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 Les différentes cornemuses

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Icare
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MessageSujet: Les différentes cornemuses   Jeu 18 Sep - 23:42


Les uilleann pipes ou cornemuse irlandaise

Les uilleann pipes est le nom contemporain donné à la cornemuse irlandaise (pibilin en breton). Le terme uilleann (/ˈɪlən/), (génitif de uille qui signifie coude en gaélique), n'est utilisé que depuis le xxe siècle. L'instrument était auparavant connu sous le nom de union Pipes, terme utilisé depuis le XVIIIème siècle ; une rumeur persistante voudrait que la dénomination union soit due à des connotations politiques, tel que l'Acte d'Union (1800) imposé par l'Angleterre, mais l'instrument étant attesté bien avant cette date, cette explication ne tient pas. Il est en revanche possible qu'il s'agisse de l'union de la chanterelle et des régulateurs.

Son ancêtre le Piob Mhor, grande cornemuse de guerre, fut utilisé durant les batailles, notamment au cours de la Guerre de neuf ans en Irlande (1594-1603) et à la bataille de Fontenoy en 17452. Elle fut mise hors-la-loi durant le bannissement des lois de Brehon qui amena la destruction de l'ordre gaélique. Représentants d'une loyauté et d'un patriotisme menaçants pour l'Angleterre, sous le règne d'Édouard III, sonneurs, ménestrels et conteurs ont été régulièrement emprisonnés pour troubles à l'ordre public ou rébellion, voire à la peine capitale. Cette interdiction fut édictée en 1367 dans les lois pénales des statuts de Kilkenny.

Le développement de l'instrument, plus doux que son prédécesseur, date du XVIIIème siècle et fut très influencé par la musette et autres cornemuses pastorales qui inspirèrent, entre autres, l'utilisation du soufflet. Ce dernier permet de chanter ou narrer tout en jouant, comme l'ont fait entre autres Paddy Moloney les McPeakes et Finbar Furey.

Cet instrument est, de nos jours, joué exclusivement assis, mais les pipers ambulants tels les Doran, en jouaient debout avec une jambe repliée pour y poser la chanterelle. L'instrument, en voie d'extinction dans les années 1960, doit sa renaissance en partie à Séamus Ennis qui influença une nouvelle génération de pipers dont Liam O'Flynn. L'intérêt renouvelé pour cet instrument vient de l'engouement pour le folk et le trad durant les années 1970, avec l'apparition des groupes cultes tels Planxty, the Chieftains et The Bothy Band, tous ayant un uilleann piper à bord.

Les uilleann pipes s'appellent, dans leur configuration la plus simple, un practice set, qui consiste en un soufflet, une poche et une chanterelle (en anglais, chanter). L'étape suivante est le half-set, auquel sont ajoutés les bourdons (ou drones), puis le 3/4 set, et enfin l'instrument complet ou full set, qui comprend en général 3 bourdons et 3 régulateurs ; le tout peut-être soit Concert pitch soit do, do#, si, si♭.

L’instrument a une tessiture de deux octaves sur le chanter (l’équivalent du levriad d’une cornemuse bretonne ou biniou), ainsi que des clefs permettant de jouer les altérations.

L’entrée d’air dans le sac se fait par le biais d’un soufflet, fixé d’un côté à la taille et de l’autre côté au niveau du biceps ; le mouvement du bras active ce soufflet. Ceci permet de pomper un air relativement sec dans la poche puis dans les anches. Un tuyau souple relie ce soufflet à la poche de la cornemuse afin de la remplir d’air.

Les uillean pipes disposent classiquement de trois bourdons, accordés à trois octaves différentes (ténor, baryton, basse), ce qui est inhabituel dans la mesure où les bourdons sont généralement accordés à la quinte et l’octave sur une cornemuse plus « classique ». Il existe également quelques rares instruments dotés d'un quatrième bourdon (alto, entre le ténor et le baryton). Le facteur Alain Froment équipa certains de ses sets d’un bourdon à la quinte.

À côté des bourdons, on trouve un jeu de régulateurs, sorte de chanters équipés de clés, qui sont utilisés pour jouer des notes afin d’accompagner la mélodie soit en harmonie avec celle-ci, en plaquant de petits accords, soit rythmiquement. Ces clés sont actionnées par le poignet du musicien ; le nombre de régulateurs varie de zéro à cinq.

Les anches du chanter et des régulateurs sont doubles, faites en roseau généralement ou, suivant l'ancienne méthode ressuscitée par Brendan Ring, en sureau. Celles des bourdons sont en tube de roseau. Il y 7 anches au total dans un full set.

Certains chanters de uilleann pipes peuvent porter jusqu'à 7 voire 8 clés donnant accès à des notes intermédiaires, et sont généralement accordés en ré (D concert set) ou en do, do#, si, plus rarement si♭ ou même la qu’on appelle des flat set. Les chanters peuvent être équipés d'une stop key, une clef qui interrompt le flux d’air et permet d'accorder les bourdons et régulateurs sans que le chanter n’émette de son.

Les uilleann pipes les plus complexes connus à ce jour sont équipés de 5 bourdons et de 5 régulateurs au lieu des 3 habituels. Malgré l'inflation du nombre de ces tuyaux, ils ont eux aussi un son plutôt ténu en comparaison d'une cornemuse plus « classique ».

Les grands facteurs furent Coyne, Taylor (auquel on doit le concert pitch set contemporain), Kennedy, Rowesome ; la plupart des facteurs contemporains utilisent les cotes des anciens.


Dernière édition par Icare le Ven 19 Sep - 10:20, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Jeu 18 Sep - 23:52

Joachim va peut-être me demander si j'ai déjà écouté un concerto pour cornemuse irlandaise et orchestre mais il se pourrait que non. Je ne crois pas en avoir entendu un seul. Peut-être que cet instrument se prête difficilement à un rôle de soliste dans un concerto. C'est ce qui était dit aussi du cor des Alpes. Pourtant, Jean Daetwyler lui dédia de beaux concertos. Une utilisation insolite de la cornemuse apparut dans une partition orchestrale sombre et sinueuse composée par Howard Shore sur le film CopLand avec Harvey Keytel et Silvester Stallone, mais c'était surtout pour évoquer les origines irlandaises d'un des protagonistes, une couleur dans l'orchestre.
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joachim
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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Ven 19 Sep - 8:57

Icare a écrit:
(pibilin en breton)

Une différence d'avec le biniou ?


Icare a écrit:
Joachim va peut-être me demander si j'ai déjà écouté un concerto pour cornemuse irlandaise et orchestre mais il se pourrait que non. Je ne crois pas en avoir entendu un seul. Peut-être que cet instrument se prête difficilement à un rôle de soliste dans un concerto. C'est ce qui était dit aussi du cor des Alpes. Pourtant, Jean Daetwyler lui dédia de beaux concertos.

Pour cornemuse proprement dite, il y en a, puisque j'en ai déjà écouté au moins un... mais je ne me souviens plus du compositeur pour l'instant Wink

Jean Daetwyler, soit (il est même très beau), mais aussi Leopold Mozart  
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Icare
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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Ven 19 Sep - 9:30

J'espère que tu retrouveras le nom du compositeur qui a composé un concerto pour cornemuse et orchestre, ça m'intéresse. Very Happy

Ha! Leopold Mozart et son cor des Alpes: je connais le concerto en question, mais il faut bien avouer que ceux de Daetwyler sur le même cd lui ont volé la vedette.

Je pense qu'il y a des petites différences entre le Biniou et la cornemuse irlandaise. Je vais faire quelques petites recherches de ce côté-là. Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Ven 19 Sep - 10:19

Le Biniou

Le biniou est le terme générique en breton pour désigner la cornemuse, instrument à vent à anche double et à poche de réserve d'air. Il est joué par un sonneur (soner ou biniaouer)1. Traditionnellement, le terme désigne les cornemuses utilisées en Bretagne bretonnante, qui ne sont pas les mêmes que celles utilisées dans d'autres pays celtiques.

On distingue essentiellement le « biniou kozh » (litt. : « vieux biniou ») et le « biniou braz » (« grand biniou »).


Le biniou appartient à une famille instrumentale des plus anciennes. Connu dès l'Antiquité des Grecs et des Romains (tibia utricularis), il s'est par la suite répandu à travers toute l'Europe du Moyen Âge. Sous sa forme actuelle, il apparaît très tardivement dans l'iconographie et dans les textes d'Armorique (XVIè siècle). Jusqu'au XVIè siècle, il semble que la cornemuse de Basse Bretagne soit un instrument ressemblant beaucoup à la veuze, ou aux versions archaïques (à bourdon unique) de la gaïta espagnole ou du war pipe irlandais. Elle est alors utilisée seule ou en couple avec la Bombarde, voire en trio avec un tambour, suivant la générosité du client. Dans la Cornouaille et le Vannetais, il atteint son apogée entre la fin du xviie et la fin du xixe siècle, prenant alors part à toutes les festivités. Au début du XIXè siècle, des « talabarderien » (joueurs de bombarde), dont le plus célèbre est Matilin an Dall (Mathurin l'Aveugle, qui jouera à Versailles devant Louis-Philippe), arrivent à faire « octavier » leur bombarde, rejoignant ainsi la nouvelle tessiture du biniou dont le « levriad » (le tuyau mélodique) se raccourcit vers cette époque ou peut-être dès le milieu du xviiie siècle, sans qu'on puisse savoir lequel des deux événements est la cause de l'autre.

À partir de la Première Guerre mondiale, les « talabarderien » prennent l'habitude d'accompagner des cornemuses écossaises. Il leur faut donc respecter la gamme normalisée et très particulière de cet instrument. Les facteurs de bombardes prennent alors l'habitude de les produire en si bémol avec la gamme de la cornemuse écossaise. En raison de la pénurie d'instruments et d'instrumentistes, les facteurs de binious (souvent les mêmes) stabilisent la gamme du biniou pour que la même bombarde puisse jouer aussi bien avec un biniou braz qu'un biniou kozh.

Vers cette même époque, une intense activité de collectage d'airs de mélodie, de marche et de danse a été engagée à l'initiative des associations SKV (fondée par Georges Épinette) et Dastum. Dans les années 1940, le regroupement des sonneurs au sein de l'association Bodadeg ar Sonerion (Assemblée des Sonneurs) a permis la conservation et la transmission d'un répertoire pour le biniou, tant en Bretagne que dans les régions où existent des amicales de Bretons « divroet » (expatriés).

Le biniou kozh (« biniou ancien ») est très ancien en Bretagne. Sa forme et ses dimensions ont changé au cours du temps. Il est apparu dans la région de Quimperlé.

Structurellement, le biniou se compose d'un réservoir de cuir (sac'h) alimenté par un petit tuyau (sutell) permettant au préalable de le gonfler. Ce sac, placé sous l'aisselle gauche du sonneur laisse échapper, sous la pression du bras contre les côtes, l'air qu'il contient par deux autres tuyaux : d'une part le chalumeau (levriad) à anche double, percé de six trous offrant la possibilité de jouer une octave de notes selon un doigté voisin de celui de la bombarde, et d'autre part, le bourdon (c'horn-boud) à anche simple, qui fait entendre un son grave, continu et invariable correspondant à ce que l'on appelle une pédale de tonique en harmonique.

Le biniou kozh d'aujourd'hui se compose d'un bourdon et d'un levriad (nom breton pour le chalumeau ou hautbois). Il est généralement accordé en si bémol. Le « levriad », très court, joue sur une octave très aiguë, le bourdon étant deux octaves au-dessous. Depuis le renouveau de la musique bretonne, on trouve des binious kozh accordés dans d'autres tonalités (les mêmes que la bombarde), notamment en sol.
Wikipédia.

Voilà qui répondra à tes attentes, Joachim.
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joachim
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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Ven 19 Sep - 11:19

Icare a écrit:
J'espère que tu retrouveras le nom du compositeur qui a composé un concerto pour cornemuse et orchestre, ça m'intéresse. Very Happy


C'est le concerto pour cornemuse (bagpipe) et orchestre de Kevin Weed, compositeur sur lequel je n'ai aucun renseignement, c'est pourquoi je n'ai pas fait de bio.

Le voici, c'est un très beau concerto. Si tu trouves des renseignements sur Kevin Weed, tu pourrais faire un topic sur lui ?

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laudec

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MessageSujet: Re: Les différentes cornemuses   Ven 19 Sep - 12:28

Très beau concerto en effet de Kevin Weed qui est également chef d'orchestre, directeur musical, pianiste, organiste, joueur de cornemuse  pour lesquels il compose
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