Forum sur la musique classique
 
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 Vous êtes plutôt quelle période?

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Vous préférez et écoutez plutôt quelle période?
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Total des votes : 11
 

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Jean

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Sam 17 Sep - 11:56

Je me souviens d'un enregistrement paru il y a bien une quarantaine d'années (chez hamonia mundi je crois)...proposant des reconstitutions de ce que pouvait être des musiques de l'antiquité

un plus récent (2005):



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vincent.piot

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Sam 17 Sep - 12:01

Merci pour l'information Very Happy Cela ne doit pas être très fourni alors comme répertoire
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vincent.piot

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Jeu 22 Sep - 13:40

Ce que j'aime dans la musique, c'est son aspect mélodique, c'est pourquoi je n'aime pas la musique "contemporaine" dans le sens d'atonale, car je n'y entends que du bruit et rien d'autre, pas de ligne mélodique, rien qui ne m'émeuve...
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Icare
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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Jeu 22 Sep - 13:53

vincent.piot a écrit:
Ce que j'aime dans la musique, c'est son aspect mélodique, c'est pourquoi je n'aime pas la musique "contemporaine" dans le sens d'atonale, car je n'y entends que du bruit et rien d'autre, pas de ligne mélodique, rien qui ne m'émeuve...

Moi, les deux peuvent m'émouvoir, c'est le talent du compositeur qui fait la différence, ainsi il y a des oeuvres mélodiques qui m'ennuient et des pièces atonales qui me fascinent, et inversement. Je peux aimer une oeuvre atonale avec la même spontanéité qu'une oeuvre tonale. C'est la "profonde" musicalité de la composition qui va m'intéresser ou non, le génie du compositeur qui va la transcender, l'aspect mélodique n'étant qu'un aspect parmi d'autres sur lequel je ne pourrais me limiter. C'est sans doute pour cette raison que toutes les périodes et toutes les expressions musicales dites savantes arrivent à me toucher. Tout ça dépend du compositeur et non de l'esthétique choisie. J'en arrive à la conclusion que, chez moi, en musique, je privilégie dans l'absolu l'intensité à l'aspect mélodique d'une oeuvre.
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Julienne

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mar 22 Nov - 15:21

J'ai beaucoup, beaucoup de mal avec la musique moderne !
Malher, Richard Strauss, certains Ravel, un souffle d'Erik Satie, ffffff c'est le grand maximum pour moi;
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Jean

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mar 22 Nov - 17:37

nos sensibilités , goûts, expériences, découvertes sont forcément et heureusement forts différents...J'ai rencontré sur un autre forum, un "mélomane" très "calé" (mais çà n'a pas grand chose à voir avec le "goût" Wink ) qui était passionné de musique baroque et un peu avant et autant de musique contemporaine!!...il n'accrochait pas du tout à la période classique et romantique à part de très rare exception!
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Julienne

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mar 22 Nov - 18:34

Very Happy Absolument !

Comme beaucoup de "non musiciens" je suis, bien sûr accrochée par la mélodie......Et j'accepte la diachronie, et jusqu'à un certain point la dissonance......Ensuite......

Mais je me pardonne, car, je pense que j'aurais évolué encore, si......Couic ! mes oreilles n'avaient pas déclaré une grève illimitée.....

En fait ma passion pour la musique m'a joué un tour, si je puis dire = enfant, mes parents m'ont laissé le choix, prendre des cours de danse classique OU de musique; or, j'ai ( j'avais 5, 6 ans) associé la musique à la danse; fatal malentendu !!! car, en fait, je me suis rendue compte par la suite que c'était la musique que j'aimais, en réalité dans la danse;
Bon, pas grave, me suis-je dit à la naissance de mon fils, j'ai acheté un piano, et j'ai attendu que ses petites pattes aient l'écartement suffisant pour l'apprentissage; et couic, mes oreilles...etc, etc;

Ceci pour dire qu'en fait dans notre goût musical, se dissimule en fait, souvent des aspects que nous ignorons.....et encore aussi, qu'il suffit d'une seule audition ou d'un seul spectacle, parfois, pour nous "convertir à un genre musical, jusque là peu apprécié;
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Icare
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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mar 22 Nov - 18:40

Jean a écrit:
nos sensibilités , goûts, expériences, découvertes sont forcément et heureusement forts différents...J'ai rencontré sur un autre forum, un "mélomane" très "calé" (mais çà n'a pas grand chose à voir avec le "goût" Wink ) qui était passionné de musique baroque et un peu avant et autant de musique contemporaine!!...il n'accrochait pas du tout à la période classique et romantique à part de très rare exception!

J'en connais plusieurs comme ça, en fait, qui aiment le Baroque et le Moderne/Contemporain, pas trop  ce qu'il y a entre. Personnellement, je me rends compte que j'aime finalement toutes les époques avec une préférence pour le vingtième siècle, mais c'est aussi dû au fait que j'adore un certain jazz et une certaine musique de film en plus de la musique savante. Quant au Baroque, ma fascination pour Bach y est pour beaucoup.

<<il n'accrochait pas du tout à la période classique et romantique à part de très rare exception!>>

Très honnêtement, j'aurais beaucoup de mal à me passer de Mozart, Beethoven, Schubert et Brahms, parmi les principaux. J'y suis très attaché aussi!


Dernière édition par Icare le Jeu 24 Nov - 8:29, édité 1 fois
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Jean

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mar 22 Nov - 20:40

Icare a écrit:

<<il n'accrochait pas du tout à la période classique et romantique à part de très rare exception!>>

Très honnêtement, j'aurais beaucoup de mal à me passer de Mozart, Beethoven, Schubert et Brahms, parmi les principaux. J'y suis très attaché aussi!

je ne faisais évidemment aucune allusion à toi Wink ...même si tu as semble t'il une petite tendance à porter moins d'intérêt aux "classiques" et aux romantiques.... en général, car tus de nombreuses exceptions! Wink
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Kristian

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mer 23 Nov - 0:27

Il me semble difficile de tirer des lois générales dans ce domaine. Le pourquoi du comment de nos goûts profonds restera encore longtemps enfoui dans les profondeurs de l'Etre que notre petite psychologie ne fait qu'effleurer à l'heure actuelle.

Le classicisme, qu'il s'agisse de musique, de littérature, de peinture etc... est toujours fondé sur un grand équilibre entre la forme et le fond. C'est tout simplement pour cela qu'un classique ne sera jamais « échevelé », parce que ce simple adjectif implique un sacrifice de la forme au profit du fond.

Et encore ! Ce que je dis est totalement faux pour Mozart, par exemple, et Bach, aussi. Ils ont tous les deux passé leur vie à maîtriser la forme, à chercher la plus haute perfection formelle, on peut dire qu'ils marquent le début et la fin du classicisme à proprement parler. Mais ils sont parvenus à une telle maîtrise de la forme, qu'à la fin de leur vie, ils peuvent tout se permettre, atteindre une profondeur sans égale, tout en restant formellement impeccables.

C'est pourquoi j'aime tellement le concerto n° 20 : pour moi, il est plus romantique que le plus romantique de tous (mettez là-dedans qui vous voulez, ça m'est égal). Dans une forme parfaite, Mozart met l'indicible.   Dans ce type de civilisation, il n'y a pas mieux pour moi. Mozart est absolument indépassable. Attention, je veux dire quand, comme moi, on tient à l'équilibre de la forme comme à la prunelle de ses yeux.

Par contre, quand il n'y a pas le génie absolu de Mozart ou de Bach, la tâche est impossible et le carcan de la forme devient en quelque sorte le cercueil de l'inspiration. Plus la structure est contraignante, plus il faut de génie pour la glorifer par la beauté. C'est pourquoi les classiques moyens sont intolérables. Quelle raideur, quelle lourdeur, quel ennui !

Voilà donc, rapidement et maladroitement exposée ma façon de « saisir » les choses. Je dis « saisir », parce qu'il ne s'agit pas seulement de rationaliser. Le domaine du beau est étroitement lié à l'émotion. Et il faut donc que l'émotion elle-même soit « belle » (ce qui d'ailleurs lancerait un autre débat : qu'est-ce qu'une émotion « belle » ?). Mais l'important est de voir que l'émotion se trouve exactement à l'articulation entre le domaine du sensible, de la sensation, et du rationnel. L'émotion, c'est le sensible que l'on peut exprimer dans une forme « rationnelle » : c'est pour cela que l'on peut en parler, mais seulement en partie. C'est pour cela que je dis « saisir », et non expliquer.

Pour conclure, je suis classique parce que je  « saisis » les choses de façon classique. Mais on peut très bien les saisir autrement, c'est tout aussi légitime. C'est là la fantastique diversité de la vie sur notre monde. Avec toutefois une unité sous-jacente telle que, si divers que nous soyons, nous restons cependant suffisamment unis pour pouvoir parler de notre diversité. En fait, la caractéristique de l'humain, et du monde où il vit, c'est l'unité dans la diversité : suffisamment d'unité pour que nous n'explosions pas et ne partions pas à l'opposé les uns des autres aux quatre vents d'Ezéchiel, suffisamment d'unité pour que notre diversité ne nous divise pas trop. Et suffisamment de diversité pour que nous ne nous ennuyions pas à mourir.

C'est dans doute en partie là que se situe ce que nous appelons « liberté » !
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joachim
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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mer 23 Nov - 12:54

Kristian a écrit:
C'est pourquoi les classiques moyens sont intolérables. Quelle raideur, quelle lourdeur, quel ennui !

Tu veux dire par exemple Vanhal, Dittersdorf ou Salieri, Pleyel ?  

Mais ils ne sont pas ennuyeux, pour moi en tout cas... J'aime bien TOUS les classiques. Evidemment, Mozart et Haydn sont inégalables, mais les autres ne sont pas mal non plus !

Kristian a écrit:
Le domaine du beau est étroitement lié à l'émotion.

Je suis bien d'accord. C'est pourquoi peu de choses m'émeuvent chez les contemporains (je parle des "modernistes" et non pas de certains comme Rodrigo), c'est la raison pour laquelle je trouve que ce n'est pas beau, alors que pour Icare c'est beau et émouvant. Comme quoi tout est relatif et tout à fait personnel. En somme on en revient "aux goûts et couleurs qui ne se discutent pas" comme on disait dans ma jeunesse !
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Kristian

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mer 23 Nov - 13:24

Pour moi – mais c'est mon problème personnel – il y a un tel gouffre entre Mozart, Haydn et Bach (je sais que Bach appartient à la période baroque, mais dans mon imaginaire, je ne peux pas le séparer de Mozart) et les autres, que quand j'entends les autres, je ne peux mempêcher d'évoquer Mozart et de constater... C'est cruel, mais c'est comme ça.

Mais pour revenir à notre sujet, je crois une fois que l'on  on a le groupe Vivaldi - Scarlatti - Bach - Hændel - Haydn - Beethoven, on a vraiment là le fondement éternel inébranlable de ce que l'on a  appelé la « musique classique », et qui aura duré à peu près jusqu'au milieu du XXe siècle. Après, ce n'est plus pareil, je ne sais pas pourquoi, mais il y a un changement qualitatif qui fait que l'on est plus dans le même type de musique. Il y a comme un changement de nature, sans doute parce qu'il y a un changement profond de civilisation.
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Jean

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Mer 23 Nov - 15:55

Kristian a écrit:

Le classicisme, qu'il s'agisse de musique, de littérature, de peinture etc... est toujours fondé sur un grand équilibre entre la forme et le fond. C'est tout simplement pour cela qu'un classique ne sera jamais « échevelé », parce que ce simple adjectif implique un sacrifice de la forme au profit du fond.

Et encore ! Ce que je dis est totalement faux pour Mozart, par exemple, et Bach, aussi. Ils ont tous les deux passé leur vie à maîtriser la forme, à chercher la plus haute perfection formelle, on peut dire qu'ils marquent le début et la fin du classicisme à proprement parler. Mais ils sont parvenus à une telle maîtrise de la forme, qu'à la fin de leur vie, ils peuvent tout se permettre, atteindre une profondeur sans égale, tout en restant formellement impeccables.

C'est pourquoi j'aime tellement le concerto n° 20 : pour moi, il est plus romantique que le plus romantique de tous (mettez là-dedans qui vous voulez, ça m'est égal). Dans une forme parfaite, Mozart met l'indicible.   Dans ce type de civilisation, il n'y a pas mieux pour moi. Mozart est absolument indépassable. Attention, je veux dire quand, comme moi, on tient à l'équilibre de la forme comme à la prunelle de ses yeux.

Par contre, quand il n'y a pas le génie absolu de Mozart ou de Bach, la tâche est impossible et le carcan de la forme devient en quelque sorte le cercueil de l'inspiration. Plus la structure est contraignante, plus il faut de génie pour la glorifer par la beauté. C'est pourquoi les classiques moyens sont intolérables. Quelle raideur, quelle lourdeur, quel ennui !

Voilà donc, rapidement et maladroitement exposée ma façon de « saisir » les choses. Je dis « saisir », parce qu'il ne s'agit pas seulement de rationaliser. Le domaine du beau est étroitement lié à l'émotion. Et il faut donc que l'émotion elle-même soit « belle » (ce qui d'ailleurs lancerait un autre débat : qu'est-ce qu'une émotion « belle » ?). Mais l'important est de voir que l'émotion se trouve exactement à l'articulation entre le domaine du sensible, de la sensation, et du rationnel. L'émotion, c'est le sensible que l'on peut exprimer dans une forme « rationnelle » : c'est pour cela que l'on peut en parler, mais seulement en partie. C'est pour cela que je dis « saisir », et non expliquer.


Si je te comprends bien, Beethoven , pour ne citer que lui, est loin (ou proche..? mais n'y atteint pas!) de la perfection de la forme ?... Tu as peut être raison...mais qui peut estimer cette "perfection" de façon absolue (c'est à dire qu'elle soit reconnue par tous et indiscutable?).
Je crains que même des professionnels chevronnés (pianistes ou autres, chef d'orchestre) ...ne soient pas tous d'accord pour la même liste dans ce domaine?...Et combien de mélomanes seraient capables de faire entrer ce paramètre (perfection de la forme) pour désigner les oeuvres qu'ils préfèrent??

que tu mettes le cto N° 20 au sommet, bien sûr çà ne me choque pas une seconde , je l'aime aussi beaucoup...mais de mon coté je suis incapable , par exemple, d'estimer et classer la qualité d'écriture entre le N° 20 et les 5 voire 7 suivant...et quant à les classer par préférence, j'en suis incapable du 20 au 25, (ma très légère réserve pour les 26 et 27 vient du fait que les 3 mouvements de ces concertos ne sont pas pour moi égaux dans l'émotion qu'il me procure) ...ET les comparer (les 20 au 25) à ceux de Beethoven...je suis dans l'impossibilité de les classer dans un ordre de préférence...Ceci m'est totalement personnel évidemment...mais combien de mélomanes seraient capables de faire entrer ce paramètre (perfection de la forme) pour désigner les oeuvres qu'ils préfèrent??
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Kristian

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Jeu 24 Nov - 1:24

Merci, Jean, de ta réponse très stimulante.

Malheureusement, je suis un peu débordé cette semaine, et n'ai pas beaucoup de temps à consacrer au forum, mais les thèmes que tu abordes sont à la fois fondateurs et passionnants. C'est en fait l'éternelle question qui, déjà au XVIIe siècle, opposait les « anciens et les modernes », c'est-à-dire le problème du rapport entre la forme et le fond qui, depuis le début de l'école publique,  fait le fond de commerce des profs de littérature (français et langues) et aussi parfois des profs de philo, sans compter, bien sûr, les diverses écoles artistiques elle-mêmes, heureusement.

Ce problème est connexe d'une autre question qui est la culture des pays ou des peuples concernés, les choses, en Europe de l'Ouest, étant assez simples, puisque, très grossièrement, on peut parler d'une culture Gréco-latine au sud, et d'une culture Anglo-germano- saxonne au nord, ces deux cultures correspondant préférentiellement au classicisme pour l'une, et à l'ossianisme romantique pour l'autre. Tout cela, bien sûr, se complique encore quand on fait intervenir les questions d'époques, le classicisme régnant le premier, avant d'être débordé par le romantisme dès la fin du XVIIIe. (Pour moi, d'ailleurs, Mozart était le premier classique romantique. Ses concertos à partir du n° 20, et ses 15 dernières syphonies devenant de plus en plus romantiques, cf. les n°35 à 40, pour en parler que d'elles.)

Mais là interviennent les caractéristiques du classicisme, qui montrent bien qu'il s'agit en fait, à partir d'une querelle soi-disant historique, d'un véritable conflit esthético-idéologique, basé sur certaines valeurs essentiellement centrées sur l'harmonie, l'équilibre et la mesure. Quand on regarde par exemple l'évolution de la musique sur une courte période, simplement de Bach à Beethoven (à supposer que cela ait un sens), on voit quand même bien un certain nombre de lignes bouger fondamentalement, tant dans le domaine de la forme que dans celui du fond, et on passe du pré au post-classicisme, en quelque sorte. Je trouve ce parallèle très enrichissant, parce qu'avec un écart temporel d'à peine cinquante ans, il illustre la question à lui tout seul, et est très stimulant pour la réflexion.

L'étude de Beethoven de ce point de vue (que je n'ai jamais faite, mais que j' "envisage" très bien intuitivement) est sans doute passionnante, parce que Ludwig Van, comme le nomme le héros d'Orange mécanique, en est à lui tout seul l'illustration : il commence en tant que disciple de Mozart, pour ouvrir en grand la porte déjà largement entrebaillée par son maître à la fin de sa vie, et libérer la voie pour le romantisme et son train.

C'est à mon avis dans un cadre de ce type que l'on peut poser la question valablement, si l'on veut ne pas se chamailler inutilement sur des concepts que l'on peu marteler sans cesse à l'infini, sans le moinde espoir d'accord. Il me semble que c'est d'abord en faisant un état aussi clair et honnête que possible de la situation que l'on peut commencer à dialoguer. Et, une fois les grands jalons mis en évidence, une fois les grandes tendances dégagées et les valeurs mises à nu, on peut choisir et se situer dans l'honnêteté et la lumière – qui sont d'ailleurs deux mots synonymes.

Une fois cela fait, il est beaucoup plus facile de se situer – de façon d'ailleurs parfois flottante, parce que l'on peut adorer des choses des deux côtés, comme c'est mon cas (je pense par exemple que la sonate pour violoncelle et piano de Beethoven est la plus grande de sa catégorie qui ait jamais été composée), tout en préférant globalement et presque statistiquement par préférence personnelle telle école, tel siècle, telle période plus que tel(le) autre.

Ce qui est donc intéressant dans tout ça ce sont les critères, les caractéristiques permettant de distinguer les époques et aussi les personnes, qui font que nous préférons ceci à cela, celui-ci à celui-là.

Si tu me le permets, je ne m'engagerai pas dans ce débat ce soir, j'ai déjà un certain déficit de sommeil, et ai un programme de traduction très chargé pour cette semaine. Nous en reparlerons donc la semaine prochaine ! Mais à ta disposition, quand tu voudras ! Tu auras d'ailleurs beaucoup plus d'arguments que moi, qui ne suis qu'un "amateur un peu éclairé", et n'ai d'autre corde à mon arc que mon goût personnel – je ne suis absolument pas en mesure de rivaliser avec aucun des protagonistes historiques de ce site, dont la connaissance de la musique dépasse de mille lieues la mienne. La musique m'aide beaucoup à vivre, mais contrairement à vous tous, sur ce site, elle n'est pas ma vie. Elle n'en est qu'une partie intégrée, mais, somme toute, relativement modeste par rapport à vous.

Mais là où elle reste fondamentale pour moi, c'est qu'elle est sas aucun doute possible l'une des disciplines humaines au travers desquelles la divinité, ou l'idéal, ou le monde des idées – appelle cela comme tu voudras – se manifeste au niveau de l'humanité. C'est d'ailleurs là que se situe la vraie querelle, la seule qui vaille, et non dans le clacissisme ou non, le romantisme ou non, le truc-isme ou le machin-isme ou non. La seule question est quels sont les musiciens, les artistes, qui sont les plus proches du modèle divin ? Quand on tient une réponse – ou un embryon de réponse – à cette question, le reste n'a plus aucune importance.
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laudec

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Jeu 24 Nov - 10:59

Citation :
La musique m'aide beaucoup à vivre, mais contrairement à vous tous, sur ce site, elle n'est pas ma vie. Elle n'en est qu'une partie intégrée, mais, somme toute, relativement modeste par rapport à vous.


Je trouve tout ce que tu apportes intéressant Kristian et j'ai beaucoup de plaisir à te lire mais je suis dérangée par la façon parfois péremptoire que tu as d'affirmer les choses comme ci-dessus.
La musique est loin d'être toute ma vie et je n'oserais pas affirmer cela pour les autres non plus même ceux que tu qualifies de protagonistes historiques de ce site

Citation :
La seule question est quels sont les musiciens, les artistes, qui sont les plus proches du modèle divin ?

J'entends bien que c'est la seule question valable pour toi, mais pourquoi généraliser cela ?
Et qui pourra donner les critères d'une musique proche du modèle  divin ?
Le divin est-il ou non à l'origine de toute chose ?
Peut-être suis-je ici HS, désolée alors  
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Kristian

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Jeu 24 Nov - 13:23

Toutes mes excuses, Laudec, je me suis laissé un peu emporter : j'aurais dû dire : "contrairement à beaucoup", et non ".. à tous", tu as raison.

Pour le reste, il ne s'agit bien entendu que de mon point de vue personnel. C'est la façon donc, personnellement, j'explique les choses – à la suite de Platon, par exemple. Je n'oblige personne à acquiescer !

Une seule question, pour ne pas faire trop de HS : comment, si l'on ne va pas chercher une explication "superieure" s'en sortir pour définir la beauté ? C'est pour moi une nécessité, je ne peux pas faire autrement. Mais encore une fois, c'est ma façon d'expliquer ce genre de question, c'est, comme on dit aujourd'hui, ma « grille de lecture ». D'ailleurs, si on ne charche pas une explication comme la mienne, on aura recours à des critères sociologiques, politiques, etc... qui, eux aussi, vont partir « d'en haut ». Quelle est la différence ?

Mais désolé si je t'ai dérangée, telle n'était vraiment pas mon intention ! Si tu le désires, nous pouvons continuer cette conversation ailleurs.
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Icare
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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Ven 25 Nov - 14:51

joachim a écrit:
Kristian a écrit:
Le domaine du beau est étroitement lié à l'émotion.

Je suis bien d'accord. C'est pourquoi peu de choses m'émeuvent chez les contemporains (je parle des "modernistes" et non pas de certains comme Rodrigo), c'est la raison pour laquelle je trouve que ce n'est pas beau, alors que pour Icare c'est beau et émouvant. Comme quoi tout est relatif et tout à fait personnel. En somme on en revient "aux goûts et couleurs qui ne se discutent pas comme on disait dans ma jeunesse !

Tout est indéfectiblement lié à notre propre expérience de la musique et à ce que l'on y recherche expressément. La notion de beauté n'est pas l'apanage d'un compositeur ou d'une forme plus que d'une autre. D'ailleurs, un mouvement musical peut être beau sans être fascinant et il y a des choses qui me fascinent, m'émeuvent profondément sans que j'aies (ou ais?Embarassed) besoin de les trouver belles; ce qui ne veut pas dire que je les trouve laides pour autant. Disons simplement, si j'en crois mon expérience personnelle, que Beauté et Emotion ne sont pas systématiquement liés: un moment musical peut me paraître beau sans réellement m'émouvoir, tout comme un moment musical peut me fasciner sans pour autant que l'adjectif "Beau" me frappe l'esprit pour la définir. C'est autre-chose, peut-être de plus suggestif...j'ai bien dit "suggestif" et non "subjectif"...je ne sais pas. Par exemple, je trouve de la beauté à la Sonatine pour flûte et piano de Pierre Boulez, mais elle ne m'émeut pas comme la sonate pour même effectif de Francis Poulenc. Néanmoins, la beauté "froide" de la Sonatine me magnétise, ne me laisse pas indifférent. Je sais qu'un jour ou l'autre j'aurai envie d'y revenir afin de profiter à nouveau de cette beauté que je lui trouve. Peut-on en conclure qu'il s'agit-là d'une émotion purement intellectuelle...?...C'est ce que je pense.


Dernière édition par Icare le Ven 25 Nov - 19:16, édité 4 fois
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Kristian

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MessageSujet: Re: Vous êtes plutôt quelle période?   Ven 25 Nov - 15:07

Tout ceci est très intéressant, passionnant même, cher Icare. Very Happy Very Happy Very Happy

Mais voilà que le problème que j'ai eu avec le site la dernière fois réapparaît, parce que la tentation est immense pour moi de répondre tout de suite, alors que j'ai encore plein de choses très importantes à rédiger pour une revue, et, à ce jour en tout cas, je n'ai pas le pouvoir d'être en deux lieux en même temps ! Je vais donc m'éloigner du site quelques jours (snif, No ), sinon je ne m'en sortirai pas.

A bientôt !  Very Happy    Very Happy
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