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 Nicholas SACKMAN, né en 1950

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Icare
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MessageSujet: Nicholas SACKMAN, né en 1950   Ven 26 Juin - 20:08

<<En 1985, tout à fait par hasard, je me trouvai à acheter une copie du roman "The Hawthorn Goddess, de l'écrivain anglais Glyn Hughes. Le roman raconte l'histoire presque entièrement vraie d'une jeune fille, Anne Wylde, un "esprit libre", qui fut élevée dans le monde bigot et supersticieux du Yorkshire de la fin du 18ème siècle. A la première lecture, je fus tout de suite captivé par les images du roman de Hugues, son langage terre à terre et sa forte condamnation de la "Raison" et de l'industralisation. Je me suis pris à penser que l'université du thème humain central au roman était des plus adaptés à un sujet d'opéra. En 1990, la BBC me commandita une oeuvre pour orchestre pour la série annuelle des concerts de la Promenade de 1993. Le concept d'opéra n'étant alors qu'une lueur passagère dans mon esprit, je décidai d'explorer des idées musicales, dans ce contexte purement orchestral, qui pourraient un jour refaire surface dans la fosse d'un opéra. Ceci ne signifie pas néanmoins que Hawthorn - Aubépine soit 'pour opéra', à programme où à description pastorale. Le centre d'intérêt du morceau réside entièrement dans ses propres ressources musicales, ses propres tensions, drames, moments de repos, apogées et résolutions. Le travail de composition commença en été 1991, et il fut achevé en janvier 1993.>> Nicholas Sackman.

Impressions personnelles:

Hawthorn - Aubépine interprétée par le BBC Symphony Orchestra sous la direction d'Andrew Davis est une oeuvre symphonique de fort tempérament même si on pourrait éventuellement la comparer à beaucoup d'autres compositions contemporaines pour effectif similaire. J'avais cependant l'impression de suivre une intrigue musicale pleine de rebondissements: un premier mouvement impétueux, pour ne pas dire tempétueux, au point que je me suis demandé, dans le silence de l'écoute, si, transcendée par tant de tension, de tonitruance, de véhémence, la musique allait se poser un peu, durablement, être une feuille arrachée à sa branche par une bourrasque intrépide, venant se poser en douceur sur un sol humide. Ce moment arriva en début du second mouvement: Un violon solo délicat fut cette feuille égarée. Pendant un moment, mon esprit put enfin errer, vagabonder avec cette feuille, aux côtés de ce violon gracile, se poser au sein d'une musique qui reprend son souffle, au coeur d'une matière orchestrale qui dépaissit temporairement, devient transparente. Le calme avant la reprise des turbulences.

<<Aubépine - Hawthorn fut écrit pour grand orchestre et se découpe en trois sections - rapide, lent, rapide - qui sont jouées sans interruption. Dans toute l'oeuvre (mais surtout dans les deux sections extérieures), de longues mélodies se frayent un chemin dans le sous-bois de détails musicaux ornés, établissant un contact avec l'auditeur, pour ensuite retomber et redevenir submergées de nouveau. En contraste, le lent mouvement central est plus statique et coloré de façon impressionniste.>> Nicholas Sackman.
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicholas SACKMAN, né en 1950   Ven 26 Juin - 22:50

Eléments biographiques:

Nicholas Sackman est né en 1950. Lorsqu'il quitta Dulwich College, il étudia la musique à l'Université de Nottingham puis à l'Université de Leeds avec Alexandre Goehr. Depuis "Ensembles and Cadenzas", sa célèbre composition datant de 1972, il a affirmé une voix musicale directe et absolue - une avec laquelle un argument convaincant et une fantaisie saisissante sont réalisés par des formes mémorables et frappantes. Au cours des vingt dernières années, sa musique, qui va d'oeuvres orchestrales à grande échelle jusqu'à de la musique de chambre et des morceaux solo, est jouée dans les festivals et les concerts de ce pays mais aussi dans le reste du continent; elle est également diffusée sur la BBC. Hawthorn, son oeuvre pour orchestre, fut commanditée par la BBC pour les Proms de 1993. La première interprétation fut donnée par Andrew Davis et l'Orchestre Symphonique de la BBC et elle reçut, à cette occasion, des louanges. << L'oeuvre rayonne d'assurance, de lyrisme, d'immédiateté dramatique et de cohérence formelle...>> The Times. Nicholas Sackman enseigna à Londres et dans le Hertfordshire pendant un certain temps et est à présent Lecteur en Composition dans le Département de Musique de l'Université de Nottingham.
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Henri



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MessageSujet: Re: Nicholas SACKMAN, né en 1950   Dim 28 Juin - 11:33

Icare a écrit:

Impressions personnelles:

Hawthorn - Aubépine interprétée par le BBC Symphony Orchestra sous la direction d'Andrew Davis est une oeuvre symphonique de fort tempérament même si on pourrait éventuellement la comparer à beaucoup d'autres compositions contemporaines pour effectif similaire. J'avais cependant l'impression de suivre une intrigue musicale pleine de rebondissements: un premier mouvement impétueux, pour ne pas dire tempétueux, au point que je me suis demandé, dans le silence de l'écoute, si, transcendée par tant de tension, de tonitruance, de véhémence, la musique allait se poser un peu, durablement, être une feuille arrachée à sa branche par une bourrasque intrépide, venant se poser en douceur sur un sol humide. Ce moment arriva en début du second mouvement: Un violon solo délicat fut cette feuille égarée. Pendant un moment, mon esprit put enfin errer, vagabonder avec cette feuille, aux côtés de ce violon gracile, se poser au sein d'une musique qui reprend son souffle, au coeur d'une matière orchestrale qui dépaissit temporairement, devient transparente. Le calme avant la reprise des turbulences.

En fait, toi aussi tu "vois" des images à l'écoute de certaines musiques, ce n'est pas toujours l'"écran noir" dont du parles ailleurs. Ou bien n'est-ce qu'une manière d'exprimer ce que tu as ressenti ? Mais même dans ce cas, cela vaut comme image. Qu'on l'ait "vue" pendant l'écoute ou qu'on la construise (ou reconstruise) après coup, c'est un peu la même chose.

Le deuxième mouvement me fait penser au premier de la Symphonie N° 1 d’Albert Roussel, qu’il a intitulé « forêt d’hiver », et qui pour le coup m’évoque bien une forêt en hiver. Ici aussi, donc. Et non pas l’aubépine. A la limite, on pourrait traduire hawthorn phonétiquement par « automne », ça correspondrait mieux à l’atmosphère suggérée par la musique. Même dans le troisième mouvement, pas si turbulent que ça d’ailleurs, et qui se termine par un nouveau « plan-séquence » où l’on suit des yeux cette petite feuille qui plane et vient mourir sur le sol.
J’écoute le premier mouvement en dernier (comme tu annonçais une musique « impétueuse, voire tempétueuse », je me méfiais un peu). Là aussi, il y a encore une trompette qui vient m’agacer les tympans. Heureusement elle veut bien se taire à partir de la septième minute et laisser s’exprimer le « violon délicat » sur fond de bois et de cordes. Quoique l’accalmie ne dure pas longtemps. Enfin, c’est comme ça, il faut l’accepter.
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicholas SACKMAN, né en 1950   Dim 28 Juin - 12:50

Chaque musique est différente et suscite pour le coup un ressenti ou une interprétation différente, sans compter l'état d'esprit dans lequel on est pendant l'écoute. Dans le cas De Time's Arrow que je n'avais pas réécouté depuis longtemps, je ne me souvenais plus qu'elle se rapportait au Big Bang: je ne lis ou ne relis jamais les fascicules avant l'écoute. En général, c'est seulement quand j'ai terminé l'écoute d'une oeuvre que je lis les commentaires à l'intérieur du livret. Il est vrai que Time's Arrow d'Anthony Payne ne m'a, d'aucune manière, évoqué le Big Bang. Mais, paradoxalement, ça aurait pu être le cas. Il aurait très bien pu me faire penser au Big Bang où à un phénomène qui éventuellement s'en rapprocherait. Qu'est-ce qui peut faire qu'une musique va projeter en moi des images et une autre non? Outre l'état d'esprit que j'évoquais plus haut, je dirais que plus la fascination est intense, plus l'émotion musicale est viscérale, moins j'ai de chance d'y recevoir des images ou des actions imaginaires. C'est le cas de ce Time's Arrow ou de l'Asyla d'Adès; je suis émotionnellement et intellectuellement trop pris par le processus sonore, tout le mécanisme musical, pour pouvoir voyager par-dessus. C'est plus orgasmique comme ressenti que, par exemple, Red Earth de Finnissy qui provoque chez moi une émotion plus contemplative, si j'ose dire, plus cérébrale que viscérale...(encore que...la percussion dans cette composition a cet effet viscéral...) On peut peut-être en déduire que la "cérébrale" peut transformer l'écran noir en série d'images alors que la "viscérale" me fait davantage focaliser sur le processus musical que je vais alors suivre comme un "film" sonore, en absorber le moindre détail, la moindre mesure, toute image, toute rêverie, devenant, dans ce contexte d'exaltation, totalement superflue.

__Bien sûr, ma déduction demande de la prudence et justifierait quelques nuances. Tout ça n'est pas si simple à définir.

Avec Hawthorn de Nicholas Sackman, ce fut différent. Cette oeuvre ne m'est pas viscérale, elle ne me prend pas aux tripes ou ne m'accapare pas comme l'ont fait Time's Arrow ou Asyla. J'aime bien cette oeuvre et là on peut presque exclusivement parler d'"émotion contemplative". Cependant, le rapprochement entre le violon solo et la feuille isolée qui plane avant de se poser, est une métaphore qui me fut utile lorsque j'ai souhaité mettre mon ressenti par écrit. En même temps, cette métaphore est bien née pendant l'écoute. Contrairement à Time's Arrow d'Anthony Payne, la partie agitée dans la première partie de Hawthorn - Aubépine de Nicholas Sackman me lasse un peu et je me mets à espérer le moment où la musique va se poser et évoluer plus en retenue, et c'est arrivé, presque à l'instant où je l'espérais, avec un délicat violon solo dans l'aigu auquel mon esprit apaisé s'est suspendu. Parfois, le plaisir en musique se joue à peu de choses, une lumière qui arrive au moment où on l'attend, l'illusion d'une musique qui répond à une exigence personnelle...
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