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 Fête des fous, Fête des Anes...

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joachim
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joachim

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MessageSujet: Fête des fous, Fête des Anes...   Fête des fous, Fête des Anes... EmptyJeu 06 Aoû 2015, 10:08

Au Moyen Âge, la fête des fous et la fête de l'âne furent très populaires.

La fête des fous était célébrée le jour de Noël le 25 décembre, ou le jour de l'An ou de l'Épiphanie. Elle rappellait les Saturnales romaines. C'était un temps de liberté où les domestiques devenaient les maîtres et les maîtres les domestiques. En cette seule journée, les valeurs établies de la société étaient renversées et la religion était tournée en dérision.

La fête de l'âne était célébrée dans certaines villes la veille de Noël ou au cours des secondes vêpres le 25 décembre : en souvenir de la fuite en Egypte, une jeune fille tenant un enfant dans ses bras pénétrait dans une église à dos d'âne. Pendant la messe, toutes les prières se terminaient alors par "hi-han". L'Église a rapidement interdit ces célébrations qui prenaient un caractère obscène.


Article wikipedia :

La fête des Fous, ou fête des Innocents, était une mascarade du Nouvel An à laquelle les ecclésiastiques participaient activement. Organisée par le clergé en Europe et attestée dans beaucoup de villes du Nord de la France dès le xiie siècle, cette pratique s'est étendue du clergé dans la rue, favorisant la création de troupes d'écoliers dans les collèges et de basochiens dans les milieux juridiques, et perdure jusqu'au xviie siècle. Dérivées des Saturnales romaines, ces fêtes paillardes sont reliées aux traditions populaires rurales par les folkloristes à la fin du xixe siècle, et les historiens voient dans ces parodies liturgiques une des origines médiévales du théâtre.

On l'appelait aussi :fête de l'Âne, des Sous-Diacres, des Diacres-Saouls, des Cornards, des Libertés de décembre, etc. Les personnes qui y participaient se voyaient affubler des noms de pape des fous, évêque-fou ou abbé des fous.

Elle avait pour objet d'honorer l'âne qui porta Jésus lors de son entrée à Jérusalem, était répandue dans toute la France au Moyen Âge et se célébrait le jour de la Circoncision en janvier. On chantait un office et on dansait.

Ces divertissements avaient ordinairement l'église pour théâtre et les ecclésiastiques pour acteurs. Dans certaines églises, pendant les 3 jours de Saint Étienne, de Saint Jean et des Innocents (26, 27 et 28 décembre), un jeune clerc décoré du titre d’évêque des fous, Episcopus stultorum, occupait le siège épiscopal revêtu des ornements pontificaux à l'exception de la mitre, qui était remplacée par une sorte de bourrelet. À la fin de l'office, il recevait les mêmes honneurs que le prélat véritable, et son aumônier prononçait une bénédiction, dans laquelle il demandait pour les assistants le mal de foie, une banne de pardons, vingt bannes de maux de dents, et deux doigts de teigne sous le menton.

La fête des Fous, dit Aubin-Louis Millin de Grandmaison, donnait lieu à des cérémonies extrêmement bizarres. On élisait un évêque, et même dans quelques églises un pape des fous. Les prêtres, barbouillés de lie, masqués et travestis de la manière la plus folle, dansaient en entrant dans le chœur et y chantaient des chansons obscènes, les diacres et les sous-diacres mangeaient des boudins et des saucisses sur l'autel, devant le célébrant, jouaient sous ses yeux aux cartes et aux dés, et brûlaient dans les encensoirs de vieilles savates. Ensuite, on les charriait tous par les rues, dans des tombereaux pleins d'ordures, où ils prenaient des poses lascives et faisaient des gestes impudiques.

Ce n'étaient pas seulement dans les cathédrales et dans les collégiales que ces joyeusetés se célébraient : elles étaient aussi pratiquées dans les monastères des deux sexes.

Les jeunes personnes qu'on pouvait surprendre au lit le jour des Innocents, 28 décembre, recevaient sur le derrière quelques claques, et quelquefois un peu plus, quand le sujet en valait la peine. La coutume de donner les innocents n'est pas un de ces usages isolés qui ne puisse être comparé à aucun autre. Dans diverses villes, les chanoines, les ecclésiastiques, et quelquefois, les séculiers étaient, à certains jours de l'année, pris le matin, dans leur lit et dans un état complet de nudité, conduits par les rues, dans les églises jusque sur l'autel, où on les arrosait d'eau. Des indécences du même genre avaient aussi trouvé leur place parmi les folies que les ecclésiastiques se permettaient le jour des Innocents. Ils allaient jusqu'à promener par la ville et exposer sur des théâtres des hommes entièrement nus.

Des mesures furent prises pour mettre fin à ces désordres. La toute première condamnation fut proclamée vers 1198 à la demande d'Odon de Sully. La suivante émane du Concile de Bâle en 1431, lors duquel un ban fut publié le 31 décembre 1519.

Mais si le personnage a disparu des comptes de la ville, le subside habituel y est continué au vicaire de l'église Saint-Pierre et à ses suppôts. Le prélat des fols réapparaît encore en 1525 et 1526. La dernière mention en est faite au compte de 1526 : Aux vicaires et suppos du prélat des folz de Saint Pierre en support de spris par eulx donnés à ceulx qui, en decorant la procession, ont joué plusieurs belles et honourables histoires rommaines, XII livres. Le ban d'interdiction fut alors renouveléN. La fête fut progressivement interdite par les instances religieuses et civiles (Richelieu)

On peut notamment retenir les villes de Dijon avec l'Infanterie dijonnaise, de Ham qui avait un prince des fous, de Sens.

Victor Hugo

En ouvrant son roman "Notre-Dame de Paris" sur la Fête des Fous, Victor Hugo plonge immédiatement son lecteur dans une atmosphère de liesse populaire, laissant transparaître ses opinions sociales. La tradition française de la Fête des Fous commença comme un événement ecclésiastique dans des villes abritant des cathédrales comme Paris et Autun. Le bas clergé réservait le charivari général le 6 janvier, aussi appelé Jour des Rois, parce que les Rois Mages arrivèrent à Bethléem cette même date. Ce jour-là, pendant vingt-quatre heures, ils s'arrogeaient les privilèges réservés d'habitude à leurs supérieurs au sein de la très puissante Église catholique romaine.

Au xve siècle, époque où se déroule le roman d'Hugo, la coutume s'était étendue du clergé à la rue ; devenue un événement public attendu par tous, elle était l'occasion de réjouissances populaires ; on y buvait, y dansait, on y donnait des spectacles de mime, de magie, des tours, des momeries de théâtre, on y faisait des farces. Les dés roulaient dans les églises ; les prêtres marchaient de côté le long des ruelles, déguisés ; des jongleurs, des acrobates, des voyous de tout poil prenaient possession de la rue. Victor Hugo précise dans Notre-Dame de Paris, qu'au programme du 6 janvier 1482 : "Il devait y avoir feu de joie à la Grève, plantation de mai à la chapelle de Braque et mystère au Palais de Justice. Le cri en avait été fait la veille au son de trompettes dans les carrefours, par les gens de Monsieur le prévôt, en beaux hoquetons de camelot violet, avec de grandes croix blanches sur la poitrine".

Au point culminant de la fête, les farceurs élisaient le Pape des Fous, la plupart du temps un diacre, souvent même un profane ou un étudiant, qui conduisait ensuite à travers les rues de la ville une procession débridée où les bagarres n'étaient pas rares, constituée de membres du clergé et d'hommes du peuple, qui se mêlaient aux noceurs.

Paillarde, exubérante, bruyante, subversive, cette fête dérivait d'une ancienne fête romaine dédiée à Saturne, le dieu de l'agriculture. Pendant les saturnales, trois jours de fête durant l'hiver, les tribunaux et les écoles étaient fermés et les esclaves étaient les égaux de leurs maîtres.

Au milieu du xvie siècle, environ trois cents ans avant l'époque de Victor Hugo, la fête avait effectivement pratiquement disparu.
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joachim
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MessageSujet: Re: Fête des fous, Fête des Anes...   Fête des fous, Fête des Anes... EmptyJeu 06 Aoû 2015, 10:16

Pour se faire une idée musicale de cette fête des fous, ce CD reprend des musiques de l'époque, quelquefois avec instruments, quelquefois a cappella, voire grégorien...

Je ne passerais pas en boucle, néanmoins il est intéressant d'écouter ces musiques ! A noter qu'apparemment ça ne se passait qu'en France, et qu'il faut avoir recours à des interprètes britanniques !

Fête des fous, Fête des Anes... New_lo10


Fête des fous, Fête des Anes... Docume13

un court extrait (le CD dure 75 minutes)



https://www.youtube.com/watch?v=qPsO6xSSaPg
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Icare
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Icare

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MessageSujet: Re: Fête des fous, Fête des Anes...   Fête des fous, Fête des Anes... EmptyJeu 06 Aoû 2015, 10:57

J'aime bien l'extrait que tu as proposé. Wink
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Jean

Jean

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MessageSujet: Re: Fête des fous, Fête des Anes...   Fête des fous, Fête des Anes... EmptyJeu 06 Aoû 2015, 11:10

[quote="joachim"] A noter qu'apparemment ça ne se passait qu'en France, et qu'il faut avoir recours à des interprètes britanniques !

pas forcément!!: Wink :
Fête des fous, Fête des Anes... 51SX8902MDL._SY355_
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joachim
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joachim

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MessageSujet: Re: Fête des fous, Fête des Anes...   Fête des fous, Fête des Anes... EmptyDim 08 Nov 2020, 10:15

La fête de l'âne (en latin: Festum Asinorum ou asinaria festa) était une fête médiévale et chrétienne célébrée le 14 janvier, célébrant la fuite en Égypte . Elle a été célébrée principalement en France, en tant que sous-produit de la Fête des Fous célébrer l' âne concernant les histoires dans la Bible, en particulier l'âne portant la Sainte Famille en Egypte après la naissance de Jésus.

Cette fête peut représenter une adaptation chrétienne de la fête païenne, Cervulus, en l'intégrant avec l'âne dans l'histoire de la Nativité. En relation avec les histoires bibliques, la célébration a été célébrée pour la première fois au 11ème siècle, inspirée par le pseudo-augustin "Sermo contra Judaeos" vers le 6ème siècle.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, la fête disparaît progressivement, de même que la fête des fous, qui a été éradiquée à peu près à la même époque. Elle n'était néanmoins pas considérée comme aussi répréhensible que la Fête des Fous.

Déroulement

Une fille et un enfant sur un âne sont conduits à travers la ville jusqu'à l'église, où l'âne se tient près de l'autel pendant le sermon.

Le prédicateur imite les prophètes hébreux dont il transforme les déclarations messianiques en un argument établissant la divinité du Christ. Ayant réfuté les Juifs de la bouche de leurs propres maîtres, l'orateur s'adresse aux païens incrédules: «Ecce, convertimur ad gentes». Le témoignage de Virgile, Nabuchodonosor et de la Sibylle érythréenne est éloquemment exposé et interprété en faveur de la thèse générale. Dès le XIe siècle, ce sermon avait pris la forme d'un dialogue dramatique métrique, la mise en scène adhérant étroitement à l'original. Des ajouts et des adaptations ont été progressivement introduits.

Un manuscrit de Rouen du XIIIe siècle expose vingt-huit prophètes participant à la pièce. Après Terce, la rubrique ordonne, «que la procession se dirige vers l'église, au centre de laquelle il y a une fournaise et une idole pour que les frères refusent d'adorer». La procession se précipita dans le choeur. D'un côté étaient assis Moïse, Amos, Isaias, Aaron, Balaam et son âne, Zachary et Elizabeth, Jean-Baptiste et Siméon. Les trois prophètes païens étaient assis en face. Les travaux se sont déroulés sous les auspices de Saint Augustin, que le dignitaire présidant a appelé chacun des prophètes, qui ont successivement témoigné de la naissance du Messie.

Lorsque la Sibylle eut récité ses vers acrostiches sur les signes du jugement, tous les prophètes chantèrent à l'unisson un hymne de louange au Sauveur tant recherché. La messe a immédiatement suivi. Dans tout cela, la partie qui plaisait à la congrégation était le rôle de Balaam et de l'âne; d'où la désignation populaire du Processus Prophetarum comme la fête de l'âne. La partie de Balaam a été bientôt dissociée de son environnement et s'est développée dans un drame indépendant. Les rubriques de Rouen ordonnent que deux messagers soient envoyés par le roi Balaak pour faire sortir le prophète. Balaam avance à cheval sur un âne magnifiquement caparaçonné (un âne en bois, ou passe-temps, pour la rubrique demande immédiatement à quelqu'un de se cacher sous les pièges, pas une position enviable lorsque la direction ultérieure du cavalier a été effectuée, "et le laisser aiguillonner le cul avec ses éperons ").

D'après le concours de Chester , il est clair que le prophète est monté sur un animal en bois, puisque la rubrique suppose que l'orateur de la bête est "in asina". Vient ensuite la scène dans laquelle l'âne rencontre l'ange en colère et proteste longuement contre la cruauté du cavalier. Une fois détaché de la version mère, le Festum Asinorum s'est ramifié dans diverses directions. Dans le document de Beauvais du XIIIe siècle, la fête des ânes est déjà un trope indépendant avec la date et le but de sa célébration modifiés.

A Beauvais, l'Ane a peut-être continué son petit rôle d'animer la longue procession des prophètes. Le 14 janvier, cependant, il remplit une fonction importante dans les festivités de cette ville. Le jour de la Fuite en Égypte, la plus belle fille de la ville, avec un joli enfant dans ses bras, fut placée sur un âne richement drapé et conduite avec une gravité religieuse à l'église Saint-Étienne. L'âne (peut-être une figure en bois) était posté à droite de l'autel, et la messe a commencé. Après l'Introit, une prose latine a été chantée.


La première strophe et son refrain français peuvent servir de spécimen des neuf suivants:

Orientis partibus
Adventavit Asinus
Pulcher et fortissimus
Sarcinis aptissimus.

Refrain
Hez, Sire Asnes, voiture chantez,
Belle bouche rechignez,
Vous aurez du foin assez
Et de l'avoine à plantez.


La messe s'est poursuivie, et à sa fin, apparemment sans éveiller la moindre conscience de son inconvenance, la direction suivante (en latin ) a été observée:

In fine Missae sacerdos, versus ad populum, vice «Ite, Missa est», ter hinhannabit: populus vero, vice «Deo Gratias», ter respondebit, «Hinham, hinham, hinham».
(À la fin de la messe, le prêtre, s'étant tourné vers le peuple, au lieu de dire « Ite missa est », braiera trois fois; le peuple au lieu de répondre «Deo Gratias» dira: «Hinham, hinham, hinham».) )


C'est le seul exemple d'un service de cette nature en relation avec la fête de l'âne. Le Festum Asinorum perdit peu à peu son identité et s'incorpora aux cérémonies du dépôt ou s'unit à la fête générale des fous. Le Processus Prophetarum, dont il tire son origine, survit dans les Cycles du Corpus Christi et de la Pentecôte , qui sont à la tête du drame anglais moderne.




Fête et Messe de l'âne




https://www.youtube.com/watch?v=JMAmzmZ9aPM
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