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 Les Flammes de Paris, ballet de Boris Assafiev

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joachim
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Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Les Flammes de Paris, ballet de Boris Assafiev   Dim 29 Mai - 14:18

Flammes de Paris (Пламя Парижа, Plamia Parija) est un ballet russe en deux actes, dont la musique a été composée en 1932 par Boris Assafiev (également compositeur de La Fontaine de Bakhchissaraï) et dont le sujet traite de la Révolution française, d'après un livret de Nikolaï Volkov et Vladimir Dmitriyev. L'argument a été tiré du livre de Félix Gras Les Marceliers.

La chorégraphie originelle est de Vassili Vainonen (1901-1964) et la première eut lieu le 7 novembre 1932 au Kirov de Léningrad, aujourd'hui théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Il fut présenté ensuite le 6 juillet 1933 au Théâtre Bolchoï de Moscou et représenté plus d'une centaine de fois avant de disparaître de l'affiche. Le Bolcho¨le le reprit en 2008 dans une production d'Alexeï Ratmansky, d'après la chorégraphie originale de Vainonen. C'est cette production qui est désormais disponible en DVD et Blu-ray avec Ivan Vasiliev et Natalia Ossipova (Bel Air Classiques).

On le trouve ici, dans cette interprétation "live" de 2010 :

https://www.youtube.com/watch?v=PAp5vp7msx8

La chorégraphie fait appel à toutes les forces de la troupe du Bolchoï : les 300 costumes historiques transforment les 140 artistes en paysans, insurgés, aristocrates, jouant sur le contraste entre le style précieux des courtisans et la simplicité classique de la République. Le ballet met en scène de touchants pas de deux et de grands ensembles qui dévoilent une danse puissante et énergique et permet d'apprécier toute la virtuosité de cette prestigieuse Compagnie. Les rôles de Jeanne et Philippe sont dansés par les stars de la troupe du Bolchoï : Natalia Osipova et Ivan Vasiliev entourés de Denis Savin et Anna Antonicheva. L'orchestre du Théâtre Bolchoï est placé sous la direction de Pavel Sorokin. Flammes de Paris a été projeté en direct en mars 2010 sur grand écran dans les salles de cinéma et a été vu par plus de 10 000 spectateurs en une seule soirée.


Personnages principaux

Jeanne, une paysanne, fille de Gaspard et Lucile
Jérome, son frère
Philippe, un révolutionnaire marseillais
Le Marquis Costa de Beauregard
Adeline, sa fille
Mireille de Poitiers et Antoine Mistral, acteurs célèbres parisiens
Jarcasse, vieille femme à la solde du marquis
Gilbert, capitaine des Marseillais
le Roi Louis XVI
la Reine Marie Antoinette
Gaspard, un paysan, père de Jérôme et de Jeanne
Lucile, sa femme
Amour dans le ballet de Cour et quelques autres personnages, dont les Furies.


Argument

Acte 1

Scene 1

Une banlieue de Marseille, la ville qui a donné son nom à l'hymne national français. A travers la forêt un grand groupe de personnes est en marche. C'est le bataillon des Marseillais qui sont en chemin vers Paris. Un canon qu'ils transportent indique leurs intentions. Parmi ces hommes de Marseille se trouve Philippe.

C'est par ce canon que Philippe fait la connaissance de la jeune paysanne Jeanne. Ils se plaisent ; il l'embrasse au moment de la séparation. Le frère de Jeanne, Jérôme, aspire à rejoindre les Marseillais.

Près de là se trouve le château du marquis Costa de Beauregard, le seigneur local. Les chasseurs reviennent au château, parmi lesquels se trouvent le marquis et sa fille, Adeline.

Le Marquis fait des avances à la jolie fille paysanne, Jeanne. Celle-ci essaie de se libérer de son emprise, et parvient à le faire grâce à l'aide de son frère Jérôme.

Jérôme est battu par les chasseurs de la suite du marquis, et jeté dans une cave de la prison. Adeline, qui a observé la scène, libère Jérôme, et dans leur cœur un sentiment mutuel les rapproche. Jarcasse, une sinistre vieille femme, qui a été employée par le marquis pour garder un œil sur sa fille, informe son maître vénéré de l'évasion. Le marquis gifle sa fille et lui ordonne de l'accompagner dans une voiture, avec Jarcasse. Ils vont à Paris.

Jérôme fait ses adieux à ses parents Gaspard et Lucile, car il est dangereux pour lui de rester sur les terres du marquis. Lui et Jeanne partent avec le détachement des Marseillais. Leurs parents sont inconsolables.

D'autres volontaires se joignent au détachement. Ensemble avec la foule, les hommes de Marseille dansent une farandole. Les hommes ont mis des chapeaux rouges à la place de leur ancien couvre-chef. Jérôme reçoit une arme à feu de Gilbert, le chef des insurgés. Jérôme et Philippe tirent eux-mêmes le canon. Le détachement se déplace vers Paris au son de la Marseillaise.

Scène 2
Le son de la Marseillaise cède la place à un menuet élégant. Le palais royal. Le marquis et Adeline y sont arrivés. Le maître de cérémonie annonce le début du ballet :

Renaud et Armide, un ballet de cour, avec les célèbres acteurs de Paris : Mireille de Poitiers et Antoine Mistral:

Sarabande - Armida et ses amis. Les forces de Armida reviennent d'une campagne. Il y a des prisonniers. Parmi eux se trouve le prince Renaud.
Amour vise d'une flèche au cœur de Armida et Rinaldo. Variation - Amour. Armida libère Renaud.
Pas de deux de Renaud et Armide.
Le fantôme de l'épouse de Renaud apparaît. Renaud abandonne Armida et navigue au large dans un bateau à la poursuite du fantôme. Armida évoque une tempête. Les vagues ramènent Renaud sur le bord de mer, il est entouré de furies.
Danse des Furies. Rinaldo tombe mort aux pieds de Armida.


Le Roi Louis XVI et Marie-Antoinette font leur entrée. Salutations, serments de loyauté et toasts à la prospérité de la monarchie.

Le Marquis choisit l'actrice Mireille de Poitiers comme sa prochain "proie", et commence sa "cour" de la même manière qu'il avait procédé avec Jeanne, la fille paysanne. Les sons de la Marseillaise se font entendre dans la rue voisine. Les courtisans et les officiers sont paniqués. Profitant de la cohue, Adeline s'échappe du palais.


Acte II

Scène 3

Un quartier de Paris, où se déplacent les hommes de Marseille, parmi lesquels se trouvent Philippe, Jérôme et Jeanne. Un tir de leur canon doit donner le signal du début de l'assaut des Tuileries.

Soudain, sur la place, Jérôme aperçoit Adeline. Il se précipite vers elle. La sinistre Jarcasse espionne ces retrouvailles.

En attendant, en l'honneur de l'arrivée du détachement d'hommes de Marseille, un tonneau de vin est apporté sur la place. Les danses se succèdent: la danse Auvergne cède la place à la danse Marseille, puis la danse capricieuse des Basques, dans laquelle tous les personnages principaux prennent part: Jeanne, Philippe, Adeline, Jérôme et Gilbert, le capitaine des Marseillais.

Dans la foule, abreuvée avec du vin, des petits bagarres éclatent ici et là. Des poupées en peluche de Louis XVI et Marie-Antoinette sont déchirées et mises en pièces. Jeanne, avec une lance dans ses mains, danse la Carmagnole avec la foule. Philippe, qui est ivre, allume la mèche, c'est une volée de coups de canon, après quoi la foule se précipite pour prendre d'assaut les Tuileries.

Dans un contexte de coups de feu et de battement des tambours, Adeline et Jérôme se déclarent leur amour. Ils sont inconscients de ce qui se passe autour d'eux.

Les Marseillais font irruption dans le palais. Ils sont dirigés par Jeanne, agitant un drapeau. Combat. Le palais est pris.

Scène 4
La foule remplit la place qui est décorée avec des lanternes. Les membres de la Convention et le nouveau gouvernement montent à la tribune.

La foule exulte. Les artistes célèbres, Mireille de Poitiers et Antoine Mistral, qui auparavant avait diverti le roi et ses courtisans, exécutent maintenant la danse de la Liberté pour le peuple. La nouvelle danse diffère un peu de l'ancienne, et maintenant, l'artiste Mireille tient le drapeau républicain dans ses mains. Le peintre David effectue une esquisse de la célébration.

Au son du canon, à partir duquel la première volée avait été tirée, le Président de la Convention unit les mains de Jeanne et Philippe. Ce sont les premiers jeunes nouveaux mariés de la nouvelle République

Le son des fiançailles de la danse de Jeanne et Philippe cède la place aux bruits sourds étouffés du couteau qui tombe de la guillotine.

Le marquis condamné y est conduit. En voyant son père, Adeline se précipite vers lui, mais Jérôme, Jeanne et Philippe la supplient de ne pas se faire voir. Afin de venger le marquis, Jarcasse démasque Adeline, révélant ses véritables origines. Retournée à la fureur, la foule exige sa mort. Avec désespoir, Jérôme tente de sauver Adeline, mais en vain. Elle est guillotinée. Effrayés pour leurs vies, Jeanne et Philippe retiennent Jérôme, qui veut se battre, difficilement.

La fête continue. Par la chanson Ah! Ça ira, le peuple triomphant exulte.


La musique (d'après http://www.forum-dansomanie.net/pagesdanso/critiques/cr_audio_video_0002_flammes_de_paris_bolchoi_2010.html

Dans Les Flammes de Paris, la musique peut être considérée – et c’est ainsi que l’a voulu le compositeur Boris Assafiev – comme un personnage, ou plutôt comme des personnages à part entière. La partition est conçue comme un collage de pages célèbres, empruntées à Cherubini, Méhul, Beethoven, Gossec, Lesueur, Grétry, Gluck et Lully, et réorchestrées. Les deux derniers compositeurs symbolisent, pour Assafiev, l’Ancien régime, académique et empesé (Armide, de Lully, est caricaturé pour servir de prétexte à une pompeuse scène de "théâtre dans le théâtre", à la cour de Versailles).
Méhul est selon Assafiev le musicien révolutionnaire par excellence, propre à exalter les ardeurs guerrières. Curieusement, ce n’est pas le Chant du départ qui sera retenu, mais l’ouverture de La Chasse du jeune Henri. L’ouvrage, qui retraçait un épisode de la vie d’Henri IV, fut vertement critiqué lors sa création à l’Opéra-comique en 1797, au motif qu’il montrait un Bourbon sous un jour trop favorable… Alexeï Ratmansky, dans sa nouvelle lecture des Flammes de Paris, exploite assez habilement ce paradoxe, en utilisant la pièce de Méhul comme support d’une scène de chasse chez Costa de Beauregard – l’aristocrate -, chasse dont on comprend assez vite que le gibier sera humain : Jeanne, la femme du peuple, capturée et violée à la hussarde.

Luigi Cherubini, l’un des pères fondateurs – encore un paradoxe – du grand opéra français de l’ère romantique, est pour sa part mis à contribution pour le pas de deux lyrique d’Adeline et de Jérôme, devenus amants, au début du second acte, avec pour fond sonore, l’air de Néris "Ah! Nos peines seront communes", emprunté à Médée.

Enfin, chez Ratmansky comme chez Vainonen, les mouvements de foule conçus – dernier oxymore pour une fresque héroïque et laïque - sont illustrés par Ah ça ira, ça ira…, la Carmagnole et évidemment la Marseillaise.

L’énumération de toutes ces références peut sembler fastidieuse, mais elle prend son sens lorsqu’on relit les notes d’intention publiées par Boris Assafiev lui-même en 1933 et 1934 : le compositeur, également éminent musicologue, voulait explicitement faire des Flammes de Paris une véritable leçon d’histoire de la musique, en réhabilitant des auteurs alors totalement inconnus en Russie. Il est vrai que Méhul, Gossec ou Lesueur jouissaient, dans les années 1930, d’une faveur guère plus grande dans leur France natale.
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