institut de musicologie à l'Université d'Utrecht. Il travaille à développer nombre d'études dans les domaines de la théorie de la musique et de la science audiologique. Il veut élargir le domaine des recherches musicologiques en y incluant la psychophysique et la science de la transmission de l'information musicale. Il donne une conférence sur "structure typique et critères de forme dans la musique du XXe siècle". Rudolf Escher a reçu tout au long de sa carrière de nombreuses récompenses pour ses compositions. En 1946, il reçoit le Prix de Musique de la Ville d'Amsterdam pour "Musique pour l'esprit en deuil", prix qu'il reçut une nouvelle fois pour "Le vrai visage de la paix" écrit pour chœur a cappella. Un an plus tard, il est distingué par le gouvernement néerlandais qui lui commande la suite pour piano "Arcana". En 1959, il reçoit le prix "van der Leeuw" pour "Tombeau de Ravel". Il reçoit aussi deux fois le "Visser-Neerlandia Prijs" pour "Nostalgies" (1961) et son Quintette à vent (1968). En 1966, lui est décerné le Prix "William Piper" pour sa "Sonate concertante" pour violoncelle et piano et en 1977 c'est le Prix "Johan Wagenaar" dont il est couronné, pour l'ensemble de son œuvre.

Après le décès du compositeur un comité composé notamment de la veuve du compositeur et de William Boogman, Elmer Schönberger et Dirk Jacob Hamoen ont dressé un catalogue de l'œuvre et commenté chacune d'elle. Le compositeur Leo Samama, élève de Escher à l'Université d'Utrecht dans les années 1970, a dédié une de ses œuvres : "Spleen et Idéal II" (1981) sur trois poèmes de Charles Baudelaire. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur la musique et les compositeurs de son pays.


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Icare
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MessageSujet: Re: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Dim 17 Juil - 22:23

Musique pour l'esprit en deuil:

https://www.youtube.com/watch?v=pb6hpFkzwDw


J'ai une préférence pour cette oeuvre-là. Elle est vraiment superbe! Ne vous fiez pas à son expérience avec Pierre Boulez, c'est très différent. Very Happy


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Icare
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MessageSujet: Re: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Dim 17 Juil - 22:30


Quelques notes sur son style (source Wikipedia)

La musique de Rudolf Escher est lyrique, expressive, élégiaque et douée d'une grande force de projection. Subissant d'abord les influences française puis allemande - les principales étant Ravel, Debussy et Mahler - il trouve néanmoins rapidement une langue, une grammaire, un ton et des sonorités propres à lui seul. Ainsi il écrivait :

<< Mes affinités avec Sweelinck et sa technique de toccata en particulier, avec les mélismes grégorien, Gesualdo, la musique de gamelan, la polyphonie médiévale tardives, et non des moindres, avec Mahler [...] ne sont pas moins vrai que certains aspects de celles avec Debussy et Ravel.>>— Rudolf Escher

Il admettait cependant que les deux compositeurs français étaient une source inépuisable d'inspiration. Sa musique reste essentiellement de nature tonale, coulée dans un cadre strictement contrapuntique avec des enchaînement de variations. En 1938, il écrit :

<< Le miracle d'un morceau de musique ne sera jamais révélé, du moins par des moyens naturels, par le son et l'audition. Cela veut dire sonnant bien et bien entendu. Cette dernière condition est a priori impossible si l'autre ne peut être satisfaite.>> — Rudolf Escher, Toscanini et Debussy

Tout ce qu'il a composé peut être clairement discerné par l'oreille. Il le prétendait lui-même, il écrit « pour l'oreille », plutôt que pour se conformer à un principe extra-musical. En dehors de cet aspect technique de la composition, Escher discerne un aspect psychique:

<<La technique d'un compositeur est intimement liée à son identité spirituelle et intellectuelle, à son psychisme.>>
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laudec



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MessageSujet: Re: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Lun 18 Juil - 21:59

Beaucoup à découvrir chez ce compositeur-écrivain inspiré, trop peu de temps disponible pour l'instant mais j'y reviendrai.  J'ai quand-même écouté le Tombeau de Ravel que tu me conseillais, Icare, une musique pleine de saveurs, à réécouter certainement.  Le passage pour flûte solo  m'inspire et me ravit, du même style que l'Aria pour charmer un lézard et j'y trouve une familiarité avec la musique de Charles Koechlin que j'aime beaucoup aussi.
J'aimerais écouter ses œuvres pour clarinette également et tant d'autres compositions dont les titre m'interpellent.
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joachim
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MessageSujet: Re: Rudolf ESCHER (1912-1980)   Mar 19 Juil - 11:35

J'aime beaucoup cette émouvante Musique pour l'esprit en deuil (plus que le Tombeau de Ravel), malgré des dissonances par moments.


Oeuvres

Orchestre

Sinfonia in memoriam Maurice Ravel (1940)
Musique pour l'esprit en deuil, op 6 (1943)
Passacaille pour orchestre, op 10 (1946)
De Poort van Ishtar, musique de scène, op 13 (1947)
Concerto pour orchestre à cordes et timbales, op 14 (1947-48)
Hymne du Grand Meaulnes, op 19 (1950/51)
Symphonie no 1, op 26 (1953-54)
Hylas, jeu musical pour les jeunes, op 30 (1958)
Symphonie no 2 (1958, rev. 1964 et 1971)
Summer Rites at Noon (1962-1969)
Orchestration des Six épigraphes antiques de Debussy (1975-1977)


Musique de chambre

Sonate concertante pour violoncelle et piano, op 7 (1943, revue en 1950/55)
Sonate pour deux flûtes, opus 8 (1944)
Trio pour hautbois, clarinette et basson (1946)
Sonate pour violoncelle seul (1948)
Sonate pour flûte seule, opus 16 (1949)
Sonate pour violon et piano (1950)
Le Tombeau de Ravel, 7 pièces pour flûte, hautbois, violon, alto, violoncelle et clavecin, op 24 (1952, revu en 1959)
Air pour charmer un lézard pour flûte seule, opus 28 (1953)
Trio à cordes (1959)
Etude pour 2 violons (1960)
Quintette à vent (1967)
Monologue pour flûte seule (1969)
Sonate pour clarinette seule (1973)
Sonate pour flûte et piano (1975-78)
Sinfonia pour dix instruments : Quintette à vent, quatuor à cordes et contrebasse (1976)
Trio pour clarinette, alto et piano (1978)


Clavier

Sonate no 1, pour piano (1935)
Passacaglia, pour orgue, op 2 (1937)
Arcana, suite pour piano, op 9 (1944 sous le nom de Arcana Musae Dona -, revu en 1979)
Habanera, pour piano (1945)
Due Voci, pour piano (1949)
Non Troppo, 10 pièces non-faciles pour piano, op 17 (1949)
Sonatine, pour piano op 20 (1951)


Musique vocale

Trois poèmes de Tristan Corbière pour voix et piano (1936, revu 1947)
Horcajo pour mezzo soprano et piano (1941) sur un poème de Mercedes Legrand
Lettre du Mexique pour baryton et piano (1941) poème de Tristan Corbière
Protesilaos en Laodamia, idylle pour ténor, baryton, mezzo et orchestre, texte de M. Nijhoff (1946)
La vie du sieur de Dalibray, 8 poèmes pour ténor et piano d'après Charles Vion d'Alibray (1947/49)
Aria de la Petite sirène, pour soprano et orchestre (1949), texte de M. Vasalis
Chants du désir, pour mezzo-soprano et piano, op 22 (1951) sur les Quatre Poèmes de Louise Labé.
Nostalgies, 4 mélodies pour ténor et orchestre, op 21 (1951, rev. 1961) sur des poèmes de Henry Jean-Marie Levet
Strange meeting, pour baryton et piano, op 25a (1952) sur des poèmes de Wilfred Owen.
Le vrai visage de la paix pour chœur a capella, op 27 (1953, rev. 1957) sur le poème de Paul Éluard
Songs of Love and Eternity pour chœur capella (1955) sur des poèmes d'Emily Dickinson
Ciel, air et vents, 3 poèmes pour chœur a capella (1957) sur trois poèmes de Ronsard
De Perzen (Les Perses), musique de scène d'après Eschyle, pour choeur d'hommes et instruments (1963)
Univers de Rimbaud, 5 poèmes pour ténor et orchestre (1970) Poèmes d'Arthur Rimbaud
Three Poems by W.H. Auden pour chœur a capella (1975)

Musique électronique : The Long Christmas Dinner, pour une émission de télévision, texte de Thornton Wilder (1960)


Hymne du Grand Maulne, assez debussyste...



https://www.youtube.com/watch?v=P-o8sDVkVLg
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