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 Jürgen KNIEPER

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MessageSujet: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2015-12-31, 20:48

Eléments biographiques:

J'ai toujours beaucoup aimé la musique de film de Jürgen Knieper de manière générale, et il y a longtemps que j'aurais déjà dû lui dédier un topic sur ce forum. Mon premier coup de coeur fut Les Ailes du Désir, autant pour le film que pour la magnifique partition de Knieper, onirique à souhait. Ce que j'aime en priorité chez lui c'est une construction de thème amples, profondément lyriques et langoureux, d'un aspect sombre mais qui conduisent vers la lumière, vers le "céleste". Mais il sait aussi s'exprimer par des thèmes plus animés avec une formation plus atypique qu'un orchestre classique traditionnel; je pense notamment au générique de "L'ami américain", genre de thème corrosif et légèrement acide comme surent en écrire des figures de la musique de film telles que François de Roubaix ou encore Ennio Morricone.

Jürgen Knieper est un compositeur allemand né en 1941 à Karlsruhe. A l'âge de huit ans, il apprend le piano sous la direction de son père, professeur au conservatoire de Karlsruhe. Après le baccalauréat, il entreprend des études de mathématiques, puis abordent la composition à l'Académie de musique de Berlin.

ses musiques de films (Wikipédia)

2008 : L'Aube du monde d'Abbas Fahdel
1999 : Tuvalu de Veit Helmer
1994 : Lisbon Story de Wim Wenders
1995 : Les Années du mur de Margarethe von Trotta
1993 : Loin de Berlin de Keith McNally
1991 : A grande arte de Walter Salles
1990 : December Bride (en) de Thaddeus O'Sullivan
1990 : End of the Night de Keith McNally
1989 : Après la guerre de Jean-Loup Hubert
1988 : Étoile de Peter Del Monte
1987 : Les Ailes du désir de Wim Wenders
1987 : Des Teufels Paradies de Vadim Glowna
1986 : Le Fleuve de la mort de Tim Hunter
1983 : Monsieur Abel de Jacques Doillon
1983 : Ediths Tagebuch de Hans W. Geißendörfer
1981 : Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… de Uli Edel
1982 : La Montagne magique (Der Zauberberg) de Hans W. Geissendörfer
1981 : L'État des choses de Wim Wenders
1980 : Allemagne, mère blafarde de Helma Sanders-Brahms
1977 : L'Ami américain de Wim Wenders
1975 : Faux Mouvement de Wim Wenders
1972 : La Lettre écarlate de Wim Wenders
1971 : L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty de Wim Wenders


Dernière édition par Icare le 2020-04-09, 18:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2015-12-31, 22:04


L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=04Q9vABmfCs


https://www.youtube.com/watch?v=JkTYU40vRYc
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2015-12-31, 22:10


Second instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=96Gu8zNQAhg
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2019-11-17, 20:26

Je l'ai déjà écrit quelque-part mais le "processus" logique veut que l'on s'intéresse à une musique après avoir vu le film pour lequel elle fut composée et parce qu'elle a suffisamment plu pour avoir envie de la réentendre hors de son contexte. C'est évidemment la première approche que j'ai eue. Le premier film que j'ai vu et adoré sa bande originale au point d'avoir eu envie de la redécouvrir sur disque, fut Le clan des Siciliens de Henri Verneuil, une composition d'Ennio Morricone. Puis, au fil du temps, mon approche de la musique pour l'image a changé. C'est sûrement à partir de là que je devins ce que l'on appelle communément un "béophile". J'ai commencé à m'intéresser vivement à des musiques avant même d'avoir vu les films pour lesquels elles ont été imaginées et conçues. Ce "processus" inversé s'explique le plus souvent par un attachement à un ou plusieurs compositeurs dont on aime le style et sont par ailleurs très bien édités sur disques. Jürgen Knieper est de ceux-ci, bien qu'il ne bénéficie pas d'une vaste discographie comme peuvent en bénéficier un John Williams ou un Vladimir Cosma. La première fois que j'ai entendu la musique de Knieper, ce fut dans le chef-d'oeuvre de Wim Wenders, Les Ailes du Désir. J'avais tellement aimé le caractère à la fois sombre et onirique de cette musique que j'avais très envie de découvrir d'autres compositions du compositeur allemand. Je n'avais pas envie d'attendre de voir un autre film...C'est ainsi que je me suis retrouvé dans une situation inverse, celle d'écouter des musiques et de les aimer suffisamment pour avoir envie de voir les films pour lesquels elles ont été composées. C'est dans cet état d'esprit que j'ai découvert L'ami américain de Wim Wenders, film que j'aime beaucoup et ai revu récemment - j'en parle dans le fil "Les films d'Icare" -, que j'ai envie de découvrir L'angoisse du gardien de but au moment du penalty/La Lettre écarlate/Faux mouvement et L'Etat des Choses du même réalisateur. Ce sont des musiques qui portent le cinéma en elles. Je ne sais pas trop comment expliquer ça. Le cinéma m'a conduit à ces musiques et ces musiques que j'ai réécoutées aujourd'hui me reconduisent au cinéma. Jürgen KNIEPER 333455
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2020-04-06, 18:15

Il y avait très longtemps que je n'avais pas réécouté la B.O. de Jürgen Knieper pour le film de Jean-Loup Hubert, Après la Guerre. A l'époque de sa sortie en salle, j'avais vu le film sur grand écran. J'avais autant aimé l'histoire, son humanité, sa simplicité, que la musique du compositeur allemand qui avait la même humanité et simplicité. Mais c'était aussi un son mélancolique et langoureux, très caractéristique de son auteur, qui m'avait d'abord frappé dans Les Ailes du Désir de Wim Wenders et qui réapparaissait dans le film de Hubert, plus principalement dans le thème de l'église, même si je n'ai plus le souvenir précis de la scène en particulier. Je me souviens vaguement d'une image d'horreur, de celles que les guerres accumulent et gravent sur le marbre. Le thème de l'église est plus que mélancolique, il prend une dimension céleste. C'est cet aspect-là qui m'est familier dans l'oeuvre de Jürgen Knieper. Je crois qu'on la rencontre dans pratiquement toutes les musiques de films qu'il a composées. En la retrouvant aujourd'hui - cette dimension céleste - je me suis rendu compte qu'elle avait conservé tout son pouvoir émotionnel, c'est-à-dire que l'émotion qu'elle me procure ne s'est pas érodée  avec le temps. Honnêtement, j'en étais sûr. Je connais bien mes goûts et je sais depuis le départ que mon intérêt pour le "style Knieper" n'a jamais été superficiel, comme ce fut hélas le cas avec la musique de Vangelis, il était au contraire très profond. Dans Après la Guerre, il y a deux autres thèmes importants dont le "principal", avec des arpèges de harpe, un violoncelle et un hautbois: ils sont simples et beaux, moins mélancolique et "religieux" que le Thème de l'église. Celui-ci, puisqu'il illustre une scène de morts dans une église - villageois massacrés par une brigade SS - , il est alors plaisant d'y ressentir l'envol des anges...non, pas plaisant, bouleversant! C'est toujours un plaisir de redécouvrir une musique que l'on a aimée et oubliée temporairement.
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2020-04-09, 18:16

Histoire de savoir deux,trois choses de plus sur Jürgen Knieper, il a commencé à composer assidûment pour le réalisateur Wim Wenders à partir des années 70. Il a tout d'abord composé une musique un peu minimaliste pour son film, L'angoisse du gardien de but au moment du penalty (1972) - il me semble qu'il s'agit là de leur première collaboration. Entre 1972 et 1973, il signe pour La lettre écarlate, puis entre 1974 et 1975 pour Faux mouvements, ce qui permit à Jürgen Knieper de remporter le "Prix du film allemand" pour la meilleure musique . On sent déjà un style assez vite reconnaissable qui gagnera en excellence sur L'ami américain (1977), un film de Wim Wenders que j'adore et que j'ai évoqué sur le topic "Les films d'Icare". Pour L'état des choses (1981), il composa une musique plus synthétique. C'est sans doute celle que j'aime le moins dans tout ce qu'il a composé pour le cinéaste. En revanche, il atteindra le sublime sur Les ailes du désir (1987) qui est, selon moi, un chef-d'oeuvre du cinéma allemand. Tout ce que j'aime dans le style très étiré de Knieper s'y émancipe complètement, prend une dimension céleste. Dans un premier temps, le compositeur a imaginé que les harpes et les violons suffiraient à l'élaboration d'une partition illustrant un film sur les anges. Il changea d'opinion en visionnant une coupe du film. Percevant les anges sur un autre angle que celui qu'il avait imaginé au départ, prenant état de leur mal-être,  il écrivit alors une partition très différente, utilisant un chœur, des voix et des sifflements. La musicologue Annette Davison soulignera, par la suite, que l'oeuvre de Jürgen Knieper comprend des éléments de la musique chrétienne d'Europe orientale et orthodoxe. Aujourd'hui, j'ai réécouté sa composition pour le film de Peter Del Monte, EtoilE (1989) où je retrouve cette ambiance un peu morbide et céleste en même temps, créant ainsi un son particulier auquel je demeure toujours aussi sensible. Nul besoin d'une imagination débordante pour imaginer qu'elle épouse à la perfection le thème du film:

Une danseuse américaine part à Budapest afin d'être admise à une école de danse très renommée. Cent ans auparavant, une fameuse danseuse étoile mourrait dans un accident à la veille de la première du Lac des Cygnes. La jeune américaine va être prise dans un sortilège qui va lui faire croire qu'elle est cette danseuse...

La musique de Jürgen Knieper ne fait jamais penser à celle de Tchaikovsky et si filiation ou citation il y a, elle est vraiment subtile.
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2020-04-10, 18:40

Une fois, quelqu'un de tout aussi mélomane que moi me posa une question que j'ai trouvée étrange: "Est-ce que je considère Jürgen Knieper comme un grand compositeur? Si je la trouve étrange c'est parce qu'il connaissait mon attachement intellectuel et émotionnel à sa musique. A partir de là, il était donc normal que je lui trouve une certaine grandeur. Après, en poussant la réflexion plus loin, il y a des compositeurs dont la musicalité et la polyvalence m'impressionnent davantage, et sans que j'aie besoin d'aller chercher au-delà de la musique de film, genre dans lequel Knieper s'est spécialisé. J'entends par polyvalence un compositeur qui va s'illustrer dans plusieurs disciplines, outre la composition pour l'image, l'oratorio, l'opéra, le concerto, le ballet, que sais-je encore...Dans mon esprit, Jürgen Knieper, c'est d'abord un univers à lui, pas seulement celui de Wim Wenders auquel il est le plus souvent rattaché, mais un univers qui lui est propre, porteur d'élégies, d'adagios, de mélodies perforantes, parfois simples et même prévisibles. J'ai retrouvé dans Das Versprechen/The Promise/Les Années du Mur (un film de Margarethe von Trotta - 1995), que je viens de réécouter à l'instant, tous les ingrédients d'un style unique qui le caractérise si bien, sans compter des interventions exquises d'une trompette solo très mélodique et solennelle. Il ne faut pas chercher chez ce compositeur des tournures complexes et encore moins alambiquées. C'est une musique qui s'adresse directement au coeur et à l'esprit, principalement lorsque celui-ci est en mode méditation ou recueillement. En tout cas, c'est l'expérience que j'en ai. Avec Jürgen Knieper, c'est un peu comme avec Eleni Karaindrou, même s"il est impossible de les confondre - deux sons très différents - j'ai une impression de suspension, de mysticité, comme si Knieper n'avait jamais complètement quitté les anges de Wenders, qu'il en avait gardé quelque chose, une pureté, un parfum d'au-delà ou un peu de leur essence céleste. La question qui a motivé mon commentaire n'a, à mon sens, aucune hauteur, sans doute une "réalité" objective en décalage avec le degré d'émotion que cette musique est en mesure de me procurer. Néanmoins cette "réalité", à laquelle je m'empresse d'y mettre des guillemets, ne m'apporte rien et ne m'intéresse pas, ne serait-ce déjà par le fait que si l'émotion est absente, elle ne me sera d'aucun recours. Il n'y a rien de plus ordinaire que quelqu'un puisse trouver "bateau" un thème musical ou une mélodie qui m'est magnifique, puisque le contraire sera également vrai, au-delà de toute réalité de grandeur et des qualités objectives sur lesquelles nous aimerions appuyer un jugement (ou appréciation) plus rationnel.

<<Le film est un mélodrame sur l’échec des relations entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest: À Berlin, en 1961, Konrad et Sophie, deux jeunes étudiants amoureux vivant à Berlin-Est tentent de passer à l’Ouest par les égouts, peu après la construction du mur. Ils sont séparés lors de leur fuite, seule Sophie parvenant à passer à l'Ouest. Konrad est enrôlé dans l’armée puis suit des études scientifiques. Il souffre beaucoup de l'omniprésence de la Stasi. Les deux amoureux se retrouvent à Prague en 1968, lors du Printemps de Prague. Ils décident de vivre ensemble dans la capitale de la Tchécoslovaquie (aujourd'hui République Tchèque) mais sont à nouveau séparés par l'invasion soviétique. Sophie attend un enfant de Konrad. Ils se marient tous les deux de leur côté, abandonnant l'espoir de vivre ensemble. Vingt-sept ans après leur séparation, Konrad et Sophie se retrouvent au milieu de Berlinois en liesse. Nous sommes le 9 novembre 1989.>>
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2020-04-12, 22:27

Les Tuvalu sont un État et un archipel polynésien, situés dans l'Ouest de l'océan Pacifique Sud, au sud de l'équateur, à 699 km au sud-sud-est de l'atoll d'Arorae, la plus méridionale des îles Gilbert (Kiribati), et à 856 km au nord de Vanua Levu, aux îles Fidji. Il est indépendant depuis 1978. C'est un archipel constitué de neuf atolls coralliens qui sont tous peuplés. Vaiaku en est le village principal, à Fongafale sur l'atoll de Funafuti qui fait 12 km de long.  Tuvalu est aussi un film de Veit Helmer (1999) qui a permis à Jürgen Knieper de composer l'une de ses dernières musiques pour le cinéma. Ce fut en tout cas la dernière oeuvre que je découvris de lui. Je n'ai pas eu l'occasion d'écouter d'une manière ou d'une autre ce qu'il composa sur L'Aube du monde d'Abbas Fahdel en 2008 à l'exception d'un extrait sur la toile, très minimaliste et toujours dans cet esprit sombre et mystique qui le caractérise. Le titre éveille d'ailleurs ma curiosité. J'en profite au passage pour apporter une petite précision sur la musique qui accompagne la toile du peintre Jean Louis Ernest Meissonier, elle provient de la bande originale du film La Montagne magique/Der Zauberberg de Hans W. Geissendörfer (1982) qui avait été éditée sur 33 tours. Le film de Veit Helmer, Tuvalu ne bénéficie pas de bonnes critiques, du mauvais "Delicatessen" si j'en crois l'une d'entre elles, critique assassine qui est peut-être amplement méritée. Encore un film que je n'ai pas vu! Elle ne parle pas de la musique de Jürgen Knieper et c'est sûrement mieux ainsi car, en général, lorsqu'un critique démonte un film, il démonte tout en commençant par la musique. Hehe Elle s'inscrit dans le style habituel du compositeur, mystérieuse, obsessionnelle, lente, élégiaque avec un violon aigu qui en a toute la poétique. Dans la première partie, c'est très entrecoupé de silences avec des sonorités très attractives. C'est progressivement que la musique prend forme, s'enrichit de petits détails sonores, trouve son identité propre et se distingue un peu de ce qu'il a produit auparavant. J'aime l'atmosphère très intimiste du quatrième extrait, "Eva underwater", une tension qui sera exotiquement rompue par la danse de "Tuvalu" aux couleurs locales avec voix chaudes et la fameuse "Hawaiian Lap Steel" que le compositeur américain George S. Clinton employa également, sur deux films, Wild Things et The Big Bounce. Cette danse paradisiaque réapparaîtra une seconde fois, juste avant le meilleur morceau de la B.O., "Funeral - Destruction", qui, en réponse à la prestance d'un chant bulgare, semble s'extraire d'un concerto romantique pour piano et juste après une utilisation plus atmosphérique mais très brève de la "Hawaiian Lap Steel".

A propos de la "Hawaiian Lap Steel", la voici dans une autre musique que celle de Knieper: https://www.youtube.com/watch?v=EaIMnCzbmyM
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MessageSujet: Re: Jürgen KNIEPER   Jürgen KNIEPER Empty2020-04-13, 18:12

Icare a écrit:
Histoire de savoir deux,trois choses de plus sur Jürgen Knieper, il a commencé à composer assidûment pour le réalisateur Wim Wenders à partir des années 70. Il a tout d'abord composé une musique un peu minimaliste pour son film, L'angoisse du gardien de but au moment du penalty (1972) - il me semble qu'il s'agit là de leur première collaboration. Entre 1972 et 1973, il signe pour La lettre écarlate, puis entre 1974 et 1975 pour Faux mouvements, ce qui permit à Jürgen Knieper de remporter le "Prix du film allemand" pour la meilleure musique . On sent déjà un style assez vite reconnaissable qui gagnera en excellence sur L'ami américain (1977), un film de Wim Wenders que j'adore et que j'ai évoqué sur le topic "Les films d'Icare". Pour L'état des choses (1981), il composa une musique plus synthétique. C'est sans doute celle que j'aime le moins dans tout ce qu'il a composé pour le cinéaste. En revanche, il atteindra le sublime sur Les ailes du désir (1987) qui est, selon moi, un chef-d'oeuvre du cinéma allemand.

Cet après-midi, J'ai réécouté une anthologie des meilleurs thèmes musicaux issus de la collaboration "Knieper-Wenders". Je ne vais pas m'arrêter sur chaque extrait d'un album qui dépasse quand même les soixante-cinq minutes ni en faire un compte-rendu d'ensemble. Je vais juste évoquer un thème de 2'29". Il s'intitule "Der sterbende auf der brucke" et est tiré de la bande originale du film Les Ailes du Désir. Il réunit deux instruments; la harpe et le violoncelle, rien d'autre, juste la harpe et le violoncelle. La harpe répète les mêmes accords et le violoncelle, dans une solennité qui impose le silence, déplie un thème mélodique de toute beauté, proche du murmure. La formule peut paraître extrêmement simple, ce qui en émane n'en est pourtant pas moins irrésistible. Dans mon esprit, la harpe y symbolise une semi-présence féminine alors que le violoncelle y est la semi-présence masculine et dominante. J'évoque une semi-présence dans la mesure où les deux instruments m'apparaissent comme dématérialisés: ils sont là sans être là, présents sans être présents, semi-présents ou semi-absents. La musique crée cette impression fantomatique: deux instruments, presque statiques dans leurs jeux respectifs, avec l'expression d'un silence indéfinissable qui s'installe entre eux: C'est par cette combinaison heureuse entre les notes de musique et le silence qui les enrobe que la magie prend forme.
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