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 Leonid Kogan

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vizZ

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MessageSujet: Leonid Kogan    Dim 3 Mai - 13:23

La découverte en Occident de Leonid Kogan, à la fin des années 1960, a symbolisé un renouveau au sein de l'une des principales écoles de violon du monde. En dehors de David Oïstrakh, l'U.R.S.S. n'avait en effet engendré aucun nouveau talent d'envergure depuis la génération des émigrés (Jascha Heifetz, Nathan Milstein, Efrem Zimbalist, Mischa Elman, Toscha Seidel). La « percée » de Leonid Kogan apparut comme un événement majeur qui sera confirmé par la suprématie soviétique dans les grands concours internationaux de violon.

Leonid Borisovitch Kogan voit le jour à Dniepropetrovsk (Ukraine) le 14 novembre 1924. Son père, un photographe passionné de musique, l'encourage dès qu'il découvre ses dons précoces : il commence le violon à sept ans. En 1934, il est admis dans la classe d'Abram Yampolski à l'école centrale de Moscou. Il donne ses premiers concerts en 1941 puis entre au conservatoire de Moscou, où il travaille, toujours avec Yampolski, de 1943 à 1948, et se perfectionne de 1948 à 1951. Dès 1947, il remporte un premier prix ex æquo au Festival mondial de la jeunesse démocratique à Prague. Quatre ans plus tard, il triomphe au Concours international Reine Élisabeth de Belgique. En 1953, il devient l'assistant de Yampolski au conservatoire de Moscou et professeur titulaire en 1963. Sa carrière prend alors des dimensions internationales : il débute en Europe occidentale en 1955, aux États-Unis en 1958, est nommé artiste du peuple de l'Union soviétique en 1964, et reçoit le prix Lénine en 1965. Au cours des années 1960, sa notoriété en Occident atteint son apogée : il enregistre en France et en Grande-Bretagne l'essentiel des œuvres pour violon. En U.R.S.S., il joue en trio avec Emil Guilels et Mstislav Rostropovitch, en duo à deux violons avec sa femme Élisabeth Guilels (1919-2008), la sœur du pianiste, puis à trois violons avec leur fils Pavel (né en 1952). Il meurt à Moscou le 17 décembre 1982.

Enfant, le petit Leonid ne peut pas s'endormir sans que son père Boris, photographe professionnel et violoniste amateur, ne vienne jouer auprès de lui. Fasciné par la sonorité de l'instrument, il veut jouer lui aussi et son père lui apprend les rudiments. À dix ans, il entre au Conservatoire de Moscou dans la classe de Yampolsky, un disciple du fameux pédagogue Leopold Auer. Pour cela, ses parents ont dû quitter l'Ukraine pour s'installer avec leur fils à Moscou. Ses progrès sont très rapides et en 1936, le violoniste Jacques Thibaud, de passage à Moscou, lui prédit un avenir prodigieux. Thibaud ne s'est pas trompé. Mais la mort, en fauchant Leonid Kogan à cinquante-huit ans dans un accident de train, l'empêchera de réaliser tous ses rêves de musique.

Insatiable, pour ne pas dire boulimique, Kogan a plusieurs vies : celles de musicien de chambre, de concertiste (il peut jouer jusqu'à trois concertos par concert), de pédagogue (il enseigne au Conservatoire de Moscou), d'explorateur de nouveaux répertoires (il est le premier violoniste soviétique à jouer les concertos de Berg, Barber et Jolivet), de père de famille (il est marié avec la sœur d'Emil Guilels) et de… collectionneur de voitures !

Pour vivre tout cela, il aura fallu que Kogan, juif en URSS sous Staline, franchisse bien des obstacles : son Premier Prix au Concours Reine Élisabeth de Belgique, avec David Oïstrakh et Jacques Thibaud dans le jury, lui ouvre les portes. En 1955, il fait ses débuts à Londres et Paris avant de remporter un triomphe aux États-Unis dans le Concerto pour violon de Brahms dirigé par Pierre Monteux : le public l'ovationne pendant dix-huit minutes.

Sa discographie est large. A mon sens, il est détenteur de plusieurs références discographique grâce à des chefs à son écoute (Kirill Kondrashin et Constantin Silvestri). Ainsi les concertos pour violon de Brahms et Mendelssohn sont à écouter absolument pour se rendre compte de l'énergie qu'il insuffle à cette musique.


Dernière édition par vizZ le Dim 3 Mai - 20:57, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Leonid Kogan    Dim 3 Mai - 18:30

Un grand violoniste qui manquait à notre forum. Merci, VizZ, d'y avoir réparé cet oubli Mains

Il y a une petite rectification à faire concernant sa femme Elisabeth Guilels : née le 30 septembre 1919 à Odessa, elle est morte non pas en 1982, mais le 13 mars 2008 à Moscou. Ils ont eu deux enfants : Pavel Kogan et Nina Kogan. Pavel (né en 1954) est comme son père devenu violoniste, de même que son propre fils Dimitri Kogan (né en 1978).
Nina (née en 1954) est devenue pianiste et a souvent joué avec son père jusqu'à sa mort prématurée en 1982. Sa fille Victoria Korcinska-Kogan (née en 1978) est elle aussi une pianiste.
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vizZ

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Date d'inscription : 22/03/2009

MessageSujet: Re: Leonid Kogan    Dim 3 Mai - 21:00

Merci pour tes remarques Joachim. J'ai rectifié la date de décès d'Elisabeth Guilels. Je viens de réécouter son enregistrement du concerto pour violon de Mendelssohn avec Constantin Silvestri paru chez Testament. Une pure merveille !!
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MessageSujet: Re: Leonid Kogan    

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Leonid Kogan
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