Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
-25%
Le deal à ne pas rater :
Nouveaux écouteurs Apple AirPods 2 au meilleur prix
133.90 € 179 €
Voir le deal

 

 Carter BURWELL

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2014-09-19, 09:52

Eléments biographiques:

Carter Burwell est un compositeur américain principalement connu pour sa musique de film. Il est né le 8 novembre 1955, à New York City. Il est le fils de Natalie (née Benoît), un professeur de mathématiques, et Charles Burwell qui a fondé Thaibok Tissus, Ltd. Il est diplômé de l'École de Stamford, Connecticut , et du Harvard College où il était un dessinateur pour Le Harvard Lampoon . En tant que compositeur de film, Burwell a eu une relation privilégiée avec les frères Coen , fournissant de la musique pour tous les films qu'ils ont fait (sauf pour O Brother, Where Art Thou? , où il a fourni la musique supplémentaire pour une vingtaine de chansons traditionnelles produites par T-Bone Burnett ). Il aime travailler avec des réalisateurs et cinéastes de la trempe de Spike Jonze . Parmi ses meilleures musiques de films, on trouve Crossing Miller (1990), Conspiracy Theory (1997), Hamlet (2000), La Prisonnière espagnole (1997), Rob Roy (1995), In Bruges (2008), Crépuscule (2008) Where The Wild Things Are (2009), The Blind Side (2009), et Breaking Dawn Part 1 (2011). Burwell a écrit et enregistré la bande originale du film The Bourne Identity , mais sa partition a été remplacée à la demande du  réalisateur Doug Liman pour celle de John Powell.

En fin de compte la philosophie du mouvement punk rock auquel Carter Burwell fit partie, lui a donné l'élan nécessaire pour commencer à jouer. Il s'exécuta à New York avec plusieurs groupes, notamment The Same et Radiante. Burwell a joué dans Thick Pigeon avec Stanton Miranda ; le groupe a alors sorti deux albums. Sur la bande son de Burwell pour Psycho III , Stanton Miranda était un chanteur vedette. En 1986, il avait composé la musique d'un spectacle de danse, RAB, dont la première eut lieu au Festival d'Avignon. Dans le même temps, il était en tournée dans le monde entier avec "Harmonic Choir", le groupe vocal expérimental de David Hykes qui se spécialise dans le chant diphonique.
Son travail alterne entre la performance live, la danse, les commandes pour le théâtre et le cinéma. Son opéra de chambre "The Celestial Alphabet" a été présenté à New York en 1991 et d'autres pièces de théâtre comprennent "Mère" (1994) et «Chapitres de Lucia" (2007), à la fois avec le groupe de théâtre expérimental Mabou Mines .

En Avril 2005, Burwell compose et dirige la musique, interprétée par la parabole Ensemble, pour les jeux "toubib", écrit et réalisé par les frères Coen , "l'espoir quitte le théâtre" écrit et réalisé par Charlie Kaufman et "Anomalisa" écrit et réalisé par Francis Fregoli. Ce fut un segment du Théâtre qui a débuté à Saint- Warehouse Ann à Brooklyn, NY avec le soutien de la radio satellite Sirius , United Talent Agency et Sony Pictures. Il a également été réalisé au "Royal Festival Hall" à Londres et dans le cadre du Festival de l'UCLA en direct de Los Angeles.


Dernière édition par Icare le 2014-09-19, 10:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2014-09-19, 10:07

Je viens d'écouter en cette belle matinée ensoleillée une très jolie partition de Carter Burwell composée pour le film de Michaël Caton-Jones, Rob Roy sorti sur grand écran en 1995. L'histoire se déroule au XVIIIè siècle, dans les Highlands. Robert MacGregor, dit Rob Roy, chef d'un clan de deux cents villageois, a été escroqué et volé par l'intendant du Marquis de Montrose. C'est alors que débute sa lutte contre une aristocratie félonne et corrompue. Le film est épique avec une photographie sur des paysages magnifiques, des combats, des duels à mort mais aussi du romantisme et de la mélancolie. La musique de Burwell répond à toutes ces caractéristiques par un lyrisme et un sens de la retenue qui lui sont propres. On y trouve la très belle voix de Karen Matheson mais aussi la cornemuse irlandaise du fameux Davy Spillane. Là aussi les mélodies sont belles, notamment celle qui illumine le thème prinpal de facture très romantique. Carter Burwell a composé pas mal de musiques de films qui me plaisent beaucoup, même si je l'avais un peu abandonné, ces dernières années. J'ai bien de quoi, à domicile, lui consacrer un cycle entier, histoire de me plonger à nouveau dans un monde sonore aussi singulier que le sien. Carter BURWELL 333455 Carter BURWELL 333455

PS: En préparant la biographie, je me suis aperçu qu'il avait composé un opéra de chambre que j'aimerais bien découvrir un jour.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2016-07-22, 19:18

Aujourd'hui, je me suis remis entre les oreilles une musique de Carter Burwell pour un film très sympathique que je connais bien; Simone. En même temps, il y a un bail que je n'avais pas réécouté cette attachante B.O.. qui a sa part de romantisme et même d'onirisme. Pour moi, elle s'articule autour de deux thèmes principaux qui ne trouvent pas leur développement dès la première exposition. J'aime beaucoup les percussions et la construction du premier des deux (dans l'ordre d'apparition). Ce qui me gêne souvent dans l'approche thématique de Carter Burwell, c'est le côté "échantillon", ces morceaux très courts que je voudrais plus développés. Parallèlement, cette caractéristique contribue à son style si reconnaissable. Il est capable d'instaurer beaucoup de matière et d'intensité dans un morceau de moins d'une minute...et tellement de sa personnalité!  C'est une musique qui semble se construire et prendre un réel visage au fil des plages. C'est d'ailleurs ce qui se passe avec Simone, partition pour un orchestre de moyenne envergure auquel se greffe avec délicatesse une pointe d'électronique, trahissant de manière onirique la réalité virtuelle du personnage principal joué par Catherine Keener.
Très heureux d'avoir croisé à nouveau l'univers si personnel de Carter Burwell.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2017-07-09, 18:26


Adaptation est un film américain de Spike Jonze sorti en 2003. Écrit par Charlie Kaufman, il réunit Nicolas Cage, Meryl Streep et Chris Cooper. Adaptation, comme son titre l'indique, traite de l'adaptation cinématographique d'une œuvre littéraire et des atermoiements du scénariste qui y est employé, sombrant dans une crise existentielle. Le principe narratif du film repose sur les deux figures de style que sont la mise en abyme et l'allégorie. Puis, c'est aussi un film sur le cinéma.

Le thème du film:

Charlie Kaufman, heureux scénariste de Dans la peau de John Malkovich et fort de ce succès, vient de se voir confier l'adaptation du livre Le Voleur d'orchidées. Le roman est signé de la journaliste Susan Orlean et inspiré de son enquête sur un collectionneur et chasseur d'orchidées rares. Séduit par l'idée de tirer du livre un scénario original, Charlie Kaufman se met au travail mais confronté à la page blanche, il finit bientôt par se perdre dans la meilleure façon d'adapter l'histoire.

La composition de la B.O. fut confiée à Carter Burwell qui est également le compositeur qui avait écrit la très judicieuse partition de Dans la peau de John Malkovich. A mon avis, ce fut un excellent choix car il est fort probable qu'il s'agisse là de l'un de ses meilleurs efforts pour le Septième Art. Il nous régale avec ses thèmes entêtants d'une simplicité trompeuse, ses combinaisons instrumentales atypiques: il réunit à cet effet onze violons, quatre altos, trois violoncelles, une contrebasse, une basse électrique, celle de John Patitucci qui avait aussi collaboré sur la B.O. que Dave Grusin composa pour le film de Sydney Pollack, Random Hearts, une harpe, le cor anglais de Shelly Woodworth qui illumine de sa voix céleste quelques plages, un piano, un célesta, des percussions, l'un des deux percussionnistes n'est autre que Gordon Gottlied, des guitares, synthés & samplers réalisés par le compositeur lui-même. Les sonorités extirpées de cet ensemble sont originales et hypnotiques, au service d'une musique intimiste et pertinente qui semble fouiller les tréfonds de l'âme humaine. Tout ce que j'aime dans la musique de film!
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 19894
Age : 74
Date d'inscription : 19/08/2006

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2017-09-19, 12:13

J'ai regardé hier soir sur France 3 le western True Grit (2010) qui raconte l'histoire d'une ado de 14 ans qui recherche l'assassin de son père avec l'aide d'un marshal borgne et alcoolique (c'est une autre version du True Grit de 1969 avec John Wayne intitulé en français Cent dollars pour un shérif, alors que la véritable traduction de true grit serait le Vrai Courage). J'ai trouvé que la musique était belle.

Revenir en haut Aller en bas
Amoulette



Nombre de messages : 2
Age : 35
Date d'inscription : 04/10/2017

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2017-10-05, 12:15

Merci pour ce travail biographique.

Quelles sont vos sources ? Vous semblez passionné par ce personnage :)
Revenir en haut Aller en bas
http://www.123top-audio.com/marques/casque-beats/
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2017-10-05, 12:34

Bienvenue Amoulette!

Pour la biographie elle-même, en tête du topic, c'est un mélange de Wikipedia anglais que j'ai tenté de traduire et de renseignements que j'ai traduits de l'anglais et que l'on trouve dans les fascicules de certains de mes cd, une quinzaine au total. Sinon, pour ce qui est des commentaires suivants, ce sont surtout des impressions personnelles. Est-ce que nous sommes passionnés par ce compositeur? De tous les intervenants qui participent à ce forum, je suis sans doute celui qui s'intéresse le plus à ce compositeur, même si j'avoue l'avoir un peu délaissé ces dernières années, d'ailleurs sans raison particulière. Je trouve que, parmi les compositeurs américains de sa génération écrivant pour l'image, il a une approche assez singulière et intéressante.
Revenir en haut Aller en bas
vincent.piot

vincent.piot

Nombre de messages : 331
Age : 43
Date d'inscription : 11/04/2007

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2017-10-07, 12:20

Liste des compositions musicales de Carter Burwell pour le cinéma :

Années 1980
1984 : Sang pour sang (Blood Simple) des frères Coen
1986 : Psychose 3 (Psychose III) d'Anthony Perkins
1987 : Arizona Junior (Raising Arizona) des frères Coen
1988 : Pass the Ammo de David Beaird
1988 : The Beat de Paul Mones
1988 : It Takes Two de David Beaird
1989 : Checking Out de David Leland
Années 1990
1990 : Miller's Crossing des frères Coen
1991 : Barton Fink des frères Coen
1991 : Scorchers de David Beaird
1991 : Doc Hollywood de Michael Caton-Jones
1992 : Buffy, tueuse de vampires (Buffy the Vampire Slayer) de Fran Rubel Kuzui
1992 : Waterland de Stephen Gyllenhaal
1992 : Storyville de Mark Frost
1993 : Blessures secrètes (This Boy's Life) de Michael Caton-Jones
1993 : Kalifornia de Dominic Sena
1993 : Une femme dangereuse (A Dangerous Woman) de Stephen Gyllenhaal
1993 : Wayne's World 2 de Stephen Surjik
1994 : Le Grand Saut (The Hudsucker Proxy) des frères Coen
1994 : Milliardaire malgré lui (It Could Happen to You) de Andrew Bergman
1994 : Radio Rebels (Airheads) de Michael Lehmann
1995 : Duo mortel (Bad Company) de Damian Harris
1995 : Rob Roy de Michael Caton-Jones
1995 : Dingo et Max (A Goofy Movie) de Kevin Lima
1995 : Instant de bonheur (Two Bits) de James Foley
1996 : Fargo des frères Coen
1996 : Fear de James Foley
1996 : Bienvenue chez Joe (Joe's Apartment) de John Payson
1996 : L'Héritage de la haine (The Chamber) de James Foley
1997 : Trait pour trait (Picture Perfect) de Glenn Gordon Caron
1997 : Assassin(s) de Mathieu Kassovitz
1997 : Complots (Conspiracy Theory) de Richard Donner
1997 : Kansas Blues (The Locusts) de John Patrick Kelley
1997 : La Prisonnière espagnole (The Spanish Prisoner) de David Mamet
1997 : Le Chacal (The Jackal) de Michael Caton-Jones
1998 : Ni dieux ni démons (Gods and Monsters) de Bill Condon
1998 : The Big Lebowski des frères Coen
1998 : Velvet Goldmine de Todd Haynes
1998 : The Hi-Lo Country de Stephen Frears
1999 : Le Corrupteur (The Corruptor) de James Foley
1999 : Le Déshonneur d'Elisabeth Campbell (The General's Daughter) de Simon West
1999 : Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich) de Spike Jonze
1999 : Les Rois du désert (Three Kings) de David O. Russell
1999 : Mystery, Alaska de Jay Roach
Années 2000
2000 : O'Brother (O'Brother Where Art Thou?) des frères Coen (musique additionnelle)
2000 : Hamlet de Michael Almereyda
2000 : De quelle planète viens-tu? (What Planet Are You From?) de Mike Nichols
2000 : Avant la nuit (Before Night Falls) de Julian Schnabel
2000 : Blair Witch 2 : Le Livre des ombres (Book of Shadows: Blair Witch 2) de Joe Berlinger
2001 : Chevalier (A Knight's Tale) de Brian Helgeland
2001 : The Barber (The Man Who Wasn't There) des frères Coen
2002 : Rêve de champion (The Rookie) de John Lee Hancock
2002 : Searching for Paradise de Myra Paci
2002 : S1m0ne de Andrew Niccol
2002 : Adaptation. de Spike Jonze
2003 : Intolérable Cruauté (Intolerable Cruelty) des frères Coen
2004 : Ladykillers (The Ladykillers) des frères Coen
2004 : Alamo (The Alamo) de John Lee Hancock
2004 : Dr Kinsey (Kinsey) de Bill Condon
2006 : Faussaire (The Hoax) de Lasse Hallstrom
2006 : Fur : Un portrait imaginaire de Diane Arbus (Fur: An Imaginary Portrait of Diane Arbus) de Steven Shainberg
2007 : No Country for Old Men des frères Coen
2007 : 7 h 58 ce samedi-là (Before the Devil Knows You're Dead) de Sidney Lumet
2008 : Bons baisers de Bruges (In Bruges) de Martin McDonagh
2008 : Burn After Reading des frères Coen
2009 : Twilight, chapitre I : Fascination (Twilight) de Catherine Hardwicke
2009 : A Serious Man des frères Coen
2009 : Max et les Maximonstres (Where the Wild Things Are) de Spike Jonze
2009 : The Blind Side de John Lee Hancock
Années 2010
2010 : Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman
2010 : Tout va bien ! The Kids Are All Right (The Kids Are All Right) de Lisa Cholodenko
2010 : True Grit des frères Coen
2011 : Twilight, chapitre IV : Révélation 1re Partie (The Twilight Saga: Breaking Dawn - Part 1) de Bill Condon
2012 : Twilight, chapitre V : Révélation 2e Partie (The Twilight Saga: Breaking Dawn - Part 2) de Bill Condon
2013 : Sept psychopathes (Seven Psychopaths) de Martin McDonagh
2013 : Le Cinquième Pouvoir (Fifth Estate) de Bill Condon
2015 : Mr. Holmes de Bill Condon
2015 : Carol de Todd Haynes
2015 : Legend de Brian Helgeland
2015 : Anomalisa de Duke Johnson et Charlie Kaufman
2015 : La Famille Fang (The Family Fang) de Jason Bateman
2016 : The Finest Hours de Craig Gillespie
2016 : Ave, César ! (Hail, Caesar!) de Joel et Ethan Coen
2016 : Le Fondateur (The Founder) de John Lee Hancock
2017 : Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh
2017 : Le Musée des Merveilles (Wonderstruck) de Todd Haynes
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2018-05-16, 21:00

joachim a écrit:
J'ai regardé hier soir sur France 3 le western True Grit (2010) qui raconte l'histoire d'une ado de 14 ans qui recherche l'assassin de son père avec l'aide d'un marshal borgne et alcoolique (c'est une autre version du True Grit de 1969 avec John Wayne intitulé en français Cent dollars pour un shérif, alors que la véritable traduction de true grit serait le Vrai Courage). J'ai trouvé que la musique était belle.

Je n'ai pas vu le film mais j'avais écouté un peu de sa musique que j'avais trouvé fort séduisante. Malheureusement, j'avais laissé passer l'album et je ne le trouve plus depuis. Aujourd'hui, j'ai écouté une autre belle musique de Carter Burwell, composée pour un film de Brian Helgeland intitulé A Knight's Tale - Chevalier (2001). La partition de Burwell fusionne les genres, musique ancienne, pop, symphonique, avec des lignes mélodiques d'un genre rustique et si accrocheuses en même temps. Le style du compositeur, comme toujours, y est très reconnaissable, mais sans avoir jusqu'à cette B.O. l'impression de redondance.

Chevalier est un film américain de Brian Helgeland sorti en 2001. Heath Ledger y interprète son premier rôle en tant que tête d'affiche. Le film Chevalier montre comment un individu d'extraction modeste peut être anobli pour son courage et sa générosité. Au Moyen Âge, on ne peut accéder au rang de chevalier que si l'on est déjà de noble extraction. Modeste écuyer anglais, William n'ignore rien de cet usage mais cela ne l'empêche pas de rêver à une meilleure condition. Aussi, lorsque son seigneur vient à trépasser au cours d'une joute, le jeune garçon enfile son armure, et son haume pour ne pas être reconnu, prêt à combattre et affronter un destin glorieux. Avec l'aide de ses fidèles amis, Roland le raisonnable, Wat un fier bagarreur, et Geoffrey Chaucer, un écrivain itinérant et joueur impénitent, William se forge de toutes pièces un passé noble, une généalogie flatteuse et une nouvelle identité avec l'aide précieuse de Geoffrey qui utilise ses compétences d'orateur et de rédacteur pour se faire passer pour un héraut d'armes. C'est sous le nom d'Ulrich von Liechtenstein du Guelderland qu'il se met à jouter à travers toute l'Europe, avec succès. Lors d'un de ses voyages, il découvre Jocelyn, une jeune et jolie aristocrate dont il tombe amoureux mais qui met parfois rudement sa passion à l'épreuve. En se construisant un prestigieux palmarès, il finit par se heurter au seigneur Adhémar, un gentilhomme et chef militaire français, qui joute lui aussi à travers l'Europe. Adhémar est jaloux des succès de William et surtout de l'intérêt que lui porte Jocelyn car il la veut pour femme. Il enquête sur lui, intrigué par ses manières un peu rustres pour un noble de si vieille extraction. Il va finir par découvrir le pot aux roses et faire emprisonner son jeune rival. Mais c'est sans compter avec le nouveau roi d'Angleterre, avec qui William a jouté, qui a vu en lui une âme généreuse et l'anoblit publiquement. William peut courir jouter contre Adhémar, le jeter à terre, le ridiculiser et épouser Jocelyn. Wikipedia.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2018-05-17, 18:20


L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=O9Bw6qIpXUc
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-17, 10:53

Aujourd'hui, j'entame un nouveau cycle qui sera entièrement consacré à la musique de film, lui aussi sous la forme d'un "portraits croisés", comme je l'avais fait précédemment avec Mozart et Enjott Schneider. Pour que ce genre de cycle soit réalisable il me faut avoir à disposition suffisamment d'oeuvres des deux compositeurs américains que j'aurai retenus pour l'occasion: dans ce cas précis, Carter Burwell et Angelo Badalamenti. Il se trouve que j'ai découvert et approfondi ces deux personnalités musicales dans les années 1990 et que j'ai un peu délaissées par la suite, bien que Burwell ait continué de composer régulièrement de la musique de film jusqu'à aujourd'hui. Ce n'est pas que sa musique ait baissé en qualité, je ne connais pas la plupart de ses dernières compositions pour l'image, n'ai même pas vu les derniers films auxquels elles se rapportent. Peut-être me suis-je un peu lassé de son style, c'est difficile à dire car je me suis intéressé à beaucoup d'autres artistes pour lesquels j'ai aussi voués un intérêt durable, c'est-à-dire avec une volonté d'approfondir. C'est donc assez fréquent que je délaisse l'approfondissement d'un compositeur pendant un temps plus ou moins long avant d'y revenir. Ceci étant dit, à tout moment je peux retrouver l'envie de découvrir de nouveaux opus de ces deux compositeurs. En tout cas, dans ma quête musicale des années 1990, Burwell et Badalamenti se partagèrent un bel espace. Ce cycle a justement pour objectif de voir quelles impressions vont me laisser leur musique aujourd'hui, avec le recul de presque trente années écoulées.

J'ai débuté ce "Portraits croisés" avec Gods and Monsters de Carter Burwell. Sous le titre français "Ni Dieu ni Démons", Gods and Monsters est un film américano-britannique réalisé par Bill Condon et sorti dans les salles le 21 janvier 1998. Le film relate les derniers jours du réalisateur James Whale à Hollywood, en 1957,  ainsi que son suicide. Il évoque ses œuvres dont le célèbre Frankenstein, sa participation à la Première Guerre mondiale, son amour de la peinture, sa déchéance physique, à travers les yeux d'un jardinier, Clay Boone, qu'il vient d'embaucher et dont il est tombé amoureux. Dans la musique qu'il composa pour ce film de Bill Condon, je retrouve tous les éléments qui constituent son style hautement reconnaissable autour d'un thème délicat, subtil, sensible, véritable colonne vertébrale de la bande originale, leitmotiv aussi. Pas de grands fracas orchestraux comme le cinéma hollywoodien s'en gargarise parfois, une touche de romantisme et de mélancolie s'appuyant sur une construction mélodique très caractéristique de son auteur, douce, mystérieuse, lancinante, parfois inquiétante, presque méditative par moment, un peu minimaliste mais pas trop, lyrique mais pas trop, son approche musicale continue d'avoir son effet sur moi. Ce cycle démarre bien. J'aime beaucoup ça façon unique de provoquer une émotion en moi, de prendre le temps de la faire germer jusqu'à ce qu'elle fleurisse.

<<Du début au milieu des années 1930, le réalisateur / producteur James Whale jouissait d'une rare autonomie au sein du système de studios hollywoodiens. "The Bride of Frankenstein", "The Old Dark House", "The invisible man" ... si ces films peuvent encore nous surprendre par leur esprit et leur originalité, c'est parce qu'ils reflètent si complètement la personnalité élégante et subversive de leur créateur. Les films de Whale sont pleins d'idiosyncratie et de résistance au cliché. Je pense que c'est aussi une assez bonne description de la musique de film de Carter Burwell. Carter Burwell est, bien sûr, mieux connu pour sa remarquable collaboration avec les frères Coen. Ses partitions révolutionnaires pour des films comme "Raising Arizona", "Miller's Crossing" et "Fargo" ont fait de lui une figure majeure du mouvement cinématographique indépendant des quinze dernières années. C'est cette farouche originalité - ainsi que cette œuvre sensible et discrète pour "And the Band played on" et "Waterland" - qui ont fait de lui le compositeur idéal pour un film sur James Whale.>> Bill Condon, réalisateur - 1998.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-17, 18:51

https://www.youtube.com/watch?v=yw-juxQ5Sj4


J'ai poursuivi l'aventure "Burwell" avec deux de ses collaborations avec les frères Joel & Ethan Coen réunies sur un même disque, Fargo (1996) et Barton Fink (1991). Elles correspondent au début de ma découverte du compositeur, lorsque j'ai commencé à l'approfondir. J'avais tellement été marqué par la beauté singulière et intimiste de And the Band played on à l'époque. Je me demande si je vais revivre la même émotion lorsque je vais la réécouter. Le contraire serait étonnant car je l'ai bien sûr réécoutée plusieurs fois depuis avec un même plaisir. Fargo est un film que j'avais vu à l'époque et qui m'avait beaucoup plus, un film noir, caustique, dont l'action se déroule dans la neige. J'aime beaucoup l'introduction mélodique d'un style un peu ancien et irlandais de la harpe dans le thème d'ouverture qui est aussi le thème principal. Il y a quelque-chose chez Carter Burwell qui l'identifie aussitôt, ce n'est pas juste un son qui est effectivement le sien mais une manière d'amener le thème et de l'échantillonner, c'est à dire de le découper en des variantes plus ou moins succinctes, avant qu'il prenne définitivement son envol sur des morceaux plus développés et souvent solennels: le tout en instaurant un climat, une ambiance particulière, presque inquiétante. Barton Fink est un peu différent et correspond à une collaboration antérieure avec les Frères Coen. Elle présente une même construction caractéristique de son style en jouant davantage sur les silences. Au fur et à mesure, la mélancolie s'installe par un piano plutôt minimaliste très vite perturbé par des effets sonores difficilement identifiables. La manière dont cette B.O. prend forme dans une écoute isolée - je doute qu'on le remarque dans le film - est originale...puis il y a ces quelques notes répétées au piano qui sont un peu le carillon d'une profonde tristesse qui s'instaure: les cordes forment le lien entre les silences et les fragments mélancoliques d'un thème principal qui se dévoilera complètement dans sa version finale.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-18, 08:44

J'aime tellement la construction atypique de cette bande originale qui ne dure que quinze minutes que je la poste ici, même si je me doute bien qu'elle ne plaira pas à tout le monde. Hehe  Certains diront qu'il manque les images du film. C'est souvent ce que l'on entend dire lorsqu'on apprécie pas une musique de film dans une écoute isolée, à tort ou à raison. C'est une réaction de toute façon assez compréhensible selon le rapport et la considération que l'on porte à ce genre musical qui a la particularité d'être associé à un autre art et qu'un certain nombre de cinéphiles-mélomanes ont tendance à juger indissociables sauf exceptions. Ce sont souvent des considérations fondées sur des idées toutes faites, dans lesquelles beaucoup de bandes originales inconsistantes ou particulières, il faut bien le reconnaître, sauront les conforter - là encore à tort ou à raison, c'est selon. Peu importe, j'ai toujours été extrêmement réceptif à la musique dans un film, au point de préférer un film moyen avec une excellente musique ou du moins une musique intéressante, qu'un très bon film avec une mauvaise musique ou une musique qui ne me plait pas, ou encore une musique qui y est très mal utilisée: j'entends par mal utilisée; employée abusivement ou trop sous-exploitée.  

https://www.youtube.com/watch?v=8oRENw7sXPI


Mais ce n'est pas de Barton Fink que je vais parler - j'en ai déjà parlé plus haut - mais d'Hamlet. Voilà un nom que tout le monde connaît. C'est le titre de l'une des pièces les plus célèbres de Shakespeare avec Roméo et Juliette, sauf que la version proposée par le réalisateur Michael Almereyda est une transposition filmique de la pièce dans le monde actuel, début des années 2000, époque où ce film fut réalisé avec Ethan Hawke dans le rôle principal: <<A New York, en l'an 2000. Le président de la compagnie du Danemark Corporation a été retrouvé mort. Claudius, son jeune frère lui succède et épouse Gertrude, la veuve de son frère. Le jeune metteur en scène et fils du défunt président, Hamlet est dans un chagrin profond. Un soir il rencontre le fantôme de son père qui l'informe que Claudius est le responsable de sa mort, le jeune homme entre dans une immense colère et décide de venger le meurtre de son père. Mais pour avoir plus d'informations, décide de simuler la folie, ce qui causera la tristesse de sa fiancée, Ophélie, fille de Polonius.>> C'est une pièce que je connais très bien pour l'avoir étudiée et en avoir seulement joué la partie la plus connue qui est un soliloque "être ou ne pas être". Le soliloque est une de mes spécialités. Very Happy  Le compositeur qui a été choisi pour ce film n'est autre que Carter Burwell qui, selon moi, était un excellent choix dans ce cas précis. Je ne prétendrais évidemment pas que d'autres talentueux compositeurs ne pouvaient pas réaliser une très bonne musique pour ce film d'Almereyda, d'ailleurs Hamlet fut plusieurs fois portés à l'écran: l'une des transcriptions cinématographiques les plus réputées fut celle de Laurence Olivier (1948) sur une musique de William Walton, puis il y a eu Le Prince de Jutland de Gabriel Axel (1994) sur une superbe partition de Per Norgard ou encore la version de Franco Zeffirelli réalisée en 1990 sur une partition également superbe d'Ennio Morricone. Et n'oublions pas Dimitri Chostakovitch qui a composé la musique du film homonyme du cinéaste russe Grigori Kozintsev (1905-1973).

Je pense que Carter Burwell fut un bon choix dans la mesure où son approche, bien que mélodique la plupart du temps, est à la fois assez introvertie et cérébrale. Hamlet est souvent dans la solitude et la réflexion, même dans l'introspection, en proie à cette colère et cette soif de vengeance qui le rongent de l'intérieur. Jusqu'ici, je la considérais malgré tout comme une prestation moyenne du compositeur, mais ce matin, j'ai eu l'agréable impression de l'avoir émotionnellement mieux comprise. Il y a des passages que j'ai vraiment trouvés prenants, avec un usage viscéral du violoncelle.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-18, 22:49

Burn after Reading (2008) est une comédie d'espionnage américano-britannico-française écrite et réalisée par Joel & Ethan Coen et aussi une des nombreuses collaborations entre ces deux réalisateurs et leur compositeur attitré, Carter Burwell, la treizième si j'ai bien compté. Elle fut aussi ma dernière incursion dans son oeuvre. Cette partition se caractérise par un usage prépondérant des percussions qui occupent un rôle majeur durant tout le long de son développement dramatique, pouvant agir quasiment seules ou avec des effets discrets de la contrebasse, ou encore avec l'orchestre. Je pense notamment à un extrait intitulé "Breaking and Entering", peut-être le passage que je trouve le plus intéressant de cette B.O.. J'aurai la curiosité de visionner le film rien que pour voir à quelle scène il correspond, pouvoir ainsi juger de son efficacité à l'image. Il m'arrive parfois quelques déconvenues, du genre que le morceau que j'ai justement retenu sur le disque n'apparaît pas dans le film ou est complètement sous-exploité, soit parce qu'il a été sous-mixé, soit parce que le réalisateur n'en a utilisé qu'un fragment, ce qui conduit à l'inévitable frustration du béophile...Je précise bien "du béophile" car le spectateur lambda n'en a absolument rien à carrer...Hehe...Après tout on est des gens normaux, on va au cinéma pour voir un film et au concert pour écouter une musique, non mais des fois! On n'est pas du genre à tout mélanger. Hehe Sinon pour en revenir à nos espions et à ces percussions qui nous feraient croire qu'ils n'ont pas du tout envie de rire, on ne croirait pas du tout une musique écrite pour une comédie, contrairement à ce qu'il composa six ans plus tôt sur S1m0ne de Andrew Niccol, en 2002. Le seul morceau réellement attendrissant est le "Love Theme" avec une construction mélodique très caractéristique de son auteur qui revient plusieurs fois.

https://www.youtube.com/watch?v=nUyafChCBwY


<<Osbourne Cox, analyste à la CIA, est convoqué à une réunion ultra secrète au quartier général de l'Agence à Arlington, en Virginie. Malheureusement pour lui, il découvre rapidement l'objectif de cette réunion : il est renvoyé. Cox ne prend pas très bien la nouvelle. Il rentre chez lui à Georgetown pour écrire ses mémoires et noyer ses ennuis dans l'alcool - pas nécessairement dans cet ordre. Sa femme, Katie, est consternée, mais pas vraiment surprise. Elle a une liaison avec Harry Pfarrer, un marshal fédéral marié pour qui elle décide alors de quitter Cox. Quelque part dans une banlieue de Washington, à des années-lumière de là, Linda Litzke, employée au club de remise en forme Hardbodies Fitness, a du mal à se concentrer sur son travail. La seule chose qui l'intéresse, c'est l'opération de chirurgie esthétique d'ampleur qu'elle désire subir. Elle compte sur son collègue, Chad Feldheimer, pour faire son boulot à sa place, etc...>>
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-19, 16:53

Aujourd'hui, j'ai réécouté la musique que Carter Burwell a composée pour And the Band Played On/Les Soldats de l'Espérance, un téléfilm américain sorti en 1993 et réalisé par Roger Spottiswoode d'après l'œuvre de Randy Shilts.  Le son très spécifique et si "burwellien" de cette B.O. m'a émotionnellement ramené des années en arrière, au début des années 1990 pour être plus précis. Il ne faudrait pas n'y voir que l'effet de la nostalgie. C'est effectivement La Musique par laquelle j'ai découvert ce compositeur. J'ai toujours eu un goût pour des oeuvres musicales qui n'étaient pas trop lisses ni trop classiques dans la forme, ne m'étaient pas trop prévisibles ou seulement jolies. J'ai toujours été attiré par les compositeurs qui savaient se démarquer du lot, savait expérimenter, même au sein d'un langage tonal: Burwell a régulièrement manifesté au cours de ses compositions pour l'image un attachement à la mélodie tout en la modelant à sa façon qui, elle, ne manque absolument pas d'originalité ni de panache. D'un autre côté, Carter Burwell - c'est aussi vrai pour Angelo Badalamenti même s"il s'agit de deux styles mélodiques (entre autres) qui ne se ressemblent pas, symbolise parfaitement mes aspirations musicales de cette époque: une approche musicale singulière pour une musique en elle-même un peu sombre et tourmentée. Mon intérêt pour les musiques sombres et torturées était presque exclusif durant les années 1990. Il le fut beaucoup moins par la suite, même si j'ai conservé un goût pour l'expérimentation et la singularité, rejetant assez facilement les approches trop conventionnelles ou trop classiques.

Lymph

And the Band Played On m'a aussitôt révélé un thème principal dans une construction et des combinaisons sonores qui le distinguaient de ce qui pouvait provenir de la B.O. américaine qui aimait user des gros scores symphoniques virils et héroïques ou des nappes romantiques chargées de bons sentiments. Sans nier qu'il ait pu y avoir de belles choses dans ce genre plus téléphoné, je découvrais une musique pour une petite formation orchestrale intimiste aux sonorités très étudiées et aux constructions qui ne ressemblaient pas à ce que j'avais entendu auparavant: And the Band Played On devenait alors pour moi la révélation d'un style que j'allais "émotionnellement exploiter" sur plus d'une vingtaine d'opus, jusqu'à Twilight, chapitre I (2009) et Burning after Reading (2008). Hormis un style atypique, des combinaisons instrumentales lumineuses, And the Band Played On c'est aussi l'irrésistible douceur d'une clarinette solo: John Moses.

Synopsis:

<<1980, Ebola en Afrique centrale. Une épidémie de nature inconnue décime le personnel et les malades d'un hôpital de brousse. Don Francis (Donald Pinkston Francis), un jeune virologiste du CDC, l'organisme américain chargé d'analyser les causes et les conséquences des maladies, voit une femme décéder de cette maladie (la maladie à virus Ebola). Quelques mois plus tard, il découvrira une autre maladie tout aussi nouvelle et terrifiante, nommée SIDA.>>
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-20, 10:02


Chez un compositeur qui compose régulièrement pour le cinéma, c'est-à-dire qui y consacre l'essentiel de son activité musicale, va voir son style, son approche, évoluer au rythme des films qu'il met en musique. Pas uniquement bien sûr, mais ce que je veux dire c'est qu'un film peut le ramener à son style propre comme il peut le faire évoluer par la force des choses. Lorsqu'un compositeur débute, en général, il prend ce qui s'offre à lui. S"il tombe sur un réalisateur doué qui réalise un bon film et que ce film a un certain succès, c'est un excellent point de départ pour une carrière prometteuse si celui-ci en a sous le pied. Carter Burwell a eu la chance de débuter sa carrière avec les talentueux frères Coen, et par souci de précision, avec Sang pour Sang en 1984. Après avoir gagné une certaine notoriété, la possibilité de choisir parmi les propositions qui lui sont offertes les films qui l'intéressent devient un atout précieux. Même si le compositeur justifiera ses choix en présentant les qualités des films en question, il n'est pas saugrenu d'imaginer qu'il les choisit aussi avec l'idée de faire évoluer son propre processus créatif.

https://www.youtube.com/watch?v=jr77Q-v_oQs


Je ne connais rien des motivations de Carter Burwell lorsqu'il accepta de mettre des notes sur le film de James Foley, The Corruptor (1999), Mais ce fut sans aucun doute pour lui l'opportunité de confectionner une partition un peu différente de ce qu'il composait habituellement dans la même période. Il avait cependant écrit, deux années auparavant, pour Conspiracy Theory de Richard Donner une partition très extravertie, pour ne pas dire déchaînée sans pour autant renier les éléments qui constituent son style. Sur The Corruptor, sa musique n'est certes pas aussi extravertie et déchaînée, elle s'inscrit plutôt dans un "entre-deux" dans lequel s'insère la beauté d'un erhu par Wang Guo Wei et la flûte chinoise de Chen Tao. Ne surtout pas s'attendre à des imitations de folklores chinois, ce qui n'aurait que peu d'intérêt, ni pour le compositeur ni pour l'auditeur, en l'occurrence moi. C'est une musique inspirée et conditionnée par les péripéties d'un polar urbain: <<Nick Chen est un bon flic. Pris en exemple par ses collègues de la police de New York, il est expéditif, racé, rusé et, surtout, introduit dans le milieu des Triades, la très puissante mafia chinoise. Danny Wallace, lui, est un bleu. Il a une volonté de fer mais fait preuve d'un étrange manque de courage lors de son baptême de feu : une fusillade dans un bordel de Chinatown. Quand le second débarque dans le bureau du premier, avec la ferme intention de nettoyer le quartier chinois où règnent la loi des gangs et une corruption hissée au rang de tradition, le contact tourne à la confrontation…Et puis, comment faire respecter les règles quand il n'y en a aucune ?>> Voilà, l'ambiance est posée et Carter Burwell s'en tire avec une partition métissée et joyeusement pervertie par des rythmes urbains, un peu "pop" sur les bords, un peu "crasseux" - j'adore ça! Outre l'erhu, la flûte et un instrument à cordes que je n'ai pas identifié, il y aussi une percussion typiquement chinoise...Dans le domaine du Septième Art, c'est parfois perçu péjorativement comme un cliché, personnellement, j'ai toujours défendu ceux et celles qui surent l'exploiter à l'avantage de la création.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-20, 22:54

Comme je l'ai expliqué plus haut, le choix d'un film peut permettre à un compositeur de faire évoluer son art et d'expérimenter des choses qu'il n'aurait peut-être jamais expérimenté dans d'autres circonstances. Le thriller horrifique Blair Witch 2: Le Livre des Ombres (2000) de Joe Berlinger offrit à Carter Burwell l'opportunité de réaliser une partition qui sort des schémas traditionnels de la musique de film, donc des sentiers battus. Bien sûr, les belles intentions ne suffisent pas toujours et surtout elles risquent de ne pas être toujours comprises...déjà par le producteur qui va rejeter le score et appeler un concurrent à la rescousse qui écrira sans doute quelque chose de plus formaté. Néanmoins, comme il s'agissait d'un thriller horrifique, il se peut que l'audace sonore de Burwell ait été mieux acceptée ou tout simplement cette approche fut aussitôt entendue par le ou les commanditaires, ce qui offrit une liberté d'action dont chaque compositeur un minimum ambitieux rêve au fond de lui. C'est en cela où un compositeur devient intéressant à mon oreille, toujours plus excitant pour mes papilles auditives que ceux ou celles qui se contentent d'étaler de la guimauve au kilomètre.

Synopsis: <<Un jeune homme décide d'exploiter le filon du premier film en organisant des excursions sur les lieux du tournage du Projet Blair Witch. Prennent part à cette visite nocturne une jeune fille gothique, une adepte de la Wicca ainsi qu'un couple d'étudiants en histoire. Toute l'intrigue du film repose sur la perte de conscience collective des visiteurs à la suite de leur première nuit très arrosée.>>

The Truth?

J'adore cette ouverture de sept minutes environ, "Rock Water Wind", qui a un goût pur de musique concrète en commençant avec des bruits d'eau, l'eau devenant ainsi un tambour sur lequel on frappe, à laquelle s'ajoutent différents éléments de percussions diverses, peut-être des cailloux ou des morceaux de bois, construisant progressivement un complexe sonore de plus en plus obsessionnel et intense. Le caractère extrêmement "percussif" et obsessionnel ne quittera jamais la partition. Il en est l'élément central et caractéristique. Il participe certainement à l'étrangeté  de nombreuses scènes du film et à l'anxiété qui ronge les personnages principaux lorsqu'ils se retrouvent dans des situations stressantes ou glauques. Je pense que mon passage préféré est tout simplement celui qui conclut l'album, "The Truth?", très obsessionnel aussi et ponctué d'effets sonores saisissants créant ainsi une atmosphère surréaliste. Le film fut beaucoup descendu par la critique, peut-être à raison. Je n'ai cependant aucun avis sur la question puisque je ne l'ai pas vu. En revanche, Carter Burwell fut nommé Compositeur de l'année lors des "World Soundtrack Awards 2001".
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-21, 17:53

Conspiracy Theory/Complots est un film américain réalisé par Richard Donner vers 1997 dont le synopsis m'avait beaucoup séduit, avant même de le voir au cinéma: <<Jerry Fletcher est un chauffeur de taxi paranoïaque, fervent adepte de la théorie du complot. Convaincu que de nombreux complots (notamment, contre le Président des États-Unis) se trament, il passe ses journées à faire part de ses théories à ses clients, ainsi qu'à Alice Sutton, assistante du procureur. Alice, dont Jerry est secrètement amoureux, l'écoute patiemment, mais sans le prendre au sérieux. Un jour, Jerry se fait enlever par des membres d'une mystérieuse organisation. Ces derniers le torturent pour lui faire avouer « qui est au courant », ce qui laisse à penser que l'un des complots dont il a fait part à ses clients est réel; or, Jerry ne sait pas de quel complot en particulier ils parlent, et la question va être de savoir lequel.>>

https://www.youtube.com/watch?v=jJhr1X69wnQ


Un autre élément de taille m'avait orienté sur ce film; c'était la musique de Carter Burwell. Jusqu'alors je n'avais pas encore écouté de sa création une oeuvre aussi extravertie et déchaînée, comme s"il avait eu envie de réinventer Lalo Schifrin avec un jazz intrépide et symphonique, des morceaux d'action dissonants et électrisants, c'est tout un complexe sonore qui s'embrase sur des rythmes trépidants et des sonorités de guitares électriques enflammées et de cuivres en fusion, avec ce petit piano "schifrinien" particulièrement nerveux pour apporter une alternative plus chambriste à l'ensemble. Puis, il y a le contraste par la douceur de ce qui s'apparente à un "Love theme", très caractéristique de son auteur et peut-être le plus beau qu'il ait écrit.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-22, 10:46

The General's Daughter/Le Déshonneur d'Elisabeth Campbell (1999) est un film américain de Simon West avec John Travolta dans le rôle principal que j'ai eu l'occasion de voir sur grand écran à l'époque de sa sortie. Non, dans ce film-là, John Travolta n'est pas le beau gosse qui danse comme un dieu, c'est un tout autre rôle qui se situe en milieu militaire: rappel de l'intrigue: <<Paul Brenner et Sarah Sunhill, enquêteurs à la CID (Division des enquêtes criminelles de l'armée) et anciens amants, sont chargés d’élucider le meurtre du capitaine Elisabeth Campbell. Fille du général Campbell, un héros national promis à un bel avenir politique, elle a été étranglée et apparemment violée. Plongeant dans la vie sexuelle tumultueuse et dans le passé tragique de la victime, Brenner et Sunhill se heurtent à tous ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont pas intérêt à ce que la vérité éclate.>> Ce n'est pas une histoire gaie et la musique que composa Carter Burwell pour ce film ne fait pas swinguer. L'album n'en propose que vingt-six minutes environ en complément de titres divers dont l'extrait le plus célèbre de la Carmina Burana, "O Fortuna". Ho, comme c'est original! Hehe Bien qu'éloigné des atmosphères particulières qui se dégagent du cinéma d'Ethan & Joel Coen, son style s'adapte très bien sur des films que je qualifierais de plus conventionnels. C'est ce que je dirais de ce thriller en milieu militaire. J'en ai gardé un bon souvenir même si les images que j'ai conservées en mémoire demeurent très vagues. C'est un film que je n'ai vu qu'une seule fois à la fin des années 1990 ou début 2000, je ne sais plus exactement.

   Exercise in Darkness

Pour ce qui est de la musique, je ne dirais pas que Carter Burwell s'est surpassé sur ce coup-là. Je n'ai pas retrouvé la formidable exaltation que m'avait procuré son Conspiracy Theory deux ans plutôt, ni même été autant séduit que je fus avec The Corruptor paru la même année que The General Daughter. Cependant, j'aime beaucoup les deux thèmes principaux, tout d'abord "Exercise in Darkness", d'un genre symphonique et épique, qui est la version la plus développée du premier thème principal, et "Epiphytic Shuffle" qui s'articule à partir d'un motif très simple à la basse électrique. Ensuite, la musique ne quitte jamais l'atmosphère de ces deux principaux thèmes, par des extraits plus ou moins courts et dans une intensité dramatique assez constante. Néanmoins, de toutes les B.O. que je possède de Carter Burwell, vingt-deux au total, c'est sans doute celle que j'aime le moins avec ce qu'il composa sur The Alamo (2004), un western américain de John Lee Hancock. Chaque compositeur a ses opus mineurs, ce qui ne veut pas forcément dire qu'ils n'ont rien d'attachant pour quelqu'un comme moi qui, à l'époque, suivait ce compositeur avec une certaine assiduité.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-22, 23:16

Née en 1923 à New York, Diane Arbus ouvre un magasin de photo de mode en 1940 avec son mari Allan Arbus. Mais ses premières photos personnelles ne datent que de 1957. De 1957 à 1971 elle aura réussi à révolutionner les codes du portrait photographique et à apparaître comme l'une des meilleures représentantes de la photographie américaine des années 1960-70. Diane Arbus s'inscrit dans un courant photographique qu'avait inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui avait imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930. Mais c'est après 1962, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24x36 pour le format carré du 6x6 qu'elle impose son style propre. En 1963 elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste de galerie de portraits d'Américains pour la plupart inconnus qui met en exergue les rites sociaux de cette société. En 1967, elle participe à l'exposition « New Documents » qui se tient au Musée d'art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand. Là encore son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre se distinguant du reportage.Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l'idée que la photographie est un art à part entière. Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres. (Wikipédia)

Diane Arbus se suicida le 26 juillet 1971.

Si je m'autorise cette petite parenthèse sur cette artiste-photographe, c'est que le réalisateur Steven Shainberg porta à l'écran un portrait imaginaire de Diane Arbus dans le film Fur, sorti en salle courant 2006. Le compositeur qui fut invité à en composer la bande originale n'est autre que Carter Burwell et je trouve que c'était une bonne idée d'avoir pensé à lui car je pense que c'est vraiment un sujet qui correspondait à sa sensibilité musicale. Néanmoins, je pense qu'Angelo Badalamenti aurait aussi été un très bon choix. Je ne dis pas ça sans raison et pas uniquement en connaissance de la sensibilité musicale de ce dernier. La coïncidence a fait que Steven Shainberg est aussi le cinéaste qui a réalisé La Secrétaire qui a certes inspiré à Badalamenti une de ses partitions les plus faibles (humble avis - j'en ai parlé justement aujourd'hui sur le topic adéquat). Il aurait pu avoir envie de poursuivre cette collaboration sur Fur. Je ne me rappelais plus que c'était lui le réalisateur de ces deux films. J'ai également remarqué qu'il changeait de compositeur à chaque fois.

Stepping Out


J'aime beaucoup la musique que Carter Burwell a composé pour Fur. Je ne la classerais sans doute pas parmi ses meilleures performances, mais ne la classerais pas parmi ses pièces mineures non plus. C'est une solide et séduisante partition qui invite un modeste effectif instrumental qui se constitue d'un piano, d'une guitare, de basses, de percussions, d'une harpe, d'un septuor de cordes comprenant violons, altos et violoncelles, d'un cor anglais, de deux saxophones; baryton et ténor, puis il y a la trompette de Jim Hynes, cette belle trompette qu'Angelo Badalamenti employa sur le thème introductif de Twin Peaks - film, et enfin la batterie. Burwell retrouve un langage intimiste avec de délicieuses combinaisons sonores, ainsi qu'un parfum de jazz un brin atypique ci et là, je pense à un morceau en particulier, intitulé "Stepping out".
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-23, 16:39




Comme je l'ai écrit plus haut, entre le fil d'Angelo Badalamenti et celui de Carter Burwell, les années 1990 fut ma période des musiques sombres, noires, tourmentées, voire cérébrales, et pas seulement dans le domaine de la composition pour l'image. La bande originale du film Assassin(s) de Mathieu Kassovitz composée par Carter Burwell correspondit parfaitement à mes aspirations de cette époque. Il est vrai que je ne crois pas connaître de ce compositeur une seule musique qui m'ait fait swinguer de joie, il y a bien eu une véritable exaltation avec Conspiracy Theory qu'il n'avait pas encore commencé ou terminé de mettre en musique à ce moment-là - c'est sorti la même année -, mais là encore il ne s'agit pas d'une musique joyeuse. Bien qu'elle soit à ma connaissance l'oeuvre la plus extravertie et exaltée de Carter Burwell, elle n'en est pas moins sombre et dramatique dans son ensemble. La musique du film de Mathieu Kassovitz, qui a transformé Michel Serrault en tueur à gages méticuleux et pédagogue, révèle un "Burwell" que je commençais à bien connaître; sombre, introverti, lancinant, avec, cette fois, un caractère obsessionnel plus marqué grâce au premier des deux thèmes principaux. Le second, de forme plus romantique et plus ouverte, est très caractéristique de son auteur. En revanche, j'aime beaucoup l'humeur fataliste du premier thème principal, surtout dans sa première exposition avec le basson solo de Jane Sibley. A l'époque, je me souviens que je l'écoutais en boucle, tant il correspondait à ce que j'aimais le plus dans cette période de ma vie, sa noirceur et son caractère obsessionnel. En le réécoutant aujourd'hui, même si je focalise beaucoup moins qu'avant sur les musiques sombres et tourmentées, si Vivaldi a depuis pénétré mon coeur Hehe , ce thème me régale toujours autant.

La vie de Max

Synopsis: <<Tueur de son état depuis quarante ans, M. Wagner aime le travail bien fait et pratique son métier avec amour et une éthique ambigüe mais réelle, et selon lui nécessaire. Lorsqu'il rencontre Max, jeune homme sans emploi, il pense avoir trouvé son successeur. Il va s'appliquer à lui enseigner son savoir-faire et son sens de l’éthique. Mais les temps ont changé.>>
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-24, 09:09

En général, lorsque je réalise à l'avance un cycle d'écoutes, je ne procède à aucune modification, je m'en tiens à la sélection initiale. A l'occasion de ce "Portraits Croisés", j'en ai quand même effectué deux, seulement du côté de Carter Burwell. n'ayant sélectionné que 14 titres de Carter Burwell sur les 22 que je possède, j'avais d'abord retenu A Knight's Tale - Chevalier (2001) et Adaptation (2003), deux B.O. que j'avais pourtant réécoutées, il n'y a pas si longtemps et déjà évoquées plus haut sur ce même topic. J'ai eu l'idée de les remplacer par deux compositions des années 1990, Assassin(s) (1997) et celle que je viens de réécouter ce matin, The Hudsücker Proxi qui date de 1994. Avec ce titre-ci, je suis au début de me mon incursion dans l'univers musical de Carter Burwell. C'est la première partition pour orchestre et choeur réellement extravertie et épique que je découvrais de ce compositeur qui, jusque là me réjouissait surtout avec une musique plus intimiste, lancinante et même un peu obsessionnelle...Dans ce film des Frères Coen, elle tente de "s'accorder", de créer un son un peu uniforme avec la musique d'Aram Khachaturian qui y est employée:

<<a partition de The Hudsucker Proxy a été écrite par Carter Burwell, le cinquième de ses collaborations avec les frères Coen. "Adagio de Spartacus et Phrygia" du ballet Spartacus d'Aram Khachaturian est la base du thème principal et de la musique supplémentaire du ballet exécutée sous la séquence "Hula-Hoop". Vaut mieux voir le film pour comprendre. La musique populaire de l'époque se reflète également dans le personnage de Vic Tenetta (joué par Peter Gallagher), sur le modèle de Dean Martin, qui chante "Memories Are Made of This". L'inspiration supplémentaire vient de la suite Gayane d'Aram Khachaturian. Une section du ballet est utilisée par Carter Burwell pour la scène dans laquelle Norville et Amy se rencontrent pour la première fois. La "Danse des jeunes alpinistes" du compositeur russe d'origine arménienne est utilisée lorsqu'un jeune garçon est le premier à essayer le hula hoop, suivie de la "Dance du Sabre".>>

Suite, The Hudsücker Proxi

Le seul souvenir du film que j'ai gardé est qu'il m'avait bien plu à l'époque de sa sortie, avec des acteurs comme Tim Robbins, Jennifer Jason Leigh et Paul Newman. Il serait souhaitable que je le regarde à nouveau car j'ai tout oublié de l'intrigue. L'"Adagio de Spartacus et Phrygia" est superbement amené dans le "Prologue", j'estime que Carter Burwell en a réalisé un superbe arrangement. Ses propres compositions n'affaiblissent pas le propos, ce qui aurait pu être le cas avec un compositeur passable. Il y avait tellement longtemps que je n'avais pas réécouté cette bande originale que j'ai eu l'impression de la redécouvrir complètement avec une belle émotion au bout de cette nouvelle écoute.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-24, 22:34


Ce soir, Je me suis penché sur la musique que Carter Burwell composa pour la comédie romantique et futuriste d'Andrew Niccol, S1mOne, et cette fois, on ressent bien la comédie sentimentale traverser cette bande originale. Ce n'est pas comme dans Burn After Reading où la musique gardait tout le long un caractère sérieux et dramatique, un côté "pince-sans-rire" ne laissant soupçonner un moindre sens de dérision ni ne laissant imaginer une moindre scène comique. Dans S1mOne, c'est très différent. La satire transpire sur toute la longueur de l'oeuvre tout en laissant transparaître un aspect légèrement fantastique:

<<Viktor Taransky (Al Pacino), réalisateur hollywoodien sur le déclin, doit faire face au départ de la vedette capricieuse de son film. Comme plus aucun acteur ne souhaite travailler avec lui, son studio refuse de continuer la production. Alors qu'il s'y résigne, Taransky est abordé par Hank Aleno (Elias Koteas), informaticien loufoque et admirateur de son œuvre, qui le supplie d'utiliser son programme développé pendant huit ans et permettant de créer des acteurs virtuels parfaitement réalistes. Hank avoue qu'il est condamné à mourir dans une semaine en raison d'une tumeur à l'œil. Taransky refuse l'offre, mais quelques jours après, Aleno meurt et lui lègue le fruit de son travail via son avocat : Simulation One2, qui permet de créer et modeler à souhait une actrice totalement virtuelle, Simone. Celle-ci subjugue le public et la profession qui ne décèlent pas la mystification, et devient en deux films la vedette absolue d'Hollywood (...)>>

https://www.youtube.com/watch?v=kralhe3RX84&list=RDkralhe3RX84&start_radio=1&t=39


La musique de Carter Burwell s'articule autour de deux thèmes principaux qui ne trouvent pas leur développement dès la première exposition. Il y a une bonne humeur communicative dans le jeu des petites percussions qui illuminent le premier thème principal et je trouve que ses sonorités ont quelque-chose de synthétique qui illustre parfaitement la dimension virtuelle de la satire. Il y a un second thème très différent du premier mais tout aussi important. Ce qui peut parfois me frustrer dans l'approche thématique de ce compositeur, c'est son "goût" pour les "échantillons", ce que j'appelle aussi des "miniatures", ces morceaux très courts dont j'espère toujours des reprises plus développées. Parallèlement, cette caractéristique contribue à son style si reconnaissable. Il est capable d'instaurer beaucoup de matière et d'intensité dans un morceau de moins d'une minute...et tellement de sa personnalité! C'est une musique qui semble se construire et prendre un réel visage au fil des plages. C'est d'ailleurs ce qui se passe avec Simone, partition pour un orchestre de moyenne envergure auquel se greffe avec délicatesse une pointe d'électronique, trahissant de manière onirique la réalité virtuelle du personnage principal incarné par Catherine Keener.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-25, 17:19

Twilight connut plusieurs chapitres, quatre au total, un premier chapitre Fascination réalisé par Catherine Hardwicke (2008) et mis en musique par Carter Burwell, un second New Moon - Tentation réalisé par Chris Weitz (2009) et mis en musique par Alexandre Desplat, un troisième sous-intitulé Eclipse - Hésitation réalisé par David Slade (2010) et mis en musique par Howard Shore et enfin un quatrième chapitre constitué de deux parties, toutes deux réalisées par Bill Condon (2011 & 2012) et mises en musique par Carter Burwell. J'avais du voir les deux premiers films avec ma fille, pas par désir personnel mais plutôt pour l'accompagner vu qu'elle n'était pas majeure. Comme elle s'en était lassée, j'ai pu m'épargner les trois autres films. Côté musique, je ne connais en albums que les bandes originales du premier et troisième volets, celle du premier composée par Carter Burwell  et celle du troisième composée par Howard Shore.

Une note sur "Bella's Lullaby" du compositeur:

<<Il y a des années, j'étais amoureuse d'une femme incroyable et stimulante nommée Christine Sciulli. Elle m'a quitté, j'avais le cœur brisé et j'ai écrit un morceau de musique qui essayait d'exprimer le frisson et la douleur d'avoir le cœur transpercé. Quand j'ai commencé à penser à la musique de "Twilight", j'ai commencé avec Bella et Edward, en particulier la scène dans laquelle il la porte dans la cime des arbres. J'ai voulu capter l'excitation mais aussi le défi de cet amour qui enjambe les barrières du temps et des espèces. Après avoir essayé de nombreuses approches différentes avec un succès mitigé, j'ai mis la mélodie que j'ai écrite il y a des années contre la photo et elle semblait assez parfaite. Et donc cette chanson sans nom est devenue "Bella's Lullaby". Je dois mentionner que Christine Sciulli, la femme pour qui je l'ai écrit pour la première fois, est maintenant ma femme incroyable et stimulante. Dans mon cœur, l'air sera toujours le nôtre, mais maintenant c'est aussi le vôtre.>>

https://www.youtube.com/watch?v=ACsY2AjpLOc


On s'imagine assez naturellement que ce sont les éléments et les personnages du film qui inspirent le compositeur alors que la source d'inspiration peut aussi bien venir d'un élément étranger au film, un souvenir lointain, un sentiment profond, un déchirement, et d'un morceau qu'il avait écrit des années auparavant dans d'autres circonstances. "Bella's Lullaby" est probablement le thème le plus beau et émouvant de toute la bande originale et combien de fois ai-je entendu que les deux personnages principaux de Twilight, respectivement interprétés par Kristen Stewart et Robert Pattinson, avaient inspiré à Carter Burwell sa plus belle musique (un avis largement conditionné par ce thème-là en particulier) - son épouse ne peut qu'en être flattée...Personnellement, je suis loin de considérer son travail sur Twilight comme étant ce qu'il a fait de mieux et j'estime même qu'il a composé des "love theme" plus beau que "Bella's Lullaby". Je comprends toutefois que son auteur puisse lui vouer une affection particulière. Au diable l'objectivité dans ces cas-là! Dans cette B.O., c'est surtout les thèmes les plus doux, les plus tendres, comme ce "Bella's Lullaby", qui ont mon adhésion. Je je suis moins convaincus par les parties plus attendues et animées. Si j'aime bien l'usage qu'il fait de la guitare électrique et de la basse, je suis moins satisfait par l'usage qu'il fait des percussions. J'en attendais un emploi plus créatif de sa part, moins rudimentaire. Toujours est-il qu'il s'agit d'un cinéma qui ciblait surtout un public adolescent et j'ai cru comprendre que la musique devait avoir un côté rock ou pop-rock. En cela l'objectif a été atteint.

Synopsis: <<Bella Swan, 17 ans, quitte l'Arizona, État ensoleillé où elle vivait avec sa mère et son beau-père pour emménager chez son père Charlie à Forks, une petite ville pluvieuse et grise de l'État de Washington. Au lycée, elle rencontre la mystérieuse famille Cullen et se sent tout de suite attirée par Edward (le plus jeune de la famille) extrêmement séduisant mais distant. De plus en plus fascinée par lui et sa famille, Bella décide de mener l'enquête et découvre qu'Edward Cullen est un vampire capable de lire dans les pensées de tout le monde... sauf elle.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13613
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty2020-06-26, 10:31

Second bilan: Carter Burwell. Je ne possède aucune anthologie de ce compositeur, qu'il s'agisse d'une compilation "Best of" qui reprend les meilleurs thèmes dans leurs versions originales ou d'un album de concert comme en a bénéficié Angelo Badalamenti. Je ne sais d'ailleurs pas si ces compilations ou anthologies existent, concernant Carter Burwell. Ce fut une expérience intéressante que de lui avoir accordé un cycle entier, même si je n'ai pas réécouté toutes les B.O. que j'ai de lui, une majorité quand même. J'étais heureux de retrouver, grâce à ses musiques, un peu de mon état d'esprit des années 1990. Je dirais qu'aujourd'hui, après cette réécoute intense et assidue, mon ressenti est probablement moins viscéral et un peu plus détaché, néanmoins je suis toujours intimement lié à son approche musicale, à sa manière personnelle de construire un thème, d'y apporter sa propre touche romantique. Je n'ai pas beaucoup retenu au cours de ce cycle sa façon assez particulière d'amener des instruments anciens ou folkloriques dans son écriture orchestrale, si ce n'est quand même par le biais de The Corruptor: j'aurais par exemple pu le faire avec Rob Roy, A Knight's Tale et The Chamber. J'ai privilégié sa facette la plus urbaine et souvent la plus sombre: The Corruptor aurait pu en être la passerelle, la transition idéale. Je n'exclus pas un cycle, plus tard, qui s'appuierait sur cette facette de son travail pour l'image, lorsque j'aurai découvert des B.O. qui y correspondent de manière suffisamment développée.

Et pourquoi conclure ce thème que j'aime beaucoup qu'il composa pour Miller's Crossing (199O), film des frères Coen:

https://www.youtube.com/watch?v=W2YPsfwSPGg
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Carter BURWELL Empty
MessageSujet: Re: Carter BURWELL   Carter BURWELL Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Carter BURWELL
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique de films, du monde & divers :: Jazz & Musiques de films-
Sauter vers: