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 Michael FINNISSY, né en 1946

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Icare
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MessageSujet: Michael FINNISSY, né en 1946   Ven 26 Juin - 8:16

Pour Michael Finnissy, la terre rouge du désert australien était quelque chose d'électrique, éclatant d'activité latente et loin d'être une entité statique, de la même façon qu'une immense toile de Mark Rathko grouille de vie intérieure. Tout comme Iannis Xenakis dans Aroura qui avait essayé de capturer la radioactivité inhérente à la terre, Finnissy souhaitait affronter l'immense complexité de ce phénomène naturel, et la pléthore de réactions et de connotations émotionnelles et intellectuelles qui y sont associées. La vision confortable de la nature qui était épousée par les compositeurs anglais "pastoraux" n'était pas pour Finnissy; comme toute personne ayant voyagé au-delà du sud de l'Angleterre le sait, la nature est une bête sauvage et sans entraves, et la réussite de l'homme à établir un équilibre avec elle peut être vraiment très précaire. Ian Pace.

Impressions personnelles:

Red Earth - Terre rouge est une musique pour orchestre qui place aussitôt une atmosphère oppressante, sinueuse, une matière sonore mouvante et immobile en même temps, plus ou moins statique en apparence mais d'une incloyable mobilité d'énergie à l'intérieur. C'est un paysage d'une beauté étrange qui peut paraître hostile, voire menaçant, avec, ponctuellement, cette grosse percussion qui s'abat comme un tonnerre sec et brutal sur toute une palette de timbres électriques, semblant vouloir réduire à néant un hautbois solo magnifique, indompté et indomptable. L'approche de Michael Finnissy ne cherche pas, aux antipodes d'un compositeur "pastoral" à romantiser ce qu'il cherche à décrire, exprimer. Il apporte une vision brutale et sans aucune manipulation romantique de ce que cette terre rouge australienne lui dévoile de concret et de secret à la fois. Sa musique en est tout autant le résultat d'une perception objective que subjective. C'est autant ce qu'il voit que ce qu'il ressent de ce paysage aussi beau que terrifiant. Red Earth est interprété par le "BBC Symphony Orchestra" sous la direction de Martyn Brabbins. L'oeuvre devient très intense par moments. Elle emploie aussi des solistes; le hautbois, déjà mentionné, de Richard Simpson, le piccolo d'Helen Keen, l'alto de Caroline Harrison et les didjeridoos de Barry Webb et Christopher Redgate qui semblent n'intervenir que dans la dernière phase de la musique, lors d'une apparente mais trompeuse accalmie et alors que la flûte prend provisoirement le dessus. Le son guttural et tellurique des didjeridoos persistent pendant que l'alto, infaillible, perpétue sa complaine lancinante, presque obsessionnelle. Les coups secs et mortels de la grosse percussion annoncent la fin d'un paysage qui se meurt à l'horizon.


Dernière édition par Icare le Sam 27 Juin - 9:44, édité 3 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Michael FINNISSY, né en 1946   Ven 26 Juin - 8:45

<<Voici un voyage qui va vous aider à franchir le pont entre la réalité et le terrifiant "inconnu" de la musique. Elle vous raconte que (ce qui n'est guère surprenant?) la musique provient de l'expérience de la vie, mais elle ne vous dit pas (et ne peut pas simplement vous dire) comment. Je pourrais essayer de "démystifier" certaines parties de ce processus, mais je ne vais pas déchirer le voile du temple (cédant avec irresponsabilité aux exigences d'une curiosité plus ou moins scabreuse). L'une des histoires pourrait être que Red Earth - Terre Rouge est une évocation du paysage écorché et nu du centre de l'Australie, vu depuis l'avion retournant en Angleterre en mai 1982 - mais ce n'est que la première, le ferment qui déclenche la réaction en chaîne d'autre histoires enjambant à la fois le temps (six ans plus tard) et les sensibilités (émotionnelle et intellectuelle). Elle pourrait commencer en étant à la fois spécifique et autobiographique, et il est possible que le titre soit choisi pour ses résonnances potentielles quelque peu plus tard: le "rouge" pour le sang, le feu, la passion - "la Terre" pour notre planète endommagée, notre utérus collectif ("de la terre à la terre..."). Ceci n'est pas la vie (vécue une fois) mais l'art (la mémoire infinie - que l'on revit à son gré). Ce ne sont pas les sons du désert australien, mais des sons à l'intérieur de la tête, des sons codant la perception, l'oreille aussi aiguisée que l'oeil: reconstituant la vie évanouie, cette étincelle initiale filtrée par un mélange de pensées interposées, recouvrant ses traces alors que le stylo capture maladroitement une note après l'autre.>> Michael Finnissy.

Mini-biographie:

Michael Finnissy est un compositeur et pianiste anglais né le 17 mars 1946. Sa musique se caractérise par l'étendue des extrêmes que l'on retrouve souvent dans son travail; celui-ci révèle très souvent des structures binaires, souvent traitées comme une juxtaposition des textures, des registres et des tempi. Beaucoup des compositions de Finnissy sont des déclarations ou des réflexions sur des sujets d'importance personnelle, comme on peut le voir dans English Country-Tunes, et The History of Photography in Sound, Red Earth entre autres. Finnissy est né à Tulse Hill. Il a été boursier de la Fondation du Royal College of Music à partir de 1965-68, où il a étudié la composition avec Bernard Stevens et Humphrey Searle, un disciple de Webern, et le piano avec Edwin Benbow. Il a également étudié en Italie sous la coupe de Roman Vlad. Il a été président de la Société internationale pour la musique contemporaine de 1990 à 1996. Finnissy a beaucoup apporté en enseignements à la nouvelle génération de compositeurs britanniques. Il a enseigné à la Royal Academy of Music, à l'université du Sussex, et est actuellement professeur de composition à l 'université de Southampton. Parmi ses élèves, on trouve : Morgan Hayes, Claudia Molitor, Andrew Fisher, Jeroen Speak, Benjamin Wallfisch, James Weeks, Matt Lima, Evren Celimli. Finnissy s'est fait connaître par l'aspect politique de sa musique, et il croit que la musique est « programmatique » dans une certaine mesure, c'est-à-dire qu'une composition existe non seulement dans l'esprit du compositeur, mais aussi à l'intérieur d'une culture et qu'elle reflète à la fois des idées extra-musicales et les pures préoccupations musicales du compositeur. La musique, loin d'être incapable d'exprimer autre chose qu'elle-même (comme le pensait Stravinsky) possède une force de changement. Cet engagement pour des thèmes politiques et sociaux est devenu de plus en plus fréquent au fur et à mesure que sa carrière a progressé. Par exemple, l'influence des thèmes homosexuels et des problèmes associés est apparue dans son travail, comme dans "Shameful Vice", en 1994, et plus explicitement dans "Seventeen Immortal Homosexual Poets", en 1997. (avec l'aide de Wikipédia)
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