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 Douze études d'exécution transcendante ( Liszt )

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Snoopy
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MessageSujet: Douze études d'exécution transcendante ( Liszt )   Mar 28 Nov - 16:29

Les Douze études d'exécution transcendante font partie, avec la Sonate en si mineur, des œuvres majeures pour piano seul du compositeur hongrois Franz Liszt.

Les études forment un cycle de douze pièces dont la composition a commencé en 1826 et s'est achevée en 1851. Dans leur version définitive, les études couplées selon une relation majeur-mineur suivent un plan tonal logique par quartes. Étant donné qu'elle ne sont que douze, elles ne parcourent évidemment pas toutes les tonalités majeures et mineures (qui sont au nombre de vingt-quatre) mais commencent en do majeur avec Preludio et s'achèvent en si bémol mineur avec Chasse-neige.

Le première version des études a été publiée en 1826 sous le titre Études en douze exercices alors que Liszt était âgé de quinze ans. En 1839, une deuxième version, Douze Grandes Études, fut publiée simultanément à Paris, Milan et Vienne. La troisième version, version finale qui est aussi la plus souvent jouée et enregistrée, fut publiée en 1852 et dédiée au pianiste et compositeur Carl Czerny, l'un des maîtres de Liszt.

Les études, en particulier dans leur deuxième version, sont parmi les œuvres les plus difficiles jamais écrites pour le piano. Robert Schumann disait lui-même qu'elles n'étaient pas jouables (à l'époque) par "tout au plus dix ou douze pianistes dans le monde". Liszt prit conscience que sa technique pianistique virtuose qui influenca la composition de ces études, était pratiquement insurpassable. En conséquence, la version finale des études, même si elle est plus abordable, pose des difficultés techniques et physiques incroyable à l'interprète. Les cinquième et douzième études par exemple, Feux-follets' et Chasse neige', sont probablement les plus difficiles du cycle. Les études portent toutes des titres inspirées d'œuvres littéraires ou poétique, sauf les deuxième et dixième.

Les Douze études d'exécution transcendante ont eu une grande influence sur la musique pour piano qui a suivi et celles de Claude Debussy, Béla Bartók et György Ligeti, entre autres, en portent clairement l'empreinte.

Première étude : Preludio
La première étude, en do majeur, extrêmement brève (elle s'étend sur deux pages seulement) et qui parcourt tout le clavier, joue un rôle d'entrée en matière, un « avant-goût » des onze études qui suivent.

Deuxième étude (sans titre)
La deuxième étude (à l'origine sans titre mais parfois intitulée "Fusées"), en la mineur, présente un aspect accidenté et utilise essentiellement les mouvements en octaves et fait appel à une certaine virtuosité de la main droite, extrêmement sollicitée lors de montées sous forme de trilles chromatiques successives.

Troisième étude : Paysage
La troisième étude, en fa majeur, est avant tout une étude pour le phrasé des accords et du chant et ne présente pas de difficulté majeure si ce n'est dans la longueur des phrases. Cette étude descriptive suggère une idée d'apaisement et de repos, brièvement troublés, avant un retour au thème initial.

Quatrième étude : Mazeppa
La quatrième étude du recueil, en ré mineur, est l'une de ses pièces maîtresses et l'une des plus connues. Après une introduction en accords brisés, puis en gammes mineures aux deux mains, le thème en octaves apparaît, qui mêle de nombreuses difficultés : déplacements aux deux mains à la fois, enchaînement rapides de tierces mineures, majeures et de quartes pour chacune des mains, chromatismes. Ces difficultés en font l'une des Études les plus impressionnantes à écouter et voir jouer.
Liszt a dédié cette étude à son ami Victor Hugo et s'inspire librement de son poème Mazeppa tiré des Orientales qui raconte la chevauchée du héros en Ukraine, attaché sur sa monture. Le ton de la pièce est particulièrement héroïque et après un récitatif désespéré, elle s'achève sur des accords tonitruants annonçant la chute et la résurrection du cavalier: "Il tombe enfin!… Et se relève Roi!"
Liszt a également composé un poème symphonique portant le même titre.

Cinquième étude : Feux follets
La cinquième étude, en si bémol majeur, met d'abord l'accent sur la virtuosité de la main droite en chromatismes et en quartes, doublées de déplacements à la main gauche. Elle est souvent jouée en bis et fait partie des pièces les plus connues du recueil. Elle contraste étonnemment avec la précédente et évoque le feu follet, cette lueur que l'on peut parfois apercevoir autour des marais et dans les cimetières.

Sixième étude : Vision
La sixième étude, en sol mineur, est caractérisée par une atmosphère sombre devenant lumineuse au fil du morceau. Ses difficultés notables sont les arpèges à la main droite puis aux deux mains ainsi que les trémolos.

Septième étude : Eroica
Comme son nom le suggère, la septième étude, en mi bémol majeur, démarre dans une tonalité plutôt emphatique et chère à Ludwig van Beethoven. S'ensuit un thème syncopé en octaves, simple et rappelant une marche de Gioacchino Rossini, qui s'étoffe progressivement pour devenir héroïque. L'étude s'achève sur une difficulté de taille : des arpèges en octaves au deux mains, ponctués d'accords dans le registre aigu.

Huitième étude : Wilde Jagd
La huitième étude du recueil, en do mineur, est également l'une des plus connues. Elle est caractérisée par un thème d'entrée extrêmement agressif et rythmé, puis décliné dans de nouvelles tonalités imitant parfois les cors, au moyen de déplacements extrêmement rapides en accords marquant la transposition. Une variation du thème suit, marquée par des déplacements à la main gauche et exigeant une grande précision de la main droite, puis un nouveau travail en accords successifs aux deux mains alternées. Cette « Chasse sauvage » constitue une des études les plus romantiques du recueil et se caractérise par un travail contrapuntique et de modulation particulièrement poussé.

Neuvième étude : Ricordanza
La neuvième étude, en la bémol majeur, s'inscrit dans un esprit similaire à celui de Paysage, quoique nettement plus développée et dans une atmosphère plus mélancolique ; sa difficulté consiste plus en un travail sur les ornements et la sonorité, qu'en une réelle épreuve technique.

Dixième étude (sans titre)
Avec la dixième étude, en fa mineur, Liszt a composé l'une de ses études les plus complexes et riches, aussi bien techniquement que musicalement. Cette étude demande tout à la fois synchronisation parfaite des deux mains, maîtrise des déplacements extrêmement rapides en octaves à la main droite, virtuosité extrême de la main gauche en arpèges montants et descendants, puis en accords. Son thème initial haletant n'est pas sans rappeler celui de l'étude en fa mineur op. 10 n° 9 de Frédéric Chopin.

Onzième étude : Harmonies du soir
Contrairement à ce que son titre laisse supposer, la onzième étude, en ré bémol majeur, ne se résume pas à ses premières pages, qui constituent une forme d'introduction dans une atmosphère extrêmement songeuse et introspective, en accords, puis accords brisés ; le thème initial est réexposé une dernière fois, toujours dans des tonalités majeures, à un tempo plus lent, avant son explosion réelle, en accords de quatre notes très rapidement enchaînés à la main droite, successivement modulés. Après un passage mêlant déplacements et travail sur les accords répétés, le morceau revient à son calme initial. Par ses sonorités profondes et chatoyantes, elle rappelle la poésie contemplative d'Alphonse de Lamartine.

Douzième étude : Chasse-Neige
La dernière étude, en si bémol mineur, fait référence à un vent sec des montagnes suisses. Concrètement, cette étude est à mettre aux côtés de Mazeppa et de l'Appasionata, qu'elle égale en difficulté, bien qu'elle ne donne pas une aussi forte impression de violence et de difficulté. Le thème principal, sous-tendu par une multitude de « petites notes » en oscillation constante et formant une vibration qui ne cesse jamais tout au long de la pièce, enfle progressivement, au prix de déplacements de plus en plus ardus aux deux mains ; dans une deuxième partie, marquée par une réexposition du thème principal rendu extrêmement dissonant par des gammes chromatiques simultanées à la main gauche, puis aux deux mains à la fois, l'étude s'anime pour parvenir à un point culminant extrêmement spectaculaire avec des déplacements simultanés en octaves aux deux mains, puis de nouveau des chromatismes, avant de revenir à un certain apaisement.

Le cycle se clôt ainsi sur un ton plutôt sombre et pessimiste qui souligne combien le style de Liszt ne peut pas seulement être assimilé à la virtusosité mais constitue véritablement un acte de foi artistique qui dépasse cet aspect superficiel qu'on attache encore trop souvent à la musique du compositeur hongrois.
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