Forum sur la musique classique
 
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 Klaus SCHULZE

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Icare
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MessageSujet: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 17:55

Eléments biographiques (source Wikipédia)

Klaus Schulze est un musicien allemand, né le 4 août 1947 à Berlin. Percussionniste, puis compositeur, producteur et interprète pionnier de musique électronique, il participe aux débuts de Tangerine Dream, de Sand (album "Golem") et d'Ash Ra Tempel avant de devenir en solo un des plus prolifiques compositeurs de musique électronique. On remarque ses albums Timewind, Grand Prix de l'Académie Charles-Cros (1975), Moondawn (1976), Body Love (1977), Mirage (1977), Body Love 2 (1977), X (1978), puis Dune (1979), qui marquent l'ère des synthétiseurs analogiques et le point d'orgue d'une carrière exceptionnelle. Son parcours en musique rock allemande, puis française et internationale, est totalement hors-norme tant dans la multiplicité des styles que dans le nombre extraordinaire d'albums produits. Précurseur et figure de proue du space rock allemand, il fait partie, au début des années 1970, des premiers musiciens à expérimenter ce nouvel instrument qu'est le synthétiseur dont il utilise plusieurs modèles avec brio et une imagination débordante. Marqué par Wagner, le rock psychédélique, la musique répétitive et d'avant-garde, et notamment la musique stochastique de Xenakis, il produit un nouveau genre musical vite suivi par de nombreux émules (il a cependant toujours nié des influences directes de l'avant-garde, notamment de possibles connexions avec Stockhausen). En introduisant des percussions électroniques dans sa musique il devient, un peu avant Kraftwerk, le grand pionnier de la musique entièrement électronique et reste le principal artiste du courant de « musique planante » électronique, essentiellement germanique à l'origine (école de Berlin), qui connaît un succès mondial au milieu de la décennie 1970 grâce au groupe Tangerine Dream.

Extrêmement productif (près de cent albums à son nom et d'innombrables participations), Klaus Schulze s'oriente peu à peu vers une musique originale qui intègre opéra allemand, rythmes et sons étranges. Dans les années 1990, un culte de son œuvre se développe parmi les musiciens de techno, de trance, et de toutes les musiques ambient en vogue. Après avoir pratiqué la guitare classique dès l'âge de 4 ans, joué du skiffle à la basse et participé à la guitare en 1963 à son premier groupe de rock, les Barons, le jeune Klaus Schulze entreprend des études de philologie et de composition de musique moderne à l'université de Berlin. Il étudie Ligeti, Dahlhaus, Winkel et fait aussi partie de la scène rock marginale nocturne. Il monte sur scène en 1967-68 avec le trio Psy Free (qui porte bien son nom) où il joue de la batterie dans un style très libre. Dès 1968, il enregistre déjà des bandes à l'orgue, technique originale... à laquelle il ajoute des sons divers produits par les premiers modèles de synthétiseur. À la fin de l'année il remplace le batteur de Tangerine Dream et participe à de nombreux concerts, notamment en première partie de Jimi Hendrix au Palais des Sports à Berlin. Leur premier album Electronic Meditation est enregistré en octobre 1969. Klaus Schulze remplace le batteur absent d'Amon Düül II au festival d'Essen fin 1969. Ce jour-là, Edgar Froese lui reproche d'avoir utilisé des « bandes d'orgue étranges » lors de la prestation pourtant « avant-gardiste » de Tangerine Dream. C'est aussi lors de cette même année 1969 que Pierre Boulez fonde l'IRCAM, institution qui aura une influence considérable sur la recherche en musique électronique. Klaus Schulze quitte le groupe Tangerine Dream au printemps 1970 avant la sortie du disque, et convainc Manuel Göttsching et Hartmut Enke de fonder le groupe Ash Ra Tempel en abandonnant le blues pour créer le « space rock ». Après beaucoup de concerts et d'expériences sur bande, leur premier album est enregistré en mars 1971, mais, sauf quelques interventions supplémentaires, Klaus Schulze est toujours à la batterie et le style « free rock » improvisé ne fait pas encore place aux sons cosmiques qui le rendront bientôt célèbre.

Klaus Schulze commence sa carrière solo au printemps 1971, et produit en avril 1972 son premier album Irrlicht dans une atmosphère évoquant des vagues de sons électroniques. Irrlicht n'est cependant pas à proprement parler un album de musique électronique. Des sons d'orchestre classique ont été manipulés et incorporés dans cet album qui est sous le signe de la rupture d'une certaine forme de classicisme. Avec d'importants avant-gardistes allemands il participe à l'album Tarot de Walter Wegmüller, puis grave avec Manuel Göttsching le Join Inn d'Ash Ra Tempel. Ce n'est qu'à partir de 1973 qu'il monte seul sur scène. Il enregistre alors le double 33 tours Cyborg, très électronique, et essentiellement composé avec le synthétiseur "EMS Synthi A" (le EMS VCS3 dans sa version intégrant un séquenceur), puis Picture Music (sorti en 1975), albums contenant toujours de longues plages électroniques. Il participe à trois des cinq albums des Cosmic Jokers avec différents musiciens ainsi qu'à une foule d'autres disques, joue à nouveau avec un Tangerine Dream désormais converti à l'électronique, et signe un contrat avec le producteur Virgin. Il devient aussitôt l'un des phares de Virgin Records, participant de façon très importante à la célébrité du label Virgin.

Avec Blackdance (1974), Klaus Schulze trouve ce qui restera désormais son véritable style. Avec une boîte à rythme et une prolifération de sons électroniques hypnotiques il crée le véritable « space rock » arrivant à une époque très propice pour ce son évocateur d'évasion et d'images cosmiques. Le monde entier à cette époque tourne les yeux vers les étoiles et reçoit les premières images extraordinaires des sondes spatiales lancées par la NASA. La surprenante pochette de Urs Amann contribue à ce dépaysement. Timewind en 1975 devient son grand chef-d'œuvre (notamment par le morceau Bayreuth Return), récompensé par le Grand Prix International du Disque en France, pays où il tourne pour la première fois. Il y introduit l'utilisation de séquenceurs et de nouveaux synthétiseurs aux sons extraordinaires, multipliant les expériences et les recherches acoustiques avec les synthétiseurs de la marque légendaire Moog, notamment la toute nouvelle version (la deuxième) du Minimoog. Il utilise aussi des synthétiseurs d'une marque concurrente ARP, comme le ARP Odyssey ou l'imposant ARP 2600 utilisés également par de nombreux artistes. Sa vision musicale est d'une remarquable originalité, hypnotique et cosmique, évoquant de véritables images de l'Univers, de visions d'étoiles, de nébuleuses et de mondes fantastiques. À l'instar de Tangerine Dream, Klaus Schulze est au cœur de la vague « space rock » (ou rock planant électronique).

En décembre 1975, il achète un des rares exemplaires du nouveau et colossal Big Moog, le modèle Ciiip, synthétiseur modulaire, instrument devenu légendaire et qui l'accompagnera désormais sur scène, instrument si imposant qu'il apparaît comme un véritable paravent de clignotants et de boutons. 1976 et 1977 seront des années phares de Klaus Schulze. Le sommet sera sans nul doute le concert donné à Bruxelles, à la Cathédrale St Michel, le 17 octobre 1977. En 1976, il signe Moondawn, qui sera à nouveau un grand succès. Floating, face A de l'album commence par une litanie du "Notre père" catholique en arabe" :


« Abana L Lazi fi samawat, Li yatakadass Ismouka, Li ya’ti malakoutouka, Litakon Machi’atouka,Kama fil sama’i, kazalika a3la L ard, A3tina khobzana, kafafa yawmina, Wa ghfér lana zounoubana wa khatayana, Kama nahnou nagfér liman assa’a Ilayna, la todkhilna fi tajareb, Lakin najjina mina L sherrir,Amin. »

Le parti pris d'insérer cette prière au début de cette longue odyssée de l'esprit privilégie l'appel à la méditation plutôt qu'un quelconque prosélytisme religieux. Klaus Schulze rappellera que la sonorité des mots a été privilégié dans cette ouverture. C'est un album où il utilise cette fois la batterie de Harald Grosskopf.

Il forme le groupe GO avec les multi-instrumentistes Steve Winwood et Stomu Yamashta et le percussionniste Michael Shrieve (qui fut le premier batteur de Carlos Santana), musiciens avec lesquels il enregistre un album, puis le double Go Live From Paris.

En 1977, il réalise la bande son Body Love du film érotique de même nom (un succès américain, suivi de Body Love Vol. 2) et de plusieurs autres films. Puis c'est le second album de Go sous le titre Go Too. Sans arrêt en tournée, il publie l'album Mirage en 1977 (l'album de Klaus Schulze le plus vendu à ce jour) puis le double album X en 1978.

Avec Mirage, doté de deux faces d'album extrêmement élaborées (velvet voyage et cristal lake) retraçant deux voyages sonores envoutants, il signe l'un de ses meilleurs albums. On pourrait rapprocher cette œuvre majeure des travaux réalisés par ailleurs par Jean-Claude Éloy, grand compositeur de musique électroacoustique (Gaku-no-michi). La « marque de fabrique » du travail de Schulze est notamment l'utilisation de séquences (à travers le Moog modulaire) et surtout la transposition de ces séquences en diverses tonalités, tout cela en "live", donnant la particularité du son Schulze.

Il quitte Berlin et achète un domicile dans le village de Hambühren près de Hanovre, qu'il équipe de studios, d'ateliers vidéo, de bureaux, d'une scène, etc. Il installe son studio géant personnel chez lui, en pleine forêt.

Après Dune en 1979, il se consacre à diverses et nombreuses productions de sa nouvelle marque IC tout en publiant un premier album sous un nouveau nom d'artiste... le signant sous le nom de Richard Wahnfried. L'origine de ce nouveau pseudonyme montre directement son admiration pour Wagner... car Richard est le prénom de Wagner, et Wahnfried est le nom de la maison que fit construire Wagner pour lui et sa famille à Bayreuth ! La même année il ouvre une école de création et d'interprétation au synthétiseur dans son domicile.

En 1980 c'est le double ...Live... puis Dig It qui est son premier disque non plus analogique mais numérique. Au cours des années 1980 il continue de produire des musiques de film et publie un CD par an sous son nom de Klaus Schulze (en plus de trois autres sous le nom de Richard Wahnfried). Il devient producteur de différents groupes (dont Alphaville en 1988). Inépuisable, il collabore à des dizaines de projets (dont l'album Babel avec Andreas Grosser en 1987) et se produit dans toute l'Europe, en particulier en Europe de l'Est. Il devient extrêmement populaire en Pologne... puis cesse soudain ses tournées en 1989. Il réalise la musique du film Angst.

Klaus Schulze ferme ses deux labels de disques et se consacre maintenant entièrement à ses enregistrements multiples. Il est redécouvert aux États-Unis avec son "Pioneer of Space" diffusé sur soixante radios. Il se produit à Dresde quelques semaines avant la chute du mur de Berlin en novembre 1989. En 1990, un double CD en public immortalise cet événement, et il réutilise ce concept avec trois disques enregistrés lors de concerts exceptionnels à Londres et à la cathédrale de Cologne. Après déjà pas moins de vingt-six albums solo sous son nom, sort un remarquable coffret de dix CD en édition limitée Silver Edition, très bien accueilli par le public. Après des années d'absence en France, il réalise la bande originale du film "Le Moulin de Daudet" et produit deux concerts à l'ambiance exceptionnelle avant d'être accueilli par le Président François Mitterrand puis par le Roi Albert II.

Courtisé par des musiciens anglais de la vague techno qui veulent enregistrer avec lui, il publie Trancelation (suivi de Trance Appeal en 96), dans un style « dance music », mais sous le nom de Richard Wahnfried. Puis il enregistre Klaus Schulze Goes Classic. C'est ensuite Totentag, de l'opéra, puis Das Wagner Desaster en public à Paris et Rome. Après In Blue en 1995, il publie une rétrospective d'enregistrements inédits, un somptueux nouveau coffret de dix CD en édition limitée, Historic Edition. Ces disques sont particulièrement bien accueillis par le public... et sont encore suivis par la publication de six albums de morceaux enregistrés lors des débuts d'Ash Ra Tempel ! Après Are You Sequenced ?, il publie en 1997, pour son cinquantième anniversaire, un coffret de vingt-cinq CD sous le titre de Jubilee Edition, très vite épuisé (comme les deux coffrets précédents) et particulièrement recherché par les collectionneurs.

Klaus Schulze est aussi productif à lui seul que ses pairs de Tangerine Dream, publiant à ce jour 78 albums sous son nom, et participant comme musicien à un total de 137 disques.

Dans la foulée, il publie deux nouveaux coffrets (respectivement dix et six CD) de listening music sous le titre de Contemporary Works... plus un triple live en 2001 sous le titre de Live @ Klangart.

En 2006, il reçoit le Qwartz d'Honneur au Cirque d'Hiver Bouglione lors de la Cérémonie des Qwartz 2.

En juin 2008, en association avec la chanteuse Lisa Gerrard du groupe Dead Can Dance, Klaus Schulze sort l'album Farscape1.


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Icare
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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 18:12

Henri, en lisant ton commentaire sur le fil Hovhaness, tu évoques à plusieurs reprises Klaus Schulze un artiste que je connaissais jusqu'ici surtout de nom. Ai-je pu écouter dans le passé quelques morceaux de lui sans m'y être suffisamment penché, mais sans jamais approfondir. Comme je l'ai toujours dit, mon rapport émotionnel à l'univers du synthétiseur et de l'électronique pure a toujours été défectueux.Hehe  J'ai donc décidé d'ouvrir un fil ici à son nom car ma curiosité demeure intacte et que j'ai toujours évité de trop écouter mes préjugés. Un principe chez moi. La biographie que j'ai postée ci-dessus n'est pas du tout personnalisée. Connaissant beaucoup trop mal ce compositeur, j'ai commis la facilité de me référer à Wikipédia. Si, Henri, tu souhaites faire ta propre biographie d'un artiste que tu sembles très bien connaître, n'hésite pas et j'effacerai mon copié-collé. Sinon, on peut aussi laisser comme ça. Very Happy


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Icare
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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 19:31


L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=MrERTabOJ9M

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Henri



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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 19:43

Cette biographie de Klaus Schulze est certainement exacte mais c’est vrai qu’elle est assez impersonnelle. Donne-t-elle envie de l’écouter ? Je ne sais pas. Et quant à ce que je pourrais dire à son sujet, ce n’est pas sûr non plus que cela donne envie de l’écouter, car même si j’ai beaucoup aimé sa musique à une époque, je suis devenu très critique à son égard. J’aime toujours les musiques que j’ai aimées, ça je ne suis pas du genre à renier mes émotions passées car elles font partie de ma vie, et même je suis capable de les réactualiser rien qu’en réécoutant les musiques qui les ont suscitées autrefois. Mais je n’ai jamais pu être un inconditionnel de qui que ce soit et quand ça m’emmerde, ça m’emmerde. Et je le dis. Je crois que le mieux que je puisse faire c’est de poster ici une chronique que j’avais écrite pour un autre forum il y a deux ou trois ans. C’est une chronique totalement subjective, donc sans doute injuste et pas toujours fondée, mais je ne sais écrire qu’à l’imparfait du subjectif.

A la fin des années 70, j’étais très fan de la musique de Klaus Schulze, qu’on appelait « musique planante » à l’époque parce qu’elle pouvait évoquer les espaces cosmiques et que son écoute pouvait vous plonger dans un état de flottement et de rêverie, avec une sensation de planer dans les régions extra-atmosphériques. Ce genre musical avait été initié par le groupe Pink Floyd, mais quand la musique de celui-ci restait enracinée dans un univers sonore typiquement rock, des groupes allemands comme Ash Ra Tempel ou Tangerine Dream, dont Klaus Schulze fit partie à ses débuts, la firent rapidement évoluer dans une toute autre direction par l’utilisation presqu’exclusive des synthétiseurs de son. Lorsqu’il devint artiste soliste, Klaus Schulze produisit des albums dont chaque face ne comportait qu’un seul long morceau d’une musique à l’évolution très lente qui pouvait durer jusqu’à une demi-heure. J’aimais me plonger dans ses ambiances méditatives, souvent empreintes d’une grande tristesse, qui m’emportaient dans des mondes inconnus et parfois effrayants. J’écoutais assez souvent Cyborg, Timewind, Bodylove, Mirages. Ce dernier était mon préféré et constitue sans doute le chef-d’œuvre de Klaus Schulze. Le suivant, X (dixième album) me frustra un peu par certains aspects. Par exemple, le long morceau « Ludwig II von Bayern » me plaisait plutôt bien, avec une magnifique partition pour un orchestre à cordes dirigé par Wolfgang Tiepold, mais les interventions électroniques de Schulze restaient très en deçà de ce que l’atmosphère qu’elle suscitait pouvait laisser espérer et me semblaient même superflues, voire gênantes. Ensuite, il sortit Dune, que j’écoutais chez un ami et que je n’ai même pas acheté. Après cela, j’ai cessé de m’intéresser à lui, tout comme d’ailleurs j’ai laissé tomber la musique rock et planante en général pour me tourner vers le classique.
Il y a quelque temps, quand j’ai voulu jeter une oreille sur la production de Klaus Schulze depuis que je l’avais lâchement abandonné quelque part entre Jupiter et Pluton, j’ai d’abord été très impressionné d’apprendre qu’il avait produit pas loin d’une centaine de disques. Mais connaissant le type de musique qu’il composait, cela ne m’étonna pas longtemps. Sa manière de composer ne demande en effet pas un très long travail d’élaboration. Elle consiste la plupart du temps à lancer une séquence de notes qui se déroule en boucle pendant de longues minutes et sur laquelle il va improviser au clavier au milieu d’une ambiance de sons électroniques qui tissent un fond sonore plus ou moins agréable, plus ou moins perturbant. Lorsque le morceau arrive à la trentaine de minutes, souvent il se contente d’arrêter la musique par un simple fondu au silence sans chercher à composer une fin digne de ce nom. Ayant écouté une bonne trentaine des disques qu’il a sorti depuis les années 80, j’ai très souvent eu l’impression d’entendre la même musique, un peu comme si celle-ci se déroulait sans interruption depuis cette époque et que ses disques n’étaient que des tranches qu’il y découpait de temps à autres pour les enregistrer sur un CD. J’imagine d’ailleurs qu’il ne réfuterait pas cette idée d’une musique ininterrompue, vivant indépendamment sa vie au long des années, et dont le musicien se contenterait de capter quelques instants ici ou là pour les immortaliser sur un support matériel. Belle idée, mais malheureusement on sent trop les limites et les faiblesses techniques de Schulze pour qu’on puisse la soutenir longtemps. Ses improvisations au clavier manquent tellement d’imagination qu’on y retrouve immanquablement les mêmes phrases de disque en disque depuis les tout premiers. Ces mélodies que je trouvais si belles sur Timewind ou sur Mirages deviennent du coup insupportablement ennuyeuses à force de les entendre à peine modifiées sur de nouveaux morceaux où l’on aimerait trouver un minimum de diversité et d’originalité. Pour ce qui concerne la structure des morceaux, c’est quasiment toujours la même également. Une longue introduction avec souvent pléthore de sons électroniques pour installer une ambiance, entrée d’une séquence répétitive généralement doublée par un effet d’écho, longs accords d’orgue ou de synthétiseur, avec très souvent les mêmes enchaînements d’accords — préférentiellement en mineur — et les mêmes modulations, ainsi que l’inévitable improvisation aux lignes mélodiques ressassées dont j’ai parlé plus haut, accélération progressive du tempo accompagnée d’un accroissement du volume et de la densité sonore, arrivée à un point culminant suivie d’une retombée plus ou moins rapide de la tension, fin par un simple fondu au silence, ou par un effet sonore qui clôt la musique comme s’il la tranchait d’un coup de hache. Très rares sont les morceaux qui échappent à ce modèle. On dira que c’est le genre de la musique dite planante qui lui impose plus ou moins ce moule, son but étant de provoquer chez l’auditeur une sorte de transe extatique dans laquelle toute surprise, toute rupture, tout changement serait vécu comme inopportun, un peu comme un atterrissage brutal en plein milieu d’un trip à l’acide. Je comprends que la grande majorité des amateurs de cette musique préfère qu’elle ne sorte jamais des sentiers qu’elle a elle-même battus, mais Klaus Schulze a pourtant montré, notamment avec le morceau Cristal Lake de l’album Mirages, qu’il pouvait se donner la peine de créer une musique un peu plus élaborée, avec des sections bien différenciées, un peu comme les différents mouvements d’une symphonie. Mais l’homme, si l’on en croit sa biographie autorisée publiée sur son site officiel, ne semble pas très porté au travail ; il se définirait plutôt comme un artiste « instinctif », cherchant avant tout le plaisir personnel en s’immergeant dans son monde musical intime et familier. Il est sûr que s’il avait travaillé chaque nouveau morceau comme l’a été Cristal Lake, il n’aurait pas pu sortir une centaine de disques en quarante ans. On me permettra de juger que ce n’aurait pas forcément été dommage.

Voici les morceaux que j’écoute malgré tout avec plaisir (par ordre alphabétique) :

BODY LOVE (1) :
BODY LOVE (2) : Nowhere - Now Here ; Stardancer ; Moogetique
CYBORG : Symphara ; Comphara
DREAMS : A Classical Move ; Five to Four ; Dreams ; Flexible ; Klaustrophony
DUNE : Dune ; Shadows of Ignorance
EN=TRANCE : FM Delight
INTER*FACE : On the Edge ; Colours in the Darkness ; The Beat Planante ; Inter*Face ; The Real Colours in the Darkness ; Nichtarische Arie
IRRLICHT : Ebene, Gewitter energy rise ; Exil Sils Maria
KONTINUUM : Sequenzer (from 70 to 07) ; Euro Caravan ; Thor (Thunder)
LIVE AT KLANGART : La Fugue Sequenca ; Cavalleria Cellisticana ; Tracks of Desire ; OS 9.07
MIRAGES : Velvet Voyage ; Crystal Lake
FARSCAPE (avec Lisa Gerrard, chant) : Liquid Coincidence 1 ; Liquid Coincidence 2 ; Liquid Coincidence 3 ; Liquid Coincidence 4 ; Liquid Coincidence 5 ; Liquid Coincidence 6 ; Liquid Coincidence 7
TIMEWIND : Bayreut Return ; Wahnfried 1883
TRANCEFER : A few Minutes After Trancefer ; Silent Running
X : Friedrich Nietzsche ; Frank Herbert ; Ludwig II von Bayern ; Heinrich von Kleist
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joachim
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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 20:28

Oh la la ! à l'écoute du lien d'Icare, ce n'est pas une musique pour moi, mais alors pas du tout Laughing

Bizarre ce Schulze, il n'y a pas de catalogue des oeuvres comme tout autre compositeur, c'est une liste de CD

Ce ne doit même pas pouvoir être interprété en concert...
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Icare
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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 20:58

<<Oh la la ! à l'écoute du lien d'Icare, ce n'est pas une musique pour moi, mais alors pas du tout.>>

Personnellement, je ne suis pas non plus sensible à ces univers et je n'ai pas tenu très longtemps dans le lien que j'ai posté plus haut, mais ce n'est pas important, c'est toujours intéressant de sortir de ses habitudes d'écoute. On ne sait jamais. L'émotion peut parfois émerger là où ne l'attend pas forcément. La musique a ce pouvoir.

<<Ce ne doit même pas pouvoir être interprété en concert>>

Si si, il s'est déjà donné en concert. On en trouve sur Youtube. Wink
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Henri



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MessageSujet: Re: Klaus SCHULZE   Sam 20 Juin - 21:13

Il n'y a probablement que lui qui peut s'interpréter en concert. D'autant que ses concerts sont en grande partie improvisés. Bon, je dis ça, je ne l'ai vu qu'une seule fois en concert et c'était il y a au moins un siècle.
Essayez d'écouter "Cristal Lake", dans "Mirages", pour voir. Ou "Ludwig II von Bayern", dans "X"; il y a une très belle mélodie jouée par un orchestre à cordes. Pas sûr qu'elle soit de la composition de Klaus Schulze, d'ailleurs. Pas du tout dans son style habituel. Je parierais qu'elle est de son ami Wolfgang Tiepold, qui dirige l'orchestre (mais ne le répétez-pas, il pourrait me faire un procès).
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Klaus SCHULZE
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