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 C'est l'automne !

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Henri



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Age : 63
Date d'inscription : 23/05/2015

MessageSujet: C'est l'automne !   Mer 16 Sep - 10:36

Ce n'est pas encore tout-à-fait l'automne mais ça y ressemble déjà beaucoup et j'ai eu envie de vous proposer ce petit programme plein de grisaille et de mélancolie mais aussi de jolies couleurs et de belles éclaircies. L'automne, quoi.

William Alwyn, Autumn Legend pour cor anglais et orchestre à cordes

Une des plus belles pièces de William Alwyn, qui écrit à son propos :

Pendant les années 50 je commençai à collectionner des tableaux préraphaélites — un style dédaigné à l’époque — ceux de Rossetti en particulier, car j’aimais les œuvres de ce peintre et poète. Les murs de mon studio se couvrirent de ses toiles et souvent, lorsque je composais, j’avais l’impression que Rossetti se trouvait avec moi dans la pièce. La partition de la Légende porte en en-tête ces vers extraits de The Blessed Damozel

Sûrement elle se pencha sur moi — sa chevelure
Frôla mon visage...
Rien : la chute automnale des feuilles
L’année entière va se coucher bientôt.

La musique est une improvisation libre sur ces paroles. Elle est romantique et fière de l’être. C’est mon hommage personnel à la mémoire de Dante Gabriel Rossetti."

Cette pièce est à mon avis un magnifique pendant au Cygne de Tuonela de Sibelius. Le cor anglais “plane” au-dessus d’un pays de plaines, de lacs et de forêts délicatement peint par les cordes. La mélodie “arabisante”nous transporte dans des contes de merveilles et de magie pour terminer son voyage dans les grands paysages nordiques de Finlande ou d’Écosse.

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Nicolas Bacri, Concerto nostalgico "L'automne"

Le Concerto nostalgico “L’automne” pour hautbois, violoncelle et orchestre à cordes fait partie d’un ensemble de quatre concertos intitulé “Les quatre saisons” avec le Concerto amoroso “Le printemps”, le Concerto luminoso “L’été” et le Concerto tenebroso “L’hiver”. Né en 1961, Nicolas Bacri a eu le courage de composer dans un idiome tonal relativement traditionnel avant que les politiques de la musique ne considèrent acceptable de composer ainsi. En 2009 il avait composé une trentaine d’œuvres concertantes depuis 1980 car la mélodie, dit-il, est l’essence de toute musique et le concerto est le genre mélodique par excellence. En 1983 il avait inscrit sur l’une de ses partitions une phrase de Tristant Tzara : « Je sais que je porte la mélodie en moi et n’en ai pas peur.»
(Martin Anderson 2009)

Le concerto ouvre sur une triste cantilène du violoncelle à laquelle se joint bientôt le hautbois, comme dans un élan d’empathie. Du coup, ainsi rassemblés, les deux se laissent aller à un moment de joie et de bonne humeur. De courte durée pourtant, et la tristesse revient jusqu’à la fin du morceau, justifiant son titre.

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Frederick Delius, North Country Sketches : 1. Autumn - The Wind Soughs in the Trees

Ces “Scènes du pays de nord” sont une des rares compositions de Delius inspirées par des paysages anglais.

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Gian Francesco Malipiero, Sinfonia dello Zodiaco. Partita 3 "Autonno"

Cette symphonie comporte 12 mouvements qui correspondent, comme le titre l’indique, aux 12 signes du zodiaque. Ils sont groupés par 3 dans 4 parties qui portent comme titres les noms des saisons. Le sous-titre de la symphonie précise “4 parties, du printemps à l’hiver”. Malipiero est resté très évasif sur l’inspiration qui est à la source de cette œuvre : “Je ne peux rien dire à propos de cette symphonie, ni justifier sa forme ou son titre. Je dois garder le secret de ses origines”. L’examen ne semble cependant aucunement révéler l’intention de décrire les signes du zodiaque. Les éléments ouvertement descriptifs semblent se rapporter entièrement au cycle des saisons. A cet égard, les analogies non seulement avec Vivaldi mais également avec la Première Symphonie de Malipiero “En quatre mouvements comme les quatre saisons” sont absolument évidentes. Le rapport de chaque partie à sa saison respective peut être établi sans équivoque. Le premier mouvement de la seconde partie (donc le quatrième mouvement de toute l’œuvre) peut être décrit dans à peu près les mêmes termes que Malipiero lui-même employait à propos du deuxième mouvement de sa Première Symphonie (“Fort et véhément comme l’été) ; alors que du septième mouvement (premier de la troisième partie) émane un vif sentiment de fraîcheur automnale et de déclin naissant. [...]
(C) John C. G. Waterhouse

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Joachim Raff, Symphonie n° 10 "Zur Herbstzeit"

La 10ème de Joachim Raff achève le cycle de symphonies “Les saisons”. Sa femme Doris, qu’il considérait comme représentative de l’audience pour laquelle il écrivait, n’aimait pas le pathos et la passion du troisième mouvement et Raff lui-même sentait que le finale avait besoin d’une révision. En octobre 1881 il avait écrit à son ami Lüstner pour lui annoncer qu’il avait complètement modifié le mouvement lent et avait révisé la conclusion du dernier mouvement. Comme auparavant, Lüstner dirigea l’exécution de l’œuvre révisée qui eut lieu à Wiesbaden un an après la première. Selon la biographie écrite par sa soeur Hélène, les mouvements modifiés n’enchantèrent toujours pas le public mais les deux premiers mouvements furent des succès, et plus particulièrement le deuxième. Celui-ci acquit son indépendance en tant que pièce de concert et Raff lui-même en dirigea plusieurs fois l’exécution. Le troisième mouvement devint l’”Élégie Op. 48”.
L’Allegro de début, “Impressions et sentiments” est l’un des premiers mouvements les plus concis et inspirés de Raff. Celui-ci est suivi d’un inquiétant scherzo intitulé “Danse fantomatique” qui mène au mouvement lent “Élégie”, une pièce d’une mélancolie contenue. L’Allegro final dépeint une chasse selon un programme facilement identifiable d’après la musique. Ce dernier mouvement fut ressenti par les contemporains de Raff comme étant le plus faible de toute la symphonie. (D’après Raff.org)

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Einojuhani Rautavaara, Jardins d'automne

“J’ai souvent comparé la composition au jardinage. Dans ces deux arts on observe et maîtrise une croissance organique plus qu’une construction avec assemblage de divers composants et éléments. J’aime aussi penser que mes compositions sont plutôt comme des “jardins anglais”, poussant librement et naturellement, à l’opposé de ceux qui sont taillés avec précision géométrique et sévérité.
Le titre provient d’un passage du livret de mon opéra “La Maison du Soleil” : “...Comme un papillon dans le jardin du sombre automne”. Le motif sur lequel ces mots sont chantés est utilisé comme thème pour les variations du premier mouvement. Sa texture s’accroit et se densifie par degrés. Le deuxième mouvement, lent et rythmiquement et dynamiquement placide, suit après une courte pause. Le troisième mouvement commence avec virulence et vivacité, mais l’automne est la saison de la chute des feuilles, des couleurs, de la mort, et il devient rapidement une dance solennelle, peut-être une sarabande en l’honneur de la splendeur finissante de l’été, ou comme disait T.S. Eliot, des “dernières roses pleines des premières neiges”. (E. Rautavaara)

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Ottorino Respighi, Poema autunnale

Le Poema autunnale date de 1926. Il est dédié à Mario Corti qui avait créé le Concerto gregoriano quatre ans auparavant. L’œuvre est construite d’après un programme littéraire qui figure en tête de la partition :

Une tendre mélancolie envahit le poète quand une chanson à boire et le rythme d’une danse en l’honneur de Bacchus le distraient de sa rêverie ; des Faunes et des Bacchantes se sauvent à l’arrivée de Pan qui avance, seul, à travers champs, sous une douce pluie de feuilles dorées.

A la création de l’ouvrage, le public se montra nettement défavorable. Le compositeur, présent dans la salle, comprit et partagea son insatisfaction. Plus tard, regrettant d’avoir fait éditer la composition, il voulut la soustraire de la circulation. Mais quelles que soient ses fautes, la pièce est de toute évidence très évocative, riche en couleurs exotiques, et son doux parfum lyrique, ses paysages de l’âme, ne sont pas dépourvus d’un certain charme qui peut séduire, même de nos jours.
(C) 1993 Jeremy Siepmann
Traduction : Paulette Hutchinson

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Albert Roussel, Symphonie n° 1 "Poème de la forêt", 4e mouvement : Faunes et dryades

Albert Roussel, Symphonie n° 1 "Poème de la forêt", 4e mouvement : Faunes et dryades

Le “Poème de la forêt”, qui est le premier titre de la 1ère Symphonie de Roussel, aurait tout aussi bien pu s’appeler “Les saisons”. L’inspiration musicale et les titres l’indiquent de la manière la plus claire : I. Forêt d’hiver; II. Renouveau; III. Soir d’été; IV. Faunes et dryades. Bon, le titre du 4ème est moins clair pour suggérer l’automne mais c’est bien de lui qu’il s’agit. Un automne plutôt guilleret — et pourquoi ne le serait-il pas ? — où l’on imagine des jeux d’enfants ou de jeunes animaux sous les frondaisons, mais qui laisse place à des moments de vague à l'âme, à des ciels gris déversant des pluies froides, à des fuites éperdues devant des chiens de chasse, et qui se termine en se mêlangeant subtilement au retour de la mélancolie hivernale.

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Henri Sauguet, Deuxième Symphonie "Les saisons"

Henri Sauguet, Deuxième symphonie "Les saisons"

La Deuxième Symphonie d’Henri Sauguet est une grande fresque où alternent cinq chœurs d’enfants et quatre parties instrumentales, ces dernières suggérant chacune des quatre saisons. La mélancolique 4ème partie rêve à l’automne, un automne que traversent les animaux et leurs ombres, les silhouettes de chasseurs, un chant de vendangeurs... C’est alors que l’hiver s’annonce, l’orchestre terminant sur un accord clair-obscur.

[d’après Jean-Paul Holstein, La Revue Musicale]

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Justin Hayward (les Moody Blues), Forever autumn

Les Moody Blues, Forever Autumn

J’ajoute une chanson des Moody Blues, Forever Autumn, écrite et chantée par Justin Hayward, le guitariste du groupe. Ce n’est pas de la musique classique mais elle a été enregistrée par le London Philharmonic Orchestra dirigé par Mike Batt, avec Justin Hayward au chant comme il se doit. Les Moody Blues ont été l’un des premiers groupes de rock à tenter la fusion rock/classique avec leur album “Days of future passed”, avec le London Festival Orchestra dirigé par Peter Knight. Ce disque, sorti en 1967, avait eu un grand succès (il contenait en outre la chanson “Night in White Satin”, l’un des plus grand “tubes” mondiaux), mais mon avis personnel est que ce n’est qu’une demi-réussite sur le plan de la “fusion”. En réalité, le groupe et l’orchestre n’ont jamais joué ensemble  : les Moody Blues avaient enregistré leurs chansons de leur côté, et le London Festival Orchestra les arrangements de Peter Knight du leur. Le résultat est un mixage des deux où seuls les débuts et fins des chansons sont mixés avec l’orchestre, qui intervient donc essentiellement comme liaison entre chaque morceau.
Les Moody Blues ont réitéré l’expérience en 1992 pour le 25ème anniversaire de “Days of Future Passed” avec un concert au Denver’s Red Rocks amphitheater où le groupe était accompagné d’un orchestre symphonique de 88 musiciens. C’était donc à cette occasion la première fois qu’ils jouaient réellement avec un orchestre. Mais Justin Hayward avait auparavant enregistré avec Mike Batt et le LPO le disque "Classic in blue" qui reprend un certain nombre de chansons du groupe plus quelques “hits” célèbres arrangés à une sauce symphonique qui ne prend pas forcément à tous les coups.
Pour la chanson Forever Autumn, je vous mets aussi la version du groupe, vous me direz laquelle vous préférez.
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laudec

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MessageSujet: Re: C'est l'automne !   Mer 16 Sep - 11:08

Waouw ! ça donne envie d'y plonger dans l'automne, cette belle présentation Malheureusement pas le temps aujourd'hui mais peut-être demain et après, je me prépare et vive l'automne !

J'écoute déjà la première œuvre présentée de William Alwyn, si poétique et tendre, un vrai régal automnal. Les images superbes aussi, un rêve, merci pour cette présentation !
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Pianoline
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MessageSujet: Re: C'est l'automne !   Mer 16 Sep - 14:08

Wow, vraiment sympa ce topic personnalisé ! Je m'en vais écouter toutes ces musiques.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: C'est l'automne !   Mer 16 Sep - 15:57

Ben dis donc, y a pas à dire, c'est bien présenté. Faut écouter tout ça pour voir maintenant
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Pianoline
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MessageSujet: Re: C'est l'automne !   Ven 14 Oct - 21:07

J'ai réecouté cette playlist automnale et j'aime surtout le Poème automnal de Respighi et Forever autumn des Moody Blues.

J'aime beaucoup cette idée de topic avec plusieurs musiques de saison. Pourquoi en proposer d'autres pour les autres saisons !

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MessageSujet: Re: C'est l'automne !   

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