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 Ernest GAGNON (1834-1915)

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joachim
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Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Ernest GAGNON (1834-1915)   Sam 15 Aoû - 19:32

(Frédéric) Ernest (Amédée) Gagnon est un organiste, folkloriste, professeur, historien, homme de lettres, haut fonctionnaire  québécois (Rivière-du-Loup-en-haut, auj. Louiseville, près Trois-Rivières, Québec, 7 novembre 1834 - Québec, 15 septembre 1915). Son frère Gustave Gagnon (1842-1930) fut également organiste, professeur et compositeur. Le fils de Gustave, Henri Gagnon (1887-1961) suivit la trace de son père et de son oncle.

Vivement impressionné par l'arrivée d'un piano au foyer paternel, Gagnon reçut des leçons de sa soeur ainée Bernardine. Durant son cours classique au collège de Joliette (1846-50), il étudia le piano avec un certain Beaudoin; Arthur Letondal rapporte qu'il remporta le premier prix lors d'un concours de musique tenu au collège. En 1850, Gagnon s'établit à Montréal où il prit des leçons de John Seebold. Tout en travaillant pour différents commerçants, dont l'horloger et marchand de musique Louis Bilodeau, il fit la connaissance d'un bon nombre des principaux musiciens de Montréal à l'époque, notamment Charles Wugk Sabatier. Il est possible qu'il ait reçu des leçons de Sabatier, qui le décrivait plus tard comme un jeune musicien de talent. En 1853, Gagnon se fixa à Québec où il devint organiste à l'église Saint-Jean-Baptiste. Membre fondateur de l'École normale Laval en mai 1857 et son premier prof. de musique, Gagnon obtint toutefois un congé d'études pour cette première année scolaire et se rendit à Paris en 1857, l'un des premiers de nombreux musiciens canadiens à se tourner vers l'Europe pour parfaire leur formation. Sans doute avait-il été stimulé par ses contacts avec des Européens immigrés comme Sabatier et Antoine Dessane. À Paris, il travailla le piano avec Henri Herz et Alexandre Goria, l'harmonie et la composition avec Auguste Durand. Il fit aussi la connaissance d'Auber, Marmontel, Niedermeyer, Francis Planté, Rossini, Thomas et Verdi, et fit un court séjour en Italie.

De retour à Québec, il reprit son poste de professeur à l'École normale Laval (1858-77), enseigna au Petit séminaire de Québec et chez les Ursulines, signa des chroniques sur des sujets historiques - notamment dans Le Courrier du Canada - et engagea une polémique avec Antoine Dessane au sujet du Noël d'Adam puis de l'accompagnement du plain-chant. Succédant à Dessane comme organiste de la basilique de Québec (1864-76), il fut l'un des fondateurs (1866) et premier dir. de l'Union musicale de Québec. Il fut aussi l'un des fondateurs de l'AMQ (1868) dont il sera plusieurs fois prés. (1968-71, 1874-76, 1887-88, 1889-90). Avec son collègue Pierre-Minier Lagacé, il effectua en 1873 un second séjour en Europe comme correspondant du Courrier du soir et, à partir de 1875, il délaissa peu à peu son travail d'organiste et de professeur pour entreprendre une carrière dans le fonctionnarisme provincial. Il fut d'abord secr. du premier ministre, sir Charles-Eugène Boucher de Boucherville (1875), puis du ministère des Travaux publics (1876-1905).

Durant cette époque et lors de sa retraite, il fut collaborateur à La Revue canadienne (1887-1915) et publia plusieurs ouvrages historiques, parmi lesquels Louis Jolliet, dont le septième chapitre constitue un tableau souvent cité de la vie musicale en Nouvelle-France au XVIIe siècle, et La Nouvelle-France, comprenant le chapitre « La Musique à Québec au temps de Mgr de Laval ». La communication qu'il présenta au XVe Congrès international des américanistes à Québec (1906), intitulée « Les Sauvages de l'Amérique et l'art musical », atteste de son intérêt pour la musique aborigène; elle fut publiée ultérieurement. D'autres ouvrages paraîtront à titre posthume, notamment Pages choisies, dont le chapitre « La Musique et les noëls populaires » parut d'abord dans La Revue canadienne (1891), et Nouvelle pages choisies.

C'est cependant grâce à un ouvrage paru à Québec dans six numéros du Foyer canadien, entre 1865 et 1867, Chansons populaires du Canada, « recueillies et publiées avec annotations », que Gagnon est passé à la postérité. La seconde édition révisée parut en 1880 et eut 13 réimpressions (la dernière en 1955), faisant de l'ouvrage un des livres de musique les plus diffusés au Canada. Prise dans son contexte historique, cette collection s'avère exceptionnelle du fait qu'elle contient les textes littéraires et musicaux complets, avec variantes, de plus de 100 chansons. Les annotations démontrent clairement que Gagnon possédait une juste science de la chanson traditionnelle, acquise à travers l'étude soignée des sources françaises contemporaines. Il s'était intéressé à sa poétique et, bien qu'il disposât les textes comme on le faisait généralement de son temps, il connaissait la laisse et savait respecter, dans la notation des mélodies, la couleur modale.

Organiste au style brillant et à l'improvisation facile, membre de la Société royale du Canada (1902), membre correspondant de la Société des compositeurs de musique de Paris, officier de l'Instruction publique de France, Ernest Gagnon apparaît, tel que le décrit Arthur Letondal, comme une « personnalité riche de dons artistiques, de distinction rare, de sentiments élevés, dominée par un amour profond de l'âme et des choses de son pays ». Sa soeur Élisabeth (1838 - 1897) épousa Paul Letondal en 1860.

Sa fille Blanche (1867 - 1951) publia à Québec plusieurs monographies entre 1921 et 1948, sous les pseudonymes de Bibliophile, Manrésien ou Amicus. Les Pages choisies et Nouvelles pages choisies, ouvrages de son père, furent éditées par ses soins. Elle publia encore les partitions Musique (6 volumes), Musique religieuse (1903) et Musique sacrée (1915), ainsi que quelques oeuvres distinctes (composées par son père) telles que (1915) « Ave verum » pour choeur à trois voix, « Cantique pour la communion » et « Tantum ergo », à deux ou trois voix égales. En plus d'oeuvres des membres de la famille Gagnon, ces volumes contiennent de la musique en feuilles de compositeurs européens, Français pour la plupart, que possédait la famille. Blanche signa une chronique et divers articles pour La Musique (1919-20). Auteure, sous le pseudonyme de Frimaire, de l'article « Notre chant national » (Le Soleil, Québec, 29 juin 1907), elle a relaté sa version de la genèse de l'hymne national « Ô Canada », où Ernest Gagnon se voit attribuer un rôle plus actif que dans le récit de Nazaire LeVasseur (La Presse, Montréal, 11 décembre 1920). Sa version est présentée à nouveau, avec quelques détails supplémentaires, dans son ouvrage Réminiscences et actualités (Québec 1939).

Source : http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/gagnon-frederic-ernest-amedee/
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Ernest GAGNON (1834-1915)
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