Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Louis de CAIX d'HERVELOIS (1677-1759)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Louis de CAIX d'HERVELOIS (1677-1759)   Jeu 12 Mar - 19:59

Louis de Caix d'Hervelois (parfois écrit Hevelois, mais en réalité Dervelois) est un compositeur baroque français né à Ainval (Somme) en septembre 1677 et mort à Paris le 17 octobre 1759, ayant exclusivement composé pour la viole de gambe.

Jusqu'à récemment, parler de Louis de Caix d’Hervelois tenait en réalité de la gageure tant les informations sur sa vie et sa carrière restaient très approximatives. Si les récentes recherches tendaient à le faire naître "vers" 1680 à Amiens, on sait désormais qu’il naquit dans la Somme, à Ainval. Les lacunes des archives sur cette période empêchent d'en préciser la date, mais il était originaire de la paroisse Saint Martin et que ses parents, Louis d'Hervelois - en fait Dervelois, maître charpentier - et Marie de Caix, étaient décédés dès 1714. "Louis d'Hervelois de Caix", manière dont le compositeur signait en réalité, était ainsi le cousin issu de germain de François Joseph, ordinaire de la musique de la chapelle et de la chambre du roi qui donna la branche "lyonnaise" des de Caix.

Louis s’éteignit à Paris le 17 octobre 1759, dans l'une de ses maisons, sise rue du Jour, face au portail de l’église Saint-Eustache où il résidait depuis plus de trente ans. Les scellés qui furent apposés sur sa porte permirent, selon la tradition, d’effectuer son inventaire après décès lequel révéla la présence de quelques d’objets de valeur et de trente violes de gambes de différents facteurs, partiellement ou totalement montées. Comme bon nombre de ses contemporains, ce sont finalement les éditions de ses œuvres qui nous apporteront les maigres éléments chronologiques permettant d’affiner le déroulement de sa vie.

On sait, par l’édition de son second Livre de pièces de viole, que le jeune Louis XV lui accorda en novembre 1719 la permission "de faire imprimer et graver et donner au public divers ouvrages de Musique, tant vocale qu’instrumentale, et pour la basse de Viole à deux, ou plusieurs parties", et ce pour neuf années consécutives. Visiblement, Caix d’Hervelois ne fit renouveler ce privilège pour six ans qu’en juillet 1731 à l’occasion de sa troisième œuvre. On perd ensuite la trace de nouveaux privilèges malgré la publication du Quatrième Livre en 1740 puis du Cinquième en 1748. Il poursuivit néanmoins sa production en 1751 et 1753 avec deux recueils de pièces pour par-dessus de viole. Toutefois, si l’on pense qu’il fit circuler dès 1712 un manuscrit de pièces de viole (perdu), certains les musicologues datent par tradition le premier livre de Caix d’Hervelois vers 1715. À cette époque, l’auteur résidait déjà rue Saint-Sauveur à Paris (actuelle rue Léopold-Bellan), entre la rue Montorgueil et la rue Saint-Denis. Cinq ans plus tard, il se trouve "rue des Prouvelles près Saint-Eustache". Après un court épisode "rue de l’arbre sec, dans une porte cochère vis-à-vis un Notaire", en 1726, on pouvait désormais le rencontrer, en 1731, rue du Jour, devant le parvis de Saint-Eustache, "à la tour d’or", "chez un Horlogeur" puis "au cigne de la croix". Ces quelques adresses, loin de dénoter un caractère instable, suivent simplement le prix de l’immobilier, elles prouvent que le compositeur resta toujours fidèle à ce quartier traditionnel d’artistes, compris entre la rue Saint-Honoré et l’église des Halles. Foisonnant, très animé, privilégiant la création, cet ensemble abritait danseurs, musiciens, peintres et surtout commerçants à l’exemple du célèbre marchand de partitions François Boivin (mort en 1733) et plus tard de sa veuve Elisabeth Catherine Ballard (morte en 1776), résidant "à la règle d’or". Si Caix d’Hervelois s’installe bien vite rue du Jour c’est qu’il y rejoint son ami de toujours, Joseph Bodin de Boismortier, lorrain de naissance, catalan de cœur et parisien bien en place depuis 1723. Ce dernier, l’un des auteurs les plus féconds du xviiie siècle, parfaitement au fait des goûts et des tendances du moment, fut sans doute pour beaucoup dans l’évolution du style du gambiste.


Ses œuvres

Si l’on ne sait finalement pas de qui Caix d’Hervelois tenait ses talents pour la viole et si certains ont logiquement avancé le nom prestigieux de Marin Marais par simple analogie stylistique avec certaines pièces, nous pensons que le compositeur ne dut à son prédécesseur, musicien du roi, qu’une vague inspiration bien légitime à cette époque. En effet, dans ses deux premiers Livres, et bien qu’il emprunte encore à Marais son goût pour les vastes pièces de caractère héritées du siècle précédent (La Magnifique), Caix d’Hervelois s’émancipe déjà et oriente son inspiration vers ce qu’on s’accordera à appeler "la petite manière" (La Séjournant). La Régence de Philippe d’Orléans au Palais-Royal tout proche puis, les espérances de liberté qu’engendre alors l’accession au pouvoir, en 1723, du jeune Louis XV, allaient bientôt voir l’émergence d’un style nouveau, axé sur les plaisirs, la fugacité et la sophistication des décors. Étoffes, meubles, demeures… tout se transforme désormais en intime, en préciosité exempte pourtant d’affects trop appuyés. La musique suit cette tendance en livrant des mouvements plus courts, plus descriptifs encore, proches du sentiment humain et s’inspirant, tels La Tourterelle ou Le Papillon, d’un formidable engouement pour le naturalisme lequel verra son apothéose sous les Lumières avec Georges Buffon.


La Tourterelle
À l’exemple de Charles Dollé, Jacques Morel (compositeur), Roland Marais ou d’Antoine Forqueray même, on ressent dans ces années 1720-1730, une vigueur de ton, une prédilection pour les effets spectaculaires qui vient concurrencer bien souvent l’esprit pastoral et populaire avec lequel les auteurs composent sans relâche. N’est-on pas en pleine période de "frous-frous" ? Hyacinthe Rigaud, peintre non officiel de la cour ne représente-t-il pas le marquis de Gueidan en étonnant joueur de musette, paré de tous les pompons et broderies possibles ? Jean-François de Troy, digne fils de son portraitiste de père, ne se plaît-il pas à rendre avec virtuosité les soieries surbrodées et non moins somptueuses des robes des Languissantes, et sous lesquelles on devine la pointe espiègle de prodigieux souliers de satin ? Nicolas de Largillierre ne décore-t-il pas sa demeure de la rue Geoffroy-Langevin d’étonnants trompe-l’œil où se mêlent décor de théâtre, festons et animaux amusés ? L’extraordinaire vigueur des pièces de viole de Dollé ou d’Antoine Forqueray le père, surnommé "le diable" se retrouve certes avec moins d’audace chez Caix d’Hervelois mais tout autant d’intelligence. Ainsi, le Livre V (1748) dont est issue la suite en mi mineur (initialement à deux violes) s’avère être un habile mélange de douceur et de fougue à l’exemple de sa Courante aux motifs déroulants. Mais bien vite Caix d’Hervelois imite les effets de vielle à roue très en vogue à la cour puisque la reine Marie Leszczynska jouait parfaitement de cet instrument. Alors que La Badine figure avec exactitude l’esprit de la conversation, "esprit particulier qui consiste dans des raisonnements et déraisonnements courts" selon Montesquieu ou davantage destiné "à en montrer beaucoup qu’à en faire trouver aux autres" selon La Bruyère, on retrouvera toute la force d’effets descriptifs dans une étonnante Guitare.

Ces effets descriptifs justement, atteignent leur apogée dans La Russienne, pièce sans doute destinée à saluer la venue du czar Pierre le Grand à Paris en 1717, et initiée quelques années auparavant par la fameuse Marche du Czar (Livre II). Dans ce dernier livre est d’ailleurs comprise La Couprin, agréable moment empreint de douceur en guise d’hommage à François Couperin, sans nul doute. Quant à La Quinson, et selon une tradition héritée de Marais et de Michel de La Barre à peindre les caractères, elle fait sans nul doute référence à Roch Quinson, puissant marchand d’étoffes de soie, bourgeois puis échevin de Lyon entre 1729 et 1730. Ce détail est loin d’être anodin car il ramène ici le chercheur à la capitale des Gaules où est attestée la présence d’une famille de joueur de viole, les de Caix… Son plus illustre représentant, François-Joseph de Caix (1677-1760), vint à Paris avec ses enfants, tous musiciens, dans les années 1730 justement. Son fils aîné, Barthélémy de Caix (né en 1716) enseignera le dessus de viole à l’une des filles de Louis XV, Sophie Philippe Élisabeth Justine de France, dite "Madame Sophie", aux alentours de 1740. Quant à la fille aînée de François-Joseph, Marie-Anne Ursule de Caix (1715-1751), elle prouva également ses talents sur la viole. Et nous retrouvons ici Louis de Caix d’Hervelois puisqu’il inclut à la troisième suite du Livre V une fort jolie pièce intitulée La Marie-Anne de Caix, la nièce issue du cousin germain du compositeur...

Oeuvres

1710: Premier livre de pièces de viole avec la basse
1719: Second livre de pièces de viole avec la basse
1726: Pièces pour la flûte traversière avec la basse
1731: Quatre suites de pièces pour la viole avec la basse chiffrée en partitions
1731: Deuxième recueil de pièces pour la flûte avec la basse
1736: IV Suites pour la flûte avec la basse qui conviennent aussi au pardessus de viole
1740: 4e Livre de pièces à deux violes contenant deux suites et trois sonates
1748: 5e Livre de pièces à deux violes contenant trois suites et deux sonates
1751: VIe Livre de pièces pour un pardessus de viole à 5 cordes et 6 cordes avec la basse, contenant 3 suites qui peuvent se jouer sur la flûte.

https://www.youtube.com/watch?v=6kIMxnOhlzo&spfreload=10

Revenir en haut Aller en bas
 
Louis de CAIX d'HERVELOIS (1677-1759)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les compositeurs-
Sauter vers: