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 Hector Berlioz (1803-1869)

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Snoopy
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MessageSujet: Hector Berlioz (1803-1869)   Mar 15 Aoû - 14:40

Hector Berlioz est un compositeur, écrivain et critique français, il est né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André en Isère, il est mort le 8 mars 1869 à Paris.

Il est considéré comme l'un des plus grands représentants du romantisme européen, bien qu'il récusât le terme de "romantique" qui ne signifiait rien à ses yeux. Il se définissait en fait comme un compositeur classique. Sa musique eut la réputation de ne pas respecter les lois de l'harmonie, accusation qui ne résiste pas à une lecture approfondie de ses partitions. On y découvre, paradoxalement, que Berlioz respecte les fondements historiques de l'harmonie datant du XVIe siècle (règles régissant les mouvements contraires et conjoints), mais qu'il s'affranchit parfois des règles supplémentaires apparues plus tardivement et esthétiquement discutables (règles de modulation cadentielle entre autres)

Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la restauration des Bourbons, période marquée d'un grand élan culturel et intellectuel.

En 1823 il étudie la composition au Conservatoire de Paris avec Jean-François Lesueur un compositeur institutionnel au style pompeux qui a traversé tous les changements de régime politiques depuis la Révolution jusqu'à la Restauration.
Il découvre Weber (il se souviendra de son art pour la Symphonie fantastique) et il écrit sa Messe solennelle en 1824.

Alors que sa formation musicale est rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet et malgré son échec au concours de Rome en 1826, il poursuit ses études au Conservatoire (dirigé alors par le grand maître de l'époque Luigi Cherubini) avec l'enseignement remarquable de Anton Reicha pour la fugue et le contrepoint mais aussi la composition avec Lesueur.

En 1827 il est admis au concours de Rome mais sa cantate La mort d'Orphée est jugée injouable par le jury. Au cours d'une représentation d'Hamlet il découvre Shakespeare et tombe amoureux de Harriet Smithson, l' actrice irlandaise de la pièce qu'il épousera en 1833.

Il découvre aussi Goethe et son Faust : il va écrire sur la traduction de Gérard de Nerval tout d'abord Huit scènes de Faust (1828) et puis en 1846 la légende dramatique La damnation de Faust.

L'exécution en 1828 au Conservatoire de Paris de l'intégrale des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck va l'impressionner.

Dès 1830 ses études, ses influences et aussi son génie lui permettent d'écrire la Symphonie fantastique op. 14 qui enthousiasme Franz Liszt mais provoque un grand scandale auprès d'un public qui ne se rend pas compte de la portée de l'œuvre : elle va relancer la « musique à programme » ou « musique descriptive » et trouver des prolongements dans toute la musique allemande (Liszt, Richard Strauss) ou française (Saint-Saëns, Dukas) qui va suivre. Dès 1832, il se fit connaître comme critique dans la Gazette musicale et dans le Journal des débats, et y soutint son sytème musical, qui subordonne la mélodie à la recherche de l'expression.

Il remporte le prestigieux Prix de Rome avec sa cantate La dernière nuit de Sardanapale, ce qui l'oblige à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis), il rencontre Mendelssohn mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois.
En 1831 et 1832 , son séjour lui inspire Lélio ou le retour à la vie , Le roi Lear et il compose Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron, Childe Harold's Pilgrimage, cette œuvre est comme une « seconde Symphonie fantastique ».

Il est engagé en 1835 comme critique musical dans Le Journal des Débats, ses articles vont faire date et lui valoir de nombreuses inimitiés, il signera des articles jusqu'en 1864.

En 1838, pour son entrée à l'Opéra avec Benvenuto Cellini l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à un échec des représentations.
Mais son engagement à la bibliothèque du Conservatoire et l'estime que lui porte Paganini lui permettent d'écrire Roméo et Juliette (1839) qui enthousiasme Richard Wagner.

La période 1840 - 1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle des Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier, Le spectre de la rose, Sur la lagune, Au cimetière clair de lune) pour voix et piano qu'il orchestrera par la suite.

En ces années son prestige comme chef d'orchestre est plus important qu'en tant que compositeur et plus à l'étranger qu'en France ; il joue ses œuvres mais aussi celles de ses confrères en Belgique, Allemagne, Angleterre, Hongrie ou en Russie avec sa nouvelle compagne la cantatrice Marie Recio . La création de L'enfance du christ est un triomphe (1864).

En 1856 il débute la compositions de son « opus magnum » les Troyens, en écrit le livret inspiré par le poème épique œuvre de Virgile L'Énéide. La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, l'influence de Virgile et de Shakespeare est récurrente dans son œuvre. Les Troyens est achevé deux ans plus tard mais il ne peut le faire jouer en intégralité, les administrateurs sont effrayés par la durée et les moyens exigés par l'œuvre.

Il va encore composer l' opéra-comique Béatrice et Bénédict sur Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare ; après la mort de Marie, puis de son fils Louis, il tombe malade ; à la suite d' une triomphale tournée en Russie au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff ou Borodine, il meurt le 8 mars 1869 : il est enterré au Cimetière de Montmartre avec ses deux femmes Harriet Smithson et Marie Recio.

Elle est marquée par sa grande inspiration par les thèmes beethoveniens et shakespeariens qui vont s'entrecroiser dans toute sa production avec aussi son attachement à la musique de la période révolutionnaire ou de l'Empire comme le prouve son admiration pour Gluck ou Spontini.
Il est une grande figure romantique à l'humour ravageur mais très rigoureux dans l'écriture et très exalté dans l'exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps vers des orchestrations d'une grande richesse de timbres, de couleurs et à l'écriture contrapunctique toute personnelle et vers son goût pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s'affranchir des textes qu'il met en musique au point de les écrire lui-même comme le fait aussi Richard Wagner.

Sans tomber dans l'éxagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéresse énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami (son Prote, comme il le nommait dans l'une de ses lettres) d'Adolphe Sax dont il encourageait fortement les travaux. Notamment ceux concernant la famille des Saxophones (on pourrait aller jusqu'à dire qu'il en fut le commanditaire si on s'en réfère à leur correspondance). Il est à noter que Berlioz écrivit la toute première œuvre comportant un Saxophone (basse en mib): Chant Sacré ou Hymne Sacré.

Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son œuvre est restée largement mésestimée, voire méconnue, dans son propre pays. L'année 2003 (dite "année Berlioz" en raison du bicentenaire de la naissance du compositeur) marquera peut-être le début de sa réhabilitation : pour la première fois en France, son opéra monumental Les Troyens a été joué en entier (sous la direction de sir John Eliot Gardiner).

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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Mer 11 Juil - 22:35

Benoit a écrit:
Mon très cher Berlioz, là je ne te hais point
Seulement m' indispose,et cela en tous points,
L' oeuvre du grand Hector,vulgaire à mes oreilles,
Sonnant beaucoup trop fort,mêlant quelques merveilles
Abîmées par la pompe,à des moments clinquants
Avec éclats de trompes,bien trop grandiloquents,
Tués par trop de couleurs,au goût souvent douteux,
Gâchant donc mon bonheur de mélomane curieux.
même pour Romeo et Juliette ? Les Nuits d'Ete ? Tristia ? Beatrice et Benedict ? Les Troyens ?
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Saville



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Mer 11 Juil - 22:47

Superbes textes que ceux de Nuits d'été ... Wink
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 10:11

Les mots de Benoît au sujet de la musique de Berlioz ne m'étonne qu'à moitié. Ce sont les musiques les plus tapageuses qui sont renommés chez ce brave Hector ; alors que ce ne sont pas forcément les plus intéressantes. Et de leur temps, ce n'étaient pas les plus appréciées.
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benoît



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 12:47

Sans aucun doute, tu as raison ,Didier.

Je suis loin d' avoir tout entendu,bien sûr et pourtant en cours ,nous avions analysé à fond la Symphonie Fantastique.

Passent encore les Nuits d' été (à peine).

Au pire,ses oeuvres m'horripilent,au mieux,elles me laissent indifférent.

Le personnage aussi m'agace prodigieusement :prétentieux,méprisant,aux goûts opposés aux miens.Cela pollue toute tentative d' écoute :ceci dit,sa musique est bien en phase ,évidemment,avec l' homme.

Peut-être qu' un jour mon interêt changera,qui sait ?
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Hector Berlioz



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 12:57

Il n'était pas plus prétentieux que méprisant. En fait, son caractère était très proche de celui de Beethoven.
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MessageSujet: Hector Berlioz   Jeu 12 Juil - 17:43

A part sa trés belle biographie sur Beethoven, dont ci-dessous une phrase :

"On voudrait au moins dormir, dormir un mois entier pour habiter en rêves la sphére inconnue que le génie nous a fait un instant entrevoir"

je ne suis pas non plus une fan de ce cher Berlioz, par contre c'était un chroniquer avisé.
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OSS 1970



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 18:42

Harold en Italie, symphonie à programme avec alto principal, j'aime bien mais c'est vrai que la fantastique m'a toujours laissé de marbre. Pourtant j'ai acheté les meilleures interprétations
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 19:17

Je suis fan de Berlioz depuis bien des années mais j'observe la vie et l'oeuvre de ce grand homme avec objectivité.
"Berlioz méprisant et prétentieux" : ça ne fait aucun doute pour moi, même le biographe David Cairns (spécialiste de Berlioz) le reconnaît. Et c'est d'ailleurs cette intrinsigeance qui lui a fermé autant de portes et l'a obligé à chercher le succès à l'étranger, loin de la frilosité du milieu culturel "bien pensant" français. Et c'est aussi ce qui l'a contraint à faire de la critique musicale pour pouvoir survivre, et céder aux caprices de son empoisonneuse de comédienne qui lui servit d'épouse.

La Fantastique est une oeuvre révolutionnaire, comme le Marteau sans Maître. On est pas obligé de l'apprécier pour autant... Wink
Même si c'est l'oeuvre qui m'a donné envie de découvrir Berlioz, ses qualités se sont vite effacées à mes oreilles et je lui préfère de loin des oeuvres comme Roméo et Juliette, Les Nuits d'Eté, La Damnation de Faust, Les Troyens, Tristia, Harold en Italie, Te Deum, Lelio

Dans ses oeuvres dites "tapageuses" ont trouve des merveilles de raffinement et de retenue :
- Symphonie Fantastique : Valse, Scène aux champs
- Requiem : Quid sum miser, Quaerens me (a cappella), Libera me, Agnus Dei
- Te Deum : Tibi omnes Angeli, Dignare Domine, Te ergo quaesumus
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OSS 1970



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 20:30

Didier a écrit:
et céder aux caprices de son empoisonneuse de comédienne qui lui servit d'épouse.


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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 20:38


"Unknown artist" Laughing
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 20:55

Didier a écrit:
Je suis fan de Berlioz depuis bien des années mais j'observe la vie et l'oeuvre de ce grand homme avec objectivité.
"Berlioz méprisant et prétentieux" : ça ne fait aucun doute pour moi, même le biographe David Cairns (spécialiste de Berlioz) le reconnaît. Et c'est d'ailleurs cette intrinsigeance qui lui a fermé autant de portes et l'a obligé à chercher le succès à l'étranger, loin de la frilosité du milieu culturel "bien pensant" français. Et c'est aussi ce qui l'a contraint à faire de la critique musicale pour pouvoir survivre, et céder aux caprices de son empoisonneuse de comédienne qui lui servit d'épouse.
...
Pour avoir lu ses mémoires il y a 2 décennies, je confirme : l'homme n'attirait pas d'emblée la sympathie et je partage ce point de vue. A sa décharge, il faut toutefois noter 2 points :
- ses propos peu amènes à l'égard de la gent musicale de l'époque résultait, en grande partie, d'un échange de bons procédés car les moeurs des milieux musicaux n'étaient pas des plus civilisés;
- dans ses mémoires, Berlioz a l'honnêteté de relater dans le détail ses intrigues afin de décrocher des commandes de l'Etat (ex : Requiem, Symphonie Funèbre et Triomphale.) Fallait bien vivre et je crois que le personnage s'honore de reconnaître ces pratiques peu avouables mais néanmoins indispensables.
Enfin, si les français rendent rarement hommage à la musique de Berlioz, les Britanniques lui vouent, à l'inverse, une admiration sans borne. C'est un peu dommage de ne pas être fichus de reconnaître nos talents nationaux lorsqu'ils sont avérés. Or, les oeuvres de Berlioz, qu'on les aime ou qu'on les exècre, ont incontestablement marqué l'histoire de la musique.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 21:42

Je partage ce dernier avis Wink
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Hector Berlioz



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 22:25

Il est pour moi un des plus grands compositeurs du XIXème siècle et je dois reconnaitre que je ne déteste pas du tout le personnage en lui-même. Je pense que méprisant, il devait effectivement l'être mais prétentieux certainement pas dans la mesure où il ne prétendait pas être bon, il l'était tout simplement.

Quant à la symphonie fantastique, la première fois que je l'ai écouté, elle m'a profondément ennuyé. Il a fallu que je la réécoute longtemps après pour réellement l'apprécier. Maintenant, c'est une de mes symphonies préférées.


Dernière édition par le Ven 13 Juil - 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 23:10

Hector Berlioz a écrit:
je dois reconnaitre que je ne déteste pas du tout le personnage en lui-même. Je pense que méprisant, il devait effectivement l'être mais prétentieux certainement pas dans la mesure où il ne prétendait pas être bon, il l'était tout simplement.
Le terme "prétentieux" est à plusieurs degrés ; et dans son cas il est synonyme de vanité, d'orgueil. Il avait beaucoup de talent ; absolument d'accord , mais il n'était pas complet : il n'a jamais maîtrisé les formes classiques.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Jeu 12 Juil - 23:26

...ni le piano
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Hector Berlioz



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 0:03

En fait, il n'a jamais maitrisé aucun instrument (il l'avoue lui-même dans ses mémoires, d'ailleurs).
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 7:16

Ce qui ne l'a pas empeché d'écrire un Traité d’instrumentation... Very Happy
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Jean



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 8:47

Sans être un "spécialiste" qui l'a lu et étudié, je partage l'approche de Didier. J'ai assez vite aimé la Fantastique mais plus encore Les nuits d'été, le Requiem et tous les extraits cités par Didier qui sont très loin d'une musique tapageuse, comme aussi "L'Enfance du Christ" qu'au debut je dois l'avouer je trouvais un peu naise et sirupeuse comme pas mal de ses melodies...mais le temps (ou autre chose?) m'a appris à l'apprécier franchement dans toutes ses oeuvres ( a part peut être la symphonie triomphale(?) - est-ce bien le titre? j'ai un doute ici?) . Il n'est pas le seul a avoir composé des oeuvres que l'ont peut trouver "tapageuse" ...sans que cela fixe leur réputation!
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 8:56

Jean a écrit:
( a part peut être la symphonie triomphale(?) - est-ce bien le titre? j'ai un doute ici?) .

Da. Composée en 1840 sur une commande du Ministère de l’Intérieur pour la cérémonie du transfert des victimes de la révolution de 1830, et exécutée pour la première fois la même année (mais pour une autre cérémonie), la Symphonie Funèbre et Triomphale représente la réalisation partielle d’un projet qui hantait Berlioz depuis plusieurs années: celui d’une grande Fête musicale funèbre à la mémoire des hommes illustres de la France. L’œuvre trahit aussi l’influence de Beethoven, notamment pour le premier mouvement la marche funèbre de la Symphonie héroïque et pour le troisième mouvement le final de la neuvième symphonie. La première version de l’œuvre était pour grande harmonie militaire. En 1842 Berlioz remania la symphonie en ajoutant des parties ad libitum pour cordes graves (premier mouvement), pour cordes et un chœur sur des paroles de son ami Antoni Deschamps (troisième mouvement). Berlioz donne un récit des circonstances de la composition et de la première exécution de cette œuvre dans ses Mémoires (chapitre 50: texte intégral dans Textes et documents).

Le premier mouvement, l’une des conceptions symphoniques les plus grandioses du compositeur, est une vaste marche funèbre, classique dans sa forme (forme sonate) et remarquable notamment par l’ampleur de son souffle mélodique.

La partition comporte des parties non obligées pour contre-basson, trombone basse, violoncelles et contrebasses. .

Il est surprenant qu’avec une exception la partition ne comporte pas d’indications de métronome, et il y a de fortes divergences de tempo entre différentes interprétations modernes. Dans cette version le tempo du premier mouvement a été fixé à noire = 80. Ce choix répond à deux considérations: d’une part il faut un tempo unique pour le mouvement dans son ensemble, d’autre part ce tempo bien que lent doit être capable de propulser ce long mouvement d’un bout à l’autre sans traîner.

Le second mouvement prend la forme d’un récitatif et air sans paroles où un trombone solo dialogue avec le reste de l’orchestre. Ce morceau utilise de la musique tirée de l’opéra de jeunesse de Berlioz, Les Francs Juges .

La partition ne comporte pour ce mouvement qu’une seule indication de métronome, pour l’Andantino poco lento e sostenuto (noire = 72). Dans cette version l’Adagio non tanto et l’Andantino ont été fixés respectivement à noire = 58 et noire = 63.

Le troisième mouvement suit sans interruption le mouvement précédent. Par la commodité de l’auditeur on a présenté ici ces deux mouvements dans deux versions en un seul fichier comme un seul mouvement continu comme deux mouvements séparés en deux fichiers.

Dans ce dernier cas l’auditeur devra se rappeler que dans l’original le dernier accord du deuxième mouvement (en sol majeur) est aussi le premier du troisième mouvement, où la tonalité s’oriente tout de suite vers si bémol; cette dernière version du troisième mouvement est donc écourtée d’une mesure. Ce mouvement, de caractère triomphal, fut fréquemment exécuté avec succès par Berlioz dans ses concerts en France et à l’étranger dans les années 40.

En outre deux versions de ce mouvement sont présentées ici:

1. Dans la première version on n’a pas retenu les parties pour cordes et chœur: on peut ainsi se faire une idée de la première version de 1840 avant que Berlioz y ajouta en 1842 des parties (non obligées) de cordes et le chœur.

2. Dans la deuxième version les cordes et le chœur on été ajoutés. Cette version est présentée ici sous toute réserve. Le système Midi ne peut bien entendu reproduire les paroles, et le chœur est de toute façon peu audible ici au-dessus de la masse instrumentale, ce qui trahit l’effet réél de son entrée au concert. D’autre part le grand nombre de parties nécessite l’utilisation d’une police de petit format qui rend la mise en page assez surchargée et peu lisible sauf sur un écran de grande taille. Pour cette raison on a transcrit ci-dessous le texte des paroles chantées par le chœur.

Ici encore Berlioz ne donne aucune indication de métronome pour ce mouvement; dans ces deux versions le tempo a été fixé à noire = 112, nettement plus lent que la Marche troyenne qui pourrait paraître comparable, mais qui est en fait d’un caractère beaucoup plus pressant (le tempo de la Marche troyenne est donné par Berlioz comme noire = 138).

Le "pavillon chinois" que Berlioz utilise dans ce mouvement est un instrument à percussion d’origine turque, muni de nombreux clochetons et fort usité dans les orchestres militaires de l’époque (Berlioz l’évoque brièvement dans son Traité d’instrumentation).
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 9:52

Je crois que l'on n'entendit pas l'exécution de la Symphonie Funèbre et Triomphale pendant la cérémonie tant le bruit ambiant était grand et l'organisation approximative. Même dans sa version symphonique, cette oeuvre a une connotation "pompier" évidente qui n'est pas représentative de l'oeuvre de Berlioz.
S'agissant du Requiem, il fut composé à la mémoire du général Damrémont qui périt sous les murs de Constantine en pleine conquête de l'Algérie et un service solennel fut organisé pour lui et les soldats français morts pendant le siège de cette ville en l’église Saint-Louis des Invalides.
Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer un lien vers le site consacré à Hector Berlioz et, en particulier, au passage de ses mémoires consacré à la genèse de son Requiem : http://www.hberlioz.com/Scores/requiemf.htm. C'est l'occasion de redécouvrir son excellent style littéraire dans lequel l'humour n'est jamais très loin malgré tout ce que l'on a pu dire du personnage...
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 17:26

Hector Berlioz a écrit:
Il est pour moi un des plus grands compositeurs du XXème siècle

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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 17:33

Je suis bien sûr d'accord avec les amoureux de Berlioz dont je suis. Sa musique est difficile d'accès je trouve, parce qu'elle est tapageuse justement !

C'est à dire que la richesse de son orchestration, la pulsion vitale qu'il injecte dedans, les débordements qu'il a du mal à contenir font parfois "trop", voire un peu brouillon. Mais ce n'est jamais gratuit et vulgaire si l'on accepte de se plonger dans ce bouillonnement on découvre une grande finesse expressive et une belle sensibilité.

Pour ses écrits, on le trouve puant parce qu'il a au moins l'honnêteté de dire ce qu'il pense et de son temps c'est rare chez les musiciens qui passent leur temps à faire des ronds de jambe pour trouver des commandes. Et il a un humour ravageur. Je pense qu'aucun musicien n'écrit aussi bien que lui. Son Traité de l'instrumentation (deux versions: une grosse à visée preofessionnelle, une plus légère pour vulgarisation) est à mourir de rire quand il décrit le timbre des instruments par exemple.

Vive Berlioz !
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 17:34

Et pour la Fantastique, pour moi une des plus belle symphonie jamais écrite, écoutez dans la version Gardiner. Wink
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Hector Berlioz



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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   Ven 13 Juil - 22:31

Citation :
Hector Berlioz a écrit:
Il est pour moi un des plus grands compositeurs du XXème siècle



Il s'agissait évidemment d'une faute de frappe.


Citation :
Et il a un humour ravageur.

C'est certain! J'adore son humour d'ailleurs! A ce titre, je vous invite d'ailleurs à lire "Les Grotesques de la Musique'".


Citation :
Vive Berlioz !

Oui! Vive moi! drunken Laughing
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MessageSujet: Re: Hector Berlioz (1803-1869)   

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Hector Berlioz (1803-1869)
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