Forum sur la musique classique
 
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 Le son s'apprivoise...

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Anouchka

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MessageSujet: Le son s'apprivoise...   Sam 7 Mai - 18:56

Icare a écrit: <<Je ne doute pas un instant que la version "Paolo Casals" soit un excellent cru, cependant, je n'ai pas trop envie de subir un enregistrement de 1945.>>

Eh si, moi je supporte, car je m'adapte, et le violoncelle de Casals (et le violon de Menuhin) sont tellement exceptionnels, qu'à mon humble avis, cela transcende tout... : Je me fiche un peu des conditions d'enregistrement pour écouter le son de leur instrument, qui, je trouve, a été très bien capté, finalement. Je trouve leur interprétation unique, et le son de leur instrument presque magique.

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Bon, eh bien cela m'a donné envie hier de ré-écouter tout ça ! (en cuisinant compliqué, ça c'est la note "fun"  Hehe )
Pour défendre mon petit enregistrement de 1932, voici :
Les enregistrements d'Elgar sont publiés sur 78 tours par HMV et RCA Victor. Après la Seconde Guerre mondiale, l'enregistrement de 1932 du concerto pour violon, avec pour soliste le jeune Menuhin, est toujours disponible en 78 tours puis en LP mais les autres œuvres sont sorties du catalogue pour plusieurs années. Lorsque EMI les remet en vente en LP dans les années 1970, elles surprennent beaucoup de monde de par leur tempo rapide en contraste avec les tempo plus lents adoptés par de nombreux chefs d'orchestre après la mort d'Elgar. Les enregistrements ont été ensuite disponibles en CD101 dans les années 1990. FIN DE CITATION.
Et j'ai une version de 2001, un peu "remasteurisée". Le son de Menuhin -comme celui de Casals en 1945 sur le même CD donc-, est parfait (je le redis).
Le concerto pour violon est presque dansant, un peu "rhapsodien", et le 4ème mouvement, la cadenza, carrément une sorte de danse. Lyrique. Unique.
Ce concerto est très long : environ 50 minutes en quatre mouvements. Et encore, on accusa Menuhin d'avoir "accéléré", ce qui me semble de toute façon très beau, justifié, en plus il est dirigé (sur le London Symphony Orchestra), par Edward Elgar LUI-MEME !!!
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Icare
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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Sam 7 Mai - 20:07

Anouchka a écrit:
Eh si, moi je supporte, car je m'adapte, et le violoncelle de Casals (et le violon de Menuhin) sont tellement exceptionnels, qu'à mon humble avis, cela transcende tout... : Je me fiche un peu des conditions d'enregistrement pour écouter le son de leur instrument, qui, je trouve, a été très bien capté, finalement. Je trouve leur interprétation unique, et le son de leur instrument presque magique.[/color]

Ha mais je suis bien d'accord avec toi sur le principe, d'autant plus que si tu es très attachée à ces interprétations-là, jusqu'à les préférer à des interprétations plus récentes, et que tu arrives aisément à passer outre le son des enregistrements anciens, tu aurais bien tort de t'en priver. Tu as d'autre-part parfaitement raison de parler d'adaptation. Notre oreille est inévitablement façonnée et conditionnée par nos habitudes d'écoute, et plus elle est conditionnée par le son d'enregistrements récents, plus elle aura du mal à apprivoiser le son d'enregistrements anciens, voire très anciens. J'en veux pour exemple mon expérience de la Symphonie N°6 de Tchaikovski par Sergiu Celibidache qui date de 1957 avec une qualité d'enregistrement assez moyenne et même passable, avouons-le. La première fois que je l'ai écoutée, j'ai eu du mal à aller jusqu'au bout: il faut dire que sur la toute fin le son part en cacahuète, ce qui n'arrange rien. Mais, lorsque je l'ai remise dans mon lecteur tout récemment, j'ai réussi à l'apprécier malgré ce son d'époque, sauf biensûr les dernières mesures pour les raisons que je viens d'évoquer. J'en déduis donc que mon oreille s'est quelque-part adaptée, préparée à ce son un brin "poussiéreux/vieillot" pour se concentrer sur l'essentiel: l'oeuvre de Tchaikovski. Ceci-étant dit, comme toujours, je demeure plus souvent attaché à l'oeuvre qu'à une interprétation en particulier. A aucun moment je n'ai eu l'impression que cette version de Celibidache était exceptionnelle au point de me paraître unique et donc insurpassable. D'ailleurs, j'ai écouté une version beaucoup plus récente sur Youtube qui m'a plu tout autant, et, au fond, si c'était à refaire, c'est probablement celle que j'achèterais, car, à choisir entre les deux, je choisirai celle qui finalement me plait autant et bénéficie d'une qualité d'enregistrement récente à laquelle mon oreille est habituée. Tout ça est encore une fois très personnel: si les versions "Casals" (1945) et "Menuhin" (1932) te paraissent uniques, exceptionnelles, il est normal que tu les privilégies: comme tu dis, la musique, lorsque nous la trouvons excellente, finit par transcender les aléas des enregistrements très anciens...enfin jusqu'à un certain point... ...

Pour en revenir à cette "adaptation" que tu évoques plus haut, faisant allusion dans ce cas précis aux enregistrements anciens, ou à cet apprivoisement du son que l'on peut aussi voir sur un plan plus large, c'est un élément que l'on évoque assez peu et qui a pourtant un rôle important dans notre appréciation de la musique. S'adapter à ce qui ne nous est pas familier ou apprivoiser ces sons qui sont étrangers à nos habitudes d'écoute  varie évidemment selon les caractères, mais aussi les volontés de chacun. Et plus que de capacité, il s'agit la plupart du temps d'avoir envie. La motivation et la curiosité jouent un rôle crucial. Je me suis par exemple rendu compte que j'avais bien apprécié les Symphonies n°21 & 27 de Mozart alors que les fois précédentes elles m'avaient plutôt ennuyé. La tendance est de penser de prime-abord que leur génie s'est révélé à mon oreille ou que j'étais dans l'humeur idéale pour écouter ce type de musique. Il peut effectivement y avoir du vrai dans ces deux explications. Seulement voilà, il y a une troisième explication possible et même probable qui se trouve ainsi négligée - je parle uniquement en fonction de mon expérience personnelle: Le fait est que la période classique a été jusqu'à peu la période qui m'était la moins familière, avec laquelle mon oreille, ma sensibilité, était la moins familiarisée. Plus on se familiarise, intellectuellement et émotionnellement, avec un genre musical, qu'il s'agisse du Baroque, du Contemporain, du Jazz, etc..., plus on accepte de choses, plus on accepte d'oeuvres et pas seulement les plus géniales ou les plus populaires. Je pense que, petit-à-petit, je m'adapte au langage de la période classique et, par conséquent, me rapproche inéluctablement des symphonies de Haydn. Je dis ça très sérieusement. Very Happy Je connais quelqu'un qui n'aime pas du tout le Baroque, si ce n'est quelques "tubes" triés sur le volet. Lorsque je l'ai invité plusieurs fois chez moi, je lui ai proposé d'écouter certaines oeuvres baroques, mais il a refusé, estimant que ce sera une perte de temps et que l'on peut très bien vivre sans la musique baroque - ce qui n'est pas faux - et préférant privilégier sa période de prédilection, que, de toute façon, la vie est trop courte pour s'éparpiller...Pourquoi pas...Néanmoins, j'en déduis qu'il n'a pas L'Envie d'aller vers le Baroque. D'une certaine façon, il s'interdit toute possibilité d'aimer le Baroque. Mon expérience m'a amené à penser que plus une personne s'enferme dans un genre musical précis, plus il lui sera difficile d'apprécier les autres genres musicaux, perdant par manque d'envie/curiosité sa capacité à s'adapter et donc la possibilité d'apprivoiser d'autres formes d'expression sonore.


Dernière édition par Icare le Dim 8 Mai - 20:46, édité 4 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Dim 8 Mai - 19:53

Icare a écrit:
Je pense que, petit-à-petit, je m'adapte au langage de la période classique et, par conséquent, me rapproche inéluctablement des symphonies de Haydn. Je dis ça très sérieusement.

Avant mes 80 ans, quand même ? Laughing
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Icare
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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Dim 8 Mai - 20:39

joachim a écrit:
Icare a écrit:
Je pense que, petit-à-petit, je m'adapte au langage de la période classique et, par conséquent, me rapproche inéluctablement des symphonies de Haydn. Je dis ça très sérieusement.

Avant mes 80 ans, quand même ? Laughing

J'espère mon cher Joachim que tu assisteras à cet évènement planétaire...et Benoît aussi... Hehe
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Dim 8 Mai - 22:03

OK ,OK, Icare..., le message n'était pas évanoui, mais "téléporté"... Very Happy
Pas le temps d'aller discuter là-dessus ce soir, demain sans doute. Je suis un peu sur "la Veuve Joyeuse", superbe (Lehar, le Met, Fleming... ).
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Lun 9 Mai - 18:04

Icare a écrit:
comme toujours, je demeure plus souvent attaché à l'oeuvre qu'à une interprétation en particulier.

Intéressant, ce que tu dis. Je n'y souscris pas complètement : Parfois oui, parfois non (tu connaîs la fameuse citation de François 1er...). Certains interprètes fabuleux m'ont fait découvrir Bartok alors que je n'avais pas envie du tout (Martha Arguerich, les deux frères Capuçon, Barenboim..., Dinu Lipatti justement avec un enregistrement de 1948..). Eux m'ont donné envie d'en savoir plus, de découvrir plus, de connaître mieux ce compositeur.

Ensuite, ce que tu développes longuement me semble juste. Si on se sclérose dans un style sans vouloir s'ouvrir à un autre.., on se ferme des portes, on reste dans sa bulle (et tant pis). C'est peut-être comme MarcS (ouh ouh Marc, où es-tu ?), qui dit "je n'aime pas le jazz". J'aimerais savoir "pourquoi".. ?
Après, si on décide de "plonger dans un compositeur, dans une oeuvre globale au sens large", il faut accepter de mettre la main sur un peu tout et n'importe quoi, au hasard (mais écoutant les conseils des autres !),  sans dédaigner d'ailleurs les "nouveaux" (ce que je viens de faire avec Bertrand Chamayou pour mes "Années de pélerinage" de Liszt, dont j'attends toujours mon colis des U.S. ! -ah, les vacances de mai en France....-). Et ré-écouter des oeuvres dont le son n'est peut-être pas "parfait"...., eh oui.
Ca m'arrive aussi sur des archives rediffusées à la télé, en noir et blanc (genre Karajan, Abbado, Callas etc...). C'est tellement beau, que j'accepte ce qu'on peut éventuellement appeler "vulgairement" un son un peu "grin-grin"... Mais c'est plutôt sur un plan orchestral que pour les solistes, je trouve humble avis.
Et puis , ils font des efforts énormes de remasteurisation du son...!

Je suis assez optimiste sur tout cela finalement... Tu vois, tu vas finir par te mettre à Haydn avant les 80 ans de Joachim ( Hehe , en plus je viens de vous envoyer une version française des "Saisons" , génialissime oeuvre !), et moi à Messiaen et Boulez , ce qui me demandera un réel effort -que je ferai-..... ! Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Lun 9 Mai - 20:15

Anouchka a écrit:
Icare a écrit:
comme toujours, je demeure plus souvent attaché à l'oeuvre qu'à une interprétation en particulier.

Intéressant, ce que tu dis. Je n'y souscris pas complètement : Parfois oui, parfois non (tu connaîs la fameuse citation de François 1er...). Certains interprètes fabuleux m'ont fait découvrir Bartok alors que je n'avais pas envie du tout (Martha Arguerich, les deux frères Capuçon, Barenboim..., Dinu Lipatti justement avec un enregistrement de 1948..). Eux m'ont donné envie d'en savoir plus, de découvrir plus, de connaître mieux ce compositeur.

Oui mais là je n'évoquais que mon expérience personnelle. J'aime par exemple beaucoup Fazil Say, pas seulement en tant que compositeur mais aussi en tant que pianiste. Cependant, si un jour il décide d'interpréter des pièces de Philip Glass je ne suis pas sûr de me ruer sur l'album, pas sûr du tout.
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Icare
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MessageSujet: Re: Le son s'apprivoise...   Jeu 12 Mai - 8:40

Anouchka a écrit:
Ensuite, ce que tu développes longuement me semble juste. Si on se sclérose dans un style sans vouloir s'ouvrir à un autre.., on se ferme des portes, on reste dans sa bulle (et tant pis). C'est peut-être comme MarcS (ouh ouh Marc, où es-tu ?), qui dit "je n'aime pas le jazz". J'aimerais savoir "pourquoi".. ?

Sans vouloir répondre à la place de MarcS, je pense que la réponse risque d'être multiple:

__a) une musique qui ne le touche pas, ne correspondant pas à sa sensibilité ni à ses exigences: au pire, un rejet total du genre...
__b) un manque de motivation pour un genre musical qu'il connaît finalement très mal, un son qu'il n'a peut-être jamais cherché à apprivoiser, tout simplement.
__c) une idée toute faite.

Personnellement, j'adore le jazz, pas tout évidemment: je me plais souvent à dire que j'aime un certain jazz...Dernièrement, l'artiste dans ce domaine que j'aurai découvert et apprécié est Eric Truffaz. J'avais même pris le risque de le faire par un coffret de cinq albums, tant j'avais confiance. Pour moi, ce ne fut pas vraiment un apprivoisement progressif, même si une certaine musique de film et Igor Stravinsky m'ont, au départ, vaguement familiarisé à ce genre musical. Le grand déclic fut Lalo Schifrin. Ma motivation pour le jazz trouve ses racines chez ce maître argentin. Je découvris ainsi une autre façon d'être ému ou fasciné par une autre forme musicale que la classique: j'apprivoisais ce son où pouvaient également s'immiscer les délices de l'improvisation, puis le plaisir de surprendre une grande complicité entre les musiciens et une belle mise en valeur des instruments solistes. J'ai toujours aimé, même dans le classique, les musiques qui mettent en exergue les instruments solos, leur offrent un rôle primordial, bien plus que la masse orchestrale qui, pour moi, fut déjà plus difficile à apprivoiser.
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