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 Harvey SOLLBERGER, né en 1938

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Icare
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MessageSujet: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   Dim 11 Jan - 19:24

La musique de Harvey Sollberger est pour moi une totale découverte. Les deux oeuvres que j'aurai donc découvertes aujourd'hui sont Spillville pour flûte, alto et guitare et Peharps Gilead pour flûte, guitare et quatuor à cordes. La première oeuvre est très enjouée, du moins dans son premier mouvement où la flûte virevolte allègrement. La musique semble cependant aller dans plusieurs directions sans cohérence apparente. On y saisit une flagrante référence au Sacre du Printemps de Stravinsky à un moment donné avant que la musique ne parte vers autre chose. Le tout début du premier mouvement s'articule autour des effets répétés de la flûte, une guitare douce et les pizzicati de l'alto. Une mélodie se dessine, semble s'extraire d'une fable ou d'une romance, ou plutôt d'un jardin fleuri survolé par des papillons multicolores. C'est la naissance du printemps et c'est en quoi la citation du Sacre de Stravinsky est un clin d'oeil d'un compositeur à un autre. La flûte est chantante et n'entame-t-elle pas avec la complicité de la guitare et l'alto une sorte de danse paysanne. Il y a des passages plus tendres et rêveurs et, globalement, si la musique ne se meut jamais dans une ligne régulière, sur un même tempo très longtemps, l'humeur est toujours printanière et optimiste alors que la flûte ne perd jamais vraiment sa place de meneuse: elle mène le chant et la danse jusqu'au bout de l'oeuvre. Une sorte de danse irlandaise ouvre le quatrième mouvement qui, comme le cinquième, n'atteint pas les deux minutes. Ce dernier est d'ailleurs d'une énergie très volatile. Le sixième mouvement est d'une grande douceur, comme un petit brin d'air affable qui caresse la joue des promeneurs. Le septième et dernier mouvement donne une nouvelle dynamique à Spillville sur le rythme d'une danse pleine d'énergie qui respire la vie.

Peharps Gilead pour flûte, guitare et quatuor à cordes est une oeuvre très différente, plus sombre et contemporaine. au début, la guitare est un peu utilisée comme le biwa dans certaines compositions de Toru takemitsu, des sons cinglants projetés furtivement. Progressivement, les cordes installent une ambiance tourmentée et crispée, vaguement arrondie et adoucie par une flûte qui tente d'asseoir sa propre voix. Elle joue d'égal à égal avec le quatuor alors que la guitare se résigne à un jeu d'appui secondaire. Lorsque les cordes montent dans l'aigu, la flûte finit par s'éteindre sous les accords secs de la guitare. Arrive alors le second mouvement qui est aussi le meilleur moment musical (à mon goût) des deux oeuvres réunies ici. Cela ne signifie pas que la musique s'éclaire. Non, au contraire, elle est encore plus sombre, plus pessimiste, sinistre dirait Laudec...Elle est surtout obsessionnelle et chaotique, violente et âpre. Les cordes s'y donnent à coeur-joie avec intensité pendant que la flûte tente d'imposer sa différence même si son humeur n'est pas forcément en opposition avec le quatuor. La guitare conserve son rôle secondaire par un jeu plus minimaliste. Le ton finit par changer lorsqu'une espèce de danse médiévale, lente, se dessine et tente de résister aux turbulences et aux incursions d'éléments musicaux étrangers et destabilisants. Le troisième et dernier mouvement démarre sur un thème mélodique tendre et apaisant, laissant pressentir une musique plus sereine, s'accordant même un passage bon enfant porté par la flûte solo. La mélodie possède un charme naïf, pourrait être une berceuse issue d'un conte de fée. La musique devient de plus en plus chaleureuse avec des cordes emmenées par un violoncelle romantique et amoureux. C'est juste avant le sursaut de la flûte et qu'une nouvelle danse emporte tous les instruments dans un même élan conciliateur. La musique aurait pu s'arrêter là, dans cette joie revenue, mais prend une forme plus hésitante et interrogative...errante... elle se désintègre lentement, invitant le silence à l'ensevelir définitivement.


Dernière édition par Icare le Mar 14 Juin - 19:23, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   Dim 11 Jan - 19:43


Eléments biographiques:

Harvey Sollberger est un compositeur, chef d'orchestre et flûtiste qui a été actif dans de nombreux centres de musique du monde. Il est né à Cedar Rapids, Iowa, en 1938, et est diplômé de l'Université de l'Iowa et de l'Université de Columbia. Les interprètes de sa musique ont inclus Pierre Boulez, Gunther Schuller, Bruno Maderna, le New York Philharmonic, l'Orchestre symphonique de San Francisco, Tanglewood, et un large éventail d'ensembles de musique contemporaine et festivals internationaux. Sollberger a reçu un soutien sous la forme du prix de l'Institut Américain des Arts et des Lettres, deux bourses Guggenheim et diverses commissions (Koussevitzky, Naumberg, Fromm, l'AEN). Il a co-fondé le groupe de musique contemporaine en 1962, et par la suite conduit des ensembles de musique nouvelle à la Manhattan School of Music, l'Université de l'Indiana et l'Université de Californie, San Diego, en plus d'être directeur musical de La Jolla Symphony & Choir de 1997 à 2005. En tant qu'interprète, il a donné les Premières d'œuvres de Babbitt, Carter, Davidovsky, Felder, Martino, Perle, Reynolds et Wuorinen, et les premières américaines de musique de Feldman, Holler, Risset, Scelsi, Schnittke, Stockhausen, Tiensuu et Xenakis. Sa discographie s'élève actuellement à plus de 130 articles.
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Icare
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MessageSujet: Re: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   Lun 12 Jan - 19:19

Si cette musique de chambre de Harvey Sollberger m'a séduit dans sa globalité, avec une préférence pour la seconde oeuvre Peharps Gilead, j'ai oublié de mentionner la belle interprétation de l'ensemble de musiciens réunis sous le sigle Red Cedar chamber Music, dans ce cas précis Jan Boland, flûte, John Dowdall, guitare, Anthony Devraye, alto, Miera Kim, violon, Nancy McFarland Gand, violon, Lisa Ponton, alto et Carey Bastian, violoncelle.
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Icare
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MessageSujet: Re: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   Mar 14 Juin - 19:31

Icare a écrit:
Si cette musique de chambre de Harvey Sollberger m'a séduit dans sa globalité, avec une préférence pour la seconde oeuvre Peharps Gilead, j'ai oublié de mentionner la belle interprétation de l'ensemble de musiciens réunis sous le sigle Red Cedar chamber Music, dans ce cas précis Jan Boland, flûte, John Dowdall, guitare, Anthony Devraye, alto, Miera Kim, violon, Nancy McFarland Gand, violon, Lisa Ponton, alto et Carey Bastian, violoncelle.

Et ce n'est pas une nouvelle écoute qui m'aura fait changer d'avis! De la bien bonne musique de chambre. Very Happy
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laudec

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MessageSujet: Re: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   Mer 15 Juin - 15:12

Citation :
La musique de Harvey Sollberger est pour moi une totale découverte. Les deux oeuvres que j'aurai donc découvertes aujourd'hui sont Spillville pour flûte, alto et guitare et Peharps Gilead pour flûte, guitare et quatuor à cordes.


Totale découverte pour moi aussi et très agréable  Wink
J'ai trouvé quelques mouvements de Spillville sur yt et j'ai appris qu'au départ, Harvey Sollberger avait été sollicité parmi 15 compositeurs par le Red Cedar Chamber Music pour composer chacun une minute d'hommage à Dvorak pour le 100ième anniversaire de sa mort en 2004 (Spillville Variations on a Theme by Dvorak).

En 2006, Harvey Sollberger a développé ce moment-là  pour en faire une suite en s'inspirant des 4 mouvements de l'"American Quartet" de Dvorak.  Harvey Sollberger lui donna le titre de Spillville, ville où vivait Dvorak lors de la composition de l'"American Quartet" (1893).

Le thème du scherzo fut inspiré à Dvorak par le chant du "Scarlet Tanager" (tangara écarlate), qu'il entendit chanter lors d'une promenade sur les rives du Turkey River à Spillville.  
Sollberger inclura également trois arrangements de chants folkloriques tchèques comme interludes ou sérénades entre les mouvements principaux de l’œuvre.
Voici un mouvement de cette suite :  "Far from Home"


https://youtu.be/oCf8eaE1LNw

Très beau
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MessageSujet: Re: Harvey SOLLBERGER, né en 1938   

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