Forum sur la musique classique
 
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 Richard BARRETT, né en 1959

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Icare
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Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Richard BARRETT, né en 1959   Sam 27 Juin - 12:57

Impressions personnelles:

Fut un temps, lorsque j'écoutais une oeuvre atonale, souvent, j'avais l'impression d'un chaos, d'une désolation, et un attrait morbide et mystérieux pour ce que cette musique imprégnait en moi. De toute évidence, mon approche de la musique atonale a quelque peu évolué, gagné en maturité: cette impression de chaos, d'angoisse, de "fin de monde" n'est plus aussi systématique. Hehe  Pourtant, la pochette du cd qui contient l'oeuvre symphonique Vanity de Richard Barrett représente un crâne humain avec une sorte de rouge-à-lèvres autour des dents. Pourrait-on alors pressentir quelque chose d'effrayant, un rapport à la mort, à la désolation, au chaos: la musique est atonale, voire sérielle, sans aucune concession vers une forme tonale beaucoup plus traditionnelle, si ce n'est les quelques secondes finales; une citation énigmatique du Der Tod und das Mädchen de Franz Schubert qui deviendra, sans contestation possible, l'unique moment de respiration pour Joachim...et si succinct en même temps... Hehe...Ce qui est curieux, c'est que les quelques notes tonales de la toute fin qui paraîtront familières au mélomane averti, même si celui-ci ne les identifiera pas tout-de-suite, semblent avoir un côté interrogatif, comme si cette citation schubertienne était une question, une question en forme de conclusion ou plutôt une conclusion en forme de question. Néanmoins, ce n'est pas ce qui m'a le plus fasciné dans l'oeuvre de Barrett qui déploie une palette sonore à la fois riche et originale. L'orchestration y est assez atypique, invitant un cymbalum, ce qui n'est pas si fréquent au sein d'un orchestre symphonique, des guitares basses, un piano joué par deux pianistes, des saxophones se joignant aux bois, toute une panoplie de percussions qui, par exemple, illumine le troisième mouvement "Residua":

<<Non seulement Barrett fit-il ces ajustements à la composition du corps orchestral mais il entreprit également une reconstitution de ses sections en de nouvelles entités hétérogènes avec lesquelles il pouvait simuler l'écriture instrumentale de sa récente musique de chambre. Dans ces oeuvres, Barrett a soumis les instruments à un intense contrôle acoustique et ergonomique; en effet, on pourrait dire que la force d'expression de la musique est obtenue grâce à l'intensité de ce contrôle. Les instruments sont disséqués, leurs sons et la façon dont ils sont produits, analysés, classifiés et quantifiés; chaque section de l'instrument devient du matériau potentiel de composition. Si une telle approche était transposée directement sur l'orchestre, avec chaque section d'instrument traitée individuellement, le résultat en serait une concaténation désordonnée de détail. Au lieu de cela, Richard Barrett crée dans "Vanity" de nouveaux "instruments" composés, à partir de l'orchestre, mariant l'attaque et soutenant les caractéristiques de différents instruments les unes avec les autres afin que les interprètes individuels deviennent des parties détachées de ce que l'on pourrait appeler des "meta-instruments".>> Christopher Fox. 1996.

Au-delà de ces considérations un peu techniques, j'ai effectivement été frappé par la composition d'un orchestre ou plutôt d'une matière orchestrale peu orthodoxe, très intéressante à mon oreille surtout d'un point-de-vue sonore et rytmique, bien que je ressente en même temps une oeuvre structurée qui progresse en toute cohérence. Une peinture abstraite? Je ne sais pas: davantage des paysages inhabituels très irisés et vaguement sauvages où chaque détail peut gagner en profondeur ou prendre de l'importance lors d'une écoute attentive. Un monde chaotique? Je ne trouve pas. Plutôt un jaillissement de vies sonores ou de sons extrêmement vivants, et un aboutissement plus onirique dans la dernière partie du troisième et dernier mouvement de Vanity, juste avant le point d'interrogation final.
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Icare
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MessageSujet: Re: Richard BARRETT, né en 1959   Lun 29 Juin - 11:03


Eléments biographiques:

Né à Swansea en 1959, Richard Barrett a étudié la génétique à l'University College, à Londres, et la composition avec Peter Wiegold, et il travaille activement comme compositeur, interprète, écrivain et enseignant. Ses compositions ont été interprétées par Music/Projects London, l'Itinéraire, Ensemble Modern, Nieuw Ensemble, Arditti String Quartet, Accroche Note, Ensemble Intercontemporain, Champ d'Action, Ensemble Exposé (qu'il créa avec Roger Redgate et Michael Finnissy en 1984), etc...D'une importance particulière, il y a sa collaboration avec l'Elision Ensemble depuis 1990, qui a engendré des oeuvres telles que Negatives (1988-93) pour ensemble de chambre et Opening of the Mouth (1992-96) pour voix, instruments, électroniques, projections et installation. Interprète de musique électronique, il travaille depuis 1986 dans le duo électronique FURT avec Paul Obermayer et il joue également avec de nombreux musiciens d'improvisation tels George Lewis, Ewan Parker, Luc Houtkamp, Mary Oliver et Peter van Bergen. Il habite à Amsterdam depuis 1993, et est à présent lecteur de Musique Electronique dans l'Institut de Sonologie, le Conservatoire Royal de Den Haag.
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Richard BARRETT, né en 1959
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